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  • il y a 1 semaine
Avec Thierry Beccaro, animateur.

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##SUD_RADIO_MEDIA-2026-02-20##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Bonjour Thierry Beccaro, on est ravis de vous recevoir ce matin.
00:04Alors il n'y a plus d'émissions médias à proprement parler,
00:08mais on a régulièrement le vendredi des invités comme vous,
00:11avec qui on peut parler aussi de sujets de société.
00:13On vous avait reçu il y a quelques années pour parler de votre livre,
00:17je suis née à 17 ans.
00:19Et ça, je ne l'oublie pas parce que vous faites partie des gens,
00:24Gilles, Valéry, de celles et ceux que j'appelle ceux qui sont sur mon chemin.
00:30qui m'ont accueilli quand le livre est sorti,
00:33qui lui ont réservé un accueil formidable.
00:37Et puis, cette histoire a continué.
00:41On ne s'est pas beaucoup vu depuis, mais il s'est passé tellement de choses incroyables.
00:45Alors, peut-être redire que dans ce livre, vous racontiez votre enfance d'enfant battu.
00:53Et c'est vrai que c'est un sujet dont on parlait très peu.
00:58Et puis, au fil du temps, même vous, vous avez mis du temps à en parler et à raconter cette
01:04histoire.
01:05Oui, Valéry, j'ai mis du temps à en parler parce que j'estimais,
01:11d'une façon, j'allais dire très honnêtement, que ça ne me concernait que moi.
01:17Et que peut-être, je ne devais être que le seul à subir ce que je subissais.
01:24Et que l'intérêt, c'était de faire son travail derrière un micro, devant une caméra ou sur scène.
01:31Et puis que le reste, c'était mon problème.
01:37Et puis, tout à coup, on m'a encouragé à écrire cette histoire qui a été la mienne.
01:42Et puis, cette histoire, elle a ouvert des portes.
01:46Et ça a été quelque chose d'incroyable.
01:48Parce que moi qui me croyais seul, j'ai pu montrer aux autres et à ceux qui ont lu le
01:57livre
01:59que finalement, ils n'étaient pas tout seuls.
02:01Et que si quelqu'un qui s'en est plutôt pas mal tiré, qui a fait une...
02:07Belle carrière à la radio, à la télévision, motus, télématin, des pièces de théâtre...
02:13Donc, moralité...
02:1440 degrés à l'ombre...
02:16Eh bien, on peut s'en sortir.
02:17Avec la fameuse séquence des émaux.
02:19On peut s'en tirer.
02:20Et c'était ça, le début, le début de cette belle aventure.
02:25Moi, j'ai envie de dire à nos auditeurs, appelez-nous, si vous avez, vous, envie de témoigner,
02:30de nous appeler pour nous dire si vous, vous avez vécu, vous aussi, une enfance difficile.
02:36La difficulté de mettre des mots sur des violences qu'on a subies quand on est enfant.
02:43Parce que jusqu'à, encore une fois, et je le répète, jusqu'à il n'y a pas très longtemps,
02:46et encore pour beaucoup aujourd'hui, c'est très très difficile à verbaliser, à dire, à raconter.
02:52Et pourtant, ça a été pour vous une forme de libération, ce livre.
02:57Et vous êtes sur scène, c'est aussi pour ça qu'on vous reçoit.
03:00Parce que c'est une aventure incroyable à partir de ce livre.
03:03À Avignon, vous êtes monté sur scène.
03:05Ça a été adapté.
03:06Il y a eu un téléfilm entre-temps, aussi, qu'un cartonné.
03:08Il y a eu un téléfilm sur France Télévisions.
03:10Et ça a été une aventure incroyable.
03:12C'est incroyable.
03:13Parce que quand j'écris le livre, mon éditeur, qui est formidable, me dit,
03:18écoute Thierry, Thierry, fais-nous confiance.
03:20Tu n'imagines pas à quel point tu vas aider les gens.
03:23Bon, très bien.
03:25Je fais confiance.
03:27Le livre ouvre des portes incroyables, se vend à 60 000 et quelques exemplaires.
03:34Je vais en écrire un deuxième, qui s'appellera Ma résilience à moi.
03:38Donc, l'aventure va continuer.
03:40Et puis, on va m'annoncer un jour que le livre va être adapté par France Télévisions,
03:47avec des comédiens formidables, Elsa Lunghini, Moïse Antamaria.
03:54Je vais jouer mon personnage.
04:00L'histoire continue.
04:02Je vais recevoir des témoignages incroyables.
04:05Et là, on va revenir à ce que vous disiez tous les deux.
04:07Des témoignages de maris et de femmes qui me remercient.
04:11Parce que grâce à ce livre ou à ce film, ils ont pu parler.
04:15Et raconter.
04:17Ils ont pu dire à leur femme, écoute, tu sais quoi ?
04:20Moi, j'ai vécu ça.
04:22Une femme a pu dire à son mari, tu sais, je ne te l'ai jamais dit,
04:26mais c'est incroyable.
04:28J'ai l'impression qu'il a raconté ma vie.
04:30Il a raconté ce que j'ai vécu.
04:33Et si j'ai pu être utile à ça, c'est déjà un cadeau.
04:38Et puis, je vais réaliser, Valérie, Gilles, le triptyque.
04:44Ce qui est quand même incroyable.
04:46Comment je pouvais deviner, quand ce livre est sorti,
04:50que ça deviendrait un livre, un film et un seul en scène.
04:56Oui, un seul en scène.
04:57On a un peu une histoire commune, on s'en est parlé.
05:01Moi, j'ai longtemps culpabilisé en me disant,
05:05est-ce que je fais de la radio, je suis créatif ou dans d'autres métiers,
05:10parce qu'il y a eu de la violence.
05:13Et ça serait, indirectement, remercier mes parents d'avoir été violents
05:18et d'avoir fait un enfant créatif.
05:20Est-ce que vous, des fois, vous avez eu ce sentiment
05:22que votre destin est lié à cette violence ?
05:25C'est un des thèmes du spectacle
05:30qu'Emmanuel Robert Espalieu a adapté du livre.
05:33C'est-à-dire que...
05:35Suis-je comme ça à cause de la violence de mes parents ?
05:38La question qui se posera à un moment donné
05:42dans le spectacle de cet homme,
05:44cet homme peint la toile de sa vie sur scène.
05:47Il va peindre la toile de sa vie.
05:49Donc, ce n'est pas Thierry Beccaro qui va monter sur scène,
05:52mais il va peindre la toile de sa vie devant sa petite sœur.
05:56Il va parler à sa petite sœur,
05:57puisque ma petite sœur, qui s'appelait Valérie,
06:00était témoin de tout ce que je vivais.
06:04Et elle a été épargnée.
06:05Et elle, elle était complètement épargnée.
06:08Et chaque couleur que je vais placer sur la toile,
06:12ce sera une émotion.
06:13Le vert du jardin de chez Méméranna,
06:16le ciel bleu de l'Italie,
06:17où on allait en vacances régulièrement,
06:19le rouge de l'amour,
06:23de la violence,
06:24le gris de l'ennui, etc.
06:26Enfin, voilà.
06:27Et puis, à un moment donné,
06:29une scène qu'on appellera la scène traumatique,
06:33que vous viendrez voir,
06:34et qui est importante,
06:39elle va déclencher un événement incroyable,
06:43c'est qu'après cette scène,
06:44mon père va me permettre d'entrer à la maison de la radio.
06:51Un mois après,
06:52cette scène terrible,
06:54et il arrive et il me dit,
06:55tu vas rentrer à la maison de la radio,
06:57ça va être formidable.
06:58Je suis furieux.
06:59Je suis furieux.
07:00Je lui dis, mais comment,
07:01est-ce qu'il peut me faire vivre ?
07:03Ce qu'il vient de me faire vivre,
07:04et il me fait rentrer à la maison de la radio.
07:07Donc, je vais rentrer au droit d'auteur,
07:08je vais noter des références de disques,
07:10et là, ça va être le coup de foudre.
07:13Vous vous dites, il se passe quelque chose.
07:14Vous démarrez votre carrière grâce à votre père.
07:17Et je dois ma carrière
07:19à cet homme violent.
07:20À mon papa.
07:22Et ce père qui dira à un moment donné,
07:24dans la pièce,
07:25tu sais, je ne te l'ai jamais dit,
07:26mais j'aime bien ce que tu fais là.
07:29Ouais, c'est bien ton tableau là, ouais.
07:31Je suis fier de toi.
07:33Mais cette fierté,
07:36pour ce peintre,
07:38c'est comme une tâche.
07:40Parce que, parce que,
07:43il est obligé de vivre avec.
07:45Eh oui.
07:46Mais il ne vous l'a jamais dit.
07:48Alors, maman aurait bien aimé
07:50que je lui dise un petit peu plus.
07:51Tu sais, papa, il aurait bien aimé
07:53que tu lui dises un peu plus
07:54que c'était un peu grâce à lui
07:55que tu faisais cette carrière.
07:58Mais vous le détestez
07:59ou vous l'aimez, votre père ?
08:01Pardon ?
08:01Vous le détestez
08:02ou vous l'aimez, votre père ?
08:03Ah non, non, non.
08:04Papa et maman,
08:05je peux monter sur scène
08:06tous les soirs
08:08en ayant une pensée pour eux
08:13et en ayant vraiment la sensation
08:15que le public,
08:17pas un instant,
08:20ne sentira la moindre amertume,
08:23la moindre colère,
08:25la moindre idée de revanche,
08:27la moindre aigreur de ma part.
08:31Comment vous l'expliquez ?
08:35Valérie, je vais te l'expliquer
08:37parce que j'ai fait tout un travail.
08:39Oui, c'est ça.
08:40Je crois que c'est là
08:41le point capital.
08:44C'est que je me suis astreint
08:47parce qu'il faut avoir du courage
08:48pour le faire.
08:49Bien sûr.
08:49Je suis allé sur un divan
08:52pendant des années
08:53et j'ai parlé,
08:55j'ai dit,
08:56j'ai essayé de comprendre.
08:58Oui.
08:59Et je me suis dit,
09:01mais pourquoi papa était comme ça ?
09:02Pourquoi maman est devenue comme ça ?
09:05Et je me suis dit
09:06que tout n'était pas aussi noir
09:08et aussi blanc
09:09que ça pouvait paraître
09:11et qu'il y avait certainement des raisons.
09:13Et il y a le fameux tranche générationnelle.
09:16Et quand je vous raconte mon histoire,
09:19on est dans les années 60, 70.
09:22Mes parents,
09:23ils sortent de la Seconde Guerre mondiale.
09:27Des coups, ils en ont pris.
09:28Bien sûr.
09:29Et puis, il y avait une éducation des enfants
09:31qui se faisait à coups de ceinture
09:33très souvent
09:33et de martinet.
09:35La fameuse phrase
09:36une bonne raclée,
09:37ça n'a jamais tué personne.
09:38Bah si.
09:39Oui, bien sûr.
09:40Bien sûr que si.
09:41Et encore aujourd'hui.
09:43Et c'est pour ça que ce spectacle,
09:45ce seul en scène
09:46que je joue tous les jours
09:48du jeudi au samedi
09:50et le dimanche,
09:51il est nécessaire.
09:52Parce que si vous écoutez les infos
09:54tous les jours,
09:56vous vous apercevez que ça continue.
09:58Bien sûr.
09:59Des bêtas rames.
10:00C'est pour ça que je trouvais
10:01que c'était important
10:02d'abord parce qu'on est toujours heureux
10:04de vous voir
10:05et que votre nom est lié
10:08à l'histoire de la télévision française
10:11et que les gens, Thierry Bécaro,
10:13vous aiment vraiment
10:14et que cette histoire,
10:15elle est importante
10:17pour justement raconter
10:20un petit peu
10:21dire qu'il n'y a pas de fatalité
10:23et qu'il faut en parler.
10:25C'est terrible
10:26ce qu'on découvre aujourd'hui
10:27sur les violences faites aux enfants,
10:28que ce soit les pédophiles
10:30ou les violences
10:31d'enfants qui sont placés
10:33à l'aide sociale à l'enfance,
10:34ce qui est une tragédie absolue.
10:36Vous savez, un jour,
10:38j'écoutais comme je le fais
10:39de temps en temps
10:40quand j'ai un petit moment de libre,
10:42les auditions,
10:44les hommes politiques
10:45qui sont auditionnés
10:46comme ça,
10:48des enquêtes
10:50et il y avait un célèbre
10:52premier ministre
10:53qui a été interrogé
10:55et on lui rappelle
10:57que dans la rue,
11:01un jour,
11:02il y a un petit gamin
11:03qui met sa main dans sa poche
11:05et il lui retourne une claque.
11:09Donc, dans l'Assemblée,
11:12de celles et ceux
11:13qui interrogent le ministre,
11:15on dit à ce ministre
11:16mais cette claque,
11:18oui, oui, bon,
11:20écoutez,
11:21oui, c'était une claque
11:22mais vous savez,
11:22une bonne claque,
11:24ça n'a jamais fait de mal,
11:26etc.
11:27Et là, on sent
11:28dans l'assistance
11:30un silence
11:33comme celui que vous...
11:35vous entendrez
11:36si je puis me permettre
11:37cette expression
11:37quand vous venez
11:38de voir le spectacle
11:40parce que...
11:42bah...
11:42oui,
11:44quand un homme
11:44d'un certain âge
11:45vous sort cette phrase
11:47genre,
11:48une claque,
11:49ça n'a jamais tué
11:50un gamin,
11:51ça n'a jamais...
11:52Mais moi,
11:53je dis si, si.
11:54Mais est-ce qu'aujourd'hui,
11:55Thierry Beccaron,
11:55mais on en parlera sûrement
11:56après la pub,
11:57est-ce que ce n'est pas
11:58l'effet inverse ?
11:59C'est-à-dire,
11:59le fait de ne plus rien,
12:02de plus avoir d'autorité
12:03sur son enfant
12:04est-ce que ça n'a pas
12:05changé les enfants
12:06d'aujourd'hui ?
12:07Non, non, non.
12:08Il y a une différence
12:09entre l'autorité
12:10et frapper.
12:11Autorité,
12:13autoritarisme,
12:14ce n'est pas du tout
12:15la même chose.
12:16On parle de violence,
12:17on parle de violence.
12:18Moi, je n'ai jamais
12:19levé la main
12:21sur mes enfants.
12:22Je vous le promets.
12:24Je jouais l'avocat du diable,
12:25évidemment.
12:26Non, mais on ne parle
12:26pas de la même chose.
12:27L'autorité frappée,
12:28ça n'est pas pareil.
12:30Frapper un enfant,
12:32c'est la force
12:34de la faiblesse.
12:35On va y revenir,
12:370826 300 300,
12:38si vous voulez témoigner,
12:40poser des questions
12:41à Thierry Beccaro.
12:43On vous attend
12:44au 0826 300 300
12:46et puis on va parler
12:47de ce spectacle,
12:48Je suis né à 17 ans,
12:50qui est en ce moment
12:50à la Comédie
12:51des Champs-Elysées.
12:52Et puis je pense
12:52que vous irez un petit peu
12:53partout en France
12:55avec cette pièce,
12:57ce one-man show,
12:57ce seul en scène.
12:58A tout de suite.
13:00Le 10h midi,
13:02Sud Radio Média,
13:03midi, Sud Radio Média,
13:05l'invité du jour.
13:06L'invité du jour,
13:07c'est Thierry Beccaro.
13:08Alors Thierry Beccaro,
13:09évidemment,
13:10on ne va pas rappeler
13:10toute votre carrière.
13:13C'est quoi le plus marquant
13:14pour vous ?
13:14C'est Motus ?
13:15C'était les matins ?
13:16Il faut sortir les archives.
13:17Oui.
13:18Non, vous avez fait tellement
13:20J'ai eu cette chance
13:20incroyable, Valérie,
13:22et je la souhaite
13:22à toutes celles
13:23et à ceux qui veulent
13:24faire ce métier.
13:25Tout ce que j'ai présenté
13:27à France Télévisions,
13:28je l'ai fait
13:29avec la plus grande joie.
13:31J'ai présenté Motus,
13:3229 ans,
13:3529 ans télématin,
13:36William m'a permis
13:37de le remplacer
13:39quand il partait en vacances.
13:40J'étais très heureux
13:42de me lever
13:44à 4h30,
13:46c'est pas facile,
13:47mais on y arrive.
13:49J'ai été très heureux
13:50de présenter 40 degrés
13:51à l'ombre.
13:52J'y ai passé des moments
13:54formidables.
13:55J'ai présenté
13:56Surprise, Surprise,
13:57c'était quelque chose
13:59d'incroyable.
14:01J'ai participé au Téléthon,
14:03j'ai le premier,
14:04le premier qui reste pour moi
14:06quelque chose
14:06d'incroyable.
14:08Et ce qui est important
14:10à dire,
14:10c'est que j'ai toujours,
14:12comme disait Boris Cyrulnik,
14:14j'ai toujours voulu
14:16faire de ce malheur
14:17qui était le mien
14:19dans mon intimité,
14:21de faire ce malheur
14:22à un merveilleux malheur.
14:24C'est-à-dire
14:24de donner aux gens
14:27du sourire.
14:28Ce sourire
14:29que je n'avais pas forcément
14:30dans ma vie.
14:31Vous n'aviez pas eu
14:31dans votre enfance.
14:33Je suis née à 17 ans,
14:34donc c'est le livre
14:35qui existe,
14:36qu'on peut retrouver
14:37en livre de poche.
14:38Bien sûr.
14:39Il s'est vendu,
14:39vous l'avez dit,
14:40à plus de 60 000 exemplaires.
14:41C'est une aventure formidable,
14:42je le dis pour ceux
14:43qui nous rejoignent,
14:44puisque vous êtes monté sur scène.
14:45Il y a eu un téléfilm
14:46sur France 2.
14:47Et vous êtes,
14:48donc c'était à Avignon
14:48dans un premier temps.
14:49Vous nous avez dit en off,
14:50mais je le répète,
14:51que les gens vous serraient
14:52dans leurs bras
14:53à la sortie du théâtre.
14:56Et donc,
14:57vous êtes au studio
14:57de la comédie
14:58des Champs-Elysées.
14:59On a une auditrice
15:00qui voulait réagir.
15:01Bonjour Fanny.
15:03Bonjour Aléry.
15:04Bonjour.
15:05Bonjour à tous.
15:06Bonjour.
15:07Qu'est-ce que vous vouliez nous dire ?
15:09Vous vouliez parler
15:10à Thierry Beccaro ?
15:11Vous avez, vous,
15:12été concerné aussi
15:13par de la maltraitance ?
15:15Absolument.
15:17Et c'est un sujet
15:18que les gens ne parlent pas
15:19et que l'on tait
15:20parce que vous avez
15:22d'autres personnes en face
15:23qui ont un besoin,
15:26comment dire,
15:27parce que vous êtes
15:27un enfant battu,
15:28on a besoin
15:29d'avoir un pied sur vous.
15:31Et ça,
15:33moi,
15:33pour l'avoir vécu,
15:34et je n'en parle plus du tout,
15:37là,
15:37je n'ai pas tout de même
15:38de vous appeler,
15:39mais je n'en parle pas
15:40parce que ça fait partie
15:43de ma vie
15:43et que ceux qui en sont passés
15:46par là comprennent,
15:47pour les autres,
15:47pas du tout.
15:48Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas ?
15:50Parce que pour eux,
15:52c'est une faiblesse,
15:56j'en ai entendu.
15:57Du coup,
15:58j'ai dit,
15:58sois une grande fille,
16:00tu ne dis rien.
16:01Par contre,
16:01j'ai fait comme vous Thierry,
16:02j'ai été obligée aussi
16:03à un moment donné
16:04de faire beaucoup
16:05de travail sur moi.
16:06Oui.
16:07Dans votre famille,
16:08vous l'avez dit,
16:08à votre mari,
16:09si vous êtes mariée,
16:10votre conjoint,
16:11vos enfants ?
16:12Non.
16:13Je n'en ai pas parlé.
16:15Non.
16:15Mais même,
16:16vous voyez,
16:16j'ai tendance même à dire,
16:18j'ai un frère et une sœur
16:19qui auraient tendance
16:20à répéter un peu
16:20ce qu'ils ont vu à la maison.
16:22Oui.
16:23Vous savez, Fanny,
16:24bonjour Fanny,
16:25je suis content de vous entendre.
16:27Je lis pas mal Boris Cyrulnik
16:29et je l'écoute.
16:31C'est celui qui a mis en exergue
16:34le concept de la résilience.
16:37Vous savez comment
16:37vous pourriez parler
16:38à votre mari
16:39ou à celles et à ceux
16:41qui ont du mal
16:42à vous écouter,
16:43vous pouvez toujours
16:44vous servir de subterfuge.
16:47C'est-à-dire,
16:48passer par un livre
16:50que vous lui offririez,
16:52un film que vous regarderiez ensemble,
16:56une pièce de théâtre
16:57que vous iriez voir
16:58tous les deux,
16:59qui pourrait,
17:00quelque part,
17:01d'une façon plus subliminale,
17:04traiter du sujet.
17:06et ça,
17:07c'est souvent un moyen
17:09de pouvoir aborder
17:12le thème.
17:13Parce que c'est vrai que
17:14si c'est compliqué pour nous
17:15d'aborder ce sujet,
17:18on peut comprendre
17:19que c'est compliqué
17:20pour l'autre aussi
17:21de l'entendre.
17:23C'est comme les gens
17:23à qui vous demandez
17:24comment ça va,
17:25les gens vous répondent
17:26ça va,
17:27parce que si jamais
17:27vous leur répondez
17:29tu sais ce matin
17:30ça va pas trop bien,
17:31l'autre il va se dire
17:32oh là là,
17:32mon Dieu.
17:33Mais comme notre auditrice,
17:35vous pensez,
17:36elle,
17:36elle a voulu ouvrir
17:37une autre page de sa vie.
17:39C'est-à-dire de mettre ça de côté,
17:40de l'enfouir.
17:41C'est pas une bonne idée
17:42de se dire
17:42je vais ouvrir un nouveau livre ?
17:44Mais moi j'ai ouvert un nouveau livre.
17:46Je suis né à 17 ans,
17:48c'est ce que ça veut dire.
17:49C'est qu'il y a un moment...
17:49J'ai écrit
17:50et j'ai ouvert d'autres livres.
17:53Mais c'est difficile de...
17:56Moi je n'ai pas su rayer
17:57d'un trait de plume
17:59je me suis déjà
18:01parce qu'il fallait
18:02que je sauve ma peau
18:04coupé de la famille
18:06parce que c'était compliqué
18:07de se partager
18:08entre la famille de papa
18:10qui était peut-être mieux
18:12que la famille de maman
18:13qui trouvait que je préférais
18:15l'autre famille, etc.
18:17Donc à un moment donné,
18:18bon,
18:18il y a des pages comme ça
18:19qu'il faut peut-être
18:22aller presque déchirer.
18:25Mais vous pouvez ouvrir
18:27un autre livre
18:28mais c'est bien aussi
18:30d'essayer de comprendre
18:31ce qui s'est passé.
18:33C'est comme si vous meniez
18:34une enquête.
18:34En fait,
18:35quand j'ai fait mon analyse,
18:36j'ai quand même découvert
18:38beaucoup de choses
18:38qui m'ont permise
18:40d'avancer.
18:42Fanny aussi,
18:42ça a été votre cas ?
18:45J'ai essayé d'avancer,
18:46j'ai essayé d'en parler
18:47mais j'ai vu parfois
18:51par différentes manières
18:52de façon d'aborder le sujet
18:53ou quand il y avait
18:54un sujet d'actualité,
18:55je mettais le sujet au milieu
18:57et je voyais comment
18:58les gens réalisaient.
18:59Je me suis dit
19:00mais jamais je ne vais
19:00parler de ça,
19:01moi, c'est jamais.
19:02Je vais me faire
19:02ma résilience moi-même,
19:04faire mon travail moi-même
19:05mais après,
19:06pour les autres,
19:07je les laisse
19:07avec leurs idées
19:08et leurs pensées.
19:09mais c'est le plus terrible
19:10en fin de compte.
19:11Et vous dites
19:12que vos frères et sœurs
19:13ont tendance
19:14à reproduire cela
19:15et vous, non,
19:16vous n'avez pas
19:18à lever la main
19:19sur vos enfants ?
19:20Non, par contre,
19:22j'ai un ton de voix
19:24qui me permet
19:25d'avoir de l'autorité.
19:28Absolument.
19:29Après,
19:31c'est un avantage
19:32mais bon voilà,
19:33point barre,
19:33ça s'arrête là.
19:34On va vous envoyer
19:35le livre dédicacé
19:36de Thierry, évidemment.
19:38On va vous l'envoyer
19:38on va vous l'envoyer
19:39on va prendre vos coordonnées.
19:41Et je ne sais pas
19:41où vous êtes Fanny
19:42mais vous serez
19:43la bienvenue
19:44si vous le souhaitez.
19:45Avec l'accent
19:46je ne sais pas si...
19:47Vous êtes dans quelle région
19:48dans le sud-ouest Fanny ?
19:50Je suis à Tarbes.
19:52À Tarbes.
19:53Peut-être que la pièce
19:54ira à Tarbes
19:55mais en tout cas
19:57merci d'avoir appelé
19:58d'avoir témoigné
19:59je pense que oui
20:00ça peut être libérateur.
20:01La pièce,
20:02il faut le dire
20:02elle n'est pas triste
20:04le seul enseigne
20:05il y a beaucoup d'humour
20:06dedans.
20:07Ce que je souhaite
20:09à la fin de ce spectacle
20:10c'est que
20:11celles et ceux
20:12qui ont la gentillesse
20:14de m'applaudir
20:15se disent que
20:16voilà
20:17ce type
20:19qu'on a vu sourire
20:20pendant des années
20:21à la télévision
20:22tout à coup
20:23nous raconte
20:25ce par quoi
20:26il est passé
20:29finalement
20:31on est deux
20:31sur scène
20:32il y a Thierry
20:33et il y a ce peintre là
20:34et puis il y a le petit Thierry
20:35à l'intérieur
20:36et les gens se disent
20:38qu'on s'en sort
20:40je vous assure
20:41je vous assure
20:42qu'on peut s'en sortir
20:43mais
20:45il faut le fameux courage
20:46dont je parle
20:48ce mot résilience
20:49dont je parlais tout à l'heure
20:51il est employé
20:52à toute la sauce
20:53parce que les gens
20:54peuvent se sentir coupables
20:55j'avais dit à Boris Cyrulnik
20:57la résilience
20:58on se dit
20:59c'est pour les autres
21:00c'est pas pour moi
21:00c'est quand même
21:01pas évident
21:02la résilience
21:03c'est pas passer
21:04d'un chemin de ronces
21:06à un chemin de pétales de roses
21:08en deux jours
21:10aujourd'hui
21:11il y a tout un pan d'affaires
21:12qui sortent
21:13sur les enfants
21:15moi je n'imaginais pas
21:18une telle chose
21:19j'ai l'impression
21:19de découvrir
21:20un monde parallèle
21:21vous avez aussi
21:22ce sentiment
21:23ou avec les témoignages
21:25que vous avez reçus
21:26avec ce livre
21:26vous vous connaissiez
21:28qu'il y avait un pan
21:29d'une violence
21:30faite aux enfants
21:31inimaginable
21:31je parle souvent
21:33de ce fameux tonneau
21:34des Danaïdes
21:36qu'on a envie
21:38de
21:40on verse l'eau
21:41d'un côté
21:41et ça se remplit
21:43de l'autre
21:43ce que je vous raconte
21:45moi
21:45je l'ai vécu
21:46dans les années 70
21:48et aujourd'hui
21:50il y a encore
21:51je viens de lire
21:52160 femmes
21:54en 2024
21:54qui ont été victimes
21:56de féminicides
21:57et on oublie
21:58à chaque fois
21:59que
22:00quand il y a des femmes
22:01qui sont violentées
22:02quand il y a des femmes
22:03qui se font
22:04agresser
22:05qui sont tuées
22:07par leur
22:09leur ex-mari
22:11ou leur mari
22:11souvent à côté
22:13il y a les enfants
22:14il y a les enfants
22:15qui sont témoins
22:16de ça
22:17ne jamais oublier
22:20oublier ça
22:21il y a tout un
22:22il y a
22:23il y a tout un système
22:25à revoir
22:27je pense que
22:27monsieur Darmanin
22:28en a parlé
22:29ce matin
22:30il faut revoir
22:31toute la façon
22:32de procéder
22:33les numéros
22:35le 119
22:37les numéros
22:38que les enfants
22:38peuvent appeler
22:39il y a des tas
22:40de choses
22:42à faire
22:42malheureusement
22:43c'est compliqué
22:44moi j'ai été auditionné
22:45à l'Assemblée Nationale
22:48lorsque le livre
22:49est paru
22:51sur les violences
22:53éducatives ordinaires
22:54les violences
22:56éducatives ordinaires
22:57c'est-à-dire
22:57la fameuse
22:58la fameuse fessée
22:59la petite table
23:00sur les fesses
23:01moi c'est pas des petites tapes
23:03vous faites fausses coupes
23:04non mais c'est une question
23:06non mais une petite tape
23:07c'est pas une fessée
23:08une petite tape
23:09c'est pas une fessée
23:10ça veut rien dire
23:11une petite tape
23:12c'est pas la même chose
23:15je vois bien Gilles
23:16c'est pas une petite tape
23:18quand mon père rentrait
23:19qu'il était dans un état
23:21d'ébriété avancé
23:22à cause de la jalousie
23:24qu'il éprouvait
23:24vis-à-vis de ma mère
23:25à cause de
23:26de ses complexes
23:27à cause de
23:28de
23:29bon
23:29de
23:29de
23:30de ce que chacun
23:31promène
23:32de
23:32de
23:33de
23:33de
23:33de
23:33de
23:34sa vie
23:34moi c'est
23:35c'est
23:36pour
23:36pour un prétexte futile
23:38pour je ne sais plus
23:39il n'y a jamais d'explication
23:41c'était
23:41c'était
23:42c'était une raclée
23:43à être
23:45repliée en deux
23:45dans l'escalier quoi
23:46c'est-à-dire que
23:48c'est pas une petite fessée
23:50oui bien sûr
23:51c'était des mains
23:51des
23:52des mains de quelqu'un
23:53qui était costaud
23:54quoi
23:54ça fait mal
23:55vous parliez du quotidien
23:57ça fait mal
23:58je reliais ça
23:59à votre phrase
24:00sur la violence
24:01la petite violence
24:03quotidienne
24:03est-ce que je dis
24:04à un moment donné
24:05dans le spectacle
24:06je parle à ma petite soeur
24:07j'essaie de la rassurer
24:08à chaque fois
24:08mais tu sais ça
24:09mais ça se voit pas
24:10tu sais
24:12quand j'allais à l'école
24:13il n'y a personne
24:14qui pouvait voir
24:15le bas de mondeau
24:18fracassé
24:19on va aller vous voir
24:20sur scène
24:21donc au théâtre
24:22des Champs-Elysées
24:24parce que si vous ne m'arrêtez pas
24:25Valérie
24:26vous êtes un formidable porte-voix
24:29pour ces violences
24:30faites aux enfants
24:31puisque vous allez
24:32souvent dans des conférences
24:34dans des colloques
24:36et voilà
24:37merci
24:37et puis j'ai la chance
24:37d'être ambassadeur de l'UNICEF
24:39absolument depuis 2019
24:41merci
24:42merci beaucoup Thierry Beccaro
24:43et puis votre livre
24:44Je suis né à 17 ans
24:45peut-être vous le disiez
24:47une manière
24:47de faire parler
24:49pour des gens comme Fanny
24:51qui ont du mal
24:52à le dire
24:53ou à partager en famille
24:54je peux terminer
24:55avec cette phrase
24:56qui est merveilleuse
24:57qui a été prononcée
24:59par un ancien esclave américain
25:01qui est devenu
25:03un homme politique
25:04quand il a été libéré
25:06en 1800 et quelques
25:08il est plus facile
25:09de construire des enfants solides
25:12que de réparer des hommes brisés
25:14bien sûr
25:16très belle phrase
25:17merci Thierry Beccaro
25:18dans un instant les débats
25:19merci à vous
25:21et on viendra vous voir
25:22merci à toi
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