- il y a 7 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Le signé Consigny, le signé Consigny avec Charles Consigny, bonsoir Charles, face à vous ce soir Guillaume Durand, bonsoir Guillaume, on va revenir sur ce qui se passe en commission d'enquête, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, je veux bien sûr parler de la commission d'enquête parlementaire, elle dure depuis un mois maintenant, c'est pas terminé, ça dure trois mois je crois en tout, et la question est de savoir si on est en train d'instruire le procès de la télé et de la radio publique.
00:27Écoutez cet échange entre le journaliste Patrick Cohen du service public et le rapporteur très présent, très actif de cette commission d'enquête, le député Charles Aloncle.
00:38Monsieur le rapporteur, vous me parlez d'un constat de huissier, je suppose que vous l'avez consulté ou vous en disposez ?
00:45Monsieur Cohen, je vous pose des questions, je me permets de vous demander de me répondre, je répondrai à votre question mais n'inversons pas les rôles, cette fois-ci devant la représentation nationale,
01:00vous n'êtes pas le journaliste éditorialiste qui a interrogé les invités politiques, vous êtes là devant les français pour répondre aux questions des représentants du peuple.
01:08C'est une commission d'enquête ou c'est un procès ?
01:11Non mais moi je me félicite que les députés aient un peu de pouvoir dans ce pays, on reste une démocratie, encore heureux qu'ils puissent avoir le droit d'enquêter sur ce qui intéresse tous les français
01:28puisque l'audiovisuel public c'est un bien commun et je dois dire 4,5 milliards d'euros de budget dont 80% viennent de financement public.
01:37Et je dois dire que je suis un peu surpris même si j'ai cru comprendre quand même que le ton global restait courtois, là c'est un petit peu plus musclé avec Patrick Cohen
01:47parce qu'il a été ciblé notamment par cette vidéo du magazine l'incorrecte, mais par exemple j'ai regardé l'audition de Delphine Ernaut, ça reste je trouve respectueux de part et d'autre, on s'explique,
02:01je trouve que ce n'est pas non plus l'inquisition et globalement si vous voulez j'ai l'impression qu'il y a une certaine gauche caviar qui n'est pas contente qu'on vienne fouiner dans ses affaires
02:15et qui aimerait bien que ces fâcheux députés de la droite de la droite restent à leur banc d'hommes politiques caricaturés à longueur d'éditos sur France Inter.
02:28Ben non, ça ce n'est pas une démocratie cette vision-là et donc je pense que cette commission soulève un certain nombre de lièvres
02:36et que, somme toute, c'est de bonne administration que de regarder ce qui se passe dans une institution qui, ma foi, gère effectivement un budget très important.
02:45Donc Guillaume Durand, la France Télévisions, c'est la gauche caviar.
02:48Alors je dirais que Charles a raison, mais en même temps le fond du problème, et moi je n'ai pas appris grand-chose de ce point de vue-là, c'est où passe l'argent ?
02:57Car en fait, dans une chaîne de télévision, et surtout dans une chaîne de télévision publique, quand j'y étais, le grand slogan, c'était informer, éduquer et distraire.
03:07Là, quand Mme Mernotte est arrivée, ça a changé. Elle a dit au fond, je ne veux pas représenter le monde tel qu'il est, mais tel qu'il devrait être.
03:14Donc on est passé d'une sorte de slogan républicain à quelque chose qui ressemblait plus à changer la vie de François Mitterrand.
03:21Point numéro un. Donc dans ces conditions-là, si c'est son idée à elle, à qui elle a confié la fabrication des programmes pour leur diffusion ?
03:30Combien ça a coûté ? Quelles sont les clauses d'audience qui ont été données aux uns ou aux autres ?
03:36Est-ce qu'il existe même des clauses d'audience ? Moi je n'ai pas entendu parler de ça.
03:39Souvenez-vous les animateurs producteurs à l'époque d'El Cabache.
03:42Jean-Pierre voulait à l'époque engager, disons, les jeunes les plus brillants de la télévision pour laisser une nouvelle génération affleurer.
03:50Et il a dépensé des fortunes pour ça. C'est-à-dire que c'est la génération de la rue qui est arrivée au pouvoir en faisant énormément d'audience,
03:58mais en coûtant aux contribuables une fortune.
04:00Et en s'enrichissant eux-mêmes.
04:02En s'enrichissant considérablement. Et le scandale a explosé et c'était tout à fait normal.
04:08Les voleurs de patates, c'est ainsi que les désignaient les guignols de l'info.
04:12Ce que pointe Charles, c'est l'aspect idéologique de la bataille entre le rapporteur et Patrick Cohen.
04:23Mais fondamentalement, la question c'est de savoir qui encaisse tout cet argent, qui sont les producteurs qui ont été choisis.
04:29Des sociétés privées. On le sait ça.
04:31Oui, mais vous savez très bien, Olivier, que les sociétés privées, il y en a 50 sur Paris.
04:36Et à partir du moment où vous avez comme mantra une sorte de philosophie de la présidente et de son directeur général qui vient d'Evers,
04:45à qui on donne ces programmes ?
04:46C'est le numéro 2 et qui était le collaborateur de Cécile Duflo.
04:51Voilà. À qui donne-t-on ces programmes et avec quelle mission ?
04:54Car d'après ce qu'on voit aujourd'hui à la télévision et que vous avez évoqué tout à l'heure,
05:00on a donné à l'époque de Jean-Pierre Elkabach des programmes à des gens qui étaient des superstars
05:04et on leur a fait faire fortune à leur boîte, donc à eux.
05:07Là, il ne s'agit pas forcément générien contre Thomas Négarov et des gens qui travaillent comme ça,
05:13mais ils ne sont pas les superstars de la télévision.
05:15Non, ils ne sont pas forcément producteurs d'ailleurs.
05:17Ils ne sont pas forcément producteurs.
05:18D'ailleurs, Patrick Cohen n'est pas producteur.
05:20Donc, si vous voulez, il y a toute une opacité qui continue à régner sur un acquis d'on donne,
05:25pour faire quoi et quelles sont les choses d'audience.
05:27Et dernier point, parce qu'il faut être précis,
05:31quand j'étais moi à France Télévision pendant plusieurs présidences,
05:36les présidences étaient politiquement équilibrées.
05:40C'est-à-dire que vous aviez par exemple Marc Tessier qui était plutôt un homme de gauche venant de Canal.
05:43Après, vous aviez Michel Cotta qui était plutôt à gauche, bien que ce soit une grande journaliste.
05:48Et vous aviez aussi Christopher Baldelli qui était directeur général,
05:51qui avait été l'un des collaborateurs de Nicolas Sarkozy.
05:55Donc, on n'avait pas cette idée que dénonce à raison Charles,
06:00qui est une idée univoque de la télévision.
06:03Vous aviez des gens qui venaient de partout.
06:05Il y avait même des enfants du rock comme Bigot.
06:07– Mais les dirigeants du service public se défendent d'être à gauche.
06:12Ils disent qu'ils essayent de parler à tout le monde, de donner la parole à tout le monde.
06:15– Non, mais vous parlez de Sylvain Gomez, vous ne pouvez pas dire qu'il n'est pas à gauche.
06:18– Oui, mais dans les programmes.
06:20– Dans l'interview citée par Guillaume Durand sur le monde tel qu'il devrait être, etc.,
06:26on voit bien que Delphine Ernotte, qui est, je pense moi, une femme de bonne qualité par ailleurs,
06:30je pense qu'elle est professionnelle.
06:31– D'ailleurs, elle a dit que la question de la neutralité se posait.
06:34– Je pense qu'elle est professionnelle, intelligente et compétente,
06:37mais je pense aussi qu'elle est woke et qu'elle se sentit un peu investie d'une mission woke.
06:44Et ça, malheureusement, c'est en décalage avec ce qu'on attend du service public.
06:49Mais moi, par ailleurs, je pense qu'il y a des abus,
06:51moi je suis plus basique que ce que vous dites,
06:54je pense qu'il y a des abus comptables.
06:57C'est-à-dire, je pense que le nombre de cadres qui gagnent plus de 200 000 euros annuels,
07:02pour moi, ça n'est pas possible.
07:04– C'est le deuxième grand taxe.
07:05– Que Mme Ernotte soit rémunérée 400 000 euros par an,
07:08je suis désolé, mais ça n'est pas possible.
07:10Que Élise Lucet soit payée 25 000 euros par mois pour faire cash investigation,
07:15je suis désolé, mais ça ne me paraît pas normal sur le service public.
07:19Je veux dire, on attend de ces gens,
07:21et surtout de gens qui sont très donneurs de leçons comme Élise Lucet,
07:24une certaine sobriété.
07:26– À partir de quel montant on peut donner de leçons ?
07:28– J'en sais rien, moi je pense que gagner plus de 10 000, 15 000 euros
07:33dans le secteur public, ça me paraît quand même déjà beaucoup,
07:37c'est des gens qui sont mieux rémunérés que le président de la République quand même.
07:40– Mais ça, on l'a appris.
07:42– Non, on ne l'a pas appris, parce qu'on le savait.
07:45Vous savez, moi je me souviens d'avoir eu un échange avec Michel Drucker
07:51sur un plateau télévision qui expliquait qu'en fin de saison,
07:55il était très anxieux à l'idée de ne pas être reconduit,
07:58que Mme Ernotte l'a convoqué pour un déjeuner,
08:01et qu'il a été très rassuré sur sa reconduction
08:04quand il a appris que le lieu du déjeuner était l'hôtel Georges V à Paris,
08:09qui est un des restaurants les plus chers de Paris.
08:11Il le raconte dans son livre.
08:12Moi je suis désolé, les Français n'ont pas à payer le déjeuner au Georges V
08:16d'un dirigeant du service public et de Michel Drucker.
08:19Je pense qu'il y a d'autres établissements pour déjeuner.
08:23Donc voilà, ça c'est en fait une espèce de glissade,
08:26c'est comme les 14 semaines de congés payés par an à la radio publique.
08:31Oui mais non, les Français, ils ont 5 semaines de congés payés par an.
08:34Donc je pense que tout n'est pas jeté dans le service public.
08:38– Il y a un laisser faire.
08:39– Moi je ne veux pas les accabler, etc.
08:41Je pense qu'il y a des programmes de bonne qualité,
08:43notamment France Culture par exemple, je trouve que c'est exceptionnel.
08:47Il y a beaucoup de choses de bonne qualité.
08:49Il y a beaucoup de documentaires, etc. de France 2 qui sont de très grande qualité.
08:54Mais je crains qu'on soit face à une espèce de chapelle,
08:58de citadelle de la gauche caviar.
09:01Et effectivement elle est en train de s'écrouler sous les coups de ce jeune député.
09:06Et je pense que c'est plutôt dans l'intérêt des Français
09:08et qu'il faut faire un peu de ménage là-dedans.
09:10– Alors le ménage il aura lieu comme ça a eu lieu après Jean-Pierre Elkavage
09:14puisque de toute façon vous l'avez dit,
09:15Mme Mernot a dit que la question de la légitimité
09:17et des discussions sur la neutralité se posaient.
09:20– Elle vient d'être conduite Mme Mernot.
09:22– Oui elle vient d'être conduite.
09:22– Pour 5 ans ?
09:23– Oui on pensait alors, il n'y avait pas de candidat contre elle
09:26parce que comme on pensait que la holding allait intervenir,
09:28au fond on pensait que ça allait être un mandat court.
09:30Pour l'instant on n'en sait plus rien concernant la holding.
09:33Mais je reviens à ces histoires d'audience,
09:34elles sont très importantes.
09:36À TF1 quand j'étais à TF1,
09:37si vous ne faisiez pas dans les émissions de deuxième partie de soirée
09:3940% d'audience, vous étiez viré.
09:42Les plus connus comme les moins connus.
09:43– Attends c'est plus le cas.
09:44– Non, c'est plus le cas.
09:46– Plus personne fait 40%.
09:47– Mais est-ce que c'est le sujet du service public ?
09:48– Parce que c'est le sujet du financement.
09:50– Mais est-ce que c'est le sujet du service public ?
09:52Puisqu'on l'abonde, sur les 4 milliards et demi,
09:54il y en a 3,5 qui sont de l'argent public.
09:56– Charles, la question,
09:57combien coûte le programme que fait Olivier aujourd'hui ?
10:00Avec les caméras etc.
10:01Bon, c'est une question d'argent public.
10:05C'est-à-dire que là, c'est une société privée,
10:07mais si le programme que fait Olivier aujourd'hui,
10:09avec vous, avec moi,
10:11avec des caméras bien réalisées,
10:13coûte 15 000 euros à BFM TV au groupe,
10:16ce n'est pas tout à fait pareil
10:18que si une émission du même type,
10:20qui est une conversation avec quelques invités
10:22autour d'une table,
10:23est facturée 150 000 euros.
10:24– Vous dites que c'est surfacturé ?
10:25– Je n'en sais rien.
10:26– Un bon trop cher.
10:27– Moi, il y a même un sujet.
10:29– Non, non, non, non, c'est pas ça que je veux dire.
10:30C'est que sur les salaires, je termine,
10:33sur les salaires, on a appris des choses
10:35que vous avez mentionnées,
10:37sur la façon dont est fabriqué le service public,
10:41on attend toujours d'avoir des informations
10:43qu'on ne connaît pas vraiment
10:45et qui comporchent et qui sont…
10:46– Non, mais si on va aller plus loin,
10:48c'est-à-dire qu'il faudrait que les programmes
10:49soient remis au pot, si j'ose dire, régulièrement.
10:53C'est-à-dire que là, on attribue des programmes
10:55sur plusieurs saisons,
10:56faire régulièrement des appels d'offres
10:58pour plus de transparence.
10:59– Mais par exemple, si vous voulez,
11:00jusqu'à la génération pivot,
11:01les gens étaient salariés,
11:02c'était produit en interne.
11:03– Oui, c'était en interne.
11:04– Mais d'ailleurs, on ne comprend pas
11:04pourquoi ce n'est pas produit en interne.
11:05– Attends, quasiment tout est en externe.
11:06– Mais il y a 10 000 salariés.
11:08– Parce que Charles…
11:09– Qu'est-ce qu'ils font ?
11:10– Non, mais je vais vous le dire
11:11pourquoi ils ont changé ce système.
11:13C'était à la demande,
11:15à la fois de la chaîne
11:17et à la demande de l'État,
11:19c'est pour mettre fin à des monopoles,
11:21c'est-à-dire des gens
11:22qui pouvaient rester là pendant des années
11:23parce qu'ils étaient salariés.
11:25On a vu, le cas Pivot est un cas en lématique.
11:27– Les présentateurs voulaient dire…
11:29– Non, mais c'est des contrats de saison.
11:30– Pas que les présentateurs, tout le monde.
11:33– C'est des contrats de saison,
11:34donc s'ils voulaient arrêter une émission,
11:35vous l'arrêtez, vous n'avez pas besoin d'échencer.
11:37– Moi, je suis désolé…
11:38– Sauf que ce sont des émissions
11:38qui restent en place pendant des années.
11:40– Moi, je ne vois pas d'abord
11:41pourquoi on a besoin de sous-traitants
11:43quand on a une équipe de 10 000 personnes.
11:45Je suis désolé, moi,
11:46si j'avais 10 000 salariés sous mes ordres,
11:48je pense que j'arriverais à faire 2-3 émissions
11:50sans avoir besoin de recourir
11:51à des boîtes de production privées, premièrement.
11:54– Et deuxièmement…
11:55– S'ils ne le font pas,
11:55c'est qu'ils considèrent que, justement,
11:57ils ne peuvent pas le faire.
11:58– Ça, c'est comme les cabinets de conseil.
12:00– Oui, je suis d'accord.
12:00– C'est commandé par le gouvernement, je veux dire.
12:03– C'est comme ça depuis les années 80.
12:05– Dans ces cas-là,
12:06il faut virer 9 000 personnes sur les 10 000
12:09et on fait tourner la boîte avec 1 000 personnes.
12:11– Alors, bonne chance, ça.
12:11– Si on a recours…
12:13– Vous ne serez pas président de la télévision
12:14dans les années qui viennent.
12:15– Mais c'est l'argent des Français, quand même.
12:17Deuxième élément,
12:19je pense qu'il faut se poser la question
12:22de la mission de ce service public audiovisuel.
12:25Moi, par exemple,
12:26je ne comprends pas pourquoi
12:27on diffuse des jeux télévisés
12:29sur les chaînes du service public.
12:31Je ne vois pas l'intérêt de diffuser des jeux télévisés.
12:34Pour moi, le service public,
12:35il ne devrait d'ailleurs même pas
12:36s'emmerder à faire de l'obtiant.
12:36– À ce sujet, pardon, je vous interromps, Charles,
12:38puisque le rapporteur, le député Charles Laloncle,
12:41a expliqué que Nagui, qui fait des jeux télé,
12:43était l'homme le mieux payé du service public.
12:47– Mais Nagui a sans doute beaucoup de talent.
12:48En l'occurrence, Nagui,
12:49pour être tout à fait juste avec lui,
12:51il est à un horaire où il y a de la publicité.
12:53Donc, il gagne sans doute beaucoup d'argent,
12:56mais il se trouve qu'il génère aussi
12:57des revenus pour France Télé.
12:58– C'est pour ça, tout vient de là.
13:00– Oui, mais à voir, d'ailleurs,
13:02il faudrait faire le ratio
13:05entre ce que rapportent les bandeaux de publicité
13:08avant et après son émission
13:10et ce que coûte son émission,
13:12pour être sûr déjà que France Télévisions,
13:14il gagne dans l'histoire.
13:16Il faut que France Télévisions fasse une marge là-dessus,
13:18sinon ça ne sert à rien.
13:20– Mais ça, France Télé fait une marge,
13:21et c'est grâce à cette marge
13:22qu'ils peuvent financer des programmes plus ambitieux.
13:25– Ils disent ça,
13:25sauf que sur les 4,5 milliards de budget,
13:27il n'y a qu'un milliard de recettes,
13:29et encore, je demande à voir,
13:30et il y a au minimum 3,5 milliards
13:31qui sont de la dotation publique.
13:33Moi, je pense qu'il faut arrêter ce truc,
13:35il faut deux chaînes publiques.
13:37– Il faut privatiser France Télévisions ?
13:39– Je trouve qu'il faudrait garder deux chaînes,
13:42une chaîne pour l'actualité politique,
13:45l'histoire, la culture,
13:46une chaîne pour les régions,
13:47France 3, Région, etc.,
13:49et ne pas leur donner d'exigence d'audience.
13:52– D'accord avec ça, Guillaume ?
13:53– Une vraie télé publique.
13:54– D'accord avec ça,
13:55il faudrait réduire le périmètre ?
13:57– Non, mais ça, réduire le périmètre,
13:59je pense que, d'une certaine manière,
14:00il a raison,
14:01il y a beaucoup de gens qui réfléchissent.
14:03Maintenant, ça ferait des dégâts
14:04en région terribles,
14:05parce que la réunion de France Télévisions,
14:07c'était France 2 et France 3,
14:09il y a beaucoup de personnels en région,
14:10ça veut dire,
14:11comme le souhaitait Charles tout à l'heure,
14:12il faut les mettre au chômage,
14:14en tout cas arrêter leur contrat.
14:15– J'ai dit qu'il fallait garder la France 3
14:17pour les régions.
14:17– Non, c'est très compliqué,
14:18mais la télévision publique,
14:20comme la télévision que vous représentez,
14:22ou comme les grandes chaînes,
14:23ce sont des télévisions
14:25qui vivent de la pub,
14:26d'abord et avant tout.
14:27– Pas la télé publique !
14:29– Si, elle vit de la donation publique,
14:30mais elle vit aussi beaucoup.
14:31– 80% des télévisions publiques.
14:32– Mais oui, mais si jamais Charles
14:34enlève la publicité à la télévision publique,
14:37elle ne peut plus faire les programmes
14:39qui permettent de rivaliser,
14:40sortons des programmes
14:42qui sont les talk shows,
14:44mais les séries deviennent infinançables.
14:46Les séries deviennent infinançables.
14:48Mais si !
14:49– Mais si !
14:49– Je ne suis pas sûr,
14:50puisque sur les 4,5 milliards d'euros de budget,
14:53il y a 80% de financement public.
14:55– Oui !
14:55– Il suffit de réduire le coût
14:58de France Télévisions d'un milliard,
15:00vous gardez les financements publics,
15:02je pense qu'on peut les réduire aussi,
15:03et vous pouvez financer des fictions.
15:06Et de toute façon,
15:07on n'est pas obligé non plus
15:08de financer de manière industrielle
15:09des fictions que personne ne regarde.
15:11Moi, je veux bien l'exception culturelle, etc.
15:14Mais à un moment donné,
15:15à la bonjour,
15:15on peut rationaliser.
15:16– Je voudrais qu'on revienne
15:17à l'origine de cette commission d'enquête.
15:19Il y a cette fameuse vidéo volée
15:22où on y voit deux confrères
15:24Patrick Cohen et Thomas Legrand
15:26discutaient avec des responsables socialistes.
15:29Ils s'en sont défendus devant la commission
15:32à la fois Thomas Legrand et Patrick Cohen.
15:34Écoutez.
15:35– Je vous invite, mesdames et messieurs les députés,
15:37à vous remémorer votre dernier café
15:40avec des journalistes
15:41et à vous demander ce qu'aurait pu donner
15:43le fait qu'il soit filmé à votre insu
15:46et monté avec une intention de nuire
15:48avant d'être livré à une chaîne de télévision
15:51qui en fera ses choux gras pendant plusieurs jours.
15:54– Vous voulez une autocritique ?
15:55Vous voulez que je fasse une autocritique
15:57à la soviétique ?
15:58– Non, mais enfin, c'est quand même assez hallucinant.
16:02– L'espionnage déguisé en journalisme
16:04est appelé à prospérer
16:05sur les antennes du groupe Bolloré.
16:07À la première vidéo,
16:08on pouvait croire au hasard,
16:09ici, on découvre un système
16:11avec des méthodes de Barbouse
16:13dont Pascal Praud s'est enorgueilli avant-hier
16:15en ouvrant son émission sur CNews.
16:17– Voilà, alors ils se sont défendus.
16:19Qu'est-ce que vous en pensez, Guillaume Durand ?
16:20Vous avez déjà déjeuné,
16:22pris des cafés avec des politiques ?
16:23– C'est mon métier
16:24ou vous voulez que je trouve des informations ?
16:26Vous ne pouvez pas les trouver dans les poubelles
16:27ou sur Internet.
16:29Les informations pour savoir
16:30comment on va sortir de l'affaire budgétaire,
16:32vous ne pouvez les avoir
16:32que si vous vous appelez le Premier ministre
16:34ou ses conseillers.
16:35Autrement, il est responsable
16:36des différents partis politiques.
16:38Donc, ça fait partie du métier.
16:39– Tout dépend ce qu'on raconte
16:40dans ces discussions.
16:41– Alors après, dans ces conversations,
16:42elles peuvent être professionnelles,
16:43elles peuvent être idéologiques.
16:44tout le monde a eu un mélange des deux.
16:47Et donc là, il est évident que ça paraît à peu près…
16:50Enfin, ça paraît surtout choquant
16:51sur les propos de Thomas Le Grand sur Rachida Dati.
16:54Parce que c'est là, c'était mon bazooka pour Dati.
16:57Évidemment, c'est inacceptable.
16:58Après, on lance une période qui me rappelle 80,
17:01qui est particulière,
17:02qui est une période qu'on n'a pas connue
17:04entre 80 et aujourd'hui,
17:05où il y a une énorme tension politique dans le pays
17:07et où les chaînes de télévision se sont radicalisées.
17:10Et il est vrai qu'aujourd'hui,
17:12entre d'un côté le groupe Bolloré
17:13et de l'autre côté une partie du service public,
17:16on revient à ce qui s'est passé
17:18dans les années 80 précédant arrivée de la gauche,
17:22où vous aviez effectivement,
17:24à l'intérieur de toutes les chaînes
17:25et à l'intérieur de toutes les rédactions,
17:26les radios, les journaux,
17:28une violence considérable
17:30qui a amené le jour du 10 mai 81
17:32au limogéage de la plupart des patrons
17:34de chaînes de télévision.
17:35Donc, c'est la première fois, si vous voulez,
17:36qu'on se retrouve dans une situation
17:38aussi conflictuelle.
17:40et qui aboutit justement
17:42à ce qu'on vient de voir maintenant.
17:44Sur le fond,
17:45Legrand, il a raison et tort.
17:47C'est-à-dire qu'il a raison de dire,
17:48on déjeune,
17:49il a tort de dire,
17:50on va se faire d'attie.
17:51C'est-à-dire que même,
17:53et c'est non seulement,
17:55et là, je reprends un peu ce qu'il disait,
17:56c'est non seulement pas normal,
17:58mais en plus, pour les gens
17:59qui voudraient voter pour d'attie,
18:01c'est même carrément scandaleux.
18:03Parce qu'ils se disent, forcément,
18:04ce type est payé.
18:05Avec l'argent du service public,
18:06et son seul objectif,
18:07c'est de désinguer une candidate de droite.
18:10Charles ?
18:11Par principe,
18:13je n'aime pas les captations
18:15de propos privés
18:16et les diffusions de propos privés.
18:19Toujours est-il que,
18:20sur le service public,
18:22on s'en est fait une spécialité,
18:23en réalité,
18:24au nom de l'investigation.
18:26Alors, parfois,
18:27c'est très utile,
18:28c'est nécessaire pour les démocraties.
18:30C'est pour ça, d'ailleurs,
18:31que juridiquement parlant,
18:32les violations de vie privée
18:33sont couvertes.
18:34Beaucoup d'affaires judiciaires
18:35démarrent avec des conversations
18:37enregistrées,
18:37l'affaire Bettencourt,
18:39l'affaire Cahuzac aussi.
18:40Mais tout à fait.
18:41Ce que dit la jurisprudence,
18:43pardon de faire mon juste une seconde,
18:45c'est que les violations de vie privée
18:47sont admises dès lors
18:49qu'elles participent
18:50d'un débat d'intérêt général,
18:51qu'elles nourrissent
18:53la légitime information du public.
18:55Donc, en l'occurrence,
18:56je suis navré pour messieurs
18:57Legrand et Cohen,
18:58mais je pense qu'il n'aurait
19:00aucun succès
19:01devant un tribunal impartial
19:03s'agissant de cette vidéo
19:04qui, à mon sens,
19:05participe d'un débat
19:06d'intérêt général
19:07et je les trouve un peu gonflés.
19:10D'ailleurs, je crois
19:10qu'il y a des vidéos
19:10de Patrick Cohen
19:11qui sont sorties,
19:12des éditos qu'il a pu dire,
19:15prononcer dans les médias
19:17où il légitimait
19:18la captation d'images privées
19:20au nom, justement,
19:21de l'information du public.
19:24À propos de Laurent Wauquiez,
19:25absolument.
19:25Donc, moi, je crois
19:26que ce à quoi nous assistons,
19:28en réalité,
19:28c'est pour ça que ça émet
19:29dans cet état de nerfs
19:31très, très pathologiques,
19:34c'est que c'est la chute
19:35de la gauche caviar.
19:36En réalité, c'est ça.
19:38Mais c'est à ça qu'on assiste.
19:39Oui, mais est-ce que
19:40c'est vraiment intéressant ?
19:41On est dans un combat idéologique,
19:42alors.
19:42C'est la chute du...
19:43Non, pas forcément.
19:44Oui, d'une certaine manière,
19:46c'est la chute de la maison
19:48du magistère moral
19:50d'une certaine gauche
19:52qui, comme elle se croyait
19:54détentrice d'un magistère moral,
19:57estimait qu'elle pouvait
19:58notamment à raisonner
20:00une chaîne de radio publique
20:01qui est France Inter.
20:02Et tout le monde sait
20:03que France Inter,
20:04qui a des qualités par ailleurs,
20:06est un bastion de gauche.
20:07Charles, vous-même,
20:07vous avez travaillé
20:08pour le service public
20:09à un moment donné
20:09dans l'émission de Laurent Wauquiez.
20:11Ce qui était une émission
20:12de bonne qualité.
20:12Mais vous-même,
20:13vous étiez un représentant
20:14de la gauche caviar à ce moment-là ?
20:15Et l'émission était assez gauche caviar.
20:17Et pas vous ?
20:17Non, mais j'étais d'ailleurs là
20:18pour le pluralisme.
20:20Ah bah,
20:20donc, ça existe alors,
20:22le pluralisme à France Télé.
20:23Mais parce que c'était
20:23la volonté de Wauquiez
20:24d'assurer du pluralisme.
20:26Et c'est d'ailleurs
20:26Laurent Wauquiez
20:27qui, le premier,
20:28a donné une forte audience
20:29à Éric Zemmour.
20:30Donc, il avait le sens
20:31du pluralisme.
20:31Je pense que ce n'est pas
20:32le cas forcément partout
20:33et que globalement,
20:35si vous additionnez
20:36un certain nombre de médias,
20:37vous aviez un magistère
20:39de la gauche caviar.
20:40Et je pense que
20:40ce qu'ils ont du mal
20:41à encaisser,
20:42c'est qu'aujourd'hui,
20:43ce magistère tombe.
20:45On prend par exemple
20:46l'exemple de France Culture.
20:47Je vous crois me souvenir
20:47si c'est De Gaulle
20:48ou Pompidou
20:49qui s'étaient adressés
20:50à leur ministre de la Culture
20:51en disant
20:51j'en ai ras-le-bol
20:52de France Culture.
20:53On entend que des communistes.
20:54Et on lui avait répondu
20:55bah oui, c'est la chaîne
20:56qui est dirigée
20:57par le Parti Communiste.
20:58Donc ce n'est pas nouveau alors ?
20:59Ce n'est pas nouveau
21:00et ce n'est pas la peine
21:01de partir en guerre
21:02contre ça
21:02parce qu'on sait
21:03que dans le service public,
21:04une grande majorité
21:04des journalistes
21:06sont de gauche
21:06et d'ailleurs
21:07une grande majorité
21:08d'une manière générale.
21:09C'est une profession
21:10qui est plutôt de gauche
21:11sans essentialiser.
21:13On peut ne pas s'en étonner.
21:14En revanche,
21:15ce que dit
21:15évidemment
21:17notre camarade
21:18est important
21:19sur un sujet
21:20qui est celui
21:20du pluralisme.
21:22C'est vrai qu'à partir
21:23du moment
21:23où on se retrouve,
21:26si Charles
21:26s'oppose
21:28à quelqu'un de gauche
21:29dans une émission
21:30de requiers,
21:31les gens ont le sentiment
21:32d'une équité.
21:34Je reviens
21:34à ce que tu disais
21:35tout à l'heure
21:35parce qu'on passe
21:36du « vous au tu »
21:37mais il faut quand même
21:38que cette émission
21:38soit puissante
21:39et ne ressemble pas
21:40à la définition
21:41que tu voudrais
21:41du service public
21:42si c'est une émission
21:43en gros un service public
21:44pédagogique
21:45qui n'aurait aucune puissance
21:46et qui serait regardée
21:47par personne
21:48et sous-financée.
21:49Le service public
21:50doit être surfinancé
21:52dans le bon sens du terme
21:53et être regardé
21:54pour pouvoir faire jeu égal
21:55avec les autres groupes.
21:56En ce moment,
21:57ça n'aurait aucun intérêt
21:58et tes propos
21:59avec je ne sais pas
22:00qui étaient face à toi
22:01n'auraient aucune importance
22:03pour le pays.
22:04Il faut que le service public
22:05trouve son public.
22:06Mais là,
22:07je voisinais avec Christine Angot
22:08donc il fallait équilibrer.
22:10Il y avait une nécessité
22:11d'équilibrer.
22:12Mais il y a une nécessité
22:12de puissance.
22:13Sinon,
22:13on aurait été au comité central.
22:14Mais l'émission était puissante
22:16et regardez.
22:17C'est ce qui compte aussi.
22:18Oui, oui, ça c'est vrai.
22:19Ça c'est juste.
22:19Mais c'est ce qu'on vous souhaite aussi.
22:21L'émission faisait l'effort
22:22effectivement
22:23d'avoir une audience importante
22:25et tout en étant
22:26une émission
22:27qui était très instructive,
22:29elle s'assurait
22:30des ingrédients
22:30qui faisaient de l'audience.
22:31Ça c'est vrai.
22:32Sans être un jeu télévisé
22:33pour autant.
22:34D'où la fameuse phrase
22:36du départ
22:36qui était le mantra
22:38de tous les présidents
22:39qui étaient
22:40éduquer,
22:42informer,
22:42distraire.
22:43Eh bien revenons fondamentaux.
22:44Distraire, je ne suis pas sûr.
22:46Merci Guillaume.
22:46Mais si les distractions
22:47ça peut être une bonne chose Charles.
22:48Merci Charles.
22:49Merci Guillaume.
22:50Merci Guillaume.
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