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  • il y a 9 minutes
Ce lundi 1er juin, François Sorel a reçu Cédric Ingrand, directeur général de Heavyweight Studio, Damien Douani, responsable de l'innovation de l'école Narrativ et fondateur de Topos, et Isabelle Bordry, fondatrice de Retency. Ils se sont penchés sur le record du montant des investissements en France grâce à l'IA, le triplement du budget européen pour le rattrapage de son retard dans les puces, et le rappel à l'ordre de Renault envers Verkor, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Le débrief de l'actu tech avec ce soir sur le plateau de Tech & Co, Isabelle Baudry.
00:10Salut Isabelle.
00:11Bonsoir François.
00:12Qui est fondatrice de Retency et Isabelle qui a été aussi à la tête de Yahoo Europe, c'était il
00:19y a quelques années.
00:19Un grand merci d'être là.
00:20Merci beaucoup.
00:21Isabelle, pour décrypter l'actu, à tes côtés aussi, on va dire, je crains le pire.
00:29Je vais dire un vétéran de la tech, mais ce n'est pas très sympa le vétéran de la tech.
00:33Quoique.
00:34Tu sais ce qu'il dit le vétéran.
00:36Je sais ce qu'il va me dire.
00:37Pas plus que toi.
00:38Parce que comme je le connais, on est quand même assez intime avec Cédric, il pourrait se servir de nom
00:43d'oiseau.
00:44Non, il restera correct dans l'ensemble.
00:45Oui, c'est vrai.
00:47Cédric, journaliste, spécialisé dans la tech, aujourd'hui producteur de podcasts.
00:52Merci d'être là, Cédric, directeur général de Heavyweight Studio.
00:54Et puis Damien Douani aussi qui est là.
00:56Salut Damien.
00:56Salut François.
00:57Responsable de l'innovation de l'école narrative et fondateur de Topos.
01:01Voilà, tous les trois, grâce à vous, on va décrypter l'actu tech de ce jour.
01:05Et on va commencer par ces chiffres.
01:0791 milliards d'investissements, c'est le résultat de cette neuvième édition de Choose France.
01:12La dernière d'ailleurs d'Emmanuel Macron.
01:14C'est près de 20 milliards de plus que l'an dernier.
01:17Un record porté notamment par l'explosion des projets liés à l'intelligence artificielle.
01:22Et on retrouve sur place Nathan Cocampo.
01:26A lui seul, 45 milliards d'euros d'ici à 2031 pour développer de puissants data centers dans les Hauts
01:32-de-France.
01:32La moitié donc de ce Choose France record et le premier à s'en réjouir, c'est le ministre de
01:37l'économie Roland Lescure.
01:38C'est le résultat d'un travail exceptionnel.
01:40Le président de la République était à Tokyo.
01:41J'étais dans la salle où il a convaincu le président de Softbank, qui est aussi son créateur, de s
01:47'intéresser à la France.
01:48Il voulait investir beaucoup d'argent aux US, dans les data centers.
01:51Le président lui a dit, regardez la France.
01:53Pendant deux mois, on a travaillé très fort.
01:55On a montré des projets.
01:56Ils ont investi d'ores et déjà dans un projet qu'ils annoncent aujourd'hui.
01:59Ils veulent aller plus loin, 45 milliards.
02:01Et pas seulement dans des centres de data, mais aussi dans des usines qui vont fabriquer ce qu'on appelle
02:05des stacks,
02:06qui vont eux-mêmes permettre de créer des centres de données.
02:08C'est toute la chaîne de valeur qu'on investit.
02:10On est très content de le faire.
02:11La France s'attire surtout dans la tech, donc par son nucléaire décarboné, par sa stabilité aussi face à une
02:17Amérique pleine de surprises.
02:18Le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield investit de nouveau 10 milliards de dollars en France,
02:23dans un data center géant, à nouveau dans les Hauts-de-France.
02:26Ardian et sa filiale britannique Verne annoncent 5 milliards d'euros pour créer un campus d'infrastructures IA près de
02:33Paris.
02:34L'américain Marat a lui eu le coup de cœur pour une pépite encore méconnue il y a quelques mois.
02:39Exaillon, filiale d'EDF, spécialiste de la blockchain et des data centers, une porte d'entrée pour se développer en
02:45Europe.
02:46Écoutez Frédéric Thiel, le PDG de Marat.
02:51Si l'on regarde le monde d'aujourd'hui, il devient très fragmenté.
02:54Et l'Europe devient beaucoup plus indépendante des Etats-Unis.
02:57Elle doit construire sa propre infrastructure avec ses propres champions technologiques.
03:01Et nous pensons que la France est le pays idéal pour cela, car il dispose d'une excellente énergie, très
03:05verte, et d'excellents ingénieurs.
03:07C'est l'un des meilleurs endroits pour commencer avant de s'étendre au reste de l'Europe.
03:12Un neuvième Choose France, peut-être le dernier, tourné vers l'IA et les data centers.
03:16Avec cette question, est-ce que Choose France était une simple vitrine,
03:19ou bel et bien un véritable moteur d'attractivité pour la France ?
03:23Voilà des chiffres qui donnent le tournis.
03:26C'est vrai que d'habitude, ces dizaines de milliards, on les commente aux Etats-Unis ou en Asie.
03:32Mais là, en Europe, c'est rare d'avoir ces dizaines de milliards.
03:37Enfin, 75 milliards de SoftBank à terme, c'est énorme.
03:4091 milliards en tout.
03:42Rappelons que SoftBank, c'est une machine à investir.
03:47ARMCE, par exemple.
03:49Enfin, ils ont beaucoup, beaucoup de startups.
03:52ByteDance, WeWork.
03:53Alors, WeWork, c'est un peu moins de marché maintenant.
03:55Uber, par exemple, c'est eux aussi.
03:57Enfin, ils ont beaucoup, beaucoup de sociétés dans lesquelles ils investissent beaucoup d'argent.
04:03Et donc, voilà, je voulais avoir votre point de vue là-dessus.
04:05Est-ce que, bon, on est d'accord, c'est un signe positif, tout ça Isabelle ?
04:09Bien sûr, et puis ce que disait effectivement la personne interviewée là dans le commentaire est extrêmement positif.
04:16C'est des financiers qui expliquent que la France est un pays absolument essentiel lorsque l'on veut investir sur
04:22le marché européen,
04:23qui est bien sûr un énorme marché.
04:26C'est un marché essentiel parce qu'il est reconnu pour la qualité de ses ingénieurs, mais aussi pour la
04:31qualité de son énergie.
04:33Donc, tout ça est effectivement extrêmement positif.
04:36Et puis, ces chiffres, alors moi, je redoutais, je craignais que Mistral ne soit pas, il était l'année dernière,
04:43vraiment une de tous France.
04:45Il est un peu moins satané alors qu'il cherche désespérément beaucoup d'argent,
04:49puisque Arthur Manch disait qu'il avait besoin de 100 milliards pour continuer à développer Mistral.
04:56On n'entendait pas beaucoup parler de Mistral aujourd'hui, je le vois sur ces images.
04:59Donc, j'espère qu'il fait aussi partie du casting de Macron et des investisseurs.
05:07Cédric, donc beaucoup d'argent.
05:09Alors, ces chiffres, il y a pas mal de marketing derrière tout ça, parce que ce sont des projections sur
05:15plusieurs années.
05:17Mais ce qui est intéressant, c'est que notamment SoftBank a choisi la France pour une raison bien précise,
05:23c'est pour l'énergie, l'énergie qui coûte moins cher et qui est abondante.
05:27C'est intéressant, souvent, à Choose France, on annonce des investissements industriels
05:30qui sont en fonction de plein d'atouts de la France sur la qualité de nos ingénieurs,
05:35sur aussi des côtés purement géographiques, plaque tournante de l'Europe, excellent système logistique, etc.
05:41Là aussi, on est en train de jouer sur des avantages quand on parle de l'IA,
05:44c'est-à-dire un réseau électrique, nucléaire, bas carbone,
05:47et puis du foncier industriel assez disponible.
05:50En fait, c'est intéressant, parce qu'on a l'impression que la France est en train de trouver son
05:53nouveau pitch tech.
05:54Pendant des années, on disait Startup Nation.
05:56Bon, on sentait que parfois, il y avait un petit décalage par rapport à la culture locale.
06:00Aujourd'hui, on fait EDF avec des GPU, ça, c'est un truc qu'on comprend, tu vois.
06:04Déployer des choses industrielles sur 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, avec des investissements lourds,
06:09ça, on sait faire en France, et ça se voit aussi au niveau international.
06:12Damien ?
06:13Ce qui est amusant, c'est de se dire que le parc industriel,
06:16qui remonte quand même au général de Gaulle,
06:17qui aurait pu le prédire, qu'aujourd'hui, ça ferait tourner de l'IA.
06:21Donc ça, c'est intéressant.
06:22Ce qui me gêne un tout petit peu dans tout ça, c'est deux choses.
06:23D'abord, c'est que, Isabelle le disait, c'est que, typiquement, Mistral n'est pas forcément présent,
06:28mais en gros, il y a beaucoup d'investissements annoncés,
06:30mais finalement, pour les autres.
06:32C'est-à-dire, en gros, on est une plaque tournante,
06:34on a beaucoup d'infrastructures, comme tu le disais, Cédric,
06:37mais est-ce qu'il y a vraiment beaucoup d'acteurs français qui vont en tirer parti ?
06:41Est-ce qu'il va y avoir cette logique de ruissellement,
06:44parce que les grands acteurs vont arriver, donc il va y avoir d'autres choses ?
06:46Bien sûr que ça va servir à l'emploi, à beaucoup de choses.
06:49Mais, globalement, j'ai quand même l'impression que...
06:49On parle de 15 000 emplois en tout, hein ?
06:51Bien sûr, mais j'ai quand même l'impression toujours que, voilà,
06:54on accueille, et c'est très bien, beaucoup d'investissements.
06:56Est-ce qu'il y a beaucoup d'acteurs français ou de champions français
06:58qui vont en tirer parti ? Je ne sais pas, je n'ai pas le point.
07:01Il y en a qui vont le faire immédiatement.
07:03Schneider Electric va construire une usine
07:05pour arriver à servir les nouveaux d'adressants.
07:07À nouveau, tu vois, c'est industriel.
07:10Je me suis amusée à regarder les annonces de l'année dernière,
07:18pour regarder où ça en était, en fait.
07:20Parce que l'année dernière, on était aux alentours de 50 milliards
07:22ou de 60 milliards qui étaient annoncés,
07:24avec un campus qui devait être,
07:27et qui doit être une zone de calcul très forte,
07:31dans lequel il y avait des Qataris qui ont investi
07:33aux côtés de Mistral.
07:34Et effectivement, ça avance.
07:37Aujourd'hui, les permis de construire ont été donnés.
07:40D'ailleurs, je crois qu'il y a une première pierre
07:41qui a été posée aussi, alors symbolique, j'imagine,
07:44histoire de tenir la promesse de l'annonce
07:46qui avait été faite l'année d'avant.
07:47Dans les Hauts-de-Seine, 12 bâtiments doivent être construits,
07:509 doivent être construits d'ici 2030, donc ça avance.
07:52Il y avait aussi Microsoft qui avait annoncé
07:554 milliards d'investissements,
07:57avec le déploiement de 25 000 puces
08:00dans leur data center.
08:02Et là aussi, ça a été fait.
08:03Donc effectivement, il y a ces effets d'annonce.
08:06Alors il y a, bien sûr, sûrement de la casse.
08:08Et je crois que l'année dernière ou l'année d'avant,
08:10il avait été annoncé aussi un déploiement
08:12d'une méga structure de panneaux solaires.
08:15Et on sait qu'aujourd'hui, les panneaux solaires
08:16n'ont plus vraiment la cote.
08:17Donc à la limite, ça vaut mieux que ça n'a pas fonctionné.
08:20Donc il y a toujours un peu de casse.
08:22Mais toutes ces annonces continuent à avoir des réalités
08:25et ont des réalités.
08:26Donc c'est extrêmement positif pour le marché français.
08:28Et comme tu l'évoquais tout à l'heure,
08:30je pense qu'il y a un vrai effet rois-cilement.
08:32Donc c'est un moyen d'investir et de faire investir
08:35des grosses sociétés internationales
08:37qui après bénéficient non seulement à l'emploi,
08:40mais aussi à Schneider, à Mistral
08:43et à tout un tas de start-up,
08:44dont certaines d'ailleurs parlaient tout à l'heure
08:46lors de l'émission de Stéphanie.
08:49– Alors ce qui est intéressant, c'est que tous ces investisseurs étrangers
08:53apprécient aussi le fait que l'administration française
08:56est très favorable au développement des infrastructures IA.
08:59Donc il doit y avoir des procédures d'accélération,
09:01d'autorisation, de réglementation, etc.
09:05et que finalement, ça crée des emplois.
09:09Ça aussi, c'est pas mal.
09:10On l'a évoqué tout à l'heure,
09:11mais on a des projections qui évoquent 16 500 emplois.
09:17– Oui, parce que c'est de l'immobilier,
09:19c'est du réseau, c'est de l'énergie,
09:21c'est du foncier, de l'administratif,
09:23c'est du briquet de mortard.
09:24– En gros, si on laisse le logiciel de côté,
09:26il y a tout le reste, c'est ça.
09:28C'est pas mal déjà.
09:29– Et après, ça met fin à cette rengaine
09:31qu'on entend de plus en plus souvent,
09:33qui est l'IA va détruire des emplois.
09:35Et effectivement, c'est quelque chose qui revient en permanence.
09:38L'IA va transformer une partie de nos postes,
09:41de la manière dont on travaille,
09:43va transformer la manière dont on devient
09:45la productivité des entreprises.
09:48Et parce qu'elle crée de la productivité,
09:50elle va forcément créer de l'emploi à un moment donné.
09:53Maintenant, lesquels, on va voir.
09:55Mais je trouve que cette annonce
09:56IA plus 15 000 emplois
09:58est extrêmement positive
10:00dans ce contexte où il y a de plus en plus de monde
10:03qui s'irrite sur la montée en puissance de l'IA.
10:06Et d'ailleurs, pas qu'en France, aux Etats-Unis aussi.
10:08– Après, il n'y a pas que ça.
10:09Il y a quand même du...
10:10Je vais regarder des entrepôts Amazon aussi
10:14qui sont compris dedans.
10:16Il y a pas mal de trucs.
10:17On mélange quand même beaucoup de trucs.
10:18– Oui, oui, bien sûr.
10:19– Il n'y a pas que la tech.
10:20– Après, je pense que le point
10:22qui se retire de ça,
10:24c'est comment la France veut se positionner
10:25dans la chaîne de valeur de la technologie et de l'IA.
10:28Et de l'industrie, finalement.
10:29Parce qu'on n'arrête pas de dire
10:30la France est désindustrialisée.
10:31Comment on se réindustrialise ?
10:32Comment on joue cette carte-là ?
10:33Comment on rebondit sur peut-être
10:35une nouvelle forme d'industrialisation ?
10:37Et comment on se positionne
10:37dans cette chaîne de valeur ?
10:39Est-ce qu'on est juste finalement...
10:40C'est déjà pas mal !
10:40Un provider,
10:42quelqu'un qui va être un facilitateur
10:45de réseaux, d'énergie, etc.
10:47Est-ce qu'on va prendre partie de ça
10:48pour arriver à relancer un truc ?
10:50Voilà.
10:50Moi, je pense que le vrai point d'interrogation,
10:51pour moi, il est là.
10:52Pour voir comment on va arriver à terme,
10:54à aller plus loin.
10:55Après, il se pose aussi la question,
10:56aujourd'hui, on est en...
10:58On appelle ça en surcapacité énergétique.
11:01Bon, c'est ballot,
11:02on a fermé Fessenheim.
11:04Mais justement, la question,
11:05c'est est-ce que les politiques
11:06vont se demander
11:06s'il n'y a pas une vraie raison,
11:08plutôt une vision industrielle
11:09qu'il faut avoir ?
11:10Et ça peut être ça aussi.
11:11Bref, je pense qu'il y a des éléments.
11:12Ce que je constate juste,
11:13c'est qu'on n'a pas vu d'annonce,
11:15pour l'instant,
11:15mais ce n'était pas le lieu ni l'endroit,
11:16pour justement,
11:17c'est quoi la vision politique
11:19pour, on va dire,
11:21véritablement donner un nouveau souffle
11:23peut-être industriel à la France,
11:24que je le rappelle,
11:24ne serait-ce que l'énergie,
11:26c'est quelque chose
11:26d'un programme qui est vieux
11:27de 40 à 50 ans.
11:30Alors, voilà pour ce Choose France.
11:32Lied à tout ça,
11:33c'est l'Europe qui a annoncé
11:36vouloir tripler la mise
11:38de ses investissements
11:39dans les puces,
11:40ce fameux Chipt Act
11:41qui avait été annoncé en 2023,
11:43vous le savez.
11:44À l'époque,
11:45on était à un peu plus
11:45de 40 milliards de dollars,
11:47je ne sais pas,
11:47de 2 euros, pardon,
11:48je ne sais pas si vous vous en souvenez,
11:48mais il y avait plein d'annonces
11:50aussi de partenaires privés.
11:51Il y avait notamment Intel,
11:53qui, à l'époque,
11:54était encore un peu flamboyant,
11:56aujourd'hui,
11:57il est un peu moins,
11:58et Intel avait annoncé
11:59vouloir mettre sur la table
12:0030 milliards d'euros
12:01en France,
12:02enfin, en Europe d'ailleurs,
12:04pas qu'en France,
12:04et d'ailleurs,
12:05la France était un peu
12:06le parent pauvre
12:06de ses investissements
12:07parce qu'il n'y avait
12:08que la R&D d'Intel,
12:09et je crois qu'en Italie,
12:10il y avait une grosse usine,
12:11enfin, il y avait pas mal de choses,
12:12sauf que tout ça
12:13est tombé à l'eau.
12:15On va dire que
12:16le climat politique
12:17a changé aussi,
12:18il y a eu une espèce
12:19de prise de conscience
12:21et d'électrochoc
12:22de la part de l'Union Européenne,
12:24et visiblement,
12:25alors tout ça est à prendre
12:26avec des pincettes,
12:26mais l'Union Européenne
12:28serait sur le point
12:29d'investir 120 milliards d'euros
12:32dans la fabrication
12:33de puces,
12:34et avec un projet
12:36assez intéressant
12:37de 30 milliards d'euros
12:38pour créer une usine
12:40de semi-conducteurs
12:41en 3 nanomètres.
12:42Et je vous rappelle
12:43que le 3 nanomètres,
12:44nous, on ne sait pas faire.
12:45On part de loin.
12:46On part de loin.
12:47ST Micro,
12:47qui est, on va dire,
12:48le plus platformant
12:52dans ce domaine-là,
12:53est à 22 nanomètres.
12:54Donc voilà,
12:55le nanomètre,
12:56je vous rappelle
12:56que plus c'est petit,
12:57moins ça consomme d'énergie,
12:59moins ça chauffe,
12:59etc., etc.
13:01Je crois que TSMC,
13:02ils sont à 1 nanomètre
13:03aujourd'hui.
13:04Alors en fait,
13:04personne n'est à 1 ou à 3,
13:06mais c'est une espèce
13:06de repère mathématique
13:07qui n'est pas vraiment
13:08dans la progression
13:10de l'échelle.
13:12Pour l'instant,
13:12c'est un peu un vœu pieux.
13:13Enfin, ce n'est pas un vœu pieux
13:14parce qu'il y a un chéquier
13:15derrière.
13:16Donc déjà,
13:16c'est quand même
13:16extrêmement rassurant.
13:17Évidemment,
13:18on n'est pas dans
13:18la même vélocité
13:20que les investissements
13:21qu'on voit en Asie
13:22ou aux Etats-Unis,
13:23mais il y a un aspect
13:24de recherche de stabilité,
13:25en fait.
13:26Parce qu'on est face
13:27à un allié américain
13:29qui est allié le lundi,
13:30le mardi,
13:31c'est compliqué,
13:31le mercredi,
13:32on rediscute,
13:32le week-end,
13:33on sera biboshe,
13:34etc.
13:34Et c'est reparti
13:35pour une autre semaine.
13:36Et puis,
13:37avec toujours
13:37ce point d'interrogation
13:38de Taïwan,
13:39avec TSMC en maître du monde,
13:41mais sur,
13:42pas des pieds d'argile,
13:43mais sur une île
13:44tellement convoitée
13:45par la Chine
13:45qu'on se demande
13:46combien de temps
13:47ça peut ou ça va durer,
13:48là où TSMC est un peu
13:49une espèce d'assurance-vie
13:50de Taïwan.
13:52Mais donc,
13:52il est de fait urgent
13:53d'avoir des ressources locales.
13:55On en a déjà,
13:56et on le rappelle souvent
13:57sur ce plateau,
13:58on a ASML en Europe.
13:59C'est-à-dire qu'il n'y a pas
14:00de puces de très haut niveau
14:01sans ASML,
14:02celui qui fait les machines,
14:04qui fait les moules,
14:05qui font les puces.
14:06Donc ça,
14:06c'est un asset
14:08absolument irremplaçable.
14:10Maintenant,
14:10il faut arriver
14:11à descendre
14:12dans tout le reste
14:12de la chaîne
14:13pour de fait
14:13arriver à faire
14:14des puces
14:15qui en plus
14:15vont garantir
14:16plein de choses
14:17sur la souveraineté
14:18des services
14:18qu'on mettra derrière,
14:19qui résoudraient
14:20plein de questions.
14:21Donc c'est impressionnant,
14:23c'est beaucoup de fonds.
14:25Reste à voir
14:25qui va le faire,
14:27comment et à quelle échéance.
14:28Et ça prend du temps,
14:29c'est ça,
14:29c'est ça.
14:30On fabriquait une usine
14:31à 30 milliards
14:32en Asie,
14:34c'est trois ans.
14:35En Europe,
14:36ça va prendre
14:36combien d'années ?
14:37C'est intéressant.
14:38Après, évidemment,
14:38tu pourras réagir Isabelle,
14:40mais visiblement,
14:40cet investissement
14:41servirait aussi
14:42à Mistral et Haye.
14:43On en parlait
14:43il y a un instant.
14:45Mistral pourrait
14:46récupérer des puces
14:47parce qu'il y a un projet
14:48que Mistral a annoncé.
14:50Il aimerait bien
14:51fabriquer ses propres puces
14:52IA.
14:53On est dans quelque chose
14:55de vertueux,
14:56de totalement souverain,
14:57qui est plutôt séduisant,
14:59je trouve.
14:59Oui,
15:00tu parlais d'ASML,
15:01ils ont un investissement
15:01Mistral.
15:02Ça fait bien.
15:03Donc là,
15:04il y a un duo
15:04qui est assez intéressant.
15:05Cette logique-là
15:06de TPU
15:09développé pour...
15:09Et ASML est sans doute
15:10la clé de cette usine.
15:11Exactement.
15:12Et comme tu le disais,
15:13ASML,
15:13ils savent faire les machines.
15:14Et les machines,
15:15il faut du temps
15:15pour les développer.
15:16c'est complexe,
15:17mais c'est un vrai asset
15:18parce qu'il n'y a pas 36
15:19qui s'affaire.
15:19Ce sont même les machines
15:20les plus complexes
15:21de l'histoire de l'humanité.
15:22Complètement.
15:23Donc il faut 4 ou 5,
15:25747 pour les transporter.
15:28Oui,
15:28c'est 250 000 pièces
15:30dont aucune ne doit tomber en panne.
15:32La machine a la taille
15:33d'un hangar,
15:34pour vous dire.
15:34Donc c'est sympa.
15:35Donc clairement,
15:36là-dessus,
15:36il y a un coup à jouer
15:37qui est intéressant.
15:37Après,
15:38effectivement,
15:38la question,
15:38c'est quelle est la stratégie
15:39industrielle
15:39que mette l'Europe
15:40derrière ça ?
15:41Parce que là,
15:41ça va être plutôt des puces,
15:42pas plutôt pour le grand public,
15:43mais plutôt pour du B2B,
15:45on va dire.
15:45On peut imaginer ça.
15:46Mais effectivement,
15:47l'idée de développer
15:48ou de reprendre
15:49certaines souverainetés
15:49sur les puces
15:50comme Google
15:50a fait qu'ils ont développé
15:51leurs propres puces
15:52pour leur IA,
15:53c'est vraiment pas idiot.
15:54Ce serait un vrai coup de booster
15:55pour un acteur
15:56comme Mistral.
15:58Bon,
15:59je n'ai pas eu l'impression
16:00que c'était ce degré
16:00de définition encore
16:01pour l'instant dans le plan,
16:02mais bon,
16:03si ça prend dans le bon sens.
16:04C'est intéressant,
16:05il y a une prise de conscience.
16:06C'est-à-dire que l'Europe
16:07a compris qu'il ne suffisait pas
16:08de subventionner l'offre,
16:09il faut arriver à créer
16:10de la demande.
16:11Donc tout à coup,
16:12là,
16:12on se pose la question
16:13du versant demande de ça
16:14en ayant justement
16:15des accords
16:15avec des acteurs locaux.
16:18Et puis,
16:19l'Europe a découvert
16:20que les semi-conducteurs,
16:21ça ne pousse pas
16:21dans les communiqués de presse
16:22et qu'avec les meilleures
16:24intentions du monde
16:24ou juste en essayant
16:25de créer des partenariats,
16:27c'était un peu compliqué
16:28et qu'à un moment,
16:28il fallait sortir le chéquier.
16:29Isabelle ?
16:30Cela dit,
16:30comme vous le disiez tout à l'heure,
16:31entre 22 nanomètres
16:32et 3 nanomètres,
16:34il y a des compétences
16:34et des talents
16:35qui n'ont absolument rien à voir.
16:37C'est un gouffre technologique.
16:38Et même tout à l'heure,
16:39on parlait de l'équipe de Mistral.
16:40L'équipe de Mistral,
16:41c'est des magnifiques ingénieurs
16:43mais qui font du logiciel aujourd'hui,
16:45qui ne font pas de hardware.
16:47Donc en fait,
16:48oui,
16:51des rangs stratégiques de l'Europe
16:53auquel tout d'un coup,
16:55il y a une réaction forte
16:56et plutôt positive
16:57qui est d'investir de l'argent.
16:59Maintenant,
17:00il faut recréer complètement la filiale.
17:01Oui,
17:02on a effectivement
17:03cette magnifique usine
17:05et qui est extrêmement performante.
17:07Mais maintenant,
17:07il faut imaginer les cartes,
17:09il faut les dessiner
17:09et il faut avoir
17:10les outils de gravure.
17:13Et aujourd'hui,
17:13il y a des très,
17:14très grandes difficultés,
17:15même pour les Taïwanais,
17:17d'investir aux Etats-Unis
17:18et de construire
17:19leur propre usine
17:20aux Etats-Unis
17:21parce que c'est d'une complexité
17:23absolument terrible
17:24quand vous avez
17:25des vibrations,
17:27des problématiques
17:28de densité de l'air.
17:30Enfin,
17:30tout devient absolument
17:33incroyablement difficile.
17:34C'est d'une précision chirurgicale
17:36dans des endroits
17:37avant d'imaginer une puce,
17:39déjà un,
17:40deux,
17:40de la dessiner
17:41et trois,
17:42de la produire.
17:43Il peut se passer
17:44beaucoup de temps.
17:45Alors,
17:45c'est extrêmement positif
17:46que l'Europe investisse.
17:48Maintenant,
17:48il faut sûrement aussi
17:50acquérir des talents,
17:51acquérir des savoir-faire
17:52pour faire en sorte
17:54que ça arrive
17:55le plus vite possible.
17:56Moi,
17:57ce qui me fait peur,
17:57c'est que quand on voit
17:59la machine
17:59qui fabrique des processeurs
18:01ou même à Taïwan,
18:03ils ont en fait
18:04autour d'eux
18:05tout l'écosystème
18:06qui fabrique ces puces.
18:07C'est-à-dire que c'est bien beau
18:08d'avoir une usine,
18:09mais si vous n'avez pas
18:11le gel de silicium
18:12qu'il faut
18:13pour graver ces puces-là,
18:15si vous n'avez pas
18:16tel composant,
18:17si vous n'avez pas
18:17tel chipset à côté,
18:19etc.,
18:19qui arrive facilement
18:21parce que vous en avez besoin,
18:23en fait,
18:23vous pouvez casser
18:24la chaîne de production
18:25très rapidement.
18:26Et la force de l'Asie,
18:27c'est qu'ils ont tout
18:27sous la main.
18:28Vous avez la chaîne d'air.
18:28C'est l'écosystème.
18:30L'usine où sont fabriqués
18:31les iPhones,
18:32vous avez tout
18:33à 50 kilomètres
18:34à la ronde,
18:35tout est prêt
18:36et les gars sont là,
18:36enfin,
18:37tous les fournisseurs,
18:38les partenaires
18:39sont là à côté.
18:40Absolument.
18:41Donc c'est tout un écosystème
18:42qu'il faut créer.
18:43C'est ça.
18:44Et aujourd'hui,
18:44on a des sociétés
18:45de microprocesseurs
18:47qui sont excellentes.
18:48On a Infineon,
18:49on a ST Microélectronique,
18:51mais qui sont dans des univers
18:52qui sont extrêmement différents.
18:54On parlait des 22 nanomètres,
18:55c'est-à-dire
18:55qui répondent
18:56à des objectifs
18:58de l'industrie automobile,
18:59ils répondent
19:00à des objectifs
19:01de la transition écologique
19:03sur les panneaux solaires.
19:05Mais c'est un monde
19:06totalement différent
19:07de celui aujourd'hui
19:08de l'IA.
19:09Donc reconstruire
19:10un écosystème,
19:10c'est le challenge.
19:12Il faut des investissements,
19:13mais il faut aussi
19:14des hommes,
19:14de l'expérience.
19:16Et c'est cet écosystème-là
19:17qu'il faut que l'Europe
19:18arrive à construire.
19:20Damien ?
19:21Moi, je rebondirai
19:21à ce que disait tout à l'heure,
19:22Cédric.
19:23Il y a un truc qui est intéressant,
19:24c'est quelque chose
19:25qu'on sait faire en Europe,
19:25c'est l'industriel,
19:27le brick and mortar car,
19:28la conception.
19:29Ça, on sait faire.
19:30On a raté tout
19:30ce qu'il fallait rater
19:31en logiciel
19:31à quelques exceptions près.
19:34Mais globalement,
19:35en revanche,
19:36du dur,
19:36ça, on sait faire.
19:37On est bon là-dedans.
19:38C'est notre culture.
19:39Donc je trouve intéressant
19:40de voir qu'il y a une volonté
19:41de repartir dans cette direction-là
19:42et de mettre de l'argent
19:43dans quelque chose
19:44où on est sur notre terrain de jeu.
19:45C'est notre zone de confort,
19:46c'est notre terrain de jeu,
19:47on sait faire.
19:47On mettra peut-être le temps,
19:48mais je suis assez confiant.
19:50Autrement,
19:50je me dis,
19:50on sait faire.
19:51Donc voilà,
19:52il va y avoir quelque chose
19:53d'intéressant
19:53qui va se développer là-dessus.
19:54Je serais plus à l'aise que ça
19:55que tu vas d'entendre,
19:56comme il y avait quelques années,
19:57l'éternel,
19:58on va faire le prochain Google !
19:59Des choses comme ça
20:00qui ne sont jamais arrivées
20:01et qui n'arriveront jamais.
20:02Oui,
20:02le prochain Google en Europe,
20:05ça a gagné quand même.
20:08Voilà en tout cas
20:08pour ces chiffres
20:09qui donnent le sourire
20:11en ces débuts de semaine.
20:12Ça fait plaisir.
20:13Franchement,
20:14entre chose France.
20:15Ça tombe bien,
20:15il y a une bonne séquence politique aussi.
20:16Ça tombe très bien.
20:18D'abord,
20:18il y a une bonne séquence politique,
20:19mais bon,
20:21oui,
20:21c'est vrai,
20:22c'est comme ça.
20:23Dans l'actualité,
20:24on va parler maintenant
20:26juste l'une des conséquences
20:28de cette volonté
20:29d'industrialiser la tech
20:31en Europe
20:32et notamment en France.
20:33C'est les débuts compliqués
20:34des gigafactories françaises
20:36de batteries
20:37qui ont été
20:39un peu le cheval de bataille
20:41du gouvernement
20:41il y a quelques années de cela,
20:42rappelez-vous.
20:44Voilà,
20:45on était en pleine électrification
20:46du parc automobile
20:48et il fallait,
20:49effectivement,
20:51fabriquer des gigafactories,
20:53plusieurs dans le Nord
20:54pour,
20:55en fait,
20:55satisfaire la demande
20:56des constructeurs européens
20:58en batterie.
20:59Alors,
21:00depuis,
21:00l'électrique a eu,
21:02on va dire,
21:02des hauts et des bas,
21:03pour ne pas dire que des bas,
21:04ça a été un peu compliqué.
21:06Mais malgré tout,
21:07aujourd'hui,
21:08c'est un peu compliqué
21:09le début de ces gigafactories
21:11parce qu'après ACC,
21:13c'est désormais
21:14Vercors
21:15qui inquiète.
21:15L'entreprise
21:16qui a inauguré
21:16sa première usine
21:17en décembre dernier
21:18accumule les retards
21:20de production
21:20et chez Renault,
21:21son actionnaire
21:22est pour l'instant
21:23unique client.
21:24On commence déjà
21:24à se tourner
21:25vers d'autres fournisseurs.
21:26C'est pas terrible.
21:27Justine Vasson
21:28nous explique tout ça.
21:30Vercors
21:30à un an et demi
21:31de retard.
21:32S'agace Renault,
21:33le constructeur
21:33qui attendait
21:34les premières cellules
21:35de la Gigafactory
21:35pour alimenter
21:36ses alpines
21:37a dû trouver
21:37un plan B
21:38et se fournir
21:39finalement
21:40chez le coréen LG.
21:41Lors d'un récent
21:42appel d'offres
21:43portant sur les batteries
21:44de son futur master,
21:45Renault n'a pas retenu
21:46la proposition de Vercors.
21:48Leurs prix sont trop élevés,
21:49nous dit-on,
21:49et l'écart de compétitivité
21:51avec d'autres producteurs
21:52de batteries européens
21:53s'est accru
21:54ces derniers mois.
21:55Cet appel d'offres,
21:56c'est un épiphénomène.
21:57Balay Vercors
21:58qui assure comme Renault
21:59d'ailleurs
21:59que les engagements pris
22:00entre les deux entreprises
22:02tiennent toujours.
22:03Vercors fournira bien
22:04les alpines A390,
22:06les Flexivan
22:07et les Scénic de Renault.
22:09Mais la start-up
22:10doit montrer
22:10qu'elle peut redresser
22:11sa trajectoire,
22:13insiste le constructeur,
22:14et donner des signaux forts
22:16en termes de gouvernance.
22:17Vercors relativise ses couacs
22:19et cherche de toute façon
22:20depuis plusieurs mois
22:21d'autres clients.
22:23La start-up dit aujourd'hui
22:24être en discussion
22:25avec plusieurs constructeurs.
22:27Voilà, c'est compliqué.
22:29C'est vrai qu'on ne sort pas
22:30une usine de batteries
22:33hyper sophistiquées
22:34en enclaquement de doigts.
22:35Ça prend du temps,
22:37ça prend du retard forcément.
22:39Après, il y a des choix stratégiques
22:41aussi qui ont été faits
22:41il y a quelques années
22:42qui évoluent.
22:44Parce que je ne vous apprends pas
22:45que la chimie des batteries
22:48évolue régulièrement.
22:49Là maintenant,
22:50c'est l'AFP
22:51qui est véritablement à la mode
22:53parce qu'il coûte moins cher.
22:55il a une densité énergétique
22:58plus importante, etc.
22:59Ce n'est pas ce qu'a choisi
23:00Vercors malheureusement.
23:01C'est du lithium.
23:02Eux, ils étaient
23:03sur un investissement industriel
23:04sur plusieurs années
23:05pour faire des batteries
23:06NMC
23:07qui sont encore une bonne partie
23:08du marché
23:09mais qui ne sont pas
23:11on va dire
23:11le cœur du marché
23:13d'entrée moyenne gamme
23:15et ce dont avait besoin Renault
23:17enfin tout à coup
23:18ce que Renault aimerait
23:19à cet instant.
23:20C'est ça.
23:20Je pense que c'est un problème
23:22de synchro d'abord
23:22entre le temps qu'il a fallu
23:24pour que l'usine soit prête
23:25le temps que l'usine
23:26monte en production
23:28à un moment
23:29ils vont finir
23:29par raccrocher les wagons.
23:31C'est exactement
23:31ce qui était arrivé
23:32à Northvolt
23:33souviens-toi
23:33il y a quelques mois
23:34où justement
23:35au moment où ils sont arrivés
23:36sur le marché
23:37ils avaient un produit
23:38qui était moins pertinent
23:39moins pertinent en prix
23:40alors après
23:41c'est vrai que c'est compliqué
23:41parce que pendant ce temps-là
23:42les prix continuent de baisser
23:43c'est-à-dire qu'on est passé
23:45en dessous de 100 dollars
23:47le kilowattheure quoi
23:48et puis voilà
23:49les usines asiatiques
23:50elles continuent
23:51de produire
23:53et de plus en plus.
23:54Donc forcément
23:54c'est compliqué pour Renault
23:55de dire non mais
23:56on voudrait les batteries françaises
23:57mais au prix de Shenzhen.
23:58C'est ça.
23:59Enfin on peut demander
24:00mais c'est forcément un peu compliqué.
24:00Vous pouvez me les faire
24:01un peu plus puissantes aussi
24:02pour ce même prix ou pas ?
24:03Non mais c'est-à-dire
24:03la batterie française
24:04c'est un peu comme le vin bio
24:05tu vois
24:05c'est pas mal
24:07mais on se demande
24:08pourquoi on a payé si cher.
24:09C'est ça.
24:12Donc ça les met
24:13dans une position
24:14de négociation compliquée
24:15en plus Renault
24:15est actionnaire de Vercors
24:17enfin voilà
24:17tout ça est un peu embriqué
24:18à un moment
24:19il va falloir qu'ils s'entendent
24:20l'enjeu là
24:21c'est un peu comme
24:21ce que disait Isabelle
24:22tout à l'heure
24:22c'est vraiment de recréer
24:24une filière industrielle
24:25parce que même en amont
24:26on est en train en France
24:27de rouvrir des mines de lithium
24:28on s'est aperçu que
24:29ah oui c'est vrai
24:29on avait oublié
24:30qu'on avait du lithium
24:31dans le sol
24:32parce que c'est un élément
24:33extrêmement courant
24:34jusque là on avait
24:35tu vois
24:35sous-traité l'extraction
24:36de ce genre de choses
24:37à des pays moins riches
24:38bon ben là tout à coup
24:39il y a vraiment
24:40l'opportunité de recréer
24:41des vraies filières industrielles
24:42bon là évidemment
24:43ça requête un peu au début
24:44on imagine
24:45qu'ils vont arriver
24:46à raccrocher les wagons
24:47oui c'est exactement
24:48la preuve de ce qu'on disait
24:49tout à l'heure
24:50où il ne suffit pas
24:51effectivement de décréter
24:53que tout d'un coup
24:53on crée un écosystème
24:54pour que ça marche
24:55absolument
24:56et là cette société
24:57qui fait aujourd'hui
24:58quelques dizaines de millions
24:59d'euros de chiffre d'affaires
25:00et qui a construit
25:01et investi 700 millions d'euros
25:03pour cette usine
25:05et bien en fait
25:05se bat face à des sociétés asiatiques
25:08qui ont un tiers
25:08du marché automobile
25:09qui pèse des dizaines
25:12de milliards
25:12je crois que c'est
25:12quasiment 50 milliards
25:14donc effectivement
25:15il faut un temps d'adaptation
25:17il faut de la montée
25:18en puissance
25:19et donc il faut que
25:20Renault patiente
25:21ou donne encore plus
25:22de moyens
25:23à sa filiale
25:24pour arriver
25:25à générer
25:25effectivement
25:26des produits
25:27qui à un moment donné
25:29seront compétitifs
25:29sur le marché
25:30c'est pour ça
25:31que les fonds d'investissement
25:31en général
25:32investissent
25:33dans plusieurs
25:35dans plusieurs sociétés
25:36et c'est peut-être
25:37ce qu'aurait dû faire
25:38aussi Renault
25:40juste une chose
25:40avant de te donner
25:41la parole Damien
25:43Renault est un peu
25:43fautif aussi
25:44parce qu'ils ont changé
25:45de stratégie
25:47on va dire
25:47de stratégie
25:48concernant la technologie
25:49des batteries
25:49qu'on évoquait
25:50il y a un instant
25:51ils avaient au départ
25:52choisi le NMC
25:53donc le nickel
25:53manganèse cobalt
25:55qui était validé
25:56donc à l'époque
25:57de la création
25:58de Vercors
25:58et puis aujourd'hui
25:59ils veulent du LFP
26:00parce que le LFP
26:01est moins cher
26:02fait baisser les prix
26:03des petits Twingo
26:04etc
26:05c'est pour les citadines
26:06qui descendent
26:06en dessous des 15 000 euros
26:08alors que la NMC
26:09est beaucoup plus chère
26:09en fait il y a un problème
26:10on parlait de l'Europe
26:11alors là
26:12il y a je pense
26:13un gros problème
26:13d'anticipation économique
26:16l'Europe a voulu faire en sorte
26:17que les constructeurs automobiles
26:18passent du gré ou de force
26:19à l'électrique
26:212035
26:21il n'y a plus de thermique
26:22donc déjà il y a eu
26:23cette volonté de se dire
26:24ok donc on va créer
26:25de l'usine
26:27Renault se dit
26:27très bien
26:27on va utiliser cette technologie là
26:29depuis on se rend compte
26:29que là
26:30les gens ne passent pas
26:31à l'électrique
26:31comme c'était prévu
26:32donc par conséquent
26:33on reporte
26:34l'échéance 2035
26:36les constructeurs disent
26:37vous êtes gentils
26:37mais nous voilà
26:38l'électrique
26:39ils n'en veulent pas
26:39donc on va continuer
26:40à faire du thermique
26:40ou de l'hybride
26:41à la rigueur
26:41donc déjà cet élément là
26:42qui est relatif
26:43assez ce choix de technologie
26:44à côté de ça
26:46effectivement on veut
26:46du moins cher
26:47Vercors c'est 30 à 40%
26:48de plus cher
26:49que l'équivalent chinois
26:50donc c'est quand même
26:51assez cher
26:51les constructeurs français
26:53enfin Stellantis
26:53et Renault
26:55aujourd'hui ont tous
26:56des partenaires chinois
26:56avec qui ils travaillent
26:57la nouvelle petite Twingo
26:58elle a été développée
26:59avec une société chinoise
27:01pour justement aller vite
27:02donc par conséquent
27:02il y a aussi des choix
27:03technologiques qui sont faits
27:04et pour finir
27:05il y a l'Europe
27:06qui se rendant compte
27:06que l'électrique
27:09ne vient pas par le haut
27:09du marché
27:10va passer par le bas du marché
27:11et donc développement
27:12de ce qu'ils appellent
27:12les Icar
27:12donc en gros
27:13des petites voitures
27:14pas chères
27:14d'où le relance
27:15de la Twingo
27:16la future 2 chevaux
27:17etc etc
27:18bref le retour
27:18de plein de petites voitures
27:19pas chères
27:20pour rentrer par l'électrique
27:21par le modèle urbain
27:22ce qui est loin d'être idiot
27:23qui est même très intelligent
27:24d'autant qu'il y a
27:25tous les modèles chinois
27:26les BYD etc
27:27qui arrivent à les prix cassés
27:29il faut arriver à rentrer
27:30sur ce marché
27:30donc pas cher
27:31donc par conséquent
27:32ils font des choix techno
27:32pas de bol
27:33Vercors
27:33c'est pas la bonne proposition
27:34donc on est un orthogonal
27:36voilà c'est pour ça
27:37qu'il faut à chaque fois
27:37avoir un catalogue de produits
27:38qui soit effectivement
27:39profond et important
27:41de manière à pouvoir
27:42proposer la meilleure offre
27:44sur le meilleur produit
27:44les ventes électriques
27:46ont absolument explosé
27:48sur le dernier mois
27:49et notamment avec les citadines
27:51donc il y a des ajustements
27:53voilà des ajustements
27:54de marché
27:54avec l'explosion
27:55du prix de l'essence
27:57aussi
27:57absolument
27:58avec le conflit en Iran
27:59et tout d'un coup
27:59le consommateur
28:01comprend l'intérêt de l'électrique
28:02notamment pour faire
28:03des petits trajets
28:04il y a de plus en plus
28:04de bornes de rechargement
28:05donc le marché en fait
28:07évolue et s'adapte
28:08et le consommateur
28:09comprend l'intérêt de l'électrique
28:10mais effectivement
28:11Vercors
28:12c'est des batteries
28:13qui normalement
28:13sont plus puissantes
28:14qui permettent
28:15plus d'autonomie
28:16qui émettent
28:17moins de carbone
28:18donc qui sont effectivement
28:19plus bio que bio
28:21et on s'aperçoit
28:22que le bio
28:23coûte cher
28:24si on fait un comparatif
28:25par rapport au vin
28:26ou par rapport à la nourriture
28:27aujourd'hui les français
28:28n'achètent pas vraiment bio
28:29en fait
28:30ils achètent efficace
28:31il reste une chose
28:32un argument quand même
28:33pour
28:34dans le calcul
28:35que les constructeurs
28:35sont forcés de faire
28:37la provenance
28:38de la batterie importe
28:39sur les subventions
28:40que tu pourrais avoir
28:41on a encore augmenté
28:42les subventions à l'achat
28:43en France
28:43mais ça dépend évidemment
28:44de la provenance
28:45du véhicule
28:46de sa batterie
28:46enfin de ses composants majeurs
28:48donc tout à coup
28:49l'argent que tu économises
28:50en allant acheter
28:51ta batterie
28:52chez CATL
28:52ou BYD à Shenzhen
28:53peut-être que tu vas le perdre
28:55sur le prix final
28:56de la voiture
28:56qui va se retrouver
28:57en brèche
28:58à d'autres modèles
28:59un peu plus européens
29:01et tout à coup
29:02un peu moins cher
29:03pour le consommateur
29:03donc c'est vraiment
29:04du billard à trois bandes
29:05en tous les cas
29:06c'est important
29:06d'avoir une alternative
29:07oui c'est sûr
29:08il y a d'autres usines
29:09je crois qu'il y a
29:10une usine aussi
29:12taïwanaise
29:12qui est en passe
29:12d'être ouverte
29:14toujours dans le nord
29:15qui elle aurait choisi
29:16une autre technologie
29:16de batterie
29:17qui sera un petit peu
29:18plus récente
29:18mais voilà
29:20on en reparlera
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