00:00Bonjour à tous, bonjour Jean-Noël Barreau.
00:06On apprend à l'instant même qu'un Français qui risquait la peine de mort
00:09vient d'être acquitté en Malaisie.
00:11Est-ce que vous en savez plus ? Quelle est votre réaction ?
00:13C'est un immense soulagement.
00:15Ça fait depuis un an et demi qu'il était détenu en Malaisie.
00:19L'Encouré, vous l'avez dit, la peine de mort.
00:20Il vient d'être acquitté et l'accusation renonce à faire appel.
00:24Et donc dans ce moment, j'ai une pensée pour ses parents
00:27que j'ai rencontrés à deux reprises l'année dernière
00:30et qui vont enfin pouvoir retrouver leur fils.
00:33Acquitté donc, il va pouvoir rentrer en France ?
00:35Absolument.
00:36Le président iranien a mandaté son ministre des Affaires étrangères
00:40pour négocier avec les Etats-Unis.
00:42La presse américaine parle ce matin de négociations directes
00:45errant Etats-Unis dès vendredi.
00:48Est-ce que vous confirmez ?
00:51En tout cas, si le régime iranien a décidé de se saisir
00:54de la proposition de négociation des Etats-Unis,
00:57c'est une bonne chose.
00:59La première des décisions à prendre, c'est évidemment
01:02de mettre fin à cette répression sanglante,
01:05de libérer les prisonniers, de rétablir les communications,
01:09de rendre sa liberté au peuple iranien.
01:12Et puis ensuite, effectivement, de traiter des questions du nucléaire,
01:16des questions des missiles, des questions des soutiens
01:18aux organisations terroristes dans la région
01:19qui soulèvent des problèmes de sécurité majeurs
01:22pour la région, mais aussi pour l'Europe.
01:23J'entends que vous ne voulez pas confirmer officiellement,
01:26mais enfin, vous ne seriez pas surpris que ces négociations
01:28aient réellement lieu.
01:28Je comprends qu'elles auront lieu à Istanbul.
01:31Nous sommes en relation étroite avec les pays médiateurs
01:36entre les Etats-Unis et l'Iran,
01:38et nous les soutenons dans cet effort.
01:39Donc, négociations dès vendredi entre les Etats-Unis
01:42et l'Iran à Istanbul.
01:45Parlons des choses possibles,
01:46ne parlons pas de choses impossibles,
01:48c'est ce qu'a dit votre homologue iranien.
01:50Est-ce que ça veut dire, bon, ok,
01:51on peut parler, on peut faire un geste sur le nucléaire,
01:54mais n'essayez pas de réformer le régime,
01:56parce que ça, c'est une chose impossible.
01:58Et c'est ce qu'il faut comprendre
01:59de cette déclaration de votre homologue.
02:02On ne va pas faire l'exégèle des déclarations
02:04des autorités iraniennes,
02:06mais je le redis,
02:07la priorité, c'est d'abord de mettre fin
02:10à cette répression,
02:11à ces violences d'Etat,
02:13à ces crimes de masse
02:14qui ne peuvent pas rester impunis,
02:16d'où les décisions fortes
02:17que nous avons prises la semaine dernière.
02:19Et ensuite, le régime doit consentir
02:22à des concessions majeures,
02:23changer radicalement de posture
02:25vis-à-vis de son peuple,
02:26mais aussi vis-à-vis des pays de la région
02:27et vis-à-vis de nous-mêmes.
02:28Parce que son attitude,
02:29depuis bien des années,
02:30soulève des problèmes de sécurité majeurs.
02:32Quand on entend votre homologue dire
02:33« ne parlons pas des choses impossibles »,
02:35on n'a pas l'impression
02:35que c'est le pas qu'ils veulent franchir.
02:39On sait le peu de cas
02:40que fait Donald Trump des droits de l'homme.
02:42Savoir que les Américains
02:43et les Américains seuls négocient,
02:46est-ce que c'est inquiétant ?
02:47Vous savez, la question
02:48du nucléaire iranien,
02:51celle de son programme balistique,
02:54son programme de missiles,
02:55celle de son soutien
02:56aux groupes terroristes
02:58Outhi, Hezbollah et Hamas,
02:59c'est un sujet sur lequel
03:00nous travaillons depuis longtemps
03:02et sur lequel nous avons,
03:03avec les États-Unis,
03:04des échanges très fréquents.
03:06Ce n'était pas ma question.
03:07Est-ce que vous avez le sentiment
03:08que le président américain
03:10peut avoir une influence nécessaire,
03:13positive,
03:13dans des négociations
03:14sur ce qui se passe
03:15à l'intérieur de l'Iran ?
03:17Je le souhaite vivement
03:17parce que le peuple iranien
03:20a droit à la liberté,
03:21il a droit au respect
03:23et il a droit à disposer
03:25de son propre avenir.
03:26Hier, dans Libération,
03:27vous incitiez, je vous cite,
03:28l'Europe à s'assumer
03:29comme une grande puissance.
03:31Alors, permettez-moi de penser
03:33que sur ce dossier,
03:33c'est assez mal parti
03:34parce que c'est peut-être
03:35une grande puissance.
03:35Comment ça ?
03:36J'ai le bon instinct.
03:36Mais une puissance absence,
03:38les Américains,
03:40là, négocient seuls,
03:42sans l'Europe.
03:43À quel sujet ?
03:44Sur les négociations
03:45qui s'ouvrent vendredi,
03:46dont vous avez confirmé
03:47l'ouverture vendredi,
03:48ce sont des négociations
03:49Iran-États-Unis.
03:50On n'a pas l'impression
03:51que l'Europe est très présente
03:52dans ce...
03:52Mais vous voyez bien
03:53que d'une manière
03:53ou d'une autre,
03:54l'Europe participera
03:56à ces échanges.
03:57C'est la France,
03:58le Royaume-Uni et l'Allemagne
03:59qui, depuis dix ans,
04:00sont en pointe
04:01des négociations
04:02avec l'Iran
04:03et en tout état de cause.
04:05Si, le moment venu,
04:07le régime change radicalement
04:09de posture
04:09et que se pose la question
04:11d'éventuelles levées
04:12d'embargo ou de levées de sanctions,
04:13c'est par l'Europe
04:14que ça devra passer.
04:16Des malades
04:17et des blessés palestiniens
04:18ont commencé
04:18à quitter
04:19la bande de Gaza hier
04:20après la réouverture
04:21du passage
04:22de Rafa.
04:25Trois ambulances seulement,
04:26une dizaine de personnes.
04:29Comment dirais-je ?
04:29C'est pour amuser la galerie
04:30ou c'est vraiment
04:31un début de quelque chose
04:32de la part d'Israël ?
04:33D'abord, c'est une nouvelle
04:34que je salue
04:35puisque nous l'attendions
04:37depuis longtemps.
04:39Mais c'est une nouvelle
04:40qui est insuffisante
04:40puisque, à ce stade,
04:42seules les personnes
04:43peuvent franchir
04:44le passage de Rafa,
04:45ce qui est évidemment
04:46essentiel
04:47pour les personnes blessées
04:48qui vont pouvoir trouver
04:49en Égypte
04:50les soins adaptés.
04:51Il faut maintenant
04:51que l'aide humanitaire
04:52puisse y transiter.
04:54Demain,
04:54400 tonnes d'aides alimentaires
04:56destinées à 42 000
04:57enfants palestiniens
04:58vont arriver
05:00à El Arish
05:01en Égypte
05:02en provenance de la France.
05:03Il est impératif
05:04que cette aide
05:05puisse entrer à Gaza
05:07et parvenir aux populations
05:08auxquelles elle est destinée.
05:10Et nous tenons prêts,
05:11nous, Européens,
05:12puisque vous m'interpelliez
05:14sur ce sujet,
05:15à sécuriser le point de passage
05:16puisque nous avons sur place
05:18une mission
05:18des gendarmes
05:19qui sont capables
05:20d'apporter toute la sécurité
05:21nécessaire
05:22au transit de l'aide humanitaire.
05:24Il est impératif,
05:25avez-vous dit,
05:25que cette aide entre ?
05:26Est-ce que vous avez
05:27bon espoir
05:27que ce soit le cas ?
05:28Je le souhaite très vivement
05:30et je le redis.
05:31Si des questions
05:33de sécurité sont soulevées,
05:34l'Europe peut les prendre en charge.
05:36Parce que le président
05:36de la République,
05:37quand il était allé sur place,
05:39s'était ému
05:39du fait que l'aide humanitaire
05:41française ne rentrait pas.
05:42Vous avez tout à fait raison.
05:43Voilà, puisque Israël
05:44considérait que c'était
05:45du matériel
05:45qui pouvait servir
05:46à autre chose.
05:48Non seulement...
05:48Est-ce que cette fois-ci,
05:49vous pensez
05:50que l'aide humanitaire
05:51rentrera plus facilement ?
05:51Non seulement,
05:52les points de passage
05:53doivent être ouverts
05:53et quand il y a
05:54une bonne nouvelle,
05:55il faut la saluer.
05:56L'ouverture du point
05:57de passage de Rafan
05:58en est une.
05:59Deuxièmement,
05:59il faut que les biens
06:01puissent entrer dans Gaza
06:03sans contrôle excessif
06:04comme ça a été le cas
06:05depuis trop longtemps.
06:06Et troisièmement,
06:07il faut que les organisations
06:08des Nations Unies
06:09mais aussi les ONG,
06:11les associations
06:11Maites 500 Frontières
06:13puissent œuvrer à Gaza
06:14où la situation
06:15reste très difficile.
06:17Il me reste très peu de temps
06:17pour une dernière question.
06:18Le régime syrien
06:19et les Kurdes
06:19ont conclu un accord.
06:21Ici,
06:22l'inquiétude monte
06:22au sujet
06:24sur le sort
06:24de djihadistes prisonniers
06:25qui auraient pu
06:26soit être libérés,
06:27soit s'évader.
06:29Est-ce que ça vous inquiète ?
06:31Est-ce qu'il y en a
06:31d'un lointure ?
06:32Y a-t-il des Français
06:33parmi eux ?
06:33Nous suivons attentivement
06:35la situation sur le terrain.
06:37L'accord qui a été trouvé
06:38entre les Kurdes
06:39et le gouvernement syrien
06:40que nous avons soutenu
06:42puisque nous sommes mobilisés
06:43à tous les niveaux
06:44permet d'assurer,
06:45de garantir la sécurité
06:46des prisons
06:47qui, dans le nord-est syrien,
06:48gardent les milliers
06:50de combattants terroristes
06:51de Daesh.
06:52Nous l'avons dit
06:52dès le premier jour
06:53aux autorités syriennes,
06:55notre priorité absolue
06:56dans ce moment
06:58de redressement
06:59et de réunification
07:00de la Syrie,
07:00c'est qu'il n'y ait
07:01aucune place
07:02pour la résurgence de Daesh.
07:03Il n'y a pas de djihadistes,
07:04vous n'avez pas d'inquiétude
07:05sur des djihadistes
07:07dans la nature aujourd'hui ?
07:08Nous nous donnons
07:09les moyens
07:09d'éviter toute résurgence
07:11de Daesh en Syrie.
07:13Merci infiniment
07:14Jean-Noël Barrault,
07:14ministre des Affaires étrangères,
07:16qui confirme
07:16l'atelier de négociation
07:18vendredi
07:19et qui nous annonce aussi
07:20l'arrivée
07:21d'aide humanitaire française
07:23à Gaza.
07:23Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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