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  • il y a 3 jours
L’Education nationale est en plein effondrement, la France dégringole dans les derniers classements, et les ministres qui se sont succédés sont à court de solutions. Pour Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école, et fondatrice de la Fondation Kairos-Institut de France, les Français doivent retrouver la liberté de choisir la scolarité de leurs enfants : public, privé sous contrat, école libre ou instruction à domicile.

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Transcription
00:03Générique
00:12Chers spectateurs, bonjour.
00:14Pour notre Zoom d'été, nous allons parler de l'école, l'éducation nationale, avec Anne Coffinier.
00:20Anne Coffinier, bonjour.
00:21Bonjour, Ono.
00:21Anne Coffinier, vous êtes fondatrice et présidente de l'association Créer son école.
00:26Vous êtes aussi fondatrice de la Fondation Kéros pour l'innovation éducative, Institut de France.
00:32Alors, avant d'évoquer les perspectives pour l'élection présidentielle à venir,
00:39quelle évaluation peut-on donner à la Macronie alors que l'école en France sort d'un double quinquennat avec
00:46beaucoup, beaucoup de soubresauts ?
00:48Vous avez presque la réponse dans la question.
00:52La situation a empiré dans ces deux quinquennats.
00:55Bon, déjà, la France avait une situation de l'école qui n'était pas terrible.
00:59Mais là, ce qui a vraiment changé, c'est une sorte de désespoir généralisé des professeurs en particulier
01:08qui n'espèrent plus vraiment qu'une réforme soit possible de la base,
01:12à partir de l'éducation nationale, classiquement, par circulaire, etc., comme on fait d'habitude.
01:18Je ne crois plus du tout.
01:18Et beaucoup votent avec leurs pieds, en ce sens qu'ils scolarisent leurs enfants,
01:22en dehors de l'éducation nationale, comme ça se sait de plus en plus.
01:26Et d'autres encore partent à l'étranger, rentrent dans des dispositifs soit d'enseignement français à l'étranger,
01:33soit carrément de réseaux d'enseignement complètement privés à l'étranger,
01:37tellement que la situation est grave en France.
01:40Donc, il y a une urgence absolue à réagir, mais heureusement, il y a des solutions.
01:44Alors, je vois que quelles solutions nos candidats à l'Élysée l'an prochain devraient prendre en priorité ?
01:53Quel sujet doit être mis sur la table ?
01:55La liberté scolaire ?
01:58Revoir vraiment les fonctions et missions de l'enseignant ?
02:03La question des budgets ou de la revalorisation salariale,
02:06qui est demandée dans beaucoup de manifestations ?
02:08Quelle serait vraiment la priorité ?
02:10Quelle serait vraiment tout en haut du dossier et qui devrait être mis en premier lieu ?
02:13Alors, la première chose qui est la plus vraiment flagrante lorsqu'on fait le tour des hommes politiques,
02:17ce qui est mon cas, je fais ça à peu près toute l'année,
02:21c'est qu'ils n'arrivent pas à se rendre compte de l'importance de l'éducation.
02:24Ou plus exactement, ils considèrent que l'élection, ça ne se joue jamais sur la question de l'éducation.
02:29C'est leur idée, de base.
02:31Donc, ils font semblant de s'intéresser à l'éducation.
02:33Ils répondent, ils donnent quelques marqueurs d'intérêt,
02:36parce qu'ils savent quand même que les gens veulent qu'on s'intéresse à l'éducation,
02:38mais en réalité, ils ne le mettent pas du tout au centre de leurs propositions
02:41ou même de leurs efforts de réflexion.
02:44Ça, c'est le premier sujet qui est dramatique.
02:47Et pourquoi c'est comme ça ?
02:48C'est tout simplement parce que l'éducation, on dirait que ce n'est pas le seul sujet comme ça,
02:50mais en tout cas, l'éducation, c'est un sujet de temps long.
02:53Vous ne faites rien à moins de 15 ans.
02:54Et 15 ans, ce n'est pas l'horizon de la politique actuelle.
02:57L'horizon de la politique actuelle, c'est 18 mois.
03:00Donc, ce n'est pas intéressant pour eux de faire de vraies réformes.
03:02Ils font des réformettes, ils font plaisir à droite à gauche,
03:04et c'est comme ça qu'on est dans la situation de blocage actuel.
03:07Ça, c'est déjà le contexte actuel.
03:09Après, la deuxième chose, c'est qu'il y a plein de choses, évidemment, qu'il faut réformer.
03:13Il faut réformer la formation des professeurs, il faut réformer les programmes,
03:16il faut réformer les diplômes, il faut réformer les voies d'accès aux supérieurs,
03:21il faut réformer…
03:22Toutes ces choses-là sont sérieusement à réformer.
03:24Bien sûr, l'orientation, l'accompagnement des élèves, bon bref.
03:27Mais il y a bien un moment où il faut partir par un point principal.
03:32Alors, évidemment qu'il faut mieux payer les professeurs, ça va de soi.
03:35Mais il faut aussi les payer au prorata de ce qu'ils font vraiment.
03:39Vous avez des professeurs exceptionnels, et c'est un scandale absolu qu'ils ne sont pas mieux payés.
03:42Puis vous avez des professeurs fatigués, ou qui n'ont pas vraiment la vocation,
03:45et qui sont là par défaut.
03:47Et eux, ils touchent déjà beaucoup pour ce qu'ils font.
03:49Donc, je suis désolée de dire ça, ce n'est pas très plaisant,
03:51mais il y a un moment où il faut, que ce soit l'école publique ou ailleurs,
03:55il faut absolument que ceux qui mettent énormément d'énergie,
03:58qui sont force de proposition et qui soutiennent leurs élèves avec énergie,
04:01il faut qu'ils puissent être payés plus.
04:03Donc ça, c'est l'aspect financier.
04:04Sinon, pour moi, la réforme, la réforme fondamentale,
04:07celle qui est contournée par tous les hommes politiques,
04:09et pourtant c'est la seule qui changera quelque chose,
04:11c'est tout simplement de rendre aux familles la possibilité de choisir l'école.
04:16Aujourd'hui, ce n'est pas possible.
04:17Aujourd'hui, c'est le privilège d'une petite minorité.
04:19C'est-à-dire, soit vous êtes bien né dans les bons quartiers,
04:22vous avez ce qu'il faut comme il faut, et dans ce cas-là,
04:23vous pouvez aller dans l'école privée sous contrat,
04:25et si vous avez de l'argent ou que vous avez des besoins très spécifiques,
04:31vous allez dans l'école hors contrat.
04:33Sauf quelques rares cas d'exception, il y a quelques villes,
04:36il y a encore des écoles publiques qui fonctionnent,
04:37quelques arrondissements, quelques quartiers.
04:40Sinon, en réalité, vous êtes bloqués dans l'école publique,
04:44malgré vous, par défaut.
04:46Donc, la situation est simple.
04:47Si on veut à la fois faire une réforme qui tire vers le haut,
04:50au niveau académique, l'enseignement,
04:53mais aussi qui accroisse la justice de la situation,
04:57il faut donner le choix de l'école aux familles.
05:01Alors, certains me disent, oui, mais vous comprenez,
05:02on n'a plus d'argent.
05:03Mais justement, en fait, aujourd'hui,
05:04l'école privée coûte beaucoup moins cher que l'école publique.
05:07Donc, plus on laissera les gens aller dans l'école privée,
05:11si c'est leur choix, et plus on réduira la facture.
05:14On la réduira à minima de 50%.
05:16Et tout le monde le sait.
05:18Donc, pourquoi on ne fait pas ça ?
05:19Tout simplement parce qu'en France,
05:20la question de l'éducatif est une question ultra-idéologisée.
05:24Ce n'est pas une question traitée avec pragmatisme.
05:27Qu'est-ce qui marche ?
05:28Qu'est-ce qui est le moins cher ?
05:29Qu'est-ce qui est le plus respectueux des enfants
05:30et de leur potentiel ?
05:31Pas du tout.
05:32C'est, par principe,
05:34les enfants doivent aller dans l'école publique
05:36la plus centralisée, la plus monopolistique,
05:38la plus unifiée possible.
05:39Ça, c'est le principe, j'ai envie de dire, idéologique.
05:43Et par exception, parce que, historiquement,
05:45l'État n'était pas capable de faire suffisamment d'écoles,
05:47alors on accepte qu'il y ait quelques enfants
05:49dans le privé sous contrat.
05:51On essaie d'éradiquer au maximum le privé à la maison,
05:53comme on a éradiqué quasiment l'école à la maison.
05:56Et puis, il y a quand même une réalité qui résiste,
05:58c'est que l'école publique va tellement mal
06:00que les gens se précipitent dans l'école privée.
06:02Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
06:03Eh bien, on organise une pénurie.
06:05C'est-à-dire qu'en fait, il n'y a pas de place.
06:07Et quand il y a quand même tellement, tellement de demandes
06:10que ça finit par faire des ordres,
06:11qu'est-ce qu'on fait ?
06:12Eh bien, on ferme d'autorité des classes qui sont pleines.
06:14C'est ce qui se passe cette année.
06:15À Paris, par exemple, il y a des établissements
06:17qui ont des classes pleines, qui perdent le contrat.
06:20Et ce n'est pas qu'à Paris, c'est un peu partout en France.
06:22C'est-à-dire qu'on ne tient pas compte, en réalité,
06:24de ce que les familles veulent.
06:26C'est-à-dire qu'on ne tient pas compte de la demande.
06:28En fait, on crée une répartition d'un quart scolaire,
06:31des moyens financiers, des postes, etc.,
06:33à partir d'une politique de l'offre,
06:35c'est-à-dire à partir de ce que décide de faire l'État.
06:38Pourquoi ? Parce que c'est une approche idéologique.
06:40Plus les gens votent à leurs pieds,
06:43plus ils quittent le public pour aller dans le privé,
06:45et plus l'État sévit et limite les financements du privé.
06:49Voilà.
06:49Donc, j'ai envie de dire, la ligne pour sortir de cet impasse,
06:54franchement, elle est simple.
06:55Il faut juste un petit peu de courage.
06:57– Mais alors, les familles qui se tournent vers le privé,
07:01que ce soit sous contrat ou hors contrat,
07:03que cherchent-elles, ces familles ?
07:04Que cherchent-ils, ces parents ?
07:05– C'est facile.
07:06– Ou plutôt, que fuit-il, plutôt ?
07:08– Oui, enfin, ils cherchent finalement…
07:09– C'est comme ça que la question d'être orientée.
07:10– Ils cherchent des choses qui soient assez simples.
07:12D'abord, ils ne veulent pas d'absentéisme des professeurs.
07:15Donc, le moins de grèves possibles, le moins d'absences possibles.
07:17C'est la fonction un peu nounou.
07:19Ce n'est pas très glorieux.
07:20– Le ministre éphémère, Amélie Oudé Castérette,
07:21est la première à le dire.
07:22– Voilà, bon.
07:23Donc, ça, c'est la première chose.
07:24La deuxième chose, ils veulent aussi pouvoir avoir un interlocuteur,
07:28pouvoir parler un minimum, ne pas être tenu à bout de gaffe.
07:31Or, dans le public, c'est très compliqué en tant que parent
07:33de pouvoir faire valoir un point, quel qu'il soit.
07:36On vous explique que vous n'êtes pas compétent,
07:37on ne vous répond pas, etc.
07:38Dans le privé sous contrat, peut-être parce que vous payez,
07:40toujours est-il qu'on vous écoute un peu plus.
07:43Et donc, s'il y a un problème, vous arrivez à être entendus,
07:47au moins dans l'expression du problème.
07:49Ensuite, il y a la question de l'encadrement.
07:50L'encadrement, dans le privé, est beaucoup plus développé.
07:53Il est payé, d'ailleurs, par les OGEC,
07:54c'est-à-dire les structures qui gèrent, en fait,
07:58la structure de soutien à l'association qui gère l'école en question.
08:01Et ce personnel d'encadrement fait la différence.
08:04Il suit l'enfant, il évite le harcèlement au maximum.
08:07Il y a quand même des cas de harcèlement dans le privé sous contrat,
08:09mais c'est déjà mieux.
08:10Et il n'y a pas ce côté d'anonymat qui dessert beaucoup d'enfants
08:15qui ont le sentiment qu'après tout, personne ne les voit,
08:17qui n'existent pas, qui sont transparents.
08:19S'ils sont des matricules, ils ne comptent pas.
08:22Donc ça, c'est déjà la chose essentielle.
08:23Après, parfois, il y a un peu les valeurs évangéliques
08:26ou les valeurs religieuses,
08:27si c'est une autre religion que la religion catholique.
08:29Mais c'est assez subsidiaire dans la motivation des parents.
08:32Il faut bien le reconnaître aujourd'hui.
08:35– Et pour l'école du maire général,
08:38que faut-il améliorer dans la formation des enseignants, d'abord ?
08:44– Alors, dans la formation des enseignants…
08:45– Ça paraît être un des points les plus cruciaux.
08:48– Déjà, je pense qu'on va dans le bon sens actuellement,
08:51c'est-à-dire qu'il faut les recruter plus tôt.
08:52Ça ne sert à rien d'attendre Bac plus 5 pour les recruter.
08:55L'enseignement, c'est un métier de vocation.
08:56Donc en fait, il faut recruter vraiment tôt
08:59et faire une formation polyvalente de bon niveau,
09:01une sorte de multilicence, vous voyez ?
09:04Multilicence, au moins une bilicence si possible.
09:08Bien sérieuse, avec un très bon niveau.
09:11Et faire ensuite une sorte de voie d'excellence
09:14avec, à la clé, une rémunération très correcte.
09:17Ça existe dans d'autres pays, ça existe dans les pays scandinaves,
09:19ça existe en Allemagne.
09:20Pourquoi en France, on voit la question des enseignants
09:25comme une voie, finalement, non pas de garage,
09:27mais enfin une voie quelconque ?
09:28En Allemagne ou dans les pays nordiques,
09:30la sélection est très très forte.
09:32Donc ils ont de très très bons enseignants
09:34et c'est vécu, du coup, socialement
09:37comme un vrai métier de notable
09:40avec tout ce que ça a d'attraction, ensuite, derrière
09:43pour les meilleurs éléments des facultés.
09:47Donc c'est ça, recruter tôt
09:50avec un très bon niveau académique
09:52et ensuite payer bien à la suite.
09:55Après, il y a une deuxième chose aussi,
09:56c'est qu'on a un véritable problème dans la partie pratique.
10:00Notre système, aujourd'hui, ne s'est pas repéré
10:02les bons professeurs.
10:03Et donc, les gens qui sont maîtres de formation
10:06ou qui vont faire cours dans ce qui a succédé aux IUFM
10:10sont des gens qui, souvent, ont perdu vraiment
10:12la question de la maîtrise de ce que c'est l'enseignement
10:14à des élèves d'aujourd'hui.
10:16Je dis bien d'aujourd'hui parce que c'est assez différent
10:17des élèves d'il y a encore 5 ans ou 10 ans.
10:20Et donc, ils sont largement décalés
10:22par rapport aux besoins actuels.
10:23Donc il faut avoir des professeurs
10:25qui soient des professeurs excellents aujourd'hui
10:27et qui soient chargés de formation
10:29des professeurs de demain.
10:30– Est-ce que dans la formation des enseignants,
10:34on leur apprend toujours que l'essentiel,
10:37c'est la transmission et pas l'enseignement
10:41de valeurs morales, civiques
10:43ou on ne sait trop quelle valeur républicaine ?
10:47Ou est-ce qu'on leur apprend un peu comme des animateurs
10:51de classe plus que des maîtres avec l'autorité du maître ?
10:56Ou encore, est-ce qu'on leur apprend pas plutôt à jouer au psy ?
11:00Par exemple, Mathieu Grimpré, qui est professeur d'histoire,
11:02a écrit un essai intitulé Bullshit Bienveillance.
11:04Il explique que la bienveillance a tellement tué le métier d'enseignant
11:08qu'on leur apprend à jouer au psy.
11:10Et pendant ce temps-là, qui joue au prof ?
11:13– Est-ce qu'on n'a pas détourné un peu l'enseignante
11:16de sa première mission ?
11:17– Ça c'est certain, mais ce n'est pas forcément
11:19dans le cadre de sa formation que tout ça se passe.
11:21Regardez, en ce moment, il y a un certain scandale
11:24autour des directives qui sont données au correcteur
11:26des épreuves du baccalauréat.
11:28Vous avez des instructions qui incitent à être finalement
11:31très libéral sur l'orthographe, très libéral sur ci, sur la, sur le reste.
11:34Donc en fait, de faire d'un diplôme quelque chose de non-discriminant.
11:38Je ne dis pas discriminatoire, bien sûr, je dis non-discriminant.
11:41C'est-à-dire qui finalement ne sépare pas tellement les gens
11:44selon leur maîtrise de la langue, maîtrise du programme,
11:47maîtrise des notions.
11:49Donc il y a toutes sortes de directives absolument contradictoires
11:54qui sont adressées aux professeurs, que ce soit au moment
11:58de leur formation, que ce soit au moment de leur inspection,
12:00très important, que ce soit au moment des corrections d'épreuves.
12:03Et que ce soit aussi dans les notes qui accompagnent
12:06les nouveaux programmes.
12:07Vous savez, les programmes n'arrêtent pas de changer.
12:08Là, à la rentrée, quasiment tout le programme change
12:10pour le secondaire.
12:12Et donc on a des programmes qui changent sans arrêt,
12:14des éditeurs qui n'ont pas le temps de publier des choses
12:17avec un peu de recul, des professeurs qui s'épuisent
12:20à digérer les changements de programme
12:21et qui n'ont pas le temps de stabiliser des cours
12:25ou qu'ils soient très affûtés par rapport à un programme donné.
12:27Et puis on a des directives de programme
12:29qui sont de plus en plus intrusives dans la manière d'enseigner,
12:34qui infantilisent, qui chaperonnent de plus en plus les professeurs.
12:37Alors on a une situation très étrange parce qu'on a des professeurs
12:40dont la qualité a baissé, tout simplement parce que c'est les produits
12:43d'une instruction qui elle-même s'est dégradée
12:45dans ces 30 dernières années.
12:47Donc vous ne pouvez pas avoir des professeurs
12:48qui ont le même niveau intellectuel qu'auparavant.
12:51Ils ont d'autres qualités, mais enfin il y a en tout cas
12:52des choses qu'ils n'ont plus, ça c'est certain.
12:54Ils ont certainement peut-être plus de bienveillance
12:55ou plus d'attention à la variété des besoins des enfants.
12:58Mais en tout cas, ils ont une maîtrise intrinsèque
13:01des concepts et des programmes qui est dégradée.
13:05Et donc ce sont ces professeurs-là auxquels on demande
13:08de faire des miracles aujourd'hui.
13:10C'est compliqué.
13:11– C'est même un cercle vicieux parce que s'ils ont été mal formés
13:15par des maîtres qui eux-mêmes ont été mal formés,
13:18comment ils remédiaient alors ?
13:19Et puis surtout, il faudrait améliorer les programmes,
13:21mais qui peut les améliorer les programmes ?
13:23– Oui, alors il reste toujours une minorité qui peut faire le travail
13:25et puis on n'est pas obligé non plus d'être en vase clos en France.
13:28Il y a aussi des gens qui sont moins déformés que nous.
13:31C'est triste à dire, mais quand vous comparez par exemple
13:34le bac marocain et le bac français,
13:36mais le bac marocain est bien plus difficile que le bac français.
13:39Donc aujourd'hui, on est capable d'aller chercher
13:42des gens mieux formés que chez nous,
13:44dans entre guillemets nos anciennes colonies.
13:46C'est une réalité.
13:48Donc c'est bizarre comme idée pour la France
13:51qui se pensait le phare des nations,
13:52mais la réalité c'est qu'aujourd'hui,
13:53la plupart des professeurs n'ont pas toujours été très très bien formés.
13:57Maintenant, si on veut changer de logique,
14:00premièrement, on prend une minorité de professeurs capables,
14:02et il y en a plein évidemment de professeurs très capables,
14:04il y a quand même une grosse minorité de professeurs qui sont très bons.
14:06Mais le problème, c'est qu'il y a une assez grosse majorité
14:09de professeurs qui ne sont pas optimaux.
14:12Donc, on prend une minorité de professeurs très bons,
14:14on leur fait faire des programmes, des manuels
14:17et des livres du maître.
14:19Très important, c'est-à-dire comment on utilise le manuel,
14:21comment on corrige, etc.
14:24Aujourd'hui, avec l'IA, on peut aussi arriver à générer
14:27à l'infini des exercices d'application
14:30par rapport à des bons cours.
14:32Donc, on peut aussi donner une trame pour des professeurs
14:34qui seraient un peu fragiles, pour les raccrocher à des démarches,
14:38à des développements, à des cours qui sont très solides.
14:41Ce n'est pas idéal, mais ça permet de passer, quelque part,
14:45à une sorte de phase un petit peu avide.
14:47Donc, s'appuyer sur les minorités,
14:49s'appuyer sur des manuels très bien faits,
14:50des manuels du professeur très bien faits,
14:53s'appuyer sur l'IA.
14:54Alors, quand on dit l'IA, ça fait peur.
14:55Mais non, mais dans l'IA, il y a tout.
14:56Dans l'IA, on peut faire des manuels avec des batteries d'exercice
14:59à l'infini, avec correction intégrale,
15:02le tout complètement maîtrisé par rapport à un corpus,
15:05à des règles de rédaction, à des choses très exigeantes.
15:09Donc, ça peut nous aider à essayer de remettre
15:12le bateau France sur l'eau.
15:14Oui, c'est intéressant de parler de l'IA,
15:16l'intelligence artificielle.
15:18Selon vous, parmi les candidats, pour l'instant,
15:20déclarés ou pressentis,
15:23il y en a-t-il qui ont vraiment pressenti
15:25l'importance de l'IA ?
15:27Et y apporte-t-il une bonne réponse
15:30ou de bonnes propositions ?
15:32Sur ce sujet, moi, j'ai été consultée
15:34par à peu près tous les candidats actuels.
15:37Donc, ça veut dire qu'ils comptent
15:38s'y intéresser sérieusement.
15:40Et j'ai proposé des solutions,
15:41j'ai même amené des partenaires intéressants
15:43sur ce sujet, notamment sur l'enseignement professionnel.
15:46L'enseignement professionnel doit être intégralement,
15:48enfin, l'enseignement, la formation professionnelle continue.
15:51Ça doit être entièrement repensé.
15:53Aujourd'hui, il n'y a plus d'argent pour ça.
15:55Donc, ça part à droite et à gauche.
15:56Il y a eu beaucoup de gabegies
15:57autour de la formation continue.
15:59Et avec l'IA, on peut faire des choses
16:00vraiment puissantes, efficaces,
16:02qui permettraient aux entreprises
16:04de gagner en productivité
16:05et de valoriser aussi leurs collaborateurs.
16:08Donc, il y a des choses.
16:10Et comme c'est un sujet à la mode,
16:12si vous voulez, vous trouvez plus une oreille
16:13attentive sur les questions d'IA
16:14chez les candidats
16:17que si vous leur parlez d'École Libre.
16:19parce qu'ils résonnent par drapeau.
16:22Ils ne résonnent pas au fond.
16:25Par exemple, ils vont se dire
16:26« Est-ce que de parler d'École Libre,
16:27ça va m'apporter des points
16:29dans une phase de conquête du pouvoir ? »
16:30Oui ou non ?
16:32Voilà, c'est ça la question.
16:33Est-ce que je vais avoir l'air
16:34de m'occuper des riches
16:35si je parle d'École Libre ?
16:36Ah, je vais avoir l'air
16:37de m'occuper des riches.
16:38Alors que c'est précisément le contraire
16:39puisque je vais parler d'un système
16:40qui va me permettre
16:41de donner accès aux pauvres
16:43à l'école privée.
16:44Oui, mais vu de loin
16:45que pour quelqu'un
16:46qui résonne vite,
16:47on va me reprocher
16:49d'avoir l'air
16:49de m'occuper des riches
16:50puisque l'École privée
16:53d'après LFI
16:53est supposée être
16:54l'École des riches.
16:57Bon, vous voyez,
16:57donc au lieu de raisonner
16:58au fond,
16:59ils vont raisonner
17:00sur l'instrumentalisation politique
17:01et de communication médiatique
17:03qui va être faite
17:04sur leur positionnement,
17:05juste sur les thèmes.
17:07Je vais vous faire
17:07une petite comparaison.
17:08Lorsque j'étais diplomate,
17:09j'avais été absolument consternée
17:12parce que je m'étais rendue compte
17:14que je travaillais
17:15sur la Constitution européenne.
17:17Vous savez,
17:18le traité constitutionnel européen.
17:19Le traité de 2005.
17:19On appelait la Constitution européenne
17:22de manière exagérée.
17:24Et je m'étais rendue compte
17:25que la plupart des hommes politiques
17:27qui se positionnaient
17:28sur ce sujet
17:28n'avaient pas lu le texte
17:30qui n'était d'ailleurs
17:30pas évident à lire.
17:32Et de toute manière,
17:32ça ne les intéressait pas
17:33plus que ça
17:33parce que pour eux,
17:34la question c'était
17:35soit ils se mettaient
17:36dans le sens de l'histoire,
17:38soit ils étaient contre.
17:39Et donc bien sûr,
17:40il fallait être pour le progrès,
17:41il fallait être pour l'avenir,
17:42il fallait être pour le sens de l'histoire.
17:44Donc il fallait être
17:45pour la Constitution européenne,
17:47pour le traité constitutionnel européen.
17:48Et donc bien sûr
17:49qu'il fallait être
17:50pour le oui au référendum.
17:53Et même si point par point,
17:54il y avait des points
17:55qui étaient vraiment graves,
17:56y compris sur leur propre conviction,
17:58leur propre programme,
17:59ça n'avait pas d'importance
18:00parce qu'il n'y avait pas
18:01d'espace politique
18:02pour cette position-là,
18:03qui a une position de nuance.
18:05Là, c'est pareil.
18:07Il y a pas mal d'hommes politiques
18:08qui se positionnent
18:09et qui disent
18:09« Bon, qu'est-ce que je peux faire
18:10pour avoir l'air proche du peuple ? »
18:11Ah ben je vais parler
18:12d'école publique.
18:13Et je ne vais surtout pas
18:14parler d'école privée.
18:15Comme ça, j'aurai l'air proche du peuple.
18:16Oui, mais le peuple,
18:17le problème,
18:17c'est qu'il ne croit plus
18:18à l'école publique,
18:18il voudrait pouvoir
18:18aller à l'école privée.
18:20Ah ben oui, c'est embêtant
18:21parce que ma base,
18:22moi, homme politique de droite,
18:23ma base, c'est les bourgeois,
18:24justement,
18:25ils ne veulent pas ouvrir
18:25l'école privée aux autres.
18:27Ils n'ont aucune envie
18:27d'ouvrir l'école privée
18:28aux peuples
18:29et aux gens issus d'immigration.
18:31Parce qu'en fait,
18:32ils préfèrent la garder pour eux.
18:33Ah ben qu'est-ce que je fais ?
18:34Je vais faire semblant,
18:35je vais faire des grands discours.
18:36Donc je vais parler
18:37de la nécessité
18:38de revenir aux fondamentaux,
18:39de la nécessité
18:40de mieux payer les professeurs.
18:42Comme ça, ça fait bien.
18:42On sait jamais,
18:43il y a quelques professeurs
18:43qui peuvent voter pour moi.
18:45Je vais parler du fait
18:46qu'il faut revoir les programmes
18:47et aller à l'essentiel.
18:48Je vais parler du fait
18:50qu'il faut faire du français,
18:51des maths et d'histoire
18:53et arrêter de faire des matières
18:54un peu plus politisées en soi
18:56ou en tout cas
18:57qui empiètent sur l'éducation.
18:59Et je vais m'arrêter à ça.
19:01Parce que si je vais au-delà de ça,
19:03je prends un risque
19:04et je dois expliquer fortement,
19:06je dois en faire une priorité.
19:07C'est-à-dire que ça ne peut payer
19:09que si j'en fais une priorité
19:10dans ma campagne.
19:11Si dans ma campagne,
19:12j'explique que ça suffit
19:13qu'en France,
19:14on soit face à une situation
19:16scandaleuse
19:17où en réalité,
19:18les gens sont assignés
19:20à un destin scolaire
19:21dès la naissance.
19:23Si j'explique
19:24qu'en fait,
19:25maintenant,
19:25je vais rendre le pouvoir
19:26à chaque personne
19:26de choisir l'école de son enfant
19:28indépendamment
19:29de ses moyens financiers,
19:30de son éducation,
19:32etc.,
19:32si je ne prends pas
19:33le temps d'expliquer ça,
19:34les gens ne vont pas comprendre
19:35et ils vont me reprocher
19:36finalement de faire la politique
19:38des riches
19:38et de délaisser le peuple.
19:40Donc en gros,
19:40soit on en fait une priorité,
19:42on le met absolument
19:43au centre du programme
19:44et ça peut faire la différence.
19:45Et à mon avis,
19:46ça peut faire gagner
19:47un électeur,
19:48un président,
19:49un futur président,
19:50parce que,
19:50tout simplement,
19:51parce que ce terrain
19:51n'a jamais été utilisé
19:53et donc il y a une fraîcheur
19:54et à la fois,
19:55les gens dans leur corps,
19:56dans leur sang,
19:57dans leur tripe,
19:58ils savent que ce qui est
19:59en train de se jouer
19:59pour l'école,
20:00c'est catastrophique.
20:01Si vous voulez,
20:01les questions de relations
20:03internationales,
20:03même les questions
20:04d'immigration,
20:04même les questions
20:05de sécurité,
20:07on a l'impression
20:08qu'on n'y peut pas grand-chose,
20:09tandis que,
20:09où est-ce que je vais
20:10mettre mon enfant
20:10à la rentrée prochaine ?
20:12Est-ce que je vais pouvoir
20:13choisir,
20:13comme les autres,
20:14une école qui fonctionne encore ?
20:16Est-ce qu'il va pouvoir
20:17passer à des diplômes
20:18qui tiennent la route
20:18ou c'est des diplômes
20:19en chocolat ?
20:20Ça, c'est des questions
20:20concrètes.
20:21Et c'est des questions
20:22qu'un candidat courageux
20:24peut tout à fait arriver
20:25à prendre à bras-le-corps
20:26et avec ça,
20:27il peut faire la différence.
20:29Voyez-vous,
20:30indépendamment de questions
20:31de droite,
20:32de gauche ou de centre,
20:34voyez-vous des candidats
20:36ou même des hommes politiques
20:38et des potentiels futurs ministres
20:39qui ont une vraie vision
20:43de l'école
20:43et autre que tout ce que
20:44vous avez décrit,
20:45tous ces calculs
20:46court-termistes électoraux ?
20:48Oui.
20:48La vision,
20:49ce n'est pas le problème.
20:51Ils sont tous intelligents,
20:52ils ont tous compris
20:53ce qui se passait.
20:54Simplement,
20:55ils comptent les voix.
20:56Et ils comptent les voix
20:57avec le minimum
20:58d'effort possible.
20:58Si vous ne faites pas d'effort,
21:00il vaut mieux avoir
21:01un discours vague
21:01sur l'école publique
21:02et ne pas aborder
21:03l'école libre.
21:05Si, vraiment,
21:07vous voulez retourner la table,
21:09comme on dit
21:09dans l'expression actuelle,
21:11il va falloir vraiment travailler
21:12pour montrer, en fait,
21:13que c'est l'intérêt
21:14de chaque personne
21:16que de faire ce changement-là.
21:17Pourquoi c'est l'intérêt
21:18des plus pauvres ?
21:19Tout simplement
21:19parce qu'aujourd'hui,
21:20il ne leur reste que les écoles
21:21qui sont abandonnées
21:22par les plus riches
21:23et les plus informés.
21:24Donc, ils ont des espèces
21:25de voies de garage
21:26acertes, gratuites,
21:27acertes à côté de chez eux.
21:29Ça, c'est certain.
21:31Mais en attendant,
21:32ce n'est pas comme ça
21:32qu'ils vont arriver
21:33à donner un avenir
21:33à leurs enfants.
21:34Pour la plupart des cas,
21:35évidemment,
21:35il y a toujours
21:35des gens extraordinaires
21:36qui s'en sortent,
21:37où qu'ils soient,
21:37ça, c'est sûr.
21:38Mais il y en a beaucoup
21:39qui vont se perdre,
21:39qui seront harcelés,
21:40qui seront abandonnés,
21:41qui seront raquettés,
21:42qui seront déconsidérés
21:43tout simplement
21:43parce qu'ils n'ont pas
21:44le soutien auquel
21:44ils ont droit.
21:45Et ça, c'est un scandale.
21:46Et ça, c'est un abandon
21:47des plus pauvres
21:48et du corps social.
21:50Il n'y a pas de solidarité,
21:50il n'y a pas d'harmonie sociale
21:52tant qu'on joue comme ça.
21:53Donc ça,
21:53pour les plus pauvres,
21:54c'est à peu près évident.
21:55Mais là où les,
21:57comment dire,
21:59les bourgeois,
22:00pour faire simple,
22:01les plus riches
22:02ont tort de croire
22:03qu'ils n'ont pas intérêt
22:04à ouvrir le jeu,
22:04c'est qu'en fait,
22:06tout système
22:06qui n'est pas fécondé
22:07par un minimum
22:08de concurrence périclite,
22:09même Condorcet l'avait compris.
22:11Condorcet, en 1791,
22:12dans son discours
22:13sur l'instruction publique,
22:14explique que l'État
22:16a une école publique très bien
22:17et que cette école publique
22:18a besoin d'avoir
22:19une concurrence privée
22:21parce que si elle n'a pas
22:21de concurrence,
22:22elle va péricliter,
22:23elle va s'autosatisfaire,
22:25elle va croire
22:25qu'elle est parfaite
22:26et ainsi,
22:27elle deviendra
22:28de moins en moins compétitive.
22:29Or, en disant
22:30le concert des nations,
22:31les pays étrangers
22:32ne nous attendent pas
22:33pour se développer.
22:34Donc, si on n'est pas stimulé,
22:36on régresse.
22:37C'est vrai en matière d'éducation
22:38comme de partout.
22:39Donc, en fait,
22:41les bourgeois,
22:41comme on dit,
22:43ils ont besoin
22:44que toute personne
22:46avec de l'énergie,
22:47avec de l'ANIAC,
22:48que toute personne
22:49qui a envie de s'en sortir
22:50puisse s'en sortir
22:51indépendamment
22:52de son origine.
22:54Et aujourd'hui,
22:54ce n'est pas le cas.
22:55Il y a des domaines complets
22:56où les enfants
22:57sont laissés à l'abandon,
22:58géographiquement,
22:59mais aussi par type de situation.
23:00Je veux parler,
23:01par exemple ici,
23:01des enfants de l'ASE,
23:02l'aide sociale à l'enfance,
23:04l'ancienne DAS.
23:05Ces enfants sont abandonnés
23:06dans un état total
23:08de non-éducation,
23:11de non-soutien,
23:12de non-protection
23:12de l'enfance en danger.
23:13C'est un scandale
23:14qui nous retombera dessus.
23:16Un pays,
23:16c'est tous ses enfants.
23:18Ce n'est pas
23:18une petite minorité bien née.
23:20Et actuellement,
23:21on abandonne ses enfants.
23:22On abandonne aussi
23:23tous les enfants
23:24issus de la population
23:26qui est la moins fortunée.
23:27On abandonne aussi
23:28en grande partie
23:28les enfants issus
23:29de l'immigration.
23:30Donc on peut toujours
23:31leur reprocher des choses
23:31après coup,
23:32mais il faut déjà
23:32leur donner une école
23:33digne de ce nom.
23:34Le seul moyen
23:35d'arriver à redonner
23:36une chance à chacun
23:37et de faire un pays uni
23:38qui de nouveau
23:39se sent concerné
23:41par le destin
23:41des uns et des autres,
23:42c'est de donner le choix
23:43aux parents
23:44de choisir l'école
23:45de leur enfant
23:46et de faire en sorte
23:47que l'argent public
23:47suive en fait
23:48cette affectation,
23:49que l'école soit publique
23:50ou privée,
23:51c'est aucune espèce
23:51d'importance,
23:52de manière à ce qu'il y ait
23:53une saine émulation
23:54entre les écoles
23:55et que les parents
23:56se sentent
23:56avec la même possibilité
23:58pour leur enfant.
23:59Et ça recréera du lien,
24:00ça fera baisser aussi
24:01cette espèce
24:01de frustration sociale
24:02qui est aujourd'hui
24:03très forte
24:03et qui fait qu'on n'arrive
24:05plus à s'entendre
24:06et qu'il y a tellement
24:06de violence qui monte.
24:08S'il y a un projet
24:09qui est un projet
24:09à la fois,
24:10j'ai envie de dire,
24:11qui nous place,
24:12qui nous remet
24:13à notre position
24:14dans le concert des nations,
24:16qui réduit aussi
24:17à mon avis
24:21l'agressivité,
24:22l'expositivité,
24:23je ne vais pas dire
24:24le mot,
24:24de la nation actuellement,
24:26le fait qu'il y ait
24:26tant de tensions,
24:27de violences,
24:28d'agressions dans tous les sens,
24:29c'est le fait
24:29de rendre une éducation
24:30qui fonctionne.
24:31Comment voulez-vous
24:32que des enfants
24:33qui évoluent dans une école
24:35qui n'a plus d'école
24:36que le nom
24:37n'aient pas une sorte
24:39de rancune
24:40et d'agressivité
24:41à l'égard de la nation ?
24:42C'est impossible.
24:43Pour en venir
24:44à votre question
24:44sur la concurrence
24:46chère à Condorcet,
24:49vous dites que
24:52le développement
24:52des écoles libres
24:53et même des écoles privées
24:55sous contrat
24:56formera un cercle vertueux
24:57pour l'école publique
24:59et qu'il y aura
24:59même un modèle à prendre.
25:00On voit que
25:01de nombreuses écoles libres
25:02ont d'excellents résultats
25:03au baccalauréat,
25:05ont d'excellents parcours
25:06d'étudiants
25:07dans les études,
25:08enfin d'anciens élèves
25:09dans les études supérieures.
25:10L'école publique
25:11pourrait voir
25:12un modèle dans…
25:14– Alors c'est plus que ça,
25:15c'est plus que ça
25:16parce que pour moi
25:18le moment n'est plus venu,
25:19n'est plus à dire
25:20école publique,
25:21école privée,
25:22c'est plus ça.
25:22Le moment est venu
25:23de dire
25:24les parents choisissent
25:25leur école
25:26et à cette école
25:27doit être donnée
25:27une autonomie suffisante
25:29pour faire les choix
25:29qui lui paraissent justes.
25:31Autonomie de recrutement
25:32de ses professeurs,
25:32c'est vrai pour le public
25:33comme pour le privé.
25:34En fait, il faut donner
25:34une autonomie de gestion
25:35aux établissements,
25:38autonomie aussi
25:38pour établir
25:39un projet éducatif
25:41adapté au territoire
25:42et au type d'enfants
25:43qui sont dans cette école
25:45et aussi autonomie
25:46de recrutement
25:47des professeurs
25:48pour avoir des équipes
25:48soudées.
25:49Aujourd'hui,
25:49la plupart des professeurs
25:50sont en attente
25:51de mutation
25:51pour aller ailleurs
25:52parce qu'ils ne sont pas satisfaits,
25:53parce qu'ils n'ont pas
25:54assez de points
25:54pour être ailleurs.
25:56Vous ne pouvez pas travailler
25:56avec des équipes
25:57qui changent tout le temps
25:58et qui ne sont pas motivées
25:59pour être là où elles sont.
26:00Il faut absolument
26:01des équipes
26:01qui sont motivées
26:03par le projet,
26:04qui vont s'engager
26:05dans la durée
26:05auprès de ces élèves,
26:06qui savent
26:07qu'elles auront
26:07des comptes à rendre,
26:08que leur poste après
26:09dépendra de leur réussite
26:10dans ce poste précis,
26:12ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
26:13Il n'y a aucun rapport
26:14entre la carrière
26:16et la réussite
26:18des enfants
26:18et donc des professeurs.
26:20Aucune.
26:21On ne peut pas piloter
26:22un système éducatif
26:23dans lequel le résultat
26:25professionnel
26:25n'est jamais pris en compte.
26:27Ce n'est pas possible.
26:28Donc, si vous voulez,
26:29moi, la réforme
26:29à laquelle j'aspire,
26:31c'est une réforme
26:31assez simple.
26:33C'est une réforme,
26:34alors,
26:34elle a des noms divers,
26:35peu importe le nom.
26:36On peut appeler ça
26:37crédit d'impôt,
26:38on peut appeler ça
26:38chèque éducation,
26:39mais ce n'est même pas
26:39la peine de dire ça.
26:41Le principe,
26:41c'est tout simplement
26:42que les questions publiques,
26:44privées, sous contrat,
26:44hors contrat,
26:45deviennent caduques.
26:47Chaque établissement
26:48doit avoir une autonomie
26:49de conception,
26:50de pouvoir se constituer
26:51sur la charte éducative
26:52de son choix
26:53et les familles
26:54doivent pouvoir choisir
26:55également l'école
26:56de leur vœu.
26:57Sur la base,
26:58une information
26:59qui doit être claire.
26:59Et si l'État a un rôle,
27:01ce rôle,
27:01ça doit être de garantir
27:03la publication
27:04par chaque école
27:05d'informations
27:06qui soient claires,
27:07transparentes et exhaustives.
27:08si vous avez sur chaque école,
27:10comme c'est le cas
27:10en Grande-Bretagne
27:11en l'occurrence,
27:12les résultats
27:13de la dernière inspection,
27:15les annotations des parents
27:16qui notent l'école
27:17et qui disent
27:17ce qu'ils en pensent.
27:19Si vous avez
27:20les résultats
27:20à tel ou tel concours
27:21ou je ne sais quelle
27:22information
27:23sur ce qu'ont fait
27:24les élèves
27:24ou le devenir
27:26des élèves
27:26qui sortent de cette école.
27:28Si vous avez
27:28toutes ces informations
27:29sous les yeux,
27:30c'est plus facile pour vous
27:31de faire un choix éclairé.
27:32Sinon,
27:33il y aura toujours
27:33des gens
27:33qui auront
27:34beaucoup plus d'informations
27:35pour faire leur choix
27:36et d'autres
27:37qui ne sauront pas trop
27:37quoi faire.
27:38Donc,
27:39il est temps
27:39de supprimer
27:40la carte scolaire obligatoire
27:41qui est une espèce
27:42d'antiquité
27:43qui date de l'époque
27:44où on n'avait pas du tout
27:45de système assisté
27:46par ordinateur
27:47pour faire des affectations
27:48d'élèves.
27:48Je suis désolée,
27:49on n'est plus
27:49au moment du baby-boom
27:51en train de gérer
27:51des quantités astronomiques
27:53d'élèves
27:53et à plus savoir
27:53où les mettre.
27:55Donc,
27:55c'est pour ça
27:56qu'on a créé
27:56la carte scolaire obligatoire.
27:57Ce n'est pas pour autre chose.
27:58Ce n'était pas pour
27:58des objectifs politiques
27:59d'égalité des chances.
28:00Pas du tout.
28:01C'était tout simplement
28:02pour gérer un stock
28:03qu'on ne savait pas gérer.
28:04Aujourd'hui,
28:05il faut bien voir
28:05qu'au d'ici 2035,
28:06dans 10 ans,
28:07on aura perdu
28:081,7 million d'élèves.
28:11Donc,
28:12on est dans une décroissance.
28:14On a aujourd'hui
28:15des outils
28:16en termes d'automatisation
28:18et d'IA
28:18qui sont sans précédent.
28:20On a absolument tout
28:22pour faire une réforme
28:23qui va faire gagner
28:24beaucoup d'argent,
28:25qui va augmenter la justice
28:26et qui va rendre
28:27une sorte de solidarité
28:28de nouveau
28:29entre les familles
28:30de manière à ce que
28:32chaque enfant
28:32ait vraiment sa chance
28:33et le pays en a besoin.
28:35Chaque enfant
28:36ait vraiment sa chance
28:36et tous les candidats
28:39le répéteront
28:40l'année prochaine
28:40la bouche en cœur
28:41mais penseront-ils
28:42seulement aux bonnes méthodes ?
28:44Ça ne suffit pas.
28:45Mais c'est pour ça,
28:46moi je ne demande pas
28:47à l'État
28:48d'imposer des méthodes.
28:49Il y a une liberté
28:50pédagogique des professeurs.
28:52Il y a une liberté
28:52d'organisation des écoles.
28:55Arrêtons de vouloir
28:56que tout le monde
28:56marche au même pas.
28:58Il y a eu une époque,
28:58à l'époque de Napoléon,
28:59à l'époque du Jules Ferry
29:00où à la même heure
29:01on prenait son horloge,
29:03sa montre
29:03et on savait
29:04que chaque enfant
29:05était en train
29:05de faire une dictée,
29:06etc.
29:07C'est un fantasme sympathique
29:08que les Français
29:09jacobins simplement
29:10chérissent.
29:11Mais ce n'est pas ça
29:12dont on a besoin aujourd'hui.
29:14Aujourd'hui,
29:14on a besoin
29:15d'avoir des standards clairs,
29:17exigeants,
29:17simples.
29:18Aujourd'hui,
29:19le bac ne vaut plus rien,
29:20le brevet ne vaut plus rien.
29:21Comment voulez-vous
29:21piloter vers le haut
29:23et tirer vers le haut
29:24un système
29:25si, en fait,
29:26il décourage l'effort ?
29:27S'il apprend le mensonge,
29:29s'il apprend la tricherie,
29:30s'il apprend l'inégalité,
29:33c'est l'État lui-même
29:34qui apprend la tricherie,
29:36l'inégalité,
29:37le mensonge aux enfants
29:38aujourd'hui.
29:39Mensonge d'un bac frelaté,
29:40mensonge d'un brevet frelaté,
29:42mensonge du contrôle continu
29:43qui, d'une école à l'autre,
29:45n'a absolument pas
29:46la même rigueur.
29:48Qu'est-ce que vous voulez
29:48faire avec ça ?
29:50Mensonge, ils en paieront
29:51le prix dans les études supérieures
29:52et ensuite dans la vie professionnelle.
29:55Tout le monde en fait le prix,
29:56nous tous,
29:56c'est pour ça qu'il faut nous réveiller.
29:58Ce n'est pas très compliqué,
30:00c'est une chose assez simple.
30:01On a une chance incroyable,
30:02c'est qu'il n'y a pas de loi
30:04qui empêche le privé
30:05de se développer.
30:06On parle souvent du 80-20,
30:08mais ce n'est aucune loi,
30:09c'est une pure pratique politique.
30:11Si demain, on veut laisser les gens
30:13aller dans le privé
30:14autant qu'ils souhaitent
30:16et augmenter proportionnellement
30:18les financements du privé
30:20par rapport au choix des gens,
30:21on peut.
30:21On n'a pas besoin d'une seule loi
30:23pour faire passer ça.
30:24Donc, c'est quand même
30:26à souligner comme réalité.
30:27En général, il faut passer
30:28des lois dans tous les sens,
30:29il y a le Conseil constitutionnel,
30:30c'est très compliqué.
30:31Là, on n'a besoin de rien.
30:34Un peu de courage.
30:36S'ils auront un peu de courage
30:36l'année prochaine.
30:37Merci beaucoup, Anne Cofinier.
30:39Merci beaucoup, Renaud de Bourleuf.
30:40Chers télévisateurs,
30:42bonne suite de vos vacances d'été
30:45et espérons qu'à partir
30:46de la rentrée scolaire,
30:47nos chers hommes politiques,
30:49nos chers candidats
30:50auront quelques petites idées sérieuses,
30:52peut-être en ayant écouté ce Zoom.
30:54Très bonne journée à vous
30:55et à bientôt.
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