- il y a 8 heures
Avec Régis Lemarchand Directeur général Délégué Génerali IARD et Michel Frechet, Président de la Confédération Générale du Logement
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NewsTranscription
00:02Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Laurence Perrault.
00:07Je vous rappelle la question du jour face aux dégâts climatiques, qu'ils soient orages, tornades, incendies, grêles.
00:15Est-ce que notre pays va continuer de pouvoir être assuré ?
00:18Est-ce que vous, vous allez pouvoir continuer d'assurer vos maisons, vos voitures ?
00:22Est-ce que les assurances en France vont continuer à pouvoir assurer ?
00:25C'est vraiment la question du jour.
00:27On en parle dans notre débat avec nos deux invités.
00:30Régis Lemarchand qui est directeur général délégué de Generali IARD.
00:35Vous êtes là avec nous. Régis, bonjour.
00:38Bonjour Laurence.
00:39Et Michel Fréchet qui est de la Confédération Générale du Logement.
00:43Vous défendez les assurés, la question de logement également qui devient inhabitable.
00:47Entre autres, mais pas seulement. Bonjour Michel.
00:50Bonjour Laurence.
00:51Alors on va commencer Régis. Tout de suite, une petite explication.
00:54Qu'est-ce qu'on appelle IARD quand on parle d'assurance ?
00:58Alors ce sont les assurances de dommages.
01:01Ça veut dire incendies, accidents, risques divers.
01:04Ce sont toutes les assurances qui couvrent les voitures, les maisons, les usines.
01:09Par opposition à l'assurance vie.
01:11La question que je pose depuis ce matin, 7h, sur l'antenne de Sud Radio,
01:15face aux dégâts climatiques, aux changements, aux extraordinaires événements
01:20comme la tornade qui s'est passée du côté de la Loire avant hier soir,
01:24avec des dégâts époustouflants sur certains bâtiments,
01:28est-ce qu'on peut un jour peut-être ne plus être assuré ?
01:31Régis Lemarchand, bonjour à tous les deux.
01:33Je vais commencer directement avec cette question.
01:36Régis, peut-on encore aujourd'hui être sûr de rester assurable en France ?
01:41Alors aujourd'hui, oui, on est sûr de pouvoir rester assurable en France.
01:45En revanche, ce que l'on observe, c'est que le coût des catastrophes climatiques
01:49a doublé au cours des 20 dernières années.
01:51Et si on ne fait rien, les prévisions montrent qu'il va probablement encore doubler
01:55au cours des 20 prochaines années.
01:57Et donc d'une certaine façon, on a une responsabilité collective,
02:00c'est de maintenir l'assurabilité et l'habitabilité des territoires en France.
02:05Vous parlez de doubler la facture des catastrophes naturelles
02:09et passer d'environ 2,5 milliards d'euros par an,
02:11entre 2005 à 2025, à environ 5 milliards par an.
02:15Et quand vous dites doubler, c'est que d'ici 2050,
02:17on pourrait même être à le double 10 milliards d'euros.
02:22Pourquoi je pose cette question sur Sud Radio ce matin, Régis ?
02:25Tout simplement parce que c'est déjà une réalité aux Etats-Unis
02:29et particulièrement en Californie,
02:31où il y a des zones qui ne sont plus du tout assurées.
02:33Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
02:35Alors, c'est exactement l'exemple de ce qu'on ne veut pas.
02:38C'est des zones qui aujourd'hui, je pense à l'incendie en Californie,
02:43qui ne sont plus assurées ou qui sont assurables
02:45et qui sont exorbitants de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'euros.
02:49Et donc, notre responsabilité collective, c'est d'éviter cela.
02:52Et il y a un moyen très clair sur lequel nous devons nous mobiliser,
02:56c'est la prévention.
02:57Mais ça veut dire qu'en Californie, il y a des zones maintenant
03:00qui ne sont plus du tout habitables,
03:01parce qu'il y a même des stars qui étaient sur cet espace
03:04qui a brûlé entièrement, qui ne veulent plus reconstruire
03:07parce que de toute façon, ce n'est pas possible d'être assuré.
03:11Exactement.
03:11C'est exactement le cas.
03:12C'est ce qui se passe dans certaines zones, notamment en Californie.
03:15Michel Fréchet, du côté des assurés, comment est-ce qu'on vit cette évolution ?
03:18Est-ce que vous sentez déjà, je ne dirais peut-être pas un refus,
03:22des tarifs qui deviennent, pour certains logements, trop chers ?
03:27Écoutez, du côté des assurés,
03:30même si nous n'avons pas aujourd'hui, à ce niveau-là,
03:33beaucoup de remontées dans le domaine du logement,
03:37il y a d'autres priorités qui passent avant pour l'instant.
03:41Je pense que ça ne va pas durer.
03:43Du côté des assurés, évidemment, il y a une inquiétude.
03:47Et ce qu'on entend aussi,
03:50c'est qu'il y a quand même des différences de tarifs entre les assurances
03:54et à ce niveau-là, il y aura probablement un effort à faire
03:59dans les années à venir pour ajuster, rapprocher
04:04les différences de cotisations entre les assurances.
04:11Mais de toute façon, et je suis assez d'accord
04:13avec ce que mon interlocuteur disait,
04:16il faut impérativement que la France reste un pays assurable
04:22et il faut trouver des solutions pour que ce soit le cas
04:25dans les années qui viennent.
04:26La France, ce ne sont pas les Etats-Unis.
04:28Non, c'est ça.
04:29Mais un pays assurable, ça veut dire donc un pays habitable.
04:32Et c'est important, Régis, vous défendez l'idée d'ailleurs,
04:35on va en parler tout de suite chez Generali,
04:38d'un diagnostic personnalisé pour prévenir des dégâts
04:41avant qu'il n'arrive.
04:42Ça va totalement dans ce que l'on vit aujourd'hui.
04:46Exactement.
04:47Le principe de la prévention, c'est l'anticipation.
04:49C'est de faire un diagnostic de l'exposition d'une maison,
04:53par exemple, aux événements naturels
04:55et de prendre les mesures qui sont souvent peu coûteuses
04:58et en tout cas très peu coûteuses
05:00par rapport au coût que pourraient avoir des dégâts très importants
05:03pour se prémunir justement de ces sinistres catastrophes naturelles
05:07qui vont être de plus en plus importants.
05:09Oui, mais alors du coup, concrètement, ça veut dire quoi ?
05:12Ça veut dire que d'après ce diagnostic,
05:14mon assurance pourrait décider ou non
05:16de continuer de m'assurer ou pas ?
05:20Je vais vous donner un exemple très concret
05:22qui est celui qui aujourd'hui touche de nombreux Français,
05:25qui est celui de la sécheresse
05:26et du retrait et gonflement des argiles
05:28qui créent des fissures dans les maisons.
05:31Aujourd'hui, il y a des mesures très simples
05:35pour limiter les effets de ce phénomène.
05:39C'est par exemple avoir des racines d'arbres
05:43qui ne viennent pas sous votre maison.
05:45Donc ça veut dire soit couper les arbres,
05:46mais si vous avez un arbre auquel vous tenez énormément,
05:48c'est mettre en place une barrière dans le sol
05:51pour éviter que les racines viennent sous la maison.
05:53C'est également éviter d'avoir des eaux pluviales
05:57qui ne soient pas raccordées au réseau.
06:00Il y a plein de choses qui permettent aujourd'hui
06:03de limiter les phénomènes de catastrophes naturelles.
06:08Or aujourd'hui, la prévention dans ce domaine-là,
06:09est très faible.
06:11On n'a pas eu du tout cette pratique
06:13ni cette habitude.
06:19C'est vraiment toute cette habitude,
06:21toute cette dynamique qu'on doit mettre en place
06:24pour les particuliers, pour les collectivités,
06:27parce que les collectivités ont un rôle essentiel
06:29dans la mise en place de plans de prévention des risques.
06:32C'est donc un mouvement collectif
06:33que nous voulons mettre en œuvre
06:35et auxquels, évidemment, Generali et tous les assureurs participent
06:38pour développer la prévention
06:39et être plus résilients face à l'augmentation
06:42des catastrophes naturelles.
06:43De toute façon, on est vraiment en plein dedans.
06:45On a vu les incendies, on a vu encore la tornade
06:48un jeudi soir qui a impacté plus de 10 000 habitations,
06:52des maisons totalement détruites.
06:53Michel Fréchet, que pensez-vous de ces propositions
06:57de M. Lemarchand qui représente Generali
06:59ou d'autres assureurs de faire plus de la prévention ?
07:02Est-ce que vous pensez que nous, les habitants,
07:04on est prêts un petit peu à voir les choses en réalité,
07:08voir la réalité en face exactement ou pas ?
07:12Alors que les habitants soient prêts à voir la réalité en face,
07:17probablement qu'aujourd'hui,
07:18les choses ne sont pas encore suffisamment avancées
07:20de ce côté-là,
07:21mais en ce qui concerne les propositions
07:25de mon contradicteur,
07:29je ne peux qu'être d'accord avec.
07:31Effectivement, la prévention est quelque chose d'important,
07:33d'autant plus qu'on sait qu'aujourd'hui,
07:35nombre d'incendies, par exemple, pour prendre cet exemple,
07:38nombre d'incendies sont souvent des incendies
07:41dus à des imprudences
07:44ou des choses de ce genre.
07:46Et le résultat de tout ça,
07:48c'est que ça provoque d'énormes catastrophes
07:51et ça a un coût très important pour la collectivité.
07:54Donc, la prévention ne peut qu'être utile,
07:57on ne peut qu'être d'accord avec ça.
08:00Maintenant, je reprends l'exemple
08:02de ce que disait le directeur général de Générali,
08:08ça peut avoir un coût.
08:10Quand il prend l'exemple d'une sorte de mur dans la terre,
08:14si j'ai bien compris,
08:15pour empêcher les racines d'un arbre d'aller sous la maison,
08:18ça a un coût.
08:19Et donc, il faudrait prévoir aussi des aides
08:22pour les particuliers
08:24de façon à pouvoir construire ce genre de mur
08:29pour éviter des catastrophes ensuite.
08:32Donc, il faut prendre en compte
08:34le coût aussi de la prévention auprès des particuliers.
08:39C'est une très bonne réaction.
08:40Juste avec vous, Michel Fréchet,
08:42on a combien aujourd'hui, vous qui faites,
08:44vous êtes le président de la Confédération Générale du Logement.
08:48Entre autres, on sait combien on a en pourcentage
08:51propriétaire et locataire.
08:52Parce que quand on est propriétaire,
08:54et vous allez voir, Régis, où je veux en venir,
08:56vous, monsieur le marchand de Générali,
08:58on peut prendre sur soi, sur son budget,
09:01de réparer ou de prévenir sa maison
09:04ou son appartement.
09:05Mais quand on n'est que locataire
09:06et que le propriétaire ne veut pas investir,
09:08c'est la réaction de Stéphane
09:09sur la page Facebook de Sud Radio
09:11qui dit « Ma maman, en 1976, a été victime
09:14de la sécheresse de 1976 »,
09:17le propriétaire, il pense qu'il n'a pas creusé
09:20pour aller chercher des racines, sérieusement.
09:21Vous voyez ce que je veux dire ?
09:22Autant vous, monsieur Michel Fréchet,
09:24que Régis le marchand ?
09:25Michel ?
09:27Oui, il y a des propriétaires
09:30bailleurs qui réagissent de cette manière.
09:32Mais dans ces cas-là,
09:35il faut mettre en place une législation
09:37qui impose aux propriétaires bailleurs
09:38de faire les travaux nécessaires
09:41pour éviter des catastrophes futures.
09:43Dans de nombreux domaines du logement,
09:46il existe déjà des législations assez contraignantes
09:49pour les propriétaires.
09:51Alors, après, la contrepartie,
09:56l'inconvénient de tout cela,
09:57c'est que quelquefois, ça retire de l'allocation
10:00un certain nombre de logements
10:01parce que les propriétaires bailleurs
10:03n'ont pas les moyens incontrables.
10:06On croit que tous les propriétaires bailleurs
10:07ne sont pas des gens
10:10qui ont des réserves financières énormes.
10:14Et donc, il faut aussi penser à ça.
10:17Mais de toute façon,
10:18il faudrait une législation
10:19un peu plus contraignante
10:21et avec un État
10:23qui accompagne les efforts
10:25qu'on demandera aux propriétaires bailleurs,
10:27par exemple.
10:27Après, on ne peut peut-être pas non plus
10:27tout demander à l'État.
10:29Régis le marchand,
10:30on a des réactions sur la page Facebook
10:32de Sud Radio,
10:32donc j'aimerais bien qu'on en parle un petit peu.
10:34Mais concrètement,
10:35moi, je trouve que c'est une très bonne idée,
10:36la prévention.
10:39Comment est-ce que l'on peut mettre ça en place ?
10:40Comment vous travaillez chez Generali
10:42pour essayer de la faire exister ?
10:45Alors déjà, il y a toute une démarche pédagogique
10:47qui consiste à faire prendre conscience
10:48à chacun des risques
10:50auxquels sa maison est exposée.
10:52Et donc, si vous allez sur le site
10:54de Generali, par exemple,
10:56sur Ensemble face aux risques,
10:57vous mettez votre adresse
10:59et on vous dit clairement
11:00sur toutes les typologies de risques
11:01quels sont ceux auxquels
11:03votre maison est exposée.
11:04Et ensuite, ce qu'on propose,
11:06ce sont des diagnostics personnalisés
11:08parce qu'il n'y a pas de solution
11:09qui soit unique
11:11et qui soit réplicable pour tous.
11:13Il y a des solutions
11:14qui dépendent évidemment
11:15de chaque maison,
11:16de chaque situation.
11:18Et ensuite, on propose
11:19un plan d'action individualisé
11:22pour justement rendre sa maison,
11:25son bien,
11:26beaucoup plus résistant,
11:27résilient par rapport
11:28aux catastrophes naturelles.
11:29C'est quelque chose qui démarre.
11:30C'est pour ça qu'on a aussi besoin
11:32de beaucoup de pédagogie
11:33et beaucoup d'écho.
11:33Et je vous remercie pour cette émission
11:35parce qu'aujourd'hui,
11:36il y a une faible conscience
11:38de ce risque-là
11:39et des conséquences
11:40qui pourraient demain être dramatiques
11:42si on ne prend pas
11:43dès aujourd'hui en main
11:44ce sujet de prévention.
11:45Régis Lemarchand, pour conclure,
11:47vous êtes directeur général délégué
11:48de Générali IARD,
11:50Michel Fréchet,
11:51président de la Confédération Générale
11:52du Logement.
11:53Ce qui s'est passé en Californie
11:55où les assurances
11:55ne veulent plus assurer
11:56l'espace qui a totalement brûlé
11:58où il y avait les grandes maisons
11:59des stars d'Hollywood et autres,
12:02c'est quelque chose
12:02qui peut arriver en France
12:03ou pas ?
12:04Est-ce que demain,
12:04les assurances peuvent décider
12:05de ne plus assurer
12:06certaines zones
12:07où il y a trop d'incendies,
12:10même si les incendies
12:11sont partout maintenant ?
12:12Mais je pense à l'autre
12:13qui a brûlé beaucoup
12:14l'année dernière.
12:15Est-ce que ça peut arriver
12:16chez nous ?
12:17Alors, ça peut arriver,
12:19mais il faut qu'on fasse tout
12:20pour que ça n'arrive pas.
12:21Je vais vous donner
12:22un exemple parallèle
12:23qui est celui
12:23de la sécurité routière.
12:25Dans les années 70,
12:26il y avait plus de 15 000 morts
12:27sur les routes en France.
12:28Aujourd'hui,
12:29on n'en a plus,
12:30et c'est déjà trop,
12:30que 3 000.
12:32Comment on en est arrivé là ?
12:33On en est arrivé là
12:34grâce à une mobilisation
12:35collective de tous,
12:37conducteurs,
12:38constructeurs automobiles,
12:40État,
12:40et c'est ça qui a permis
12:41de réduire ce risque-là.
12:43On l'a fait sur l'automobile,
12:45on est capable de faire
12:46également sur le risque climatique.
12:48J'en suis convaincu.
12:49Merci à tous les deux
12:49d'être intervenus.
12:51Michel Fréchet,
12:52vraiment en 30 secondes,
12:53votre avis là-dessus ?
12:56Mon avis,
12:56c'est que je peux difficilement
12:58être contre l'idée.
12:59Simplement,
13:00en ce qui concerne
13:01notamment les diagnostics,
13:03soyons vigilants
13:04parce que l'expérience
13:06que nous avons
13:06sur un certain nombre
13:07de diagnostics,
13:08qui ne concernent pas
13:09obligatoirement
13:09les assurances d'ailleurs,
13:10l'expérience que nous avons,
13:12c'est qu'il y a quand même
13:12un certain nombre
13:13de fraudes,
13:15un certain nombre
13:15de choses à dire
13:16concernant les professionnels
13:18du diagnostic.
13:19Alors, encore une fois,
13:20je ne vais pas généraliser.
13:21Ce n'est pas le même sujet là,
13:22oui.
13:22Mais il y a,
13:23oui, voyez-vous,
13:24et donc de ce côté-là,
13:25il faut que ce soit bien encadré
13:27par la législation.
13:28En tout cas,
13:29merci à tous les deux
13:29d'avoir accepté
13:30de parler de ce sujet.
13:31Merci Laurence.
13:32L'expérience des Etats-Unis
13:33doit nous servir.
13:34Restons assurables
13:35et donc prévenons
13:36et travaillons ensemble
13:37main dans la main.
13:38Merci à vous deux,
13:39Régis,
13:40le marchand,
13:40directeur général délégué
13:41de Generali
13:42pour le système IARD
13:44et Michel Fréchet,
13:45président de la Confédération
13:47Générale du Logement.
13:48À suivre,
13:49on va retrouver
13:50Philippe Baudin
13:50avec sa liberté de rouler
13:52et puis Jeanne Bordeaux.
13:54Parlons langage.
13:55À tout de suite.
13:55la Laurence
13:55Elle est Baptiste,
13:55certain que
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