00:00Il est 8h10 sur Sud Radio, soyez libres. Bonjour Franck Dedieu. Bonjour Maxime.
00:04Rédacteur en chef au magazine Marianne qu'on retrouve en kiosque et dès à présent, bien sûr, sur les sites
00:08internet avec à la une cette semaine,
00:10Pédophilie à l'école, enquête sur une omerta. D'ailleurs, on aura l'occasion d'y revenir tout à l
00:14'heure dans le grand débrief de la matinale.
00:15Mais ce matin, alors que dans quelques minutes, ce sera David Amiel, le ministre de l'Action et des Comptes
00:19Publics qui sera mon invité,
00:20voulait revenir sur un phénomène qui est factuel. De plus en plus de monde entend rouler en voiture électrique,
00:26histoire de se joindre l'utile et l'agréable, se montrer écolo et faire des économies carburant, vu la hausse
00:32du prix à la pompe.
00:32Seul problème, vous nous dites Franck, c'est que cet engouement pour la batterie ferait surtout les affaires de la
00:38Chine.
00:38Donc même dans ce domaine, le Made in France tombe à l'eau, c'est foutu.
00:41C'est foutu, non Maxime, il ne faut plus jamais désespérer de la France en matière de patriotisme économique.
00:47Mais il faut bien avouer que c'est effectivement assez mal parti, pas seulement pour la France d'ailleurs.
00:52Les constructeurs chinois inondent le monde entier de leurs véhicules hybrides et électriques.
00:57Un seul chiffre, un seul chiffre, selon la très sérieuse agence internationale de l'énergie,
01:03un quart des nouvelles immatriculations dans le monde sont chinoises.
01:07Des BYD, des Chery et autres Lip Motors.
01:10Alors évidemment, comme d'habitude, vous allez me dire, l'Europe se retrouve en première ligne.
01:14C'est-à-dire que quand Trump a imposé à hauteur de 100% les véhicules, 100% de droits
01:21de douane, les véhicules chinois,
01:23et bien ces modèles-là se sont détournés du marché américain et se sont déversés comme dans un entonnoir sur
01:30le vieux continent.
01:31Vous savez, cette zone ouverte à tous les vents, à d'elle du laisser-passer, du libre-échange.
01:36N'exagérez quand même pas Franck, ça c'est un peu de la mauvaise foi,
01:39parce qu'on se rappelle tous que l'Europe a aussi imposé le fameux protectionnisme à l'initiative, il faut
01:44le dire, de la France.
01:45Oui, mais très timidement, on parlait de 100% des droits de douane de Trump,
01:50les barrières douanières en Europe se montent environ autour de 27%.
01:53Pas très dissuasif, notamment par rapport aux Etats-Unis.
01:57D'ailleurs, l'Etat chinois, pour contourner cela, subventionne ses marques de manière à pouvoir casser les prix,
02:04de manière à pouvoir compenser le paiement de ses droits de douane
02:08et à vendre des tombereaux de véhicules en France et ailleurs.
02:12Comme le rappelle dans le Figaro, Arnaud Montebourg, ancien ministre du redressement productif,
02:17les sites allemands aussi paient un lourd tribut au vu des plans de licenciement massifs,
02:22notamment au sein du groupe Volkswagen.
02:24Alors, vous allez me dire, Maxime, les constructeurs chinois font tout de même sortir de terre des usines en Europe.
02:31Et ils créent des emplois.
02:32C'est pas faux et c'est pas plus mal.
02:34Mais ils s'en plantent où ? Ils s'en plantent en Hongrie, en Espagne ou en Pologne,
02:38où les salaires sont bien inférieurs aux standards français.
02:41Mais dans toute cette histoire, nos constructeurs français, là, ils sont où ?
02:45Ils sont un peu à la ramasse, si vous me permettez cette expression un peu familière.
02:50Les Chinois développent en France une autre stratégie.
02:53Laquelle ? Ils n'en plantent pas des usines au bénéfice de l'emploi local.
02:57Non, ils nouent des partenariats.
03:00Ainsi, celui de Stellantis, ce groupe qui rassemble des marques très connues comme Peugeot, Citroën et Fiat.
03:06Ainsi, celui de Stellantis, dis-je, avec Libmotor, une marque chinoise.
03:11L'usine Citroën, donc du groupe Stellantis, de Rennes,
03:15mettra ses chaînes de fabrication à la disposition du Chinois.
03:19Elle lui loue en quelque sorte son appareil productif.
03:22Alors, avant, il en sortait, vous savez, de Rennes, il en sortait quand même des voitures un peu de notre
03:27enfance,
03:28les Diane, les Amicis.
03:30Demain, il en ira autrement.
03:32C'est peut-être une première étape avant la vente pure et simple de ces usines
03:37qui passeraient sous pavillons chinois.
03:40Alors, que fait l'État dans cette histoire ?
03:41D'abord, il a de quoi un petit peu tiquer parce qu'il a dépensé beaucoup d'argent
03:45pour aider cette filière électrique, notamment pour la fabrication de batteries.
03:50Et il a aussi dépensé beaucoup d'argent pour le leasing social.
03:54Vous savez, Maxime, ce procédé pour encourager les classes moyennes,
03:58avec une aide à la clé, à passer de l'électrique,
04:02qui remporte, il faut bien dire, un franc succès.
04:04Mais attendez, si vous regardez la liste des voitures qui sont éligibles à ce fameux leasing social
04:09avec la bienfaitance de l'État,
04:11vous apercevez qu'ils ne favorisent pas totalement le Made in France.
04:14Les modèles éligibles peuvent venir de très loin,
04:17de Pologne, avec la Jeep Avenger, par exemple.
04:20Mais attendez, ce n'est pas tout.
04:22Des marques françaises comme la Peugeot i208,
04:26avec l'aide de l'État, viennent d'Espagne.
04:28Donc, ça veut dire concrètement que le contribuable français
04:32subvençonne des sites industriels en dehors de son propre pays.
04:35En marche, ou plutôt, en roule sur la tête.
04:38Et là, ce n'est pas la première fois.
04:39Merci beaucoup, Franck Daudieu, rédacteur en chef à Marien,
04:42qu'on retrouve tous les vendredis dans Soyez Libres, sur Sud Radio.
04:44Les fameuses subventions, les fameuses aides.
04:46Justement, on va parler dans un instant avec mon invité politique, David Amiel.
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