00:04Bonjour Frédéric Claret, vous êtes le directeur général de Fujitsu France et Suisse.
00:09Peut-être déjà un rappel sur Fujitsu, parce que Fujitsu, on a tous peut-être, je pense, une image personnelle
00:14de ce que représente ce groupe japonais.
00:17Quelles sont les activités principales aujourd'hui, notamment en France, en particulier en France ?
00:20Alors, Fujitsu est un groupe technologique, donc on vient d'annoncer nos résultats 2025.
00:26Comme toutes les entreprises japonaises, nous clôturons le 31 mars, donc c'est un groupe de 19 milliards dans le
00:30monde,
00:31qui fait à peu près deux tiers de son activité dans les services informatiques, et un tiers, nous sommes éditeurs
00:36de technologies, à la fois hardware,
00:39donc on est présent dans le HPC, le High Performance Computing, on est présent dans le Quantum Computing, on est
00:45présent dans l'IA, on est présent dans les réseaux et dans la convergence.
00:49Autant de technos, un compte en abégisé, l'activité principale en France, c'est du service ?
00:53Alors, on est essentiellement prestataire de services en France, donc on accompagne les grandes et moyennes entreprises dans tous leurs
01:01besoins qu'ils peuvent avoir.
01:03Et alors, comment vous les accompagnez sur leurs interrogations, leur désir de gagner en indépendance vis-à-vis des systèmes
01:10américains ?
01:10Alors...
01:11Vous leur dites, vous achetez japonais ?
01:12Alors, justement, je pense que dans le monde que l'on vit aujourd'hui, où nos amis d'hier ne
01:17sont peut-être pas nos amis de demain, si tant est qu'ils soient aujourd'hui,
01:21où l'agressivité a remplacé le dialogue, je pense que l'Europe, et donc la France, et le Japon ont
01:28beaucoup à partager,
01:30et ont beaucoup d'intérêts stratégiques communs à dialoguer.
01:33Donc, Fujitsu participe et a vocation à participer à ce dialogue, de plusieurs façons.
01:39Donc, on a participé aux rencontres entre l'Union européenne et la France mi-avril.
01:46Emmanuel Macron a été au Japon au début avril et a aussi noté cette nécessité d'augmenter notre partenariat.
01:54On participe au club franco-japonais qui rassemble les grandes entreprises japonaises présentes en France et les grandes entreprises françaises
02:01présentes au Japon.
02:03Ce lien, il existe déjà ?
02:05Ce lien est ancien.
02:07On parle de centaines d'années.
02:10Je vais prendre un exemple.
02:11La maison française au Japon, elle a plus de 100 ans.
02:14Donc, c'est un lien ancien.
02:16Donc, je vous disais, une communauté d'intérêts stratégiques.
02:19Je pense que Fujitsu a son rôle à jouer.
02:21Oui, on est un acteur technologique.
02:25On partage un cadre législatif qui est proche de celui de l'Europe.
02:31Et donc, on peut être une alternative à certaines technologies, notamment américaines.
02:38Parce que le Japon aussi a des dépendances américaines très importantes.
02:42Absolument.
02:42Donc, finalement, vous rencontrez les mêmes problématiques que les Européens.
02:45Enfin, le Japon, les entreprises japonaises...
02:48Enfin, le Japon est dépendant des États-Unis, notamment au niveau sécurité, en premier lieu.
02:55Pendant très longtemps, c'était les États-Unis qui étaient le garant de la sécurité du Japon.
03:00Et forcément, se pose la question maintenant des nouvelles alliances.
03:05Le Japon est en train de faire évoluer sa doctrine, notamment au niveau de la défense.
03:09Donc, ils ont passé une loi récemment qui autorise de nouveau l'export de technologies létales.
03:14Ce qui est une grande première pour le Japon.
03:17Donc, le Japon fait cette démarche de réévaluer ses partenariats stratégiques.
03:23Donc, encore une fois, le Japon...
03:24D'ailleurs, ce que je veux dire, c'est qu'on a...
03:25Enfin, si on prend la France et le Japon, finalement, on a deux nations qui ont des atouts technologiques chacun...
03:30Absolument.
03:30...dans leur pays.
03:32Comment est-ce qu'on ne va pas se retrouver, plutôt qu'être partenaire, finalement, à être concurrent ?
03:36Et donc, c'est pour ça qu'il faut créer ce dialogue.
03:39C'est une des valeurs japonaises fortes, le dialogue.
03:42Oui.
03:42Et donc, il faut dialoguer entre les grandes entreprises.
03:46Il faut dialoguer entre les centres de recherche, entre les universités.
03:50Fujitsu, par exemple, est à l'initiative de Frontria, qui vise à rendre l'intelligence artificielle plus sûre,
03:58où participent des grandes universités européennes et mondiales, ainsi que d'autres acteurs privés.
04:05Et donc, c'est par ce dialogue que l'on entend...
04:08Il y a des domaines, justement, spécifiques, où ça vous semble particulièrement pertinent
04:12de travailler ensemble en couple franco-japonais ?
04:16Alors, je pense que sur tous les domaines sur lesquels nous investissons, fortement, en R&D,
04:23que ce soit l'IA, le computing, on a vocation à partager un certain nombre d'avancées.
04:31Et on peut s'apporter beaucoup.
04:35Au Japon, les grandes entreprises, les Fujitsu ont aussi une valeur autour de la co-création.
04:40C'est-à-dire qu'on aime beaucoup co-créer avec nos clients et avec nos partenaires.
04:46Et parce que, pas très loin, il y a la Corée du Sud.
04:48Moi, j'ai reçu aussi Fleur Pellerin, qui travaille beaucoup à créer un axe France-Corée du Sud,
04:55qui a aussi sa raison d'être.
04:59Comment est-ce que tout ça peut s'articuler aujourd'hui ?
05:02Toutes ces coopérations transverses, qui sont pour l'instant des liens existants, mais quand même assez faibles.
05:08Ce que je vous disais, c'est-à-dire qu'il faut multiplier les échanges.
05:11Donc, il y a des cadres au niveau entre les États, il y a des cadres entre les entreprises.
05:15Je vous parlais du club franco-japonais.
05:17Et nous, on travaille au niveau Fujitsu en France, avec nos clients français, pour créer cette collaboration, co-créer.
05:24Et ce discours, il est entendu ? Il passe auprès des entreprises, justement ?
05:27Je pense que le discours de la souveraineté, aujourd'hui...
05:30Mais y compris quand ça vient d'une entreprise nippone ?
05:32Oui. Je crois que...
05:35D'abord, on a une très bonne image.
05:37Je pense qu'au Japon, il y a une bonne image générale en France.
05:39Une image de sérieux, une image de partenaire fiable, une image de partenaire qui voit le long terme et pas
05:46juste le court terme.
05:48Et ça, c'est des valeurs, je pense, qui résonnent très bien avec nos clients.
05:52On a également une orientation client qui est très, très forte dans la culture japonaise.
05:57Il y a un mot que j'aime beaucoup, qui s'appelle l'homotenashi.
06:00C'est comment... Ça vient de l'hospitalité, du monde de l'hospitalité.
06:03C'est comment vous allez au-delà de ce que vos clients attendent.
06:07Donc, la relation...
06:09La relation pour une entreprise japonaise, bien sûr, le contrat est important.
06:12Mais la relation va bien au-delà du contrat.
06:15Et donc, c'est comme ça que nous, on essaie de traiter nos clients.
06:17C'est comme ça qu'on essaie de leur apporter de la valeur.
06:19Et on a été d'ailleurs reconnus par un organisme externe, WhiteLine,
06:24comme étant l'entreprise qui avait la meilleure satisfaction client dans les domaines de nos opérons.
06:29Merci beaucoup, Frédéric Claret, d'avoir été avec nous dans Smartech.
06:32Je rappelle, vous êtes le DG de Fujitsu en France et en Suisse.
06:36On suivra ces partenariats qui se nouent petit à petit entre nos deux pays.
06:42Allez, c'est l'heure de parler de contre-récits avec Maurice René.
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