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  • il y a 3 mois
Ce vendredi 17 octobre, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur l'impact de l'instabilité politique sur la conception du budget 2026 et les raisons qui favorise le redressement des comptes publics. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:006h48, retour de la matinale de l'économie.
00:02Raphaël Lejean de l'instabilité politique a fortement impacté le vote du budget en 2024 et en 2025.
00:08Et pourtant, sous le chaos apparent, les comptes publics en fait se redressent.
00:11Oui alors, sous le chaos politique, sous les criés, les 49.3 à répétition depuis 2022,
00:16effectivement, les comptes publics se redressent.
00:19Alors il faut aller fouiller dans les annexes du projet de loi de finances qui ont été publiés ces derniers jours.
00:25Pas dans les discours, pas dans les tweets, mais dans les bleus, les jaunes, les oranges budgétaires.
00:30Oui, c'est comme ça qu'il s'appelle à Bercy.
00:32Des dizaines de rapports très bien ficelés, très chiffrés, très précis,
00:36qui racontent une toute autre histoire que ce que l'on entend dans le chaudron de l'Assemblée.
00:41Vous les avez lus ? Qu'est-ce qu'on retient ?
00:43D'abord que la hausse de la dépense publique, pas la hausse que je vous ai dit tout à l'heure,
00:49mais que la progression de la dépense publique, effectivement, ralentit.
00:54Oui, ralentit.
00:55Alors on dénonce très souvent sur cette antenne les dépenses qui flambent.
01:00En réalité, elles sont de mieux en mieux contrôlées.
01:03Je suis allé chercher les chiffres, effectivement, pour comparer le premier et le second quinquennat d'Emmanuel Macron,
01:10puisqu'on a des projections dans ces bleus budgétaires jusqu'en 2027.
01:13Premier quinquennat, 244 milliards d'euros de hausse de dépenses.
01:18Ces 20% de plus entre 2017 et 2022 ont flambé à peu près, on faisait du 50 milliards à l'année, si vous voulez.
01:25Ça vous donne la vitesse d'augmentation de la dépense.
01:27Ça, c'est pas raisonnable.
01:28Sur le second quinquennat, si la trajectoire est respectée, encore une fois, on verra ce que donne le budget en fin d'année,
01:35on tomberait sur une progression de 15%.
01:37Non pas 20, mais 15%.
01:39On ralentit, on ne fait plus que du, entre guillemets, 45 milliards d'euros de hausse de dépenses par an.
01:45D'autant plus qu'il faut prendre en compte une chose, ça a été la crise inflationniste qui, évidemment, a mécaniquement augmenté les dépenses.
01:52Ce qui veut dire, Raphaël, que par rapport au Macron 1, on se met à dépenser raisonnablement ?
01:58Oui, alors tout dépend de ce qu'on appelle raisonnablement.
02:01Cependant, ça reste encore très élevé, mais sans majorité stable et 149,3, et en plus, il est difficile de dire où est-ce qu'on va atterrir en fin d'année.
02:09Encore une fois, je prends des pincettes.
02:12En tout cas, on voit avec ces chiffres qu'on est très, très loin de l'austérité aussi, du budget de l'horreur qui a été dénoncé ces derniers jours par le Parti Socialiste.
02:23Les prévisions pour les deux prochaines années, c'est quoi ?
02:27C'est 30 milliards de hausses d'impôts encore, de hausses de dépenses, pardon, en 2026, et 36 milliards en 2027.
02:34Vous voyez la tendance ? On passe de 50 milliards à 45, là on vient à plus 30 en moyenne.
02:40Donc on voit qu'on maîtrise quand même un peu cette évolution.
02:46On n'a jamais connu d'austérité en France.
02:48Ne disons pas que c'est un budget d'austérité.
02:49Encore une fois, ça augmente de 30 milliards.
02:51On est simplement à un retour sur un rythme de croisière qui est à peu près un rythme de croisière socialiste.
02:58C'était ce que faisait François Hollande lors du quinquennat 2012-2017.
03:03Côté recettes, par contre, ça pique un peu.
03:04Oui, là, ça pique un peu.
03:05Le taux de prélèvement obligatoire va grimper de 42,8 à 44,2% du PIB.
03:10Alors, dit comme ça, ça ne paraît pas grand-chose.
03:12En réalité, c'est colossal.
03:14Là, ça représente un choc fiscal d'une cinquantaine de milliards d'euros en trois ans.
03:19On est six points de plus au-dessus de la moyenne européenne.
03:21C'est 200 milliards d'euros de plus que nos voisins en moyenne.
03:25Mais un choc fiscal de 50 milliards d'euros en trois ans, là aussi, ça nous rappelle un président socialiste.
03:31C'était François Hollande entre 2012 et 2014.
03:36Avec à l'époque un jeune conseiller économique.
03:39Je ne sais pas si vous vous rappelez de son nom.
03:40Emmanuel Macron.
03:40Emmanuel Macron.
03:41Voilà, la différence, c'est que François Hollande avait hérité d'un déficit de 4,8 et qu'il avait fini par le ramener à 3%.
03:48Emmanuel Macron, lui, a hérité d'un déficit à 3% et terminera très probablement autour de 4,8.
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