- il y a 4 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On voulait revenir aussi ce soir sur la détention de Nicolas Sarkozy, puisque trois détenus ont été placés en garde à vue après des menaces de mort contre l'ancien président de la République.
00:13Il a passé sa première nuit à la prison de la Santé hier soir. J'aimerais qu'on écoute peut-être d'abord, qu'on regarde cette séquence des détenus qui filment l'arrivée de l'ancien chef de l'État et qui profèrent des menaces contre lui. On regarde.
00:27Sarko, il est juste là, là, quartier isolé. Il est tout seul en cellule. Il vient d'arriver mardi 20 octobre 2025. Il va passer une mauvaise attention.
00:39Juste à côté, il y a le mitard. En dessous, c'est le mitard. L'huile est juste au-dessus. Et on est au courant de tout. Eh ! Eh, on va venger Kadhafi ! On est au courant de tout, Sarko ! Sarko, Ziyad, Tekijin, on est au courant ! On a les milliards de dollars !
00:56Voilà, voilà !
00:58Igor Saheri, vous êtes devant la prison de la Santé où Nicolas Sarkozy va donc passer sa deuxième nuit. Cette vidéo a donc été diffusée au moment, hier matin, où Nicolas Sarkozy arrive à la prison de la Santé.
01:11Oui, absolument. D'autres vidéos, en réalité, ont également été diffusées sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok la nuit dernière, entre minuit et une heure du matin,
01:23où on entend des détenus crier le nom de Nicolas Sarkozy. Mais effectivement, cette vidéo que nous avons vue à l'antenne a retenu l'attention du parquet de Paris,
01:32après une alerte du directeur de la prison de la Santé, puisque dans cette vidéo, filmée depuis une cellule de la prison, par un détenu, on entend effectivement des menaces de mort.
01:46Il y a eu donc, du coup, une fouille administrative dans cette cellule, puisque l'individu a été identifié assez rapidement.
01:53Et dans cette cellule, ont été trouvés trois téléphones, deux téléphones portables, pardon, et trois détenus. Ces trois détenus ont été placés en garde à vue.
02:01Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour menace de mort et confié à la police judiciaire.
02:08Et s'il y avait un audiencement, un audiencement de cette affaire, Nicolas Sarkozy se porterait partie civile, d'après une source proche de l'entourage de Nicolas Sarkozy.
02:19Informations récoltées par BFM TV, mais effectivement, depuis maintenant bientôt 48 heures, beaucoup de détenus crient le nom de Nicolas Sarkozy.
02:29Cela va durer sans doute encore quelques jours, voire plusieurs semaines.
02:33Merci beaucoup, Igor. On accueille sur le plateau Jean-Yves Leborgne. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
02:39Avocat pénaliste au barreau de Paris, co-auteur de « Accusé, levez-vous », photos et documents rares de grands procès.
02:46Je précise que vous avez été l'avocat d'Éric Woerth dans ce procès. Éric Woerth qui a été relaxé.
02:51Merci d'avoir accepté notre invitation. Thierry-Paul Vallette, ancien détenu de la prison de la santé.
02:59C'est bien ça ?
03:00Oui, oui.
03:00Oui, pardon, je pensais que j'avais dit une bêtise.
03:02Non, non, du tout, du tout.
03:03Et Max Brisson, sénateur Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques, vous étiez, vous, au rassemblement, au soutien à Nicolas Sarkozy hier matin, au moment où il partait pour la prison de la santé.
03:16Maître Jean-Yves Leborgne, ces menaces proférées contre Nicolas Sarkozy, elles vous inquiètent ?
03:22Écoutez, je dirais que, j'annonce tout de suite que je ne suis pas de ceux qui approuvent le jugement du 25 septembre.
03:31Comme ça, c'est clair.
03:31Oui, c'est clair. Non, mais, merde, tout le monde parle un peu avec un je-ne-sais-quoi d'esprit partisan dans cette affaire.
03:40Moi, je dirais un peu moins dans la mesure où, comme vous l'avez dit, j'ai vécu ce dossier.
03:44Et il me paraît qu'il aurait pu connaître, en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, une toute autre issue.
03:51Il n'aurait pas dû, alors je vous arrête un instant, puisque vous commencez par ça, il n'aurait pas dû aller en prison ?
03:56Attendez, à partir du moment où le jugement ordonnait un mandat, il était impossible que ce mandat ne soit pas exécuté.
04:05Alors, la suite des choses est différente. Il y a une demande de mise en liberté à la Cour.
04:10J'entends aussi beaucoup dire qu'il faut qu'il y ait un traitement égalitaire et que M. Tout-le-Monde devrait avoir le même traitement que l'ancien chef de l'État.
04:22Alors, là-dessus, je pense qu'il ne faut pas confondre l'égalité et la similitude.
04:27Il y a un mot du Conseil constitutionnel qui est assez significatif, qui dit que des situations différentes peuvent recevoir des réponses juridiques et législatives différentes.
04:39Bon, ce problème se pose, on voit le semi-scandale que constitue cette incarcération.
04:48Bon, je ne veux pas me prononcer, mais peut-être serait-il opportun que la demande de mise en liberté qui a été déposée par les avocats...
04:57Elle a été déposée hier ?
04:58Oui, oui, mais enfin, le délai d'audiencement pourrait être peut-être accéléré.
05:05Ça n'aurait rien d'extraordinaire.
05:06Généralement, c'est trois semaines, c'est ça, minimum ?
05:08Le généralement, c'est un peu ce qu'on veut.
05:12Rappelez-vous un certain procès concernant une personnalité politique qui aurait pu, en appel, avoir lieu, que postérieurement aux élections présidentielles, on nous a annoncé qu'il aurait lieu bien avant.
05:23Vous parlez de Marine Le Pen.
05:24Autrement dit, encore une fois, je le répète, des situations différentes peuvent être traitées différemment.
05:31Et ça, ce serait possible, Florence Roy, ce que, malgré les règles, la règle, c'est quoi ? Une demande de...
05:37Non, la règle, c'est un plafond. Un plafond de deux mois.
05:40Mais le fait qu'un mois soit la durée habituelle, on n'est pas quand même prisonnier de l'habitude.
05:47Donc, il se pourrait qu'au vu de la situation, des risques potentiels que Nicolas Sarkozy a en cours, sa demande de remise en liberté soit examinée un peu plus rapidement ?
05:56Exactement. Et moi, je vais reprendre ce que disait mon confrère Jean-Yves Leborgne.
06:00Moi aussi, je suis extrêmement partisane dans cette affaire et je ne suis pas du tout d'accord avec ce mandat de dépôt qui a été prononcé à l'encontre de Nicolas Sarkozy,
06:09a fortiori avec cette exécution provisoire que j'ai relevée comme étant problématique et qui devient beaucoup la règle au pénal en ce moment, mais je ne sais pas pour quelle raison.
06:20À cause de la gravité des faits, je précise ce qu'avait dit le juge au moment de la décision.
06:25Mais alors, vous voyez, il y a un problème. Parce que la motivation du mandat de dépôt, c'est la gravité des faits.
06:30Sauf que quand on va aller devant la chambre de l'instruction, et j'ose espérer que l'audiencement va se faire extrêmement rapidement parce qu'effectivement, la situation l'impose,
06:38les magistrats de la chambre de l'instruction vont statuer à l'aune et à la lumière de l'article 144, et je le répète puisqu'on en parlait tout à l'heure, du code de procédure pénale.
06:48On n'est pas du tout sur le même fondement juridique, c'est-à-dire les critères de l'article 144 du code de procédure pénale.
06:53Je rappelle que le principe, c'est la liberté et l'exception, c'est la détention.
06:57Et quand on place en détention quelqu'un, c'est parce qu'on considère qu'il y a un risque de pression sur les témoins, de concertation entre les éventuels complices,
07:03d'évasion, de dispersion d'épreuves, et j'en passe.
07:08Et là, finalement, on ne coche plus du tout ces cases, et d'ailleurs, on ne sait pas.
07:15Alors la gravité des faits, c'est bon, ok, la gravité des faits, mais de toute façon, mon confrère Jean-Yves Leborn, qui était dans le dossier, je n'y étais pas, connaît parfaitement le dossier.
07:24Et en tout cas, ce qu'on peut dire, c'est qu'on a retenu l'association de malfaiteurs.
07:29Alors, nous savons très bien aujourd'hui que ce délit, c'est un peu un fourre-tout quand on ne sait pas trop bien...
07:35Alors, je rappelle quand même les faits, même si on ne va pas refaire le procès ici.
07:38Condamné à 5 ans de prison, reconnu coupable d'avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer à Tripoli,
07:44un dignitaire de Muammar Gaddafi, pour discuter d'un financement de sa campagne présidentielle de 2007, alors qu'il était ministre de l'Intérieur.
07:52Rappelez tout, si vous permettez, parce qu'il y a effectivement ce que vous dites, mais il y a aussi, sur la poursuite pour corruption, une décision de relax.
08:02Et sur le fait que de l'argent ait été reçu des Libyens dans la campagne présidentielle de 2006-2007, également une relax.
08:10Ce n'est pas négligeable.
08:12Pour en revenir aux conditions de détention de Nicolas Sarkozy, aux risques qui l'encourent, je le disais à Thierry-Paul Vallette, vous avez passé du temps à la prison de la santé.
08:21Combien de temps ?
08:22Quatre mois et demi.
08:22Quatre mois et demi ?
08:23Quatre mois et demi, oui.
08:24Et ce genre de menace à l'arrivée d'un prisonnier, c'est fréquent ?
08:29J'ai envie de vous dire que la violence, les menaces en prison, c'est quelque chose de banal.
08:34C'est un quotidien pour, finalement, l'ensemble des détenus et aussi pour le personnel de la pénitentiaire.
08:38Puis là, il s'agit quand même d'une personnalité publique qui n'est pas des moindres, Nicolas Sarkozy.
08:43Il y a eu des propos qui ont été tenus avant qu'il soit président, le Karcher, la racaille.
08:48Et puis, forcément, je l'avais dit il y a quelques jours sur votre plateau qu'il y aurait un comité d'accueil qui ne serait pas en sa faveur.
08:55Puis là, aujourd'hui, il y a la problématique des téléphones portables, forcément.
09:00Donc, il y a ce genre de menaces qui passent par les réseaux sociaux, par des individus qui, à mon avis, j'ai envie de dire,
09:07ils sont en garde à vue, tant mieux.
09:10Mais c'était quelque chose d'inévitable.
09:12C'était quelque chose d'inévitable.
09:13Et ce sont des menaces que certains détenus mettent à exécution ?
09:17Je veux dire, il peut y avoir, donc, des violences au sein même de la prison.
09:20Il y en a.
09:21Bien sûr, il y a de la violence au sein des prisons, pas que la prison de la santé.
09:25L'ensemble des centres pénitentiaires de France.
09:27Vous en avez été témoins ?
09:28Oui, je l'ai vu.
09:29Bon, personnellement, non, je n'ai pas été violenté physiquement.
09:32J'ai eu cette chance-là et j'ai envie de dire, tant mieux.
09:35Mais c'est le quotidien, là.
09:37Ces infrastructures sont quand même très, très, très violentes.
09:41Il ne faut pas l'oublier.
09:42Il n'y a pas que des enfants de cœur.
09:44Il n'y a pas que des anciens présidents ou des gens comme moi qui étaient en détention.
09:47Il y a aussi des gens qui, eux, ne plaisantent pas.
09:49Et puis, il y a aussi, c'est la loi du plus fort.
09:52Il faut avoir aussi certains moyens financiers pour pouvoir cantiner.
09:56D'autres n'ont pas de famille pour les aider.
09:58Donc, c'est vraiment terrible, la détention par rapport à ça.
10:01Mais comme vous le disiez, de toute façon, dans le cas de Nicolas Sarkozy, ça va accélérer son processus de remise en liberté.
10:08En tout cas, c'est ce que vous espérez.
10:11Vous avez dit, vous avez souligné un détail intéressant.
10:14Une fouille a donc été effectuée et on a retrouvé deux téléphones portables qui ont donc été saisis.
10:21Je vous vois hausser un peu les épaules.
10:23C'est une banalité, ça ?
10:24C'est interdit ?
10:25C'est une très, très large banalité.
10:27Je pense qu'on en a retrouvé deux, mais si on faisait la statistique de l'année, c'est par centaines, peut-être par milliers qu'il faudrait s'exprimer.
10:34Mais rappelons que c'est interdit.
10:35Bien sûr.
10:37En prison.
10:37Mais il faut quand même souligner que certains juges, dans le cadre d'enquête, laissent un petit peu faire pour pouvoir surveiller certains détenus.
10:48Il faut le dire.
10:49Mais après, aujourd'hui, on a des modèles qui sont vraiment très réduits, qui sont introduits en pièces détachées, qui passent les portiques.
10:56Puis il y a aussi la problématique des drones.
10:58C'est-à-dire ?
11:00Les drones, comment ça marche ?
11:02On les livre directement, on les dépose directement dans la cellule.
11:05Je ne dis pas que c'est le cas de la prison de la santé, mais voilà, exactement.
11:08On peut entrevrir du stupéfiant et pas que avec le problème des drones.
11:11Et c'est quelque chose de compliqué aussi pour lutter contre.
11:14Max Brisson, je le disais, sénateur Les Républicains, vous faisiez partie de ce groupe de soutien venu soutenir le président, l'ex-président, au moment de son départ pour la prison de la santé.
11:26Comment vous réagissez, vous, face à ces menaces qui sont proférées contre Nicolas Sarkozy ?
11:30Moi, hier, j'étais à Paris soutenir Nicolas Sarkozy en ami.
11:36J'y suis allé, c'était une démarche personnelle, quand on a partagé ce que j'ai pu partager, en enthousiasme, en combat politique, et qu'un ami est en difficulté, on est présent.
11:47Ce n'était pas une démarche politique, c'était une démarche tout à fait personnelle.
11:49C'est dans des moments difficiles que ceux avec qui on a travaillé, avec qui on a connu des émotions, ont besoin qu'on témoigne.
11:57Ce n'est pas quand tout va bien qu'on témoigne sa solidarité.
12:00Et c'est pour cela que j'étais hier devant son domicile lorsqu'il est parti vers la prison de la santé.
12:06Moi, j'ai un immense malaise.
12:08Deux avocats viennent de s'exprimer, et bien ont montré pourquoi Nicolas Sarkozy est aujourd'hui en prison.
12:13Il y a eu une condamnation, je ne suis pas suffisamment juriste pour en décortiquer la totalité des données, et il y a un appel.
12:20Ils nous auront bien ce que cela va donner un appel.
12:22On voit très très bien combien la place de Nicolas Sarkozy ce soir n'est pas à la prison.
12:28On voit bien tous les malaises.
12:29La risée internationale qui est la nôtre, le regard sur notre pays, un ancien chef de l'État.
12:34Il y avait certainement, je ne suis pas un juriste, mais bien d'autres manières d'exécuter cette peine.
12:39Moi, je conteste la décision sans être un juriste expérimenté, et l'appel est une forme de contestation.
12:47Je la respecte parce que je suis parlementaire, mais le président Sarkozy la respecte aussi.
12:51Il s'est bien rendu à la convocation, il s'est bien rendu à la santé, il n'a pas fait d'opposition, d'obstruction à l'exécution de la décision de justice.
13:00Était-elle la bonne aujourd'hui ? Est-ce que c'est bien pour notre pays de voir ce que l'on voit,
13:04ce que ça reflète de ce qui se passe en prison, de ce qu'un ancien chef de l'État peut aujourd'hui connaître ?
13:10Je pense franchement, et du fond du cœur, un, que Nicolas Sarkozy ne mérite pas cela,
13:17deux, que la France ne mérite pas cela, et les juges qui ont fait cette décision-là
13:22auraient quand même pu se rendre compte de ce que cela a entraîné,
13:26et ça pose quand même aussi la responsabilité de celles et de ceux qui prennent ce type de décision.
13:31Je rappelle donc ce que disent les juges, cette décision de l'exécution provisoire de la peine
13:37est motivée par la gravité des faits, simplement pour rappeler ce que dit la justice.
13:41Juste, Dominique Rizet, en tout cas ces menaces proférées contre Nicolas Sarkozy,
13:47elle justifie d'une certaine manière aussi cette présence contestée de ces deux officiers de police
13:53qui sont en permanence à ses côtés, à la prison de la santé ?
13:57Je ne suis pas sûr que la présence des officiers de sécurité anciens du SDLP,
14:01je crois, de la sous-direction de la protection, soit la conséquence des menaces.
14:05Les menaces, elles viennent après la décision.
14:09C'est prévu avant la décision antérieure.
14:11Décision du ministère de l'Intérieur.
14:12Exactement.
14:12Elles viennent après la décision d'envoyer deux policiers en prison.
14:16Moi, ça me dérange, ça me dérange parce que c'est humiliant pour l'administration pénitentiaire,
14:22qu'on connaît bien ici à BFM TV, parce qu'on a suivi leur travail, parce qu'on leur a consacré des documentaires,
14:28parce qu'on est allé en prison, contrairement à ceux qui font des commentaires sur la prison.
14:33Et pourquoi c'est humiliant, pardon ?
14:35C'est humiliant parce que le personnel de l'administration pénitentiaire est un personnel qui a un savoir-faire,
14:41qui sait mieux que personne comment on gère la détention, le personnel en détention,
14:46parce qu'ils ont des personnes qui sont capables de protéger le président de la République.
14:50Si on décide d'envoyer M. Sarkozy en prison, effectivement, il faut le protéger.
14:54Parce qu'on a la preuve, en fait, que ce n'est pas la place d'un président de la République en prison.
14:59Et ça ne passe pas par ça, par la présence officielle.
15:01Mais ça passe par des services de l'administration pénitentiaire.
15:03Je vous rappelle qu'ils ont des équipes qui s'appellent les ERIS,
15:07les équipes régionales d'intervention de sécurité.
15:09Quand il y a une prise d'otage dans une prison, ce sont les ERIS qui interviennent d'abord.
15:13Et les ERIS sont aussi performants que des unités comme le règne du Gégé.
15:17– Il aurait fallu que ce soit des personnels de l'administration pénitentiaire qui le protègent.
15:23Et envoyer des policiers dans la prison, c'est humiliant pour le Bruno Gégé.
15:29– Dominique, je pense qu'effectivement, l'administration pénitentiaire a sans doute des moyens
15:33pour protéger les personnalités.
15:36L'administration pénitentiaire est confrontée pour la première fois
15:38à l'incarcération d'un président de la République.
15:40Qu'est-ce que ne dirait-on pas si le ministre de l'Intérieur ne prenait pas des mesures exceptionnelles
15:45pour assurer cette protection ?
15:47Donc il ne peut pas prendre le risque de s'en remettre uniquement à l'administration pénitentiaire.
15:51Laurent Nunes, nouveau ministre de l'Intérieur, il doit mettre les moyens qu'il juge bons.
15:57Et je pense qu'il n'a pas tellement d'autres solutions que de l'assurer en totalité.
16:03Et il ne peut pas prendre de risques.
16:04Le zéro risque est sans doute difficile.
16:06Mais pour lui, il faut les réduire au maximum.
16:10La décision a été prise par la justice.
16:11On ne va pas refaire le débat.
16:12Personnellement, je suis aussi opposé à l'exécution provisoire.
16:15– On y reviendra plus tard.
16:16– Mais on ne va pas revenir sur le fond.
16:18Maintenant, rien ne va.
16:20Je suis d'accord depuis le début, rien ne va.
16:22Franchement, la manifestation à la sortie du domicile de l'ancien président
16:26n'était peut-être pas non plus la bienvenue.
16:28Le cortège pénitentiaire dans les rues de Paris,
16:32franchement, c'était quelque chose d'extrêmement bizarre.
16:35Et puis maintenant, tout ce qui se passe à l'intérieur de la prison,
16:40effectivement, croire que Nicolas Sarkozy est un détenu comme les autres,
16:47ce n'est pas possible.
16:48– Thierry Paul Vallette.
16:49– Moi, lorsque j'ai appris qu'il s'est encadré par deux personnes de l'extérieur,
16:55je m'accorde avec Dominique, deux policiers, exactement, deux policiers.
16:58Une forme d'ingérence, et moi, ça m'a quand même étonné,
17:01parce que c'est vrai que le personnel de la pénitentiaire, c'est leur métier,
17:05ils savent faire, c'est leur quotidien, même si en général, le long de l'année,
17:09on ne va pas vers eux.
17:10Puis la prison de la santé, il y a une branche, il y a des radicalisés aussi,
17:15ce n'est pas une masse à faire, ce sont aussi des gens qui sont dangereux.
17:19Et quand on connaît l'infrastructure, la nomenclature de comment fonctionne la prison de la santé,
17:23le président Sarkozy, lorsqu'il se rendra par exemple en consultation
17:27pour aller voir un médecin ou pour aller à la bibliothèque,
17:31les ailes vont être bloquées, les détenus vont être maintenus dans leurs cellules,
17:35voire dans d'autres ailes extérieures.
17:37Il n'y avait aucune raison qui pouvait justifier de mettre en place
17:42et de faire rentrer deux policiers.
17:44Vous dites que c'est une angérosse, les syndicats sont vent debout,
17:47on est justement avec Coralie Flognati, merci beaucoup d'être avec nous.
17:52Vous le vivez vous comme une humiliation ?
17:55En fait, je pense que c'est une incompréhension de notre part,
18:02des personnels pénitentiaires, d'avoir eu recours à ce dispositif
18:05et effectivement d'avoir des personnels du ministère de l'Intérieur
18:09au sein des domaines pénitentiaires et là en particulier de la maison d'arrêt de Paris-la-Santé.
18:17Parce qu'en fait, vu le régime de détention qui a été choisi
18:21concernant M. Sarkozy qui est l'isolement,
18:24il ne croise personne et dans chacun de ses déplacements,
18:28il est accompagné d'un gradé et de deux surveillants.
18:30Donc en fait, la présence des policiers est en quelque sorte en surnombre
18:36par rapport à la façon dont est géré son régime de détention.
18:39Sauf qu'il s'agit bien de l'ancien président de la République
18:43qui fait face à des menaces.
18:45Vous avez sûrement vu ces vidéos circuler au moment de son arrivée en prison.
18:49Ça ne justifie pas, selon vous, des mesures de sécurité supplémentaires ?
18:54Les menaces ont été faites par voie malheureusement de réseaux sociaux,
18:59ce qui est le cas, j'ai envie de dire, de tous les personnels pénitentiaires quotidiennement.
19:03Et en fait, ces gens-là, il ne les croisera jamais physiquement.
19:06– Donc vous dites que finalement, c'est deux officiers de police
19:14qui ne servent pas à grand-chose, selon vous ?
19:17– En l'occurrence, oui.
19:21Sans faire offense au service du SDLP, en l'occurrence, au sein des établissements pénitentiaires,
19:31les surveillants pénitentiaires sont largement formés pour pouvoir assurer la sécurité des détenus,
19:36en particulier dans un régime de quartier d'isolement.
19:38– Et donc, dans un quartier d'isolement, on ne risque rien ?
19:41– Non, parce qu'en fait, tout déplacement est fait, il est seul, il sera seul en cours de promenade,
19:49il sera seul à la bibliothèque, il sera seul partout en fait, quand il se déplace,
19:54et accompagné de trois surveillants.
19:57– Merci beaucoup Coralie Fonati. Maître Leborgne.
20:00– Je trouve que là, on sombre dans le détail sans intérêt,
20:05la querelle intra-administrative, faut-il que ce soit des policiers ?
20:10La pénitentiaire avait-elle la pleine capacité pour protéger le président ?
20:14Ça n'a pas d'intérêt, cette discussion.
20:17– L'intérêt, c'est de mettre en lumière qu'il y a un danger, et qu'il y a des menaces,
20:25et que précisément, le fait que Nicolas Sarkozy soit dans une maison d'arrêt particulière,
20:31organisée, qui est la maison d'arrêt de la santé, il y en a bien d'autres,
20:35elle a été refaite, elle est ancienne, mais elle a été refaite il n'y a pas si longtemps,
20:39pose un problème.
20:40Et la façon dont l'administration estime devoir y répondre,
20:44en plaçant des policiers, ou en mettant ça sous la responsabilité de la pénitentiaire,
20:49je dirais que c'est un détail qui n'a pas véritablement d'intérêt.
20:54Et puis, disons-le, les anciens…
20:55– Les conditions de détention de Nicolas Sarkozy intéressent,
20:58qu'il soit accompagné par deux officiers de policiers,
21:02c'est tellement inédit que ça intéresse.
21:04– Il l'est en permanence quand il est libre,
21:06donc que ces officiers de sécurité le suivent ici en prison ne me paraît pas choquant.
21:11Non, ce que je trouve, si vous voulez, dérisoire,
21:14c'est l'idée d'une polémique entre l'administration pénitentiaire
21:18qui aurait été capable, dit-elle, par la voix de certains de ses représentants,
21:23d'assurer la sécurité, et le fait qu'on n'y ait pas cru
21:26et qu'on ait ajouté des policiers.
21:28Bon, le vrai problème, c'est peut-être de savoir
21:31dans quelle mesure il est possible de laisser Nicolas Sarkozy en prison.
21:36– En tout cas, on s'est mis dans une situation inextricable,
21:39et je crains que chaque journée de détention de Nicolas Sarkozy
21:42va poser des problèmes.
21:43Ce qui est absurde aujourd'hui, c'est qu'il soit en prison.
21:46En effet, cette querelle me semble tout à fait subalterne.
21:49Moi, j'entends dans votre reportage qu'il est à l'isolement.
21:52Je pensais que l'isolement, c'était une peine supplémentaire.
21:55Donc vous voyez bien le caractère totalement incongru de la situation.
21:59– En l'occurrence, c'est pour des raisons de sécurité.
22:01– Il est à l'isolement pour des raisons de sécurité,
22:03alors qu'habituellement, l'isolement est fait
22:05pour donner une peine supplémentaire
22:07pour un détenu qui pose des difficultés.
22:10Donc on est dans l'absurde.
22:12Et chaque jour qui passe fait que cet absurde
22:14va se révéler davantage encore.
22:16– Je voulais rappeler qu'il y avait eu un meurtre
22:20qui avait défrayé la chronique en prison, celui de Colonnaire.
22:23Donc moi, je veux bien qu'on soit dans une sorte de sérénité de principe,
22:28mais enfin, en l'espèce, il vaut peut-être mieux être méfiant.
22:30– Yvan Colonna est condamné définitif.
22:35Yvan Colonna n'est pas à l'isolement.
22:37Il n'est pas à l'isolement, donc il n'est pas protégé.
22:39Il est dans la salle de sport.
22:40– Mais avec quelles conséquences politiques de son assassinat
22:44sur la Corse et la France ?
22:46– Nicolas Sarkozy n'est pas Yvan Colonna.
22:51Et Nicolas Sarkozy ne peut jamais se trouver
22:54dans la situation dans laquelle s'est trouvé Yvan Colonna
22:56le jour où il est mort dans cette salle de sport.
22:59Si Nicolas Sarkozy veut faire du sport, il ira faire du sport.
23:02Et je peux vous dire qu'il n'y aura absolument personne à côté de lui.
23:05Et pour le reste, sur le policier…
23:06– Donc vous dites qu'il ne risque rien.
23:08– Non, il ne risque rien.
23:09– Absolument rien.
23:10– Et sur le policier-gendarme, je suis complètement d'accord avec Thierry Poche,
23:13c'est une ingérence.
23:14– C'est une ingérence.
23:16Est-ce que c'est important ?
23:17Jean-Yves, on se connaît et on s'aime beaucoup.
23:19– Oui, oui.
23:19– Sur le sénateur, est-ce que c'est important pour vous
23:22qu'à un quart-ville, la tuerie d'un quart-ville,
23:25le massacre d'un quart-ville, la mort de ces deux fonctionnaires,
23:29ce sont des surveillants pénitentiaires, d'accord ?
23:32Qui sont là parce qu'ils sont surveillants pénitentiaires.
23:34Magnanville, les policiers qui meurent à main d'huile,
23:36ce sont des policiers, pas des agents pénitentiaires.
23:38C'est important de mettre les choses à leur place, voyez ?
23:41– Mais Dominique, personne ne dit autour de ce plateau,
23:45du moins je le suppose, qu'il y a une incompétence
23:48de l'administration pénitentiaire.
23:50On est dans une situation particulière.
23:52– Je crois que tu t'as fait d'accord avec toi.
23:53– Où on a redoublé de prudence.
23:56Je dirais qu'il est heureux qu'on redouble de prudence.
24:00Parce qu'on pourrait imaginer un incident plus ou moins grave
24:04et on dirait après, normalement ça n'aurait pas dû arriver.
24:08Je n'aime pas les irréels du passé,
24:09je préfère qu'on prenne trop de précautions que pas assez.
24:12– C'est comme si Jean-Yves Leborg allait plaider quelque part
24:14et qu'on lui dise, vous découvriez en arrivant,
24:17que ce n'est pas vous qui êtes là, c'est Dupont-Moretti.
24:19– Et qu'est-ce que la décision ?
24:21– Là, je n'ai pas compris.
24:22– Moi non plus, je vous ai perdu Dominique.
24:25– Vous êtes compétent, vous savez faire votre métier.
24:29Imaginez comment vous réagiriez
24:30ce moment où vous arrivez pour plaider,
24:31où vous disiez, non seulement maître,
24:33ça ne sera pas vous.
24:34Parce que même si vous êtes bon et très bon,
24:37voire excellent, ça ne sera pas vous,
24:38ce sera qu'un autre avocat.
24:40– On n'est pas dans un problème d'égo ni de rivalité.
24:42– Mais c'est la sécurité d'un homme dont il est question.
24:45On parle là, l'enjeu c'est quand même
24:50la sécurité de l'ancien président de la République.
24:52– Ça crée un camouflet, ça crée un malaise.
24:55Et puis quelque part, on se dit que
24:56les personnels de la pénicentiaire
24:58ne sont pas à même de garantir la sécurité d'un président
25:00et même de garantir la sécurité des détenus.
25:03Donc ça veut dire que le centre de la santé
25:05n'est pas si sécurisé que ça.
25:06Moi, ce que je pense quand même, c'est que…
25:08– Alors, vous pensez que oui ?
25:10– Il ne risque rien le président Nicolas Sarkozy.
25:13Et heureusement d'ailleurs,
25:14il sera tout seul même pour aller dans la bibliothèque.
25:16Mais ce que je veux dire, c'est que c'est une première.
25:18Un président en détention, c'est une première.
25:21Il y a de l'indignation, il y a de l'émotion.
25:23Et je pense que la question de sa sécurité
25:26s'est posée sur les plateaux tous les jours.
25:28Et on a voulu y apporter une réponse.
25:30Alors, est-ce que c'est maladroit ou pas ?
25:32Moi, je pense que c'est une maladresse,
25:33mais qu'ils auraient dû quand même,
25:36par rapport aux personnes de la prison de la santé,
25:41ne pas agir comme ils ont agi en imposant de ce policier.
25:44Moi, ça met mal à l'aise profondément.
25:46– Moi, ce qui m'intéresse de savoir,
25:46c'est qui a pris cette décision ?
25:48Est-ce que c'est le ministre de l'Intérieur ?
25:49– C'est le ministre de l'Intérieur.
25:50– Oui, oui, je vous le confirme.
25:51– Le garde des Sceaux a accepté ?
25:52Le ministre de la Justice a accepté ?
25:54– La sécurité du président de la République,
25:56c'est le ministre de l'Intérieur.
25:57– Mais l'organisation de la prison,
25:59c'est bien le garde des Sceaux.
26:00– Oui, mais le président de la République,
26:01l'ancien président de la République,
26:03a une protection policière liée à son statut.
26:06Et donc, le ministre de l'Intérieur,
26:08c'est du ressort de sa compétence.
26:09Et lui, il a fait une analyse, c'est simple,
26:11il a fait une analyse de la situation,
26:12il a considéré qu'il n'y avait pas assez de gardiens
26:15sur l'étage concerné,
26:17et il a ajouté deux policiers.
26:19– Et le ministre de la Justice ne peut pas lui dire
26:20« Je suis assez grand pour savoir ce que j'ai à faire dans mes prisons,
26:23et je suis assez grand pour défendre mon personnel pénitentiaire,
26:25et répondre à Laurent Nunez,
26:27des policiers, je suppose qu'ils se tutoient tous les deux,
26:30des policiers font leur boulot,
26:31mais moi j'ai des agents pénitentiaires
26:32que je vais protéger, qu'ils savent faire le leur.
26:34C'est possible, Bruno, ou pas ?
26:35– Mais à tous les cas, la décision qui a été prise,
26:37c'est que c'est le ministre de l'Intérieur
26:38qui a fait ce choix in fine.
26:40– En tout cas, vous voyez comme les débats de temps en temps
26:43prennent un tour étrange.
26:45On embastille un ancien président de la République,
26:48ça crée des remous à l'intérieur de la prison,
26:50et de quoi parlons-nous ?
26:52Nous, de la rivalité entre la pénitentiaire et la police.
26:55Terrisoire.
26:56– Mais on parle aussi, on a parlé évidemment
26:58de l'enjeu de la sécurité de l'ancien président,
27:01et vous espérez en tout cas mettre le borgne
27:03que cette situation fasse que cette demande
27:06de remise en liberté qu'il a déposée hier
27:07soit étudiée un petit peu plus tôt.
27:10Ça peut être là dans les tout prochains jours ?
27:12– Mais tout à fait, tout à fait.
27:13Le temps nécessaire, c'est celui que les magistrats
27:17de la Cour d'appel vont avoir pour étudier le dossier
27:22et le principe de la remise en liberté ou non.
27:25Donc ça peut se faire en quelques jours si on veut.
27:29Et au fond, la vraie question, et là on repose un problème
27:33qui s'est beaucoup posé, c'est celui de la présomption d'innocence,
27:36de l'effet suspensif de l'appel, de l'utilité, de la signification,
27:41ou au contraire de l'absence de signification de ce mandat de dépôt
27:45qu'on appelle l'exécution provisoire sur tous les plateaux,
27:48mais c'est là le vrai problème.
27:51Ça c'est un sujet sérieux, c'est le cœur du débat judiciaire.
27:54– Et Emmanuel Macron hier a ouvert le débat en disant
27:56il faut le mettre sur la table et il faut pouvoir en discuter.
28:00Laurent Wauquiez sur ce plateau disait que c'est une mauvaise loi,
28:02on aura l'occasion à nouveau d'en parler.
28:04– Allez, merci, je vous mets dehors,
28:06mais je ne mets pas les téléspectateurs dehors,
28:08je ne ferme pas complètement la porte parce qu'on va parler,
28:10on a plein de choses à dire,
28:11mais on aura l'occasion de reparler Dominique, j'en suis sûre.
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