00:00Drôle d'époque, on vient de le voir en fait à l'instant avec Nicolas Devilliers, François Tegoy, on vous
00:04a entendu, évidemment la bavarde de service qui est toujours là, qui se mêle de tout.
00:10On appellera votre chronique comme ça, elle se mêle de tout.
00:12Comme Macron.
00:13Bon, comme Macron, oui. Bon, deux coups de tonnerre judiciaire, drôle d'époque parce qu'évidemment, il ne fait pas
00:20bon, si je puis dire, être candidat à la présidentielle.
00:23Là, Dominique de Villepin, Édouard Philippe, maintenant aussi sous le coup d'une enquête judiciaire.
00:30C'est une présidentielle d'un genre nouveau ou pas ?
00:33Oui, oui, Patrick, car jamais l'ombre portée de la justice n'aura autant plané sur la mer des batailles
00:37de notre démocratie, la présidentielle.
00:39Alors, on se souvient, bien sûr, on en parlait tous les deux ce matin, de François Fillon, disqualifié en 2017
00:44à cause des emplois fictifs de son épouse, Pénélope,
00:47mais surtout des costumes offerts par Robert Bourgie, le monsieur France-Afrique de la droite.
00:52Et c'est le même Robert Bourgie qui provoque l'ouverture d'une enquête du parquet national financier sur Dominique
00:58de Villepin.
00:59Lorsqu'il était au Quai d'Orsay, en résume, Bourgie lui a offert deux statuettes de Napoléon, achetées par le
01:04président du Burkina Faso
01:06et par un homme d'affaires italien pour une valeur totale de 125 000 euros.
01:11Villepin s'est défendu en affirmant qu'il ne connaissait pas la provenance de ces statuettes, mais il les a
01:16rendues il y a quelques jours.
01:18Et le mal est fait. Le parquet national financier, bête noire des politiques, se saisit de cette affaire
01:23et ouvre une enquête préliminaire pour recel de détournement de fonds, une affaire qui éclabousse l'un des candidats les
01:30plus populaires de cette campagne,
01:31même si les intentions de vote pour Dominique Villepin sont très faibles.
01:35A l'inverse, le champion de la présidentielle des intentions de vote, c'est Édouard Philippe, qui devra lui aussi
01:42répondre à un juge d'instruction.
01:44Et cette fois, il s'agit de délit de favoritisme, Patrick.
01:47Oui, délit de favoritisme, prise illégale d'intérêt.
01:51Oui, alors l'affaire est complexe. Franchement, elle concerne la gestion de la cité du numérique au Havre,
01:56confiée à une association en forme de délégation de services publics, une association qui a reçu quasiment 2 millions d
02:02'euros de subventions.
02:02Les enquêteurs devront établir s'il y a un conflit d'intérêt entre le maire, Édouard Philippe, et sa première
02:08adjointe,
02:09qui se trouve être l'association qu'elle préside à titre bénévole de cette cité du numérique.
02:15Est-ce qu'il y a conflit d'intérêt ? Est-ce qu'il y a retour sur investissement politique,
02:20de soutien politique ?
02:21Là encore, on parle d'enquête ouverte et nous n'en sommes pas encore, pas plus que Dominique de Villepin,
02:26sur la mise en examen.
02:28Mais l'affaire est très ennuyeuse pour l'ancien Premier ministre, qui est en campagne depuis longtemps,
02:33qui s'impose comme le favori des sondages, et notamment le seul à pouvoir battre Jordan Bardella.
02:38Ça reste des sondages. Mais qui connaît quand même, on le sait, on le dit souvent sur cette antenne,
02:42depuis quelques semaines, un essoufflement face à l'offensive tous azimuts de Gabriel Attal.
02:48Attal remonte, remonte à un point où l'on se demande si le deal passé entre les deux hommes,
02:52le moins bien placé s'efface en janvier au conflit de l'autre, et bien si ce deal peut tenir
02:56et passer même l'automne.
02:57Bon, mais vous avez parlé de Jordan Bardella, attendez, il n'est pas encore candidat,
03:01parce qu'il y a aussi Marine Le Pen, qui peut l'être.
03:05Tout cela parce que, évidemment, on va scruter la justice, c'est une présidentielle sous enquête.
03:14Et c'est la première fois, Patrick, vraiment, ça n'existe pas.
03:16La première, pas tout à fait, puisqu'il y a eu François Fillon.
03:18Mais c'est tout à fait hors normes, au-delà de la chute judiciaire qui ne semble pas finir pour
03:22Nicolas Sarkozy.
03:23Imaginons un scénario, Patrick, on y va, nos auditeurs sont très friands de ça.
03:26Le 7 juillet, jour de l'arrêt de la cour d'appel dans le procès de Marine Le Pen.
03:31Soit la cour confirme la première instance, et on aura la candidature la plus populaire,
03:36éliminée de la course à la présidentielle par décision de justice.
03:39Ça, c'est déjà un fait politique.
03:41Soit elle peut concourir, parce que la peine d'inégibilité serait réduite à deux ans,
03:46mais se poserait alors la question de la peine de prison, ferme ou pas,
03:49et d'un aménagement de peine qui lui permettrait de porter un bracelet électronique.
03:54Et la question que tout le monde se pose aujourd'hui, y compris au Rassemblement National,
03:59chez les journalistes et à la justice, concourrait-elle, Marine Le Pen, avec des fers au pied ?
04:04Elle a toujours dit qu'il n'en était pas question dans les rares off qu'elle fait avec la
04:08presse,
04:08mais se tient quand même, est-ce qu'on se tient à une telle décision
04:12qu'on se présente la possibilité de participer à tout ce qui a été l'objectif de notre vie,
04:17une présidentielle, et a fortiori qu'elle peut gagner cette fois-ci.
04:20En résumé, Villepin et Philippe, sous la menace du parquet financier,
04:24Le Pen dans l'antichambre de la cour d'appel, dont dépend son destin,
04:28jamais la justice ne aura...
04:29Et est-ce qu'il y a d'autres parties qui tremblent, avec d'autres personnalités ?
04:32Aucun, écoutez, pour le moment, il n'y a rien sur la gauche, mais il y en a eu beaucoup
04:35déjà sur la gauche.
04:37Nous attendons, nous attendons.
04:38Merci, François Asdegoy, l'invité, votre invité, Jean-François Kili, tout à l'heure, à 8h15.
04:44Oui, c'est Jean-François Loiseau, le président de l'ANIA,
04:47c'est l'Association Nationale des Industries Alimentaires, un secteur gigantesque en France.
04:53C'est ce matin que la commission d'enquête sénatoriale rend ses conclusions
04:58sur, vous savez, les marges des industriels et de la grande distribution.
05:02La question qui est posée, Patrick, c'est qui sont aujourd'hui les profiteurs de guerre,
05:07alors que les prix explosent dans les grandes surfaces.
05:09Nous entendrons ce que dira là-dessus Jean-François Lazo.
05:12Oui, tout à l'heure, donc, à 8h15.
05:14Merci, Jean-François Kili.
05:16Dans un instant, c'est Régis Maillot, évidemment, le Maillot réveille.
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