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- #faceaphilippedevilliers
Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval
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00:00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour votre rendez-vous du vendredi soir face à Philippe
00:00:06Devilliers.
00:00:07Cher Philippe, bonsoir.
00:00:08Bonsoir Ayotte, bonsoir Geoffroy.
00:00:09Cher Geoffroy le jeune, bonsoir.
00:00:12Philippe Devilliers, pour commencer cette émission, je vais vous montrer une carte.
00:00:16Une carte et vous allez devoir me dire si ça vous dit quelque chose, si ça vous rappelle un souvenir.
00:00:22Il n'y a rien qui est inscrit, c'est une carte de la France avec beaucoup de rouge et
00:00:26un peu de bleu.
00:00:27Est-ce que ça vous dit quelque chose ?
00:00:30Le rouge, c'est le non, vu par les bleus.
00:00:37C'est exactement ça.
00:00:39En rouge, c'est le non, en bleu, c'est le oui.
00:00:42Et on va basculer en mai 2005, 29 mai 2005, c'était donc il y a un peu plus de
00:00:5020 ans, 21 ans, très précisément.
00:00:53Et c'est l'anniversaire du référendum sur le projet de constitution européenne.
00:00:58Et on aura, je vais vous commencer cette émission par une archive.
00:01:02Vous êtes invité par Patrick Poirvaud-Darvort sur cette émission sur TF1, 20 jours avant le référendum.
00:01:10Il y a tout le monde sur le plateau.
00:01:12Vous avez Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou, j'ai encore Jean-Marie Le Pen, M. Besancenot également.
00:01:20Et vous allez expliquer aux Français pourquoi vous dites non à cette constitution.
00:01:30Philippe de Villiers, vous avez été un des premiers à tirer, si je puis dire, pour le camp du non.
00:01:35– Moi, mon nom est un nom d'abord de survie, parce que je ne veux pas que la France
00:01:41perde la maîtrise de ses lois,
00:01:45c'est l'article 6 du texte de constitution, la maîtrise de ses frontières, de son territoire, c'est l
00:01:51'article 265,
00:01:53la maîtrise de sa politique étrangère, etc.
00:01:58C'est-à-dire la maîtrise de son destin.
00:02:01Donc un nom de survie pour la France et un nom de projet d'avenir pour l'Europe.
00:02:07Moi, je veux une Europe qui soit remise d'aplomb, c'est-à-dire une Europe qui soit vraiment européenne,
00:02:15donc sans la Turquie qui figure à la page 165 en toutes lettres de l'acte final de cette constitution.
00:02:21– Et pas pour dire qu'elle doit rentrer.
00:02:24– Elle est dans l'acte final, et l'acte final, c'est l'instrument juridique qui autorifie un texte,
00:02:29comme l'article 10 de la Convention de Vienne sur les traités.
00:02:32Donc ça veut dire que c'est une grave imprudence pour ceux qui, aujourd'hui, nous disent, comme Jacques Chirac,
00:02:37« Oh, mais la Turquie, c'est dans quinze ans, c'est pour plus tard »,
00:02:40alors que la négociation va commencer le 3 octobre prochain, à Bruxelles,
00:02:44et que la seule manière de suspendre cette négociation,
00:02:47moi, je préfère qu'on la suspende tout de suite que trop tard.
00:02:51Il vaut mieux interrompre une négociation, Patrick Poivre d'Arvor, avant qu'elle ait commencé,
00:02:55plutôt que de l'interrompre quand elle est terminée.
00:02:57Donc une Europe qui soit européenne, une Europe qui soit démocratique,
00:03:00si on veut baisser la TVA, je ne vois pas pourquoi on est tous tournés vers Bruxelles,
00:03:04on le fait, notre Parlement, ou alors on n'est plus une démocratie.
00:03:07Et troisièmement, une Europe qui soit protectrice, je pense en cet instant au textile européen,
00:03:12qui soit protectrice de nos emplois et de notre sécurité, et non pas une Europe passoire.
00:03:18Europe passoire, Geoffroy Lejeune.
00:03:19C'est drôle, on sent chez ceux qui votaient oui, une lueur de panique dans les yeux, quand vous parlez.
00:03:27Philippe, on est 21 ans après, quelle analyse faites-vous du résultat de ce vote et des conséquences ?
00:03:34D'abord, je voulais dire un mot sur la date, qui était symbolique.
00:03:37Un jour, j'ai dit à Jacques Chirac, pourquoi vous avez choisi le 29 mai ?
00:03:40Il me dit, pourquoi pas ?
00:03:42Il me dit, mais le 29 mai, c'est le 29 mai 1453, la chute de Constantinople, la chute de
00:03:48Byzance, l'Éternel,
00:03:49la transformation de Sainte-Sophie en une mosquée, non ?
00:03:52C'est quelque chose de prémonitoire.
00:03:56Ensuite, sur le fond, ce que j'ai voulu expliquer avec d'autres,
00:04:03c'est que si on voulait sauver l'Europe du traité de Rome,
00:04:07il fallait prendre garde au chassez-croiser suivant.
00:04:12Nous allons passer, disais-je, d'une Europe de la préférence communautaire,
00:04:17ce qu'on appelait le marché commun,
00:04:20à une Europe du libre-échange mondialisé.
00:04:25Bien vu, non ?
00:04:27Deuxièmement, nous allons passer d'une Europe de la coopération inter-étatique
00:04:34à une Europe de l'intégration,
00:04:38avec la majorité qualifiée sur la plupart des grands sujets,
00:04:43y compris l'immigration.
00:04:46Et je suis très fier d'avoir mené cette campagne,
00:04:50un peu comme Don Quichotte à Les Pentes,
00:04:56parce qu'avec mes amis, Guillaume Pelletier,
00:05:01Christophe Baudouin, Georges Berthus,
00:05:03on a soulevé, on a levé deux lièves, en fait.
00:05:07Le premier, c'est la directive Wolkenstein,
00:05:09le plombier polonais, c'est moi.
00:05:13C'est en fait, c'était l'idée qu'un prestataire de service
00:05:17relevait des dispositions de son pays d'origine
00:05:19et non pas du pays d'accueil.
00:05:21Donc c'était la disparition des artisans français.
00:05:25Et deuxièmement, j'en parle devant Patrick Poivre d'Arvor,
00:05:30le grand journaliste français qui a organisé ce débat,
00:05:36la signature de la Turquie.
00:05:38Abdoulagul, qui signe en cachette le traité constitutionnel.
00:05:48Alors, quelle est la signification du nom à l'époque ?
00:05:52Elle est double.
00:05:54D'abord, elle est juridique.
00:05:58Il n'y aura pas d'État fédéral,
00:06:00puisqu'en fait, qui dit constitution dit État.
00:06:03C'était ça la nouveauté, c'était ça la novation.
00:06:08Une constitution pour un État, un État fédéral.
00:06:12C'était le passage à l'État fédéral.
00:06:16Donc il n'y aura pas d'État fédéral.
00:06:19Et deuxième conséquence,
00:06:23ou plutôt deuxième observation,
00:06:25pendant toute la campagne,
00:06:29on a eu 95% des éditorialistes pour le oui,
00:06:3695% des médias pour le oui,
00:06:4195% des autorités morales, spirituelles, culturelles et autres pour le oui.
00:06:52Le cercle de la raison s'était abattu sur nous,
00:06:56nous a désignés du doigt comme des brebis galeuses.
00:06:59Et la plupart des gens qui étaient pour le nom,
00:07:02partaient furtivement avant la fin de la campagne,
00:07:06parce qu'ils étaient désignés à la vindicte.
00:07:13Et donc la conséquence,
00:07:15c'est qu'est né le mot souverainisme à ce moment-là.
00:07:19J'ai l'honneur de l'avoir porté le premier
00:07:21devant l'Académie des sciences morales et politiques.
00:07:25Le mot souverainisme, c'est-à-dire la définition du souverainisme,
00:07:27c'est-à-dire la défense de la souveraineté nationale
00:07:32face aux hégémonies et aux empires.
00:07:37Et la défense de la souveraineté de l'État face aux féodalités.
00:07:43La définition du souverainisme.
00:07:46Je ne savais pas à l'époque que le souverainisme connaîtrait une telle fortune,
00:07:49puisqu'aujourd'hui tout le monde se dit plus ou moins souverainiste.
00:07:54Et puis est apparu un autre mot, le mot populiste.
00:07:58C'est-à-dire que le cercle de la raison à ce moment-là nous a désignés
00:08:01en disant que c'est les populistes.
00:08:03En d'autres termes, s'est ouverte une fracture qui n'a cessé de s'agrandir
00:08:08entre les élites mondialisées, de plus en plus déconnectées et décrochées du peuple,
00:08:14et le peuple qui, lui, regarde cette Europe du traité de Rome,
00:08:20puisqu'ils ont remis ça.
00:08:21Est-ce que vous vous rendez compte ?
00:08:23Il faut que les téléspectateurs qui ne connaissent pas cette histoire
00:08:28m'écoutent avec la plus grande attention, téléspectateurs et auditeurs d'Europe 1.
00:08:33Donc, il y a le nom.
00:08:35Ils sont consternés, évidemment.
00:08:36Nous, on boit le champagne.
00:08:39Et on se dit, ça y est, rien ne sera plus comme avant.
00:08:43Et puis, en 2007, on nous dit, il y a un mini-traité, voilà.
00:08:49Et les deux chambres se réunissent à Versailles, j'y étais.
00:08:53C'était horrible.
00:08:55Et vote le fameux mini-traité, qui était en fait la Constitution refourguée,
00:09:02avec la supériorité du droit européen sur le droit national,
00:09:06et toutes les compétences qui arrivaient, dont la compétence immigration,
00:09:10plus la charte des droits fondamentaux,
00:09:13qui impose la discrimination positive
00:09:15et qui empêche toute critique de la politique migratoire, etc.
00:09:21Donc, un coup d'État légal.
00:09:24Et c'est, à mon avis, de ce moment que date
00:09:29la grande incompréhension, le fossé, qui n'a cessé de s'élargir.
00:09:35Mais quand on regarde ce qui se passe aujourd'hui,
00:09:37et je ne peux pas ne pas y faire allusion,
00:09:42on est devant à la fois une fuite en avant et un simulacre.
00:09:48La fuite en avant, c'est l'Union européenne.
00:09:54Pourquoi ?
00:09:55Parce qu'elle constate qu'elle n'a pas pu tenir ses deux promesses.
00:10:00La première promesse, c'était
00:10:02l'Europe puissance.
00:10:04Bon, il n'y a plus un Français qui croit à l'Europe puissance.
00:10:07Il n'y a plus que Macron.
00:10:09Et merde.
00:10:13L'Europe puissance.
00:10:16On est un nain politique.
00:10:19On est un État vassal.
00:10:22Le vassal des Chinois,
00:10:24le vassal des Américains,
00:10:26et le vassal démographique de l'Afrique.
00:10:28Tout le monde se sert.
00:10:30On n'existe plus.
00:10:32C'est ça, l'Europe, aujourd'hui.
00:10:35Donc, promesse trahie.
00:10:36Deuxième promesse trahie,
00:10:38et ça, c'est plus important,
00:10:40et plus subtil,
00:10:41c'est la guerre.
00:10:43Il nous disait à l'époque,
00:10:45si vous voulez qu'on prononce la paix,
00:10:47il faut faire le traité de Lisbonne.
00:10:50Il faut ratifier la Constitution européenne.
00:10:52L'Europe, c'est la paix.
00:10:54Et bien, aujourd'hui, l'Europe, c'est la guerre.
00:10:57Et pourquoi l'Europe, c'est la guerre ?
00:10:58Parce qu'ils veulent la guerre.
00:11:01Ils veulent la guerre, pourquoi ?
00:11:03Parce que
00:11:04Van der Leyen, Macron et les autres
00:11:07considèrent que
00:11:09pour faire une Europe complètement fédérale,
00:11:13il faut non seulement
00:11:15transférer
00:11:17des compétences déléguées
00:11:18et la compétence de la compétence,
00:11:20donc en allant plus loin
00:11:21que les compétences déléguées,
00:11:22mais surtout,
00:11:23transférer la dernière compétence,
00:11:25la compétence ultime,
00:11:26le droit de déclarer la guerre
00:11:28ou de faire la paix.
00:11:30Et ils pensent,
00:11:31tous ces européistes,
00:11:33et c'est pour ça qu'ils vont tous en Ukraine
00:11:34en ce moment.
00:11:35Ce sont des ukrainophiles
00:11:38tacticiens.
00:11:40Parce que c'est en Ukraine
00:11:41que ça se joue,
00:11:42parce qu'en étant ukrainophiles,
00:11:44on va vers la guerre.
00:11:45Et il faut la guerre
00:11:46pour fédéraliser l'Europe, en fait.
00:11:48C'est ça qu'ils pensent
00:11:50les européistes.
00:11:52Et tous les hommes politiques
00:11:53qui sont ukrainophiles aujourd'hui,
00:11:57en privé,
00:11:58ils vous disent,
00:12:00croyez-moi,
00:12:01il nous faut la guerre.
00:12:03Il faut la guerre avec la Russie.
00:12:05Parce que c'est grâce
00:12:06à cette guerre avec la Russie
00:12:07qu'on pourra faire,
00:12:09enfin, l'Europe fédérale.
00:12:11C'est la dernière compétence
00:12:12qui manque à l'Union Européenne.
00:12:14La dernière compétence.
00:12:17Et j'ai dit un simulacre.
00:12:20La fuite en avant pour l'Europe,
00:12:22donc vers la guerre.
00:12:23On va vers la guerre,
00:12:24ils veulent la guerre.
00:12:25On est déjà presque billigérants
00:12:27en mettant 90 milliards sur la table.
00:12:29C'est nous qui armons l'Ukraine.
00:12:31Donc il y a un moment donné
00:12:33où la Russie va s'énerver.
00:12:37Or, ce n'est pas notre guerre.
00:12:38C'est une guerre entre le peuple russe
00:12:40et le peuple ukrainien.
00:12:41Ce n'est pas notre guerre.
00:12:42Je le redis.
00:12:43Vous avez remarqué que dès qu'on dit ça,
00:12:46on est soupçonné d'être un militant pro-russe.
00:12:48J'ai vu ça dans la presse cette semaine.
00:12:50Oh, du calme !
00:12:52OK.
00:12:52Bon, l'amitié franco-russe,
00:12:54ça date du plus haut Moyen-Âge.
00:12:57Et de toute façon,
00:12:58quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne,
00:12:59comme le disait le général de Gaulle,
00:13:01c'est la géographie qui s'impose à l'histoire.
00:13:04Et donc, il faudra bien qu'un jour,
00:13:06on reparle avec la Russie.
00:13:09Parce que sinon,
00:13:11c'est la fin de l'Eurasie pour nous
00:13:12et on sera une petite Europe
00:13:14qui est le...
00:13:16Comment dirais-je ?
00:13:18Qui est une peau de chagrin.
00:13:22Le simulacre, c'est quoi ?
00:13:24C'est les hommes politiques
00:13:25qui font mine d'avoir le pouvoir.
00:13:29Et pourquoi la campagne présidentielle
00:13:31est si nulle en ce moment ?
00:13:33Enfin, elle n'existe pas.
00:13:36Parce qu'on parle sur des choses
00:13:38dont les politiciens savent très bien
00:13:40que ça ne dépend pas d'eux.
00:13:42Par exemple,
00:13:42si on veut baisser la TVA sur l'essence,
00:13:45ils savent très bien, les politiciens,
00:13:47que ce n'est pas possible,
00:13:48qu'il faut l'autorisation de Bruxelles.
00:13:51On nous parle des ZFE,
00:13:52ils savent très bien
00:13:53que les ZFE, c'est indispensable,
00:13:54sinon il faut payer 4 milliards à l'Europe.
00:13:58Et les paysans qui nous écoutent,
00:13:59qui nous regardent,
00:14:00savent très bien ce que ça veut dire
00:14:01le Mercosur.
00:14:02Ce n'est pas nous
00:14:02qui l'avons négocié
00:14:03et ça ne dépend pas de nous.
00:14:05Et le marché de l'électricité
00:14:06pour les artisans,
00:14:07ça ne dépend pas de nous.
00:14:09Là, en ce moment,
00:14:10on a voulu relancer
00:14:11quelques centrales nucléaires.
00:14:13Et qu'est-ce que j'ai lu
00:14:14dans la presse hier ?
00:14:15Qu'il y a eu une enquête de Bruxelles
00:14:17pour savoir si c'était possible.
00:14:20Donc,
00:14:20quelques domaines que ce soit
00:14:22nous échappent.
00:14:24Et les politiciens français,
00:14:26je l'ai dit
00:14:27et je le répète ici,
00:14:30quand le pouvoir n'a plus le pouvoir,
00:14:32il n'a plus que des larmes à verser.
00:14:35Et c'est celui qui pleure le mieux
00:14:36qui sera élu.
00:14:39Je voudrais qu'on revienne
00:14:40sur une dernière séquence,
00:14:41une dernière archive,
00:14:42toujours concernant le 29 mai 2005,
00:14:45parce que vous avez dit
00:14:45quelque chose d'important.
00:14:46à l'époque,
00:14:4795% des médias
00:14:49étaient pour le oui,
00:14:5095% des politiques
00:14:52étaient pour le oui,
00:14:5395% des autorités morales
00:14:56étaient pour le oui.
00:14:57Et il y avait un trouble fait
00:14:59qui est désormais
00:15:00sur ce plateau,
00:15:0121 ans plus tard.
00:15:03Je vous propose cette séquence.
00:15:05Vous êtes une nouvelle fois
00:15:05sur un plateau télé.
00:15:08Là, cette fois-ci,
00:15:08c'était Arlette Chabot
00:15:09qui présentait,
00:15:11Michel Barnier,
00:15:13Daniel Comandit.
00:15:14et vous avez le malheur
00:15:16de présenter le traité
00:15:18que vous avez dans les mains
00:15:18avec cette idée ou non.
00:15:21Est-ce que si vote de la Constitution,
00:15:24est-ce que la prochaine étape,
00:15:26c'est la discussion avec la Turquie
00:15:28pour intégrer ou non l'Union européenne ?
00:15:30Mais vous n'aviez pas le droit
00:15:31de prononcer ça.
00:15:32Vous êtes un fou,
00:15:34Philippe de Villiers.
00:15:34Regardez.
00:15:37Disons les choses très clairement.
00:15:38La Turquie n'est en rien concernée
00:15:40par ce traité.
00:15:41Et si les négociations
00:15:43avec la Turquie aboutissent...
00:15:45Est-ce qu'elle s'ouvre ?
00:15:46Attendez, laissez-moi terminer.
00:15:47Est-ce qu'elle s'ouvre ?
00:15:48Mais nous n'avons pas le traité.
00:15:50Nous n'avons pas le traité.
00:15:51Si le oui l'emporte
00:15:52ou si le non l'emporte,
00:15:53plutôt, est-ce que les négociations
00:15:55ne s'ouvriront pas ?
00:15:56C'est ce qu'il dit.
00:15:56Je pose la question.
00:15:57Elle a quand même signé l'acte final.
00:15:58Non, elle a signé un protocole.
00:16:00Non, l'acte final.
00:16:01Elle a signé un protocole
00:16:02où vous avez été observateurs.
00:16:05L'acte final.
00:16:06Vous n'avez envie de répondre derrière.
00:16:07Alors, Michel Barnier,
00:16:08vous pouvez répondre.
00:16:09Tous les Français qui nous regardent.
00:16:11Tous les Français qui nous regardent.
00:16:12C'est l'acte final
00:16:13où il est dit
00:16:13qu'ils ont signé un protocole
00:16:15où ils étaient observateurs.
00:16:17François Bayrou dit en observateur.
00:16:19Regardez.
00:16:20Non, non, non.
00:16:21L'acte final.
00:16:22Arrête-Chabou.
00:16:23Attendez, là,
00:16:24je ne touche pas.
00:16:24Partons ensemble.
00:16:25Ah, OK.
00:16:26Je ne trouve.
00:16:28Je ne trouve.
00:16:29L'acte...
00:16:30Arrête-Chabou.
00:16:31Arrête-Chabou.
00:16:32Arrête-Chabou.
00:16:33Arrête-Chabou.
00:16:34Arrête-Chabou.
00:16:35Arrête-Chabou.
00:16:37Arrête-Chabou.
00:16:38Je vais demander à moi.
00:16:38Si vous parlez tous en même temps
00:16:39en faisant le témoin,
00:16:40ça ne sert à rien.
00:16:41Attendez, je demande à la caméra
00:16:42de venir se poser
00:16:44sur l'acte final.
00:16:45L'acte final.
00:16:46C'est une saloperie.
00:16:47Une saloperie incroyable
00:16:48qu'était en train de faire.
00:16:50Ce n'est pas vrai.
00:16:51C'est une saloperie.
00:16:52C'est un protocole
00:16:53qui est né.
00:16:53Je le maintiens de la manière
00:16:54la plus sereine.
00:16:56C'est ignoble.
00:16:57C'est ignoble de faire ça
00:16:59auxquels les spectateurs.
00:17:00Alors, Regal,
00:17:01ça se rejige.
00:17:02Vous avez la condition.
00:17:03C'est la condition des pays
00:17:06et vous avez la Turquie.
00:17:08Michel Barnier,
00:17:08la Turquie figure
00:17:10dans ce texte envoyé au français.
00:17:12Michel Barnier,
00:17:12est-ce que la Turquie
00:17:13ne figure pas dans ce texte ?
00:17:15Philippe de Villiers,
00:17:15je trouve que
00:17:16ce que vous faites,
00:17:17c'est un gène
00:17:17parce que la question
00:17:18de la Turquie,
00:17:19vous ne pouvez pas
00:17:19la faire maintenant.
00:17:21Ça suffit.
00:17:21Alors, ne vous énervez pas.
00:17:23Philippe de Villiers,
00:17:24je vais me mettre en rogne
00:17:24parce que des mensonges
00:17:26comme ça,
00:17:26je n'ai jamais vu ça.
00:17:27Michel Barnier,
00:17:28vous répondez.
00:17:29Je vais prendre un pavé
00:17:30comme on s'en s'en tue.
00:17:31Oui, ça te ferait du bien.
00:17:32Ça te ferait du bien.
00:17:33Ça te fait impressionner la tête.
00:17:37Extraordinaire.
00:17:38Vous avez eu François Bayrou
00:17:39qui cite,
00:17:40parce que vous parlez
00:17:41de la Turquie,
00:17:41et sur l'autre table,
00:17:43M. Bayrou disait
00:17:44mais la Bulgarie,
00:17:45la Roumanie,
00:17:46aujourd'hui,
00:17:47où sont les Bulgares ?
00:17:48Là, c'est un peu conflu.
00:17:49C'est bon, c'est clair.
00:17:52Vous avez compris
00:17:53qu'en fait,
00:17:55ils ont fait signer
00:17:56la Turquie
00:17:58en douce
00:17:58et ils ont envoyé
00:18:00le document
00:18:01par mégarde
00:18:02à tous les Français.
00:18:03C'est une opération
00:18:04de Juppé.
00:18:05Et moi,
00:18:07avec Guillaume Pelletay,
00:18:08quand on découvre ça,
00:18:10la signature
00:18:10de Abdoulagul,
00:18:1124 octobre 2004,
00:18:15je me dis
00:18:16mais ce n'est pas possible
00:18:17qu'ils mentent
00:18:18à ce point-là.
00:18:20Je leur sors
00:18:21le document
00:18:21et là,
00:18:23c'est la panique
00:18:24dans le troupeau.
00:18:25Le cercle
00:18:26de l'Harizon
00:18:27perd
00:18:27le contact
00:18:28avec le réel
00:18:29et parce que
00:18:30le mensonge
00:18:31est avéré.
00:18:34C'est un club
00:18:35de menteurs
00:18:36et aujourd'hui,
00:18:37ils continuent
00:18:37tous à nous mentir.
00:18:40Et c'est pour ça
00:18:40que je dis
00:18:42Frexit.
00:18:43Je prononce
00:18:44le mot
00:18:44pour la première fois.
00:18:45Il faut partir.
00:18:46Parce que c'est une Europe
00:18:48dont j'ai dit
00:18:48il faut sortir
00:18:49de l'Union Européenne.
00:18:50Mais ça porte un nom
00:18:51comme le Brexit,
00:18:52le Frexit.
00:18:53C'est-à-dire que
00:18:53ce que je dis là,
00:18:55peut-être
00:18:55on ne va pas le faire
00:18:56tout de suite,
00:18:56mais de toute façon
00:18:57c'est comme ça
00:18:58que ça va se terminer
00:18:59parce que
00:18:59les peuples
00:19:00n'en peuvent plus
00:19:01et c'est maintenant
00:19:02une question de moi
00:19:03en fait.
00:19:04Parce que
00:19:06plus on laisse faire
00:19:07cette Union Européenne,
00:19:08plus elle nous nargue.
00:19:10Alors vous avez
00:19:11toute la presse française,
00:19:12toute la presse française,
00:19:13tous les médias français,
00:19:15vous avez
00:19:15tous les hommes politiques français,
00:19:17toutes tendances confondues
00:19:18qui poussent
00:19:19à la mêlée
00:19:20pour que
00:19:21les français
00:19:22ne voient rien,
00:19:23pour que les français
00:19:24restent inconscients
00:19:26et qu'ils continuent
00:19:27à croire
00:19:27à cette promesse
00:19:29qui a porté
00:19:31un cauchemar.
00:19:33Eh bien moi je dis,
00:19:34rien que pour ça
00:19:34je suis content
00:19:35d'être là
00:19:35à CNews avec vous
00:19:36et pour dire
00:19:37à tous les français
00:19:38qui nous écoutent
00:19:38et qui nous regardent,
00:19:41il faut qu'on retrouve
00:19:42notre pays.
00:19:44Il faut qu'on retrouve
00:19:45la maîtrise
00:19:47de nos lois,
00:19:48la maîtrise
00:19:49de nos frontières,
00:19:49la maîtrise
00:19:50de notre justice,
00:19:54la maîtrise
00:19:54de notre agriculture,
00:19:56de notre industrie,
00:19:57de notre énergie.
00:19:59Il faut que la France
00:20:00se retrouve
00:20:01elle-même,
00:20:01qu'elle retrouve
00:20:03sa fierté,
00:20:04sa grandeur,
00:20:06son rang
00:20:07de puissance mondiale.
00:20:10Et moi ce que je dis
00:20:11c'est qu'un pays
00:20:12quand il se retrouve
00:20:13dans la solitude
00:20:17de ses accomplissements
00:20:18millénaires,
00:20:19il se refait très vite.
00:20:21Il refait des tissus
00:20:22conjonctifs très vite.
00:20:23Si demain par exemple
00:20:25on disait
00:20:25on a une agriculture
00:20:27indépendante,
00:20:28vous verriez
00:20:29qu'en quelques années
00:20:31on a à nouveau
00:20:33la première agriculture
00:20:35de l'Europe.
00:20:36Et vous savez
00:20:36ce qui me rassure ?
00:20:37C'est que vous n'avez pas
00:20:38pris un pavé sur la tête.
00:20:40Sur le plateau
00:20:41il y a 21 ans.
00:20:42Peut-être que ça peut arriver
00:20:43dans les prochains mois.
00:20:44Faites attention.
00:20:45C'est Daniel Cohn-Bendit
00:20:46qui vous a menacé.
00:20:47La jurisprudence
00:20:48du pavé sur la tête.
00:20:49Mais attendez,
00:20:49Cohn-Bendit là.
00:20:51Regardez le plateau là.
00:20:53Là il y a tout le monde.
00:20:53C'est la grand-messe.
00:20:55Oui, mais là
00:20:55on est dans une allégorie.
00:20:57Est-ce que vous avez vu
00:20:58l'allégorie ?
00:21:01C'est en fait
00:21:02bourgeois bohème,
00:21:03bobo.
00:21:05C'est messe 68,
00:21:06c'est libéral,
00:21:07libertaire.
00:21:08No border,
00:21:09no limit.
00:21:10No border
00:21:12pour faire du commerce,
00:21:14le capitalisme mondialisé
00:21:16et no limit
00:21:17pour pouvoir
00:21:19déstructurer
00:21:20l'être humain,
00:21:21la famille,
00:21:22etc.
00:21:23Vous voyez ?
00:21:24Donc en fait,
00:21:24entre Cohn-Bendit
00:21:25et Barnier,
00:21:26il y a un point commun.
00:21:27Ils ont tout détruit ensemble.
00:21:29Ça va leur faire plaisir.
00:21:31Et puis,
00:21:32la particularité,
00:21:33c'est qu'il y en a un des deux
00:21:34qui s'est retrouvé à Matignon
00:21:35il y a peu de temps,
00:21:36même deux avec François Bayron.
00:21:38Autre sujet à présent,
00:21:40Philippe,
00:21:41puisqu'il nous reste encore
00:21:43une quarantaine de minutes,
00:21:45il y a quelques jours,
00:21:45les chiffres du chômage
00:21:47sont tombés.
00:21:48Et c'est un sujet essentiel,
00:21:50bien sûr,
00:21:50pour les Français.
00:21:51C'est un sujet également
00:21:52essentiel pour vous.
00:21:53J'en veux pour preuve
00:21:54votre campagne de 1995
00:21:57qui était tournée
00:21:58sur le chômage,
00:21:59sur l'emploi des jeunes.
00:22:00C'était votre priorité.
00:22:01Les chiffres du chômage
00:22:03viennent contredire
00:22:04la promesse d'Emmanuel Macron
00:22:05qui, dès 2017,
00:22:06mais également en 2022,
00:22:09appelait de ses voeux
00:22:11le plein emploi.
00:22:12C'était l'objectif
00:22:13d'Emmanuel Macron.
00:22:14Je vous propose
00:22:15d'écouter deux séquences.
00:22:16On est en 2022.
00:22:17Une avant le résultat
00:22:19de la présidentielle
00:22:20et une après
00:22:21où il l'assurait,
00:22:22en quelque sorte,
00:22:23cette idée du plein emploi.
00:22:26Je pense qu'une augmentation
00:22:27arbitraire
00:22:28par la voie légale du SMIC,
00:22:30elle n'est pas bonne
00:22:31compte tenu du défi
00:22:31de notre pays.
00:22:32Nous, notre défi,
00:22:33c'est d'aller vers
00:22:33le plein emploi.
00:22:34Si on augmente
00:22:35unilatéralement le SMIC,
00:22:37la réalité,
00:22:37c'est qu'on va plutôt
00:22:38détruire de l'emploi
00:22:39et on favorisera
00:22:40ceux qui en ont déjà un
00:22:41ou qui ne sont pas
00:22:42en situation de fragilité.
00:22:43Nous sommes un pays
00:22:44qui, pendant des décennies,
00:22:46a connu le chômage de masse.
00:22:47Ça laisse des traces.
00:22:49Et moi,
00:22:49le cœur de la bataille
00:22:50que je veux mener
00:22:51dans les prochaines années,
00:22:52c'est le plein emploi.
00:22:53Parce que je pense
00:22:53que ça change
00:22:54la vie d'une nation.
00:22:55Ça change le rapport
00:22:56à l'éducation,
00:23:01entre Geoffroy Lejeune.
00:23:02Alors, cher Philippe,
00:23:03pensez-vous que
00:23:05cette mauvaise nouvelle
00:23:06sur le chômage
00:23:06est due à la crise pétrolière
00:23:08qu'on est en train
00:23:08de vivre en ce moment
00:23:09ou est-ce qu'il y a
00:23:10des causes structurelles
00:23:11plus profondes
00:23:12et plus anciennes ?
00:23:13Alors, moi,
00:23:13je pense que l'économie
00:23:15française
00:23:19est asfixiée
00:23:20par trois nœuds coulants.
00:23:22Premier nœud coulant,
00:23:24on peut appeler ça
00:23:25la courbe de l'affaire.
00:23:26Les économistes spécialistes
00:23:28savent ce que c'est
00:23:28que la courbe de l'affaire.
00:23:29C'est une cloche,
00:23:30en fait,
00:23:31qui veut dire
00:23:32qu'il y a un optimum fiscal.
00:23:34C'est-à-dire que
00:23:35si vous voulez tondre le mouton,
00:23:37il ne faut pas le tondre
00:23:39trop longtemps
00:23:39et trop souvent,
00:23:40sinon on vous l'écorchez
00:23:42et il ne rend plus de haine.
00:23:44Bon,
00:23:44c'est un peu notre situation.
00:23:46Vous vous rendez compte
00:23:47qu'Agnès Verdier-Molinier
00:23:49disait avant-hier
00:23:50dans son édito du matin
00:23:52qui est toujours remarquable
00:23:53qu'avant de commencer,
00:23:55l'entreprise,
00:23:56le 1er janvier,
00:23:56elle sait qu'elle va devoir
00:23:57payer au total
00:23:58100 milliards
00:24:01de CVAE,
00:24:02c'est-à-dire la cotisation
00:24:03sur la valeur ajoutée
00:24:04des entreprises,
00:24:05100 milliards,
00:24:05impôts de production.
00:24:07C'est-à-dire qu'en fait,
00:24:08on a le record du monde
00:24:09des prélèvements,
00:24:09on a le record du monde
00:24:10de la dette,
00:24:11on a le record du monde
00:24:12du déficit.
00:24:13Qu'est-ce que ça veut dire
00:24:15concrètement ?
00:24:16Ça veut dire que vous avez
00:24:17la sphère publique
00:24:18qui consomme de la valeur,
00:24:20de la richesse
00:24:20et qui étouffe la sphère privée
00:24:22qui produit la valeur
00:24:24et la richesse.
00:24:25Donc ça ne peut pas coller,
00:24:26ça ne peut pas durer.
00:24:28Deuxième nœud coulant,
00:24:29c'est le nœud coulant
00:24:30des hydrocarbures.
00:24:32L'affaire Dormuz,
00:24:33le détroit Dormuz,
00:24:34c'est comme un caillot
00:24:35sur une artère jugulaire.
00:24:38Mais surtout,
00:24:39c'est un révélateur,
00:24:40un révélateur
00:24:41de notre inconscience,
00:24:42de notre incompétence,
00:24:43de l'inconscience
00:24:44de la classe politique.
00:24:46En 1973,
00:24:47quand il y a eu
00:24:47le premier choc pétrolier,
00:24:51le plan Mesmer
00:24:52a été remarquable
00:24:53et les présidents
00:24:54qui ont suivi
00:24:55ont continué ce plan.
00:24:56Ce plan,
00:24:57il est installé
00:24:59sur un diptyque
00:25:01centrale nucléaire,
00:25:03une cinquantaine à l'époque,
00:25:05hydroélectricité.
00:25:06Et là,
00:25:07qu'est-ce qu'on a fait
00:25:08depuis plusieurs années
00:25:10avec Hollande et Macron ?
00:25:13On a fait l'inverse.
00:25:14On a sacrifié le nucléaire
00:25:17avec la fin de Fessenheim,
00:25:19vous connaissez l'histoire.
00:25:20On a voulu lancer
00:25:22les énergies intermittentes
00:25:24qui coûtent cher
00:25:25et qui ne marchent pas.
00:25:27On s'est fâchés
00:25:28avec les Russes.
00:25:31On a accepté
00:25:32ce que les Américains
00:25:33nous demandaient.
00:25:34Les Américains
00:25:35qui font du gaz de schiste,
00:25:36qui cherchent à vendre
00:25:37leur gaz de schiste,
00:25:38nous ont dit
00:25:38« Sanctions contre la Russie ! »
00:25:41Sanctions !
00:25:41Donc, on s'est coupé
00:25:42du gaz russe
00:25:43et du pétrole russe
00:25:44qui était
00:25:45quatre fois moins cher
00:25:46et quatre fois moins polluant
00:25:48que le GNL américain
00:25:49et maintenant,
00:25:50on consomme du gaz
00:25:51et du pétrole américain.
00:25:52C'est vraiment...
00:25:53Salut l'artiste !
00:25:54Le genre de pipeau
00:25:55du Titanic,
00:25:56de Mozart,
00:25:57de la finance.
00:25:58Et puis,
00:26:00en même temps,
00:26:01autre chose
00:26:02qu'on ne dit jamais,
00:26:04pour faire plaisir
00:26:05aux écolos,
00:26:07on a interdit
00:26:09par une loi
00:26:09en 2011
00:26:10puis en 2017
00:26:12la recherche
00:26:13en hydrocarbures
00:26:16au large
00:26:17de la Guyane.
00:26:19Et on a interdit
00:26:21la facturation hydraulique
00:26:23sur le territoire français
00:26:25sous prétexte
00:26:26de décarbonation,
00:26:27etc.
00:26:29Et on n'a rien fait
00:26:30pour la géothermie
00:26:30qui est une ressource
00:26:31d'avenir.
00:26:33Il suffit
00:26:34de creuser
00:26:35un petit peu
00:26:36pour avoir
00:26:37une énergie
00:26:38infinie.
00:26:42Alors voilà,
00:26:43on a tout faux.
00:26:45Deuxième nœud coulant
00:26:45et le troisième nœud coulant,
00:26:46c'est le plus grave.
00:26:47C'est le nœud coulant
00:26:49de l'offre compétitive
00:26:51et du travail.
00:26:52Je donnerai
00:26:53un seul chiffre.
00:26:56Nous ne produisons
00:26:57que 36%
00:26:59des produits
00:27:00manufacturés
00:27:00que nous consommons.
00:27:04Et là,
00:27:04on revient à l'Europe.
00:27:06C'est qu'en fait,
00:27:07on a mis tous nos œufs
00:27:07dans le même panier
00:27:08que d'un panier européen,
00:27:10c'est-à-dire
00:27:10une Europe
00:27:11qui n'est pas
00:27:11un espace de production,
00:27:13qui n'est plus
00:27:13un espace de production,
00:27:15mais qui est un espace
00:27:15de consommation.
00:27:17Réfléchissez à ça.
00:27:19Et deuxièmement,
00:27:20un espace de consommation
00:27:21qui n'est pas protégé.
00:27:22C'est le seul espace
00:27:23du monde
00:27:24qui n'est pas protégé.
00:27:26Parce que le mot douane
00:27:27avec le cercle
00:27:28de la raison,
00:27:29c'est encore un péché.
00:27:30Un péché sémantique.
00:27:32Voilà.
00:27:33Autre sujet à présent,
00:27:34on va parler de la GPA,
00:27:36la gestation pour autrui.
00:27:38Gabriel Attal a annoncé,
00:27:39vous le savez,
00:27:40Philippe de Villiers,
00:27:41sa candidature
00:27:41à l'élection présidentielle.
00:27:43Il a aussi insisté
00:27:45sur un des points
00:27:46de son programme,
00:27:46la légalisation
00:27:47de la gestation
00:27:48pour autrui.
00:27:48Ce qui n'est pas du goût
00:27:49de la porte-parole
00:27:51du gouvernement,
00:27:52Maude Brejon,
00:27:53qui est pourtant
00:27:53Maude Brejon
00:27:54dans le même parti
00:27:55que Gabriel Attal.
00:27:57Elle considère
00:27:58qu'elle y est
00:27:59extrêmement défavorable,
00:28:01que c'est une mesure
00:28:02qui, à ses yeux,
00:28:03va à l'encontre
00:28:04du féminisme
00:28:04que l'on doit porter
00:28:05en 2026.
00:28:06C'est un point
00:28:07sur lequel,
00:28:07s'il est confirmé,
00:28:08je suis en total
00:28:09désaccord, dit-elle.
00:28:10Je ne sais pas
00:28:11ce que signifie éthique,
00:28:12la maternité,
00:28:13la parentalité.
00:28:14C'est quelque chose
00:28:14de très personnel.
00:28:16Je ne comprends pas
00:28:18dans quel cadre
00:28:19on imagine
00:28:19pouvoir mettre
00:28:20à disposition
00:28:21le ventre des femmes,
00:28:22que ce soit rémunéré
00:28:24ou pas, je crois.
00:28:25Que pensez-vous,
00:28:25Philippe,
00:28:26de cette proposition
00:28:26de Gabriel Attal
00:28:27de légiférer
00:28:28sur la GPA ?
00:28:30C'est la machine
00:28:31à cran qui continue.
00:28:34En 1974,
00:28:36il y a eu
00:28:36l'avortement
00:28:37et on nous a expliqué
00:28:38que ce ne sera
00:28:39que dans des cas
00:28:40exceptionnels,
00:28:41on va protéger
00:28:41la vie et surtout
00:28:42on va protéger
00:28:42la famille,
00:28:44un homme et une femme
00:28:45et des enfants.
00:28:48Et derrière,
00:28:50on a eu
00:28:52le PAX.
00:28:53Et quand on a eu
00:28:54le PAX,
00:28:55on nous a expliqué
00:28:56oui mais
00:28:58on s'arrêtera là.
00:29:00On n'ira pas
00:29:00au mariage
00:29:01pour les couples
00:29:01sexuels.
00:29:02Et on a eu
00:29:03le mariage
00:29:04pour tous.
00:29:062013.
00:29:08Mais là,
00:29:08on nous a dit
00:29:09attention,
00:29:09mariage pour tous,
00:29:10oui mais jamais
00:29:12l'adoption.
00:29:13Et on a eu
00:29:14la PMA,
00:29:15l'adoption.
00:29:16Et maintenant,
00:29:17on a un Premier ministre
00:29:18qui est en campagne.
00:29:19Je félicite
00:29:20Maude Brogeon
00:29:20pour son courage
00:29:22et son communiqué
00:29:23qui est très fin,
00:29:24très subtil
00:29:25et très juste.
00:29:27Un Premier ministre
00:29:28qui en fait
00:29:28un article clé
00:29:29de son programme.
00:29:31Alors,
00:29:32qu'est-ce que la GPA ?
00:29:33J'ai écouté
00:29:35récemment
00:29:36une des incarnations
00:29:37de la chaîne,
00:29:38Marie-Estelle Dupont.
00:29:39Cette femme
00:29:40est sublime.
00:29:42Ce qu'elle a dit,
00:29:43c'est remarquable.
00:29:44Je ne vais faire
00:29:45que le reprendre.
00:29:46La GPA,
00:29:47c'est en fait
00:29:48la marchandisation
00:29:49du vivant.
00:29:50C'est-à-dire,
00:29:51en fait,
00:29:51c'est la vente
00:29:51d'un enfant.
00:29:52C'est-à-dire,
00:29:53un bébé conçu
00:29:55et pré-vendu
00:29:56pour être arraché
00:29:58à sa mère
00:29:58à son premier souffle.
00:30:00Avec une mère,
00:30:02la femme,
00:30:03qui devient
00:30:04un incubateur humain
00:30:06avec tous les risques
00:30:07que ça comporte.
00:30:08Quant à la GPA éthique,
00:30:10parlons-en de la GPA éthique.
00:30:12La GPA éthique,
00:30:14c'est une imposture.
00:30:16Pourquoi ?
00:30:17Parce que la neuroscience,
00:30:19la pédiatrie,
00:30:21l'embryologie,
00:30:22dans leurs études
00:30:23les plus récentes,
00:30:24ont démontré,
00:30:26et ça,
00:30:27ça change tout,
00:30:29que la femme
00:30:31qui porte l'enfant
00:30:33conserve pendant 27 ans
00:30:34des tissus de l'enfant.
00:30:37Et donc,
00:30:37c'est ce qui crée
00:30:38ce lien
00:30:39pendant la grossesse
00:30:40entre la mère
00:30:41et l'enfant.
00:30:44Voilà pour la GPA éthique.
00:30:46En fait,
00:30:47je vais vous dire,
00:30:47c'est très simple.
00:30:50Il se dit progressiste,
00:30:52Attal.
00:30:53Il nous précipite
00:30:54dans l'abîme,
00:30:55lui aussi,
00:30:56comme tant d'autres.
00:30:57Nous nous assistons
00:30:58impuissants
00:30:59à la déshumanisation
00:31:02du monde
00:31:02par l'effacement
00:31:04planifié
00:31:05du visage de l'homme.
00:31:09On a
00:31:10on a complètement perdu
00:31:12la notion
00:31:12de la famille.
00:31:13On est dans une hérésie
00:31:15anthropologique
00:31:15sur le père,
00:31:16la mère.
00:31:17On voit ce que c'est
00:31:18qu'une société sans père,
00:31:19une société sans mère,
00:31:20une société sans filiation.
00:31:21Et en fait,
00:31:22le progressisme,
00:31:23c'est un exotisme
00:31:25qui fabrique
00:31:25un homme
00:31:26sans parenté,
00:31:28créancier
00:31:29et débiteur du vide.
00:31:32parlons de la sécurité
00:31:33à présent,
00:31:33parce que ça va être
00:31:35le sujet du week-end,
00:31:36bien sûr.
00:31:37Demain,
00:31:38Paris sera une capitale
00:31:39à défendre,
00:31:40soir de finale
00:31:42de Ligue des Champions.
00:31:43Philippe De Villiers,
00:31:45beaucoup de responsables
00:31:46politiques craignent
00:31:47ce qu'ils appellent
00:31:47des débordements
00:31:49après la rencontre.
00:31:50C'est un euphémisme,
00:31:51car tous les observateurs
00:31:52se souviennent
00:31:53de la soirée
00:31:54de KO
00:31:55il y a un an.
00:31:56Je vous propose
00:31:57d'écouter Laurent Nouniez,
00:31:58parce qu'on a vu
00:31:59ce que pouvait être
00:32:00une soirée historique
00:32:03footballistique festive
00:32:04avec Lens
00:32:05la semaine dernière
00:32:06et on espère
00:32:08vivre la même chose
00:32:09ce week-end.
00:32:10Écoutez Laurent Nouniez.
00:32:11Sur la chaîne
00:32:12que vous représentez,
00:32:13on parle beaucoup
00:32:14de la célébration
00:32:15des Lensois,
00:32:16mais nous savions
00:32:17qu'à Lens,
00:32:17les choses allaient bien se passer
00:32:18et nous savons
00:32:19qu'elles pourraient moins
00:32:20bien se passer
00:32:20pour une célébration
00:32:21du Paris Saint-Germain
00:32:22parce que parfois,
00:32:23vous n'avez pas
00:32:23le même public.
00:32:24Parfois,
00:32:24vous avez sur ces célébrations
00:32:26à Paris
00:32:26un public qui vient
00:32:27une minorité de personnes,
00:32:29une minorité de personnes,
00:32:30quelques centaines de personnes,
00:32:31mais qui viennent
00:32:32pour faire créer
00:32:33le désordre
00:32:34et faire en sorte
00:32:34qu'il y ait des débordements.
00:32:35Ça n'est pas tout à fait
00:32:36le même public,
00:32:37effectivement.
00:32:38Alors nous,
00:32:38on se prépare.
00:32:39On va être très court.
00:32:40Je crois le...
00:32:41C'est une question
00:32:41pour le supporter d'Arsenal
00:32:43que vous êtes.
00:32:43Comment appréhendez-vous
00:32:44cette soirée, Philippe ?
00:32:45Il est supporter d'Arsenal ?
00:32:46Mais non,
00:32:46c'est une plaisanterie.
00:32:52Il y a plusieurs coins
00:32:53de France.
00:32:54On a vu ça
00:32:55cette semaine.
00:32:58Il y a un coin
00:32:59qui rit
00:32:59à Bègle,
00:33:00Bordeaux,
00:33:02le canot à la main,
00:33:03dans le meilleur esprit français,
00:33:06le rugby.
00:33:09Il y a un petit coin
00:33:10de France
00:33:10qui prie
00:33:13et qui médite
00:33:14et qui supplie
00:33:15à Chartres
00:33:17les 20 000 pèlerins.
00:33:19Et il y a un coin
00:33:21de France
00:33:21qui exulte
00:33:24à Lens.
00:33:26Ça m'a beaucoup frappé
00:33:27à Lens,
00:33:28comme chacun d'entre nous.
00:33:29Ils sont là
00:33:29coude à coude.
00:33:31C'est une vague humaine,
00:33:32une marée humaine,
00:33:34sang et or,
00:33:36qui se retournent
00:33:37vers un monde révolu
00:33:38qu'ils chantent.
00:33:40Le nord,
00:33:41c'était les corons.
00:33:41La terre,
00:33:42c'était le charbon.
00:33:45et ils chantent
00:33:46ce monde révolu
00:33:48de la mine,
00:33:49du grisou,
00:33:50des terrils
00:33:51qui sont leurs montagnes.
00:33:57Avec le papa
00:33:58qui part le matin,
00:34:01qui reviendra
00:34:02en gueule noire
00:34:02le soir,
00:34:04le visage noirci,
00:34:05qui part le matin
00:34:06avec sa petite cage,
00:34:07avec un colibri
00:34:08dans la cage
00:34:08pour aller au fond
00:34:09de la mine
00:34:10parce que le colibri,
00:34:11c'est la sentinelle
00:34:12en cas de suffocation.
00:34:16Et ils chantent
00:34:17Bachelet
00:34:18et notre enfance
00:34:19était heureuse.
00:34:22Ils ne demandent
00:34:22à rien d'autre.
00:34:23Ils ont la victoire,
00:34:24ils ont la fierté
00:34:25retrouvée.
00:34:27La fierté
00:34:28des frères Lèche,
00:34:29etc.
00:34:29Vous n'avez pas connu ça,
00:34:30mais j'ai connu moi.
00:34:31Je me souviens
00:34:32quand je faisais
00:34:33des meetings à Lens,
00:34:34on m'offrait,
00:34:35ils ne savaient pas
00:34:35quel cadeau
00:34:36m'offrir,
00:34:37ils disaient
00:34:37et on lui offre
00:34:38le maillot.
00:34:39Et chez moi,
00:34:39j'ai des maillots
00:34:40du Racing Club
00:34:41de Lens.
00:34:42Magnifique.
00:34:45Alors,
00:34:46évidemment,
00:34:47on pense
00:34:47à ce qui va se passer
00:34:48demain.
00:34:52Et déjà,
00:34:54comme dirait
00:34:55mon petit-fils,
00:34:56j'hallucine.
00:34:58On est à 1500 kilomètres
00:34:59d'un match
00:35:00de foot
00:35:01et on a
00:35:0222 000 policiers.
00:35:03Le monde entier
00:35:04nous regarde
00:35:06avec effarement
00:35:07et ils font répéter
00:35:08nos journalistes,
00:35:09pas à cause
00:35:10de la barrière
00:35:11de la langue,
00:35:12mais parce qu'ils disent
00:35:12non mais attends,
00:35:13ce peuple est fou ou quoi ?
00:35:16Leurs dirigeants
00:35:17sont fous ou quoi ?
00:35:18Ou alors,
00:35:18qu'est-ce qui se passe ?
00:35:19Ils ont changé de peuple.
00:35:22Cherchez l'explication.
00:35:25Et donc,
00:35:26en fait,
00:35:29on a vécu
00:35:30l'année dernière,
00:35:32le 31 mai,
00:35:33une soirée
00:35:35d'émeute,
00:35:37un moment
00:35:40d'épouvante,
00:35:44inouï,
00:35:46où chacun
00:35:48se disait
00:35:50tout à coup
00:35:53la vie
00:35:54n'est plus la vie,
00:35:55elle n'est plus
00:35:57qu'effarement
00:35:57et peur,
00:36:01le foot
00:36:02n'est plus le foot,
00:36:03la fête
00:36:03n'est plus la fête,
00:36:04Paris n'est plus Paris,
00:36:05la France n'est plus la France.
00:36:08Et on a vécu
00:36:09l'année dernière
00:36:12un grand basculement.
00:36:14Pourquoi ?
00:36:15Parce qu'on a vécu
00:36:16une manifestation inédite
00:36:17de tribalisme,
00:36:19de conquête territoriale,
00:36:20avec trois gestes
00:36:23que l'histoire
00:36:23retiendra.
00:36:25Trois gestes
00:36:26de conquête
00:36:27invasive.
00:36:27Le premier geste
00:36:29de conquête
00:36:29invasive,
00:36:30c'est le pillage.
00:36:31Non plus
00:36:33un pillage
00:36:33comme avant,
00:36:35un pillage
00:36:36de vitrine,
00:36:37un pillage
00:36:37comme on disait
00:36:38du temps de Clovis
00:36:39après la bataille
00:36:40de Soissons,
00:36:41de robrie,
00:36:42de dérobrie
00:36:42pour s'enrichir.
00:36:44Non,
00:36:44un pillage
00:36:45de sanctions,
00:36:47un pillage
00:36:48de jouissance punitive,
00:36:49un pillage
00:36:50qui est
00:36:50une sorte
00:36:51d'exutoire,
00:36:52de révélateur
00:36:54de revanche
00:36:55post-coloniale
00:36:57sur le thème
00:36:57« Vous êtes venus
00:36:58chez nous,
00:36:59on vient chez vous,
00:37:00c'est le match retour. »
00:37:02C'est ça ce pillage
00:37:03l'année dernière
00:37:04pour tous les sociologues
00:37:05qui ont regardé de près
00:37:07ce qui s'est passé.
00:37:08Deuxième geste
00:37:09de conquête invasive,
00:37:10c'est encore plus frappant,
00:37:11c'est la confrontation.
00:37:13C'est-à-dire en fait
00:37:14la police nationale,
00:37:15la police française
00:37:17considérée
00:37:18comme une bande rivale
00:37:19par des gens
00:37:20qui ne cherchent plus
00:37:20l'esquive
00:37:21comme avant.
00:37:22On joue à cache-cache
00:37:23avec la police,
00:37:24non,
00:37:24ils cherchent
00:37:24l'affrontement,
00:37:25ils cherchent
00:37:26la peur,
00:37:26ils cherchent
00:37:26à faire reculer
00:37:27les voitures de police
00:37:28comme pour la demi-finale.
00:37:30Et enfin,
00:37:31troisième geste
00:37:35de conquête invasive,
00:37:36c'est le plus lourd,
00:37:38le plus important,
00:37:39c'est le jeu
00:37:40des consignes
00:37:41de la préfecture
00:37:41de police
00:37:42et du ministre
00:37:42de l'Intérieur.
00:37:43Restez chez vous.
00:37:45Ce mot-là,
00:37:47cette,
00:37:47comment dirais-je,
00:37:49ce commandement impérieux,
00:37:51cette instruction
00:37:52donnée à tous
00:37:53les Parisiens,
00:37:53restez chez vous.
00:37:54Ça veut dire
00:37:55la rue n'est plus
00:37:56à vous.
00:37:57Vous n'êtes plus
00:37:58chez vous.
00:37:59Si on dit
00:38:00restez chez vous,
00:38:00c'est parce que
00:38:01vous n'êtes plus
00:38:01tout à fait chez vous.
00:38:03Alors on voit
00:38:03les commerçants,
00:38:04là tout à l'heure
00:38:04je voyais
00:38:04des contreplaqués
00:38:05partout.
00:38:07Ah,
00:38:08les fabricants
00:38:08de contreplaqués
00:38:09sont ravis.
00:38:11Pour se protéger
00:38:13et les gens
00:38:13vont se calfotrer,
00:38:14les Parisiens
00:38:15vont se calfotrer
00:38:15et attendre,
00:38:17et attendre.
00:38:19Qu'est-ce que
00:38:19ça veut dire ?
00:38:21Restez chez vous,
00:38:21ça veut dire
00:38:22que le chez-soi
00:38:24change de résident
00:38:26que le souverain
00:38:28change de titulaire.
00:38:30Et c'est le passage
00:38:31qu'on avait prédit
00:38:34du confinement sanitaire,
00:38:37bien connu,
00:38:38hélas,
00:38:38de nos services,
00:38:40au confinement sécuritaire.
00:38:42c'est le début
00:38:43du confinement sécuritaire.
00:38:45Voilà ce qui est
00:38:46devant nous,
00:38:47voilà ce qui est
00:38:47derrière nous.
00:38:48Et en fait,
00:38:49je voudrais dire
00:38:51à tous ces politiciens
00:38:52qui nous gouvernent
00:38:54ou qui font mine
00:38:55de s'opposer,
00:38:56vous êtes tous coupables,
00:38:58tous responsables,
00:38:59tous complices,
00:39:01parce que la politique
00:39:02de la ville,
00:39:03c'est vous,
00:39:04c'est une faillite.
00:39:06vous avez supprimé
00:39:07le mot assimilation,
00:39:09vous parlez maintenant
00:39:10de l'intégration,
00:39:12c'est un crime,
00:39:14il n'y a pas d'intégration,
00:39:15il y a une désintégration.
00:39:16Vous avez parlé
00:39:17d'insertion,
00:39:18vous avez parlé
00:39:19de société inclusive,
00:39:20le rapport Tua en 2003,
00:39:21société inclusive,
00:39:22je t'en foutrais
00:39:23de la société inclusive.
00:39:25et on a aujourd'hui
00:39:26un climat de pré-gare civile.
00:39:30Philippe de Villiers,
00:39:31parlons du pape à présent
00:39:32et de l'intelligence artificielle.
00:39:35Pour tout vous dire,
00:39:35jamais je ne me serais imaginé
00:39:37de vous poser la question
00:39:39autour et de l'intelligence artificielle
00:39:40et du pape.
00:39:41Léon XIV a choisi
00:39:42de publier son encyclique
00:39:44sur l'intelligence artificielle,
00:39:45c'était le 15 mai dernier,
00:39:47à une date considérée par lui
00:39:48comme symbolique.
00:39:49Avant de vous donner la parole,
00:39:51Philippe de Villiers,
00:39:52Pascal Praud,
00:39:53cette semaine,
00:39:53en a parlé,
00:39:53longuement.
00:39:54Il a reçu un spécialiste
00:39:57de l'intelligence artificielle
00:39:59qui voit à travers
00:40:00l'intelligence artificielle
00:40:03une sorte de fond de civilisation.
00:40:05Je vous propose
00:40:05d'écouter Laurent Alexandre.
00:40:07Le pape a raison.
00:40:09On débute
00:40:09une réflexion philosophique,
00:40:12religieuse,
00:40:13pour les croyants,
00:40:15existentielle,
00:40:17politique,
00:40:17sur ce sujet.
00:40:19Quel va être notre rapport
00:40:20avec l'intelligence artificielle
00:40:21au moment où,
00:40:22comme l'explique
00:40:23le créateur
00:40:24des intelligences artificielles
00:40:25modernes,
00:40:25Geoffrey Hinton,
00:40:26le prix Nobel
00:40:27de physique,
00:40:28nous ne sommes plus
00:40:29l'espèce la plus intelligente
00:40:31sur Terre,
00:40:31mais nous sommes la deuxième espèce
00:40:33la plus intelligente sur Terre
00:40:34derrière l'intelligence artificielle.
00:40:35Ce moment
00:40:36est un moment fondamental
00:40:38dans notre histoire
00:40:39et c'est pour ça
00:40:40que le pape a choisi
00:40:41ce moment
00:40:42de notre dépassement global
00:40:43par l'intelligence artificielle
00:40:44pour prendre position
00:40:45sur la place
00:40:47de la dignité humaine
00:40:48par rapport
00:40:49à l'intelligence artificielle
00:40:50qui nous dépasse maintenant.
00:40:52Geoffroy Lejeune.
00:40:53Alors,
00:40:53le pape a choisi
00:40:54le 15 mai
00:40:55pour signer cette encyclique
00:40:56date symbolique.
00:40:57Pourquoi, selon vous,
00:40:58est-elle symbolique ?
00:40:59Alors,
00:41:00elle est symbolique
00:41:01parce que
00:41:01le 15 mai,
00:41:02c'est la signature
00:41:04de l'encyclique
00:41:06du pape Léon XIII
00:41:09qui s'appelle
00:41:10Rerum Novarum.
00:41:13Et cette encyclique,
00:41:14en fait,
00:41:16elle a défrayé la chronique
00:41:19au XIXe siècle
00:41:22parce qu'elle a fondé
00:41:23ce qu'on appelle aujourd'hui
00:41:24la doctrine sociale
00:41:25de l'Église.
00:41:28Et elle a mis en garde
00:41:30le monde
00:41:33contre les méfaits
00:41:35de la dissociation
00:41:35du capital
00:41:36et du travail.
00:41:37À l'époque
00:41:38de la révolution industrielle.
00:41:41Le pape
00:41:42protège
00:41:43les pauvres,
00:41:44les plus pauvres,
00:41:45ceux qui sont
00:41:45les victimes
00:41:46du capitalisme
00:41:47prédateur
00:41:48et du socialisme
00:41:50collectiviste.
00:41:52Et donc,
00:41:52dans cette encyclique,
00:41:54il renvoie
00:41:54dos à dos
00:41:55le capitalisme libéral,
00:41:56le renard libre
00:41:57dans le poulailler libre
00:41:57et
00:41:59le socialisme
00:42:00collectiviste,
00:42:01c'est-à-dire
00:42:01l'appropriation
00:42:02collective
00:42:02des moyens de production.
00:42:05Et il a
00:42:06une phrase clé
00:42:09qui rétablit
00:42:10l'idée
00:42:10de la propriété
00:42:11au sens traditionnel,
00:42:12non pas
00:42:13l'article 544
00:42:14du Code civil,
00:42:15le droit d'abuser,
00:42:16d'user,
00:42:16etc.
00:42:18La propriété
00:42:20manifeste
00:42:20la priorité
00:42:21ontologique
00:42:21et théologique
00:42:23et thééologique
00:42:24de l'homme
00:42:24sur la société,
00:42:25mais elle ne se justifie
00:42:26que si elle a
00:42:27une fonction sociale,
00:42:28saint Thomas d'Aquin.
00:42:31Et là,
00:42:32en fait,
00:42:33il met ses pas
00:42:34dans les pas
00:42:35des catholiques sociaux
00:42:36qu'ont été les premiers
00:42:37avant Karl Marx
00:42:38à dénoncer
00:42:39les enfants
00:42:40dans les usines,
00:42:40notamment le docteur
00:42:41Villermé,
00:42:42le prêt,
00:42:42la cour du pain,
00:42:43etc.
00:42:44Et c'est encyclique
00:42:45qu'on en parle
00:42:46encore aujourd'hui.
00:42:47Et donc,
00:42:47en fait,
00:42:47là,
00:42:47ce qu'il a dit,
00:42:48le pape,
00:42:48c'est très courageux,
00:42:50c'est très fort,
00:42:51l'expression incroyable,
00:42:53désarmer l'IA.
00:42:55Ça veut dire,
00:42:56vous pouvez en faire
00:42:57un outil,
00:42:58mais pas une arme.
00:43:00Alors que c'est le danger.
00:43:02L'intelligence artificielle
00:43:03est-elle,
00:43:04selon vous,
00:43:04une opportunité
00:43:06ou un danger
00:43:07pour l'humanité,
00:43:08Philippe de Villiers ?
00:43:09Alors,
00:43:09d'abord,
00:43:10je voudrais faire
00:43:11deux observations
00:43:14pour répondre
00:43:15à votre question.
00:43:16La première,
00:43:16c'est que,
00:43:17sur le mot
00:43:18intelligence artificielle,
00:43:19c'est un mot
00:43:21curieux,
00:43:22une expression curieuse
00:43:23parce que,
00:43:24en fait,
00:43:26c'est un oxymore
00:43:27puisque ce qui est
00:43:29artificiel,
00:43:31c'est ce qui est créé,
00:43:32programmé
00:43:32par l'intelligence humaine.
00:43:35Bon.
00:43:36Ensuite,
00:43:37deuxième observation,
00:43:39dans toutes les ruptures
00:43:40technologiques
00:43:41dans l'histoire
00:43:41de l'humanité,
00:43:42le réflexe
00:43:43a été toujours le même.
00:43:45Il y a deux tentations.
00:43:46Il y a la tentation
00:43:47d'hémurgique,
00:43:48la techno-béatitude,
00:43:50et la tentation
00:43:51amiche,
00:43:52la techno-phobie,
00:43:53le repli
00:43:54sur la communauté
00:43:58où on s'enferme
00:43:59contre l'idée
00:44:00du progrès.
00:44:01Platon raconte
00:44:02que Socrate,
00:44:03lorsqu'il a vu arriver
00:44:04l'écriture,
00:44:05était très inquiet
00:44:06parce qu'il a
00:44:07éroder la mémoire.
00:44:09Donc,
00:44:09c'est vieux
00:44:10comme l'histoire,
00:44:11comme les Grecs
00:44:11et les Romains.
00:44:13Seulement,
00:44:14là,
00:44:14je ne suis pas d'accord
00:44:15avec ceux qui font
00:44:16l'assimilation
00:44:17entre l'imprimerie
00:44:18et l'intelligence artificielle.
00:44:20On est sur une différence
00:44:21de degrés
00:44:21mais aussi de nature
00:44:22avec des conséquences
00:44:23très lourdes.
00:44:24C'est-à-dire que
00:44:24ce n'est plus
00:44:25le mythe
00:44:28faustien
00:44:29de l'homme
00:44:30qui veut dérober
00:44:31la vie,
00:44:32ce n'est plus
00:44:33le mythe promettien
00:44:34de l'homme
00:44:35qui veut dérober
00:44:35le feu,
00:44:37c'est
00:44:40le mythe
00:44:40du savant fou,
00:44:42de Frankenstein,
00:44:44une tentative
00:44:45de recréation
00:44:46de l'homme
00:44:47et en tout cas
00:44:48la créature
00:44:49qui échappe
00:44:50à son créateur
00:44:52et qui,
00:44:53après l'avoir
00:44:53domestiqué,
00:44:54le menace.
00:44:55C'est ça le résumé
00:44:56de l'intelligence artificielle
00:44:57aujourd'hui
00:44:58en ces dangers.
00:45:01Alors,
00:45:01le premier danger,
00:45:02c'est évidemment
00:45:03la crainte
00:45:03d'un futur dystopique.
00:45:06Est-ce que c'est
00:45:07l'homme
00:45:07qui va contrôler
00:45:07la machine
00:45:08ou la machine
00:45:08qui va contrôler
00:45:09l'homme ?
00:45:11Sam Altman,
00:45:11le créateur
00:45:13de ChatGPT,
00:45:15a un mot d'esprit
00:45:16qui me paraît
00:45:17très juste.
00:45:17Il dit
00:45:18« Nous autres,
00:45:18les hommes,
00:45:19désormais nous savons
00:45:20que nous sommes
00:45:23la deuxième espèce
00:45:25la plus intelligente
00:45:27sur cette Terre
00:45:28derrière
00:45:28l'intelligence artificielle. »
00:45:31Et donc là,
00:45:32il y a la question
00:45:33qui se pose
00:45:34est-ce que
00:45:35nous allons
00:45:37pouvoir préserver
00:45:38notre autonomie
00:45:40intellectuelle
00:45:40et psychique
00:45:42est-ce qu'on
00:45:44ne va pas
00:45:44être complice
00:45:45de ce qu'on
00:45:46pourrait appeler
00:45:47une délocalisation
00:45:48cognitive ?
00:45:49C'est ça
00:45:50le danger.
00:45:51Ensuite,
00:45:52il y a la question
00:45:53de la destruction,
00:45:55du pouvoir
00:45:56de destruction
00:45:56sans limite
00:45:57de l'intelligence
00:45:58artificielle,
00:45:59destruction sociale.
00:46:01C'est-à-dire
00:46:01que la loi
00:46:02de Schumpeter
00:46:03ne marche plus.
00:46:04La loi
00:46:04de Schumpeter,
00:46:05c'est la destruction
00:46:06créatrice.
00:46:07Ça ne marche plus.
00:46:08Pourquoi ?
00:46:08Parce que là,
00:46:09le travail va devenir
00:46:10de plus en plus rare
00:46:11et dans des fonctions
00:46:11peu lucratives.
00:46:13Pourquoi ?
00:46:14Parce que comme
00:46:14l'ont très bien dit
00:46:16Laurent Alexandre
00:46:17et Olivier Babot,
00:46:20qui sont des esprits
00:46:21éminents sur cette question,
00:46:23en fait,
00:46:24on est devant
00:46:24deux révolutions
00:46:25qui se recoupent.
00:46:27La révolution
00:46:28de la robotique
00:46:28et la révolution
00:46:29de l'intelligence artificielle.
00:46:30Pourquoi elles se recoupent ?
00:46:32Parce qu'on est en train
00:46:33d'équiper maintenant
00:46:36les robots
00:46:36d'intelligence artificielle.
00:46:38Ça veut dire
00:46:39qu'en fait,
00:46:39on aura des robots
00:46:40hyper intelligents
00:46:41qui vont entrer
00:46:42dans la vie sociale
00:46:43et qui vont prendre
00:46:45toute leur place
00:46:46avec leur intelligence.
00:46:48Et ça,
00:46:48évidemment,
00:46:49ça change tout.
00:46:49Pourquoi ça change tout ?
00:46:50Parce que la différence
00:46:51entre les métiers intellectuels
00:46:52et les métiers manuels
00:46:53s'efface.
00:46:54Parce que la différence
00:46:55entre capital
00:46:57et travail
00:46:57s'efface.
00:46:58Pourquoi ?
00:46:58Parce qu'il y aura
00:46:59beaucoup de capital
00:46:59et très peu de travail.
00:47:01C'est tellement vrai
00:47:02que les géants
00:47:03de la Silicon Valley
00:47:04disent
00:47:04qu'il faut prévoir
00:47:06300 millions de chômeurs
00:47:07et donc
00:47:08il faut un revenu universel
00:47:11parce que la richesse
00:47:12produite permettra
00:47:13de tenir les gens
00:47:14tranquilles chez eux.
00:47:15Bon.
00:47:17Enfin et surtout,
00:47:19ce que craint le pape,
00:47:20et il a raison,
00:47:21et tant d'autres
00:47:22avec lui,
00:47:24c'est l'agenda transhumaniste.
00:47:27L'agenda transhumaniste,
00:47:28c'est quoi ?
00:47:28C'est l'idée
00:47:29de fabriquer
00:47:29une humanité nouvelle,
00:47:30une humanité
00:47:34immortelle.
00:47:35C'est-à-dire en fait
00:47:36l'homme hybride,
00:47:37prothésé
00:47:38de partout.
00:47:40La post-humanité,
00:47:41qu'est-ce que ça veut dire ?
00:47:42La post-humanité,
00:47:43c'est l'hypothèse
00:47:43dans laquelle
00:47:45une intelligence
00:47:46artificielle
00:47:47surhumaine
00:47:50en viendrait
00:47:51à pouvoir
00:47:54s'améliorer
00:47:55elle-même
00:47:57par une démarche
00:48:01récursive
00:48:02et exponentielle.
00:48:03Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:48:04Ça veut dire qu'à ce moment-là,
00:48:06le progrès n'est plus
00:48:07contrôlable,
00:48:08le progrès n'est plus prévisible,
00:48:09ça va trop vite
00:48:10pour l'homme.
00:48:16en pensant à l'intelligence artificielle,
00:48:18je pense à la réponse
00:48:20et la réponse
00:48:20elle est dans Pascal.
00:48:23Incroyable ce que Pascal a dit
00:48:26et c'est loin de nous pourtant.
00:48:28Il a dit
00:48:29voilà,
00:48:31l'homme est un roseau,
00:48:33le plus faible de la nature
00:48:35mais c'est un roseau pensant.
00:48:39il ne faut pas que
00:48:41l'univers
00:48:42s'arme
00:48:43pour l'écraser.
00:48:46Une nappe d'eau,
00:48:49un petit coup de vent
00:48:51suffit à le tuer.
00:48:53Mais si
00:48:56l'univers
00:48:57venait
00:48:59à chercher
00:49:00à l'écraser,
00:49:02l'homme
00:49:03serait encore
00:49:04le plus noble,
00:49:05par rapport à ceux
00:49:06qui le tuent,
00:49:08parce que lui
00:49:09sait qu'il est mortel
00:49:11alors que
00:49:11l'avantage
00:49:12que l'univers
00:49:13a sur lui,
00:49:15l'univers
00:49:16n'en sait rien.
00:49:18Pascal.
00:49:20Après Pascal,
00:49:21on va parler de Mathieu,
00:49:22Mathieu Bocoté
00:49:23qui
00:49:24dans un livre
00:49:25d'entretien
00:49:25avec Laurent Dandrieu
00:49:26se dévoile
00:49:28de manière inédite
00:49:29sur ses origines familiales
00:49:30son engagement
00:49:30passionné
00:49:31pour l'indépendance
00:49:32du Québec
00:49:33aux éditions Fayard.
00:49:34Vous m'aviez confié,
00:49:36Philippe,
00:49:37que vous aviez lu
00:49:38ce livre
00:49:38et que vous l'aviez dévoré.
00:49:41Pourquoi souhaitiez-vous
00:49:42en parler ce soir,
00:49:43cher Philippe ?
00:49:45D'abord,
00:49:46parce que j'ai
00:49:46une immense admiration
00:49:48comme chacun d'entre vous
00:49:49pour Mathieu Bocoté.
00:49:53C'est le seul sociologue
00:49:54du monde
00:49:55que je comprends.
00:49:56Et non seulement
00:49:57je le comprends,
00:49:57mais je l'admire.
00:49:58Ce livre est admirable.
00:50:02je l'ai lu
00:50:02d'une traite
00:50:04et pourquoi
00:50:05pour moi
00:50:05il est admirable
00:50:06parce qu'en fait
00:50:07il y a deux Nouvelle-France.
00:50:08Il y a celle
00:50:08de Mélenchon
00:50:10et il y a celle
00:50:11de Bocoté
00:50:11et celle de Bocoté
00:50:12préférable.
00:50:13La Nouvelle-France
00:50:14de Mathieu Bocoté
00:50:15dont il parle,
00:50:16c'est la sienne.
00:50:17En fait,
00:50:17c'est le nom
00:50:18du Québec.
00:50:211534,
00:50:22il explique bien
00:50:22dans son livre
00:50:23tout ça.
00:50:24Jacques Cartier,
00:50:26la découverte
00:50:27du fleuve Saint-Laurent,
00:50:27puis 1608,
00:50:31c'est la fondation
00:50:32du Québec.
00:50:35Hélas,
00:50:36hélas,
00:50:371763,
00:50:38la France
00:50:39largue
00:50:40ce que Voltaire
00:50:41appellera
00:50:41les arpents de neige.
00:50:43Donc le Québec,
00:50:44la Cadie
00:50:44et la Louisiane
00:50:46alors qu'on était
00:50:46la première puissance américaine.
00:50:49Et
00:50:50qu'est-ce qui est intéressant
00:50:52dans ce livre
00:50:52et novateur ?
00:50:53C'est que lui,
00:50:55l'homme
00:50:55de la Nouvelle-France
00:50:59menacé aujourd'hui
00:51:00dans sa souveraineté,
00:51:01dans sa démographie,
00:51:02dans son identité,
00:51:04puisque le catholicisme
00:51:05s'effondre,
00:51:05etc.,
00:51:06il nous dit
00:51:06attention,
00:51:07moi j'ai vécu ça.
00:51:08Et donc,
00:51:09l'homme
00:51:10de la Nouvelle-France,
00:51:11de l'autre côté
00:51:11de l'Atlantique,
00:51:12dit aux hommes
00:51:14de l'ancienne France,
00:51:16prenez garde,
00:51:17il pourrait vous arriver
00:51:18ce qui nous est arrivé.
00:51:19C'est un chef-d'oeuvre.
00:51:21Dernier sujet,
00:51:22Philippe de Villiers,
00:51:23et c'est un sujet
00:51:25qui vous tenez à cœur
00:51:27puisque vous aurez été,
00:51:28pour votre apologue,
00:51:29parler de la fête des mères.
00:51:31Avant de vous donner
00:51:32la parole sur la fête des mères,
00:51:33ce sera le 31 mai prochain,
00:51:35dimanche,
00:51:36je vous propose une archive
00:51:38pour voir comment
00:51:38on célébrait
00:51:39la fête des mères,
00:51:41il n'y a pas,
00:51:42non pas fort lointain,
00:51:43mais dans les années 80.
00:51:45Regardez,
00:51:46c'est un document de l'INA.
00:51:48Maman chérie,
00:51:50je t'offre un bouquet
00:51:51porté par des oiseaux.
00:51:53Tu es la plus gentille.
00:51:55Je t'aime de tout mon cœur.
00:51:57J'ai la joie
00:51:58de vivre avec toi.
00:52:00Bonne fête, maman.
00:52:01Est-ce que c'est très important
00:52:02de faire un cadeau
00:52:03à ta maman ?
00:52:04Oui.
00:52:05Est-ce que tous les ans
00:52:07tu lui fais un cadeau ?
00:52:08Oui.
00:52:09Est-ce que tu y penses
00:52:09depuis longtemps ?
00:52:12Oh oui,
00:52:14je pense beaucoup.
00:52:16Et est-ce que tu crois
00:52:17que pour ta maman,
00:52:18c'est important aussi ?
00:52:20Oui,
00:52:20c'est très important
00:52:21pour mon maman.
00:52:23Toi, ma maman,
00:52:24tu es le printemps
00:52:25de ma liberté
00:52:27et la gaieté.
00:52:28Tu es si jolie,
00:52:29tu iras au paradis,
00:52:31tu es dans les étoiles
00:52:32et tu dors dans la paille.
00:52:34Tu prépares tes gâteaux
00:52:36et tu aimes les oiseaux.
00:52:37Oh, ma douce maman,
00:52:39je t'aime tant.
00:52:40Bonne fête, maman.
00:52:41Philippe de Villiers.
00:52:43C'était en 86.
00:52:46Pourquoi la fête des mères,
00:52:48ce soir ?
00:52:51Parce que la France
00:52:52est notre mère,
00:52:53la mère patrie.
00:52:56Et qu'en fait,
00:52:58comme je l'ai déjà dit ici,
00:53:00mais je vais le dire
00:53:00d'une autre manière,
00:53:02la France est née
00:53:02d'une chanson de geste
00:53:03qui est un sonnet d'amour
00:53:06très particulier,
00:53:07qui est venu jusqu'à nous,
00:53:08d'ailleurs,
00:53:09à travers une chanson
00:53:10que vous n'avez pas connue.
00:53:13Vous êtes très jeune,
00:53:15mais moi,
00:53:16que j'ai fredonné
00:53:17quand j'étais petit,
00:53:20sur la France,
00:53:22douce France,
00:53:23cher pays de mon enfance,
00:53:25bercé d'autant d'insouciences,
00:53:26Charles Trenet.
00:53:29Et d'où elle vient
00:53:30cette chanson ?
00:53:31Elle vient du fait
00:53:32que la France
00:53:33s'est appelée
00:53:33dès le 11e siècle
00:53:34France la douce.
00:53:36Et qu'est-ce que ça veut dire
00:53:37France la douce ?
00:53:38Ça veut dire
00:53:39le pays à l'inventure
00:53:40de la courtoisie.
00:53:41Et qu'est-ce que ça veut dire
00:53:42le pays à l'inventure
00:53:43de la courtoisie ?
00:53:44Ça veut dire
00:53:45la courtoisie
00:53:46qui célèbre
00:53:48avant toute autre nation.
00:53:51La domina,
00:53:52ce qui veut dire la dame.
00:53:54La dame,
00:53:55ça veut dire la maîtresse
00:53:57qui tient sa cour d'amour.
00:54:00La femme,
00:54:02la mère,
00:54:03la fille.
00:54:05Celui qui a le mieux parlé
00:54:06de la fête des mères
00:54:08sous cet angle-là,
00:54:09c'est Charles Seignobos
00:54:10qui était un grand historien
00:54:13et qui date
00:54:15la naissance
00:54:17de la civilisation européenne
00:54:20du 12e siècle.
00:54:23Quand se sont épanouis
00:54:25en même temps
00:54:28la chevalerie,
00:54:29la courtoisie,
00:54:32le corps des villes
00:54:33et la geste
00:54:35des cathédrales.
00:54:35Et c'est lui qui dit,
00:54:38c'est sous sa plume
00:54:38que j'ai lu cette phrase
00:54:39fascinante,
00:54:40la France s'est appelée
00:54:42à ce moment-là
00:54:42la dame de haut port
00:54:44et de seigneurie.
00:54:46C'est magnifique.
00:54:48Et Michelet dira plus tard,
00:54:50la France est une femme.
00:54:52Michelet dira,
00:54:53la France est un être moral
00:54:55doué de tendresse.
00:54:56La France est une femme,
00:55:00la France est une mère,
00:55:01la France est une mère aimante,
00:55:04la France est une mère
00:55:05de consolation et de désolation.
00:55:08La France est la patronne,
00:55:11a comme patronne Notre-Dame.
00:55:15La dame est pleurée
00:55:17au pied de la croix
00:55:18qui nous prend dans ses bras.
00:55:20Et c'est si vrai
00:55:21qu'Anatole France,
00:55:22lorsqu'il parle
00:55:22de la langue française,
00:55:25il parle de la langue
00:55:26comme d'une mère.
00:55:29Et Bolem Sansal lui-même
00:55:31dira,
00:55:31la langue française,
00:55:33lui qui est entré en France
00:55:35côté cœur par les mots,
00:55:38la France,
00:55:40la langue française
00:55:41est une langue adoptive.
00:55:44Quand j'étais petit,
00:55:45à la fête des mères,
00:55:47j'ai retrouvé ça dans mes papiers,
00:55:48un jour j'ai écrit
00:55:49un petit poème
00:55:50qui n'était pas de moi,
00:55:51qui était de Châteaubriand,
00:55:52pour remercier ma maman
00:55:54de m'avoir donné
00:55:56des racines
00:55:57au bord d'une petite rivière
00:55:59qui s'appelait la Boulogne.
00:56:02Et Châteaubriand qui dit
00:56:04« Combien j'ai doux
00:56:05souvenance du cher pays
00:56:06de mon enfance,
00:56:07ma sœur qui était beau
00:56:09les jours de France,
00:56:10ô mon pays,
00:56:11sois mes amours toujours. »
00:56:13Et ma mère me disait toujours
00:56:16quelque chose
00:56:16qui était incompris,
00:56:18incompréhensible pour moi.
00:56:19Elle me disait
00:56:20« Tu as deux patries,
00:56:22mon petit.
00:56:24La patrie du sentiment
00:56:25qui te prépare
00:56:26à la patrie d'oblation. »
00:56:29Et je lui ai dit
00:56:29« C'est quoi la patrie d'oblation ?
00:56:30Tu commanderas plus tard. »
00:56:31Parce que moi,
00:56:32je suis la fille
00:56:32d'un capitaine,
00:56:33capitaine d'arexie,
00:56:35qui a été gazé en 14.
00:56:37Et donc,
00:56:38il est passé directement
00:56:40du patrimoine de sentiments,
00:56:41de la patrie de sentiments,
00:56:43à la patrie d'oblation.
00:56:45L'oblation.
00:56:46L'oblation d'une vie.
00:56:49Et elle me disait,
00:56:50et elle ajoutait
00:56:51quelque chose
00:56:52que je comprenais.
00:56:54dès l'âge de 8, 9 ans.
00:56:56Elle me disait,
00:56:56tu sais,
00:56:57si tu prends
00:57:01dans ton petit cœur,
00:57:03ton petit pays,
00:57:05plus tard,
00:57:07quand tu seras grand,
00:57:09tu prendras le grand
00:57:10dans ton grand cœur.
00:57:14« Une seule mésange
00:57:16te donnera
00:57:17à aimer
00:57:18tous les oiseaux de France.
00:57:22Un seul clocher
00:57:24te donnera à aimer
00:57:25toutes les églises de France.
00:57:26Le blanc manteau d'église.
00:57:29Un seul bocage
00:57:31te donnera à aimer
00:57:32tous les bocages de France.
00:57:33Un seul village
00:57:34te donnera à aimer
00:57:35tous les villages de France. »
00:57:38Plus tard,
00:57:39j'ai réfléchi
00:57:41à cette idée
00:57:42de la mère patrie
00:57:43dont ont parlé
00:57:45tant de grands auteurs
00:57:47comme Claudel ou Barès.
00:57:49Mère patrie.
00:57:50En fait,
00:57:51quand on réfléchit bien,
00:57:53et je terminerai par là,
00:57:55« Nation patrie »,
00:57:58« Nation »,
00:57:58« nation »,
00:58:00ça veut dire « naître ».
00:58:03Ça renvoie à la maternité,
00:58:05à la mère.
00:58:06La nation
00:58:07renvoie à la mère.
00:58:08La patrie,
00:58:10terre des pères.
00:58:12Paternité,
00:58:13père.
00:58:14Et donc,
00:58:15en fait,
00:58:16nous sommes les enfants
00:58:17d'une nation,
00:58:19d'une patrie.
00:58:20Nous sommes les enfants
00:58:21d'une mère
00:58:22et d'un père.
00:58:23Nous sommes les enfants
00:58:25d'une mère patrie.
00:58:29Nous devons
00:58:31accueillir
00:58:31en nous
00:58:32cette mère patrie
00:58:35et commencer
00:58:36chaque matin
00:58:36quand le soleil
00:58:37se lève
00:58:39par un tout petit acte
00:58:40de gratitude.
00:58:43Merci d'avoir fait la France
00:58:45à tous ceux
00:58:45qui l'ont faite.
00:58:47Merci, maman.
00:58:49Merci, Philippe.
00:58:50Merci beaucoup.
00:58:51Je reprends le jeune.
00:58:52On se retrouve la semaine prochaine
00:58:53pour une nouvelle émission,
00:58:56évidemment.
00:58:57Un nouveau rendez-vous
00:58:58face à Philippe de Villiers.
00:58:59Dans un instant,
00:59:00c'est l'heure des pros.
00:59:02Vous voyez,
00:59:03j'ai pensé évidemment
00:59:04ce week-end à ma mère,
00:59:05mais j'ai pensé aussi à vous.
00:59:06Et je ne vous ai pas dit
00:59:08une seule fois
00:59:08dans cette émission,
00:59:09allez Paris,
00:59:10avant la finale
00:59:11de Ligue des champions.
00:59:11Pas une seule fois,
00:59:12je l'ai dit.
00:59:14Nous n'en avons même pas parlé
00:59:15cette semaine.
00:59:16A tout à l'heure.
00:59:16Ce qui est bien
00:59:17sur CNews,
00:59:19c'est qu'il y a
00:59:20le pluralisme.
00:59:23Attendez,
00:59:24vous savez pourquoi
00:59:24je dis ça ?
00:59:25Non, allez-y.
00:59:25L'autre jour,
00:59:26j'ai passé le front.
00:59:26Ah oui !
00:59:27Un matin,
00:59:28j'ai vu
00:59:31le vêtement
00:59:33d'Eric
00:59:38qui était
00:59:38en fait
00:59:39le maillot d'Arsenal.
00:59:41Il est venu en survette
00:59:43en survette d'Arsenal.
00:59:44Et alors Pascal Praud
00:59:45est décomposé.
00:59:47Il lui dit quoi ?
00:59:48Et alors ?
00:59:51Et c'est pour ça
00:59:52que le premier argument
00:59:53à l'Arcom
00:59:54qui a été donné,
00:59:55c'est Eric Nolot
00:59:56en survette d'Arsenal,
00:59:58Pascal Praud
00:59:59en survette
01:00:00du FC Nantes,
01:00:01vous en survette
01:00:02du FC Barcelone
01:00:03et donc certains
01:00:04en survette
01:00:04du Paris Saint-Germain.
01:00:05Un grand merci à tous
01:00:07et dans un instant,
01:00:08c'est l'heure des pros.
01:00:08A la semaine prochaine,
01:00:09Philippe.
01:00:11Sous-titrage
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