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  • il y a 7 semaines
Ce mercredi 3 juin, François Sorel a reçu Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, Christophe Aulnette, senior advisor chez Seven2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud, et Philippe Dewost, fondateur de Phileos et cofondateur de Wanadoo. Ils se sont penchés sur l'Europe souhaitant défendre sa souveraineté numérique en réduisant le recours aux technologies étrangères, ainsi que le Parlement européen délaissant le moteur de recherche de Google au profit Qwant, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Le débrief de la tech, jusqu'à 20h30, on prend quelques sujets les plus forts du jour
00:12et on essaie d'aller un petit peu plus loin, de comprendre ce qui se passe et de débriefer tout
00:17ça.
00:18Avec nos experts ce soir, nous avons Philippe Devost, salut Philippe.
00:22Bonsoir François.
00:23Qui est Stratégic Advisor chez Jolt Capital, encore un Fred, c'est pas possible ça.
00:29On a toute l'équipe de Jolt Capital, Yves Maître, Jean Schmitt, maintenant Philippe Devost,
00:36mais que se passe-t-il ? Vous faites un putsch ou quoi que vous dites ?
00:39Non, c'est pas un putsch, c'est simplement la conséquence de la croissance et du chemin
00:45que fait Jolt depuis ses débuts il y a 15 ans, qui les a quand même conduits à lever leur
00:51cinquième fonds dont la levée n'est pas terminée, mais qui ont déjà closé pas loin d'un demi-milliard
00:57d'euros.
00:59C'est un des plus gros fonds de Deep Tech de la place, et le closing n'est pas terminé
01:03puisque leur objectif est d'atteindre le milliard.
01:06Et donc ils sont structurés, et moi je les rejoins comme advisor, c'est-à-dire comme
01:12conseiller externe sur des sujets, et notamment sur les sujets liés à la Deep Tech et sur
01:15la mobilisation de l'écosystème Deep Tech français, qui est représenté aujourd'hui
01:20par l'association France Deep Tech, qui renouvelle son conseil d'administration.
01:24Et au titre de représentant des investisseurs, je vais candidater à ce conseil pour le compte
01:30de Jolt.
01:31Je crois que c'était la présentation du Dave Weaver la plus longue jamais vue dans
01:34Tech & Co, la quotidienne.
01:35Oui, mais c'était intéressant.
01:36Mais c'était intéressant, c'est vrai.
01:38Philippe, qui est aussi, alors ça, il le restera toute sa vie, cofondateur de Wanadu,
01:43accessoirement.
01:43Mais c'est pas la peine que tu nous expliques.
01:45Non, on a fêté ça hier soir, les 30 ans.
01:4830 ans de Wanadu ?
01:49Oui.
01:50Eh bien oui.
01:50Incroyable, c'est dingue, hein ?
01:52Il y avait qui ?
01:53Le temps passe.
01:54Ah non, mais frère, tu le relances, on est mort.
01:56Il y avait Michel Bon, il y avait Nicolas Dufourc, il y avait Yves Parfait, il y avait
02:00Roger Courtois, le premier président de France Télécom Interactive, il y avait vraiment
02:03tout, on était plus d'une centaine.
02:05Ah oui.
02:06Alors vous avez ressorti le Minitel pour l'époque ou pas ?
02:08Non, mais j'ai pas apporté mon t-shirt Wanadu, sinon il faudrait faire une deuxième
02:11émission, mais j'avais le t-shirt d'origine, avec l'abeille dans le dos.
02:15Wanadu, vous vous rendez compte un peu ?
02:16Voilà.
02:16En tout cas, merci d'être là.
02:18Et comme quoi, chez Jolt, ils sont pas trop mauvais, parce qu'on a quand même pas
02:20mal d'experts qui viennent dans Tech & Co, ça c'est plutôt cool.
02:24Christophe Honnête n'est pas mal non plus, salut Christophe.
02:26Bonsoir François.
02:27Senior Advisor chez 7-2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud.
02:31Merci d'être là.
02:32Et Frédéric Simotel, journaliste à BFM Business, t'es pas encore dans un fond, toi ?
02:37Non ?
02:38Non, je touche pas le fond.
02:39Allez, t'es facile, t'es facile, t'es facile.
02:42Oui, oui, oui, c'est bon.
02:44Bravo.
02:46Allez, on va commencer par ce sujet très intéressant.
02:50On va que, en tout cas, on constate que l'Europe accélère sur pas mal de sujets liés au numérique,
02:55et elle a dévoilé aujourd'hui ses propositions pour la souveraineté numérique européenne.
03:00L'objectif, il est simple, devenir indépendant des géants américains et chinois en matière
03:05de logiciels et d'IA.
03:07Astré-Olivier nous explique tout ça.
03:09Il faut réduire la facture européenne en matière de numérique.
03:13Chaque année, l'Europe dépense 260 milliards d'euros dans des produits et services non européens.
03:18La commission veut notamment entrer dans la course des semi-conducteurs, explique la vice-présidente
03:23de la commission, Hena Verkunen.
03:26Nous devons nous préparer à conquérir notre part du marché des puces liés à l'IA.
03:30On estime que les composants liés à l'IA représenteront plus de 70% du marché total des semi-conducteurs
03:36dès 2030.
03:37Dans notre plan d'action, nous nous engageons aussi à tripler le nombre de data centers européens
03:42dans les 5 à 7 prochaines années.
03:44La préférence européenne sera aussi de mise.
03:47Les administrations publiques devront obligatoirement stocker leurs données dans des data centers
03:51présents sur le sol européen.
03:53Les commandes publiques seront aussi réalisées auprès d'entreprises dont la R&D et les emplois
03:58sont basées en Europe.
04:01Nos usines fonctionneront grâce à des logiciels industriels européens, nos hôpitaux pourront
04:06choisir des IA développées en Europe, nos innovateurs pourront aussi les utiliser pour
04:10développer leurs idées et nos start-up devenir des leaders mondiaux ici même en Europe.
04:15Bruxelles veut aussi lier souveraineté technologique et numérique, mais la commission a reporté son
04:20projet de label vert pour les data centers.
04:23A ce stade, le nucléaire français en est exclu, ce qui a provoqué une levée de bouclier.
04:29Voilà, donc reportage signé, je le disais, Astré-Olivier.
04:34En gros, ce qui est en train de se passer, peut-être que vous allez évidemment commenter
04:39tout ce qui a été dit à l'instant, mais en gros, on passe d'une souveraineté numérique
04:44défensive à quelque chose de beaucoup plus actif finalement.
04:49Réguler c'est bien, mais il va falloir essayer de trouver nos propres briques, nos propres
04:55solutions dans le domaine du cloud, de l'IA, des puces et des logiciels.
04:58Attention, tout ça, ce ne sont que des propositions encore, visiblement.
05:02Ces textes doivent être négociés par les États membres, le Parlement européen avant
05:05de devenir loi, donc ça va prendre encore du temps, mais c'est intéressant.
05:10Qui commence sur ce sujet ? Christophe, tiens, allez, on y va.
05:13La première chose, je pense que c'est bien de voir que l'Europe se saisit un peu plus
05:18du sujet.
05:19La réalité est quand même complexe puisque je crois qu'on investit, on a plus de 300
05:26milliards de produits et de services technologiques qui viennent sur le marché européen de la
05:31part des acteurs américains, c'est-à-dire quasiment l'équivalent de ce qui est des produits
05:35non informatiques, donc c'est vraiment très très important et que 80% de nos dépenses
05:41cloud dans les entreprises et même administrations, c'est des Azure, Google, Amazon, etc.
05:48Et donc finalement, il y a une énorme dépendance.
05:51Alors le problème, c'est qu'effectivement, je pense que ce qui est positif, c'est qu'on
05:57saisit de la chose, mais on ne va pas pouvoir être souverain du sol au plafond, c'est
06:02totalement illusoire.
06:03Donc quand on parle des puces, là, quand j'ai vu ça, je me suis dit, bon, attends,
06:06on ne va quand même pas bâtir un nouveau pays.
06:09Et en fait, non, il s'agit de dire, bon, il y a des puces, par exemple, dans le domaine
06:13automobile sur lesquelles on a les moyens de faire fonctionner des usines européennes
06:17et des composants européens.
06:19Je pense que c'est la bonne approche.
06:20Il faut avoir une approche un peu de tri sélectif par rapport à toutes ces dépendances.
06:24Finalement, la souveraineté, ce n'est pas d'être totalement indépendant, c'est
06:27de maîtriser ces dépendances, donc de dire, il y en a certaines, on oublie, on ne va
06:31pas, et on y reviendra peut-être tout à l'heure.
06:33C'est trop tard.
06:34Bon, quand c'est trop tard, qu'est-ce qu'on fait ?
06:36Alors, là où ce n'est pas trop tard, on dit, privilégions les éléments européens,
06:42donc par exemple, les puces pour les voitures.
06:44Ça, très bien.
06:45Mais là où c'est trop tard, qu'est-ce qu'on fait ?
06:47Et à ce moment-là, il y a quand même des régulations qu'il faut faire jouer.
06:50Donc le DMA, de ce point de vue, il sert à faire en sorte qu'il y ait la potentialité
06:53pour des acteurs européens de venir s'épanouir sur des écosystèmes autres, mais
06:58pour ça, il faut leur garantir une certaine équité de marché.
07:01Donc je pense que, je regrette, ça n'a pas été encore assez renforcé là.
07:05Il faut définir un certain nombre de standards.
07:09Pour les données, ce qui relève évidemment des données extrêmement sensibles,
07:14eh bien, on fait apparemment émerger une nouvelle norme qui est le IEU-CS,
07:21qui est le norme de cybersécurité cloud européen.
07:24Mais quand on regarde un peu dans le détail, elle est beaucoup moins contraignante que le CECNUM cloud.
07:29Pourquoi ? Parce qu'il y a un lobbying extrêmement fort d'un grand nombre d'acteurs.
07:32Et il faut mettre 27 pays d'accord.
07:34Et c'est souvent sur un petit commun dénominateur qui est moins exigeant.
07:40Mais néanmoins, c'est un pas.
07:41Et donc je pense que c'est la bonne approche.
07:45Ça prend malheureusement un petit peu de temps.
07:49Et ce qui me paraît essentiel, c'est aussi de mobiliser des fonds européens,
07:54on parlait tout à l'heure de la deep tech ou d'autres,
07:56sur les nouvelles technologies pour se positionner.
07:59Parce qu'on y reviendra tout à l'heure,
08:01la messe n'est pas complètement dite sur l'IA et sur les agents.
08:04Peut-être que les LLM qui aujourd'hui prennent,
08:07et les infrastructures IA qui prennent une grosse partie de la valeur,
08:10il y a aussi toute une partie de la valeur à gagner vers les agents.
08:13Et donc on aimerait aussi voir l'Europe être un peu plus visionnaire
08:16et mettre des paquets plus significatifs d'investissement
08:21sur des technologies de demain.
08:23Et pas essayer de le faire uniquement sur les technologies
08:27sur lesquelles c'est déjà trop tard parfois.
08:29Oui. D'ailleurs on l'évoquait ça il y a deux jours, Fred.
08:32C'est 120 milliards sur la table pour tout ce qui est chipset en fait.
08:36Essayer de reprendre la main, de réindustrialiser,
08:39de créer une usine, je crois, de chipset.
08:43Elle seule coûterait 30 milliards, je crois.
08:44Essayer de faire une filière.
08:46Une filière.
08:47Avec un SML, avec un service.
08:49Parce que derrière on ne fabrique plus de PC,
08:50mais on fabrique quand même des super calculateurs.
08:53Exactement.
08:54Et pour l'automobile aussi.
08:55Pour l'automobile, pour les lunettes, il y a plein de choses.
08:58Philippe, ton point de vue.
09:01La commission met le paquet.
09:03Bon, ça c'est bien.
09:05Elle le fait avec 10 ans de retard.
09:07Ça c'est moins bien.
09:09C'était quand même assez émouvant de se souvenir que c'est au moment de la crise Covid
09:12que subitement des dirigeants de différents grands pays européens se sont dit
09:18oulala, mais on découvert dans une candeur confondante que 85% des puces à finesse de gravure
09:25très très étroite étaient fabriquées à Taïwan.
09:28Et que Taïwan, c'était très très près de la Chine continentale.
09:30Alors que tout ça existait depuis 20...
09:32Tout ça était sous nos yeux depuis 20 ans.
09:35Il y a la tech, mais il y a aussi toute la médecine.
09:37On se rappelle de l'épisode du paracétamol.
09:39C'était pareil.
09:40C'est bien.
09:43C'est des textes.
09:44Et comme ça a été rappelé, très justement, c'est des textes qui vont encore devoir être
09:48discutés, débattus entre des pays qui ont des intérêts qui ne sont pas forcément
09:52convergents, puisqu'on va retrouver le jeu habituel où l'Allemagne est toujours
09:56quand même assez pro-Intel.
09:58La France va pousser ses modèles d'IA.
10:00Les Pays-Bas vont protéger ASML comme la prunelle de leurs yeux.
10:04Et donc la convergence d'intérêts va être nécessaire pour pouvoir bâtir une indépendance
10:09commune.
10:10C'est la première chose.
10:11La deuxième chose, c'est qu'on part quand même de très très loin, puisque le degré
10:16de dépendance aujourd'hui en termes de technologie, il est de l'ordre de 80 %, avec
10:21des effets de bord.
10:24Souvenez-vous de ce qui s'est passé il n'y a pas très longtemps quand Broadcom a
10:28racheté VMware.
10:29VMware, c'est ce qui permet de virtualiser un PC et c'est utilisé par un très grand
10:34nombre d'entreprises, et que Broadcom a décidé du jour au lendemain de multiplier
10:38les prix par, c'était quoi Christophe, 2,5, 3 ?
10:41Non, il y a plus de 3.
10:44Donc, on a l'impression qu'on découvre que les clés de l'immeuble sont chez un
10:48serrurier étranger qui est très gentil, qui est très poli, qui répond au téléphone,
10:52mais qui peut changer la serrure sans prévenir.
10:55Alors que c'est chez nous.
10:55Oui, voilà, c'est ça, c'est ça.
10:58Donc, bon, et puis il y a le deuxième sujet, c'est effectivement, tout le monde parle
11:03d'infrastructures, d'usines, etc.
11:05C'est très bien, on va construire des usines de semi-conducteurs, est-ce que ça sera
11:09uniquement des semi-conducteurs qu'on a conçus nous-mêmes, ou est-ce que ce sera une usine
11:14additionnelle pour un fabricant de semi-conducteurs américains ? Là, toute la question, elle est
11:18dans la captation de la valeur, et pour moi, le sujet, il est là, c'est souveraineté
11:27numérique, c'est pas uniquement être capable de dire bon aux Américains, c'est de savoir
11:30qui appeler.
11:32Fred ?
11:33Moi, je trouve très bien que l'Europe, le seul problème, c'est la mise en exécution.
11:39C'est-à-dire qu'aujourd'hui, Quant, c'est plutôt français.
11:42Alors, certes, ils se sont alliés.
11:43On va en parler après.
11:44On en parle après.
11:45Oui.
11:45Parce qu'on était resté sur le...
11:48Là, on reste sur le...
11:50Pardon, j'étais parti, moi.
11:51L'indépendance technologique sur les puces, sur le cloud, etc., sur les services numériques.
11:57Après, on enchaînera avec la décision.
11:59J'étais parti sur Quant.
12:00C'est pas grave.
12:02Il y a toujours un coup d'avance, Fred.
12:03C'est pour ça.
12:04C'est innovateur.
12:06Le souci, c'est qu'on est une Europe à 27, et qu'on n'a pas tous les mêmes
12:09arguments.
12:10C'est-à-dire que dans certains pays, quand la double-nest va venir dire, moi, je vous mets
12:13un gros data center chez vous, est-ce que ce pays votera, et c'est un peu comme l'Eurovision,
12:18est-ce que ce pays votera pour le projet, pour un autre projet européen ?
12:23On l'a vu, dès qu'Intel avait promis de s'installer en Allemagne, hop, on a entendu
12:27des petits levées de boucliers côté français.
12:29Donc, c'est ça.
12:30Je trouve qu'il faut vraiment trouver...
12:31Pour moi, il faut choisir ces batailles.
12:33Il faut prendre 3-4 filières, enfin 3-4 verticales, et se dire, allez là, et on met tout le
12:37monde dedans.
12:38On parle toujours de l'Airbus, de la tech, ou je ne sais quoi.
12:41Mais voilà, il faut essayer de prendre ces quelques filières, qu'elles soient logicielles,
12:44qu'elles soient, là, pour le coup, autour des composants.
12:49Voilà, l'IA, ça peut très bien être l'IA et la santé.
12:52On va prendre l'IA et la santé, et puis on déroule jusqu'où on peut travailler tous ensemble,
12:57et avec des Anglais, des Allemands, des Suisses, etc.
13:02Et je pense que c'est comme ça qu'on va y arriver, et pas chercher tout de suite
13:06à avoir un grand plan global.
13:09Je pense qu'il y a quand même, globalement, un contexte qui fait que ce qu'il utilisait
13:11tout à l'heure, à savoir ce prix, cette tendance des Allemands a toujours privilégié
13:17plutôt les intérêts des Américains au regard des échecs commerciaux.
13:21Mais ça change, ça, parce qu'il y a quand même, globalement, une prise de conscience
13:24avec le kill switch, tout le monde a un petit peu peur.
13:26Donc, là, je pense que le terreau est plus favorable.
13:29Il y a des succès à SML, on peut le considérer comme une sorte d'Airbus,
13:34puisque finalement, c'est quand même un géant mondial qui est dans une situation
13:38quasi monopolistique et qui est en Hollande.
13:42Là, l'idée que tu suggères de dire, on prend 3-4 sujets, et à ce moment-là,
13:46il faut que, globalement, la grosse difficulté, c'est d'accepter qu'on va mettre le paquet
13:52à un endroit et qu'on ne va pas saupoudrer.
13:54Et pour ça, je pense qu'on prendrait 4-5 sujets à 4-5 pays.
13:58Et chacun en prendrait un.
14:00Et on déciderait de mettre le paquet.
14:02Ça veut dire que si on décide qu'on fait les batteries, je ne sais pas,
14:06dans le nord de la France, on n'affecte pas de financement ailleurs.
14:12Et qu'on dit, par exemple, les processeurs, c'est à tel endroit,
14:14si c'est en Allemagne, ça veut dire qu'on va peut-être moins financer Kroll.
14:18Bon, c'est des décisions politiquement difficiles.
14:20Mais malheureusement, c'est la seule façon de pouvoir faire les choses.
14:23Je ne sais pas si vous avez suivi cette histoire d'Iris Carré,
14:25qui serait la constellation européenne.
14:28Visiblement, l'Allemagne travaille sur un projet concurrent.
14:32Et d'une autre génération en plus, une génération un peu plus avancée.
14:35Voilà, mais comment on va s'en sortir, en fait ?
14:37Parce qu'on voit que les batailles d'égo, parce que tout ça, c'est de l'égo,
14:42c'est son précaré.
14:44On n'arrive pas à être un continent comme, par exemple,
14:48les États-Unis le sont aujourd'hui.
14:49C'est-à-dire qu'il y a des États, malgré tout,
14:51mais quand il y a une décision qui est prise,
14:52elle est prise à l'unisson.
14:55Là, pour nous, c'est d'une complexité incroyable.
14:58Et ça devient même une compétition.
15:00T'imagines le politique qui va accepter de dire,
15:02tiens, les batteries, finalement,
15:04on va les faire dans le nord de la France,
15:05mais tu verras les politiques allemands qui vont dire,
15:07ah oui, donc vous laissez ça.
15:08Et nous, on va dire, nous, du coup, cette partie-là,
15:10je ne sais pas, les data centers,
15:12on est bien partis chez nous avec l'investissement de son banque.
15:16Mettons un certain type de composants,
15:18de mémoire RAM,
15:19tiens, on va se faire faire de la mémoire RAM,
15:20on va laisser ça aux Allemands et aux Roumains,
15:24enfin voilà, on va laisser ça à l'Est.
15:25Mais tu imagines, en France,
15:27tu vois aujourd'hui, avec les politiques et tout ça,
15:29qui vont dire, ça y est,
15:31moi, je sens mal tout ça.
15:32C'est parce que ça, ça va être de dire,
15:34ah oui, donc cette usine,
15:35on la laisse s'installer en Roumanie
15:36au lieu de la mettre en France.
15:37Là, pour un politique, ça va être compliqué d'accepter ça.
15:39Mais il va y avoir deux sujets compliqués
15:41pour les politiques, à mon avis.
15:42Il y en a un premier,
15:43qui est qu'il continue à proposer,
15:45en tout cas en France,
15:46une équivalence installation d'infrastructures
15:48égale création d'emplois.
15:49D'abord, les emplois, ça ne se crée pas,
15:51ça ne s'invente pas,
15:52ça répond à un besoin.
15:54Et il se trouve que le besoin d'emplois
15:56dans ce type d'infrastructures,
15:58c'est un très petit nombre d'emplois très qualifiés.
16:00Donc, ce n'est pas avec ça
16:01qu'on va résoudre la question du chômage.
16:03Ça, c'est le premier truc.
16:04Le deuxième truc, c'est que le juge de paix,
16:06à la fin,
16:08ça va être le pognon.
16:09Et les Allemands sont dans une situation budgétaire
16:12qui leur permet de dégager
16:15des montants d'investissement considérables.
16:18En France, on est à l'os.
16:19Et une des difficultés de Telsat,
16:23aujourd'hui, sur les projets Iris Carré,
16:26c'est que l'État français,
16:28qui était censé soutenir ce projet
16:29et le financer,
16:31n'a plus un rond.
16:33Et que quand tu te retrouves
16:37à gérer en parallèle
16:38des relations complexes
16:40avec tes deux grands partenaires naturels
16:42qui sont Airbus d'un côté
16:44et de l'autre, Thalès,
16:48qui, eux, ont des agendas
16:49complètement différents,
16:51ont des profitabilités
16:52sur d'autres segments.
16:53Thalès croule sous les commandes.
16:55Donc, arriver à monter l'équation
16:59sans injection de capital,
17:02c'est horriblement difficile
17:04pour le patron de Telsat.
17:05Je vous propose qu'on enchaîne
17:06avec un autre sujet
17:07intimement lié à tout ça.
17:09Parce que l'Europe, en ce moment,
17:10ils sont remontés comme des pendules.
17:11Et la dernière info sur ce sujet,
17:15c'est le Parlement européen
17:16qui débranche Google
17:18et le moteur de recherche
17:20qui va disparaître des navigateurs,
17:23des fonctionnaires européens.
17:25Alors, je ne sais pas
17:25combien ça représente de personnes.
17:27J'imagine que c'est plusieurs milliers,
17:28un minimum.
17:29Quelques dizaines de milliers, probablement.
17:30Peut-être quelques dizaines de milliers.
17:32Donc, leur moteur de recherche,
17:33à partir de demain,
17:34parce que c'est demain
17:35que c'est mis en place,
17:35le DSI va avoir du boulot
17:37cette nuit, je pense.
17:38À partir de demain,
17:40lorsque ces fonctionnaires européens
17:44travailleront sur leur PC,
17:45ils auront comme moteur de recherche
17:46non plus Google,
17:47mais Quant.
17:48Par défaut.
17:49Par défaut.
17:50Par défaut.
17:51La question, c'est
17:52combien reviendront ?
17:53Alors, c'est non obligatoire.
17:55C'est-à-dire que le gars,
17:56il se dit
17:56« Oh là là, c'est Quant. »
17:57Oh non, pas Quant.
17:58Ça ne marche pas.
17:58Je remets sur Google.
18:00C'est que sur Edge et Firefox.
18:01C'est que sur Chrome.
18:02Voilà, tu peux continuer.
18:04Parce que tu peux avoir Chrome
18:04sur ton PC.
18:07Enfin bon, ça, je ne sais pas.
18:08Je ne sais pas trop comment ça.
18:09Non, mais c'est presque symbolique,
18:12cette histoire-là.
18:14Oui, mais non,
18:16mais vas-y, Fred.
18:17Non, mais c'est bon.
18:19Le symbole est fort quand même.
18:20C'est de dire
18:21« Peu, peu, voilà,
18:22on prend, on peut, on peut... »
18:23Mais ce n'est pas nouveau, Fred.
18:24Ça fait des années qu'on connaît ça.
18:26Nous, on connaît ça en France.
18:27Parce qu'en 2018,
18:28c'est là...
18:28Combien d'administrations
18:29sont passées à quoi ?
18:30Dans la douleur d'ailleurs.
18:32La DINUM en 2020
18:33qui a dit à tout le monde
18:34qu'il fallait mettre par défaut
18:36le moteur Quant.
18:37Bon, là, je pense que les gens
18:39utilisent beaucoup, quand même,
18:40continuent beaucoup à utiliser Google.
18:41Surtout que maintenant,
18:42tu as un Gemini
18:42qui vient se rajouter là-dessus.
18:45Mais moi, je pense que c'est plus
18:47le signal.
18:48Parce que la chose,
18:49c'est de ne pas se dire
18:49« Est-ce que Compte est meilleur
18:50que Google ? »
18:51Non, Google est meilleur.
18:52Plein de choses.
18:55C'est de se dire
18:56« On est en train de travailler
18:57sur une souveraineté numérique. »
18:58Alors, comme le disait Philippe tout à l'heure,
19:01on s'y prend peut-être
19:0110-15 ans trop tard.
19:02Mais bon, se dire que peu à peu,
19:04on pousse des pions comme ça.
19:06On a eu l'histoire des satellites l'air
19:08avec les fréquences satellites,
19:10deux tiers des fréquences satellites
19:11qui vont être en orbite basse,
19:12qui vont être réservées
19:13à des opérateurs européens
19:15ou des start-up émergentes.
19:16Enfin, c'est en projet.
19:17Je trouve que peu à peu,
19:18on pousse des pions
19:19et puis on va finir par y arriver.
19:22Philippe, après Christophe.
19:24Vas-y, vas-y.
19:24Bon, Christophe, vas-y, vas-y, Christophe.
19:26Après Philippe.
19:26Non, mais moi, j'ai cru que c'était un canular.
19:28Parce que je me suis dit
19:29« Quant, tu veux,
19:32c'est une bataille,
19:33ils ont 15 ans de retard. »
19:34Je comprends la symbolique,
19:35j'entends ce que tu dis,
19:36mais je trouve que le symbole,
19:38justement,
19:39je pense que ça décrivit un peu la démarche.
19:41En plus, ce n'est pas du tout,
19:43dans la réalité,
19:43ce n'est pas obligatoire.
19:44Les gens vont pouvoir remettre
19:46comme c'était.
19:47Ça ne me paraît pas être la priorité.
19:52Si je devais pousser à l'utilisation,
19:54peut-être qu'il faudrait dire
19:55« Vous n'avez plus utilisé ChatGPT,
19:58vous devez utiliser Mistral. »
19:59Ça serait plus de sens, si tu veux.
20:01Parce qu'on est quand même
20:01sur des technos nouvelles émergentes
20:03sur lesquelles il y a encore de la compétition.
20:05Là, ça me paraît un peu surréaliste.
20:08Et je pense que ça va même nous desservir
20:09parce que l'expérience,
20:11tu le dis, c'est moins bon.
20:12Moi, je ne connais pas bien Quant,
20:13mais je pense que les gens
20:14ont leurs habits.
20:17Je ne suis pas un fonctionnaire européen.
20:19Non, mais juste par curiosité,
20:21technologique,
20:21tu devrais t'y mettre.
20:22Ils gardent moins d'historique.
20:23Voilà, voilà.
20:24Et puis, bon, bravo.
20:26Je pense que ça va faire un flop.
20:29Et je pense que ça desserre un peu
20:30plus qu'autre chose.
20:31C'est toujours avec Bing, Quant ?
20:32Parce que le moteur technique de Quant,
20:37pendant un moment, c'était Bing.
20:39Non, mais ça, c'est un premier point.
20:41C'est que la clé dans un moteur de recherche,
20:43alors il y a tout l'habillage,
20:45l'ergonomie, etc.,
20:47la protection du privé.
20:48Et ça, Quant a fait un travail
20:50tout à fait louable.
20:51Mais le nerf de la guerre,
20:52c'est le moteur.
20:53Et le moteur, c'est l'index.
20:54C'est-à-dire la capacité
20:56d'aller indexer le web proprement.
20:57Et pendant très longtemps,
20:58Quant avait un accord
20:59avec Microsoft sur Bing
21:01qui a été...
21:02Ça, c'est à cause de Christophe,
21:03j'en suis sûr.
21:05Oui, ça a rapporté beaucoup d'argent.
21:09Ce contrat a été dénoncé ou modifié.
21:11Donc Quant, aujourd'hui,
21:12est allié, je crois d'ailleurs,
21:13à un de ses concurrents français
21:15qui est devant lui,
21:15qui est Ecosia.
21:16Parce que, on peut rappeler les chiffres,
21:17Quant, c'est 0,92%
21:19de part de marché en France.
21:21Ecosia, c'est pas les Allemands ?
21:22Oui, c'est peut-être les Allemands,
21:23pardon, j'ai dit une bêtise.
21:24Ecosia, c'est 1,29%.
21:26Ils ont signé un accord avec Ecosia.
21:27Mais ils sont en train
21:27de construire un index commun,
21:30mais qui n'est pas encore complet.
21:32Ça veut dire que c'est moins efficace,
21:33ça marche moins bien.
21:35Peut-être.
21:36Moi, toujours en termes de chiffres,
21:37parce que pour moi,
21:38il n'y a que ça qui compte à la fin.
21:39Ce qui serait intéressant,
21:40c'est d'avoir une publication
21:42par le Parlement européen
21:44dans un an,
21:45de savoir combien,
21:46quel est le pourcentage
21:47effectif d'utilisation.
21:48Parce que jusque-là,
21:49c'est comme si,
21:50à l'Assemblée nationale,
21:51on remplaçait le coca
21:52par une limonade artisanale
21:54à la buvette.
21:55Personne n'est obligé d'en boire,
21:56mais au moins,
21:56tout le monde comprend le message.
21:57C'est un message à ce stade.
22:00Il faudra qu'on regarde
22:00s'il a été suivi.
22:02Aujourd'hui,
22:03tu me posais la question
22:04est-ce que ça te salle compte ?
22:05Je te dirais
22:05que je n'utilise quasiment plus Chrome,
22:07je n'utilise Parflexity.
22:09Je suis passé à une autre génération d'outils.
22:12Je trouve que c'est symbolique,
22:17mais je ne suis pas sûr
22:18que ça sert.
22:19J'entends que c'est potentiellement
22:20un message,
22:21mais j'aurais préféré
22:22que ce soit sur des choses
22:23un tout petit peu plus
22:25dans la nouvelle vague
22:26des technologies.
22:27Oui,
22:27et puis moi,
22:28je reviens toujours
22:28à mon histoire des 27 pays.
22:30Bon, tu as Ecosia
22:30qui est allemand.
22:31Ils ont signé,
22:31ils sont alliés avec Comte
22:32pour faire un moteur
22:33qui s'appelle Stan.
22:34Mais tu as Metagir aussi,
22:36ou Metagir,
22:36enfin en Allemagne.
22:37Les Pays-Bas,
22:38ils ont aussi un moteur de recherche.
22:40Enfin, tu vois,
22:40tout le monde,
22:40ils vont dire
22:41pour qu'on prend Comte,
22:42là aussi,
22:43il va falloir voir
22:44comment tout ça se...
22:44Il y avait un truc
22:45qui s'appelait Exalide aussi,
22:46à l'époque,
22:46ça n'existe plus.
22:47Exalide,
22:47ça a été racheté
22:50par Dassault Systèmes.
22:51C'est un moteur de recherche,
22:52oui.
22:52Oui,
22:53c'était un moteur de recherche,
22:55mais en fait,
22:55c'était un moteur d'indexation
22:56extrêmement puissant
22:57et Dassault Systèmes
22:58l'a acheté
22:58pour faire de l'indexation.
23:00C'était plus de l'intranet.
23:00Les anciennes d'Exalide,
23:02alors François Bourdon
23:03qui est resté chez l'Asso,
23:04je ne sais pas où il est aujourd'hui,
23:05mais les anciennes d'Exalide
23:06sont ceux qui ont monté
23:07Dataiku.
23:08OK.
23:09Enfin, toute la bande.
23:10Là encore,
23:11on se rend compte
23:11qu'on avait les talents finalement,
23:13si on avait appuyé
23:14sur le bon bouton
23:15au bon moment.
23:15Attends,
23:16ce que dit Frédéric
23:16et moi me semble
23:18hyper pertinent,
23:19c'est...
23:20Pour une fois ?
23:20On avait...
23:20Mais non,
23:22parce que Frédéric va...
23:23Au fond,
23:23il n'a pas touché.
23:25Non mais,
23:25justement,
23:26on avait des talents,
23:27ils ont compris
23:27que c'était une bataille
23:28sur laquelle
23:29ce n'était pas la peine
23:30de continuer
23:31à envoyer des gens
23:32se faire massacrer
23:32et ils ont très intelligemment
23:35changé le terrain de jeu,
23:36les uns en partant
23:37sur de l'indexation documentaire
23:39très puissante en entreprise,
23:41les autres montant Dataiku,
23:42ils ont gardé cette fibre
23:44et cette compétence
23:45mais ils sont allés l'appliquer
23:46à des endroits
23:47où personne n'était encore allé.
23:49Et il y avait un concurrent,
23:50je suis en train de le chercher
23:51qui a été resté par Shops Vision,
23:53un concurrent français,
23:54c'était...
23:55De quoi ?
23:56De moteur de recherche ?
23:56D'Exalide.
23:58Moteur de recherche
23:59pour entreprise,
24:00Exalide,
24:00c'était quand même pour entreprise.
24:01Et moteur de recherche,
24:02ça a eu des vies quand même,
24:03souvenez-vous d'Alta Vista
24:04qui à un moment a été...
24:05Cinecois.
24:06Cinecois.
24:07Cinecois.
24:07Cinecois.
24:08Mais Jean Ferré,
24:09exactement,
24:09qui est parti chez Microsoft
24:10après qu'il est revenu.
24:11Jean Ferré.
24:12Oui, Jean Ferré.
24:13D'accord.
24:14Très bien.
24:14Et qui...
24:16Je vois.
24:19Qu'il y a les belles montagnes.
24:21Stop.
24:23Non, parce que là,
24:23on va remonter
24:24dans l'histoire
24:25des moteurs de recherche
24:26jusqu'en 1945.
24:27Non, non, mais...
24:28Le premier moteur de recherche.
24:29Non, non, mais on avait
24:29deux très bons.
24:30Cinecois et donc Exalide.
24:32Exalide rachetée par ce système.
24:33Oui, oui.
24:34Et Cinecois a été rachetée
24:35par une très belle entreprise
24:36aujourd'hui
24:36qui s'appelle Shad Vision.
24:37D'accord.
24:38Oui, mais...
24:39Qui est un bon exemple
24:42de consolidation,
24:43d'acteur.
24:44Pour être un acteur...
24:44En Vision qui est un peu
24:45le concurrent de Palantir,
24:46finalement.
24:46Oui, et qui a cette ambition-là.
24:48Il a des brics
24:48sur la Palantir,
24:49des brics de cybersécurité.
24:50Le dirigeant,
24:51il est incroyable.
24:53Oh là là,
24:53mais que de savoir,
24:54que de connaissances
24:55sur ce plateau.
24:561940, c'était
24:57les pages blanches
24:57et les pages jaunes.
24:58Mais bien évidemment...
24:59On avait des moteurs
24:59de recherche.
25:00Bien sûr.
25:02Merci,
25:03en tous les cas,
25:04pour ce grand moment.
25:05Vous savez quoi ?
25:06On va marquer
25:07une petite pause
25:07et revenir
25:08pour cette deuxième partie
25:09du débrief
25:10de l'actu-tech
25:11dans Takenco,
25:12la quotidienne
25:12sur BFM Business
25:13avec toujours
25:14les maîtres
25:15Frédéric Simotel,
25:16Philippe De Vost
25:16et Christophe Olnette.
25:18A tout de suite.
25:19Merci d'être là.
25:23Takenco,
25:23la quotidienne
25:24sur BFM Business.
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