- il y a 4 mois
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec la député écologiste de Paris Sandrine Rousseau.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec la député écologiste de Paris Sandrine Rousseau.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour Maya, bonjour à tous, bonjour Sandrine Rousseau.
00:06Alors ça y est, on y est le 8 septembre, le jour où pour la première fois sous la 5ème République,
00:12un Premier ministre qui demande la confiance, vraisemblablement ne l'obtiendra pas.
00:16Il va donc falloir trouver un Premier ministre, un gouvernement et un budget.
00:20On a 7 minutes pour faire les 3, ça ne va pas être facile, mais on va essayer.
00:23D'abord le Premier ministre, Olivier Faure-Sivoua, est-ce qu'il a raison ?
00:27Eh bien si c'est Olivier Faure, moi en tous les cas je le soutiendrai à condition qu'il y ait la ligne du Nouveau Front Populaire,
00:33que ce soit un gouvernement du Nouveau Front Populaire et qu'il y ait le budget du Nouveau Front Populaire,
00:39parce que nous avions proposé un budget qui, je le rappelle, diminuait les déficits, diminuait les déficits.
00:44Et qu'en fait c'est ce budget-là qui doit être aujourd'hui appliqué, parce que c'est la logique démocratique,
00:49parce que c'est la force qui est arrivée en tête et je sais que c'est, je l'entends, ça n'est plus audible,
00:55mais pourtant il y a quand même une logique républicaine là-dedans, à faire en sorte qu'il y ait un gouvernement de gauche minoritaire,
01:01certes minoritaire, personne n'a la majorité, mais un gouvernement de gauche.
01:04Alors un gouvernement de gauche minoritaire, c'est ce que propose Olivier Faure,
01:07mais à l'inverse de ce que vous venez de dire, Olivier Faure propose un gouvernement sans les insoumis,
01:11un gouvernement PS, PC, Vert, ça, ça ne vous va pas ?
01:14Mais je lui dis, avec ça tu n'auras pas la majorité Olivier, et donc...
01:18Mais oui, mais ça ne suffit pas, il y a 577 députés, et tu as été élue comme j'ai été élue,
01:24comme tout le monde a été élue, sur une étiquette qui s'appelle le nouveau Front populaire,
01:27avec un projet qui n'était ni mon projet, ni le projet de Jean-Luc Mélenchon,
01:31ni le projet d'Olivier Faure, c'était un compromis entre tout cela,
01:34et en fait c'est cela qui change la vie des Français.
01:37Moi je voudrais juste dire une chose, c'est que là on a un an et demi avant la présidentielle,
01:40et qu'on peut changer des choses très concrètes dans la vie des Français.
01:43Mais bien sûr on peut faire en sorte que par exemple leur loyer n'augmente pas à la rentrée,
01:50on peut faire en sorte qu'il y ait un plan volé par exemple qui soit mis en place
01:55après la canicule que l'on a connu, on peut tenter...
01:57On peut voler des volets aux fenêtres.
01:58Mais oui, mais ça peut paraître anecdotique,
02:02mais je peux vous dire qu'il y a plein de gens qui ont souffert énormément.
02:04Non j'avais compris volé-molle, donc je ne comprenais pas bien.
02:05Donc un plan de volé sur les fenêtres pour que les gens aient moins froid,
02:08pour que les familles soient plus protégées,
02:10on peut imaginer la diminution du temps de travail,
02:13faire en sorte que les billets de train par exemple soient moins chers.
02:19En fait on peut changer des choses dans la vie des gens en un an et demi,
02:22et c'est ça notre responsabilité aujourd'hui.
02:24Et elle est forte, elle est importante, elle est presque historique j'ai envie de vous dire.
02:27Vous, vous êtes partante pour entrer au gouvernement par exemple ?
02:29Ah ben moi si...
02:30Enfin ça dépend du gouvernement évidemment.
02:32Enfin si c'est un gouvernement du NFP, bien sûr je répondrai oui,
02:36parce que je pense que c'est notre responsabilité.
02:37Vous soyez une bonne ministre de quoi ?
02:39Vous voulez que je fasse peur à la France ?
02:41Ben non, si on vous appelle, si Olivier Faure vous appelle,
02:45si Sandrine je veux te faire rentrer au gouvernement,
02:47t'as envie de quoi, vous dites quoi ?
02:48Mais je ne suis pas là pour passer un entretien d'embauche,
02:51et Olivier Faure, si il est Premier ministre, saura très bien qui appeler, comment appeler.
02:55Mais ce que je peux vous dire c'est qu'en tous les cas,
02:57je pense vraiment que là, on ne peut pas changer la vie des gens en un an et demi,
03:02mais on peut changer des choses dans la vie des gens,
03:03et c'est pour cela que nous avons été élus,
03:05et c'est pour cela que nous rentrerons au gouvernement si nous sommes appelés,
03:08que je rentrerai au gouvernement évidemment si je suis appelée.
03:10C'est exactement ce que dit Olivier Faure,
03:12il veut changer la vie des gens pendant un an et demi,
03:13mais vous n'avez pas visiblement pas le même périmètre.
03:16Mais ça, ça n'est pas vrai.
03:18C'est ça qui est...
03:19Je ne sais pas ce qui n'est pas vrai, parce que je n'ai pas posé de question, mais allez-y.
03:22Vous dites qu'on n'a pas le même périmètre,
03:25mais on a été élus sous la même étiquette.
03:26Vous avez été élus sous la même étiquette, lui.
03:28Je vous rappelle que les Insoumis avaient déjà dit qu'ils étaient prêts à même être...
03:32Jean-Luc Mélenchon avait dit le programme, tout le programme, rien que le programme.
03:35Vous me dites la même chose ce soir.
03:36Il avait dit...
03:37Oui, mais...
03:37Ce matin, plus exactement.
03:38Je vous dis deux choses.
03:39Déjà, les Insoumis avaient dit un soutien sans participation.
03:42Donc, je veux dire, moi, je veux qu'ils soient dans le gouvernement,
03:44mais ils ont aussi ouvert la porte pour qu'on puisse penser autrement.
03:49Et par ailleurs, je ne vous dis pas tout le programme, rien que le programme.
03:51Je vous dis, nous serions un gouvernement de gauche minoritaire.
03:54Et donc, il nous faut trouver les équilibres à l'intérieur de l'Assemblée nationale.
03:58Mais que les textes viennent de nous, qu'on n'est pas la loi du plomb,
04:01qu'on est une loi de protection des gens qui ont le cancer,
04:04qu'on est une loi de lutte contre les cancers, contre les déserts médicaux,
04:08qu'on est une loi qui diminue les pesticides.
04:10C'est ça, en fait.
04:11Et après, on trouve des compromis dans l'Assemblée nationale,
04:13mais on en trouvera.
04:14On sera capable d'en trouver.
04:15Et sinon...
04:15Mais sinon, chacun prendra sa responsabilité.
04:18Je vais vous dire, si on fait une loi de diminution des pesticides,
04:21que le centre vote contre la diminution des pesticides,
04:24eh bien, ils en prendront la responsabilité.
04:26Et en fait, les masques tomberont, d'une certaine manière.
04:28Et en fait, ça suffit de se dire que c'est toujours la gauche qui est divisée,
04:31alors que le centre n'a pas été capable de gouverner.
04:33Sandrine Rousseau, il y a les lois.
04:35Allez, je vous en prie.
04:36Et je vous rappelle que demander la confiance un an après avoir été Premier ministre,
04:40c'est quand même assez rocambolesque, en vrai.
04:42D'accord.
04:42Mais ça, on ne reviendra pas dessus.
04:44François Bayrou va tomber, vraisemblablement, pour son intransigeance.
04:47Il ne voulait pas discuter du montant des économies à réaliser.
04:52Vous, vous êtes réellement prêt à discuter
04:54ou vous aurez la même intransigeance symétrique ?
04:57Mais il n'y a pas d'intransigeance.
04:58Non, mais c'est le procès qui nous est fait,
05:01mais en fait, il n'y a pas d'intransigeance.
05:02Alors, l'abrogation, la suspension de la réforme des retraites, c'est une ligne rouge ?
05:07En tous les cas, si nous sommes au gouvernement,
05:09eh bien, nous proposerons de revenir à l'âge de 62 ans
05:12avec la proposition de financer véritablement le système des retraites,
05:16parce qu'on ne peut pas ignorer ce qui s'est passé sur les retraites.
05:19On ne peut pas se dire que la finance,
05:22et en l'occurrence des fonds de pension qui détiennent notre dette,
05:25c'est plus important que l'avis des gens qui sont allés dans la rue.
05:27En fait, ce sont des questions de valeur.
05:29Mais on ne peut pas ignorer non plus la composition de l'Assemblée.
05:33C'est pour ça que je vous dis, nous serions un gouvernement, certes minoritaire,
05:37comme l'a été Bayrou, comme l'ont été d'autres,
05:39mais c'est incroyable qu'on nous fasse le procès d'être minoritaire
05:42alors que nous sommes les moins minoritaires de l'Assemblée.
05:45Permettez quand même que ça m'étonne à chaque fois.
05:48Parce que quand Bayrou a été nommé, personne n'a dit
05:50« il est minoritaire, minoritaire, minoritaire »,
05:53on lui a posé 15 fois la question dans une interview.
05:55Moi, je vous dis oui, on sera minoritaire, mais on est les moins minoritaires.
06:00Mercredi, bloquons-tout.
06:01Est-ce que ce slogan vous convient ?
06:03Est-ce que vous avez envie d'une France bloquée après-demain ?
06:06Moi, je laisse les gens qui ont organisé ce mouvement
06:09faire ce qu'ils ont à faire et dire la colère qui est la leur.
06:12Je pense qu'il y a une forme de burn-out politique.
06:14Je pense qu'aujourd'hui, il y a cette volonté parmi les gens
06:19qui vont aller manifester le 10 septembre de dire
06:21« nos vies sont plus importantes que leurs profits, que les marchés financiers ».
06:26Je vous parlais de ces méthodes de blocage.
06:28Par exemple, bloquer des gares, des aéroports,
06:31est-ce que ça vous paraît un mode de revendication et d'action légitime ?
06:35Je vais vous dire si c'est le mode de revendication qu'ils ont choisi,
06:38oui, il est légitime.
06:39Il est légitime.
06:40Quel que soit le mode de revendication choisi, vous le trouvez légitime ?
06:42Moi, je ne veux pas de violence.
06:43Je suis contre la violence et je m'oppose à la violence.
06:45Mais par contre, bloquer pour dire « attention, on est là »,
06:48pour dire « attention, nos vies comptent »,
06:50eh bien oui, ça peut être important.
06:51Et en fait, à un moment, cette espèce de mépris du peuple
06:54que nous connaissons depuis 2017,
06:57qui s'est traduit par des violences policières contre les Gilets jaunes,
07:00qui s'est traduit par le fait de piétiner le mouvement des retraites,
07:05qui s'est traduit par le fait d'ignorer complètement une pétition
07:08qui fait 2 millions de signatures contre Duplan en disant « il n'y aura pas de réétude de la loi »,
07:12eh bien ça, c'est du mépris du peuple.
07:14Il reste 30 secondes pour une question qui vient de m'être dictée par une dépêche AFP.
07:18La maire de Besançon, qui est une écologiste, Anne Vigneault,
07:21a décidé d'exclure Raphaël Entoven, un écrivain,
07:24d'un festival qui s'appelle « Le Livre dans la boucle » pour des propos sur Gaza.
07:28Est-il légitime d'exclure un écrivain d'une manifestation culturelle ?
07:32– Alors, je rappelle les propos d'Entoven qui sont en question,
07:35c'est le fait que les journalistes à Gaza ne sont pas des journalistes,
07:38mais des tueurs.
07:39– Permettez qu'on protège la presse et la liberté des journalistes.
07:43Et qu'on protège aussi le fait…
07:44– Vous trouvez légitime d'exclure Raphaël Entoven ?
07:46– Le nombre de morts de journalistes à Gaza
07:49devrait être une revendication première de la profession de protéger les journalistes.
07:54– Ce n'est pas ma question.
07:55– Moi, je vous dis, ces propos-là sont en dehors de l'arc républicain
07:58et sont en dehors du respect de nos institutions
08:00qui sont de protéger la liberté de la presse.
08:02Ce que je me permets de rappeler ce matin,
08:04après un week-end de tensions sur ce sujet,
08:06liberté de la presse et non-concentration des médias
08:09dans les mains de quelques milliardaires.
08:10– Merci beaucoup Sandrine Rousseau.
08:12On a débordé un peu toutes nos excuses à vous, Maïa.
08:14– Merci beaucoup.
08:30– Merci beaucoup.
08:32– Sous-titrage ST' 501
08:33– Sous-titrage ST' 501
Écris le tout premier commentaire