00:006h48, retour de la matinale de l'économie.
00:02Raphaël Lejean de l'instabilité politique a fortement impacté le vote du budget en 2024 et en 2025.
00:08Et pourtant, sous le chaos apparent, les comptes publics en fait se redressent.
00:11Oui alors, sous le chaos politique, sous les criés, les 49.3 à répétition depuis 2022,
00:16effectivement, les comptes publics se redressent.
00:19Alors il faut aller fouiller dans les annexes du projet de loi de finances qui ont été publiés ces derniers jours.
00:25Pas dans les discours, pas dans les tweets, mais dans les bleus, les jaunes, les oranges budgétaires.
00:30Oui, c'est comme ça qu'il s'appelle à Bercy.
00:32Des dizaines de rapports très bien ficelés, très chiffrés, très précis,
00:36qui racontent une toute autre histoire que ce que l'on entend dans le chaudron de l'Assemblée.
00:41Vous les avez lus ? Qu'est-ce qu'on retient ?
00:43D'abord que la hausse de la dépense publique, pas la hausse que je vous ai dit tout à l'heure,
00:49mais que la progression de la dépense publique, effectivement, ralentit.
00:54Oui, ralentit.
00:55Alors on dénonce très souvent sur cette antenne les dépenses qui flambent.
01:00En réalité, elles sont de mieux en mieux contrôlées.
01:03Je suis allé chercher les chiffres, effectivement, pour comparer le premier et le second quinquennat d'Emmanuel Macron,
01:10puisqu'on a des projections dans ces bleus budgétaires jusqu'en 2027.
01:13Premier quinquennat, 244 milliards d'euros de hausse de dépenses.
01:18Ces 20% de plus entre 2017 et 2022 ont flambé à peu près, on faisait du 50 milliards à l'année, si vous voulez.
01:25Ça vous donne la vitesse d'augmentation de la dépense.
01:27Ça, c'est pas raisonnable.
01:28Sur le second quinquennat, si la trajectoire est respectée, encore une fois, on verra ce que donne le budget en fin d'année,
01:35on tomberait sur une progression de 15%.
01:37Non pas 20, mais 15%.
01:39On ralentit, on ne fait plus que du, entre guillemets, 45 milliards d'euros de hausse de dépenses par an.
01:45D'autant plus qu'il faut prendre en compte une chose, ça a été la crise inflationniste qui, évidemment, a mécaniquement augmenté les dépenses.
01:52Ce qui veut dire, Raphaël, que par rapport au Macron 1, on se met à dépenser raisonnablement ?
01:58Oui, alors tout dépend de ce qu'on appelle raisonnablement.
02:01Cependant, ça reste encore très élevé, mais sans majorité stable et 149,3, et en plus, il est difficile de dire où est-ce qu'on va atterrir en fin d'année.
02:09Encore une fois, je prends des pincettes.
02:12En tout cas, on voit avec ces chiffres qu'on est très, très loin de l'austérité aussi, du budget de l'horreur qui a été dénoncé ces derniers jours par le Parti Socialiste.
02:23Les prévisions pour les deux prochaines années, c'est quoi ?
02:27C'est 30 milliards de hausses d'impôts encore, de hausses de dépenses, pardon, en 2026, et 36 milliards en 2027.
02:34Vous voyez la tendance ? On passe de 50 milliards à 45, là on vient à plus 30 en moyenne.
02:40Donc on voit qu'on maîtrise quand même un peu cette évolution.
02:46On n'a jamais connu d'austérité en France.
02:48Ne disons pas que c'est un budget d'austérité.
02:49Encore une fois, ça augmente de 30 milliards.
02:51On est simplement à un retour sur un rythme de croisière qui est à peu près un rythme de croisière socialiste.
02:58C'était ce que faisait François Hollande lors du quinquennat 2012-2017.
03:03Côté recettes, par contre, ça pique un peu.
03:04Oui, là, ça pique un peu.
03:05Le taux de prélèvement obligatoire va grimper de 42,8 à 44,2% du PIB.
03:10Alors, dit comme ça, ça ne paraît pas grand-chose.
03:12En réalité, c'est colossal.
03:14Là, ça représente un choc fiscal d'une cinquantaine de milliards d'euros en trois ans.
03:19On est six points de plus au-dessus de la moyenne européenne.
03:21C'est 200 milliards d'euros de plus que nos voisins en moyenne.
03:25Mais un choc fiscal de 50 milliards d'euros en trois ans, là aussi, ça nous rappelle un président socialiste.
03:31C'était François Hollande entre 2012 et 2014.
03:36Avec à l'époque un jeune conseiller économique.
03:39Je ne sais pas si vous vous rappelez de son nom.
03:40Emmanuel Macron.
03:40Emmanuel Macron.
03:41Voilà, la différence, c'est que François Hollande avait hérité d'un déficit de 4,8 et qu'il avait fini par le ramener à 3%.
03:48Emmanuel Macron, lui, a hérité d'un déficit à 3% et terminera très probablement autour de 4,8.
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