- il y a 2 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre de la Justice.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Gérald Darmanin, garde des Sceaux et ministre de la Justice.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:03Bonjour Gérald Darmanin, vous proposez dans JDDIR un moratoire de trois ans sur l'immigration légale.
00:09Qu'est-ce que ça veut dire ? Personne ne rentre en France ?
00:11Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, mais il faut diminuer la part de notre immigration en
00:15France
00:15pour d'abord intégrer et assimiler les étrangers nombreux qui sont déjà sur notre territoire.
00:20La situation a changé par rapport aux années précédentes.
00:22Le chômage réaugmente, on est à quasiment 8% et nous avons des capacités d'intégration,
00:27trouver des logements, mettre les enfants à l'école, leur apprendre le français,
00:31leur trouver un travail qui n'est pas aujourd'hui, je crois, au mieux.
00:35Nous devons d'abord intégrer les gens qu'on a sur notre sol avant de faire venir davantage d'autres
00:39personnes.
00:40Vous dites qu'il faut qu'on puisse débattre du nombre, c'est classique, des qualifications,
00:45mais aussi, ajoutez-vous, des zones géographiques d'origine des gens qui veulent venir.
00:50Pourquoi des zones géographiques d'origine ? Il y a des zones qui fournissent de meilleurs travailleurs que d'autres.
00:55Je pense qu'il est plus normal de faire venir en France des personnes qui parlent français, par exemple,
01:00ou qui sont de culture française, parce que nous avons pour intégrer des personnes
01:05plus de difficultés à faire lorsqu'ils sont thalophones, lorsqu'ils ne parlent pas notre langue.
01:09Pour avoir été ministre d'intérieur pendant 4 ans et demi, je vois le travail incroyable
01:13que font les associations, que fait l'État pour essayer d'intégrer ces populations.
01:17Le sujet de l'immigration en soi, et moi je suis deux fois petit-fils d'immigrés,
01:21n'est pas le fait de choisir quelqu'un en fonction de sa religion ou de son origine géographique en
01:28tant que telle.
01:29En revanche, c'est de sa capacité à s'intégrer à la République française, à respecter les règles de la
01:34République française.
01:34Donc quelqu'un qui vient du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne, où on parle français,
01:38aurait plus de chances de rentrer que quelqu'un qui vient d'ailleurs ?
01:42Alors d'abord, c'est au Parlement que de le dire. Je propose que ce soit le Parlement qui fixe
01:46des quotas
01:46qui sont définitifs et pas indicatifs. J'ai mis les quotas indicatifs dans la loi,
01:50mais aujourd'hui il faut changer la constitution pour faire des quotas qui obligent.
01:55C'est ce qui existe par exemple au Canada, un pays qui le fait, notamment avec une immigration d'origine
02:00anglophone.
02:01Il faut croiser ses origines géographiques avec les qualifications.
02:06Ce que nous cherchons en France, c'est à faire venir moins d'étrangers, je le pense,
02:10et simplement dans certains métiers, dans certains corps de métier.
02:12Par exemple, nous avons 20% des médecins aujourd'hui à l'hôpital qui sont étrangers.
02:17Nous avons besoin de médecins étrangers, mais nous n'avons pas besoin de tous les métiers à tout moment.
02:22Non seulement on est à 8% de chômage, mais par ailleurs,
02:25les étrangers sont surreprésentés dans les personnes qui sont au chômage.
02:28Ce serait assez criminel de les faire venir en France,
02:32de ne pas savoir les intégrer et de ne pas leur offrir du travail.
02:34– Vous avez insisté sur l'intégration à l'instant et hier aussi,
02:39travaillant à l'assimilation des étrangers qui sont sur le territoire, dites-vous.
02:43Est-ce que ça veut dire que ceux qui ne posent pas de problème
02:46et qui travaillent ici doivent être davantage régularisés,
02:49doivent être plus facilement régularisés ?
02:51– Alors c'est ce que j'ai fait quand j'étais ministre de l'Intérieur.
02:53– Mais on vous entend moins là-dessus maintenant.
02:54– Non, alors j'ai porté une loi avec Olivier Dussopt,
02:56qui était très difficile parce qu'une grande partie de l'extrême droite et de la droite
03:00n'en voulait pas, qui consistait à être très simple,
03:02être gentil avec les gentils et méchant avec les méchants.
03:05Oui, il faut intégrer tous ceux qui travaillent sur notre sol,
03:08qui respectent les règles de la République,
03:10qui élèvent leurs enfants dans l'amour de notre drapeau,
03:12dans la promesse qu'est la République.
03:14Il y a plein de gens dans les restaurants qui délivrent les repas,
03:18qui travaillent dans le BTP, qui travaillent dans l'agriculture,
03:20qui sont absolument formidables et que nous devons absolument…
03:23– Vous maintenez qu'il faut que ces gens-là ont vocation à être régularisés ?
03:27– Ceux qui respectent les règles de la République, qui parlent notre langue,
03:30dont les enfants respectent les règles de la République,
03:32qui travaillent, bien sûr qu'il faut que nous leur offrions…
03:35– Quand bien même sont-ils rentrés de manière illégale ?
03:37– Je pense qu'au bout d'un certain temps,
03:38ils ont démontré depuis parfois 10 ans, 15 ans,
03:41les situations dans lesquelles nous sommes sont parfois absolument innomènes,
03:44bien sûr qu'il faut les accueillir, peut-être pas dans la nationalité,
03:48mais en tout cas leur sécuriser, leur donner des papiers
03:51qui leur permettent de vivre du fruit de leur travail.
03:53Ils font un travail que beaucoup de gens n'osent pas faire
03:55et ils sont exploités parfois par un capitalisme sauvage qui les exploite
04:01et qui pousse d'ailleurs, comme disait un grand philosophe marxiste,
04:06une armée de réserve qui fait baisser les salaires pour tous les autres Français.
04:08– L'armée de réserve du capitalisme ?
04:10– En revanche, il y a tous ceux qui ne respectent pas les règles de la République,
04:13qui eux, et c'était l'objet de ma loi,
04:16doivent être expulsés s'ils commettent un délit ou un crime.
04:20Et si nous sommes gentils avec les gentils, ceux qui travaillent et qui respectent les règles,
04:24nous devons être absolument méchants avec les méchants,
04:26c'est-à-dire expulser tous ceux qui ne respectent pas les règles.
04:29– Ce qui suppose d'obtenir des laissés-passés consulaires.
04:32– Mais si vous mettez un moratoire par exemple sur les questions migratoires
04:35et que vous dites je ne donne des visas qu'à ceux qui reprennent 90% imaginant des OQTF.
04:40– Ceux, les pays.
04:41– Exactement, vous avez complètement changé votre rapport de force avec ces pays.
04:45Et sans d'ailleurs désigner tel pays plutôt qu'un autre, qui embête notre diplomatie,
04:49vous dites voilà, je donne des visas qu'à ceux qui acceptent de prendre quasiment 90%
04:54des gens qui doivent être expulsés.
04:56Et là je pense que vous améliorez très largement, pour cela il faut changer la Constitution.
05:00Je rappelle que lorsque j'étais ministre de l'Intérieur,
05:02on n'avait pas de majorité à l'Assemblée nationale,
05:04on a fait adopter dans la douleur une loi immigration.
05:07Pour changer la Constitution, il faut donner une large majorité
05:10au prochain Président de la République pour qu'il change en effet nos règles constitutionnelles.
05:14– Justement, parlons des élections, ces propositions que vous venez de faire à l'instant,
05:18est-ce que c'est le prix de votre ralliement ?
05:20Celui, le candidat qui voudra avoir votre soutien, devra les intégrer dans son programme ?
05:25– Non, absolument pas, ce n'est pas comme ça que j'imagine en tout cas
05:28l'idée de soutenir un candidat à la Présidence de la République
05:30sur la question seule de l'immigration.
05:31Il y a plein d'autres sujets sur lesquels il faut discuter
05:33avec un futur Président ou Présidente de la République.
05:36La question de l'écoute des classes populaires, incontestablement,
05:39la question de savoir la condition de vie des employés et des ouvriers,
05:42les femmes seules qui aiment leurs enfants, la réforme d'une justice
05:45qu'il faut pouvoir poursuivre, notre diplomatie avec qui on veut faire des alliances
05:49comme on imagine l'Europe.
05:50La France, c'est un pays qui décroche en Europe, malgré le travail incroyable
05:54qu'elle fait le Président de la République, et une Europe qui décroche dans le monde.
05:57Donc, pour parler au futur Président de la République, il ne faut pas parler que d'immigration.
06:01– La pré-campagne a commencé, en particulier entre Gabriel Attal et Édouard Philippe.
06:06– C'est assez tendu, dirais-je, trop tendu.
06:10– Je le déplore. Je déplore que ceux qui se présentent comme étant des personnes
06:15qui peuvent s'entendre en février prochain, aujourd'hui, pourraient montrer des différences
06:19trop fortes, qui rendraient une alliance impossible.
06:22Moi, je pense qu'il faut un seul candidat.
06:24Aujourd'hui, le mieux placé, c'est Édouard Philippe.
06:26C'est à lui de nous rassembler, c'est à lui de montrer qu'il est capable
06:29de rassembler des tendances.
06:30– Qu'est-ce qui lui manque ? On sent que quand vous dites que c'est le mieux placé,
06:33vous dites « bon, ben voilà, t'es le meilleur, mais enfin t'en fais pas encore assez ».
06:35– Non, mais il faut qu'il nous montre son envie d'être président de la République.
06:38Je le connais personnellement, je sais qu'il a cette envie, mais qu'il le montre aux Français.
06:42– Il ne le faut pas assez ?
06:42– Il doit rassembler, c'est aux Français de le dire,
06:45il doit rassembler des tendances différentes.
06:47– Ce qu'on entend, enfin ce que vous s'entendez, c'est que Gabriel Attal, en ce moment,
06:51montre peut-être plus d'envie qu'Édouard Philippe doit passer la vitesse supérieure.
06:55– Moi, je pense que la politique, c'est jamais une aventure personnelle.
06:58Et donc, pour l'instant, les candidats viennent de se déclarer, c'est pas anormal,
07:01mais je ne pense pas que ce soit une affaire d'égo, de « moi-je » et de «
07:04je vais gagner tout seul ».
07:05La politique, c'est une équipe, et la politique, c'est le rassemblement de personnes
07:09qui doivent faire ensemble 51% des voix.
07:11C'est très difficile de faire 51% des voix.
07:13Donc, ils doivent rassembler, pas gagner seuls, pas être orgueilleux,
07:16être à l'écoute et pas dire « moi-je ».
07:18Donc, il y a des gens très différents.
07:19Il y a M. Retailleau qui est de la droite conservatrice,
07:21elle est respectable, c'est droite conservatrice, c'est pas la mienne,
07:24mais c'est la sienne, il doit venir soutenir un candidat.
07:27Il y a M. Attal qui est social-démocrate progressiste, je ne suis pas de gauche,
07:31mais lui, il l'est, il faut le rassembler.
07:33Je suis droite sociale, il faut que notre candidat, j'espère Édouard Philippe,
07:37rassemble ses tendances, nous dise quel projet positif il veut pour les Français,
07:41et je pense que dans ces cas, nous pourrions tous soutenir quelqu'un comme Édouard Philippe,
07:45mais il faut qu'il le fasse et qu'il tende la main.
07:47Merci beaucoup Gérald Darmanin, garde des Sceaux, invité des 4V.
07:51Bonne journée, Maya.
Commentaires