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Une exploration dans la trajectoire complexe et controversée de Giorgia Meloni, figure emblématique de l’extrême droite italienne et européenne, devenue la première femme à la tête d’un gouvernement italien.
Ce documentaire examine les multiples dimensions de son parcours : ses choix idéologiques, sa stratégie politique, ses contradictions et son impact sur l’Italie, en Europe et au-delà. En explorant les dynamiques de la société italienne contemporaine et son rôle de laboratoire politique mondial, le film nous interroge… Le cas Meloni serait-il le nouveau visage de l’Europe ?
Ce documentaire examine les multiples dimensions de son parcours : ses choix idéologiques, sa stratégie politique, ses contradictions et son impact sur l’Italie, en Europe et au-delà. En explorant les dynamiques de la société italienne contemporaine et son rôle de laboratoire politique mondial, le film nous interroge… Le cas Meloni serait-il le nouveau visage de l’Europe ?
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00:00:03Musique
00:00:08La première femme à guider le gouvernement italien,
00:00:13signore et signori, Giorgia Meloni !
00:00:21C'est l'histoire de l'ascension fulgurante d'une femme
00:00:24issue d'un quartier populaire de Rome,
00:00:26arrivée aujourd'hui au sommet du pouvoir italien.
00:00:33L'extrême droite va diriger le prochain gouvernement en Itali.
00:00:37Une partie de Giorgia Meloni est arrivée en tête des élections
00:00:40avec 26% des voix.
00:00:42En un temps record, Giorgia Meloni est devenue incontournable
00:00:45sur la scène mondiale.
00:00:52Elle a réussi à provoquer dans le monde entier
00:00:57une forme de Meloni-mania.
00:01:00Si elle fascine, elle inquiète aussi.
00:01:05Car elle a beau s'en défendre, son héritage post-fasciste la poursuit.
00:01:21Le fascisme est un sujet auquel Meloni ne peut échapper.
00:01:25Ça fait partie de son histoire, de son essence,
00:01:28même si elle répète sur tous les tons qu'elle n'est pas fasciste.
00:01:33Elle est comme le dieu romain Janus, elle a deux visages.
00:01:36Elle a le visage de la présidente du conseil responsable
00:01:39et puis elle a le visage du leader politique
00:01:41qui essaye de maintenir la fidélité de son électorat le plus radical.
00:01:59Méloni n'est pas là par hasard.
00:02:01Tout son personnage a été soigneusement construit.
00:02:04Derrière son masque de dirigeante pragmatique reste une énigme.
00:02:10Qui est vraiment Georgia Meloni ?
00:02:13Faut-il en avoir peur ?
00:02:15Incarne-t-elle le nouveau visage de l'Europe ?
00:02:30Pour comprendre le phénomène Meloni,
00:02:32j'ai choisi de parcourir son pays,
00:02:35celui où j'ai grandi, l'Italie.
00:02:38Comment a-t-elle pu en si peu de temps s'imposer et conquérir le pouvoir ?
00:02:47Pour tenter d'y répondre,
00:02:48je me suis d'abord rendue là où tout aurait commencé,
00:02:52à la Garba Teila, quartier populaire de Rome.
00:02:58Bonjour.
00:03:03Disons qu'elle a grandi dans le coin,
00:03:05donc on se dit qu'elle devrait connaître les problèmes
00:03:09auxquels on est confrontés ici.
00:03:12Mais je ne sais pas si elle arrivera à voir tout ce qu'il y a.
00:03:18Regardez où elle est arrivée.
00:03:20C'est ce que je dis toujours à la petite.
00:03:22Tu vois, et tu dis, comme ça un jour,
00:03:24tu seras présidente du conseil.
00:03:26C'est pas vrai ?
00:03:32Georgia Meloni raconte avoir grandi
00:03:34aux côtés de sa sœur et de sa mère,
00:03:37alors militante d'extrême droite.
00:03:40Cette dernière confie un jour à la presse les rêves de sa fille.
00:03:44Une ambition ardente,
00:03:46celle de monter sur scène.
00:04:07Giorgia Meloni renonce finalement à ses rêves artistiques.
00:04:11Et si elle se présente encore aujourd'hui comme une enfant de la Garba Teila,
00:04:15son histoire ne commence pourtant pas exactement dans ce quartier.
00:04:23La journaliste Myrta Merlino anime l'une des émissions télévisées les plus populaires d'Italie.
00:04:31Vous avez vu mes nouvelles chaussures ?
00:04:34Elle a connu Georgia Meloni avant son accès au pouvoir.
00:04:43Elle revient sur la naissance de son ambition politique,
00:04:46loin des palais romans.
00:04:51Les origines de Giorgia Meloni sont très importantes dans le récit qu'elle s'est construit.
00:04:56En réalité, son histoire ne commence pas à la Garba Teila,
00:04:59un quartier très populaire de Rome,
00:05:01mais à la Camiluccia,
00:05:02un quartier bourgeois où elle vit avec ses parents.
00:05:06Son père est expert comptable,
00:05:08la famille fait partie de la petite bourgeoisie romaine.
00:05:11Et puis un jour,
00:05:12le père disparaît.
00:05:13Il prend un voilier et file aux Canaries
00:05:15en abandonnant sa femme et ses deux filles.
00:05:19Le départ du père laisse une profonde cicatrice
00:05:22chez la jeune Georgia Meloni.
00:05:24A cette absence,
00:05:26s'ajoute un sentiment intime d'exclusion,
00:05:29de non-appartenance.
00:05:35Giorgia Meloni décide de s'engager en politique
00:05:37parce qu'elle est à la recherche d'une communauté,
00:05:39d'une acceptation qu'elle ne trouve ni dans sa classe,
00:05:42ni dans son groupe d'amis.
00:05:45Elle raconte qu'un jour,
00:05:46alors qu'elle est à la plage avec sa soeur Ariana,
00:05:48elle s'approche d'un groupe de jeunes qui jouent au volet.
00:05:52Elle veut participer,
00:05:53mais eux la repoussent.
00:05:54Non, toi la grosse, tu ne joues pas avec nous.
00:05:57Toute jeune,
00:05:58elle s'est souvent fait rejeter.
00:06:01Alors que son pays traverse une crise majeure
00:06:04qui révèle un système gangréné par la corruption et la mafia,
00:06:08la jeune Giorgia Meloni,
00:06:09en quête de reconnaissance,
00:06:12décide d'entrer en politique.
00:06:15En 1992,
00:06:17elle rejoint la section locale d'un parti post-fasciste,
00:06:21le MSI,
00:06:22le mouvement social italien.
00:06:24Giorgia a 19 ans,
00:06:25elle milite depuis deux ans.
00:06:27D'abord dans son lycée,
00:06:28où elle rejoint une coordination d'étudiants de droite,
00:06:31elle distribue des tracts
00:06:32et manifeste contre la gauche.
00:06:34Elle dirige la section des jeunes de la Garbatella,
00:06:37un quartier populaire de Rome.
00:06:3940 militants sont sous ses ordres,
00:06:41presque tous des garçons.
00:06:43Giorgia vit avec sa mère.
00:06:45Et à cette scène qu'elle raconte,
00:06:47celle d'une Giorgia adolescente,
00:06:49chétive,
00:06:50qui débarque en jogging.
00:06:52Elle arrive dans cette section militante,
00:06:54au milieu de tous ces types bien costauds,
00:06:56qui sont les camarades fascistes de l'époque.
00:06:58Et là, très rapidement,
00:07:00elle se fait accepter.
00:07:04Très jeune,
00:07:05elle force les portes d'un milieu politique marginal,
00:07:08verrouillé par les hommes.
00:07:10Elle est déterminée à se faire une place.
00:07:13Son énergie accroche.
00:07:15Très vite,
00:07:16elle attire l'attention de Gianfranco Fini.
00:07:19Figure tutélaire de l'extrême droite italienne
00:07:21et fondateur de l'Alliance nationale,
00:07:24Fini repère le potentiel,
00:07:26la prend sous son aile
00:07:27et devient le mentor
00:07:29qui va lancer sa carrière politique.
00:07:36Je connais Giorgia Meloni
00:07:38depuis son adolescence.
00:07:41C'était une jeune fille,
00:07:43studieuse,
00:07:45jeune,
00:07:47parfois anticonformiste,
00:07:48avec un certain goût pour la provocation.
00:07:53C'est une femme
00:07:54qui a baigné dans la politique
00:07:55depuis l'adolescence.
00:08:00Giorgia Meloni se tourne vers les figures d'autorité.
00:08:04Les hommes forts
00:08:05deviennent ses repères.
00:08:07et dans son imaginaire politique,
00:08:10ressurgit l'une des figures
00:08:11les plus controversées de l'histoire.
00:08:16Moi, je crois que Mussolini,
00:08:18c'était un bon policier.
00:08:21C'est-à-dire que tout ce qu'il a fait,
00:08:24il a fait pour l'Italie.
00:08:25Et on ne le trouve pas, ça,
00:08:27dans les politicians
00:08:29qu'on a eus dans les derniers 50 ans.
00:08:33Une franchise désarmante.
00:08:36Une fascination pour un homme
00:08:38qui a concentré tous les pouvoirs
00:08:39entre ses mains.
00:08:40Benito Mussolini.
00:08:43Fondateur du parti fasciste,
00:08:45orateur redoutable,
00:08:47capable de galvaniser les foules,
00:08:49le dictateur italien dirige le pays
00:08:52pendant plus de 20 ans.
00:08:53Jusqu'en 1945.
00:09:07Observateur attentif
00:09:08de la vie publique italienne,
00:09:10Marc Lazare enseigne l'histoire politique
00:09:12à l'Université Louise de Rome
00:09:14et à Sciences Po Paris.
00:09:15Il est l'un des analystes
00:09:17les plus lucides
00:09:18du paysage politique italien.
00:09:24Giorgia Meloni,
00:09:25elle a un lien
00:09:27dans sa jeunesse
00:09:28avec le fascisme.
00:09:29Elle a été ensuite
00:09:30néo-fasciste.
00:09:31Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:09:32C'est-à-dire qu'elle appartenait
00:09:33à cette organisation de jeunesse
00:09:34du mouvement social italien.
00:09:36Un parti qui,
00:09:38officiellement,
00:09:39ne reconstituait pas
00:09:40le parti fasciste,
00:09:41mais c'était
00:09:42ni reproduire
00:09:44ce qui avait été fait
00:09:46sous le fascisme,
00:09:47ni répudier
00:09:48ce qui avait été fait
00:09:48sous le fascisme.
00:09:49Et ce parti
00:09:50a été la plus importante
00:09:51formation de l'extrême droite
00:09:53en Europe.
00:09:55J'ai été le dernier secrétaire
00:09:59du mouvement social.
00:10:01C'est moi qui ai proposé
00:10:02au Congrès
00:10:03la dissolution de ce parti
00:10:04et la fondation
00:10:05d'Alliance nationale.
00:10:07Un projet de parti
00:10:09qui rassemble
00:10:10des femmes et des hommes
00:10:11du centre,
00:10:13des libéraux,
00:10:15des républicains.
00:10:18Au même moment,
00:10:20un acteur inattendu
00:10:21fait irruption
00:10:22dans la vie politique italienne.
00:10:25Silvio Berlusconi.
00:10:27Magna des médias,
00:10:29franc,
00:10:30sans filtre,
00:10:31homme d'affaires flamboyant.
00:10:33Avec son parti,
00:10:35Forza Italia,
00:10:37il rebat les cartes
00:10:38et redessine durablement
00:10:39les équilibres politiques
00:10:40du pays.
00:10:44Silvio Berlusconi est l'invention
00:10:46géniale en termes
00:10:47de communication politique
00:10:48qu'a eu Silvio Berlusconi,
00:10:50homme de télévision,
00:10:52homme du marketing politique,
00:10:53de créer son parti
00:10:54en l'appelant Forza Italia.
00:10:56C'est comme si en France,
00:10:57on créait un parti
00:10:58qui s'appellerait
00:10:58Aller les Bleus.
00:10:59Donc c'était la référence
00:11:00au football,
00:11:02mais c'était aussi
00:11:03on est fier d'être italien.
00:11:05Et ça,
00:11:05Silvio Berlusconi,
00:11:06le premier l'a compris,
00:11:08incontestablement.
00:11:11Cette stratégie
00:11:12porte ses fruits.
00:11:14Forza Italia
00:11:14est propulsée
00:11:15vers la victoire.
00:11:17Gianfranco Fini
00:11:18rallie à son tour
00:11:19la coalition
00:11:19menée par Berlusconi.
00:11:23Dans le sillage
00:11:24de cette droite
00:11:24en pleine conquête
00:11:25du pouvoir,
00:11:26une ambition se confirme.
00:11:31Celle de la jeune
00:11:32Giorgia Meloni.
00:11:35A 27 ans,
00:11:37elle passe à l'offensive.
00:11:40Objectif,
00:11:42la présidence
00:11:42du mouvement
00:11:43de jeunesse
00:11:44d'alliance nationale.
00:11:45Au congrès
00:11:46de Viterbo,
00:11:47elle monte
00:11:48à la tribune.
00:11:49Face à elle,
00:11:51les jeunes cadres
00:11:51du parti.
00:11:53Discours
00:11:54contre discours,
00:11:56le combat
00:11:57est lancé.
00:12:01Son concurrent
00:12:02était un jeune
00:12:03leader milanais.
00:12:06l'assemblée
00:12:09était partagée,
00:12:10indécise.
00:12:11résultat.
00:12:14J'ai regardé
00:12:15la vidéo
00:12:15de la dernière
00:12:16intervention.
00:12:18Une sorte
00:12:18d'appel
00:12:19au vote
00:12:19des deux candidats.
00:12:30elle a très bien
00:12:32su parler
00:12:32aux jeunes
00:12:33en jouant
00:12:34sur la corde
00:12:35du courage,
00:12:36de l'émotion,
00:12:37de la fierté,
00:12:39du sens
00:12:40de la bataille politique.
00:12:59A seulement 27 ans,
00:13:02elle devient
00:13:02secrétaire nationale
00:13:03de la jeunesse
00:13:04du mouvement
00:13:05de Gianfranco Fini.
00:13:08Soutenue
00:13:09par son mentor
00:13:09et sans aucun
00:13:11diplôme universitaire,
00:13:12Giorgia Meloni
00:13:13accède à moins
00:13:14de 30 ans
00:13:15à la vice-présidence
00:13:16de la Chambre
00:13:17des députés.
00:13:19Du jamais vu.
00:13:21Et ce n'est
00:13:22qu'un début.
00:13:28Berlusconi
00:13:28m'appelle
00:13:29et me dit
00:13:30« Tu crois
00:13:31que ça aurait
00:13:31un intérêt
00:13:32de créer
00:13:33un ministère
00:13:33de la jeunesse ? »
00:13:35Il pensait
00:13:36à une jeune
00:13:36entrepreneur.
00:13:37Je lui ai dit
00:13:38« Oui,
00:13:39bien sûr.
00:13:40Et que penses-tu
00:13:41de Giorgia Meloni,
00:13:42la vice-présidente
00:13:43de la Chambre ? »
00:13:45Il a trouvé
00:13:45que c'était
00:13:46une bonne idée.
00:13:49Silvio Berlusconi
00:13:50accepte
00:13:51la proposition
00:13:52de Fini.
00:13:53Un geste stratégique.
00:13:55Féminiser
00:13:56son gouvernement.
00:13:59À 31 ans,
00:14:01Giorgia Meloni
00:14:02est nommée
00:14:03ministre de la jeunesse.
00:14:05L'annonce
00:14:06fait l'effet
00:14:06d'un choc.
00:14:08Les médias
00:14:08s'emparent
00:14:09immédiatement
00:14:09du personnage.
00:14:11C'est une première
00:14:12dans l'histoire italienne.
00:14:14Giorgia Meloni
00:14:15devient la plus jeune
00:14:16ministre de la République.
00:14:35Giorgia Meloni
00:14:36est un peu
00:14:37la femme
00:14:37de tous les records.
00:14:39Première femme
00:14:40et plus jeune
00:14:41vice-présidente
00:14:41de la Chambre
00:14:42des députés.
00:14:43Première femme
00:14:44et plus jeune
00:14:45ministre de la jeunesse.
00:14:46C'est là
00:14:47qu'elle commence
00:14:48à construire
00:14:48l'image
00:14:48d'une personnalité.
00:14:50Jeune,
00:14:51compétente,
00:14:52novatrice,
00:14:53atypique.
00:14:58Malgré son image
00:14:59de femme politique
00:15:00qui bouscule les codes,
00:15:02Giorgia Meloni
00:15:03peine encore
00:15:03à se faire une place
00:15:04face aux dinosaures
00:15:05de la droite,
00:15:06Fini et Berlusconi.
00:15:10Je n'ai pas hésitation
00:15:12à me dire
00:15:12directement
00:15:14celui-ci est à l'heure
00:15:16au sommet.
00:15:17Il occupe la scène,
00:15:18capte toute la lumière
00:15:19et fonde
00:15:21le peuple
00:15:21des libertés.
00:15:22Le moment
00:15:23de Meloni
00:15:24ne semble pas
00:15:25encore venu.
00:15:30Le président
00:15:31du Sénat,
00:15:33Ignacio La Russa,
00:15:34était présent
00:15:35ce jour-là
00:15:36au congrès fondateur
00:15:36du Parti des libertés.
00:15:39Figure incontournable
00:15:40de l'extrême droite italienne,
00:15:41il se confie
00:15:42pour la première fois
00:15:43à un média français.
00:15:49Alors,
00:15:50de quoi tu veux parler ?
00:15:51De Meloni ?
00:15:52Il revient
00:15:53sur la véritable nature
00:15:54des relations
00:15:55entre Silvio Berlusconi
00:15:56et Giorgia Meloni.
00:16:01Je ne vous cache pas
00:16:02qu'au début,
00:16:03la relation
00:16:04entre Giorgia Meloni
00:16:05et Silvio Berlusconi
00:16:07était un peu...
00:16:09je ne dirais pas
00:16:10tumultueuse,
00:16:10mais il était difficile
00:16:11pour une personnalité
00:16:13aussi importante
00:16:13et forte que lui
00:16:14d'accepter
00:16:16d'être mis au même niveau
00:16:17qu'une dirigeante politique
00:16:18qu'il considérait encore
00:16:19comme une jeune fille.
00:16:22Et puis surtout une femme,
00:16:23ce qui pour l'Italie
00:16:24était totalement inédit.
00:16:29Pour Giorgia Meloni,
00:16:32Silvio Berlusconi
00:16:33est un géant politique,
00:16:35impossible à dépasser.
00:16:37Mais une opportunité
00:16:38inattendue se présente.
00:16:40Le Parti des Libertés
00:16:41implose.
00:16:44Les piliers
00:16:45de la droite vacillent.
00:16:47Sans hésiter,
00:16:49Meloni saisit
00:16:50cette occasion.
00:16:51À 35 ans,
00:16:52elle décide de fonder
00:16:54avec Ignazo Laroussa
00:16:55un nouveau parti.
00:16:57Fratelli d'Italia.
00:17:13Pourquoi avons-nous fondé
00:17:15Fratelli d'Italia ?
00:17:17Nous l'avons créé
00:17:19pour sauver
00:17:19la droite italienne.
00:17:22Après le départ
00:17:23de Gianfranco Fini,
00:17:24si nous étions restés
00:17:25au sein de la Coalition
00:17:26du Peuple de la Liberté,
00:17:28le fameux PDL
00:17:29de Berlusconi,
00:17:31nous aurions effacé
00:17:32un pan de l'histoire
00:17:33important pour nous.
00:17:36Celui de la droite italienne
00:17:38de l'après-guerre.
00:17:57Nous avons pris le risque
00:17:59qu'aucun de nous
00:18:00ne soit élu.
00:18:02Pour moi,
00:18:02qui avais déjà
00:18:03un certain âge,
00:18:04c'était un risque acceptable.
00:18:07mais chapeau
00:18:08à Giorgia Meloni
00:18:09qui était alors
00:18:10en pleine ascension
00:18:11et qui n'a pas douté
00:18:12un seul instant
00:18:13que ce risque
00:18:14en valait la peine.
00:18:17Elle a affronté
00:18:18la situation
00:18:20restant fidèle
00:18:21à ses idéaux
00:18:22et à ses idées.
00:18:24Nous tous,
00:18:25les journalistes,
00:18:26nous pensions
00:18:27que c'était une folie.
00:18:28D'ailleurs,
00:18:29quand elle est venue
00:18:29dans mon émission,
00:18:30je lui ai dit en face
00:18:31« Mais quelle idée ?
00:18:32La droite est déjà forte.
00:18:34Tu n'iras nulle part
00:18:35avec un parti aussi petit.
00:18:36Tu vas te faire dévorer. »
00:18:38Elle ne voulait rien entendre.
00:18:39Elle disait
00:18:40« Je suis fière
00:18:40de ce que je fais. »
00:18:42Et elle n'a rien lâché.
00:18:47En 2016,
00:18:49elle passe à l'offensive
00:18:50et affronte
00:18:51Silvio Berlusconi,
00:18:52dont l'influence
00:18:53pèse toujours à droite.
00:19:03La bataille de Rome commence.
00:19:06Face à elle,
00:19:07un homme soutenu
00:19:08personnellement
00:19:09par Berlusconi.
00:19:11Pour Mélanie,
00:19:12ce n'est plus seulement
00:19:13une élection.
00:19:14C'est un test
00:19:15de sa puissance.
00:19:19Au moment où elle se présente,
00:19:20elle est enceinte
00:19:21de sa fille.
00:19:22Elle réfléchit un peu
00:19:23parce que se lancer
00:19:24dans une campagne électorale
00:19:25avec un ventre rond
00:19:26en pleine grossesse,
00:19:28surtout qu'elle n'est plus
00:19:28toute jeune,
00:19:29qu'elle tient beaucoup
00:19:30à ce bébé
00:19:30parce que c'est sa première
00:19:31grossesse
00:19:32et qu'elle veut
00:19:32la mener à terme.
00:19:34Donc,
00:19:34elle hésite.
00:19:43sur ce plateau de télévision,
00:19:45à une heure de grande écoute,
00:19:47c'est le duel.
00:19:49D'un côté,
00:19:50une femme candidate
00:19:51qui assume son ambition,
00:19:53de l'autre,
00:19:54un chef de parti
00:19:55qui tente de la remettre
00:19:55à sa place.
00:19:58ce n'est plus un débat politique,
00:20:00c'est un combat.
00:20:01à ce n'est plus un débat politique,
00:20:06et puis l'interpello.
00:20:08É une chose
00:20:09chiara à tous
00:20:10que une femme
00:20:11non peut
00:20:13dedicarsi
00:20:14à un travail
00:20:15et en ce cas
00:20:16se n'est pas un travail.
00:20:17Terribile.
00:20:17Fare il sindaco
00:20:19di Roma
00:20:19vuol dire
00:20:19restare in ufficio
00:20:20e in giro
00:20:2114 ore al giorno.
00:20:23Roma,
00:20:24chi la conosce,
00:20:25sa com'è ridotta.
00:20:27Quindi,
00:20:27io non credo proprio
00:20:28che ci possa
00:20:30essere una scelta
00:20:32giusta
00:20:33di doversi
00:20:34dedicare
00:20:34a una funzione
00:20:36così difficile
00:20:37e impegnativa.
00:20:38Ho scelto
00:20:39di candidarmi
00:20:40anche perché
00:20:40mi dispiace
00:20:41che si dica
00:20:43e che tendenzialmente
00:20:44gli uomini
00:20:45tendano
00:20:46ad avere
00:20:47la presunzione
00:20:47di dire a una donna
00:20:48che cosa può
00:20:49e non può fare
00:20:50in ragione del fatto
00:20:51che aspetta un figlio.
00:20:52In una città
00:20:53che ha come simbolo
00:20:54una lupa
00:20:55che allatta
00:20:55due gemelli
00:20:56non sarà un problema
00:20:57un sindaco
00:20:58che allatta
00:20:58un bambino.
00:21:01Sa réplique
00:21:02claque.
00:21:04Giorgia Meloni
00:21:05fait basculer
00:21:06le moment
00:21:06en sa faveur.
00:21:08Elle en fait
00:21:08un symbole.
00:21:10Celui d'une femme
00:21:11qui tient tête
00:21:11au pouvoir
00:21:12e revendique
00:21:13sa maternità.
00:21:14Elle ne conquiert
00:21:15par Rome
00:21:16mais
00:21:17elle atteint
00:21:17le second tour.
00:21:19Son destin
00:21:20politique
00:21:20est en marche.
00:21:27Il lui arrive
00:21:28de dire
00:21:29mais quelle folie
00:21:29qu'est-ce que
00:21:30je vais devenir.
00:21:32Pendant 5 ans
00:21:33elle va stagner
00:21:34avec de tout
00:21:34petits scores.
00:21:35C'est la traversée
00:21:36du désert.
00:21:38Entre les élections
00:21:38de 2013
00:21:39et celle de 2018
00:21:40le parti
00:21:41ne décolle pas
00:21:41mais elle ne faiblit
00:21:43pas.
00:21:43Elle est tenace.
00:21:44C'est une coriace.
00:21:48Et en 2019
00:21:50le moment
00:21:51qu'elle attendait
00:21:51tant
00:21:51arrive enfin.
00:21:55Celui qui va
00:21:56la propulser
00:21:57au devant
00:21:57de la scène politique.
00:22:01Et ce
00:22:01lors d'un grand
00:22:02meeting
00:22:02réunissant
00:22:03la droite
00:22:03et l'extrême droite
00:22:04autour d'une figure
00:22:05centrale
00:22:06Matteo Salvini
00:22:07leader populaire
00:22:09de la Ligue
00:22:09allié
00:22:10du Rassemblement
00:22:11national
00:22:11et qui a largement
00:22:12dominé
00:22:13les scrutins
00:22:13l'année précédente.
00:22:18A ses côtés
00:22:19Silvio Berlusconi
00:22:23c'est l'alliée
00:22:24la plus petite
00:22:25l'associée
00:22:26minoritaire.
00:22:28Elle prend la parole
00:22:29entre Berlusconi
00:22:30et Salvini
00:22:31les deux leaders
00:22:32les plus puissants.
00:22:38Et elle a besoin
00:22:39de faire entendre
00:22:39sa voix.
00:22:42Pour elle
00:22:43c'est une occasion
00:22:44à ne pas manquer
00:22:45s'imposer enfin
00:22:47imprimer sa marque.
00:22:50Elle se lance
00:22:51dans un discours
00:22:51comme elle le dit
00:22:52elle-même
00:22:52avec ses tripes
00:22:53avec son coeur.
00:22:55Un discours passionné
00:22:56qui se termine
00:22:57par cette grande
00:22:57déclaration d'identité.
00:23:12Très vite
00:23:13ça devient
00:23:13un phénomène pop.
00:23:16Ce cri
00:23:17est remixé
00:23:17par deux DJ milanaires
00:23:18et va faire
00:23:20un carton
00:23:20dans les clubs.
00:23:28Les italiens
00:23:29vont commencer
00:23:29à danser
00:23:29sur ce remix.
00:23:30Moi-même
00:23:31à l'époque
00:23:31j'ai des adous
00:23:32et ils m'interrogent
00:23:33maman elle est
00:23:34comment Georgia ?
00:23:34Elle est sympa
00:23:35elle est drôle
00:23:36et là je me dis
00:23:36incroyable.
00:23:38Mélanie est en train
00:23:38de devenir autre chose.
00:23:42Myrta Merlino
00:23:43se souvient parfaitement
00:23:44du moment
00:23:45où elle a choisi
00:23:45de consacrer
00:23:46une séquence
00:23:46de son émission
00:23:47à ce succès
00:23:48devenu pop.
00:23:49Je suis Cristiana
00:23:51je suis une mère
00:23:52je peux dire
00:23:52même si moi
00:23:53mais aujourd'hui
00:23:54nous avons
00:23:55l'originale
00:23:56Georgia Meloni
00:24:00je lui ai fait
00:24:01une petite surprise
00:24:03tiens voilà le micro
00:24:04on va chanter
00:24:05et danser ensemble
00:24:07j'ai cru qu'elle
00:24:07allait m'envoyer
00:24:08sur les roses
00:24:13mais non
00:24:13elle s'est mise
00:24:14à danser
00:24:14et à chanter
00:24:15avec moi
00:24:19Et là j'ai compris
00:24:20qu'elle savait déjà
00:24:20que c'était
00:24:21un atout pour elle
00:24:30En 2021
00:24:32alors qu'elle occupe
00:24:33la scène médiatique
00:24:35Georgia Meloni
00:24:36refuse d'appuyer
00:24:37le gouvernement Draghi
00:24:38dont la mission
00:24:39est de redresser l'Italie
00:24:40que la pandémie
00:24:41a terriblement affaibli
00:24:43Mario Draghi
00:24:44extérieur
00:24:45aux jeux partisans
00:24:45a pris la tête
00:24:47d'une large coalition
00:24:48soutenue
00:24:48par l'ensemble
00:24:49des partis
00:24:50à l'exception
00:24:52de Fratelli d'Italia
00:24:56A ce moment là
00:24:58elle a un boulevard
00:24:59devant elle
00:25:00parce qu'elle peut
00:25:01incarner une opposition
00:25:02pure et dure
00:25:03on l'invite
00:25:04à la télévision
00:25:05tous les jours
00:25:05parce que la seule
00:25:07opposition en Italie
00:25:07c'est elle
00:25:08et personne d'autre
00:25:10Georgia Meloni
00:25:15elle est très douée
00:25:16pour incarner
00:25:16l'opposition
00:25:17c'est son talent
00:25:18elle critique
00:25:19elle hurle
00:25:20elle tempête
00:25:33elle est apparue
00:25:34comme une forme
00:25:36d'alternative
00:25:37à tout ce qui avait été
00:25:38essayé par les Italiens
00:25:40dans un pays
00:25:40où il y avait une grande
00:25:41et il y a toujours
00:25:42une grande défiance
00:25:43politique
00:25:44à l'égard
00:25:45des partis traditionnels
00:25:46ils avaient essayé
00:25:47les partis de droite
00:25:47ils avaient essayé
00:25:49les partis de gauche
00:25:50et là dans l'exaspiration
00:25:52qui parcourait
00:25:53le corps électoral italien
00:25:55et bien
00:25:55pourquoi ne pas essayer
00:25:57fratelli d'Italie
00:25:58à frères d'Italie
00:25:59et Georgia Meloni
00:26:03la chute du gouvernement Draghi
00:26:05ouvre une brèche
00:26:07c'est le moment de bascule
00:26:09que Meloni espérait
00:26:14elle est prête
00:26:16des élections anticipées
00:26:17sont convoquées
00:26:18pour septembre 2022
00:26:22une campagne éclair
00:26:24s'ouvre
00:26:25non a paura
00:26:27qui sogna
00:26:28un'Italia
00:26:28orgogliosa
00:26:30qui vuole
00:26:31tornare
00:26:32a essere fiero
00:26:33della sua nazione
00:26:34della sua gente
00:26:35della sua bandiera
00:26:36noi siamo pronti
00:26:38per restituire
00:26:39libertà
00:26:40a questa nazione
00:26:42viva l'Italia
00:26:43viva
00:26:44fratelli d'Italia
00:26:45viva
00:26:45il centrodestra
00:26:46grazie
00:27:15grazie
00:27:16un'Italia
00:27:40Un choix calculé. Ne surtout pas froisser une partie de son électorat. Encore nostalgique du passé.
00:27:52Jusqu'aux élections de 2022.
00:27:57Tous les regards se tournent vers elle.
00:28:01Après des années de combats politiques acharnés, discours après discours, scrutin après scrutin,
00:28:07Mélanie est désormais incontournable.
00:28:13Son électorat est solide et dépasse même ceux de Berlusconi et Salvini.
00:28:20A la tête de la coalition de la droite, elle est prête à vaincre.
00:28:24Et le verdict tombe enfin. Celui qu'elle attendait tant.
00:28:29Celui de la victoire. Un score historique. Un score incontestable.
00:28:36Près de 26%.
00:28:39A 45 ans, Mélanie se hisse au sommet et prend la tête du gouvernement.
00:29:05Elle s'entoure immédiatement des plus fidèles.
00:29:14Les quelques alliés dont elle ne peut se défaire sont étroitement surveillés.
00:29:18A l'image de Matteo Salvini, cantonnés à un ministère jugé secondaire, les infrastructures.
00:29:29Pendant ce temps, la sphère familiale ne cesse de gagner en influence.
00:29:37Son beau-frère est propulsé au ministère de l'Agriculture.
00:29:41Sa sœur est nommée chef du secrétariat politique de Fratelli d'Italia.
00:29:48Mélanie et ses compagnons se sont souvent sentis marginalisés.
00:29:52Une fois au pouvoir, ce sentiment se transforme en revanche.
00:29:58Mélanie avance ses pions.
00:30:01Sans état d'âme, elle nomme ses proches à la tête d'institutions culturelles, d'entreprises d'État.
00:30:08Elle phagocyte le pouvoir qui désormais se partage avec les siens.
00:30:14Elle vient d'un petit parti, il faut imaginer ce que c'était.
00:30:17Ils étaient à 4% en 2018.
00:30:20Ils étaient considérés comme des néo-fascistes.
00:30:23Ils étaient, c'est vrai, moqués ou critiqués, voire parfois un peu bousculés par la gauche.
00:30:29Ils étaient dans un petit ghetto.
00:30:31Ils sont au pouvoir maintenant.
00:30:32Certains d'entre eux prennent leur revanche.
00:30:35L'esprit de revanche est certainement l'un des grands moteurs de la droite italienne.
00:30:41C'est valable encore aujourd'hui.
00:30:43Il y a toujours ce genre de réflexe.
00:30:45On a été négligés, cachés dans la cave pendant des années.
00:30:49Alors aujourd'hui, c'est notre moment.
00:30:51Et comme c'est notre tour, on rafle tout.
00:30:55Pour la première fois dans l'histoire de la République italienne, une femme accède à la tête du gouvernement.
00:31:08Mais elle arrive au pouvoir, précédée d'une réputation sulfureuse, eurosceptique revendiquée et héritière d'un mouvement post-fasciste.
00:31:17À Bruxelles, Washington, Paris, beaucoup s'attendent à un choc.
00:31:24Comment va-t-elle tenir les promesses martelées pendant sa campagne ?
00:31:28L'arrêt de l'immigration.
00:31:30L'affrontement avec l'Union européenne.
00:31:33Le soutien des droits des femmes et la défense de la souveraineté nationale.
00:31:39Entre ces discours enflammés et les contraintes du pouvoir, Giorgia Meloni avance sur une ligne de crête.
00:31:51Un mois après le scrutin, devant le Parlement italien, elle prononce alors un discours solennel.
00:32:16Une de ses premières décisions interpelle.
00:32:19Dans une communication officielle adressée au ministère, Giorgia Meloni demande à être appelée président du Conseil.
00:32:26Pas présidente.
00:32:31Un masculin revendiqué.
00:32:34Un choix politique assumé.
00:32:42Ce n'est pas un hasard si Giorgia Meloni veut être appelée le président du Conseil au masculin et non
00:32:50la présidente du Conseil.
00:32:52C'est le signe qu'elle veut rassurer une partie de l'électorat conservateur.
00:32:58Qui, même s'il voit plutôt d'un bon oeil le fait que le pays soit dirigé par une femme
00:33:04de son bord,
00:33:05n'est en réalité pas très en phase avec les idées du féminisme traditionnel.
00:33:12Elle a cette caractéristique d'être passée par le post-fasciste.
00:33:16Et maintenant, elle évolue vers autre chose qu'on peut appeler le national conservatisme,
00:33:21qui se résume dans le triptyque Dieu, famille, patrie.
00:33:42Conservatrice affirmée, défenseur de la famille et de la patrie,
00:33:47Giorgia Meloni suscite des inquiétudes quant à la protection des droits des femmes.
00:33:52Pourtant, une fois au sommet de l'État, elle se veut rassurante.
00:33:57Elle promet de ne pas toucher à la loi sur l'avortement.
00:34:01Une ligne rouge qu'elle affirme ne pas franchir.
00:34:18La loi n'a pas été abolie.
00:34:20Cette loi, qui avait été une loi de compromis dans les années 70, a beaucoup de conditions restrictives.
00:34:25Et donc, elle a accentué les conditions restrictives.
00:34:29Elle, elle dit, je ne suis pas contre droit à l'avortement, mais je suis pour le droit à la
00:34:32vie.
00:34:33Ça veut dire qu'elle essaye de faire en sorte que les femmes renoncent à une interruption volontaire de grossesse.
00:34:40Et par exemple, elle a fait rentrer les associations pro-life dans la partie de consultation qu'a une femme
00:34:47qui veut interrompre une grossesse pour essayer de dissuader cette femme d'interrompre sa grossesse.
00:34:53Pas de rupture brutale avec la loi, mais une stratégie d'érosion pernicieuse des droits des femmes.
00:35:07Figure historique de la gauche européenne, Luciana Castellina est une militante communiste de premier plan
00:35:13et fondatrice du journal Il Manifesto.
00:35:17Tout au long de sa vie, elle s'est battue pour les droits des femmes.
00:35:22Aujourd'hui, elle analyse l'impact des politiques du gouvernement Mélonie sur le pouvoir croissant des associations pro-vie.
00:35:34Elles ont toutes été réactivées.
00:35:37Ça leur a évidemment donné plus de force et de motivation pour agir.
00:35:43Il y a aujourd'hui beaucoup plus d'associations pro-vie qui s'activent pour dénoncer cet holocauste,
00:35:49enfin, ce qu'elles appellent un holocauste.
00:35:53Tout cela est la conséquence directe de l'idéologie de Mélonie.
00:36:00Sous le gouvernement Mélonie, les associations pro-vie sortent de l'ombre
00:36:04et s'installent sur les plateaux des grandes chaînes télévisées.
00:36:09Une ligne est franchie lors d'une émission populaire avec leur porte-parole.
00:36:16La 194, da quand elle a été approvée, a causé 6 millions d'éliminations.
00:36:22Donc, c'est comme un plan d'élimination équivalent à celui de l'Holocauste.
00:36:28Je pense que oui.
00:36:28On le connaît comme un droit ?
00:36:30Des propos radicaux, appuyés par les prises de position officielles de la ministre de la Famille.
00:36:56L'avortement n'est pas un cas isolé.
00:36:58Il met en lumière un décalage flagrant entre le discours officiel et l'exercice du pouvoir.
00:37:04L'immigration en offre un autre exemple frappant.
00:37:08En campagne, Georgia Mélonie avançait des propositions radicales.
00:37:14Sur les questions d'immigration, Georgia Mélonie avait même employé des images très évocatrices en parlant de blocus naval.
00:37:22Elle avait dit que sur les navires de l'ONG, il fallait les torpiller.
00:37:25Après quand même avoir fait descendre les immigrés qui étaient sur ces bateaux ou sur ces navires.
00:37:29Elle a pris des mesures très restrictives, très restrictives, contre les organisations non gouvernementales.
00:37:35Contre, très restrictives pour le droit justement d'asile en Italie, pour l'examen des dossiers.
00:37:43Georgia Mélonie promettait la fermeté absolue.
00:37:47Faute de pouvoir ériger des murs, elle déclare mettre en place un blocus naval.
00:37:54Une formule choc, une action militaire pour barrer la route aux bateaux de migrants s'approchant des côtes italiennes.
00:38:05Une fois au pouvoir, le discours se heurte au réel.
00:38:10Du blocus naval, il ne reste que le slogan.
00:38:15Mais Mélonie réagit en proposant un nouveau projet qualifié d'ambitieux.
00:38:18Avec l'Albanie, le pays voisin dirigé par Edirama.
00:38:22La construction sur le sol albanais de centres d'accueil et de rétention pour externaliser la gestion des migrants.
00:38:34On a pensé qu'une solution pourrait être d'externaliser ces procédures dans un pays tiers.
00:38:40En l'occurrence, l'Albanie.
00:38:42C'est-à-dire demander à l'Albanie de faire ce que nous n'arrivions pas à faire en Italie,
00:38:50à savoir contrôler les côtes et rapatrier ceux qui n'avaient pas le droit de rester sur notre sol.
00:38:56Cet accord, qui a coûté très cher, pas loin de 800 millions d'euros,
00:39:00a financé la construction de deux centres en Albanie.
00:39:08Présenté alors comme une solution rapide à la question migratoire,
00:39:12ce projet a même retenu l'attention de plusieurs pays européens,
00:39:15dont le Royaume-Uni de Kirstarmer.
00:39:21Giorgia Mélonie en fait un symbole de son action.
00:39:27Les centres d'Albanie fonctionneront.
00:39:43Mais sur le terrain, l'expérience tourne au fiasco.
00:39:48La justice italienne, puis européenne,
00:39:51juge illégale la rétention des migrants dans les centres albanais.
00:40:02Conséquence immédiate, les transferts sont suspendus,
00:40:05les migrants renvoyés en Italie.
00:40:09A l'heure actuelle, seules quelques dizaines de migrants concernés
00:40:13ont été effectivement rapatriés d'Albanie vers leur pays d'origine.
00:40:18Au final, si on veut résumer,
00:40:24le résultat de cet accord entre l'Italie et l'Albanie est nul.
00:40:30C'est le prix que ce gouvernement a dû payer
00:40:35pour essayer de tenir ses promesses électorales.
00:40:41L'immigration a toujours été au cœur de son discours.
00:40:46Avant d'arriver au pouvoir,
00:40:48Giorgia Mélonie dénonçait sans relâche les gouvernements précédents,
00:40:51accusée de régulariser les migrants
00:40:53pour servir les intérêts de l'industrie.
00:40:58Comme dans ce discours de 2017,
00:41:00où elle dénonçait avec virulence
00:41:02l'invasion du pays par les migrants.
00:41:22Pour l'immigration légale,
00:41:26à quoi s'est-elle très rapidement confrontée ?
00:41:28Au fait qu'ici, en Italie,
00:41:30à cause de l'énorme déclin démographique,
00:41:32la confine d'Oustria,
00:41:34l'organisation patronale très puissante,
00:41:36encore plus puissante que le MEDEF en France,
00:41:39réclame à corps et à cri des immigrés.
00:41:42Et donc, à peine arrivée,
00:41:44en partir de 2023,
00:41:46elle a fait accueillir plus de 490 000 immigrés.
00:41:50Et de nouveau, pour la période 2025 à 2028,
00:41:53elle vient de faire passer un décret-loi
00:41:55pour faire admettre plus de 500 000 immigrés.
00:41:58C'est-à-dire que sous Giorgia Mélonie,
00:41:59il va y avoir plus de 800 000 immigrés
00:42:01qui vont arriver en Italie
00:42:02parce que l'Italie a besoin de cette main-d'oeuvre.
00:42:05Donc, cette immigration légale est acceptée.
00:42:08Alors là, elle est très discrète là-dessus.
00:42:10Elle le fait,
00:42:11mais elle ne le claironne pas sur tous les toits.
00:42:15Si Mélonie communique peu
00:42:16sur les résultats de sa politique migratoire,
00:42:19elle ne cesse en revanche
00:42:20de mettre en avant ses performances économiques,
00:42:23présentées comme exemplaires
00:42:24et constamment opposées
00:42:26à celles des autres pays européens.
00:42:45Ce que Mélonie ne dit pas,
00:42:47c'est que la croissance française
00:42:49reste supérieure à celle de l'Italie
00:42:51et la hausse de la bourse
00:42:53échappe, elle,
00:42:54au contrôle du gouvernement.
00:42:57Mais elle s'émanie habilement les chiffres
00:42:59et en tire et partie.
00:43:05Correspondante du Financial Times à Milan,
00:43:08Silvia Borrelli
00:43:08observe depuis des années
00:43:10les coulisses du pouvoir économique italien.
00:43:16Cette année,
00:43:17le déficit italien
00:43:18passera sous le seuil
00:43:19des 3% du PIB,
00:43:21la limite fixée
00:43:22par l'Union européenne.
00:43:24C'est un très bon signe
00:43:25pour un pays
00:43:26qui a toujours connu
00:43:27un déficit budgétaire
00:43:28très élevé.
00:43:29Et ça contraste avec la France,
00:43:32qui connaît actuellement
00:43:33des difficultés.
00:43:36À cet égard,
00:43:37l'Italie fait effectivement mieux
00:43:39que par le passé.
00:43:41L'Italie se porte
00:43:42plutôt bien en ce moment.
00:43:44Giorgia Meloni
00:43:44évidemment se l'approprie.
00:43:47Elle a raison,
00:43:47c'est de bonne guerre
00:43:48puisqu'elle est au pouvoir.
00:43:49Mais les faiblesses structurelles
00:43:51de l'Italie
00:43:52sont encore là.
00:43:54Ciao.
00:43:55Ciao Anna.
00:43:55Comment est-ce ?
00:43:56Tout bien, merci.
00:43:57Tout comme va ?
00:43:58Bien.
00:43:59Giovanni Zanni,
00:44:00le directeur de Pagela Politica,
00:44:02la principale plateforme italienne
00:44:04de fact-checking,
00:44:05met les déclarations
00:44:06du gouvernement
00:44:07à l'épreuve des faits.
00:44:10En réalité,
00:44:11l'Italie a commencé
00:44:12à se remettre
00:44:13de la pandémie
00:44:13sous le gouvernement Draghi
00:44:15avant l'arrivée de Meloni.
00:44:17Aussi bien au niveau
00:44:18de l'emploi
00:44:19que de la croissance économique.
00:44:25Si l'Italie résiste aujourd'hui,
00:44:27c'est aussi grâce à l'Europe.
00:44:29Le véritable amortisseur,
00:44:30c'est Bruxelles.
00:44:32Sans ce soutien,
00:44:33pas de rebond économique.
00:44:35Un plan de relance hors norme
00:44:37a injecté près de 200 milliards d'euros
00:44:39pour réparer les fractures
00:44:41laissées par la pandémie.
00:44:43Dès son arrivée au pouvoir,
00:44:45comme c'est une femme très concrète
00:44:47et très pragmatique,
00:44:48elle comprend que la relation
00:44:49avec Bruxelles est cruciale.
00:44:51Il ne faut pas oublier
00:44:52que l'Italie a reçu
00:44:53une véritable avalanche de fonds.
00:44:54C'est le gouvernement précédent
00:44:56qui a mené ces négociations.
00:44:57Mais c'est elle
00:44:58qui en récolte les fruits.
00:45:00Pour sa première visite
00:45:02à l'étranger,
00:45:03en tant que nouvelle chef
00:45:04du gouvernement italien,
00:45:05Giorgia Meloni
00:45:06a choisi Bruxelles.
00:45:08Giorgia Meloni le sait.
00:45:10Sans l'Europe,
00:45:11l'équilibre économique
00:45:12de son pays vacille.
00:45:14Après avoir longtemps
00:45:15attaqué Bruxelles,
00:45:17elle change de ton
00:45:17et cherche désormais
00:45:19à s'imposer
00:45:20comme une interlocutrice crédible
00:45:21auprès des institutions européennes.
00:45:27Elle s'est positionnée
00:45:28sur l'échiquier international
00:45:30en affirmant son soutien
00:45:32à l'Ukraine,
00:45:34en apportant son appui
00:45:35à l'OTAN
00:45:38et en essayant
00:45:39de ne pas affaiblir
00:45:40l'Union européenne
00:45:41de façon significative.
00:45:50Personne ne s'attendait
00:45:51à ce qu'une ardente opposante
00:45:52à l'Union européenne
00:45:54adopte une position
00:45:55aussi tranchée
00:45:56sur des dossiers explosifs
00:45:57comme celui de l'Ukraine.
00:46:03Mais Meloni
00:46:04a compris une chose.
00:46:06Sans crédibilité internationale,
00:46:08son pouvoir interne
00:46:10s'effondrerait immédiatement.
00:46:16Giorgia Meloni
00:46:17a aussi cette grande capacité
00:46:18à se présenter
00:46:19d'un côté
00:46:20comme une souverainiste
00:46:21ou une nationaliste
00:46:23auprès de certains
00:46:23et de l'autre
00:46:26à adopter
00:46:27envers l'Europe
00:46:27un ton,
00:46:29des manières
00:46:30et des discours rassurants
00:46:31en affirmant
00:46:32que l'Italie
00:46:33reste très pro-européenne,
00:46:35pro-OTAN,
00:46:36qu'elle soutient
00:46:37l'Ukraine,
00:46:37ce genre de choses.
00:46:39Elle est capable
00:46:40de tenir ces deux discours
00:46:41qui sont, disons-le,
00:46:43un peu contradictoires.
00:46:48Cette capacité
00:46:50à tenir un double discours
00:46:51révèle une ambiguïté permanente
00:46:54que Meloni cultive
00:46:56telle une actrice
00:46:58au rôle multiple.
00:47:01une maîtrise
00:47:03héritée de son histoire
00:47:04familiale.
00:47:08Des arrières-grands-parents
00:47:10acteurs
00:47:11et producteurs
00:47:11de radio.
00:47:13Une mère
00:47:15écrivaine
00:47:15de romans populaires.
00:47:17Mais aussi
00:47:18issue
00:47:19de la culture
00:47:20italienne
00:47:20traditionnelle.
00:47:25Je pense que
00:47:26Giorgia Meloni
00:47:27s'inspire
00:47:27d'une tradition
00:47:28théâtrale
00:47:28très italienne,
00:47:29celle des masques
00:47:30de la comédia
00:47:31de l'art.
00:47:31Elle passe
00:47:32d'un personnage
00:47:33à l'autre.
00:47:35Lors d'un meeting
00:47:36de Fratelli d'Italia
00:47:37à Milan,
00:47:39alors qu'elle se moque
00:47:40de la presse
00:47:40et de ses questions
00:47:41prétendument futiles,
00:47:43elle fait la démonstration
00:47:45de ses talents
00:47:46d'actrice.
00:48:04Son public
00:48:05est conquis.
00:48:10Par ses postures,
00:48:12par son langage corporel,
00:48:14Giorgia Meloni
00:48:15joue sa proximité
00:48:16avec le peuple.
00:48:18Elle parle fort,
00:48:20change de registre
00:48:21et dramatise
00:48:22l'affrontement
00:48:23avec les institutions.
00:48:31En Europe,
00:48:32ils sont un peu
00:48:32préoccupés
00:48:33de la Meloni.
00:48:36Qu'est-ce qui se passe ?
00:48:37Et qu'est-ce qui se passe ?
00:48:38Qu'est-ce qui se passe ?
00:48:40Elle parle
00:48:41avec l'accent romain.
00:48:43Elle fait des grimaces.
00:48:45Elle affiche
00:48:46ses émotions.
00:48:47Elle prend
00:48:48un timbre populaire,
00:48:50parfois même
00:48:51un peu vulgaire.
00:48:53Et tout ça
00:48:54est très étudié.
00:48:55Mais elle le fait
00:48:56avec beaucoup d'astuces
00:48:57et d'habilité.
00:48:59Tout ça
00:48:59est authentique.
00:49:01Parce que,
00:49:01je le répète,
00:49:02l'humanité
00:49:03de Giorgia Meloni
00:49:04fait partie
00:49:05de son secret.
00:49:07Mais c'est aussi
00:49:08très calculé.
00:49:09C'est un outil
00:49:10de communication
00:49:11et de stratégie politique.
00:49:14sa gestuelle,
00:49:16précise et maîtrisée,
00:49:18est devenue
00:49:19l'un de ses atouts
00:49:20majeurs.
00:49:25Ce qui compte,
00:49:27c'est que les gestes,
00:49:29les postures
00:49:30et les intonations
00:49:32priment sur l'argumentation.
00:49:35Pour Antonio Scurati,
00:49:37l'un des intellectuels
00:49:38les plus écoutés
00:49:39d'Italie,
00:49:40historien spécialiste
00:49:41de Mussolini,
00:49:43cette maîtrise
00:49:44du corps
00:49:44et de la scène
00:49:45ne doit rien au hasard.
00:49:47Elle s'inscrit
00:49:48dans un héritage
00:49:49politique ancien.
00:49:52Mussolini
00:49:53a cette intuition.
00:49:54Il place
00:49:55le corps du leader
00:49:56au centre
00:49:56de la scène.
00:50:01Même ses gesticulations
00:50:03théâtrales,
00:50:04qui nous paraissent
00:50:05ridicules aujourd'hui,
00:50:06s'inscrivent
00:50:07dans un mode
00:50:07de communication
00:50:08qui ne se passe pas
00:50:09au niveau intellectuel,
00:50:10d'un esprit
00:50:11à un autre,
00:50:12à travers l'argumentation,
00:50:13la persuasion,
00:50:14l'analyse.
00:50:16Avec lui,
00:50:17ça devient
00:50:17une vibration
00:50:18presque physique.
00:50:21L'objectif est clair.
00:50:23Réduire l'effort
00:50:24intellectuel
00:50:25et privilégier
00:50:26un lien direct
00:50:27avec le peuple.
00:50:36Une des nombreuses
00:50:38intuitions de Mussolini,
00:50:40qui sera le précurseur
00:50:41de tous les leaders
00:50:42populistes de son époque,
00:50:44c'est que,
00:50:45dès le début
00:50:46du XXe siècle,
00:50:47le citoyen,
00:50:49l'individu,
00:50:50ressent le poids
00:50:51accablant
00:50:52de la complexité
00:50:53de la vie moderne.
00:50:56Mussolini
00:50:57offre une simplification
00:50:58radicale.
00:51:01Une simplification
00:51:02qui fasse d'abord
00:51:02par une purge linguistique
00:51:04de la complexité
00:51:05du monde.
00:51:06Chaque phrase
00:51:07est un slogan
00:51:08et chaque slogan
00:51:10est une goutte
00:51:11de haine
00:51:11contre un ennemi
00:51:13réel
00:51:13ou imaginaire.
00:51:14hypothétique.
00:51:15Non c'est niente
00:51:16de plus
00:51:18ribelle
00:51:19que oppors
00:51:20à un pensier
00:51:21unico
00:51:22dilagante,
00:51:22à la melassa
00:51:24globaliste,
00:51:24au conformisme,
00:51:26à la dictature
00:51:27de qui
00:51:28qui voudraient
00:51:29tous les mêmes
00:51:31sans une identité
00:51:34biologique.
00:51:35Un langage simple,
00:51:37frontal,
00:51:38qui lui permet
00:51:39d'atteindre son public
00:51:40sans intermédiaire.
00:51:41Des salles de meeting,
00:51:42aux réseaux sociaux.
00:51:47Elle cherche souvent
00:51:48à avoir une relation
00:51:48directe avec les électeurs.
00:51:50Donc elle donne
00:51:51peu de conférences
00:51:52de presse,
00:51:53mais s'exprime
00:51:54fréquemment en vidéo
00:51:55sur les réseaux sociaux.
00:52:00À une époque,
00:52:06elle publiait
00:52:07une rubrique
00:52:07qui s'appelait
00:52:08« Les notes de Georgia »,
00:52:09dans laquelle chaque semaine,
00:52:11elle racontait
00:52:12ce qui s'était passé
00:52:12au gouvernement.
00:52:14Dans ces quadernes,
00:52:15il y a pratiquement
00:52:16tout mon travail.
00:52:17Et comme je n'ai
00:52:18aucun problème
00:52:19à partager ce travail
00:52:21et les choix
00:52:21que je fais
00:52:22avec les personnes
00:52:23que je représente,
00:52:25j'ai décidé
00:52:26d'ouvrir
00:52:28mon quaderno
00:52:29d'appuntés.
00:52:32Elle ne supporte pas
00:52:33très bien
00:52:33les critiques
00:52:33de la presse.
00:52:35Et très souvent,
00:52:37elle adopte
00:52:37une communication
00:52:38un peu victimaire,
00:52:39du style
00:52:39« Je sais bien
00:52:41que les journaux
00:52:42vont raconter
00:52:42le contraire
00:52:43de ce que j'ai dit. »
00:52:45C'est quelque chose
00:52:45qui revient souvent
00:52:46dans sa communication,
00:52:48le fait qu'elle ait
00:52:49un mauvais rapport
00:52:49avec les journalistes,
00:52:50les médias
00:52:51et la presse.
00:52:55Accusée de verrouiller
00:52:56la télévision publique,
00:52:58Giorgia Meloni
00:52:59contre-attaque
00:53:00sur le terrain médiatique.
00:53:02Elle choisit alors
00:53:03l'ironie
00:53:04et la provocation,
00:53:05jusqu'à rebaptiser
00:53:07un journal télévisé
00:53:08« Télé Meloni ».
00:53:10Une manière
00:53:11de tourner
00:53:12en dérision
00:53:13les critiques
00:53:13et de reprendre
00:53:15la main
00:53:15sur le récit.
00:53:15pour le secteur
00:53:16très important.
00:53:18Donc,
00:53:18eccomi qui
00:53:19dans une nouvelle
00:53:19fin de la fin
00:53:20de la télévision
00:53:20de Giorgia
00:53:21que j'ai décidé
00:53:22de rebattiser
00:53:23« Télé Meloni ».
00:53:25Parce que l'unique
00:53:26Télé Meloni
00:53:26qui existe
00:53:27est cette.
00:53:28Tout le reste
00:53:29sont fake news
00:53:29d'une sinistre
00:53:30qui,
00:53:30étant habituée
00:53:31à occupar
00:53:31la télévision,
00:53:32pense que
00:53:32les autres
00:53:33sient comme elle.
00:53:33« Pour moi,
00:53:36ce sont deux faux pas.
00:53:37Ça ne fonctionne pas.
00:53:38On sent la propagande.
00:53:40Ça sonne faux,
00:53:41artificiel. »
00:53:45Giorgia Meloni
00:53:46construit sa communication
00:53:48sur l'affrontement
00:53:49avec les élites intellectuelles
00:53:50et les conflits
00:53:51avec la presse.
00:53:53Dans ce climat
00:53:54de tension permanente,
00:53:56sa reprise en main
00:53:56du secteur public
00:53:57inquiète.
00:54:03« La télévision publique
00:54:05a toujours eu
00:54:05un problème,
00:54:06disons,
00:54:07d'indépendance
00:54:08vis-à-vis du monde politique.
00:54:10Et donc,
00:54:11l'arrivée
00:54:12de Giorgia Meloni
00:54:12a évidemment
00:54:13eu un impact.
00:54:14On a vu
00:54:15un changement
00:54:16de cap
00:54:16s'opérer
00:54:17à la télévision nationale.
00:54:18Un rapprochement
00:54:20avec les positions
00:54:21gouvernementales.
00:54:24C'est précisément
00:54:25ce qui se passe
00:54:26le 25 avril 2024.
00:54:29Lors de la commémoration
00:54:30par la RAI,
00:54:31la télévision publique italienne,
00:54:32de la libération
00:54:33du pays du fascisme
00:54:34et de l'occupation nazie.
00:54:40Une intervention
00:54:41de l'écrivain
00:54:42Antonio Scurati
00:54:43était programmée
00:54:44sur une émission
00:54:44de la télévision publique.
00:54:46« Sur tous les sites
00:54:47d'information
00:54:48de cette année,
00:54:49il y a été prévu
00:54:50un monologue
00:54:50sur le 25 avril
00:54:52d'Antonio Scurati.
00:54:53Monologue
00:54:53qui, en fait,
00:54:54n'y sera. »
00:54:56« Hier soir,
00:54:56on a découvert
00:54:58la lutte antifasciste
00:54:59de nos grands-parents. »
00:55:00« C'était un éditorial
00:55:04pour commémorer
00:55:05et célébrer
00:55:06la lutte antifasciste
00:55:07de nos grands-parents.
00:55:09J'y rappelais que...
00:55:11Enfin,
00:55:12je critiquais
00:55:13le fait que
00:55:14la présidente
00:55:15du Conseil italien
00:55:17en deux ans de mandat
00:55:18n'avait jamais prononcé
00:55:20le mot « résistance »
00:55:21ni le mot « antifascisme »
00:55:23et qu'elle n'avait jamais
00:55:24voulu reconnaître
00:55:25les valeurs
00:55:26de la résistance
00:55:26et de l'antifascisme
00:55:28comme les fondements
00:55:29de notre Constitution
00:55:30et de notre République. »
00:55:49Sans préavis,
00:55:51un cadre de la RAI
00:55:52décide d'annuler
00:55:53ce monologue
00:55:54et l'intervention
00:55:55de Giorgia Meloni
00:55:56ne se fait pas attendre.
00:56:00« La présidente
00:56:02du Conseil
00:56:02a alors décidé
00:56:03de publier un poste
00:56:05pour tenter
00:56:05d'éteindre l'incendie.
00:56:09Elle m'a attaqué
00:56:10personnellement
00:56:11en insinuant
00:56:12qu'il ne s'agissait pas
00:56:13d'une question
00:56:14de liberté d'expression
00:56:15mais d'argent,
00:56:16d'avidité,
00:56:18d'exigence excessive.
00:56:20Enfin, vous voyez.
00:56:25C'est un épisode
00:56:27qui permet
00:56:28de comprendre
00:56:29comment la démocratie
00:56:30peut glisser
00:56:31au quotidien
00:56:33vers une dérive
00:56:36illibérale.
00:56:38Dans ce poste,
00:56:40elle s'en prend
00:56:41à la gauche.
00:56:42Elle écrit
00:56:43« La gauche
00:56:45alerte sur la dérive
00:56:46autoritaire du régime
00:56:47alors que la RAI
00:56:48affirme s'être
00:56:49simplement refusée
00:56:50à verser 1800 euros
00:56:51pour une minute
00:56:52de monologue,
00:56:53une somme équivalente
00:56:54au salaire mensuel
00:56:55de nombreux employés. »
00:57:00Entre-temps,
00:57:01l'émission ne sera
00:57:02pas reconduite.
00:57:03La journaliste
00:57:04Serena Bortone
00:57:05sera réaffectée
00:57:07à l'animation
00:57:07d'une émission de radio.
00:57:15A cette attitude offensive
00:57:17s'ajoute
00:57:19une zone
00:57:19d'ombre
00:57:19persistante.
00:57:21La mémoire.
00:57:23Giorgia Meloni
00:57:25refuse toujours
00:57:25de se définir
00:57:26clairement
00:57:27comme antifasciste.
00:57:31« Notre constitution
00:57:33a été écrite
00:57:34par les antifascistes
00:57:35contre le régime fasciste.
00:57:37Ça fait partie
00:57:38de notre ADN.
00:57:39Et ça,
00:57:40elle le sait.
00:57:41Elle le comprend.
00:57:43Elle ne fait jamais
00:57:44aucune déclaration
00:57:45publique claire
00:57:46et directe là-dessus
00:57:47parce qu'elle est issue
00:57:48de cette histoire
00:57:49et de cet environnement. »
00:57:54Le climat se tend encore
00:57:56avec une autre décision
00:57:57controversée.
00:58:01Profitant du deuil décrété
00:58:02après la mort du pape
00:58:03François
00:58:04au printemps 2025,
00:58:06le gouvernement
00:58:07appelle à célébrer
00:58:08le traditionnel 25 avril,
00:58:10fête de la libération,
00:58:11dans la plus grande sobriété.
00:58:17Mais ce jour-là,
00:58:18à Casa Tchervi,
00:58:21la consigne
00:58:21sera ouvertement ignorée.
00:58:29Chaque année,
00:58:30des milliers de personnes
00:58:31se rassemblent ici,
00:58:32en Émilie-Romagne,
00:58:34pour honorer
00:58:35la mémoire
00:58:35des sept frères Tchervi,
00:58:37résistants exécutés
00:58:38par les fascistes
00:58:39pendant la Seconde Guerre mondiale.
00:58:47La présidente du conseil,
00:58:48Giorgia Meloni,
00:58:48a dit
00:58:49« Ce 25 avril,
00:58:51célébrer sobrement,
00:58:52parce que le pape est mort.
00:58:54Mais cet anniversaire
00:58:56est très important,
00:58:57alors on ne va pas se brider.
00:58:59Évidemment qu'on fêtera
00:59:00cet événement
00:59:00comme chaque année. »
00:59:02« Avec encore plus d'intensité. »
00:59:03« Oui. »
00:59:04« Et en l'honneur du pape aussi. »
00:59:07« Aussi pour le pape. »
00:59:08« Exactement. »
00:59:09« La mémoire n'est pas
00:59:11une fin en soi. »
00:59:14Sur la scène du festival,
00:59:15Emma Rootson, 23 ans,
00:59:18représentante des étudiants
00:59:19de l'université de Padoue,
00:59:20prend la parole.
00:59:21« C'est un gouvernement
00:59:25qui, semaine après semaine,
00:59:27s'attaque à la démocratie,
00:59:29méprise la presse,
00:59:31attaque le pouvoir judiciaire,
00:59:32attaque les droits,
00:59:34parce qu'il est tellement facile
00:59:35de s'en prendre
00:59:35aux personnes marginalisées.
00:59:38Aujourd'hui,
00:59:39comme hier,
00:59:40il n'y a qu'un seul choix possible.
00:59:41Nous choisissons de résister.
00:59:44Bonne fête de la libération
00:59:45à toutes et à tous. »
00:59:50Ici, une autre Italie
00:59:52se donne à voir.
00:59:54Une Italie qui perçoit
00:59:55dans les mesures du gouvernement
00:59:56un véritable risque
00:59:58pour la société.
01:00:04Parmi ses voix,
01:00:06le maire de Reggio Emilia,
01:00:08à quelques kilomètres de Bologne,
01:00:11alerte sur une dérive autoritaire.
01:00:14« Le risque,
01:00:15c'est que la démocratie
01:00:17soit remise en question.
01:00:19C'est d'avoir un chef seul aux commandes,
01:00:21sans contre-pouvoir.
01:00:23C'est aussi de perdre
01:00:25ce que notre constitution
01:00:26permet encore de préserver en Italie,
01:00:28et que les États-Unis,
01:00:30par exemple,
01:00:30semblent avoir perdu. »
01:00:37Georgia Meloni
01:00:39a compris très tôt
01:00:40que sa gouvernance
01:00:41faisait écho
01:00:41à celle de l'Amérique
01:00:42de Donald Trump,
01:00:44tant dans l'idéologie
01:00:45que dans les méthodes.
01:00:48Depuis des années,
01:00:50elle entretient précieusement
01:00:51cette relation
01:00:52et elle en récolte
01:00:54aujourd'hui les fruits.
01:00:55les déplacements
01:00:57à Washington
01:00:58se multiplient.
01:01:22son message à Trump,
01:01:23c'est « parle avec moi ».
01:01:25D'abord parce que je suis
01:01:26de ton bord politique,
01:01:27mais aussi parce que je peux
01:01:29être ton interlocutrice en Europe.
01:01:31Les autres ont des problèmes
01:01:32chez eux.
01:01:32Scholz n'a pas été reconduit
01:01:34comme chancelier,
01:01:35Starmer est en difficulté,
01:01:37il bataille avec des partis
01:01:38d'extrême droite,
01:01:39alors que moi,
01:01:40je suis d'une droite modérée
01:01:41qui s'est gouvernée.
01:01:42Avec moi,
01:01:43tu pourras entretenir
01:01:44des liens forts
01:01:44avec l'Europe.
01:01:47Face à Donald Trump,
01:01:49elle assume
01:01:50une proximité idéologique
01:01:51revendiquée.
01:01:53Un même récit,
01:01:54Lely,
01:01:55celui d'un Occident
01:01:57à restaurer.
01:01:59Elle veut incarner
01:02:00cette droite ultra-conservatrice
01:02:02compatible avec
01:02:03l'exercice du pouvoir
01:02:04en Europe.
01:02:05Et à la Maison-Blanche,
01:02:08Mélanie joue
01:02:09la bonne élève européenne.
01:02:31Dans une Europe fragilisée,
01:02:34Georgia Mélanie devient
01:02:35l'interlocutrice privilégiée
01:02:37de Washington.
01:02:39Elle reprend même
01:02:39les slogans de Trump.
01:02:41Et telle une équilibriste,
01:02:43elle s'impose
01:02:44au centre du jeu international.
01:02:48Aujourd'hui,
01:02:49on observe que
01:02:50les gouvernements britanniques,
01:02:52français ou allemands,
01:02:53sont beaucoup plus instables
01:02:55que le gouvernement italien.
01:02:57Alors même que l'Italie
01:02:58a toujours été
01:02:59le vilain petit canard européen
01:03:01en matière de stabilité.
01:03:03Cette réalité contribue
01:03:05à ce que Mélanie
01:03:06soit perçue
01:03:06comme une force stabilisatrice.
01:03:08est une force stabilisatrice.
01:03:10Georgia Mélanie aurait voulu
01:03:11être le pont
01:03:12entre l'administration américaine
01:03:14et la Commission européenne
01:03:15pour apparaître
01:03:16comme la leader européenne.
01:03:18Mais il y a eu
01:03:20des petits problèmes.
01:03:20Elle était très proche
01:03:21de Musk
01:03:22et Musk a été éliminé
01:03:23par Donald Trump.
01:03:25Elle est très proche
01:03:26idéologiquement
01:03:27de l'administration Trump
01:03:29et du vice-président Vance.
01:03:31Dieu, famille, patrie,
01:03:32c'est les mêmes valeurs.
01:03:33Mais en même temps,
01:03:33qu'est-ce que fait Trump ?
01:03:35Deux choses
01:03:35qu'elle ne peut pas accepter,
01:03:37même si elle ne le dit pas
01:03:39publiquement.
01:03:40Un, les droits de douane
01:03:41qui pénalisent fortement
01:03:42un pays comme l'Italie
01:03:43qui exporte beaucoup.
01:03:45Et deuxièmement,
01:03:46le fait que Trump
01:03:46veut démolir
01:03:47l'Union européenne.
01:03:48Or, elle ne veut pas
01:03:49démolir l'Union européenne.
01:03:50Elle veut s'emparer
01:03:52de l'Union européenne
01:03:52pour l'orienter
01:03:53vers d'autres choses.
01:03:55Une capacité d'influence
01:03:57sur l'Europe
01:03:58au service d'un projet.
01:04:00Celui d'une Europe
01:04:01des nations souveraines.
01:04:03Une légitimité
01:04:04qu'elle tire
01:04:05d'un atout rare en Italie.
01:04:07Une stabilité gouvernementale
01:04:10exceptionnelle.
01:04:11La stabilité des gouvernements.
01:04:13Vous savez que moi,
01:04:14ce gouvernement,
01:04:15avec deux ans,
01:04:17quelques mois,
01:04:18nous sommes déjà sestis
01:04:19entre les 68 gouvernements
01:04:22de la histoire républicaine.
01:04:23avec deux ans et peu plus.
01:04:26Que donne-t-il la stabilité ?
01:04:27Oui, il y a une stabilité
01:04:28parce que pour le moment,
01:04:30ils sont au pouvoir.
01:04:31L'opposition est divisée,
01:04:32incapable d'avoir
01:04:33un véritable leader,
01:04:34incapable d'avoir
01:04:35un programme alternatif
01:04:37à la droite.
01:04:38Donc la droite est au pouvoir,
01:04:39en tout cas jusqu'à la fin
01:04:40de cette législature.
01:04:44Mais Giorgia Meloni
01:04:45vise plus loin.
01:04:47Son ambition
01:04:47est plus vaste.
01:04:50Inscrire son pouvoir
01:04:51dans la durée.
01:04:52Pour cela,
01:04:53elle remet à l'agenda
01:04:55un vieux projet
01:04:56de réforme institutionnelle
01:04:57porté par la droite italienne.
01:04:59Le premier râteau.
01:05:02Un bouleversement
01:05:03qui permettrait
01:05:04l'élection directe
01:05:05du président du conseil
01:05:06et renforcerait
01:05:08considérablement
01:05:09ses pouvoirs.
01:05:13« La réforme du premier râteau
01:05:15est une réforme
01:05:16qui va procéder
01:05:17au Parlement.
01:05:17Nous sommes absolument
01:05:19déterminés
01:05:19à enlever
01:05:20avec les réformes. »
01:05:21Notre position,
01:05:22c'est que comme en France,
01:05:24aux Etats-Unis
01:05:25et dans d'autres pays,
01:05:27c'est au corps électoral,
01:05:28aux citoyens
01:05:29de décider
01:05:30qui doit gouverner.
01:05:32La réforme du premier râteau
01:05:34vise à faire élire
01:05:35le premier ministre
01:05:36directement par les citoyens.
01:05:39Pas par le président
01:05:40de la République
01:05:40qui doit rester un arbitre
01:05:42et à qui nous ne voulons pas
01:05:44retirer son pouvoir.
01:05:46D'où le nom
01:05:47de premier râteau.
01:05:50Les conséquences
01:05:51seraient majeures.
01:05:53Pour ces détracteurs,
01:05:55cette réforme
01:05:56menace
01:05:56l'équilibre démocratique.
01:06:01Les leaders populistes,
01:06:03comme Mussolini
01:06:04il y a un siècle,
01:06:06commencent leur carrière
01:06:07par une phase disruptive
01:06:09au moment de leur ascension,
01:06:12avec une polémique
01:06:13antiparlementaire.
01:06:15Le projet de réforme
01:06:17institutionnelle
01:06:17proposée par les partis
01:06:19actuellement au gouvernement
01:06:20prévoit un nouvel équilibre
01:06:22en faveur d'un premier ministre
01:06:23qui serait élu
01:06:24directement par le peuple
01:06:25et un parlement
01:06:27qui se retrouverait marginalisé.
01:06:31Elle n'arrivera pas
01:06:33à faire passer cette réforme
01:06:34par un vote
01:06:35des deux tiers du parlement
01:06:37comme c'est nécessaire
01:06:37au terme de la constitution.
01:06:39Ça veut dire
01:06:39qu'il y aura un référendum.
01:06:41Les Italiens choisiront.
01:06:42Est-ce qu'ils choisiront
01:06:43avant la fin de cette mandature
01:06:45ou après les élections
01:06:47à la fin de la mandature ?
01:06:48C'est une question.
01:06:51En Italie,
01:06:52elle consolide son pouvoir.
01:06:54À l'étranger,
01:06:56elle gagne en stature.
01:06:58Portée par une stabilité
01:07:00hors norme,
01:07:02sa popularité est inédite.
01:07:12On pourrait dire en français,
01:07:14elle voudrait toucher le ciel
01:07:15en devenant le premier président
01:07:17de la République en Italie.
01:07:19C'est ça son projet.
01:07:21Je suis sûr de ça.
01:07:23Elle veut être le président du Conseil
01:07:24avec le mandat le plus long,
01:07:26en menant à terme son quinquennat.
01:07:28Même Silvio Bernusconi
01:07:29n'y est pas parvenu.
01:07:31Ensuite,
01:07:32elle veut remporter
01:07:32les élections de 2027.
01:07:34Et il est tout à fait possible
01:07:35qu'elle y parvienne
01:07:36parce que l'opposition
01:07:37est très divisée
01:07:38et très fragile en Italie.
01:07:42Et deux ans plus tard,
01:07:43en 2029,
01:07:44je pense que son objectif
01:07:45sera de faire sauter
01:07:46le plafond de verre le plus haut,
01:07:48le plus résistant,
01:07:49le plus difficile,
01:07:51celui du Colle,
01:07:52comme on appelle chez nous
01:07:53le palais du Quirinal,
01:07:54et d'être présidente
01:07:55de la République.
01:07:56Pour nous,
01:07:57c'est une fonction très importante.
01:07:58C'est la seule figure
01:07:59que les Italiens reconnaissent pleinement.
01:08:01Le mandat dure 7 ans.
01:08:03Elle sait
01:08:04que si elle devient
01:08:05présidente de la République,
01:08:07elle entrera
01:08:07dans les livres d'histoire.
01:08:12Il ne faut jamais oublier
01:08:13qu'elle est jeune
01:08:13et qu'elle a encore
01:08:14beaucoup d'avenir politique
01:08:15devant elle.
01:08:17La droite a des accords.
01:08:20Matteo Salvini
01:08:21mène une petite guérilla
01:08:22permanente
01:08:22contre Giorgia Meloni,
01:08:24lui met des bâtons
01:08:25dans les roues,
01:08:25ou s'affichent
01:08:27proches des Russes.
01:08:28Mais la coalition
01:08:29ne rompera pas.
01:08:30Elle ne rompera pas.
01:08:32Chacun essaie
01:08:32de défendre
01:08:33son petit bout de gras,
01:08:34mais ils sont unis
01:08:35et ils sont unis
01:08:36derrière le leadership
01:08:37de Giorgia Meloni.
01:08:39Faites-vous une ragione.
01:08:41Siamo insieme
01:08:41da trent'anni
01:08:42e continueremo
01:08:43a stare insieme,
01:08:44continueremo
01:08:44a stare al governo.
01:08:46Non sbrégheremo
01:08:47questa occasione
01:08:48storica
01:08:48di dare a l'Italia
01:08:51quello di cui ha bisogno.
01:08:54La complexità Meloni
01:08:56è là.
01:08:57Una stabilità
01:08:59politica
01:08:59inedita,
01:09:01una credibilità
01:09:02finanziare
01:09:02e internationale
01:09:03retrouvée,
01:09:05ma pertene,
01:09:07una economia
01:09:07atone,
01:09:08po' di riforme
01:09:09di fond,
01:09:10di inégalità
01:09:11tenace,
01:09:12di droits fondamentali
01:09:14fragilisati
01:09:14e una volontà
01:09:16di concentrare
01:09:17sempre più di potere.
01:09:20La question
01:09:21resta quindi
01:09:21overta.
01:09:23Jusqu'o'irà-t-il?
01:09:25E più largemente,
01:09:28incarne-t-il
01:09:28il nuovo visaggio
01:09:29dell'Europa
01:09:30con una extrema
01:09:31droite banalisata
01:09:32e installata
01:09:32duramente
01:09:33al poder?
01:09:35A presto!
01:09:35A presto!
01:09:36A presto!
01:09:45A presto!
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