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  • il y a 3 mois
Amaury Martin, directeur des ressources et de l'innovation de l'Institut Curie, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce lundi 22 juin. Il est revenu sur les enjeux du partenariat entre l'Institut Curie et Thales dans le traitement du cancer, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On va être un focus sur un partenariat entre l'Institut Curie, le CEA et Thalès
00:03pour construire une machine inédite de radiothérapie flash.
00:07Bonjour Amor et Martin, vous êtes le directeur des ressources et de l'innovation de l'Institut Curie.
00:11Alors vous, vous inventez la machine et puis Thalès va construire, c'est à peu près comme ça que ça
00:15va fonctionner.
00:16Quand on parle de radiothérapie flash, c'est quelques séances, une fraction de seconde sur des tumeurs
00:22qui étaient difficilement accessibles.
00:24Votre technologie, elle s'annonce mille fois plus rapide que ce qui existe.
00:27C'est exactement ça, c'est une découverte qui a été faite à l'Institut Curie en 2011
00:31et un petit peu comme c'était dit avant, au moment où ça a été fait par le docteur Vincent
00:36Favodon,
00:37tout le monde nous regardait en pensant que c'était un petit peu illusoire
00:41de vouloir remplacer la radiothérapie, quelque chose qui est bien maîtrisé.
00:45Aujourd'hui, c'est une des bases du traitement du cancer
00:49et la promesse aujourd'hui, c'est de faire mille fois plus rapidement,
00:54c'est-à-dire que concrètement, là où un patient doit revenir pour faire des séances de rayons,
00:59comme on dit traditionnellement, de radiothérapie, une vingtaine ou une trentaine de fois
01:03et qu'à chaque séance dure 20 minutes, on serait capable de faire en une séance
01:08ce qui durerait une seconde.
01:10Mais donc avec des rayons qui sont beaucoup plus intenses, j'imagine,
01:14mais ça n'a pas un impact sur le patient ?
01:17Il n'y a pas des effets secondaires particuliers ?
01:19On n'a pas brûlé ? J'imagine que non, mais...
01:23La question est très pertinente puisque si nous réussissons, ce sera une première mondiale
01:28et l'enjeu aujourd'hui, c'est de construire le premier équipement
01:32qui va permettre de mettre un patient entier sous cet équipement.
01:36Aujourd'hui, la démonstration a été faite d'abord sur des lignées cellulaires,
01:40ensuite sur ce qu'on va appeler des tumeurs superficielles,
01:43mais à chaque fois sur des petites zones.
01:47Là, l'ambition, c'est de pouvoir atteindre des tumeurs profondes
01:49et de démontrer que ça fonctionne.
01:52Après, l'avantage avec la physique, c'est que quand les équations démontrent,
01:56en général, on y arrive, encore faut-il arriver à construire l'équipement.
02:00Et c'est bien ça, tout l'enjeu aujourd'hui que nous menons avec le CEA.
02:03Ça, c'est le job de Thalès, construire la machine.
02:05Ce n'est pas que le job de Thalès puisqu'on est dans un marché innovant,
02:08dans un partenariat d'innovation avec Thalès.
02:10Thalès apporte 50 ans d'expertise dans la construction d'accélérateurs de particules.
02:16Et nous, on apporte plus de 100 ans à l'Institut Curie
02:19de compréhension de la radioactivité et de traitement de patients
02:23puisqu'on a un centre de recherche et un hôpital à l'Institut Curie.
02:28Et donc, l'objectif, c'est de construire ce premier équipement.
02:31Normalement, ça sera fait d'ici l'année prochaine.
02:34L'installer dans un bunker.
02:35Oui, parce qu'il faut un bunker quand même.
02:37Oui, ça nécessite un certain nombre de radioprotection de dispositions qu'on doit prendre.
02:45Et à horizon maintenant 2028-2029, selon le planning sur lequel on travaille,
02:50ça sera de pouvoir mettre les premiers patients dans des essais cliniques.
02:52Ah oui, c'est tout de suite.
02:53C'est très bientôt.
02:54C'est le choix que nous avons fait avec Thales et les équipes du CEA.
02:58C'est de travailler sur des dispositifs qui sont robustes et connus.
03:04Dans un second temps, si ça fonctionne,
03:06puisqu'on est sur le plateau de BFM,
03:08il y a un enjeu économique évident.
03:10Le marché de la radiothérapie, c'est 9 milliards aujourd'hui,
03:12qui est plutôt dominé par des Américains.
03:15Ça sera de passer dans une phase de prototypage
03:18et donc de construction d'un équipement commercial beaucoup plus réduit.
03:21Parce que là, aujourd'hui, on construit avec des briques technologiques qu'on maîtrise.
03:25Et avec un coût qui sera largement supérieur aux appareils de radiothérapie
03:29qu'on connaît aujourd'hui ?
03:31Parce que derrière, il y a la question évidemment des hôpitaux.
03:33Est-ce qu'ils ont les moyens de s'équiper ?
03:35Les États, les systèmes de santé ?
03:37Ça va être un vrai sujet aussi ?
03:39Aujourd'hui, on estime que, c'est l'OMS qui le dit,
03:43à horizon 2050, on va faire plus 80% du nombre de cancers dans le monde.
03:49Plus 80% ?
03:50Plus 80%.
03:5135 millions de nouveaux cas chaque année.
03:53Donc l'enjeu, il est à la fois sur le coût des équipements,
03:56mais il est aussi de repenser la manière dont on peut traiter la population.
04:00Et c'est essentiellement lié au vieillissement de la population dans les pays occidentaux.
04:03Donc une des questions va être,
04:05est-ce que nous sommes capables déjà de démontrer que ça fonctionne ?
04:08Est-ce qu'on va être capables ensuite de réduire la taille de cet équipement
04:12pour pouvoir l'installer dans n'importe quel hôpital ?
04:14Et à quel coût ?
04:15Et donc ça, c'est justement les essais cliniques qu'on va mener
04:17et le classique business model qui doit être fait
04:21pour savoir comment ça peut se positionner.
04:23On ne pense pas que ça va remplacer l'intégralité des dispositifs
04:28dont on a aujourd'hui,
04:29mais très probablement venir se positionner sur certaines typologies de cancers,
04:33en l'occurrence certains cancers pédiatriques,
04:35puisque vous imaginez bien que maintenir un enfant pendant 30 minutes
04:38sans mouvement, c'est assez compliqué,
04:40surtout quand il faut le faire revenir un certain nombre de fois,
04:43mais aussi des cancers qui sont plutôt profonds
04:46et qui sont à proximité d'organes sensibles
04:49dans lesquels on a également...
04:50Oui, très précis.
04:51...des effets secondaires liés à l'irradiation de tissus sains.
04:56Et donc c'est le cas des poumons,
04:57c'est le cas de cancers cérébraux
04:59ou de cancers plutôt digestifs, assez profonds.
05:03Donc ça, ça sera l'enjeu.
05:04Et le coup, ça sera un équilibre justement
05:06entre ce qu'on est capable de faire,
05:08alors qu'aujourd'hui, on n'a pas de solution
05:10pour ce type de cancers.
05:13C'est le cas.
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