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  • il y a 11 heures
Mathieu Charvériat, PDG de THX Pharma, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce lundi 23 février. Il est revenu sur les activités de sa biotech, concernant les avancées en matière de traitements pour les maladies rares, ainsi que sur l'accord stratégique majeur signé avec le laboratoire Biocodex, qui a presque doublé son cours de bourse, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h21 ce matin dans La French Tech, focus sur les avancées en matière de traitement pour les maladies rares.
00:05On est avec Mathieu Charveria, bonjour, vous êtes le PDG de THX Pharma, vous êtes une biothèque lyonnaise.
00:11Vous travaillez sur la maladie de Batten, de Gaucher et de Niemann-Pic de type C.
00:15Ce sont des maladies qui touchent chacune entre 2 à 3 000 patients pour lesquels il n'y a pas
00:21de traitement,
00:21souvent d'origine génétique et extrêmement grave.
00:25Qu'est-ce que vous développez, vous, pour tenter de soigner ces maladies ?
00:29THX Pharma, c'est une société pharmaceutique française, cotée en bourse, qui développe deux candidats à médicaments,
00:35donc deux futurs médicaments si on est capable de les enregistrer, dans ses droits d'indication.
00:40Et les deux médicaments ont la capacité, et c'est ce qu'on cherche à démontrer,
00:43de bloquer la progression de ces maladies qui sont en général neurodégénératives et pédiatriques.
00:49C'est quoi les maladies ? Vous pouvez nous réexpliquer rapidement, parce que moi je n'en connaissais pas une
00:53des trois, je dois vous avouer.
00:54Alors elles touchent à chaque fois, comme vous le disiez, 2 à 3 000 personnes dans le monde,
00:57donc on parle de maladies rares à ultra rares.
00:59La maladie de Batten, c'est une maladie qui commence par une cécité à l'âge de 4 ans,
01:03et l'enfant a un déclin cognitif et un déclin moteur, jusqu'à un décès entre 20 et 22 ans
01:09d'âge.
01:09Il n'y a aucun traitement enregistré dans l'indication, on est le premier.
01:13Les autres maladies, maladies de Niemann-Pic de type C et maladies de Gaucher,
01:16sont deux pathologies dégénératives également,
01:19avec systématiquement des organes qui tombent les uns après les autres,
01:22et un décès qui arrive chez le patient.
01:24Et là, il y a déjà des médicaments enregistrés, mais nous, on propose un médicament
01:28qui permet d'adresser une sous-population donnée dans ces deux indications-là.
01:32Là, vous signez un accord stratégique avec Biocodex.
01:35Qu'est-ce que ça va vous permettre de faire ?
01:36Là, vous dites candidat médicament, c'est-à-dire que vous n'avez pas encore testé
01:40sur une population donnée votre médicament.
01:43Alors, Biocodex nous a pris une licence sur deux produits,
01:46les deux produits dans les trois indications dont on parlait.
01:48Ce que cet accord permet, c'est d'une part, pour Batten One,
01:52d'aller démontrer son efficacité dans une grande cohorte de patients.
01:56Grande cohorte, c'est relatif, on parle de 20 à 25 patients,
01:59donc relativement limité par rapport à ce qu'on voit par ailleurs.
02:02Une fois que ce produit aura démontré son efficacité chez le patient,
02:06on pourra aller l'enregistrer auprès de l'EMA en Europe,
02:09auprès de l'AFDI aux États-Unis.
02:11Et donc, ça permet de multiplier le nombre de sites,
02:14ça permet d'aller plus loin sur les territoires,
02:15d'augmenter le nombre de patients par rapport à ce que nous aurions pu faire,
02:19nous, société, avec l'argent qu'on a dans nos caisses.
02:22Je vais poser la question qui fâche de manière très cynique,
02:25mais est-ce qu'il y a un modèle économique pour les maladies rares ?
02:27On parle de maladies qui, vous le disiez,
02:29touchent quelques milliers de patients dans le monde.
02:31Comment on peut sortir un médicament qui peut être rentable dans ces conditions-là ?
02:35Alors, c'est important, on a deux objectifs.
02:37D'une part, être rentable pour les actionnaires,
02:40c'est un point important, on est coté en bourse,
02:41on a 6 000 actionnaires, donc il faut qu'on soit rentable,
02:43donc il faut un modèle économique.
02:44Et l'autre pilier important, c'est le patient.
02:47Et là-dedans, on a toujours besoin, comme vous le disiez,
02:49d'avoir un modèle économique cohérent.
02:51Le modèle économique, c'est très simple, c'est le volume fois le prix.
02:55Le volume est très faible, on parle de 1 000, 2 000, 3 000 patients,
02:58donc il faut nécessairement un prix qui est bon.
03:01Et quand on parle d'un prix qui est acceptable pour des produits comme les nôtres,
03:04on parle de médicaments qui sont vendus entre 100 000 et 500 000 euros ou dollars par an.
03:10Systématiquement, si les prix sont beaucoup plus faibles que ceux-là,
03:13il n'y a pas de modèle économique et on n'arrive pas à se faire financer nos développements.
03:17Donc on va nécessairement vers des molécules pour lesquelles on considère
03:21qu'il peut y avoir un prix de remboursement qui n'est pas à la charge des familles,
03:25qui est à la charge des assurances maladie, de médicaires, de médicaires aux Etats-Unis, etc.
03:30Mais il faut systématiquement un modèle économique qui repose sur un bon prix pour ces médicaments.
03:34Et il y a un statut du médicament orphelin, j'imagine que c'est un peu le Graal pour vous,
03:39c'est-à-dire qu'une fois qu'on est déclaré comme médicament orphelin, c'est mieux remboursé, j'imagine
03:43?
03:43Alors ce n'est pas mieux remboursé, en revanche vous avez une protection qui vous est accordée,
03:47qui est une protection similaire à celle d'un brevet.
03:49Donc ça évite qu'un concurrent tiers vienne déposer la même molécule
03:53et proposer et vendre la même molécule que la vôtre.
03:56Ça n'assure pas un bon prix, mais ça assure que vous êtes seul dans le marché donné.
04:00Donc une notion de monopole qui là encore est importante pour une boîte comme la nôtre,
04:05où on doit montrer qu'on crée de la valeur pour le patient, évidemment,
04:09et pour l'actionnaire au passage.
04:10Avec Biocodex, concrètement, vous faites quoi ?
04:13C'est-à-dire que c'est un contrat de licence.
04:15Alors qu'est-ce que ça veut dire exactement pour un médicament ?
04:18Alors Biocodex, moi je l'ai appris en préparant cette interview,
04:21c'est ceux qui commercialisent le célèbre ultra-levure,
04:24mais c'est aussi un labo qui est très investi dans les maladies rares,
04:29donc rien à voir avec la question de l'ultra-levure.
04:32Concrètement, en prenant votre licence, ils font quoi ?
04:34Alors concrètement, chez nous, ils prennent le projet à l'heure actuelle.
04:38Donc c'est eux qui sont responsables du développement et de la commercialisation du produit.
04:42Développement, ils nous le sous-traitent.
04:44Donc on va s'occuper du développement de cet actif,
04:46donc on va tester chez des enfants, une vingtaine d'enfants,
04:50l'effet de ce médicament-là.
04:52Et ensuite, c'est eux qui vont le commercialiser.
04:54C'est ce qu'ils ont fait historiquement avec Diacomite,
04:57qui est une molécule qui vise l'épilepsie chez des indications rares pédiatriques.
05:01Et donc on utilise leur force de vente dans une centaine de pays donnés
05:05pour aller vendre le produit une fois qu'il sera développé.
05:07Et c'est vous qui pilotez la recherche ?
05:09Nous, on pilote la recherche sous leur responsabilité et sous leur financement.
05:12On le fait pour eux.
05:14Et à la fin, vous pourrez poser la question de la licence,
05:17on récupère des retours financiers qui sont de deux types.
05:21D'une part, des retours lorsque l'on passe certains jalons,
05:24des jalons cliniques ou des jalons commerciaux.
05:27Et d'autre part, des redevances,
05:29donc un pourcentage du chiffre d'affaires que le produit génère.
05:31C'est plus intéressant de faire ça que de se vendre en entier et d'être absorbé.
05:36Le choix se pose systématiquement.
05:38C'est compliqué d'acheter une société comme nous parce qu'on a plusieurs actifs
05:41et ça aurait été jugé comme étant financièrement trop lourd pour Biocodex
05:46de nous racheter à ce moment-là.
05:48Il était préférable pour eux de plutôt prendre une licence
05:50et de nous laisser développer le projet jusqu'à ce qu'ils créent une valeur
05:54et qu'ils puissent le vendre auprès des marchés d'intérêt.
05:56Question obligatoire sur l'intelligence artificielle
05:58et l'impact que ça a sur la production de nouveaux médicaments.
06:01On parlait du modèle économique, peut-être que c'est lié d'ailleurs.
06:04Est-ce que ça permet d'accélérer la production, la recherche,
06:07de tester des molécules virtuellement et de trouver la bonne recette ?
06:10Comment vous l'utilisez ?
06:11L'IA chez nous est vraiment un point qui sert sur les produits très précoces.
06:15On a une plateforme de R&D qui est développée avec deux unités,
06:21l'Inserm et l'Iversim.
06:22Et là, on a mis de l'intelligence artificielle pour nous accompagner
06:24dans le choix de nos produits.
06:26On parle souvent de produits qui sont très précoces,
06:29notamment financés par BPI France.
06:31à hauteur de 4,7 millions il y a deux ans maintenant.
06:33Et ça nous aide sur des étapes très précoces
06:34de développement de nos produits.
06:36Merci beaucoup d'être venu ce matin à Mathieu Charveria,
06:38le PDG de THX Format.
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