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  • il y a 7 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00La vérité, où est-elle dans l'affaire Patrick Bruel maintenant ?
00:03Les plaintes qui s'accumulent.
00:04Et alors, c'est ça qu'on va voir maintenant avec vous, Narji Sajji.
00:07C'est-à-dire que le chanteur se trouve sous pression.
00:10Pression après l'annulation de trois concerts au Québec.
00:13Maintenant, il y a des politiques qui s'en mêlent.
00:15Absolument, et notamment les maires des villes dans lesquelles sa tournée va passer.
00:19Il lancera sa tournée le 16 juin prochain,
00:22donc en Suisse, au Canada, en Belgique et surtout en France.
00:25Le 30 octobre 2026, il devrait passer par Marseille.
00:28Mais voilà, visiblement, Patrick Bruel n'est plus le bienvenu dans la cité fosséenne.
00:32Benoît Payan, le maire, appelle aujourd'hui le chanteur à renoncer à ses concerts dans la cité fosséenne.
00:37Le maire de Nancy, aujourd'hui également, demande aux organisateurs de suspendre la tournée de l'artiste
00:42et même son cloche du côté de la capitale,
00:44où le concert au Zénith de Paris le 8 octobre prochain,
00:48c'est le concert que justifie, eh bien, il est complet.
00:51Et justement, Emmanuel Grégoire a lancé un appel. Écoutez.
00:55Face à la multiplication des témoignages,
00:59je crois que, oui, il devrait faire une parenthèse dans sa carrière
01:02le temps que la justice soit rendue.
01:04On ne peut pas avoir une telle multiplication des affaires sans que ça...
01:07S'il ne le fait pas, vous demanderez au préfet que ce n'en ait pas lieu ?
01:11Non, je ne demanderai pas au préfet que ce soit,
01:12puisque c'est un sujet dont je suis très clair dans le fait
01:15que je pense qu'il doit les annuler lui-même, oui.
01:17Les maires ne sont pas les seuls politiques à s'exprimer sur l'affaire Bruel.
01:21La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivé,
01:23a été interrogée ce matin à ce sujet,
01:26au sujet des plaintes pour viol et des agressions sexuelles contre le chanteur.
01:29Et pour la présidente de l'Assemblée nationale,
01:32eh bien, c'est désormais au chanteur de prendre la décision
01:34de poursuivre ou non sa tournée.
01:36C'est à lui de le décider, évidemment.
01:39Mais en tout cas, moi, à titre personnel,
01:42il est évident que je n'irai pas assister à tel ou tel concert.
01:47Il faut aussi quand même laisser la justice faire son travail.
01:50Moi, j'ai vraiment, dans ces cas-là,
01:52c'est aussi l'avocate qui parle.
01:54Il faut écouter vraiment profondément les victimes.
01:57Hier, c'est la porte-parole du gouvernement qui a pris la parole, justement.
02:01Maude Bréjon a eu des mots, d'abord pour les victimes présumées.
02:03Elle appelle les femmes à parler, même des dizaines d'années après.
02:07Et elle ajoute ces mots, je les écoute.
02:08Et c'est ensuite à la justice de retracer la véracité des faits.
02:12Elle ajoute qu'elle n'ira pas avoir joué Patrick Bruel,
02:15même s'il est libre de continuer à se produire.
02:18Voilà pour les politiques.
02:19Alors qu'en pensent les fans ?
02:21Le chanteur comédien se produit actuellement au théâtre Édouard VII, à Paris.
02:25Et c'est justement devant ce théâtre que nous leur avons posé la question.
02:28C'est condamné déjà, alors que la justice n'a pas rendu son verdict.
02:33Mais encore une fois, c'est vrai qu'on se pose des questions.
02:35Je trouve que le Canada se réagit, ça c'est un petit peu prématuré d'annuler ses dates,
02:40sachant qu'il n'a même pas été, je crois, entendu.
02:45Donc on est très loin d'une décision de justice pour l'instant.
02:49Merci Nargis Adji.
02:50Steven Bellery, il n'a pas d'autre choix le maire de Paris, M. Emmanuel Grégoire ?
02:54Juridiquement aucun.
02:55Que de faire pression comme ça ?
02:57D'ailleurs, vous remarquez qu'il ne parle que de la date du Zénith de Paris,
03:01parce qu'en fait, le Zénith de Paris appartient à un établissement public qui gère la Villette notamment.
03:05Et donc, c'est plus ou moins Paris qui est en jeu pour les dates au Cirque d'Hiver.
03:10Oui, parce que Paris pourrait faire le Cirque d'Hiver en juin.
03:11Voilà, au mois de juin, c'est une salle privée.
03:13Les proches des Bouglionnes m'ont dit qu'on lui a loué la salle.
03:16Nous, ils respectent les conditions en général.
03:18On n'a aucun levier de pression pour qu'il puisse annuler cette salle.
03:21C'est impossible.
03:22Pour les festivals d'été, c'est encore plus complexe.
03:24Les festivals d'été ont souvent déjà versé un accompte à Patrick Bruel.
03:27Il aura la fin de son chèque après le concert.
03:30C'est comme ça que ça marche.
03:31Vous imaginez, l'économie des festivals est extrêmement friable.
03:34Ils ne vont pas annuler un concert de Patrick Bruel, ne jamais revoir leur accompte.
03:38C'est extrêmement compliqué.
03:39La tâche est très complexe pour tout le monde.
03:41On voit toutes les dates de la tournée.
03:42Puis on voit qu'au Québec, là, ça y est, ça a été annulé.
03:44Alors, au Québec, moi, j'ai eu une hypothèse.
03:45Mais l'entreprise qui gère la communication de la salle met en avant le fait qu'il ne peut pas
03:50communiquer.
03:51Il ne peut pas répondre à des interviews autour de cette date.
03:53Je pense que, juridiquement, il y avait dans le contrat, peut-être, qui le liait à cette date au Québec,
03:58une obligation de promotion et qui joue sur cette brèche.
04:01C'est ce qu'ils avancent, mais c'est la seule possibilité que j'ai pour analyser cette annulation au
04:06Québec.
04:06En France, pour le moment, il n'y a que les villes qui veulent pousser Patrick Bruel à annuler ses
04:10concerts.
04:11Et je le rappelle, il est son propre producteur.
04:13Donc, il gère sa tournée comme il l'entend.
04:16On ne peut pas faire pression sur une équipe de production.
04:19– Barbara Gomez, bonsoir.
04:21Vous êtes adjointe communiste au maire de Paris.
04:24Le maire de Paris qui dit, donc, il souhaiterait que Patrick Bruel annule son concert au Zénith.
04:30Et il va même plus loin.
04:31Il voudrait que le chanteur mette sa carrière entre parenthèses.
04:35Est-ce que c'est le rôle, pardon, d'un responsable politique de se mêler d'une affaire judiciaire
04:40qui vient tout juste de démarrer ?
04:42– Alors, d'abord, pour commencer, je veux m'adresser aux victimes,
04:46en tout cas aux 38 personnes, aux 38 femmes qui ont témoigné des violences qu'elles auraient subies
04:52de la part de Patrick Bruel.
04:54Je voudrais exprimer ma solidarité, ma sororité à elles
04:57et, soit dit en passant, aux 300 000 autres femmes qui sont victimes chaque année dans notre pays
05:02de violences sexistes et sexuelles.
05:05Alors, quand on a ce chiffre en tête, quand on sait l'ampleur et l'enjeu de ce sujet,
05:11je pense que oui, c'est le rôle du politique de prendre la parole.
05:14– Oui, mais ce n'est pas ma question.
05:15Est-ce que c'est le rôle du politique de dire à un chanteur
05:18« tu ne fais pas ce concert et tu mets ta carrière entre parenthèses » ?
05:21– Je vous rejoins peut-être sur un point, c'est que ça devrait être à Patrick Bruel lui-même
05:24de se dire que le minimum de décence à avoir face à 38 accusations d'une telle gravité,
05:30c'est peut-être de se mettre en retrait de la vie publique.
05:34avec le temps au moins que la lumière soit faite.
05:38– Il a répondu qu'il n'était ni un violeur, ni un agresseur,
05:40qu'il n'avait jamais abusé, et il est présumé innocent.
05:43– Combien de témoignages de femmes faudra-t-il pour que l'on mette en question…
05:46– Ce n'est pas le nombre qui fait la culpabilité.
05:48– Mais je vous pose la question.
05:49– En droit.
05:50– Combien, ça fait quand même un vaisseau d'indices assez important,
05:56mais au-delà de ça, je rappelle qu'il y a le temps du droit,
06:00et puis il y a la décence.
06:01Et là, on est sur le sujet de la décence.
06:04– Je vais me permettre, si vous me permettez,
06:07je vais juste vous lire ceci, qui a un extrait,
06:09je vous rassure, j'ai pris le plus soft,
06:11un extrait des témoignages, pour le coup, qui ont été recueillis.
06:15J'ouvre les yeux, il est en train de remettre
06:17et de reboutonner son pantalon sur le lit,
06:19et il me dit, bon allez, il est l'heure que je te ramène,
06:22je ne comprends pas ce qui m'arrive, je suis incapable de réagir.
06:26– Des témoignages comme ceux-là, et c'est la version, vous le savez,
06:31vous le savez ici, ce n'est pas le pire des témoignages que l'on connaît,
06:36il y en a des dizaines et des dizaines.
06:39Face à ce genre de choses, quand même, le minimum,
06:42c'est de prendre du recul, et il aurait dû le faire de lui-même.
06:44– Alors, Maître Lévy, c'est vrai que c'est assez étonnant
06:47de voir autant de responsables politiques, et pas seulement Emmanuel Grégoire,
06:50mais aussi Elbron Pivet, Maude Bréjon,
06:52intervenir dans une affaire judiciaire,
06:54ils ne connaissent pas le dossier, d'ailleurs,
06:56le dossier vient tout juste, et on va en voir avec Paul Conge,
06:59ça vient tout juste de démarrer,
07:00il n'a pas été auditionné lui-même, Patrick Brouel,
07:02les victimes vont l'être aussi, les accusatrices,
07:07quelle est votre réaction par rapport à ça ?
07:08Vous dites que ça parle en tous les sens.
07:11– Elle sera une réaction de juriste pur,
07:14j'entends le maire de Paris et la présidente de l'Assemblée nationale
07:17prendre le principe, pardon, de la séparation des pouvoirs
07:21et en faire des confettis.
07:23Bon, donc vous avez l'exécutif qui vient donner son avis
07:26sur le judiciaire, qui n'a a priori pas encore démarré,
07:31Patrick Brouel n'est pas mis en examen,
07:33il n'est pas placé sous contrôle judiciaire,
07:35il n'est a priori pas convoqué,
07:37pour l'instant, il le sera très probablement demain,
07:40mais la justice n'a pas véritablement commencé.
07:42– Il y a un emballement là ?
07:43– Et déjà, vous avez la présidente de l'Assemblée nationale,
07:46qui donne son avis à titre personnel et qui dit
07:49« je n'irai pas le voir ».
07:50On a le maire de Paris, c'est quand même pas rien,
07:53qui dit « si je voulais, j'appuierais sur le bouton du préfet
07:57pour faire interdire son spectacle,
07:59je pense qu'il aurait mieux fait de rester dans son rôle
08:02et de dire « je ne commande pas une affaire judiciaire,
08:05d'autant plus qu'elle est au stade des investigations.
08:08et je laisse celui qui la pilote, c'est-à-dire le procureur,
08:12en faire ce qu'il a fait. »
08:15– Je crois qu'ils sont sortis un peu de leur rôle, un peu trop.
08:17– Votre avis, pourquoi ?
08:18– Mais c'est la tendance, parce que c'est la tendance sociologique
08:22et qu'aujourd'hui, parce qu'on est sur vos plateaux,
08:25parce que, mais oui, mais sociologique,
08:27parce qu'aujourd'hui tout le monde donne son avis sur tout,
08:29sans avoir connaissance du dossier,
08:31et parce qu'il faut avoir un bon mot,
08:33et parce qu'il faut avoir une opinion,
08:34et que là, elle est juridiquement très maladroite.
08:40– Je suis sidérée, en fait.
08:42Je suis sidérée qu'encore aujourd'hui, en 2026,
08:44il y ait ce genre de propos qui soit tenu.
08:46Vous parlez de ça comme un vulgaire fait divers.
08:49On parle de violences systémiques.
08:51On parle du fait que dans notre société,
08:55je vous ai donné des chiffres absolument vertigineux
08:57sur les violences faites aux femmes,
08:59sur le nombre de femmes qui sont violées dans notre pays.
09:01Justement, ça, c'est le symptôme
09:03de ce qui ne va pas dans notre pays.
09:05On ne parle pas juste d'un phénomène mineur.
09:09– Madame, pourquoi ne laissez pas l'affaire faire son travail ?
09:11– Écoutez, monsieur, vraiment.
09:13Je suis en train de vous dire que ce que moi, j'entends ici,
09:16c'est que ce que vivent les femmes, on s'en fiche.
09:18Et qu'on ne prend pas ça, justement, à l'auteur.
09:20Le rôle du politique, le rôle du politique.
09:22– Vous portez une accusation, vous portez une accusation.
09:24– C'est pas du tout ça.
09:25– On se fiche des femmes dans ce pays.
09:27C'est ça que je dis.
09:29La façon dont cette affaire est traitée est symptomatique.
09:32– D'ailleurs, on parle de violences sexistes et sexuelles,
09:34mais c'est de manière générale, en fait,
09:35que les femmes sont sous-considérées.
09:38– La preuve que non, puisqu'il y a des plaintes,
09:41que le parquet s'en saisit,
09:43que la procureure en a parlé.
09:44– Et précisément, ce qu'on demande, c'est précisément,
09:46dans n'importe quelle affaire,
09:49il y a justement,
09:51et je le répète,
09:52le temps judiciaire,
09:53et on verra ce que dira la justice.
09:57– Et la séparation des pouvoirs ?
09:58– Par ailleurs, je suis désolée,
10:00mais par ailleurs, je suis juriste de formation,
10:02je ne vois pas que je viens faire la séparation des pouvoirs,
10:04on n'est pas en train, par ailleurs,
10:05de juger par avance un homme,
10:07on est en train de dire que face à des accusations
10:10qui sont aussi graves,
10:12avec autant de victimes,
10:13dans un contexte qui est aussi délicat que celui-ci,
10:16il y a une attitude à avoir,
10:18quand on a ce degré de notoriété,
10:20quand on est un personnage public
10:22qu'est M. Bruel,
10:24de prendre de la distance.
10:25– C'est ça pour tout le monde ?
10:26– Parce qu'il y a une forme de gravité à avoir.
10:27– Je défends un certain nombre de femmes victimes
10:31devant des cours d'assises,
10:32et j'ai l'habitude de rappeler à un président de cours d'assises
10:36que quand la morale rentre dans une salle d'audience,
10:39le droit en sort.
10:41Et vous connaissez cette phrase aussi bien que moi.
10:44Alors, loin de moi l'idée d'avoir bafoué
10:48la douleur des femmes qui ont été agressées,
10:50dont vous avez rappelé le nombre,
10:52et je les respecte trop pour ça.
10:54Mais si vous avez entendu dans mon propos
10:56le moindre propos calomnieux à l'égard des femmes,
10:59c'est que vous ne m'avez pas écouté.
11:01Je dis qu'il y a une règle de droit.
11:03Et si la séparation des pouvoirs…
11:05– Mais monsieur, pourquoi vous parlez de droit,
11:07alors que moi je ne vous parle pas de droit ?
11:08– Moi, on m'a invité pour…
11:10– Il y a un deuxième…
11:11– Et bien moi, je suis maître de conférence en droit,
11:13donc on ne sait pas le sujet.
11:14– Alors, on peut parler de droit, alors.
11:15– En fait, monsieur, il ne s'agit pas d'avoir
11:17un débat juridique, monsieur.
11:18– Je pense que vous me rejoindrez là-dessus.
11:20– Vous êtes sur la morale.
11:20– Je veux dire que la présidente de l'Assemblée nationale
11:25représente le pouvoir exécutif ou législatif,
11:27vous n'allez pas me contredire là-dessus.
11:28Et il y a une enquête en cours
11:31qui est à la main du pouvoir judiciaire.
11:33Et bien ça me gêne un peu
11:34que les deux se rencontrent à ce niveau-là,
11:38à ce niveau-là,
11:40qui est quand même très très tôt dans l'enquête.
11:43Voilà.
11:43– Voilà, si ça ne vous gêne pas,
11:45tant mieux, on n'a pas la même exception du droit.
11:47Je dis que la présidente de l'Assemblée nationale
11:49n'a pas son mot à dire sur une enquête en cours.
11:51– Bon, je pense qu'elle ne le fait pas.
11:52– Et si demain,
11:54toutes les dénonciations qui sont faites
11:56à l'égard de Bruel ou de Dupont ou de Durand
11:59sont classées comme calomnieuses,
12:02vos propos seront ridicules.
12:04Et si demain, il est condamné à 20 ans pour viol,
12:08et bien le juge l'aura dit,
12:10la cour d'assises l'aura dit
12:11et on respectera cette décision de justice.
12:14Je dis simplement qu'on n'est ni au tribunal ici,
12:18ni à l'Assemblée nationale
12:19et encore moins à la mairie de Paris.
12:21– Je pense qu'il y a un déplacement du sujet
12:22et ça montre bien, en fait,
12:25on en revient à la même chose,
12:26le mépris plus ou moins conscient,
12:28plus ou moins intégré,
12:30que l'on a collectivement en tant que sociétés
12:32à l'égard des violences qui sont faites aux femmes.
12:34Parce que donner, en fait,
12:38c'est pas fou de dire
12:40« Personnellement, je ne vais pas à un concert,
12:42excusez-moi, c'est pas la chose la plus... »
12:45Ça ne s'appelle pas « s'immiscer dans une affaire juridique »
12:48et par ailleurs,
12:49je pense par ailleurs que vous le savez pertinemment,
12:53mais c'est une façon de défendre votre point de vue très bien.
12:56Moi, ce que je dis aujourd'hui,
12:57c'est comment on réagit lorsqu'il y a des accusations aussi graves.
13:00Et une fois encore...
13:01– Est-ce que la mairie de Paris est bien placée ?
13:03– Pourquoi vous dites ça, monsieur ?
13:04– Parce que vous êtes en ce moment éclaboussé par un scandale
13:06de violence sexuelle sur les enfants dans le périscolaire.
13:09Est-ce qu'Emmanuel Grégoire est le mieux placé pour faire la leçon ?
13:12Pardon à Patrick Bourrel.
13:13– Vous savez...
13:14– Parce qu'Emmanuel Grégoire était en poste au moment des faits
13:17qui sont dénoncés.
13:18– D'accord, bon, je vais vous répondre.
13:18– La majorité est la même,
13:20elle a été reconduite en grande partie.
13:22Donc est-ce que vous êtes bien placée ?
13:24Parce que dans ce cas-là, on pourrait demander la démission aussi
13:26d'Emmanuel Grégoire et de ceux qui l'entourent.
13:28– Alors, bon, la première des choses là-dessus,
13:32vous savez, moi, je suis maman d'un petit garçon.
13:33– Oui, mais on est tous père, mère...
13:35– Ce qui se passe en ce moment est tragique.
13:37Je ne peux même pas imaginer, je ne peux pas imaginer un seul instant
13:40ce que vivent les familles.
13:42Et je vous le dis, le scandale du périscolaire à Paris,
13:45c'est le scandale du périscolaire en réalité dans toute la France et ailleurs.
13:48– Alors, parce qu'on a des familles de violence et on a des autres faits,
13:50et par ailleurs, et laissez-moi terminer, s'il vous plaît, là-dessus,
13:54justement, quelle a été la première réaction d'Emmanuel Grégoire ?
13:57La première réaction d'Emmanuel Grégoire,
13:59au-delà du fait que la ville a décidé de rendre ses affaires publiques,
14:02et c'est pour ça qu'on en parle,
14:03mais malheureusement, ce phénomène, ce phénomène,
14:06il court partout en France, et c'est terrible.
14:09La ville de Paris, première décision que nous avons prise,
14:12c'est de mettre 20 millions d'euros sur la table
14:14pour enrayer ce phénomène.
14:16– Combien l'État a mis, lui, de son côté,
14:20et surtout, puisque vous faites une comparaison,
14:23que je trouve quand même un peu hasardeuse,
14:25– Ah bon ?
14:25– Puisque vous faites une comparaison,
14:27combien l'État…
14:27– C'est des hiérarchies ?
14:28– Combien, manifestement, vous en faites.
14:30– Non, non, moi je vous renvoie à une autre affaire qui vous concerne.
14:33– Combien l'État met pour ces questions,
14:36et pour ce qui nous renie aujourd'hui,
14:39c'est-à-dire lutter contre les violences sexistes et sexuelles,
14:41si vous ne savez pas, je vous le dis,
14:43les féministes, les associations féministes demandent 3 milliards d'euros
14:46pour essayer de régler le problème.
14:48Nous avons aujourd'hui à peu près 580 millions
14:52qui est mis sur la table,
14:54ça veut dire même pas 0,1% du budget,
14:57donc rien.
14:59Donc pendant que certains mettent en place des politiques concrètes
15:02pour enrayer et éradiquer des problèmes,
15:05d'autres en fait ne cherchent pas de solution.
15:06– Monsieur Paul Conge, où on en est dans l'affaire Bruel,
15:09là maintenant, au niveau des plaintes, des témoignages ?
15:12– Il faut faire un petit peu l'arithmétique,
15:13mais à date, vous avez une douzaine de plaintes
15:15qui ont été déposées contre Patrick Bruel,
15:18qui sont entre les mains de la justice,
15:20il s'agit de plaintes pour viol, tentatives de viol,
15:22ou agressions sexuelles.
15:23Ces femmes dénoncent donc des faits commis entre 1991 et 2019,
15:27étalées sur près de 30 ans.
15:28Donc parmi ces 12 plaintes, ce qu'il faut comprendre,
15:29c'est qu'il y en a 7 qui sont récentes,
15:31il y a celle de Flavie Flamand le 13 mai,
15:34celle de Daniela Elstner, la directrice d'UniFrance en mars,
15:37il y a aussi une masseuse, une journaliste culturelle,
15:39une ancienne mannequin.
15:41Et vu le nombre, le parquet de Nanterre qui regroupe ces plaintes
15:43a aussi rouvert ses archives judiciaires
15:46et a ressorti des plaintes qui avaient été classées.
15:48Sans suite, celle d'une chanteuse par exemple
15:50qui accuse Patrick Bruel de viol en 2015,
15:52c'était classé, c'est maintenant rouvert.
15:54Et Nanterre a aussi rouvert une autre procédure,
15:56la procédure dite des masseuses,
15:586 femmes qui dénonçaient des gestes déplacés
16:00lors de massages pratiqués sur Patrick Bruel
16:02de l'accusé de viol aussi à cette époque.
16:04C'était en 2019, ça avait été classé fin 2020,
16:07les avocats dénonçaient des manques d'investigation.
16:10Deux des plaignantes ont récemment redéposé plainte
16:12et donc avec tous ces dossiers rouverts,
16:14ça fait donc une douzaine de plaintes étudiées en ce moment,
16:15mais c'est pas terminé parce que plusieurs des avocates
16:18qui interviennent dans ce dossier l'ont déjà annoncé,
16:20donc d'autres femmes vont déposer plainte contre Patrick Bruel.
16:23Une trentaine ont déjà témoigné dans la presse.
16:25Il y a la question de la prescription notamment
16:27concernant les accusations de Flavie Flamand,
16:30mais on a l'impression que c'est prescrit
16:32parce que ça remonte à une trentaine d'années,
16:33mais c'est pas si simple que ça,
16:35parce que la loi a changé.
16:36C'est pas si simple que ça en effet,
16:37parce que beaucoup de faits sont anciens,
16:39en 1991 pour Flavie Flamand,
16:411999 pour Daniela Elsner,
16:43mais il y a aussi des faits plus récents,
16:44une plainte pour viol en 2015 par exemple.
16:46Alors qu'est-ce qui est prescrit ?
16:47Un crime sexuel, un viol sur mineurs,
16:50c'est prescrit au bout de 30 ans.
16:51Un viol sur majeur au bout d'une vingtaine d'années,
16:53agression sexuelle au bout de 6 ans.
16:54A première vue, ça paraît prescrit,
16:56mais en fait, in fine,
16:57ce seront les magistrats instructeurs
16:58qui trancheront cette question,
16:59parce que déjà, ils peuvent enquêter sur des faits,
17:01même s'ils sont prescrits.
17:02Il peut y avoir des mécanismes d'interruption de prescription,
17:05voire de prescription glissante.
17:07Ça existe depuis une loi de 2021,
17:10juste pour illustrer un individu,
17:11en fait, qui commet plusieurs viols sur mineurs.
17:13Je précise sur mineurs dans le temps,
17:15des viols en série.
17:16Donc, il est possible,
17:17dans certaines conditions,
17:18de reporter cette prescription en cascade.
17:21Par exemple, si un viol commis en 2000,
17:23un autre en 2010,
17:23un autre en 2022,
17:24eh bien, ça fait démarrer la prescription au crime le plus récent,
17:27si les modes opératoires sont similaires.
17:29Dans le cas de Flavie Flamand,
17:30qui est la seule mineure identifiée à ce stade,
17:32qui a déposé plainte contre,
17:33enfin, pour des faits commis d'articiteur,
17:34lorsqu'elle était mineure,
17:35pour la lever,
17:36il faudrait qu'une autre femme mineure dépose plainte
17:37contre Patrick Bruel,
17:38pour faire appliquer cette prescription glissante.
17:41Parmi les témoignages et les personnalités
17:44qui viennent de prendre la parole,
17:45il y a aussi la chanteuse et actrice Lio,
17:48qui, ce soir,
17:50se confie à nos confrères de La Dépêche,
17:52et elle dit,
17:53on le sait depuis des années,
17:54Patrick Bruel,
17:55qu'il aille se faire soigner.
17:57Voilà ce qu'elle dit.
17:58Elle balance donc sur le chanteur,
18:00et avant la venue,
18:02elle sera à Toulouse pour la tourner
18:04les années 80.
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