Passer au playerPasser au contenu principal
Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00Bonsoir à tous, ravi de vous retrouver pour face à Philippe Devilliers, votre rendez-vous du vendredi soir sur CNews.
00:00:06Philippe, bonsoir.
00:00:07Bonsoir Elliot.
00:00:08Ravi de vous retrouver, cher Philippe.
00:00:09Bonsoir Elliot, bonsoir Geoffroy.
00:00:11Geoffroy est avec nous comme chaque vendredi, cher Geoffroy, bonsoir.
00:00:13Bonsoir à tous les deux.
00:00:14Philippe, au cœur de l'actualité cette semaine, la guerre en Iran bien sûr, et tout s'est bousculé cette
00:00:20semaine.
00:00:20Dans la nuit de mardi à mercredi, un accord de cessez-le-feu est intervenu, les négociations doivent se tenir
00:00:28ce week-end.
00:00:29Lors de la première semaine, vous aviez émis des réserves, citant d'ailleurs Churchill sur le caractère imprévisible de l
00:00:37'engrenage guerrier.
00:00:38Avant de vous donner la parole, je voudrais qu'on écoute l'un des proches de Donald Trump, PTZ, qui
00:00:44revenait cette semaine sur le cessez-le-feu.
00:00:46Écoutez.
00:00:49C'est le président Trump qui a rendu ce moment possible.
00:00:53L'Iran a supplié pour obtenir ce cessez-le-feu, et nous le savons tous.
00:00:56Comme l'a déclaré le président ce matin, c'est un grand jour pour la paix mondiale.
00:01:01L'Iran souhaite que cela se produise.
00:01:04Ils en ont assez.
00:01:05L'opération Epic Fury a été une victoire historique et écrasante sur le champ de bataille.
00:01:10Une victoire militaire avec un grand V.
00:01:15A tous les égards, Epic Fury a décimé l'armée iranienne et l'a rendu incapable de combattre pendant des
00:01:21années.
00:01:25Geoffroy Lejeune.
00:01:26Philippe, pourquoi selon vous, le président américain s'est-il rangé à cette idée de cessez-le-feu ?
00:01:31Ah, c'est une vraie question.
00:01:38Ça me rappelle ce que j'avais dit la première fois, effectivement, j'avais cité Clausewitz.
00:01:43La guerre est un brouillard, le brouillard de la guerre.
00:01:45Et là, on sort du brouillard.
00:01:50Ça veut dire qu'on commence à voir ce qui s'est passé, à savoir ce qui s'est passé.
00:01:56Et ensuite, j'avais cité Churchill avec cette phrase célèbre.
00:02:01Le chef d'État qui cède à la fièvre guerrière doit savoir qu'une fois le signal donné,
00:02:10il ne maîtrise plus sa politique non plus que les événements sur le terrain.
00:02:16Tout lui échappe.
00:02:19Et c'est un peu ce qui s'est passé.
00:02:20Alors, c'est Donald Trump qui a voulu cette trêve.
00:02:29Ce qui est intéressant, c'est de savoir pourquoi, pour plusieurs raisons,
00:02:33que je voudrais passer en revue avec vous pour vous répondre.
00:02:38Premièrement, ce qu'on peut dire, c'est que le but stratégique a été atteint.
00:02:44Tenir le ciel.
00:02:47Ils ont tenu le ciel.
00:02:48Mais le régime aussi a tenu la terre.
00:02:53Il est décapité.
00:02:55Mais il a repoussé.
00:02:57Comme la pieuvre aux mille tentacules.
00:03:01Il a repoussé.
00:03:02Et on est dans des situations où, en réalité,
00:03:09le régime a changé, a mué.
00:03:14Mais il reste, il demeure ce qu'il est.
00:03:16C'est-à-dire, on avait l'islamo-militaro.
00:03:20On a le militaro-islamo.
00:03:21C'est-à-dire, c'était les mollahs qui gouvernaient avec les gardiens de la révolution.
00:03:29Et maintenant, ce sont les gardiens de la révolution qui gouvernent avec les mollahs.
00:03:33C'est la seule nuance.
00:03:36Deuxièmement, la défense mosaïque, comme on dit en Iran, a fait merveille.
00:03:43C'est quoi la défense mosaïque ?
00:03:44Je le rappelle, c'est qu'il y a 31 provinces.
00:03:47Il y a 31 unités de commandement.
00:03:50Chacune étant dotée de vedettes, de corps à me-chars,
00:03:59les fameux missiles qui font très mal, et les drones.
00:04:05Et c'est pour ça que c'est difficile de faire une trêve, d'ailleurs.
00:04:08Parce qu'il faut arrêter 31 commandements.
00:04:13Et cette guerre asymétrique, complètement nouvelle, c'est la guerre du pauvre, en fait.
00:04:18La guerre du pauvre contre le riche.
00:04:20Et il arrive que le pauvre mette le riche en difficulté.
00:04:25Non pas pour gagner, mais parce que s'il n'y a pas de victoire du côté des Américains et
00:04:33des Israéliens,
00:04:34c'est considéré comme une défaite.
00:04:36En fait, non pas pour gagner, mais pour user.
00:04:39Et c'est ça, la défense mosaïque, c'est ça qu'elle est en train d'opérer.
00:04:43Ils ne cherchent pas la victoire, ils cherchent l'usure.
00:04:47Troisièmement, le piège d'Hormuz, que Trump n'avait absolument pas vu.
00:04:53Le piège d'Hormuz, c'est quoi ?
00:04:56C'est, en fait, Hormuz, ce sont des eaux internationales.
00:05:04Contrairement à la mer Rouge, qui appartient à ses voisins.
00:05:07Contrairement au Bosphore, qui appartient à ses voisins.
00:05:09Là, ce sont les eaux internationales.
00:05:10Elles sont sous le contrôle de l'Iran, saison internationale désormais.
00:05:16Et avec deux idées iraniennes, la diagonale du fou.
00:05:22Donc on implique les pays du Golfe dans la guerre.
00:05:26Ça, ce n'était pas prévu.
00:05:28Et deuxièmement, on fait du consommateur occidental un allié objectif, un Iranien par destination, en quelque sorte.
00:05:45Avec sa colère à la pompe.
00:05:48Ça, c'est le détroit d'Hormuz.
00:05:51Ensuite, la quatrième question, la quatrième raison pour laquelle Trump met les pouces, temporairement,
00:06:00c'est qu'il s'est aperçu que les troupes au sol, ce n'était pas jouable.
00:06:05Il y a longtemps cru, mais il s'est aperçu que ce n'était pas jouable.
00:06:09Alors, ce n'est pas jouable parce qu'il y a trop de risques.
00:06:11Et en fait, il a hésité, on peut le comprendre, stratégiquement, entre deux solutions.
00:06:18Soit on tient le sel et on espère que ça va suffire.
00:06:23Soit on met des troupes au sol et à ce moment-là, c'est le bourbier.
00:06:26On connaît, les Américains connaissent le bourbier.
00:06:28Le bourbier vietnamien avec le carpet bombing qui ne suffit pas.
00:06:32On envoie les troupes, on a vu ce que ça a donné.
00:06:35Le bourbier irakien, le bourbier afghan, etc.
00:06:38Et donc, au dernier moment, il s'est dit non, on ne peut pas faire ça.
00:06:42Ensuite, autre raison, les pays du Golfe.
00:06:45En fait, ce qui est en train de se passer dans les pays du Golfe est très important à observer.
00:06:50Les pays du Golfe, ils ont changé d'humeur.
00:06:52Ils étaient les alliés des Américains.
00:06:55Ils leur ont cédé volontiers des bases qui étaient leur assurance-vie.
00:07:00Or, il n'y a plus d'assurance-vie maintenant.
00:07:02Et je ne serais pas du tout étonné que dans les mois qui viennent,
00:07:04on apprenne que l'Arabie Saoudite se dote ou cherche à se doter de l'arme nucléaire.
00:07:11Et ça, c'est très grave.
00:07:12C'est-à-dire que les alliés du Golfe sont en train de changer d'humeur
00:07:18parce qu'ils ont accordé des places militaires,
00:07:22mais ce n'était pas pour faire du saute-mouton pour aller taquiner le voisin chiite.
00:07:27Pour eux, c'était pour les protéger eux.
00:07:29Or, ils n'ont pas été protégés.
00:07:32Et puis, enfin et surtout, il y a toujours un danger de mondialisation.
00:07:38Il y a quelque chose qui a échappé au commentariat cette semaine.
00:07:41C'est une résolution à l'ONU qui n'a pas pu être votée
00:07:50parce que les Russes et les Chinois ont voté contre la réouverture du détroit d'Harmouz.
00:07:57En d'autres termes, l'Iran a des alliés qui sont discrets,
00:08:01qui sont silencieux, qui leur donnent du renseignement.
00:08:05Mais il faut faire très attention à ce qu'on ne bascule pas dans une guerre mondiale.
00:08:12Tout le monde observe ce qui se passe au Pakistan.
00:08:16Les Pakistans sont proches des Chinois, proches des Américains.
00:08:19On est sur un équilibre instable.
00:08:23Quels sont, selon vous, les enjeux de ce cessez-le-feu ?
00:08:26Et surtout, Philippe, quelle analyse faites-vous de l'évolution de Donald Trump
00:08:30quant à son regard sur le monde et au cours de son évolution,
00:08:35notamment au cours de ces derniers mois ?
00:08:36Alors d'abord, les enjeux, je voudrais commencer par parler du Liban
00:08:40parce que je ne devrais pas l'oublier.
00:08:44Il faut que la France agisse vite.
00:08:50Pourquoi ?
00:08:51Parce qu'aujourd'hui, le Liban est la victime collatérale de cette guerre
00:08:57avec les frappes d'Israël qui sont parfois ajustées pour éliminer le Hezbollah,
00:09:05comme du temps des Bipper, mais qui sont parfois indiscriminées.
00:09:11Alors que peut faire la France ?
00:09:13Elle peut faire trois choses, la France, immédiate.
00:09:15Premièrement, demander que la finule soit réemployée, réadaptée, redéployée
00:09:28pour protéger les chrétiens maronites du Liban sud,
00:09:34qui ne sont pas protégés pour l'instant,
00:09:37contre les tirisraïens qui visent le Hezbollah.
00:09:42Ensuite, la deuxième chose que la France peut faire,
00:09:47c'est alerter le monde et alerter nos partenaires
00:09:52sur ce qui se passe avec Joulani, le Syrien.
00:09:56La Syrie est aux portes du Liban.
00:09:58Et pour les Libanais qui nous écoutent, qui nous entendent,
00:10:01ils savent ce que ça veut dire la Syrie.
00:10:03Moi, je me souviens très bien, quand j'étais allé voir ma fille
00:10:07qui était là-bas au Liban, qui était en coopération au Liban
00:10:11pour aider le Liban, il y avait des affiches partout, partout,
00:10:15de Hafez el-Assad, le père.
00:10:18La Syrie occupait le Liban.
00:10:20Donc, il y a un traumatisme chez les Libanais.
00:10:23Voir la Syrie revenir, alors là, c'est le cauchemar.
00:10:26Et puis, enfin, troisièmement, il faut...
00:10:29J'ai entendu que Netanyahou voulait dire à son cabinet
00:10:33de renégocier, mais non, il faut appliquer.
00:10:35Il y a un accord du 15 octobre 1983
00:10:43qui avait été dénoncé par Amin Maïel à tort.
00:10:47Cet accord, il prévoit le respect de la souveraineté du Liban,
00:10:52la reconnaissance de la souveraineté du Liban dans son entier,
00:10:57et ensuite, il prévoit le désarmement de toutes les milices.
00:11:01À l'époque, il n'y avait pas encore le Hezbollah,
00:11:03mais il y avait des autres milices.
00:11:05Donc, il suffit d'appliquer l'accord du 83, le mai 83.
00:11:11Alors, maintenant, les enjeux.
00:11:13Moi, j'en sélectionne deux
00:11:18qui vont surplomber la discussion.
00:11:21Premièrement, la dénucléarisation militaire de l'Iran.
00:11:26On ne sait pas où on en est, en fait.
00:11:28On parle d'aller chercher la poussière nucléaire, etc.
00:11:32Les 450 kilos se promènent, on ne sait pas trop où.
00:11:35On en saura plus dans quelques jours.
00:11:38Et deuxièmement, évidemment, la question du détroit d'Hormuz.
00:11:42Parce que si le détroit d'Hormuz doit être rouvert,
00:11:47mais avec un droit de péage pour l'Iran,
00:11:52ça s'appelle une privatisation du détroit,
00:11:55des eaux internationales.
00:11:56Donc, c'est contraire à tout le droit international.
00:11:58Ça me paraît difficile.
00:12:02Et alors, j'ai entendu dans votre question
00:12:06que vous m'interrogez sur l'évolution de Donald Trump.
00:12:14Je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:12:16ici même, on avait parlé au moment de son élection,
00:12:20puis au moment de la publication
00:12:28du document sur la sécurité nationale,
00:12:31le 5 décembre dernier.
00:12:35On avait dit, il y a deux choses qui sont patentes,
00:12:38et en fait, on ne faisait que reprendre
00:12:40ce que tous les experts nous disaient.
00:12:43Et donc, tout le monde s'est trompé ensemble.
00:12:46On disait, avec Trump,
00:12:49c'est le retour à la doctrine Monroe,
00:12:53et c'est la fin de la destinée manifeste.
00:12:57C'est exactement le contraire qui se produit,
00:13:00qui est en train de se produire.
00:13:02Le retour à la doctrine Monroe,
00:13:04ça voulait dire l'Amérique rentre chez elle.
00:13:07En effet, l'Amérique ne s'occupera désormais
00:13:10que de l'hémisphère occidental.
00:13:12À la rigueur, le Canada, le Venezuela,
00:13:14mais pour le reste, c'est fini.
00:13:16L'Amérique ne veut pas être le gendarme du monde.
00:13:20Il veut le prix Nobel de la paix.
00:13:22Il finira par l'avoir, disait-on.
00:13:26La doctrine Monroe, elle a volé en éclats.
00:13:30Ensuite, la destinée manifeste.
00:13:32C'est quoi la destinée manifeste ?
00:13:34La destinée manifeste, c'est
00:13:37le mythe fondateur des pèlerins puritains,
00:13:40qui ont fondé les douze premières colonies.
00:13:44C'est l'idée d'une croyance mystique
00:13:47en l'élection divine de l'Amérique,
00:13:53d'une prédestination de l'Amérique
00:13:56pour civiliser le monde.
00:13:59Civiliser l'Amérique d'abord
00:14:00et civiliser le monde ensuite.
00:14:03Et c'est ce qui, c'est cette prédestination
00:14:06qui a conduit les néo-conservateurs,
00:14:08les Bush, etc.,
00:14:10à aller dans le monde entier faire la guerre
00:14:11pour imposer la démocratie libérale,
00:14:13le système américain.
00:14:16Et pourquoi je dis ça ?
00:14:17Parce que quand j'ai vu la phrase de Trump,
00:14:19qui m'a fait tomber de l'armoire,
00:14:23une civilisation millénaire,
00:14:26une civilisation entière va disparaître,
00:14:29va mourir cette nuit ?
00:14:31J'ai pensé,
00:14:32et qu'il a dit par ailleurs
00:14:34qu'il allait ramener l'Iran
00:14:35à l'âge de pierre.
00:14:37Un président ne dit pas ça,
00:14:39un président des Etats-Unis ne dit pas ça.
00:14:41On ne va pas raser Persepolis, enfin.
00:14:45Et en termes d'images,
00:14:48comme l'a très bien dit Pierre Lelouch
00:14:49dans un papier du Figaro fulgurant,
00:14:51comme d'habitude,
00:14:53en termes d'images,
00:14:53c'est catastrophique pour l'Amérique.
00:14:56Et donc, en fait,
00:14:58on est revenu à la destinée manifeste,
00:15:00il n'y a rien à faire.
00:15:01Les Américains,
00:15:01ils veulent être les gendarmes du monde.
00:15:04Alors maintenant,
00:15:05ils ont changé d'air.
00:15:06Avant, c'était plutôt du côté de chez nous.
00:15:10Maintenant, c'est du côté de la Chine,
00:15:12du côté de l'Asie.
00:15:13Mais ils restent quand même
00:15:14dans la mentalité de la destinée manifeste.
00:15:18Donald Trump, toujours,
00:15:19qui a exprimé à plusieurs reprises
00:15:23ses critiques à l'endroit de l'OTAN.
00:15:25Et notamment en disant
00:15:26que l'OTAN était un tigre de papier.
00:15:29Il l'a répété mardi
00:15:31que l'Amérique souhaitait quitter l'OTAN.
00:15:33Je vous propose d'écouter Donald Trump
00:15:34et on en parle juste après.
00:15:36Et j'aimerais vous dire aussi
00:15:37que je suis très déçu par l'OTAN.
00:15:40Je pense que personne n'oubliera
00:15:43ce que l'OTAN a fait ou pas fait
00:15:48pendant ce conflit.
00:15:48J'ai toujours dit que l'OTAN
00:15:50était un tigre de papier.
00:15:52L'OTAN est un tigre de papier.
00:15:55Poutine n'en a pas peur.
00:15:56Il a peur de nous.
00:15:58Et il me l'a dit
00:15:59à de nombreuses reprises.
00:16:01Je le connais très bien.
00:16:03L'OTAN est un tigre de papier.
00:16:06L'OTAN, c'est nous.
00:16:07Et lorsqu'on a eu besoin d'eux,
00:16:09on n'en a pas besoin de l'OTAN.
00:16:11Parce qu'ils n'ont pas du tout aidé,
00:16:13ils ne sont pas intervenus.
00:16:15Ils ont fait même l'inverse.
00:16:17Ils ont fait obstacle à notre opération.
00:16:20Geoffroy Lejeune.
00:16:21Cher Philippe, on a entendu
00:16:23Donald Trump parler de quitter l'OTAN.
00:16:24Quel jugement portez-vous
00:16:26sur cette intention américaine ?
00:16:28Alors, moi, je pense que l'OTAN
00:16:31est en train de mourir, d'abord.
00:16:34Et il faut dire pourquoi.
00:16:40Parce que le père fondateur
00:16:42n'en veut plus.
00:16:43Il ne reconnaît plus son enfant.
00:16:45Or, l'OTAN, c'est son enfant.
00:16:46C'est l'enfant de l'Amérique
00:16:47pour vassaliser l'Europe.
00:16:53Il n'en veut plus.
00:16:54Et il dit, j'envisage sérieusement
00:16:55de quitter le rang.
00:16:57L'OTAN, il dit aussi
00:17:00que c'est un tigre de papier.
00:17:02C'est drôle parce qu'il emprunte
00:17:04ce mot Mao
00:17:06qui qualifiait ainsi
00:17:07l'impérialisme américain.
00:17:09Tigre de papier.
00:17:13Alors, il y a une deuxième raison
00:17:15pour laquelle l'OTAN
00:17:16est en train de mourir.
00:17:18C'est que la communauté
00:17:20transatlantique préférentielle
00:17:21n'existe plus.
00:17:22Il y a ce que les entreprises
00:17:23appellent l'affecto societatis.
00:17:25Il y a eu trois événements récents
00:17:27qui sont mortels
00:17:28ou mortifères.
00:17:30Le premier,
00:17:32c'est la partie de golf
00:17:34avec l'impératrice de la norme,
00:17:36Van der Leyen,
00:17:39qui applaudissait Trump
00:17:40avec son club,
00:17:41mais qui est en train
00:17:42de taper dessus en disant
00:17:43maintenant les droits de douane.
00:17:45C'est-à-dire,
00:17:46en d'autres termes,
00:17:47vous n'êtes plus des partenaires,
00:17:48vous êtes des consommables.
00:17:51Donc ça, c'est vraiment
00:17:53un premier coup de canif
00:17:54dans le contrat.
00:17:56Ensuite,
00:17:57l'affaire du Groenland,
00:17:59où il y a Trump qui dit
00:18:01je voudrais bien un bout de glace,
00:18:05un bout de glaçon.
00:18:06Mais le glaçon,
00:18:07il appartient à un pays
00:18:08qui est le pays
00:18:10le plus atlantiste
00:18:11de toute l'Europe,
00:18:12le Danemark.
00:18:13Donc,
00:18:14ça a beaucoup choqué.
00:18:17Et surtout,
00:18:18chacun s'est dit,
00:18:18un jour,
00:18:19il va vouloir un bout de Bretagne,
00:18:21un jour,
00:18:21il va vouloir un bout
00:18:22de la Calabre,
00:18:24etc.
00:18:27Un jour,
00:18:27il va vouloir la Sicile
00:18:28ou les deux Siciles,
00:18:30comme dit l'autre.
00:18:35Et enfin,
00:18:36troisièmement,
00:18:37l'article 5.
00:18:40Trump a dit,
00:18:41oui,
00:18:42l'article 5,
00:18:42il faut appliquer
00:18:43l'article 5 pour l'Iran.
00:18:45Et la France a répondu
00:18:46très justement,
00:18:48ah non,
00:18:48mais l'article 5,
00:18:49c'est quand on est attaqué,
00:18:51ce n'est pas pour la guerre
00:18:52présentive.
00:18:53Parce que l'article 5,
00:18:54c'est quand l'un est attaqué,
00:18:56tout le monde est attaqué.
00:18:57Et donc,
00:18:57tout le monde répond.
00:18:59Et là,
00:18:59ça n'a pas marché.
00:19:01Alors,
00:19:02en fait,
00:19:03pour résumer,
00:19:04on avait un chien de berger
00:19:07qui protégeait les brebis,
00:19:08qui le regarde aujourd'hui
00:19:10comme un loup,
00:19:11qui regarde ailleurs.
00:19:13Donc,
00:19:14on ne sait pas où on va.
00:19:16Et si on regarde
00:19:17un tout petit peu en arrière,
00:19:19en fait,
00:19:20l'OTAN
00:19:21a changé de nature,
00:19:22a changé complètement de nature
00:19:25en 1991.
00:19:27Jusqu'en 1991,
00:19:29l'OTAN était une organisation
00:19:32défensive et régionale.
00:19:34Défensive,
00:19:34parce qu'elle avait pour mission
00:19:36de répondre au pacte de Varsovie.
00:19:39C'était bloc à bloc,
00:19:41est contre ouest.
00:19:42Donc,
00:19:43elle se protégeait du danger,
00:19:46on faisait chorus.
00:19:46et ensuite,
00:19:49régional,
00:19:50parce que c'était
00:19:50une organisation
00:19:52euro-atlantique,
00:19:54transatlantique,
00:19:55Etats-Unis,
00:19:56Europe,
00:19:57avec un bouclier
00:19:58protecteur
00:19:59de l'Amérique
00:20:01sur l'Europe.
00:20:02à partir de 1991,
00:20:04la chute du miroir de Berlin,
00:20:06puis la chute du rideau de fer,
00:20:09la fin du communisme,
00:20:10la fin du pacte de Varsovie,
00:20:12l'OTAN n'a plus
00:20:13de justification historique.
00:20:16Et on continue quand même.
00:20:19Et là,
00:20:19de défensive,
00:20:21l'organisation devient offensive,
00:20:25c'est-à-dire qu'elle devient
00:20:27non plus régionale,
00:20:29mais globale,
00:20:32mondiale,
00:20:34ce que Brzezinski
00:20:37a appelé
00:20:38l'hégémonie globale.
00:20:40Et on a James Becker,
00:20:41secrétaire d'État,
00:20:42qui dit à l'époque,
00:20:43je m'en souviens très bien,
00:20:46nous allons faire
00:20:47de l'OTAN
00:20:48une communauté transatlantique
00:20:49de Vancouver
00:20:52à Vladivostok.
00:20:57Et c'est le moment
00:20:57où Brzezinski disait
00:20:58« Celui qui dominera l'Eurasie
00:21:02tiendra le destin du monde. »
00:21:04C'est comme ça
00:21:04qu'il nous a entraînés en Ukraine.
00:21:06Et nous,
00:21:06qu'est-ce qu'on est devenus
00:21:07à ce moment-là,
00:21:07à partir de 1991 ?
00:21:09Je me souviens très bien
00:21:10de ce que m'avait dit
00:21:11Jean-François De Niaux.
00:21:14Il m'a dit
00:21:15« Maintenant,
00:21:15on est les suppôts. »
00:21:17Avant,
00:21:17on était les vassaux,
00:21:18maintenant,
00:21:18on est les suppôts.
00:21:20Il n'avait pas le mot
00:21:21« proxy » en tête,
00:21:22parce qu'il n'existait pas.
00:21:23Il a été inventé
00:21:24ensuite plus tard
00:21:25par Brzezinski.
00:21:26On est devenus les proxys,
00:21:28c'est-à-dire qu'on a été
00:21:29entraînés
00:21:29dans toutes les aventures américaines
00:21:31et on a eu des morts,
00:21:32nous, la France,
00:21:33en suivant l'Amérique.
00:21:35Donc,
00:21:35ça va bien.
00:21:36Et alors,
00:21:37pourquoi je dis
00:21:37« Il faut quitter l'OTAN » ?
00:21:40Soit c'est Trump
00:21:41qui dit
00:21:43« Moi,
00:21:43je quitte l'OTAN »
00:21:43ou « Quel cas ? »
00:21:44Parfait,
00:21:44très bien.
00:21:46Les plus embêtés
00:21:47ne sera pas nous,
00:21:48je vais vous dire pourquoi.
00:21:49Soit nous,
00:21:49on s'en va.
00:21:51Alors,
00:21:52d'abord,
00:21:53il y a un vice
00:21:54constitutif
00:21:55dans l'Union européenne.
00:21:56L'Union européenne
00:21:57a été inventée
00:21:59pour
00:22:02accompagner l'OTAN.
00:22:04C'est-à-dire qu'en fait,
00:22:05l'Union européenne
00:22:06a été inventée
00:22:07comme un marché
00:22:09complémentaire
00:22:10de l'Amérique,
00:22:12mais surtout pas
00:22:13avec un enjeu
00:22:14de puissance.
00:22:16C'est
00:22:17l'Europe
00:22:18qui assurait
00:22:19le commerce
00:22:20sur ce marché
00:22:21et c'est
00:22:22l'Amérique
00:22:22qui assurait
00:22:23la puissance,
00:22:24c'est-à-dire
00:22:24la protection.
00:22:26C'est inouï
00:22:26dans l'histoire des hommes.
00:22:27C'est un seul
00:22:28foreign
00:22:29sans armée.
00:22:30L'Europe,
00:22:31ça a été conçu
00:22:31comme ça.
00:22:32En d'autres termes,
00:22:34le fédérateur
00:22:34de l'Europe
00:22:35était extérieur
00:22:36à l'Europe.
00:22:37C'était l'Amérique.
00:22:38Donc ça,
00:22:38c'est un vice
00:22:39constitutif
00:22:39qu'on ne peut plus
00:22:40accepter.
00:22:42Deuxièmement,
00:22:46si vous lisez
00:22:47le traité
00:22:47de Lisbonne,
00:22:48article 42.2,
00:22:50vous voyez
00:22:50que dans
00:22:51le traité
00:22:52de Lisbonne,
00:22:53les députés
00:22:54et les sénateurs
00:22:55français
00:22:55ont
00:22:57corrobéré
00:22:57l'idée
00:22:58que la défense
00:22:59collective
00:23:00de l'Europe
00:23:00appartient
00:23:01au traité
00:23:02de l'Atlantique Nord.
00:23:04Donc,
00:23:05si on reste
00:23:05dans cette Union
00:23:06européenne,
00:23:07on est dans l'OTAN,
00:23:08on reste dans l'OTAN.
00:23:09Et enfin,
00:23:10troisièmement,
00:23:10et c'est plus important,
00:23:12c'est que
00:23:13les pays
00:23:14de l'Union européenne,
00:23:17ils ont,
00:23:18par rapport
00:23:19à l'OTAN,
00:23:19trois dépendances.
00:23:21La première
00:23:22dépendance,
00:23:23ils ont les bases
00:23:24militaires
00:23:24chez eux.
00:23:25La carte
00:23:26est impressionnante.
00:23:27il y a 31
00:23:28bases
00:23:29militaires
00:23:30américaines
00:23:31en Europe,
00:23:31pas en France.
00:23:33Heureusement,
00:23:34depuis que
00:23:35le général
00:23:35de Gaulle
00:23:35a quitté
00:23:35le commandement
00:23:36intégré,
00:23:37même si
00:23:38Sarkozy
00:23:38est revenu,
00:23:39mais on n'a pas
00:23:40les bases
00:23:40militaires,
00:23:41tous les autres
00:23:41ont des bases
00:23:42militaires.
00:23:42Deuxièmement,
00:23:44vous savez
00:23:45combien
00:23:46d'armes
00:23:47sont achetées
00:23:47par les pays
00:23:48européens
00:23:49à l'Amérique ?
00:23:5164%.
00:23:5364%.
00:23:54Ce n'est pas
00:23:54le cas
00:23:54de la France.
00:23:55Et enfin,
00:23:57c'est pire
00:23:57que tout,
00:23:58c'est que
00:23:58toutes ces armes
00:23:59sont
00:24:02OTANO-compatibles,
00:24:04ce qu'on appelle
00:24:04l'interopérabilité.
00:24:06C'est-à-dire
00:24:07que si,
00:24:07par exemple,
00:24:08il y a un avion
00:24:08danois
00:24:09qui veut décoller
00:24:10et que Trump
00:24:11ne veut pas,
00:24:11d'appuyer sur un bouton
00:24:12l'avion ne décolle pas.
00:24:13Ça s'appelle
00:24:14l'interopérabilité,
00:24:16c'est-à-dire
00:24:17que tout
00:24:17est sous
00:24:18double commande.
00:24:19Voilà.
00:24:20Donc,
00:24:20en réalité,
00:24:23si l'Union Européenne
00:24:25n'est plus protégée
00:24:26par l'OTAN,
00:24:28elle aura ses yeux
00:24:29pour pleurer
00:24:30et il faudra
00:24:31tout reconstruire.
00:24:32Le seul pays
00:24:33qui s'en tire
00:24:34à ce moment-là,
00:24:36c'est la France.
00:24:37Et justement,
00:24:37la France,
00:24:38Philippe de Villiers,
00:24:39vous voulez y revenir,
00:24:40vous évoquez souvent
00:24:41votre rêve
00:24:43des retrouvailles
00:24:44de la France
00:24:44avec sa grandeur,
00:24:46son rayonnement.
00:24:47Que signifierait,
00:24:48selon vous,
00:24:49la puissance
00:24:51retrouvée
00:24:51d'une France libre,
00:24:53formule qui sera
00:24:55employée,
00:24:56la France libre
00:24:56pour le futur
00:24:57porte-avions,
00:24:57on en avait déjà
00:24:58parlé ensemble.
00:24:59Mais,
00:24:59qu'est-ce que ça voudrait dire
00:25:01et comment retrouver
00:25:02la puissance française ?
00:25:05ça, c'est quelque chose
00:25:06qui me tient à cœur.
00:25:07Je suis tellement convaincu.
00:25:11Même si on est petit,
00:25:12même si on est moyen,
00:25:13même si on est plus
00:25:14qu'on était.
00:25:16Il reste,
00:25:17dans le fond français,
00:25:19l'idée de la grandeur,
00:25:19c'est-à-dire le pacte
00:25:2120 fois séculaire
00:25:22entre la liberté du monde
00:25:24et la grandeur de la France.
00:25:26il faut qu'on sorte
00:25:27du protectorat
00:25:29euro-atlantique.
00:25:31C'est-à-dire
00:25:32qu'on recouvre
00:25:33les deux souverainetés,
00:25:34la souveraineté diplomatique
00:25:36et militaire
00:25:36et la souveraineté politique
00:25:37et juridique.
00:25:39Je m'explique.
00:25:41D'abord,
00:25:41la souveraineté diplomatique
00:25:43et militaire.
00:25:44Aujourd'hui,
00:25:44la France,
00:25:45on l'a vu cette semaine,
00:25:46il y a une statistique
00:25:46qui est tombée
00:25:47absolument merveilleuse.
00:25:49La France
00:25:53a 396 millions
00:25:55de locuteurs.
00:25:58C'est la troisième,
00:26:00quatrième langue du monde.
00:26:01Donc,
00:26:01on a une puissance linguistique.
00:26:04On a encore
00:26:04une grande puissance linguistique.
00:26:07Et la langue
00:26:08commande la puissance.
00:26:09Elle la précède.
00:26:12Ensuite,
00:26:13on a
00:26:14le statut
00:26:15d'une grande puissance
00:26:16avec les trois éléments
00:26:18du statut
00:26:18et trois attributs.
00:26:21Premièrement,
00:26:22on est membre
00:26:22permanent
00:26:23du Conseil de sécurité.
00:26:26Deuxièmement,
00:26:27par les autres,
00:26:28c'était européen.
00:26:29Deuxièmement,
00:26:30on a
00:26:31la bombe atomique,
00:26:34un arsenal nucléaire.
00:26:36Et troisièmement,
00:26:39on a
00:26:40une industrie
00:26:41de défense
00:26:42indépendante
00:26:43des États-Unis.
00:26:45Et une des meilleures
00:26:46du monde.
00:26:48Donc,
00:26:48on est une grande puissance.
00:26:50Mais surtout,
00:26:51ce sur quoi
00:26:52on pourrait compter
00:26:53et qu'on n'exploite pas
00:26:54du tout,
00:26:55c'est qu'on a
00:26:56le deuxième espace
00:26:57maritime
00:26:57du monde.
00:27:00Alors,
00:27:01on nous a dit,
00:27:02moi,
00:27:03j'ai entendu
00:27:03pendant toute mon enfance,
00:27:04toute ma jeunesse,
00:27:05oui,
00:27:05mais la France,
00:27:06elle est trop petite,
00:27:06la France,
00:27:07elle est trop petite.
00:27:07C'est une discussion
00:27:08avec Giscard,
00:27:09incroyable.
00:27:09elle me dit,
00:27:10mais non,
00:27:10la France,
00:27:11puissance moyenne,
00:27:12etc.,
00:27:121%,
00:27:13et alors ?
00:27:14La France,
00:27:15elle est trop petite.
00:27:16Et moi,
00:27:16je répondais,
00:27:17et ça ne le faisait
00:27:18pas du tout marrer,
00:27:19vous dites que la France
00:27:20est trop petite pour l'Europe,
00:27:21moi,
00:27:21je dis que l'Europe
00:27:22est trop petite pour la France.
00:27:24Et la plupart des hommes
00:27:25politiques français
00:27:26ignorent ce que
00:27:27je vais vous dire maintenant.
00:27:28Ils l'ignorent sciemment
00:27:30parce qu'on ne leur en parle
00:27:30jamais
00:27:32et que les médias
00:27:32n'en parlent pas non plus.
00:27:34On a le deuxième
00:27:36espace maritime
00:27:36du monde.
00:27:37Ça veut dire quoi ?
00:27:37Ça veut dire qu'en fait,
00:27:39il y a une France américaine
00:27:42qui le sait.
00:27:43Il y a une France américaine,
00:27:45oui,
00:27:46avec la Guyane,
00:27:47la Martinique,
00:27:48la Guadeloupe.
00:27:48Il y a une France océanique,
00:27:51non,
00:27:53indo-océanique,
00:27:56avec la Réunion,
00:27:58Mayotte,
00:28:00les terres australes
00:28:01et antarctiques,
00:28:05françaises.
00:28:06et ensuite,
00:28:06il y a une France pacifique
00:28:07avec la Nouvelle-Calédonie,
00:28:11Wadis et Futuna,
00:28:13la Polynésie.
00:28:14Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:28:15En fait,
00:28:15la France,
00:28:15c'est un état-monde.
00:28:19Qu'est-ce que ça veut dire,
00:28:19un état-monde ?
00:28:20Ça veut dire qu'en fait,
00:28:21la France se déploie
00:28:23sur la moitié
00:28:24des fuseaux horaires
00:28:25du monde.
00:28:27Le soleil
00:28:27ne se couche pas
00:28:28sur la France.
00:28:32Qu'est-ce que j'en tire
00:28:33comme conclusion ?
00:28:35Qu'au lieu de venir
00:28:37se fondre
00:28:39dans l'hégémonie globale
00:28:40du voisin d'en face,
00:28:43l'oncle Sam,
00:28:45on ferait mieux
00:28:46de quitter l'oncle Sam
00:28:50pour travailler
00:28:51pour notre compte,
00:28:52pour le compte
00:28:53de notre propre puissance,
00:28:54pour devenir une puissance
00:28:55de contrepoids
00:28:56à l'oncle Sam.
00:28:59et redevenir
00:29:00ce que nous étions
00:29:03avec nos mille ans
00:29:04de savoir-faire diplomatique,
00:29:06pour reprendre le mot
00:29:06de Dominique Soucher,
00:29:07l'ambassadeur,
00:29:11une puissance d'équilibre
00:29:14qui parle avec tout le monde,
00:29:16qui parle avec les pays du monde,
00:29:17qui traite avec les pays du monde.
00:29:20Pourquoi nous,
00:29:21on ne traiterait pas
00:29:21avec les BRICS ?
00:29:22Parce que l'Union Européenne
00:29:23nous en empêche,
00:29:24parce que l'OTAN
00:29:24nous en empêche.
00:29:26Et la deuxième chose,
00:29:27j'ai parlé d'une souveraineté
00:29:30diplomatique et militaire,
00:29:31parlons en deux mots
00:29:32de la souveraineté politique
00:29:35et juridique,
00:29:37surtout en ce moment
00:29:38avec les interventions
00:29:42de Gulliver-Empêtré,
00:29:43c'est le Premier ministre
00:29:44de la France
00:29:45sur la question de l'essence.
00:29:47Eh bien,
00:29:49vous voulez baisser la TVA ?
00:29:52Très bien.
00:29:53Alors, baisser la TVA,
00:29:55faites comme l'Espagne.
00:29:57Vous avez vu
00:29:57ce qui est arrivé à l'Espagne ?
00:29:58Ils ont baissé la TVA.
00:30:00Ils étaient à 21,
00:30:01ils sont passés à 10.
00:30:02Et là,
00:30:02ils ont reçu une lettre
00:30:04de l'impératrice de la norme,
00:30:06l'État profond de Bruxelles,
00:30:08qui a dit stop,
00:30:09bonhomme.
00:30:10Vous n'avez pas le droit,
00:30:11parce qu'il y a une directive
00:30:12qui nous en empêche.
00:30:14Donc,
00:30:15si on veut baisser la TVA,
00:30:17rien qu'un geste
00:30:18comme celui-là,
00:30:18il faut partir.
00:30:20J'ai parlé du marché
00:30:21de l'électricité.
00:30:23On est au prix
00:30:24du gaz allemand.
00:30:25C'est un scandale.
00:30:27Et c'est un gaspillage
00:30:28pour la France.
00:30:29Ensuite,
00:30:30vous avez vu que pour
00:30:31nos futures centrales nucléaires,
00:30:32on n'avait pas eu
00:30:33de temps d'en parler,
00:30:34parce que c'était arrivé
00:30:34après,
00:30:36c'était arrivé au moment de Pâques.
00:30:37On nous dit,
00:30:38non, non, non,
00:30:38il y a une enquête.
00:30:39Vous n'avez pas le droit
00:30:40de faire des nouveaux réacteurs.
00:30:43Il faut une enquête
00:30:43de Bruxelles,
00:30:44de la commission de Bruxelles.
00:30:46Bon.
00:30:48Et puis,
00:30:49il y a le gaz russe
00:30:50qui n'est pas cher.
00:30:51Ah oui, mais non,
00:30:52on n'a pas le droit.
00:30:52Le général Mandon a expliqué,
00:30:54c'est notre ennemi,
00:30:54c'est notre ennemi.
00:30:55On fabrique un ennemi,
00:30:56là, en ce moment.
00:30:57On a besoin d'un ennemi.
00:30:58Pourquoi ?
00:30:58Parce que Van der Leyen
00:30:59et Macron,
00:31:00ils ont besoin
00:31:00d'une nouvelle guerre.
00:31:02Ils ont besoin de la guerre
00:31:04pour fédéraliser l'Europe.
00:31:05C'est comme ça que ça marche
00:31:07depuis Schumann et Monet,
00:31:09les fondateurs,
00:31:09les pères fondateurs.
00:31:11Spiel over effect,
00:31:12ça s'appelle,
00:31:13en américain.
00:31:14Ouvrir une crise
00:31:15pour pouvoir fédéraliser
00:31:16les compétences,
00:31:17transférer de nouvelles compétences
00:31:19de souveraineté.
00:31:20Alors, je réponds à votre question.
00:31:22C'est quoi la puissance ?
00:31:27J'ai oublié de dire
00:31:27ma définition de la puissance.
00:31:28Elle est inspirée
00:31:29d'un mot de Oscar Wilde
00:31:31qui dit
00:31:31la beauté,
00:31:33c'est dans le regard de l'autre.
00:31:35Et moi, je dis
00:31:36la puissance,
00:31:36c'est dans le regard de l'autre.
00:31:38À chaque fois que je vais
00:31:39à l'étranger
00:31:39et que je voyage,
00:31:40je vois des gens qui disent
00:31:41vous êtes français ?
00:31:44Oui.
00:31:45Ah !
00:31:46Et dans ce « ah »,
00:31:47il y a toute l'admiration
00:31:48du monde pour un pays
00:31:50qui n'est plus
00:31:50ce qu'il était
00:31:51mais qui pourrait
00:31:52le redevenir.
00:31:55Le regard de l'autre.
00:31:57C'est-à-dire que le monde entier
00:31:57nous regarde
00:31:58comme une vraie puissance
00:32:01mais qui ne s'exerce plus
00:32:04sur le monde.
00:32:06Et la deuxième chose
00:32:07que je voudrais dire
00:32:08qui est plus importante,
00:32:10inspirée de l'exemple
00:32:11de Taïwan.
00:32:12vous vous rendez compte
00:32:13que Taïwan,
00:32:14tout petit pays Taïwan,
00:32:15Taïwan tient la dragée haute
00:32:17au monde entier.
00:32:19Pourquoi ?
00:32:20Parce qu'avec leur génie,
00:32:22l'intelligence en action,
00:32:25ils ont créé
00:32:26les fameux
00:32:27semi-conducteurs
00:32:29dont tout le monde
00:32:30a besoin.
00:32:32En d'autres termes,
00:32:34on peut être un petit pays
00:32:36et un pays puissant.
00:32:37Ce n'était pas le cas
00:32:39il y a un siècle,
00:32:40il y a même 50 ans.
00:32:41Parce que c'était une question
00:32:43d'échelle, la puissance.
00:32:44C'était du temps de Vidal,
00:32:46de la Blache.
00:32:46Vous êtes un grand pays
00:32:47parce que vous êtes
00:32:49un pays étendu.
00:32:51Aujourd'hui,
00:32:51ce n'est plus le cas.
00:32:52Aujourd'hui,
00:32:53la puissance,
00:32:54elle obéit
00:32:55à la même règle
00:32:56que l'atome,
00:32:58la combinaison contradictoire
00:32:59de l'infiniment petit
00:33:00et de l'infiniment puissant.
00:33:02C'est ça,
00:33:02la puissance.
00:33:03Donc,
00:33:04vous pouvez être
00:33:04un tout petit pays,
00:33:05un pays très puissant
00:33:06qui tient la dragée haute
00:33:08au monde entier.
00:33:09Et le destin de la France,
00:33:11c'est soit de mourir,
00:33:13soit de retrouver sa puissance.
00:33:15Et donc,
00:33:16son indépendance.
00:33:18Autre sujet à présent,
00:33:19Philippe Devilliers,
00:33:20il y a eu,
00:33:21au début de cette semaine,
00:33:22une véritable déferlante
00:33:24qui s'est abattue
00:33:25sur CNews.
00:33:26La France insoumise
00:33:28et de nombreuses personnalités
00:33:29de la Macronie,
00:33:30le Premier ministre
00:33:31Sébastien Lecornu
00:33:32ou encore la ministre
00:33:32de la Culture
00:33:33Catherine Pégard,
00:33:34ont rivalisé
00:33:35de zèle
00:33:36pour dénoncer
00:33:38ce qu'ils ont appelé
00:33:39le racisme de CNews.
00:33:41Jusqu'à ce vendredi
00:33:43où Mediapart,
00:33:45très inspiré,
00:33:45relayé par son ancien patron,
00:33:47appelle
00:33:48à débrancher CNews.
00:33:50Il est urgent
00:33:50de débrancher CNews,
00:33:52chaîne de déconstruction
00:33:53de la démocratie.
00:33:54Rien que ça,
00:33:55il ne s'agit pas
00:33:56de l'interdire
00:33:56mais de supprimer
00:33:57son autorisation
00:33:58de diffusion
00:33:59sur un bien public.
00:34:00La TMD par non-respect
00:34:01de ses obligations.
00:34:02Geoffroy Lejeune.
00:34:03Alors,
00:34:03ça fait longtemps
00:34:04qu'on voulait vous poser
00:34:05la question,
00:34:05mais quelle est,
00:34:06Philippe,
00:34:06votre analyse
00:34:07de cet emballement
00:34:08autour de CNews
00:34:09et vous paraît-il
00:34:11un tant soit peu justifié ?
00:34:13Alors,
00:34:17je connais bien
00:34:18Michel Onfray,
00:34:19très bien,
00:34:20c'est un ami,
00:34:21je l'aime beaucoup,
00:34:22je le connais depuis longtemps.
00:34:24Faire passer Michel Onfray
00:34:25pour un raciste,
00:34:26c'est pas sérieux.
00:34:29Dont je réponds pas.
00:34:31Sur cette pluie d'insultes,
00:34:35j'ai pas de réponse.
00:34:40« Seul le silence est grand,
00:34:41tout le reste est faiblesse ».
00:34:42En revanche,
00:34:44ça m'a fait penser
00:34:45à ce que m'avait dit
00:34:50un jour François Furé,
00:34:52qui avait des attaches vendiennes
00:34:53que je connaissais bien,
00:34:54que j'ai eu l'occasion
00:34:55de rencontrer longuement
00:34:56sur le bicentenaire
00:34:58de la Révolution française.
00:34:59Et il m'a dit
00:35:01« Nous sommes à la veille
00:35:02d'une entreprise
00:35:03de vitrification ».
00:35:05Il tenait le mot de Staline.
00:35:10La vitrification.
00:35:11La vitrification,
00:35:12ça consiste à vous fixer au sol.
00:35:15Et ça marche.
00:35:17Ça marche encore mieux aujourd'hui
00:35:19que du temps de Staline.
00:35:22Et il m'avait développé
00:35:24les quatre armes
00:35:25de la vitrification.
00:35:27« En devenir », disait-il.
00:35:30On peut les passer en revue rapidement.
00:35:32La première arme
00:35:34de la vitrification,
00:35:36qu'on connaît bien ici,
00:35:38c'est la fascisation.
00:35:40Alors là, c'est du Staline,
00:35:42tout craché,
00:35:42c'est lui qui a inventé ce mot
00:35:44en disant
00:35:45« Qui est contre Staline
00:35:46et pour Hitler ».
00:35:49Alors aujourd'hui,
00:35:50ça pose un problème
00:35:51puisqu'il n'y a plus
00:35:54Hitler ni Mussolini.
00:35:55Donc comment on fascise
00:35:58l'adversaire ?
00:35:59On fascise
00:36:01tout adversaire
00:36:03qui se réclame
00:36:04d'une forme
00:36:06d'hétéronomie.
00:36:08C'est-à-dire,
00:36:09si je dis
00:36:10« Je suis patriote »,
00:36:12« Oh là ! »
00:36:12extre-droite.
00:36:14Si je dis
00:36:15« J'ai une conscience nationale »,
00:36:18« Oh là ! »
00:36:18« Fasciste ».
00:36:20Si je dis
00:36:21« Une famille,
00:36:23c'est un père et une mère »,
00:36:25« Oh là ! »
00:36:25« Fasciste ».
00:36:27Si je dis
00:36:27« Il faut rétablir l'autorité »,
00:36:30« Oh là ! »
00:36:30« Fasciste ».
00:36:31Donc toute hétéronomie
00:36:34dans la société
00:36:36est considérée
00:36:37comme une marque
00:36:38de fascisme.
00:36:40Alors le fascisme,
00:36:42cette dialectique
00:36:43fasciste-antifasciste,
00:36:46elle permet
00:36:48de disqualifier
00:36:49et elle permet
00:36:49de tuer
00:36:50puisque c'est au nom
00:36:50de l'antifascisme
00:36:52que
00:36:54Quentin de Ranque
00:36:55a été tué.
00:36:57Et là,
00:36:57on a vu
00:36:58la force
00:36:59de l'excuse absolutoire.
00:37:00Oui, mais d'accord,
00:37:01il est mort, d'accord,
00:37:01on peut le regretter,
00:37:02mais c'était quand même
00:37:03un fasciste.
00:37:05Ah bon, d'accord.
00:37:06Ah oui.
00:37:07Et donc,
00:37:08l'excuse absolutoire
00:37:09qui devient
00:37:11la victimisation
00:37:13accusatoire.
00:37:14Donc c'est l'antifasciste
00:37:16qui est la victime
00:37:16et le fasciste
00:37:17qui est toujours
00:37:18le coupable.
00:37:20Deuxièmement,
00:37:20l'islamophobie
00:37:22inventée par Khomeini
00:37:23au moment
00:37:24de la fatwa
00:37:25Salman Rushdie
00:37:26qui recommande
00:37:28à tous les occidentaux
00:37:29d'utiliser cette arme
00:37:30l'islamophobie.
00:37:32L'islamophobie,
00:37:33c'est non seulement
00:37:34toute critique
00:37:34des musulmans,
00:37:35mais toute critique
00:37:36de l'islam.
00:37:39C'est-à-dire,
00:37:40si vous critiquez
00:37:41les minarets,
00:37:42si vous critiquez
00:37:43le halad,
00:37:43si vous critiquez,
00:37:44si vous dites
00:37:45qu'il faut que
00:37:47on puisse serrer
00:37:48la main des femmes,
00:37:49si vous dites
00:37:49que les femmes
00:37:50peuvent aller
00:37:51dans un bistrot,
00:37:51si vous dites
00:37:52que vous êtes
00:37:52contre le voile
00:37:53des petites filles,
00:37:55etc.,
00:37:56vous êtes islamophobe.
00:37:59Et donc,
00:38:00le danger,
00:38:00c'est que là,
00:38:01on est sur un délile.
00:38:02C'est le début
00:38:03de la judiciarisation.
00:38:05Si vous dites
00:38:06que vous êtes
00:38:07christianophobe,
00:38:08aucun problème,
00:38:09c'est un exercice ludique.
00:38:12Recommandez.
00:38:14Mais islamophobe,
00:38:15vous allez au tribunal.
00:38:17Donc,
00:38:18chacun reste
00:38:19sur ses gardes.
00:38:20Troisièmement,
00:38:22troisième vitrification,
00:38:23c'est le colonialisme.
00:38:24Le colonialisme,
00:38:25c'est la clause
00:38:26de la honte
00:38:27du grand-père.
00:38:29Parce que le grand-père,
00:38:30en fait,
00:38:30était un esclavagiste,
00:38:31un colonialiste.
00:38:33Et donc,
00:38:33c'est l'idée
00:38:34d'une mémoire pénitentielle
00:38:35infligée à chaque petit français
00:38:37pour qu'il se taise.
00:38:39Et pour qu'il cesse
00:38:42de croire
00:38:42un seul instant
00:38:43que son pays
00:38:44vient de loin
00:38:45et vient
00:38:46de plus grand
00:38:47que lui.
00:38:49En effet,
00:38:50la France
00:38:51est un pays
00:38:52inventé par
00:38:53l'esclavagisme
00:38:54et le colonialisme
00:38:56et il faut éradiquer
00:38:57ce qu'ils appellent
00:38:58le privilège blanc.
00:39:00Et puis,
00:39:01arrive le racisme.
00:39:02En deux temps.
00:39:03Et là,
00:39:04c'est intéressant.
00:39:06Premier temps,
00:39:08octobre 1984,
00:39:10SOS Racisme.
00:39:11Là,
00:39:12l'idée,
00:39:12c'est de dire
00:39:12le droit à la différence,
00:39:14la fin de l'assimilation.
00:39:15Et ça marche
00:39:16très bien.
00:39:17C'est-à-dire
00:39:17qu'avec SOS Racisme,
00:39:19ils fabriquent
00:39:20le communautarisme
00:39:21dont ils se plaindront
00:39:22pour certains d'entre eux.
00:39:23Les inventeurs,
00:39:24évidemment,
00:39:26seront les arroseurs
00:39:27arrosés.
00:39:28Trop tard.
00:39:30Avec SOS Racisme,
00:39:31ils ont fabriqué
00:39:32le communautarisme.
00:39:34Et puis,
00:39:34deuxième étape,
00:39:35on en a parlé
00:39:36au téléphone,
00:39:37Elliot.
00:39:38Ça m'avait beaucoup frappé
00:39:40quand vous m'avez dit
00:39:40SOS Racisme
00:39:41a été sifflé
00:39:42à la manif de Saint-Denis.
00:39:44J'ai réfléchi,
00:39:45je me suis dit
00:39:45j'ai compris pourquoi.
00:39:48Parce qu'en fait,
00:39:49on a franchi un cran,
00:39:50on est passé
00:39:51de la dialectique
00:39:52Racisme-Antiraciste
00:39:53à la dialectique
00:39:55Racisé-Racisant.
00:39:56Ce qu'a très bien dit
00:39:57le professeur
00:39:58Jean Travoileau,
00:39:59qui est un homme
00:39:59très brillant,
00:40:00qui a parlé de ce sujet
00:40:02avec quelques fulgurances.
00:40:05Alors,
00:40:05qu'est-ce que ça veut dire
00:40:05Racisé-Racisant ?
00:40:07Ça veut dire qu'en fait,
00:40:08c'est les Blancs
00:40:08et les Noirs.
00:40:10Donc,
00:40:10un Blanc,
00:40:12s'il ne fait pas d'efforts,
00:40:14il peut être
00:40:14très facilement raciste.
00:40:16De toute façon,
00:40:16c'est un raciste systémique.
00:40:18Donc,
00:40:18ça ne dépend pas
00:40:19de sa mentalité.
00:40:21Et les racisés,
00:40:23vous vous rendez compte,
00:40:23les racisés,
00:40:24ce n'est pas moi
00:40:24qui invente ça.
00:40:25Les racisés,
00:40:25c'est la France insoumise
00:40:27qui parle des racisés
00:40:28et qui a dit,
00:40:30d'ailleurs,
00:40:30il faut qu'il y ait
00:40:31des mères racisées
00:40:32pour ressembler
00:40:33à la population.
00:40:34Voilà.
00:40:34On en arrive
00:40:35à cette dialectique.
00:40:39Et quel est le but
00:40:40de cette vitrification ?
00:40:42À partir de ces quatre armes
00:40:44de vitrification,
00:40:47le but,
00:40:48il est triple.
00:40:48premièrement,
00:40:51faire taire
00:40:52celui qu'on considère
00:40:54comme un adversaire,
00:40:56lui couper la parole,
00:40:58fermer ses news.
00:41:02Deuxièmement,
00:41:04déraciner les petits français,
00:41:07s'assurer
00:41:08que la clause de la honte
00:41:10du grand-père fonctionne.
00:41:12Et troisièmement,
00:41:13faire de la France
00:41:14un espace cosmique.
00:41:17Et vous aviez prophétisé
00:41:19les sifflets
00:41:20pour SES Racisme
00:41:21il y a deux semaines.
00:41:22Vous aviez eu cette formule
00:41:24« Un pur trouve toujours
00:41:27un plus pur ».
00:41:28C'est la formule
00:41:29de Saint-Just.
00:41:30C'était laquelle ?
00:41:32Rappelez-la nous.
00:41:32Saint-Just disait
00:41:34à propos des révolutionnaires
00:41:36qui se coupaient la tête.
00:41:39La révolution dévore toujours
00:41:40ses enfants.
00:41:41Voilà, c'est ça.
00:41:41Et il disait
00:41:42« Un pur trouve toujours
00:41:44un plus pur qu'il est pur ».
00:41:47Vous parliez
00:41:48de la France insoumise
00:41:49justement,
00:41:49Philippe Devilliers,
00:41:50depuis les élections municipales.
00:41:51On parle matin,
00:41:52midi et soir
00:41:53de cette fameuse
00:41:55Nouvelle France.
00:41:56Chacun y va
00:41:57de sa définition.
00:41:58Quelle est votre définition
00:41:59de la Nouvelle France,
00:42:01Philippe ?
00:42:01Alors d'abord,
00:42:02c'est une escroquerie
00:42:03sémantique.
00:42:05Puisqu'il y a encore
00:42:05le mot France
00:42:06alors que c'est
00:42:07l'anti-France,
00:42:07la post-France.
00:42:08Ils détestent la France
00:42:10et ils veulent
00:42:10qu'on la déteste.
00:42:12Mais allons-y quand même
00:42:13puisqu'ils ont adopté
00:42:14le terme
00:42:15et qu'il a repris
00:42:15par la presse.
00:42:17Alors d'abord,
00:42:17la première caractéristique
00:42:18de la définition,
00:42:20c'est qu'elle intègre
00:42:22l'idée que
00:42:23s'il y a une Nouvelle France,
00:42:24il y a une ancienne.
00:42:25Elle la désigne du doigt,
00:42:27l'ancienne.
00:42:27L'ancienne France vieillissante,
00:42:29l'ancienne France phallocratique,
00:42:31l'ancienne France rurale,
00:42:33l'ancienne France hétéronormée.
00:42:36Ensuite,
00:42:36cette ancienne France,
00:42:38il la désigne
00:42:38comme étant stérile.
00:42:40Alors que la leur
00:42:42est prolifique.
00:42:43En effet,
00:42:45ils reprennent à leur compte
00:42:47la phrase de Boumédienne
00:42:49« L'enfantement
00:42:51est le diable des femmes ».
00:42:53Et c'est là
00:42:55tout le danger
00:42:55de cette fameuse Nouvelle France,
00:42:57c'est qu'en fait,
00:42:57avec le « no kid »,
00:42:59la Macronie
00:43:01et, enfin,
00:43:03la France ne fait plus d'enfants.
00:43:08« No kid »,
00:43:10pour ne pas polluer la planète
00:43:12et pour bien d'autres raisons,
00:43:13parce qu'en fait,
00:43:14ils ont tué la famille.
00:43:16Alors que
00:43:18les familles musulmanes,
00:43:19elles,
00:43:20sont prolifiques.
00:43:22C'est le coup de génie
00:43:23de Mélenchon
00:43:24qui un jour m'a dit
00:43:25« Moi,
00:43:27la démocratie,
00:43:27c'est mon régime ».
00:43:28J'ai dit « Pourquoi vous dites ça ? »
00:43:30Il dit « Ah,
00:43:30le nombre,
00:43:31le nombre,
00:43:32le nombre ».
00:43:33Eh oui,
00:43:34bien joué.
00:43:35Effectivement.
00:43:38Et alors,
00:43:42la Nouvelle France repose
00:43:45sur
00:43:47deux principes.
00:43:49Le premier,
00:43:51c'est
00:43:53le principe révolutionnaire
00:43:56du prolétaire d'après.
00:43:59C'est-à-dire qu'en fait,
00:44:00le musulman
00:44:01remplace ce prolétaire
00:44:03dans sa fonction rédemptrice.
00:44:06C'est assez fort.
00:44:08Et ensuite,
00:44:09deuxièmement,
00:44:10c'est
00:44:10l'enjeu démographique.
00:44:13On dépeuple
00:44:14et on repeuple.
00:44:16Le grand remplacement.
00:44:17Vous vous souvenez
00:44:18que
00:44:20celui qui a parlé
00:44:22sur la place publique,
00:44:23sur le forum
00:44:24du grand remplacement,
00:44:25c'est Éric Zemmour.
00:44:25Tout le monde
00:44:26lui est tombé dessus
00:44:26en disant
00:44:27« Ah ! »
00:44:28« Ce n'est pas vrai
00:44:29le grand remplacement,
00:44:30il n'y a pas de grand remplacement. »
00:44:31Et tout d'un coup,
00:44:32Mélenchon arrive
00:44:32et dit
00:44:33« Ah mais si,
00:44:34il y a un grand remplacement
00:44:34et je le revendique. »
00:44:37Donc,
00:44:37le grand remplacement
00:44:38a changé d'étiquette
00:44:39et changé de compartiment.
00:44:42Il était
00:44:43à l'arrière du train,
00:44:45il est passé
00:44:45dans la locomotive.
00:44:47Et tout le monde dit
00:44:48« Ah oui,
00:44:48ah ben voilà ! »
00:44:50Parce que c'est Mélenchon
00:44:50qui parle.
00:44:52Et il y a quelqu'un
00:44:53qui a très bien vu tout ça,
00:44:54c'est
00:44:56François Ruffin
00:44:58qui a dit
00:44:58« En fait,
00:44:59la vision globale
00:45:00de Mélenchon,
00:45:03ce n'est pas une vision sociale,
00:45:05les petits,
00:45:05les travailleurs,
00:45:06ça c'est une vision spatiale,
00:45:10les quartiers,
00:45:12les métropoles
00:45:13contre la ruralité
00:45:15et même,
00:45:16il dit raciale,
00:45:18en dressant des murs.
00:45:19Et il dit
00:45:20« En fait,
00:45:21Mélenchon dresse
00:45:22la France des Tours
00:45:23contre la France des Bours. »
00:45:26Et si vous me permettez
00:45:27d'embrasser
00:45:281500 ans d'histoire
00:45:30en quatre phrases
00:45:33pour bien situer
00:45:35ce que veut dire
00:45:35la Nouvelle-France,
00:45:36je vous dirai ceci.
00:45:40Il y a eu
00:45:41l'ancienne France
00:45:44qui a été
00:45:45grand remplacée
00:45:45par la France Nouvelle.
00:45:47C'est ainsi
00:45:47qu'elle s'appelait.
00:45:49C'était le mot
00:45:50de Marat,
00:45:51c'était le mot
00:45:52de Robespierre.
00:45:53La France Nouvelle.
00:45:55Taboulorasa.
00:45:58Donc l'ancienne France
00:45:59a été grand remplacée
00:46:00par la France Nouvelle.
00:46:02La France Nouvelle
00:46:03au XIXe siècle
00:46:05s'est appelée
00:46:06sous la plume
00:46:08du Chateaubriand
00:46:08la Nouvelle-Ancienne France.
00:46:12Très attaquée
00:46:13par la gauche
00:46:14progressiste.
00:46:16Cette Nouvelle-Ancienne France
00:46:19elle a été
00:46:20grand remplacée
00:46:23quand elle est morte
00:46:24à Maastricht.
00:46:26Pourquoi je dis
00:46:26grand remplacée ?
00:46:27parce qu'il y a eu
00:46:29un nouveau changement
00:46:29de souverain.
00:46:31Le premier souverain
00:46:32c'était le roi
00:46:33l'ancienne France.
00:46:34Le deuxième souverain
00:46:35la France Nouvelle
00:46:37c'était le peuple.
00:46:38Le peuple souverain.
00:46:40Puis le peuple souverain
00:46:41a été liquidé
00:46:42et transféré
00:46:43sans que personne
00:46:43ne dise rien
00:46:44à Maastricht.
00:46:48Cette nouvelle
00:46:49ancienne France
00:46:50est morte
00:46:51comme d'artagnan
00:46:52sous les murs
00:46:52de Maastricht.
00:46:53Puisque le souverain
00:46:54a encore changé.
00:46:55maintenant le souverain
00:46:56c'est plus le peuple
00:46:57c'est la technocratie
00:46:58de marché.
00:47:00Et puis voilà
00:47:01que la Nouvelle-Ancienne France
00:47:04est en voie
00:47:05d'être remplacée
00:47:06par la Nouvelle-France.
00:47:08Et ce que je vous prédis
00:47:09Elliot Geoffroy
00:47:12mais ça fera
00:47:13l'objet
00:47:14d'un chapitre nouveau.
00:47:17Il fera
00:47:18qu'on traite.
00:47:18Je pense
00:47:19pour des raisons
00:47:20je voudrais vous expliquer
00:47:21que cette Nouvelle-France
00:47:24ne durera pas
00:47:25pas longtemps
00:47:25et qu'elle sera
00:47:27grand remplacée
00:47:29par la France
00:47:30de toujours.
00:47:34Philippe De Villiers
00:47:37Il nous reste
00:47:38un tout petit peu
00:47:39plus de 10 minutes
00:47:39et je sais
00:47:40que vous souhaitiez
00:47:41revenir sur les propos
00:47:42de Laurent Nunez
00:47:45concernant
00:47:45l'islam
00:47:46en France.
00:47:48Alors il a rétro-pédalé
00:47:50en disant
00:47:51j'ai commis
00:47:52une maladresse
00:47:52la République
00:47:53n'a évidemment pas
00:47:54à s'occuper
00:47:54de la promotion
00:47:55de l'islam.
00:47:57Je vous propose
00:47:57de l'écouter rapidement
00:47:58et nous en parlerons
00:48:00en longueur
00:48:00peut-être la semaine prochaine
00:48:01mais au moins
00:48:02écoutez cette déclaration
00:48:04qui vous a marqué
00:48:04dans toute la déclaration
00:48:05c'était le 12 mars dernier
00:48:06trois jours avant
00:48:08le premier tour
00:48:08de l'élection
00:48:10à la Grande Mosquée
00:48:11de Paris
00:48:11au cours duquel
00:48:12il a souligné
00:48:12je cite qu'Emmanuel Macron
00:48:13était très attaché
00:48:14à développer l'islam
00:48:16dans notre pays
00:48:17à le faire connaître
00:48:18écoutez Laurent Nunez
00:48:19parce qu'il y a aussi
00:48:20la notion d'ennemi
00:48:21de la République
00:48:21écoutez
00:48:23Les musulmans
00:48:24en France
00:48:25endossent aujourd'hui
00:48:26une responsabilité
00:48:27particulière
00:48:28celle de montrer
00:48:29que l'islam
00:48:30vécu ici
00:48:30dans notre République
00:48:31est un islam
00:48:32de sagesse
00:48:33de connaissance
00:48:34et de responsabilité
00:48:35un islam
00:48:36qui élève
00:48:37les consciences
00:48:37et refuse
00:48:38d'être instrumentalisé
00:48:39par la haine
00:48:40ou la violence
00:48:42faire croire
00:48:43que l'islam
00:48:43serait incompatible
00:48:44avec la République
00:48:45c'est tout simplement
00:48:46inaudible
00:48:47ceux qui prétendent cela
00:48:48se font eux-mêmes
00:48:50les ennemis
00:48:51de la République laïque
00:48:52c'est-à-dire
00:48:52de la France
00:48:53qui garantit à tous
00:48:54la liberté de croire
00:48:56et d'exercer un culte
00:48:58il n'y a pas d'autre
00:48:59définition
00:48:59de la laïcité
00:49:01dont nous avons
00:49:02célébré
00:49:02les 120 ans
00:49:03en décembre dernier
00:49:04Geoffroy Lejeune
00:49:05cher Philippe
00:49:06que vous a inspiré
00:49:07cette déclaration
00:49:07du ministre de l'Intérieur ?
00:49:09moi ce qui m'a
00:49:11alors je passe
00:49:12sur la faute
00:49:12l'erreur
00:49:13le salto avant
00:49:14le salto arrière
00:49:15etc
00:49:16enfin bon
00:49:19j'aurais
00:49:22reprendre
00:49:22ce qu'il a dit
00:49:23sur
00:49:23l'incompatibilité
00:49:25sur la compatibilité
00:49:26entre
00:49:27en fait
00:49:29l'islam
00:49:29et notre civilisation
00:49:31bon c'est ça
00:49:32qu'il croit
00:49:32c'est pour ça que
00:49:33comme tous les hommes politiques
00:49:34il développe l'islam
00:49:37bon
00:49:37alors moi
00:49:39je vais vous dire
00:49:40en trois minutes
00:49:42ce que je pense là-dessus
00:49:44je pense qu'il y a
00:49:45un antagonisme
00:49:46fondamental
00:49:47entre deux civilisations
00:49:48deux civilisations
00:49:50l'arabo musulmane
00:49:52et la christiano
00:49:53occidentale
00:49:54et que c'est une
00:49:55grande
00:49:57preuve d'arrogance
00:49:58que de croire
00:50:00un instant
00:50:00qu'on va pouvoir
00:50:02adapter l'islam
00:50:03le réformer
00:50:05à notre manière
00:50:06pourquoi ?
00:50:07parce que l'islam
00:50:08est irréductible
00:50:10à nos catégories mentales
00:50:11l'islam
00:50:12est une manière
00:50:13de concevoir le monde
00:50:14de concevoir la vie
00:50:15dans
00:50:16dans toutes les dimensions
00:50:19alors comment faire
00:50:21pour sortir
00:50:22de ce conflit
00:50:23ce sur quoi
00:50:24j'ai beaucoup réfléchi
00:50:28il faut
00:50:31attirer
00:50:31à nous
00:50:34les français
00:50:35de désir
00:50:36ceux qui sont
00:50:36sur le territoire français
00:50:39qui nous regardent
00:50:40et qui voudraient
00:50:41nous ressembler
00:50:41mais qui ne nous connaissent pas
00:50:44les autres
00:50:45il vaut mieux
00:50:46qu'ils repartent
00:50:47si c'est pour mettre
00:50:48la pagaille chez nous
00:50:49ou pour ne pas nous aimer
00:50:50ou pour s'en prendre
00:50:52à nous
00:50:53à notre civilisation
00:50:54désolé mais
00:50:55on est chez nous
00:50:58ça veut dire
00:50:59trois choses
00:50:59ça veut dire
00:51:00premièrement
00:51:00inscrire dans la constitution
00:51:02les racines chrétiennes
00:51:04pourquoi ?
00:51:05parce que
00:51:05je reprends ce que disait
00:51:07René Raymond
00:51:08le grand historien
00:51:09il faut affirmer
00:51:10le droit de primogéniture
00:51:12du christianisme
00:51:13chez lui
00:51:14une terre chrétienne
00:51:16depuis 2000 ans
00:51:19et
00:51:20au nom de ce droit
00:51:22d'antériorité
00:51:22ça permettra
00:51:24de tenir les juges
00:51:25par exemple
00:51:26de plus condamner
00:51:28Robert Ménard
00:51:29pour la crèche de Béziers
00:51:30condamner à Lyon
00:51:32pour un sapin de Noël
00:51:33etc
00:51:35le christianisme
00:51:37fut-il finissant
00:51:38et chez lui
00:51:39en France
00:51:40parce qu'il est là
00:51:41depuis 2000 ans
00:51:43ensuite
00:51:45il faut donner
00:51:46envie
00:51:46aux français
00:51:48de désir
00:51:49ceux qui veulent
00:51:50nous rejoindre
00:51:52de
00:51:54se dégager
00:51:56de la tutelle
00:51:58et de l'influence
00:51:59des pays d'origine
00:52:01pour qu'ils puissent
00:52:02gagner
00:52:02l'autonomie
00:52:04matérielle
00:52:05politique
00:52:05culturelle
00:52:08et troisièmement
00:52:09leur donner
00:52:11envie
00:52:12de se dégager
00:52:13d'une lecture
00:52:14littérale
00:52:15du Coran
00:52:15et de la Sunna
00:52:16parce que la France
00:52:17n'a pas vocation
00:52:17à devenir une terre
00:52:19de charia
00:52:20ou un califat
00:52:22il faut que ça soit clair
00:52:24et enfin et surtout
00:52:25pour leur donner
00:52:27envie de nous ressembler
00:52:28il faut leur donner
00:52:28envie de nous ressembler
00:52:29non pas dans
00:52:30l'hédonisme
00:52:31et le nihilisme
00:52:36c'est pas avec la laïcité
00:52:37qu'on arrête
00:52:38une lame de feu
00:52:40mais leur donner
00:52:40envie de nous ressembler
00:52:41dans l'exaltation
00:52:44commune
00:52:48de notre patrimoine
00:52:50vital
00:52:52voilà ce que je pense
00:52:53alors que monsieur Nunez
00:52:55ce qu'il pense
00:52:56lui
00:52:58à bas bruit
00:52:59c'est qu'on a vocation
00:53:00à devenir une terre islamique
00:53:01il pense comme Jean-François Copé
00:53:03qui a dit sur RTL
00:53:05oui ben voilà
00:53:06c'est trop tard
00:53:07c'est trop tard
00:53:08et moi je dis
00:53:09non c'est pas trop tard
00:53:12Philippe De Villiers
00:53:13dernière thématique
00:53:14ce vendredi
00:53:14Emmanuel Macron
00:53:16a rencontré le pape
00:53:17Léon XIV au Vatican
00:53:18une première visite
00:53:19près d'un an
00:53:19après son élection
00:53:20l'Elysée d'ailleurs
00:53:21a considéré en amont
00:53:23de cette visite
00:53:24qu'elle s'inscrivait
00:53:25dans la tradition
00:53:26républicaine
00:53:27et laïque
00:53:28une formule quand même
00:53:29audacieuse
00:53:30vous allez au Vatican
00:53:31pour respecter
00:53:32une tradition
00:53:33évidemment laïque
00:53:34et républicaine
00:53:35Geoffroy Lejeune
00:53:36alors qu'on découvre
00:53:37les images
00:53:37d'Emmanuel Macron
00:53:38et de son épouse
00:53:39au Vatican
00:53:40cher Philippe
00:53:41que pensez-vous
00:53:41de cette visite
00:53:42et surtout dans le contexte
00:53:43qu'on est en train de vivre
00:53:43en ce moment
00:53:44qu'en attendez-vous ?
00:53:47Rien
00:53:49Voilà
00:53:49C'est fini
00:53:50Fin de l'émission
00:53:51Mais je vais vous dire
00:53:52ce que je pense
00:53:53de la visite
00:53:54D'abord
00:53:56j'ai
00:53:57le président
00:53:58de la république
00:54:00et par son statut
00:54:03il ne peut pas faire autrement
00:54:06chanoine
00:54:06d'honneur
00:54:07de la basilique
00:54:09Saint-Jean
00:54:09de Latran
00:54:11donc
00:54:11normalement
00:54:12il aurait le droit
00:54:15de se revêtir
00:54:17de la tenue
00:54:18du chanoine
00:54:22avec
00:54:24toute la tenue
00:54:26noire
00:54:26rouge
00:54:27etc
00:54:27petite calotte
00:54:29la mazette
00:54:30la mazette
00:54:31gliserée rouge
00:54:32je l'imagine
00:54:34Brigitte
00:54:34lui dirait
00:54:38que t'es beau
00:54:39en chanoine
00:54:44Mais derrière
00:54:46ce chanoine
00:54:46il y a
00:54:50le successeur
00:54:50de Clovis
00:54:52Pourquoi ?
00:54:52Parce que
00:54:53chanoine
00:54:54du Latran
00:54:54ça veut dire
00:54:54qu'on se raccroche
00:54:55à une tradition historique
00:54:56à une continuité historique
00:54:58depuis le baptême
00:55:01de Clovis
00:55:01Ce qu'avait très bien vu
00:55:03le pape Jean-Paul II
00:55:03quand il est venu à Reims
00:55:04en 1996
00:55:06France
00:55:06qu'as-tu fait
00:55:07des promesses
00:55:08de ton baptême ?
00:55:08Il faisait allusion
00:55:09au baptême de Clovis
00:55:12au baptême du Clovis
00:55:13c'est-à-dire
00:55:16quand l'évêque Rémi
00:55:17lui dit
00:55:18jette tes colliers
00:55:19fiers
00:55:20sicambres
00:55:21brûle ce que tu as adoré
00:55:22adore ce que tu as brûlé
00:55:23quelle actualité
00:55:27si le pape
00:55:28pouvait dire ça
00:55:28Emmanuel Macron
00:55:30à l'époque
00:55:31il y a eu un miracle
00:55:33on a un barbare
00:55:35qui échappe à l'arianisme
00:55:37qui s'appelle Clovis
00:55:38qui est franc
00:55:39qui prive autant
00:55:41les Valkyries
00:55:42le Valala
00:55:42et qui tout à coup
00:55:44arrive à Reims
00:55:45et se dévêtit
00:55:47et il devient
00:55:49l'homme nouveau
00:55:50baptisé
00:55:51et il apporte avec lui
00:55:53les entrustions
00:55:55sa famille
00:55:56et tout un pays
00:55:57c'est la France
00:56:00alors en fait
00:56:01je me dis
00:56:02est-ce que le pape
00:56:05aura vu
00:56:06tous les personnages
00:56:07qui sont
00:56:10face à lui
00:56:12le deuxième personnage
00:56:13après le chanoine
00:56:14sous le chanoine
00:56:16qui est en face de lui
00:56:18et qui était en face de lui
00:56:19c'était le
00:56:20le législateur
00:56:21de la mort administrée
00:56:24c'est-à-dire qu'en fait
00:56:25il a un certain culot
00:56:26d'aller voir le pape
00:56:29au moment
00:56:30où on fait voter
00:56:31une loi
00:56:32qui va
00:56:33légaliser
00:56:34le meurtre
00:56:36alors que
00:56:37l'interdiction
00:56:37de tuer
00:56:38elle est
00:56:39consubstantielle
00:56:40à notre civilisation
00:56:42vous vous rendez compte
00:56:43que
00:56:44la non-assistance
00:56:45à personne
00:56:45en danger
00:56:48change de code
00:56:49et passe du code pénal
00:56:51c'était un crime
00:56:53au code de la santé
00:56:54c'est une recommandation
00:56:56on va tuer
00:56:57par commisération
00:56:59par compassion
00:57:00et il est là
00:57:02en face du pape
00:57:03il le regarde
00:57:03dans les yeux
00:57:04comme un séducteur
00:57:08et moi je me dis
00:57:10en le voyant
00:57:11regarder le pape
00:57:12peut-être que le pape
00:57:13pensera ceci
00:57:14un pays
00:57:16qui élimine
00:57:17un quart de ses enfants
00:57:18qui s'apprête
00:57:18a éliminé
00:57:19un quart de ses vieux
00:57:21c'est un pays
00:57:22qui n'a pas d'avenir
00:57:24voilà monsieur le président
00:57:25enfin
00:57:26le dernier personnage
00:57:31je vais évoquer
00:57:32un souvenir personnel
00:57:33un jour
00:57:33je parlais avec lui
00:57:34et je lui dis
00:57:34oh vous savez
00:57:35tu sais Philippe
00:57:36on est tous un peu
00:57:37forcément moi
00:57:38l'homme politique
00:57:39etc
00:57:40il fait comme ça
00:57:40puis il finit par
00:57:41lâcher le mot
00:57:43alchimiste
00:57:45et en fait
00:57:46c'est l'idée
00:57:46de l'alchimiste
00:57:47avec ses corps nus
00:57:48il met des liquides
00:57:50de couleurs différentes
00:57:51du rouge
00:57:52du vert
00:57:52du bleu
00:57:53etc
00:57:53et avec tout ça
00:57:55en fait
00:57:56il change
00:57:58les repères
00:57:59de la société
00:58:00c'est l'alchimiste
00:58:02Macron
00:58:03l'alchimiste
00:58:04qu'est-ce qu'il a fait
00:58:06Macron ?
00:58:06il a trituré
00:58:07la société
00:58:08il a
00:58:09il a viré
00:58:10la matrice
00:58:11anthropologique
00:58:12de la chrétienté
00:58:13finissante
00:58:14il ne reste rien
00:58:16on a une société
00:58:17sans père
00:58:18une société
00:58:19sans mère
00:58:19une société
00:58:20sans enfant
00:58:20une société
00:58:21sans filiation
00:58:22il a touché
00:58:23à la vie
00:58:24il a touché
00:58:25à la mort
00:58:25il a touché
00:58:26à la transmission
00:58:27il a rêvé
00:58:28d'être
00:58:30promettéen
00:58:30de dérober
00:58:31le feu
00:58:32il a rêvé
00:58:33d'être faustien
00:58:33de dérober
00:58:35la vie
00:58:36il a
00:58:37le petit
00:58:37serpenteau
00:58:38du jardin
00:58:39d'Éden
00:58:40qui dit
00:58:41au premier homme
00:58:42s'il coûte
00:58:43des héritices
00:58:44vous serez
00:58:45comme des dieux
00:58:46et là
00:58:47en fait
00:58:47je me dis
00:58:48il peut y avoir
00:58:48un miracle
00:58:49la France
00:58:50c'est le pays
00:58:50du miracle
00:58:51la France
00:58:51a commencé
00:58:52avec un miracle
00:58:53pourquoi
00:58:54parce que
00:58:55en fait
00:58:55le barbare
00:58:56qui est venu
00:58:57se faire baptiser
00:58:57à Reims
00:59:00face
00:59:01à l'évêque
00:59:02de Reims
00:59:02face aux évêques
00:59:07du royaume
00:59:07des francs
00:59:09qui était à l'époque
00:59:10désespéré
00:59:11parce que Rome
00:59:12venait de mourir
00:59:14476
00:59:14et qui n'avait
00:59:15plus d'espoir
00:59:16pour l'Empire romain
00:59:17et qui n'avait
00:59:17donc plus d'espoir
00:59:18pour la romanité
00:59:19chrétienne
00:59:21et lui
00:59:22il est arrivé
00:59:22en conquérant
00:59:24et le conquérant
00:59:25a été conquis
00:59:26par sa conquête
00:59:29je forme le vœu
00:59:30le vœu pieux
00:59:32que le visiteur
00:59:34du Vatican
00:59:37soit
00:59:38conquis
00:59:40par le regard
00:59:41de son hôte
00:59:44qui viendrait
00:59:44lui visiter
00:59:45l'âme
00:59:45et y déposer
00:59:49un peu
00:59:49de ce qui reste
00:59:51de la grandeur
00:59:52de la fille aînée
00:59:52de l'église
00:59:54un grand merci
00:59:55Philippe De Villiers
00:59:55rendez-vous évidemment
00:59:56la semaine prochaine
00:59:57merci à vous
00:59:58Geoffroy Lejeune
00:59:59dans un instant
00:59:59c'est l'heure des pros 2
01:00:01nous reviendrons
01:00:01sur les dernières déclarations
01:00:03de Sébastien Lecornu
01:00:05du tout électrique
01:00:06voilà l'objectif
01:00:07je grossis le trait
01:00:08du Premier ministre
01:00:10mon petit doigt me dit
01:00:11que
01:00:11et nous en parlerons
01:00:13la semaine prochaine
01:00:13ensemble
01:00:14à tout de suite
01:00:14pour l'heure des pros
01:00:15restez avec nous
01:00:16à tout de suite
Commentaires

Recommandations