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Les clefs d'une vie de Michel Mallory
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-04##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez grandi dans la plus belle des îles,
00:08avant de créer un répertoire fleuve,
00:11plusieurs milliers de chansons.
00:13Vous démontrez dans un livre que les vrais amis de 50 ans, ça existe,
00:17la preuve Johnny Hallyday.
00:18Bonjour Michel Mallory.
00:20Bonjour Jacques Pessis, bonjour.
00:22Alors c'est vrai qu'on vous retrouve aujourd'hui,
00:23on connaît votre nom par les milliers de chansons
00:25que vous avez écrites et composées,
00:27on connaît aussi votre nom par votre parcours de chanteur,
00:30on va en parler, et on découvre un livre,
00:32La véritable histoire de la musique que j'aime,
00:34de Johnny, c'est-à-dire chez Talent Éditions par Michel Mallory,
00:38un livre effacé par David Hallyday,
00:41qui est l'un des rares livres où on apprend vraiment quelque chose sur Johnny,
00:44que vous avez connu pendant 50 ans je crois.
00:46Oui, c'était une longue amitié,
00:49ça n'a pas été toujours la ligne bleue des Vosges,
00:52on a eu quelques chocs amicaux,
00:57mais ce qui était formidable,
00:59c'est qu'on a eu un coup de foudre amical tout de suite,
01:03et ce coup de foudre amical a duré 50 années jusqu'à la fin de sa vie.
01:08Alors ça on va en parler tout à l'heure,
01:09mais avant on va en revenir à votre propre parcours,
01:11et j'ai trouvé une date, le 10 juin 1964,
01:15votre première télévision avec cette chanson.
01:17Chaque nuit éveillée,
01:21tu retrouves tes problèmes
01:25C'est vous qui chantez 16 ans dans Achetant des Hêtes de Bois,
01:29Nadal Ressner.
01:29Oui, je me rappelle, j'étais allongé sur je ne sais pas quoi,
01:33une table, je crois,
01:34et c'était ma première télévision,
01:36alors j'étais mort de trac,
01:39et puis c'était une chanson très romantique,
01:42pas du tout dans le cou à l'époque.
01:43Oui, car c'était le temps d'égayer,
01:45je crois que ça a se tourné au Moulin de la Galette,
01:47en direct,
01:48et qu'à côté de vous il y avait Claude François,
01:50qui vous avait parrainé dans cette émission.
01:52Oh, il a été formidable avec moi,
01:54non seulement il m'a parrainé,
01:55il a fait des duos avec moi,
01:57où je me suis trompé dans les paroles,
01:59bravo,
02:00et il m'a emmené en tournée,
02:01donc il a été vraiment formidable avec moi.
02:04Et je crois que Claude vous a repéré,
02:05et tout de suite,
02:06il a changé votre look,
02:07car il considérait que vous étiez mal habillé,
02:09Michel Benoît.
02:09Oui, oui, oui, oh là là,
02:11il m'a emmené chez son tailleur,
02:14mais évidemment les costumes
02:17que s'offrait Claude François
02:19étaient bien au-delà du prix
02:21de ce que je pouvais m'offrir.
02:22Alors donc je me suis endetté
02:24pour acheter un costume,
02:27et Claude François faisait tout sur mesure,
02:32y compris ses caleçons.
02:33Il y avait des caleçons
02:36dans un tissu très s'approchant de la soie,
02:39avec ses initiales,
02:41et ses chemises sur mesure.
02:42Il m'avait donné ce truc
02:44de me faire faire des chemises sur mesure,
02:46mais je n'ai pas tenu longtemps
02:48parce que ça me coûtait beaucoup trop cher.
02:49Alors la première tournée,
02:50Claude François,
02:51on connaît les dernières,
02:52mais moi je me souviens
02:53de cette tournée en 1964,
02:55devant un public déjà hystérique,
02:56il sautait sur la batterie,
02:57et il finissait dans la salle déjà.
03:00Absolument, absolument.
03:01Et c'était une folie
03:03qui était tout à fait nouvelle à l'époque.
03:04Mais Claude, à l'époque,
03:06avait déjà cette espèce de côté showman.
03:13Son solo de batterie,
03:14ça durait un quart d'heure.
03:16C'était, comment dirais-je,
03:18là il s'en donnait vraiment un cœur.
03:20Genre, il dansait,
03:21mais ce qu'il faisait,
03:23c'était assez étonnant,
03:24parce que personne ne le faisait.
03:25Mais en fait,
03:26il était batteur à l'origine.
03:28Voilà, donc je crois que ses fans
03:31en prenaient plein la gueule
03:33quand il l'entendait.
03:34Alors, il savait faire quelque chose
03:36que Johnny avait un petit peu de mal à faire après.
03:40Claude savait faire les nuances.
03:42C'est-à-dire,
03:43il passait d'une chanson extrêmement douce,
03:46le téléphone pleure,
03:47après avec un truc
03:49où il sautait partout.
03:52Et il faisait vraiment un spectacle
03:54où il se donnait à fond.
03:57Et je me souviens qu'il finissait en âge.
04:01Ah oui,
04:01la chemise en satin,
04:02elle finissait dans la salle
04:03en mille morceaux.
04:04Ah oui, mais alors,
04:06c'était...
04:06Il avait un public très jeune,
04:09Claude.
04:10Il avait un public féminin,
04:12bien évidemment.
04:13Et elles étaient inconditionnelles.
04:17Et je crois qu'un jour,
04:19vous avez parlé de Claude-François-Michel Mallory
04:20avec Valéry Giscard d'Estaing,
04:22qui était ministre des Finances.
04:23Oui, absolument.
04:24Parce que j'avais été invité
04:26dans une chasse.
04:28Et dans cette chasse,
04:30il y avait Valéry Giscard d'Estaing,
04:32qui n'était pas président de la République,
04:34mais ministre des Finances à l'époque.
04:36Et après la chasse,
04:37il y a eu un dîner.
04:39Et tout le monde,
04:41je ne sais pourquoi,
04:41s'en est pris à Claude-François.
04:44Et tout d'un coup,
04:45je ne sais pas pourquoi,
04:47tout en sachant pourquoi,
04:49j'ai défendu cet homme
04:51parce qu'il faisait mon métier.
04:54Et je l'avais vu faire
04:55très sérieusement son métier.
04:57Et je me suis rebellé
04:59au milieu de tous ces gens.
05:00J'ai dit qu'il avait créé
05:02une maison d'édition,
05:03une maison de disques,
05:05il avait créé plusieurs entreprises,
05:08un journal
05:09qui s'appelait Podium à l'époque.
05:11Donc il faisait travailler
05:13beaucoup de monde
05:13et qu'il faisait son métier
05:15avec énormément de sérieux.
05:17si on n'aimait pas le chanteur,
05:19qu'on respecte au moins
05:20l'homme qu'il était.
05:22Et quelques temps après,
05:24il est devenu ami
05:25avec Giscard d'Estaing
05:27qui lui a raconté
05:28cette aventure.
05:29Il m'a dit,
05:30viens, je t'embrasse.
05:31Alors, votre jeunesse,
05:33c'est beaucoup plus calme
05:34loin du show business.
05:35C'est à Monticello,
05:36c'est un petit village.
05:37D'ailleurs,
05:37où Jacques Dutronc
05:38et François Zardy
05:39ont eu une maison
05:40où Jacques Dutronc
05:41est venue aujourd'hui.
05:42Et la Corse,
05:44c'est vraiment votre paradis.
05:45Il y a Bastia aussi
05:46et le club de football
05:48de Bastia.
05:48Ah oui,
05:49c'est parce que le CAB,
05:53le club athlétique Bastia,
05:55n'est pas le premier club
05:57de Bastia
05:57qui est le sporting.
05:58Et moi,
05:59j'étais enfant,
06:01j'étais un fanatique
06:02du CAB
06:03et j'ai pu rencontrer
06:05certaines de mes idoles
06:07de l'époque
06:07que personne ne connaît,
06:08bien évidemment,
06:09mais que j'admirais beaucoup
06:10parce qu'il y avait
06:11un des joueurs,
06:13un arrière droit
06:15qui habitait
06:16dans le même immeuble
06:17que moi.
06:18Alors,
06:19quand il passait le soir,
06:20je me cachais derrière
06:21la porte de l'immeuble
06:22juste pour le regarder passer.
06:25Et il a appris cette histoire
06:27et depuis,
06:28nous sommes devenus amis.
06:29Je crois que ce club
06:30a été fondé en 1905
06:32au Café des Palmiers.
06:33Au Café des Palmiers,
06:34j'habitais juste à côté
06:35du Café des Palmiers,
06:37à Bastia,
06:37sur la place Saint-Nicolas.
06:39Alors,
06:39votre vraie passion,
06:40déjà,
06:40c'est la musique,
06:41Michel Pollery.
06:41Je crois que vous êtes
06:43un autodidacte de la guitare
06:44que vous avez appris
06:45à 15 ans à peu près.
06:46Oui,
06:46c'est ça.
06:47Mon père avait une guitare
06:48qu'il m'interdisait
06:49de toucher,
06:50évidemment.
06:51Alors,
06:51j'ai commencé par l'harmonica
06:53et puis,
06:55finalement,
06:55il a quand même accepté
06:56que je décroche cette guitare.
06:58Et très curieusement,
07:00cette guitare,
07:01mais on en reparlera peut-être
07:02tout à l'heure,
07:03elle a tout un passé
07:06et je pense qu'elle est habitée
07:08par un esprit bienveillant,
07:11en tout cas,
07:12puisque c'est sur cette guitare
07:13que j'ai appris à jouer
07:15et que tout a commencé.
07:17Il se trouve que la musique,
07:19bon,
07:19il y a eu des études,
07:20je crois que vous avez fait
07:21des études d'optique,
07:22vous avez travaillé...
07:23J'ai fait des études d'optique
07:26pour faire plaisir à ma mère
07:27parce que c'était un vrai métier,
07:29voilà.
07:30Et j'ai travaillé en usine
07:31pendant deux ans
07:33et puis après,
07:36eh bien,
07:36il y a eu le service militaire.
07:38Oui,
07:38et puis un orchestre que vous avez...
07:39Oui,
07:40au lavage,
07:41j'avais fait un orchestre
07:42qui s'appelait les Bobs,
07:44alors on s'était...
07:46Comment dirais-je ?
07:47On se produisait,
07:48mais à l'époque,
07:49il y avait déjà
07:50les chaussettes noires
07:50et toutes ces choses
07:52qui, eux,
07:53étaient vraiment des vedettes.
07:54Mais ça m'a appris,
07:56ça m'a appris beaucoup de choses
07:58et puis,
07:59ce qui m'a permis à l'armée
08:00de refaire un groupe
08:02avec d'autres guitaristes.
08:04Et à l'époque,
08:04vous ne vous appeliez pas
08:05Michel Mallory,
08:06mais Jean-Paul Cugurneau.
08:07Absolument.
08:08Pourquoi j'ai appelé
08:09Michel Mallory ?
08:10Comment c'est venu ?
08:11Alors,
08:11il faudrait demander,
08:12mais maintenant,
08:12elle n'est plus parmi nous.
08:15C'est Patricia Cocatrix
08:17qui m'a appelé
08:19Michel Mallory.
08:21Et d'ailleurs,
08:22j'ai vu mon premier
08:2345 tours
08:24chez Eddie Barclay
08:25et on me présente
08:27ce premier 45 tours
08:28et je vois mon visage
08:29et je vois
08:32Michel Mallory.
08:33j'ai dit
08:34mais qui est-ce ?
08:35On m'a dit
08:35mais c'est toi.
08:37Voilà.
08:37Et ce 45 tours,
08:38il y avait cette chanson,
08:39je crois.
08:50avec la chanson
08:51qu'on a entendue
08:52tout à l'heure
08:52pour un ch'tendre et tête de bois.
08:54Mon producteur de l'époque
08:55était Paul Moria.
08:57Oui.
08:58Le grand Paul Moria.
08:59Qui a été le seul français
09:00aux Etats-Unis,
09:02néanmoins,
09:02pendant cinq semaines
09:03grâce à L'Amour est Bleu.
09:05Oui.
09:05Love is Blue,
09:06c'était formidable.
09:08Mais c'était...
09:09Paul était quelqu'un
09:10de passionnant
09:12et qui m'a tout de suite
09:15donné la bonne direction
09:16dans ce métier.
09:17C'est lui qui m'avait dit
09:18toi,
09:19il faut que tu écrives
09:20et que tu composes.
09:21Parce qu'au départ,
09:21vous aviez envie de chanter
09:22et pas d'écrire et de composer.
09:25Euh...
09:25Chanter,
09:26oui,
09:27mais j'avais quand même
09:28beaucoup plus envie
09:29d'écrire et composer.
09:30Et pourtant,
09:31vous avez chanté
09:32et à trois reprises,
09:33vous êtes interview
09:34dans La Rose d'Or
09:35et votre premier passage,
09:36c'était en 1965.
09:38Michel Mallory.
09:39Il y a cent mille raisons
09:40qu'une fille
09:41qu'un garçon
09:42ça passe deux amoureux.
09:44Oh la petite croix.
09:45C'est logique
09:46et pourtant,
09:47je suis là
09:48qui attend
09:49le verdict de tes yeux.
09:51J'avais fini douzième,
09:52je crois.
09:52Vous avez fini douzième.
09:53Deuxième.
09:54Deuxième, oui.
09:55C'était extraordinaire.
09:56La Rose d'Or,
09:57c'était un événement à l'époque.
09:58Ah, c'était extraordinaire.
10:00C'était organisé
10:03magnifiquement bien
10:04dans un endroit
10:05de rêve
10:06qui était à Antibes,
10:08dans cette baie d'Antibes.
10:09C'était absolument...
10:11C'était absolument...
10:11Il y avait le grand orchestre
10:12et c'était...
10:13On était reçus
10:15dans des hôtels
10:15absolument somptueux
10:16et puis c'était
10:18par élimination.
10:21Et je me souviens
10:22une fois,
10:23j'avais fait une...
10:24J'en avais fait une...
10:25Est-ce que c'est la deuxième
10:26ou la troisième ?
10:27Je ne me souviens plus.
10:28Mais il y avait
10:29Michel Polnareff avec moi.
10:31La deuxième, en 1966.
10:32Voilà, la deuxième.
10:33Et il n'avait pas été sélectionné.
10:35Avec Love Me, Please Love Me.
10:37Vous vous rendez compte ?
10:38Voilà.
10:38Vous vous rendez compte ?
10:39Voilà, ce sont des souvenirs
10:41quand même
10:42extrêmement marquants.
10:43Et c'est vrai qu'à l'époque,
10:44vous n'imaginiez pas
10:45que vous alliez faire ensuite
10:46une carrière d'auteur-compositeur,
10:47Michel Malory ?
10:48Pas du tout.
10:49Parce que c'était
10:51extrêmement difficile
10:52de rentrer dans ce métier.
10:55Il y avait des forteresses.
10:58Il y avait des forteresses
10:59défendues par des auteurs
11:00et des compositeurs
11:01en place
11:02qui n'avaient pas du tout
11:03envie de laisser
11:04leur place
11:06à un petit Corse inconnu.
11:08Oui, c'est raté
11:09de ce côté-là
11:10parce que le petit Corse inconnu
11:11a fait son chemin
11:11et a une chanson
11:13qui a très bien marché
11:14et on va l'évoquer
11:14à travers la date
11:15du 7 mars 1974.
11:18A tout de suite
11:18sur Sud Radio
11:19avec Michel Malory.
11:21Sud Radio,
11:22les clés d'une vie.
11:23Jacques Pessis.
11:24Sud Radio,
11:24les clés d'une vie.
11:25Mon invité Michel Malory.
11:26Nous parlerons tout à l'heure
11:27de ce livre
11:28La véritable histoire
11:29de la musique que j'aime
11:30chez Talent Édition
11:31qui est un livre
11:32où vous racontez
11:33Johnny,
11:34votre amitié
11:34et un vrai Johnny
11:36comme on le lit rarement
11:38dans certains livres.
11:39Alors,
11:39on a évoqué
11:40vos débuts dans la chanson
11:41et puis,
11:42le 7 mars 1974,
11:44vous êtes dans l'émission
11:45de Guilux,
11:46Domino,
11:46une suite du Palmarès
11:47des chansons
11:48où vous interprétez ceci.
11:49C'est moi le cowboy
11:50d'Aubervilliers
11:55mais mon chapeau
11:56c'est un vrai rêve.
11:58La chanson phare
11:59de l'album
12:00d'Aubervilliers
12:01à Nashville.
12:02Et cette chanson,
12:03c'est basé sur un fait authentique.
12:04Vous étiez le cowboy
12:05d'Aubervilliers.
12:05Absolument.
12:07C'est Sardou
12:08qui m'avait appelé comme ça
12:09parce que je projetais
12:12d'acheter
12:13parce que c'était pas cher
12:14un appartement
12:15à Aubervilliers
12:16et Sardou m'avait dit
12:17à Aubervilliers ?
12:19Toi ?
12:19Un cowboy ?
12:21Et ça a fait son chemin
12:23dans ma tête.
12:24Et puis,
12:25alors hélas,
12:26quand cette chanson est sortie
12:27qu'elle a été apportée
12:29pour passer en radio,
12:31le président Pompidou
12:33est décédé.
12:34Donc,
12:34on ne passait plus
12:35que des chansons classiques.
12:37Alors,
12:38elle a été un petit peu difficile
12:39à promouvoir.
12:40Mais finalement,
12:41elle a fait son chemin.
12:42Elle a fait son chemin
12:43et en plus,
12:44c'est vrai que ce côté cowboy,
12:45ça a amusé Sardou
12:46parce que vous étiez
12:46toujours habillé en cowboy.
12:48C'est vrai.
12:49C'est vrai.
12:49Et d'ailleurs,
12:50ça a été un des points
12:53de rencontre
12:54avec Johnny
12:55qui adorait aussi
12:56lui s'habiller en cowboy
12:58quand il avait 12 ans.
13:00On voit des photos d'ailleurs.
13:01Oui,
13:01il y a des photos magnifiques
13:02où il a de superbes costumes.
13:05Et il se trouve
13:06qu'effectivement,
13:06vous êtes habillé en cowboy.
13:07À l'époque,
13:08il y avait une dizaine
13:09de villages westerns
13:10en France.
13:11Et le journal Pilote
13:12avait lancé le premier
13:13d'entre eux
13:13avec Jean Richard
13:14dans les années 60.
13:15Et c'est vrai que
13:16se déguiser en cowboy,
13:18ça plaisait à beaucoup
13:18le monde,
13:19Michel Malory.
13:19Oui,
13:20et puis il y avait même
13:21des magasins
13:22un peu spécialisés.
13:23C'est-à-dire,
13:24il fallait porter
13:25le vrai Lewis,
13:26le jean.
13:28Il y avait les Santiago
13:29qui allaient avec.
13:31Certaines chemises
13:31un peu dites
13:32de bûcheron
13:34ou de cow-boy,
13:35tout simplement.
13:37Et puis,
13:38il y a eu
13:38toute une mode
13:40qui s'est développée.
13:41Et puis,
13:42même Eddie Mitchell
13:43ne détestait pas
13:45porter des bottes
13:46de western.
13:48Et Johnny adorait ça.
13:49Après,
13:50on a été très loin.
13:51Voilà.
13:51Alors,
13:52il se trouve aussi
13:52que ce côté cow-boy,
13:54vous l'avez déjà chanté
13:55en 66
13:55dans le palmarès
13:57des chansons.
13:57Dans les plaines
13:58du par-ouest
13:59qu'on vient la nuit
14:02Les cow-boys
14:03prennent des boissons
14:03Le grand succès
14:04de mon temps
14:04que Biaf
14:05il chantait
14:06parce qu'il ne fallait plus
14:06qu'il soit un cow-boy,
14:07vous l'avez interprété.
14:08Oui.
14:08Alors,
14:09j'avais un lasso.
14:10J'avais un lasso.
14:11Et c'était formidable
14:13parce que
14:14l'auteur-compositeur
14:17était en fin de vie
14:18à l'époque.
14:19Je crois que c'était
14:19François de Luxe.
14:21Voilà.
14:22Et il m'avait appelé
14:23au téléphone.
14:24Il avait été
14:25extrêmement touché
14:26que je chante
14:27sa chanson.
14:28Et je lui ai dit
14:28non, non, non.
14:29C'est un honneur
14:30pour moi
14:31parce qu'inutile
14:32de vous dire
14:32qu'Yves Montand
14:34dans les plaines
14:34du Far West,
14:35je l'avais écouté.
14:36J'imagine.
14:37Vos débuts à Paris,
14:38c'est dans les cabarets
14:39comme beaucoup de jeunes,
14:40comme Brel,
14:41comme Aznavour,
14:41comme Jacques Reveau.
14:42Vous avez démarré
14:43dans les cabarets
14:44le Don Camillot,
14:45les cabarets de Montmartre.
14:46C'était votre quotidien,
14:48Michel Valéry ?
14:48C'était mon quotidien
14:49avec Sardou,
14:51Guimardel,
14:51Hugo Fray.
14:52On tournait.
14:53Il y avait
14:54chez ma cousine,
14:56il y avait
14:56chez Patachou
14:57où je suis resté
14:58longtemps,
14:59la Villa d'Est.
15:00On tournait
15:01un petit peu
15:02dans tous ces cabarets,
15:04ce qui nous permettait
15:05de gagner notre vie
15:07et aussi
15:08d'apprendre
15:09notre métier
15:10parce que
15:10chanter devant
15:11des gens qui mangent,
15:13ça n'était pas évident.
15:15Alors,
15:16évidemment,
15:17la vedette
15:17arrivait au dessert
15:18mais
15:20moi,
15:20la plupart du temps,
15:21je commençais
15:22aux oeufs durs
15:22mayonnaise
15:24alors c'était
15:25un peu plus difficile
15:26quand même.
15:26Moi,
15:27je me souviens
15:27de Jacques Reveau
15:28qui me racontait
15:28« je sors d'un cabaret
15:29avec Brel,
15:30je croise Aznavour ».
15:31C'était vraiment
15:32la bohème.
15:33Oui,
15:34je me rappelle
15:34d'un cabaret
15:35que j'avais fait
15:35avec Fernand Reynaud.
15:37Il y avait
15:39qui d'autre ?
15:40Des amuseurs
15:41mais qui tournaient
15:43Roger Nicolas
15:43de l'époque,
15:44Roger Nicolas.
15:45Écoute, écoute.
15:46Oui,
15:46écoute, écoute, écoute.
15:47Et je suis devenu
15:49ami avec ces gens
15:50qui étaient
15:50pour moi
15:51des monuments
15:52de la nuit
15:53parce que c'était
15:53des nuiteux.
15:54Exactement.
15:55Voilà,
15:55c'était des nuiteux.
15:56Et alors,
15:57moi,
15:57j'étais très jeune.
15:59Alors,
15:59c'était un honneur
16:00pour moi
16:00de les suivre
16:00dans quelques bars
16:02malfabés
16:03de la Place du Tertre
16:04à l'époque.
16:05Et il se trouve aussi
16:06qu'une rencontre
16:07a marqué votre vie
16:07car elle a changé
16:08votre parcours.
16:09C'est celle
16:10d'Alice Donat.
16:11Alice a été
16:12très important
16:13pour moi,
16:14oui,
16:14parce que
16:16je l'ai rencontré
16:17par l'intermédiaire
16:18pratiquement
16:18de son mari
16:19qui s'appelait
16:20Bernard Ritchie
16:21à l'époque
16:21et qui travaillait
16:22dans une société
16:23d'édition.
16:26Et Alice travaillait
16:27beaucoup
16:27avec Serge Lama
16:29à l'époque
16:29mais elle travaillait
16:31aussi avec
16:31plein d'artistes
16:33notamment avec
16:33Sylvie Vartan.
16:35Et Alice avait
16:36quelque chose
16:36que je n'avais pas.
16:37c'est-à-dire
16:38qu'Alice était
16:40extrêmement
16:42rigoureuse,
16:43professionnelle,
16:44elle appelait
16:45les gens
16:45ce que je ne faisais
16:46jamais.
16:47Et tout à coup
16:47notre couple
16:52artistique
16:52a commencé
16:53en faisant
16:53la Tour Eiffel.
16:54Nous avons chanté
16:55pendant quatre mois
16:56à la Tour Eiffel.
16:58Ouf que Patachou
16:59animait,
17:00elle était
17:00un dirige artistique
17:01et c'est là
17:02où une inconnue
17:03a débuté
17:03dont personne ne voulait
17:04qui était
17:04Véronique Sanson.
17:05Absolument,
17:06absolument.
17:07Et tous les soirs
17:08pendant quatre mois
17:09avec Alice,
17:10nous chantions
17:11des chansons
17:12même en duo,
17:13des trucs comme ça.
17:14Et puis avec Alice,
17:16j'ai appris
17:17réellement
17:18à faire
17:19mon métier
17:20d'auteur-compositeur.
17:22C'est-à-dire
17:23de remettre
17:24cent fois
17:24sur le métier
17:25mon ouvrage.
17:26Elle était
17:27extrêmement rigoureuse
17:29et
17:29elle avait
17:31et elle a toujours
17:32beaucoup de talent.
17:33Voilà.
17:33Alors il se trouve
17:34que vous avez écrit
17:35je crois
17:35plusieurs milliers
17:36de chansons
17:37dans tous les genres.
17:38Ça va de Mireille Mathieu
17:39à Gérard Le Normand
17:40en passant par
17:41Nicoletta,
17:42Daniel Guichard,
17:43Herbert Léonard.
17:44Il faut s'adapter
17:45à chaque fois
17:45Michel Mallory.
17:46Oui mais j'aime
17:47moi j'aime les artistes
17:48c'est-à-dire que
17:50comment dirais-je
17:53je n'ai pas travaillé
17:54avec des gens
17:55je n'ai jamais travaillé
17:56avec quelqu'un
17:56avec qui
17:57il n'y avait pas
17:58de contact.
18:00On m'a dit
18:00mais pourquoi
18:00tu n'as pas travaillé
18:01avec telle ou telle
18:02personne ?
18:03Eh bien parce que
18:05parce que ça ne le faisait pas
18:06tout simplement.
18:07Mais je sais très bien
18:09que lorsqu'on est
18:09auteur ou compositeur
18:11on est quelqu'un
18:12de l'ombre.
18:13On est derrière
18:14celui ou celle
18:15qui est devant
18:16et il faut devenir
18:17une forme de serviteur.
18:20C'est-à-dire
18:20d'aller le plus possible
18:22dans la personnalité
18:24et dans les choses
18:25que cet artiste
18:26peut interpréter
18:27même quelquefois
18:29en l'obligeant
18:29à aller
18:30un tout petit peu plus loin.
18:31et le corse
18:32que vous êtes
18:33a travaillé
18:34avec Tino Rossi.
18:35Oui,
18:36ça c'est une aventure
18:38incroyable.
18:39C'était l'idole
18:40absolue
18:40de mes parents.
18:41Vous imaginez
18:42Tino Rossi ?
18:43Et un jour
18:44il avait entendu
18:44une chanson
18:45que j'avais écrite
18:46en langue française
18:47et il m'avait téléphoné
18:49il m'avait dit
18:50je vais chanter
18:51ta chanson.
18:52Voilà.
18:53Viens déjeuner
18:53à la maison.
18:55Alors je vais
18:55à Neuilly
18:56déjeuner
18:56chez lui
18:57et alors
18:59il était habillé
19:00comme dans
19:00Petit Papa Noël
19:01c'est-à-dire
19:02il avait un peignoir
19:04en soie
19:04avec le foulard
19:05en soie blanc
19:06c'était lui
19:07c'était l'idole absolue
19:09et alors
19:10le déjeuner
19:11a été
19:11plutôt frugal
19:13je crois
19:14qu'on a dû manger
19:15une demi-tomate
19:15chacun
19:16une feuille de laitue
19:17et
19:19et une pomme
19:20voilà
19:21mais
19:21il faisait le régime
19:23alors il n'y avait rien
19:25alors j'ai été me taper
19:26un sandwich
19:26dans le café
19:27à côté
19:27après.
19:28Il y a une légende
19:29qui court
19:29il ne parlait jamais
19:30au public
19:30et un soir
19:31il dit à Pierre Spears
19:32son pianiste
19:32ce soir je parle au public
19:34donc Pierre Spears
19:35arrive
19:36et
19:36Dino entre en scène
19:38et fait
19:38quelle belle soirée
19:39et Pierre Spears
19:41attend
19:41il n'y a pas eu de suite
19:43et Dino a commencé
19:44à chanter
19:44oh mais c'était
19:46c'était
19:47après il est venu chanter
19:48à l'île Rousse
19:49dans
19:49dans la ville
19:50qui est proche
19:51de mon village
19:51et d'ailleurs
19:52il y a eu
19:53un square
19:53qui s'appelle
19:54toujours d'ailleurs
19:55le square
19:56Dino Rossi
19:56et quand il était venu
19:59alors il y avait
20:00Pierre Spears
20:01évidemment
20:02et il y avait
20:04son bassiste
20:05qui était un petit peu
20:06son régisseur
20:08quelque part
20:09alors il ne fallait pas
20:10s'approcher
20:11de monsieur Rossi
20:12il ne fallait pas
20:13parler à monsieur Rossi
20:14c'était
20:15une idole
20:16absolue
20:17quoi
20:17mais il avait été
20:18enfin en tout cas
20:19avec moi
20:20il avait été formidable
20:21et puis justement
20:22la Corse
20:23vous l'avez chantée aussi
20:30qu'est-ce qu'elle est devenue
20:32cette chanson maintenant
20:35Terra Corsa
20:36ça c'est une belle histoire
20:38Michel Mallory
20:38comment c'est
20:39c'est une belle histoire
20:42avec Jacques Reveau
20:44j'étais dans
20:46je chantais en langue corse
20:47et Jacques Reveau
20:49me dit
20:49tu sais
20:50ça serait formidable
20:51qu'on fasse
20:51une chanson
20:52qui ressemble un peu
20:53à un hymne
20:54alors je lui dis
20:55écoute
20:55tu as écrit
20:57le Connemara
20:58tu as écrit
20:58ce genre
21:00de grandes chansons
21:02écris-moi une musique
21:03et moi je te garantis
21:04que je vais faire
21:05je vais écrire un texte
21:07en langue corse
21:08formidable
21:08et ça a marché
21:09tout de suite
21:10parce qu'il m'a dit
21:11non il nous faut une chorale
21:12alors bon
21:13on n'avait pas la chorale
21:14qu'on à l'heure actuelle
21:15Mezzu Mezzu
21:16Corse
21:17où il y a 5000 choristes
21:195000 choristes
21:20qui chantent
21:20nous on n'avait que 70 choristes
21:24et ça a été
21:25c'est devenu un hymne national
21:29national ou régional
21:30en tout cas pour nous
21:31c'est une merveilleuse histoire
21:33et une histoire
21:33qui vous a marqué
21:34une autre histoire
21:35qui vous a marqué
21:36et bien on va l'évoquer
21:37à travers une autre date
21:38le 23 juin 1973
21:40à tout de suite
21:41sur Sud Radio
21:42avec Michel Mallory
21:44Sud Radio
21:45les clés d'une vie
21:46Jacques Pessis
21:47Sud Radio
21:47les clés d'une vie
21:48mon invité
21:49Michel Mallory
21:50on a parlé
21:51du chanteur
21:53de l'auteur compositeur
21:54et puis à l'écrivain
21:55puisque sort un livre
21:56la véritable histoire
21:58de la musique
21:58que j'aime
21:59chez Talent Editions
22:00un livre lié à Johnny
22:02et Johnny
22:03on va en reparler maintenant
22:04parce que ce sont
22:0450 ans d'amitié
22:05et le 23 juin 1973
22:08dans Top A
22:09il y a un duo historique
22:19La prison des orphelins
22:23un duo avec Johnny
22:24qui vous a marqué
22:25Michel Mallory
22:26Oui parce que d'abord
22:28il faut dire que c'est le premier duo
22:30qui l'enregistre
22:30avec un homme
22:34et oui ça m'a marqué
22:35parce que
22:38comment dire
22:39c'est l'histoire
22:40la prison des orphelins
22:42l'histoire nous a marqué
22:43Johnny et moi
22:44c'est
22:45je vais aller très très vite
22:46c'est l'histoire
22:47d'un jeune garçon
22:49aux Etats-Unis
22:50dont la ferme a pris feu
22:51et ses parents sont morts
22:53dans cet incendie
22:54et lui
22:55s'en est sorti
22:56et donc
22:57il a été
22:58pris en charge
23:00par les services sociaux
23:02américains
23:02et il a été
23:04donc
23:04dans un orphelinat
23:05et ensuite
23:06ils ont
23:08sur la terre même
23:09de la ferme
23:10qui avait brûlé
23:10ils ont construit
23:12un orphelinat
23:13et lui
23:13s'est retrouvé
23:14dans cet orphelinat
23:15et ça avait
23:17bouleversé
23:17bouleversé Johnny
23:17complètement
23:18il m'avait dit
23:19il faut qu'on fasse
23:20quelque chose
23:21et voilà
23:21comment ça s'est fait
23:22alors c'est vrai
23:23que les orphelinats
23:24et les prisons
23:24ont marqué Johnny
23:25moi je me souviens
23:26d'un sondage
23:27dans l'année 60
23:28on disait
23:28il y a deux personnes
23:29que les prisonniers
23:30veulent voir
23:31ce sont Raymond Deveau
23:32c'est Johnny Hallyday
23:33absolument
23:33et d'ailleurs
23:34on a fait ça
23:35avec Johnny
23:35en Suisse
23:36il se trouve
23:37qu'en France
23:37c'était pas facile
23:38que Johnny
23:39aille dans une prison
23:39au Michel Malory
23:40alors vous savez
23:41ce qu'on faisait
23:42comme il ne pouvait pas
23:44assurer la sécurité
23:45parce qu'il ne pouvait
23:46y avoir qu'un certain
23:47nombre de prisonniers
23:49alors donc
23:49Johnny ne venait pas
23:51donc c'était moi
23:52qui allais chanter
23:53mais avec
23:54ces musiciens
23:55alors mais
23:56à Boussuj
23:58je crois
23:59Boussuj
23:59oui
24:00en Suisse
24:01il y avait
24:02Raymond Deveau
24:03Johnny Hallyday
24:04et moi
24:05bien modestement
24:06mais là
24:07on a pu faire
24:08le spectacle
24:09et j'avoue
24:11que c'était
24:11très émouvant
24:12cela dit
24:13Johnny et moi
24:14si vous regardez
24:14l'émission
24:15elle repasse
24:16quelquefois
24:16on était
24:17rompétés
24:18on était
24:19rondes et français
24:20parce qu'on avait
24:21très peur en fait
24:21alors votre rencontre
24:23avec Johnny
24:23vous la devez
24:24à quelqu'un
24:25qui est Suzy Hallyday
24:26oui
24:27qui était
24:27connu dans les gammes
24:28qui est devenue éditrice
24:29et un jour
24:30elle vous convoque
24:30dans son bureau
24:31Michel Malory
24:32oui
24:32elle me convoque
24:34elle me dit
24:35est-ce que tu veux écrire
24:36pour Johnny Hallyday
24:37alors que c'était
24:37un rêve absolu
24:38mais c'était un graal
24:39écrire pour Johnny Hallyday
24:40c'était
24:41il y avait un mur
24:42personne ne passait
24:44elle me dit
24:45mais je te préviens
24:46je te préviens
24:47c'est très difficile
24:48c'est une adapte
24:50voilà
24:50tous les auteurs de Paris
24:52s'y sont cassés les dents
24:53et il la veut
24:54pour demain matin
24:55mais vraiment
24:56demain matin
24:57c'est-à-dire
24:58demain matin
24:59à 10h
25:01et donc
25:02j'ai dit
25:03je vais quand même essayer
25:04et donc j'écoute
25:05cette adapte
25:06sur un disque souple
25:07très usé
25:10et je me suis dit
25:11mais pourquoi
25:12tous ces auteurs
25:13se sont cassés
25:14les dents
25:15sur cette chanson
25:16et je pense que
25:17comme moi
25:18ils parlaient assez bien
25:18d'anglais
25:19donc ils se sont peut-être
25:20laissés entraînés
25:21par le texte original
25:22qui était
25:24peace and love
25:25Jesus love you
25:26et tout ça
25:27j'ai dit
25:28moi je vais aller
25:28ça passe ou ça casse
25:30je vais écrire
25:31le contraire
25:32un condamné à mort
25:33qui meurt
25:34comme un lâche
25:35et qui est prêt
25:37à vendre sa mère
25:38bon c'est une chanson
25:39ça passe
25:40ou ça casse
25:41et cette chanson
25:42c'était
25:42sauvez-moi
25:45sauvez-moi
25:45faites quelque chose
25:49faites quelque chose
25:54sauvez-moi
25:54alors est-ce qu'on
25:55j'aimerais que vous débarquez
25:57chez Johnny
25:57donc à l'île
25:58de l'habilité 16
25:59à l'île du président Wilson
26:00ses voisins d'ailleurs
26:01c'était Jean-Louis Barraud
26:01et Madeleine Renaud
26:02dans l'île d'à côté
26:03et puis
26:04il y a eu une erreur
26:06sur la personne
26:06oui parce que
26:08j'étais habillé
26:08comme ça
26:10exactement
26:10avec ce bleu
26:12de chine
26:12corse
26:13voilà
26:14et donc
26:15je portais ça
26:16comme je porte
26:17voilà
26:18très souvent
26:19chez moi
26:19et donc
26:23son concierge
26:24était un portugais
26:25et qui m'a dit
26:26l'entrée du service
26:27c'est de l'autre côté
26:29j'ai dit
26:29non non non
26:30je suis attendu
26:31par monsieur Hallyday
26:33alors il m'a dit
26:34bon quatrième
26:35alors j'étais au quatrième
26:36mais je pensais que c'était
26:38une
26:39peut-être
26:39accorte
26:40servante
26:40qui m'ouvrirait
26:41ou un maître d'hôtel
26:42je ne sais pas
26:43je sonne
26:44et c'est Johnny
26:44qui m'ouvre
26:45habillé avec un peignoir
26:47et une casquette
26:48d'officier
26:49aviateur
26:49de la dernière guerre
26:51qui me tend une bière
26:52qui l'avait à la main
26:53il m'a dit
26:53tiens
26:54tu veux une bière
26:55il est vachement sympa
26:56ce mec
26:57et puis il m'a dit
26:58viens il faut que je te montre
27:00et puis il m'emmène
27:00dans cet appartement
27:02qui était immense
27:03alors je longe un couloir
27:04avec des disques d'or
27:05de chaque côté
27:07Sylvie et lui
27:08et on arrive dans la cuisine
27:10et il prend le premier robinet
27:12il fait voilà
27:13celui-là il n'a pas de débit
27:14et celui-là fait un boucan du diable
27:16il me dit
27:17et en fait Johnny me prenait
27:19pour le plombier
27:20et
27:20et voilà
27:22donc c'était très difficile
27:23de lui dire
27:24qu'en fait j'étais venu
27:25pour la chanson
27:26mais quand je lui ai dit
27:27il m'a dit
27:28oh merde
27:30il aurait préféré en fait
27:32que je sois plombier
27:33oui mais il écoute quand même
27:34votre chanson
27:34enfin il va lire le texte
27:35de votre chanson
27:36oui il va le lire
27:37et il va
27:39vous savez
27:40il lisait
27:41puis
27:42cigarette
27:43il fumait
27:44et il lisait très près
27:45comme ça
27:45parce qu'il avait besoin
27:46de lunettes
27:47mais il n'en mettait pas
27:48et puis
27:49il me rend mon texte
27:50il me dit
27:51il n'y a pas
27:52le nombre de pieds
27:54alors j'avais travaillé
27:55toute la nuit
27:56j'étais sûr d'une chose
27:57c'est qu'il y avait
27:58le nombre de pieds
27:59peut-être que le texte
28:00ne me plaisait pas
28:00mais une chose
28:01dont j'étais certain
28:02c'est que le nombre de pieds
28:03il y était
28:04et il me redemande mon texte
28:06il relit
28:08il me dit encore
28:09il n'y a pas le nombre de pieds
28:10et là j'ose
28:12la chose
28:12la phrase
28:13qui a changé ma vie
28:15je lui dis
28:15si vous voulez
28:16virgule
28:17monsieur Hallyday
28:18je peux vous la chanter
28:20c'est complètement
28:22fou
28:23à 10h du matin
28:24moi
28:26habillé comme un plombier
28:27devant l'idole absolue
28:29du public
28:31français
28:31je lui propose
28:33de chanter
28:34une chanson
28:35alors que
28:36quand je suis arrivé
28:37dans cet appartement
28:38j'ai vu au loin
28:40quelques jeunes
28:41deboiselles
28:41qui se rhabillaient
28:42donc
28:43moi c'était
28:44le matin
28:45mais lui c'était le soir
28:46pour lui
28:46voilà
28:47et je lui propose
28:48de lui chanter
28:49alors il est très amusé
28:50quand même
28:51parce que
28:51il n'est pas du tout certain
28:53que je vais réussir mon coup
28:55alors enfin
28:55je vous passe
28:56ces détails techniques
28:57et je chante
28:58la chanson
28:59inutile de vous dire
29:01que j'envoie le bâton
29:02je fais ce que je peux
29:03je fais de mon mieux
29:04alors il s'aperçoit
29:05de deux choses
29:06en fait
29:06d'abord qu'il y a
29:07le nombre de pieds
29:08et ensuite
29:09que je chante
29:09pas si mal que ça
29:10et que j'ai respecté
29:12à fond
29:12le phrasé original
29:15et là il me dit
29:17t'as une minute
29:18il me retutoie
29:19et il s'en va
29:21il revient
29:22cinq minutes après
29:22avec un type formidable
29:24qui est un guitariste
29:25qui s'appelle
29:27Jerry Donahue
29:28il a une eau de bière
29:29il me tend
29:29une eau de bière
29:30et il lui dit
29:31en anglais
29:31tu veux voir
29:31le mec
29:32il m'a écrit une chanson
29:32super
29:34il pense que
29:35je ne parle pas anglais
29:37et je rechante
29:38la chanson
29:39après il y a deux
29:40demoiselles qui viennent
29:41et puis un autre
29:42un pianiste
29:43le studio de musique
29:44commence à se remplir
29:45et la troisième fois
29:47que je rechante
29:49Johnny chante avec moi
29:51alors là je fais du léger
29:53parce que sa voix
29:54évidemment
29:55monte
29:55et
29:57et là
29:58les sauver moi
29:59deviennent
29:59pathétiques quoi
30:00c'était
30:01il se voyait déjà
30:02sur scène
30:03d'ailleurs il la chantera
30:04au palais des sports
30:05il se voyait
30:06il me dit
30:06sauvez moi
30:07il faisait le geste
30:08et tout
30:08et à la fin
30:09il a dit
30:10the party is over
30:12la fête est terminée
30:13tout le monde rentre chez lui
30:15et alors tout le monde est parti
30:16et je voulais partir aussi
30:18il m'a arrêté
30:19il m'a dit
30:19non non toi tu restes
30:20et je suis resté
30:22une semaine
30:23voilà
30:23et votre femme
30:24ne vous croyait pas
30:25et il a fallu
30:26lui passer Johnny
30:27oui
30:28elle était
30:28oui parce qu'il a fallu
30:29qu'il me prête
30:30des slips
30:31et des
30:31des maillots de corps
30:33parce que
30:34et même une brosse à dents
30:35j'étais pas venu pour
30:36et ma femme ne me croyait pas
30:38j'arrive demain
30:39et puis
30:40finalement
30:40elle m'a cru
30:41lorsque Johnny lui a parlé
30:42voilà
30:43et en même temps
30:43il lui avait fait découvrir
30:44d'autres chansons
30:45dont celle-ci
30:45et immédiatement
30:46il a dit
30:47je la veux
30:56il avait l'instinct
30:58comme piaf
30:59de choisir une chanson
30:59de comprendre en une seconde
31:01Johnny
31:01que c'était pour lui
31:02il avait
31:03un instinct
31:05plus
31:06un talent
31:07particulier
31:08celui de
31:09s'approprier
31:10immédiatement
31:11la chanson
31:11la chanson
31:12n'était plus vôtre
31:13elle était
31:13à lui
31:14c'était
31:15voilà
31:16il avait son phrasé
31:17sa façon d'interpréter
31:19tout d'un coup
31:21alors en tant qu'auteur
31:22compositeur
31:22on est habitué
31:23des fois
31:24il y a des artistes
31:25qui mettent
31:27un mois
31:27pour rentrer
31:28vraiment dans les pantoufles
31:29de la chanson
31:30lui c'était immédiat
31:31il s'appropriait
31:32la musique
31:33les mots
31:34c'était à lui
31:34c'était incroyable
31:36ce talent
31:36qu'il avait
31:37et puis il avait un autre talent
31:38que vous racontez
31:39dans ce livre
31:40Michel Mallory
31:41c'est que Johnny
31:42était un menteur professionnel
31:43oui
31:44c'était
31:45là on frise le génie
31:46là on arrive
31:48au très très haut niveau
31:50c'est à dire
31:51qu'il avait des mensonges
31:52calibrés
31:53il avait le mensonge
31:54gentil
31:55celui pour pas faire de peine
31:57alors il avait
31:58un autre mensonge
31:58celui pour faire plaisir
31:59il avait le mensonge
32:01et qu'il arrangeait bien
32:02il avait
32:03et puis quelquefois
32:04il avait des mensonges
32:05graves
32:06un jour nous avions
32:07un rendez-vous
32:07avec des gens
32:08on avait un procès
32:09avec Noël
32:11interdit
32:11et des gens
32:12nous avaient attaqué
32:13pour Noël interdit
32:14et on avait rendez-vous
32:15avec des avocats
32:16et évidemment
32:17ces avocats
32:18voulaient voir
32:18Johnny Hallyday
32:19c'était un déjeuner
32:20chez lui
32:21et Johnny
32:22n'est pas venu
32:24je suis resté seul
32:25avec les avocats
32:26évidemment
32:26je voulais le tuer
32:27et quand il est arrivé
32:29il m'a dit
32:29non non mais
32:31tu m'excuses
32:32en fait
32:32j'ai une mauvaise nouvelle
32:33à les annoncer
32:34j'ai été voir un médecin
32:36j'ai fait mes analyses
32:36j'ai un cancer du poumon
32:39et il ne savait pas
32:40c'était un mensonge
32:41il ne savait pas
32:43que 50 ans plus tard
32:44et bien
32:45il s'en irait
32:46avec un cancer du poumon
32:47c'est fou ça
32:48c'est fou
32:49il est plein d'humour
32:51Johnny
32:51moi je me souviens
32:52d'une chose
32:52c'est qu'il prêtait une voiture
32:54à des copains
32:54et après il est téléphoné
32:55au commissariat
32:56pour dire
32:56on m'a volé ma voiture
32:57oui mais ça c'était classique
32:59ça avec les voitures
33:00et les motos
33:01c'était classique
33:02ou alors il y avait
33:03un autre truc
33:03c'était
33:06il paraît que t'as fait
33:07du gringue à ma femme
33:07oui
33:09j'ai vu des
33:09j'ai vu des
33:10j'ai vu des mecs
33:11devenir bleu ciel
33:13mais non
33:13qui moi
33:14non
33:15oui oui il adorait ça
33:16oui oui
33:17et puis il avait un truc aussi
33:18il n'était pas dupe
33:19de grand chose
33:20il y avait la cour
33:21qu'il suivait dans les restaurants
33:22et là aussi
33:23vous avez vécu ça
33:24et il avait un truc
33:25il appelait son chauffeur
33:26pour aller faire pipi
33:27se redisant
33:27et il partait avant l'addition
33:28en laissant l'addition aux autres
33:29alors c'était
33:30alors l'inventeur de ça
33:32pardon Jacques
33:33c'était moi
33:34ah carrément
33:35alors ça s'appelait
33:36la malle
33:37alors il y avait des gens
33:40je n'ai pas encore
33:41de réponse aujourd'hui
33:42on avait décidé
33:44par exemple
33:45Johnny avait décidé
33:46d'aller manger
33:47italien
33:48à midi
33:49voilà
33:49on montait dans la voiture
33:51on allait
33:51pour aller manger italien
33:53et il changeait d'avis
33:54il disait
33:54des fruits de mer
33:55cette tente pas
33:56on allait dans une brasserie
33:58pour manger des fruits de mer
33:59et les gens étaient déjà là
34:00toute une famille
34:02c'était les plus grands
34:03piques assiettes du monde
34:04je ne vous donnerai pas leur nom
34:05mais
34:05et ces gens là
34:07bien sûr
34:07elles venaient avec
34:08enfants
34:09petits enfants
34:10et se gobergeaient
34:11à la santé de Johnny
34:12alors le truc c'était
34:14Johnny me disait
34:14va me chercher mes cigarettes
34:16alors je disais
34:17attends je ne suis pas ton chauffeur
34:19va me chercher mes cigarettes
34:20tu me fais chier quand même
34:21je suis avec mes amis
34:22et je faisais semblant
34:24de lui en vouloir
34:26en fait
34:27j'allais payer
34:27pour lui et moi
34:28et puis après
34:30je revenais
34:31quand j'avais payé
34:32et je disais
34:33mais je ne les trouve pas
34:34il disait
34:35oh mais elles sont dans mon blouson
34:36il se levait pour me montrer
34:37et hop
34:39on partait
34:40voilà la malle
34:41mais on a fait la malle
34:42quelques fois
34:43oui mais ça
34:44moi je me souviens aussi
34:45de Johnny
34:45faisant croire
34:46à ses collaborateurs
34:47n'importe quoi
34:48c'est à dire
34:49à Alan
34:50qui était
34:52son garde du corps
34:53il disait
34:53mais tu as mangé ça
34:54tu vas mourir demain
34:55et ça passait très bien
34:56alors il avait
34:58il mentait aussi
34:59sur un truc
35:00Johnny mangeait
35:01très épicé
35:02c'était impossible
35:04de manger
35:05ce que mangeait Johnny
35:06c'était le plus grand acheteur
35:08chez Fauchon
35:08de sauce épicé
35:09et
35:11quand on lui disait
35:12mais ce n'est pas possible
35:13et il racontait une histoire
35:15fausse évidemment
35:16qu'il s'était brûlé
35:17le palais
35:18quand il était petit
35:19avec du chocolat chaud
35:21et tout ça passait
35:23voilà
35:23ah ben moi je me suis brûlé
35:24avec un chocolat
35:25c'était faux
35:26absolument faux
35:26alors ça c'est le côté faux
35:28mais le côté vrai
35:29c'est ce livre
35:30très passionnant
35:31et qu'on va évoquer
35:32la véritable histoire
35:33que j'aime
35:33de la musique que j'aime
35:34dans quelques instants
35:35sur Sud Radio
35:36avec Michel Mallory
35:37Sud Radio
35:38les clés d'une vie
35:39Jacques Pessis
35:40Sud Radio
35:41les clés d'une vie
35:42mon invité
35:42Michel Mallory
35:43on a évoqué
35:44votre parcours
35:45votre rencontre
35:46avec Johnny
35:46et Johnny justement
35:47vous l'évoquez longuement
35:49dans un livre
35:49qui est un livre rare
35:50parce qu'il y a beaucoup
35:51de livres sur Johnny
35:51mais moi j'ai rarement
35:54lu un Johnny aussi vrai
35:56la véritable histoire
35:57de la musique
35:58que j'aime
35:58chez Talent Edition
35:59pourquoi avoir d'abord fait ce livre
36:01aujourd'hui Michel Mallory
36:02parce que j'ai
36:03comment dirais-je
36:06ça s'est fait il y a 50 ans
36:08j'ai une très bonne mémoire
36:09parce qu'il y a eu
36:10des petits éléments
36:12je suis très cartésien
36:14j'ai bien les pieds sur terre
36:15mais il y a eu des choses
36:17qui me sont arrivées
36:17comme ça
36:18comme des messages
36:20voilà
36:20mais c'était trop
36:21trop étrange
36:23notamment
36:25je donne mon ordinateur
36:26à réparer
36:27à un de mes amis
36:29et il répare mon ordinateur
36:31et il me dit
36:31mais dis-moi
36:32c'est pas la photo
36:33de Bobby Keys
36:34le saxophoniste
36:35des Stones
36:36qu'il y a sur ton ordi
36:37je dis oui absolument
36:38oui
36:38mais comment tu as rencontré
36:40ce mec
36:40je lui ai rencontré
36:42à Londres
36:42à l'époque
36:43on enregistrait
36:43non mais c'est pas possible
36:46mais ça c'est Bobby Keys
36:47et ça c'est Jim Horne
36:48et Jim Price
36:49oui oui bien
36:50et il me dit
36:51mais attends
36:52et puis petit à petit
36:53des choses sont arrivées
36:55il me dit
36:55mais tu devrais écrire ça
36:56je dis non
36:58et petit à petit
36:59c'est venu
37:00et d'autres
37:01d'autres choses sont arrivées
37:02des petits messages
37:04comme ça
37:06allez je sais pas
37:07d'une entité
37:09amicale
37:10en tout cas
37:10et ça m'a donné l'idée
37:12de se faire
37:12d'écrire ce livre
37:14alors la musique que j'aime
37:15bien sûr
37:16c'est une chanson
37:16que vous avez signée
37:18toute la musique
37:20que j'aime
37:23elle vient de voir
37:24elle vient de bleu
37:26alors ça commence par un appel
37:28dans la nuit
37:28un appel angoissé
37:29de Johnny Michel-Maurie
37:31oui pas dans la nuit
37:32hélas
37:32un appel à 10h du matin
37:34ce qui est
37:37à l'idesquement parlant
37:38impossible
37:39c'est pas possible
37:40ou alors c'est très très grave
37:42et à 4h du matin
37:44oui
37:44ou 3h du matin
37:46pas de problème
37:47mais 10h du matin
37:48c'est une heure
37:48indue
37:50et là
37:50c'est un coup de téléphone
37:51extrêmement court
37:52c'est
37:53ça mon pote
37:55tu peux venir à la maison
37:56là tout de suite
37:57il faut que tu viennes
37:57à la maison
37:58tout de suite
37:58j'ai besoin de toi
37:59j'ai besoin de toi
38:02je prends ma vieille voiture
38:03et je
38:03je vais
38:05avenue du président
38:06Wilson
38:08endroit que je connaissais bien
38:09et je vais dans la cuisine
38:10puisqu'on me dit
38:11qu'il est dans la cuisine
38:12et qu'il m'attend
38:13dans la cuisine
38:13là c'est pas une question de robinet
38:15pas du tout
38:16il est au bout de la
38:18il a un cendrier
38:21grand comme ça
38:22oui
38:22un cendrier
38:23grand comme ça
38:24plus grand cendrier
38:25que j'ai vu
38:25plein de cigarettes
38:26et une cartouche de gitane
38:28juste à côté
38:29des fois qui viennent à manquer
38:30évidemment
38:31et chose rarissime
38:32une tasse
38:34avec du café
38:35ça c'était rarissime
38:37parce que Johnny
38:37ne buvait jamais
38:38de café
38:39il détestait ça
38:40je me suis dit
38:41là il y a un problème
38:43je me suis assis
38:46j'étais à côté de lui
38:47et j'attendais qu'il parle
38:49il n'a pas dit un mot
38:50pendant
38:51je ne sais pas
38:52deux minutes
38:54il fumait
38:55je dis
38:55enfin il m'a fait venir
38:56en urgence
38:58et la première
38:59des premières phrases
39:00qu'il m'a dit
39:02il m'a dit
39:03j'ai fait le con
39:07je lui ai dit
39:07mais tu as tellement fait le con
39:09un nombre de fois incalculable
39:11ça s'arrangeait
39:13et il m'a répondu
39:15pas cette fois
39:17là ça commençait à devenir un peu
39:19et je n'avais qu'un
39:21prénom à demander
39:23Sylvie
39:24m'a fait
39:27et là ça a été
39:30c'était une période
39:31difficile pour Johnny
39:32cette période là
39:34il venait de sortir du Johnny Circus
39:36qui avait été un échec
39:37un gouffre financier
39:41un échec
39:44artistique
39:45il avait perdu
39:46une grande partie
39:46de ses fans
39:48et sa femme
39:49s'en allait
39:50donc on n'était pas au mieux
39:52et Johnny
39:55après avoir bu
39:56encore un café
39:57avec moi
39:58me dit
39:59on va faire quelque chose
40:00on va faire une chanson
40:02parce que je veux reconquérir
40:04ma femme et mon public
40:05avec une chanson
40:07et c'est toi
40:07qui va l'écrire
40:08mais attends
40:09et comme
40:10on était tous les deux
40:12des fourreux de blues
40:13de country
40:13à l'époque
40:14on était les deux seuls
40:16personne n'aimait
40:17ce genre de musique
40:18ça ne passait jamais
40:19en radio
40:20et il me dit
40:21on va faire
40:21quelque chose
40:22on va faire un album
40:23à Londres
40:24mais là
40:25je ne peux pas rester ici
40:26je ne peux pas rester à Paris
40:27parce qu'elle arrive dans deux jours
40:28je ne peux même pas rester
40:29dans cet appartement
40:30je m'en vais
40:31je me casse à New York
40:32pendant deux mois
40:33je dis moi
40:34je vais en Corse
40:35alors on va travailler
40:37inutile de vous dire
40:38qu'il n'a rien foutu
40:40bien évidemment
40:40et que moi
40:41je n'ai pas fait grand chose
40:42mais j'ai eu cette
40:43j'ai eu cette musique
40:45qui est arrivée
40:46à 4h du matin
40:47dans la maison
40:48où je suis né
40:49et la guitare
40:50de votre père
40:51a été un déclencheur
40:52Michel Mollory
40:53oui
40:53c'est cette fameuse guitare
40:55dont je vous ai parlé
40:55tout à l'heure
40:56qui était sur la cheminée
40:58tout fondue
40:59et donc
41:00il fallait que je note
41:01cette musique
41:02absolument
41:03pas de magnétophone
41:04rien du tout
41:05donc j'ai accordé
41:07cette vieille guitare
41:08et j'ai réussi
41:09sur un papier d'écolier
41:10à écrire
41:11moi qui ne suis pas
41:12très bon en solfège
41:13les 16 premières mesures
41:15guitare d'ailleurs
41:16qui a été achetée
41:17avec Django Reinhardt
41:18oh mais vous connaissez
41:19même ça
41:20oui mon père était très
41:23était un fan
41:24de Django Reinhardt
41:25et il se fréquentait
41:26assez souvent
41:27du côté de Pigalle
41:28où il y avait
41:29les boîtes de nuit
41:29où les gitans
41:31jouaient de la guitare
41:32avec les corses
41:33mais les boîtes de nuit
41:34appartenaient
41:35la plupart à des corses
41:36et donc mon père
41:37avait la chance
41:38de rencontrer Django
41:41et le jour
41:42il lui a dit
41:42je voudrais acheter
41:43une guitare
41:43Django lui a dit
41:44mon frère
41:45ou mon cousin
41:45je ne me souviens plus
41:46viens on va chez
41:47le gars qui me vendait
41:48la guitare
41:48je vais t'avoir un prix
41:50alors évidemment
41:51il n'a pas pu s'acheter
41:52une selle mère
41:53comme Django
41:53mais c'est Django
41:55qui a essayé cette guitare
41:56et qui l'a choisi
41:57et Django d'ailleurs
41:58est venu un jour
41:59avec des amis
42:01corses
42:01jouer dans le petit appartement
42:04dans la petite maison
42:05de banlieue
42:06que nous habitions
42:06à l'époque
42:07alors il se trouve
42:08que Johnny revient
42:09de New York
42:10vous allez le chercher
42:11avec votre vieille voiture
42:11il débarque à l'hôtel
42:13qui était l'hôtel
42:13des Beaux-Arts
42:14rue des Beaux-Arts
42:15qui était tenu
42:16par Guy Louis Duboucheron
42:17qui avait une suite
42:18collette
42:19une suite mystinguette
42:20et vous jouez dans le hall
42:22cette musique
42:23à Johnny
42:23Michel Mallory
42:24il m'a dit
42:24il avait ramené
42:25une guitare superbe
42:26des Etats-Unis
42:27une Martine D45
42:29il ouvre l'étui
42:30dans un petit salon
42:31dans l'entrée à gauche
42:33il me dit
42:33je vois ton truc
42:35alors j'étais
42:36je lui ai dit
42:37enfin tu es fatigué
42:38l'avion
42:39il n'avait pas vu
42:40que du Vittel
42:41dans l'avion
42:42donc
42:43et on reprend
42:44une bouteille de champagne
42:46et je lui joue
42:47mais en lui chantant
42:48du yaourt
42:50du franglais
42:51enfin
42:52quelque chose
42:53qui ne veut rien
42:53une langue
42:54qui n'existe pas
42:56et je vois
42:57qu'il
42:57il avait
42:58il avait une
42:59comment dirais-je
43:00une attitude physique
43:01quand quelque chose
43:01lui plaisait
43:02ou quand quelque chose
43:03lui déplaisait
43:04quand quelque chose
43:05lui déplaisait
43:06il penchait en arrière
43:07comme ça
43:08et quand quelque chose
43:09lui plaisait
43:09il s'avançait
43:11quelquefois
43:11son visage
43:12était même
43:12à 10 cm
43:13du vôtre
43:14et on avait
43:15ce regard
43:15c'était
43:16assez éprouvant
43:17et là
43:18je le vois
43:19qu'il
43:20il est comme un fou
43:21il se lève
43:22c'était
43:23il y avait une table basse
43:24il se met à tourner
43:25autour de la table basse
43:26comme les indiens
43:28il disait
43:28on a notre tube
43:29on a notre tube
43:30on a notre tube
43:31et c'était un blues
43:33et là
43:35pour finir l'histoire
43:36je lui dis
43:37je ne sais pas
43:38quoi écrire
43:38comme texte
43:39là-dessus
43:40c'est là qu'il avait dit
43:42plusieurs fois
43:42il faut que nous fassions
43:43la musique que nous aimons
43:44qu'on s'en fout des autres
43:47faisons la musique
43:47qu'on aime
43:48voilà
43:49bon
43:49moi c'était resté
43:50dans ma mémoire
43:51et puis j'ai dit
43:52mais qu'est-ce que je vais écrire
43:53il me dit
43:54écris quelque chose
43:55qui se mélange
43:57au blues
43:58de ma vie actuelle
43:59avec le blues
44:00l'essence même
44:01du blues
44:02et des noirs
44:03qui travaillaient
44:04dans les champs de coton
44:05et qui chantaient
44:06et qui priaient
44:06et qui n'avaient que ça
44:07il faut que tu mélanges
44:09tout ça
44:10et que ça soit
44:11déchirant
44:12et qu'elle comprenne
44:13à quel point je l'aime
44:14et résultat
44:15vous retenez dans votre voiture
44:17et dix minutes plus tard
44:18un miracle
44:19encore une fois
44:20ça doit être
44:21le même génie
44:22qui m'a botté le cul
44:23quand j'étais en Corse
44:23à quatre heures du matin
44:24qui vient
44:25j'avais un petit carnet
44:26pour noter
44:27dans les embouteillages
44:28si j'avais des idées
44:29qui me venaient
44:31et vraiment
44:32Jacques
44:32je le dis
44:33à tout le monde
44:35j'ai écrit
44:35en dix minutes
44:36c'est honteux
44:38parce que c'est la chanson
44:39que j'ai écrite
44:40le plus rapidement
44:41et j'ai l'impression
44:42tout simplement
44:43de n'avoir été
44:44qu'un relais
44:45entre quelque chose
44:47de nébuleux
44:48d'un inconscient
44:49et la réalité
44:52je suis retourné
44:53tout de suite
44:53à la suite
44:54Colette
44:54où Johnny habitait
44:55j'ai dit
44:56j'ai écrit les paroles
44:57il m'a dit
44:58tu te fous de ma gueule
44:59t'es parti il y a dix minutes
45:00tu prends pour un con
45:01j'ai dit non non
45:02écoute
45:03donne moi ta guitare
45:04ça a été
45:05il dit on part à Londres
45:06dans deux jours
45:07et à Londres
45:08vous avez non seulement
45:09travaillé avec Johnny
45:10mais écrit tout l'album
45:12on a fait tout l'album
45:14on est parti avec
45:15une chanson d'écrite
45:16c'est à dire que
45:17quand monsieur Hallyday
45:18dormait
45:19monsieur Malory
45:20travaillait
45:21voilà
45:22et je travaillais partout
45:23il m'avait prévenu
45:24il m'avait prévenu
45:26il m'avait dit
45:27ménage ton sommeil
45:28parce que
45:29et c'est vrai que je dormais
45:30partout dans les toilettes
45:31dans le taxi
45:32je dormais au restaurant
45:33je mentais
45:34pour aller
45:35voilà
45:35si je pouvais voler
45:36un petit quart d'heure
45:37parce que
45:38il me l'avait
45:39il me l'avait dit
45:40il m'avait dit
45:40moi j'ai besoin de dormir
45:41pour pouvoir chanter
45:42ce qui est vrai
45:44et on avait les musiques
45:45la plupart
45:47mais on n'avait pas de texte
45:48il fallait faire les textes
45:49parce que monsieur
45:50chantait le lendemain
45:51voilà
45:51et résultat
45:52vous racontez
45:53comment se passe
45:54un enregistrement
45:55et moi j'ai découvert
45:56que Johnny
45:56avait des manies
45:58précises
45:58lorsqu'il enregistrait
45:59que dans un studio
46:00Michel Mallory
46:01c'était un rituel
46:02la distance entre le micro
46:05c'est à dire
46:06la feuille blanche
46:07avec
46:08le crayon
46:10pas le stylo
46:11la gomme
46:12le micro
46:13il fallait que ça soit
46:15Schneider
46:16ou un truc comme ça
46:17parce qu'il avait l'impression
46:18que ce micro
46:18cette marque de micro
46:20lui portait chance
46:20il fallait que
46:22la hauteur
46:23la hauteur du texte
46:25avec un petit
46:26comment dirais-je
46:27une petite lumière
46:28juste pour voir
46:30une sorte de veilleuse
46:31parce qu'il fallait que
46:32tout soit sombre
46:34voilà
46:34et un haut tabouret de bar
46:36pour que monsieur
46:38puisse poser ses fesses
46:39quand il chantait
46:40une balade
46:40par exemple
46:41et vous racontez
46:42l'enregistrement
46:43de cette chanson
46:44toute la musique
46:44que j'aime
46:45qui a été
46:46mais ça a été
46:47un moment magique
46:48en une prise
46:50c'était dans la boîte
46:51oui parce que
46:52cette chanson
46:53il en avait peur
46:54c'est la première fois
46:55que je vois Johnny
46:57je l'explique
46:58dans ce livre
46:59il m'a fait peur
47:01à moi aussi
47:01parce qu'il n'a pas
47:02dormi de la nuit
47:05et il me dit
47:06dans le taxi
47:07il me dit
47:07je vais l'enregistrer
47:08en direct
47:09jamais
47:10il n'a fait ça
47:10jamais
47:11qu'est-ce que tu en penses
47:14et il faut bien
47:15que je trouve
47:15quelque chose
47:16à lui dire
47:16je lui dis
47:17mais tu sais
47:17Brel enregistre tout
47:19en direct
47:19il l'adorait Brel
47:20il avait pour lui
47:21beaucoup d'admiration
47:22et je lui dis
47:23tu sais pourquoi
47:24il fait ça Brel
47:25parce qu'il a l'impression
47:26d'être sur scène
47:27et toi
47:28il faut que tu penses
47:29que tu es sur scène
47:31et il nous a fait ça
47:33en une prise
47:35et en fait
47:36il a eu deux prises
47:38parce qu'il a dit
47:39à la fin
47:39de cette première prise
47:42la machine est chaude
47:43on en refait une autre
47:44mais on s'est aperçu
47:46mon cher Jacques
47:47que la chanson
47:48faisait six minutes
47:50alors qu'à cette époque-là
47:52pour passer en radio
47:53il fallait faire
47:55deux minutes et demie
47:56pas plus
47:56donc on n'aurait eu
47:58aucune chance
47:59de passer en radio
47:59et ça a marché
48:01contre l'avis de la maison de disques
48:03qui ne voulait pas
48:03de cette chanson
48:04oh là là
48:05et il voulait
48:06une chanson
48:06une grande chanson
48:08il voulait
48:09un que je t'aime
48:10que je t'aime
48:10et on nous avait dit
48:12on va vous mettre
48:13comme un corbeau blanc
48:15en face A
48:16de cet album
48:16pour sauver l'album
48:18et
48:19oh là mon dieu
48:20et deux jours après
48:22ça a été
48:23une déferlante
48:24une véritable déferlante
48:26et il passait
48:27toutes les radios
48:28passaient
48:28les six minutes
48:29de la chanson
48:30c'était incroyable
48:31et Johnny d'ailleurs
48:32n'avait pas bien pris
48:33il n'en avait rien à faire
48:34des directeurs artistiques
48:35il faisait comme il voulait
48:36ah oui
48:36c'était
48:37on lui a dit
48:38mais il faut que tu chantes
48:39des trucs
48:39je ne chanterai plus ça
48:41je ne veux plus faire ça
48:42j'ai déjà fait ça
48:43j'ai déjà enregistré
48:44presque 2000 chansons
48:45j'ai déjà fait ça
48:47non non
48:48je ne veux pas faire encore
48:49que je t'aime
48:50ou quoi ma gueule
48:52je l'ai déjà fait
48:53alors je vais faire autre chose
48:54et les vieilles canailles
48:56vous étiez là
48:56et la dernière chanson
48:57qu'il a interprétée
48:58c'est celle-ci
49:00oui
49:01c'était toute la musique
49:02que j'aime
49:03et
49:03c'est aussi
49:06son requiem
49:07parce que
49:08quand on a emmené
49:09son cercueil
49:09à l'église de la Madeleine
49:12son cercueil
49:12est parti
49:13sur cette chanson-là
49:14donc c'était
49:15sa signature
49:17je veux dire
49:18c'était plus ma chanson
49:19c'était la sienne
49:19depuis longtemps
49:20il avait complètement
49:25habité
49:25cette chanson
49:26vous dites
49:27dans ce livre
49:28qu'il aurait aimé
49:29être enterré en Corse
49:30il me l'a dit
49:3210 fois
49:33parce que
49:33dans le cimetière
49:35de Monticello
49:36qui est très beau
49:38évidemment
49:38ma famille
49:39a
49:40ce qu'on appelle
49:41un caveau
49:43je pense que
49:44Jacques Dutron
49:44il sera aussi
49:46François Zardy
49:46il y a déjà
49:48et
49:48il a dit
49:49comme ça
49:50ça serait bien
49:50tous les trois
49:51avec Dutron
49:51on pourra jouer aux cartes
49:54est-ce que vous mesurez
49:55le privilège
49:56que vous avez eu
49:57Michel Mallory
49:57de travailler avec Johnny
49:59pendant 50 ans
50:00oui parce que
50:01à chaque fois
50:03à chaque fois
50:04je ne dis pas
50:05à chaque seconde
50:06je mesurais
50:07la chance
50:08que j'avais
50:09de vivre
50:10avec cet homme
50:11pour qui la vie
50:12était une aventure
50:15nouvelle
50:15à chaque minute
50:16qui passait
50:17on ne savait
50:18absolument pas
50:19ce qui allait se passer
50:2010 minutes plus tard
50:21avec lui
50:21c'était toujours
50:23et puis en même temps
50:24on a eu
50:25des
50:26des paroles d'hommes
50:28ensemble
50:28quand on s'est fâché
50:30on ne s'est fâché
50:30pas pour de l'artistique
50:32on s'est fâché
50:33pour des choses d'hommes
50:35voilà
50:35et
50:36il a dit quelque chose
50:38à ma femme
50:39quand il venait en Corse
50:40un jour
50:41il a parlé à ma femme
50:42il a dit
50:43ton mari
50:44c'est un mec
50:44que je n'ai jamais pu acheter
50:46et je n'ai jamais pu l'avoir
50:48et
50:49peut-être que c'est pour ça
50:51que nous sommes restés amis
50:53aussi longtemps
50:54il m'a donné
50:55tellement
50:55de preuves
50:57d'amitié
50:57qui sont
50:58pratiquement
50:59des preuves d'amour
51:00qui sont des preuves d'amour
51:01et ces preuves d'amour
51:02et d'amitié
51:03elles sont tout à fait
51:04dans ce livre
51:04la véritable histoire
51:06de la musique
51:06que j'aime
51:07que je recommande
51:08à celles et ceux
51:09qui nous écoutent
51:10qui aiment Johnny ou non
51:11parce qu'ils découvriront
51:11un autre Johnny
51:13et c'est chez Talent Editions
51:14merci Michel Malory
51:15d'avoir écrit
51:16puis à bientôt
51:16parce que je suis sûr
51:17que vous allez encore faire
51:18des tas de choses
51:19dans la chanson
51:20vous n'allez pas vous arrêter
51:21comme ça
51:22merci à bientôt Jacques
51:23merci les clés d'une vie
51:24c'est terminé pour aujourd'hui
51:25on se retrouve bientôt
51:26restez fidèles
51:27à l'écoute de Sud Radio
51:28Sous-titrage Société Radio
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