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  • il y a 7 mois
Chaque soir, Julie Hammett et Maxime Switek vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00:00L'autre grand titre à la une de cette soirée, c'est le verdict qui arrive au procès de Célex Jubilard.
00:00:04A-t-il tué Delphine Jubilard le 15 décembre 2020 ?
00:00:08Les jurés de la cour d'assises du Tarn vont faire face à leur intime conviction.
00:00:12Verdict attendu demain à Célex Jubilard.
00:00:14Le parquet réclame 30 ans de prison contre lui.
00:00:16On va vous raconter ce soir les derniers rebondissements du procès,
00:00:19les derniers moments de tension avec tout à l'heure un document inédit
00:00:22concocté par les équipes de Ligne Rouge.
00:00:25Avec nous également un certain nombre de invités qu'on va vous présenter dans un instant.
00:00:28Le procès marqué aujourd'hui par la plaidoirie de plus de 3 heures de son avocate Emmanuelle Franck.
00:00:33On va tout de suite aller retrouver Mathias Tesson.
00:00:35Vous suivez ce procès pour BFM TV.
00:00:37Qu'est-ce qui vous a marqué dans la plaidoirie, les plaidoiries de ces deux avocats Mathias ?
00:00:42D'abord leur durée, Julie très clairement, près de 7 heures de plaidoirie à eux deux.
00:00:49Emmanuelle Franck et Alexandre Martin.
00:00:52D'abord Emmanuel Franck qui ce matin aux alentours de 9 heures s'est adressé directement aux jurés
00:00:59en leur rappelant toute la gravité de la décision qu'ils s'apprêtent à prendre
00:01:04parce que bien sûr, condamné ou pas d'ailleurs, demain, un homme à près de 30 années de réclusion criminelle éventuellement,
00:01:12eh bien ce n'est pas rien, ce n'est pas une décision anodine.
00:01:14Et voilà ce qu'elle leur a dit à ces jurés.
00:01:15Il faut être sûr et certain pour dire à Louis et Elia, les enfants du couple Jubilard bien sûr,
00:01:21que c'est papa qui a tué maman, sûr et certain, de cette décision.
00:01:26Bien sûr, nous sommes les dernières voix d'un homme écrasé, a-t-elle déclaré.
00:01:31Et puis, à l'image de ces quatre semaines d'audience qui viennent de s'écouler ici à Albi,
00:01:37elle a rappelé, elle a repris son travail de démolition scrupuleuse de l'accusation.
00:01:43Tous ces éléments saillants de l'enquête, elle les a démontés à nouveau.
00:01:47Elle a commencé par les cris, vous savez, ces cris effrayants entendus par deux voisines
00:01:52la nuit de la disparition de l'infirmière, la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
00:01:57Ces cris, on ne sait même pas si c'est Delphine, dit Emmanuel Franck.
00:02:00Une seule voix qui dure 5-10 minutes pour un étranglement, ce n'est pas compatible
00:02:05parce que l'étranglement, ça a été l'hypothèse, le scénario soulevé par différents avocats de la partie civile
00:02:10à l'occasion de ce procès.
00:02:11Ensuite, c'était au tour des lunettes, vous savez, les lunettes de Delphine Jubilard
00:02:16retrouvées cassées à l'intérieur de la maison du couple,
00:02:19ce qui a permis à l'accusation de suggérer que cette nuit-là,
00:02:23Cédric Jubilard s'en était pris à Delphine en la frappant.
00:02:26Sauf que, selon l'avocate, il n'y a aucune trace sur les mains de Cédric Jubilard.
00:02:31Et le propre du pétage de plomb, qui semble le scénario le plus crédible à ce jour,
00:02:36c'est de laisser des traces, justement.
00:02:39Et puis, elle a aussi parlé de l'éventuelle dissimulation du corps
00:02:42qui peut être reprochée à Cédric Jubilard.
00:02:45L'avocate a parlé de la météo.
00:02:47Pourquoi ? Parce que la nuit du 15 au 16 décembre,
00:02:49il a rappelé qu'il pleuvait.
00:02:50Elle a rappelé qu'il pleuvait cette nuit-là.
00:02:52Il pleuvait cette nuit-là, dit-elle,
00:02:54et il n'a pas de bout sur ses chaussures,
00:02:56ni dans sa voiture s'étonne-t-elle.
00:02:58Enfin, elle finit par aborder un autre élément très intéressant.
00:03:02Cette lettre, écrite par le jeune Louis,
00:03:05âgé de 11 ans aujourd'hui,
00:03:06le fils de Cédric et Delphine Osaguel.
00:03:10Ce jeune enfant, qui, du haut de ses 11 ans,
00:03:12a, dans une lettre, rappelé que cette nuit-là,
00:03:16il a bel et bien assisté à une dispute entre ses deux parents.
00:03:18L'avocate a parlé d'un témoignage pollué,
00:03:21avec des mots qui ne sonnent pas juste.
00:03:23Un costume bien trop grand, dit-elle, pour un enfant de 11 ans.
00:03:26Mathias Tesson avec Gaëtan Malacca en direct d'Albi.
00:03:29Avant ce verdict, donc, je vous présente,
00:03:30c'est ce qui nous accompagne ce soir.
00:03:33Maître Dylan Slamat, bonsoir.
00:03:34Merci d'être là, avocat pénaliste.
00:03:36Le général Jacques Fonbonne, bonsoir mon général,
00:03:38consultant de police justice pour BFM TV.
00:03:40Pauline Revena, bonsoir Pauline,
00:03:41chef du service police justice de BFM TV.
00:03:43Dominique Rizet nous rejoint également à l'instant.
00:03:46Rebonsoir Dominique.
00:03:47Laurent Vanigui avec nous, le consultant.
00:03:49Et avec nous également, ce soir, Nicolas Poincaré,
00:03:53grand reporter BFM TV, rédacteur en chef, Ligne Rouge.
00:03:55On aura tout à l'heure un document de Ligne Rouge.
00:03:57Et il se trouve que vous avez été juré d'assise également.
00:03:59Et vous allez nous raconter les coulisses.
00:04:01Mais d'abord, on voulait retrouver Lisa Hadef,
00:04:04parce qu'on voulait revenir sur les moments forts
00:04:05qui ont ponctué ces quatre semaines de procès.
00:04:09Vous vouliez commencer, Lisa,
00:04:10par la diffusion d'un enregistrement troublant,
00:04:12dans lequel Cédric Jubilard parle déjà de Delphine au passé.
00:04:16Oui, l'enregistrement date du 17 décembre 2020.
00:04:19Delphine est portée disparue depuis seulement 33 heures.
00:04:22Un cousin enregistre Cédric à son insu.
00:04:25Depuis toujours, Cédric Jubilard affirme
00:04:27qu'il dormait au moment de la disparition de sa femme.
00:04:30Pourtant, sur cet enregistrement,
00:04:31il donne des détails déroutants de ce moment précis
00:04:33avant de se reprendre écouté.
00:04:36Qu'est-ce qu'elle avait comme chaussure ?
00:04:37Des espèces de boots.
00:04:38C'est des trucs très chauds.
00:04:39C'est des trucs chauds l'hiver.
00:04:41Et le pyjama dessous.
00:04:45C'est ce que je suppose.
00:04:48Il se livre aussi sur son couple qui se délite.
00:04:50Admet que Delphine avait bien pris la décision de partir,
00:04:53qu'elle envisageait de refaire sa vie.
00:04:54Il la critique beaucoup
00:04:55et évoque leur couple de colocataires.
00:04:58Alors justement, les jours suivants,
00:04:59la nouvelle vie de couple de Delphine Jubilard est évoquée.
00:05:01Et un témoignage était à ce moment-là très attendu dans le procès.
00:05:04Celui de Dona Jean, surnommé l'amant de Montauban,
00:05:06c'est avec lui que Delphine comptait justement refaire sa vie.
00:05:09Il dit ce jour-là,
00:05:10j'ai l'intime conviction que c'est Cédric Jubilard.
00:05:12Il raconte ses discussions intarissables avec Delphine.
00:05:15Et le 15 décembre,
00:05:16journée charnière dans leur relation extra-conjugale.
00:05:18Quelques heures avant sa disparition,
00:05:20la femme de l'amant, Cathy,
00:05:22envoie ce message à Delphine,
00:05:23laisse la place se libérer avant de la prendre.
00:05:26Dona Jean appelle Delphine,
00:05:27Cathy est à côté de moi,
00:05:28elle m'entend,
00:05:29elle sait qu'on va se séparer.
00:05:30Dernier échange entre les amants,
00:05:3122h55,
00:05:32je t'aime fort,
00:05:33je t'embrasse.
00:05:34Delphine disparaîtra dans la nuit.
00:05:35Le lendemain,
00:05:36coup de théâtre au procès,
00:05:37la nuit de la disparition,
00:05:38plusieurs numéros de téléphone
00:05:39ont été repérés autour de la maison des Jubilards
00:05:41à Cagnac-les-Mines.
00:05:43L'amant de Delphine affirme
00:05:44ne jamais être allé là-bas,
00:05:46mais parmi les numéros relevés,
00:05:47il y a le sien.
00:05:48Sur le procès verbal,
00:05:49cette ligne n'apparaît pourtant pas.
00:05:51La défense accuse alors les enquêteurs
00:05:53d'avoir falsifié la procédure.
00:05:54Le gendarme en charge de la téléphonie dans l'enquête
00:05:56reconnaîtra finalement une erreur de copier-coller.
00:05:59L'audience, Lisa,
00:06:00elle a aussi été marquée
00:06:01par l'interrogatoire de la mère de Cédric Jubilard.
00:06:03Nadine, questionnée sur les propos
00:06:05qu'a tenu son fils Cédric Jubilard au sujet de Delphine.
00:06:07Voici ce qu'elle dit à la barre.
00:06:09Cédric m'a dit,
00:06:09j'en ai marre,
00:06:10elle m'énerve,
00:06:11je vais la tuer,
00:06:11je vais l'enterrer,
00:06:12personne ne va la retrouver.
00:06:14Je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase.
00:06:16Aujourd'hui, tout ce qui compte,
00:06:17c'est le bien-être de mes petits-enfants
00:06:19et la vérité.
00:06:20Les enfants, justement,
00:06:21les grands absents de ce procès,
00:06:23pourtant omniprésents dans les prises de parole.
00:06:25Le fils, Louis,
00:06:26et la fille, Elia.
00:06:27Louis est convaincu du décès de sa mère.
00:06:29Elia, elle, pense qu'elle est vivante.
00:06:31L'administratrice qui les représente
00:06:32rapporte leurs propos bouleversants.
00:06:34Elia nous dit qu'elle aimerait avoir une baguette magique.
00:06:36Elle fait abracadabra
00:06:37pour que sa maman revienne
00:06:38pour ne pas l'oublier.
00:06:39Louis a demandé
00:06:40à ne pas porter le nom Jubilard
00:06:41pour cette rentrée scolaire.
00:06:43Et il y a trois jours,
00:06:43la présidente de la cour d'assises
00:06:44reçoit une lettre.
00:06:45C'est Louis,
00:06:46décrit comme Tézeux,
00:06:47qui a choisi de coucher ses mots,
00:06:48M-A-U-X,
00:06:49sur le papier.
00:06:50Lorsque maman n'avait pas encore disparu,
00:06:51Cédric me demandait
00:06:52de m'agenouiller sur des Legos
00:06:53pendant 30 minutes.
00:06:54Il me demandait
00:06:55de baisser mon pantalon
00:06:56pour me mettre des fessées.
00:06:57Il m'insultait de petits ou gros cons.
00:06:59Cédric Jubilard est interrogé
00:07:00sur le récit de son fils.
00:07:01Je n'ai rien à déclarer,
00:07:02dit-il.
00:07:02La présidente insiste
00:07:04et lui demande
00:07:04« Qu'en pensez-vous ? »
00:07:05Cédric Jubilard répond avec un bref.
00:07:07C'est triste.
00:07:08Merci beaucoup,
00:07:10Lisa Adeph.
00:07:11Pauline Revena.
00:07:12Peut-être une question
00:07:13sur la journée de demain.
00:07:14Comment ça va se dérouler ?
00:07:15Il va prendre la parole
00:07:16pour une dernière fois,
00:07:17Cédric Jubilard.
00:07:17Oui, comme tous les matins,
00:07:19l'audience ouvre à 9h
00:07:19et c'est la dernière fois
00:07:20que tout le monde va se retrouver
00:07:21dans cette cour d'assises
00:07:22et Cédric Jubilard
00:07:23va être appelé
00:07:23par la présidente
00:07:24de la cour d'assises
00:07:25qui va lui demander
00:07:25de se lever dans son box
00:07:26et qui va lui demander
00:07:27s'il a quelque chose à déclarer.
00:07:29Il peut n'avoir rien à déclarer,
00:07:30il peut le dire
00:07:31de manière laconique
00:07:31ou il peut prendre
00:07:32une demi-heure s'il le veut.
00:07:34Ce n'est pas visiblement
00:07:35le modèle du personnage
00:07:36mais on peut s'attendre à tout.
00:07:38Et là,
00:07:38il va probablement,
00:07:39je ne suis pas encore
00:07:40dans sa tête,
00:07:40mais plaider une dernière fois
00:07:42à son innocence.
00:07:43Puis,
00:07:43la cour va partir délibérer.
00:07:44Mais c'est ces derniers mots
00:07:45qui résonneront
00:07:50aussi une partie de la décision.
00:07:52Dominique,
00:07:53il n'y a pas eu
00:07:53de coup de théâtre.
00:07:54Cédric Jubilard
00:07:55n'a rien lâché
00:07:56pendant ces quatre semaines
00:07:57de procès.
00:07:58Tout à l'heure,
00:07:58on avait un président
00:07:59de cour d'assises avec nous.
00:08:00On lui demandait
00:08:01est-ce que vous avez déjà
00:08:02assisté à un coup de théâtre
00:08:03sur le gong
00:08:04où l'accusé dit finalement
00:08:05ok, c'est moi.
00:08:06Le président nous dit
00:08:07ça ne m'est jamais arrivé.
00:08:08Lui, ça ne lui est jamais arrivé.
00:08:10Il y a une histoire.
00:08:11C'est Maître Morin
00:08:11qui était avocat
00:08:12qui défendait un violeur
00:08:13qui avait été condamné
00:08:15une première fois.
00:08:16Donc, il le défend en appel
00:08:18en appel d'assises
00:08:20et il raconte
00:08:22que l'homme lui tape
00:08:25sur l'épaule
00:08:25et lui dit
00:08:26au moment où il va se lever
00:08:27pour plaider
00:08:28laissez tomber Maître
00:08:29c'est moi.
00:08:30J'avoue.
00:08:31Donc, des aveux à l'audience.
00:08:33C'était en appel.
00:08:34C'était en appel.
00:08:35Mais j'en connais
00:08:36juste cette histoire.
00:08:38Dylan Slama,
00:08:39est-ce que c'est le but
00:08:39de cette dernière prise de parole
00:08:42tentée peut-être
00:08:43à la fin de plusieurs journées
00:08:45de procès
00:08:46de quatre semaines
00:08:46dans ce procès-là
00:08:47en l'occurrence
00:08:48de faire parler
00:08:48Cédric Jubilard
00:08:50qui a déjà été longuement entendu
00:08:51lundi dernier ?
00:08:52Pas vraiment.
00:08:53C'est le code de prise de charge pénale
00:08:54qui prévoit
00:08:55et c'est normal
00:08:55que l'accusé ait la parole
00:08:56en dernier.
00:08:57Le but,
00:08:58c'est de lui laisser
00:08:58une dernière chance
00:08:59de s'expliquer
00:08:59parce que c'est d'abord
00:09:00son procès.
00:09:01Il y a beaucoup de personnes.
00:09:02Il y a les avocats.
00:09:03Il y a beaucoup de partis civils.
00:09:04Il y a tout un tas de monde.
00:09:06Mais ce n'est pas le procès
00:09:07de Madame Jubilard,
00:09:10de la victime.
00:09:10C'est d'abord le procès
00:09:11de Cédric Jubilard.
00:09:12Donc c'est normal
00:09:12que ce soit lui
00:09:13qui ait la parole
00:09:13l'an dernier
00:09:14pour s'exprimer.
00:09:15Effectivement,
00:09:16des coups de théâtre,
00:09:16ça peut arriver.
00:09:17Moi,
00:09:17je n'y crois pas trop demain.
00:09:17J'en ai déjà vécu
00:09:18un en cours d'assise
00:09:19également
00:09:20où quelqu'un
00:09:21est passé aux aveux.
00:09:22Je l'ai vécu en direct.
00:09:23C'est toujours des moments
00:09:23très forts,
00:09:24très émouvants.
00:09:25Qu'est-ce qui se passe ?
00:09:25Attendez,
00:09:26je ne sais pas ce que vous pouvez dire
00:09:26de cette affaire-là
00:09:27et ce qui se passe à ce moment-là.
00:09:28Mais racontez-nous.
00:09:29Elle a été jugée,
00:09:30donc je peux en parler.
00:09:31Mais alors,
00:09:31c'était une affaire
00:09:31de rix mortel
00:09:32où il y avait eu
00:09:33malheureusement
00:09:34une victime qui était décédée.
00:09:35Rix mortel,
00:09:36ça veut dire qu'en fait,
00:09:37il y avait une petite dizaine
00:09:38d'accusés,
00:09:38mais on ne savait pas
00:09:39qui avait porté le coup mortel.
00:09:40Et donc,
00:09:40quand on ne sait pas,
00:09:41il y a un coaction,
00:09:42on interroge un tel.
00:09:43Pendant toute l'instruction,
00:09:44on ne sait pas,
00:09:44on ne sait pas.
00:09:45Et au bout d'un moment,
00:09:46au moment du procès,
00:09:47il y en a un qui a décidé
00:09:47de prendre sa responsabilité,
00:09:48de dire,
00:09:49voilà,
00:09:49c'est moi qui ai donné
00:09:50le coup mortel.
00:09:52Donc,
00:09:52c'est assez fort,
00:09:53assez courageux.
00:09:54Bien sûr,
00:09:54il a été condamné,
00:09:56mais c'est vrai
00:09:57que c'était un moment
00:09:58assez fort,
00:09:58y compris pour les proches
00:09:59de les victimes
00:10:00qui étaient présents.
00:10:01Et donc,
00:10:02c'était un coup de théâtre
00:10:02parce qu'encore une fois,
00:10:03après trois ans
00:10:03ou quatre ans d'instruction,
00:10:04pendant trois ou quatre ans,
00:10:05tout le monde disait,
00:10:05c'est pas moi,
00:10:06c'est pas moi,
00:10:06c'est pas moi.
00:10:07Donc,
00:10:07voilà,
00:10:07c'est des moments
00:10:08qui arrivent quand même.
00:10:09Les aveux,
00:10:11Laurent Valdiguier,
00:10:13ça reste un élément clé
00:10:15dans un procès,
00:10:17dans,
00:10:18je veux dire,
00:10:19maintenant,
00:10:19on a accès à tout un tas
00:10:19de technologies,
00:10:20etc.
00:10:21Est-ce que les aveux,
00:10:22c'est quand même,
00:10:22ça reste ce qu'on attend
00:10:24dans le procès ?
00:10:24Ça enlève les signes
00:10:26dans le pied de tout le monde.
00:10:27Parce que s'il y a des aveux,
00:10:28il n'y a plus de doutes.
00:10:29Et s'il n'y a plus de doutes,
00:10:30c'est plus simple pour tout le monde.
00:10:32C'est pour ça que tout le monde
00:10:32attend des aveux,
00:10:33parce que tout le monde attend,
00:10:34personne n'aime.
00:10:35Mettez-vous à la place
00:10:36de ces six jurés,
00:10:38qui sont brinque-ballés
00:10:41depuis un mois
00:10:42de certitude en doute
00:10:44et de doute en certitude.
00:10:45Il y a quand même eu
00:10:46des moments forts
00:10:49la maman de Cédric Jubilaire
00:10:51qui quand même la câble.
00:10:53Alors que d'habitude,
00:10:54c'est un des avocats
00:10:55qui a plaidé ça,
00:10:55qui a dit d'habitude,
00:10:56y compris au procès Mera,
00:10:57la maman de Mera,
00:10:58elle était venue le défendre.
00:11:01Et puis il y a eu ce jour
00:11:04où la défense a découvert
00:11:05qu'il y avait quand même
00:11:06le téléphone de l'amant
00:11:07dans une liste de téléphones
00:11:08qui bornait au domicile.
00:11:09Et c'est vrai que
00:11:10quand on a regardé ça,
00:11:11si c'était vrai,
00:11:13le gendarme a expliqué
00:11:14que c'était une erreur.
00:11:16Mais si ça avait été vrai,
00:11:17c'était de nature
00:11:18à faire dérailler l'audience
00:11:19complètement.
00:11:20Donc il y a quand même eu
00:11:21des moments,
00:11:22c'est toujours un toboggan
00:11:23émotionnel,
00:11:24un procès d'assises.
00:11:25Vous passez par toutes
00:11:26les couleurs de l'arc-en-ciel.
00:11:28Et puis aujourd'hui,
00:11:28il y a eu une magnifique
00:11:29plaidoirie ce matin.
00:11:31Elle a fini en larmes.
00:11:34Et puis...
00:11:35L'avocate de Cédric Jubilard,
00:11:36certains parlent d'une
00:11:37plaidoirie d'anthologie.
00:11:38C'était une magnifique
00:11:39plaidoirie alors.
00:11:40C'est ce qu'on lit
00:11:40dans le Figaro ce soir.
00:11:41Tout à l'heure,
00:11:42on demandait au président
00:11:42d'assises,
00:11:44Monsieur le Président,
00:11:45est-ce que dans votre...
00:11:46Il a jugé 200 procès d'assises.
00:11:48Est-ce que vous avez
00:11:49déjà une plaidoirie
00:11:50renverser la table
00:11:51à la fin ?
00:11:53Alors,
00:11:53il avait l'air de dire
00:11:54que non.
00:11:55Mais enfin quand même,
00:11:56ça peut.
00:11:57Et puis c'est vrai
00:11:58que c'est une importance
00:11:59pour les jurés.
00:11:59C'est vrai.
00:12:00Après tout,
00:12:00cette nuit-là,
00:12:01au moment où on parle,
00:12:02c'est la nuit du doute
00:12:03pour les jurés
00:12:04ou la nuit des certitudes.
00:12:06On va voir.
00:12:06On verra demain.
00:12:07On va retrouver
00:12:08Mathias Tesson.
00:12:08Vous avez suivi,
00:12:09Mathias,
00:12:10devant la cour d'assises
00:12:10cette plaidoirie
00:12:11de Maître Emmanuel Franck,
00:12:12notamment Maître Emmanuel Franck
00:12:14qui défend Cédric Jubilard.
00:12:15Est-ce que vous diriez
00:12:16vous aussi
00:12:17que c'était cet après-midi
00:12:18une défense d'anthologie ?
00:12:19On rappelle son but,
00:12:20c'est de mettre le doute
00:12:21dans la tête
00:12:22des jurés d'assises.
00:12:25Alors, humblement,
00:12:27je n'ai qu'une trentaine d'années
00:12:28donc je ne serai pas
00:12:28en capacité de vous dire
00:12:29si, en comparaison
00:12:30avec d'autres plaidoiries,
00:12:31il s'agissait ce matin
00:12:32d'une plaidoirie d'anthologie.
00:12:35Mais en revanche,
00:12:35ce que je peux vous dire,
00:12:36c'est qu'elle a effectivement
00:12:37saisi tout le monde,
00:12:38Emmanuel Franck,
00:12:39quand, à l'issue
00:12:39de ses quatre heures
00:12:40de plaidoiries,
00:12:42eh bien,
00:12:42elle avait des trémolos
00:12:43dans la voix
00:12:45et la voix qui tremblait,
00:12:47elle semblait être allée
00:12:48au bout d'elle-même,
00:12:49elle aussi,
00:12:50dans ce procès.
00:12:51Elle a fini par s'adresser
00:12:52directement aux jurés
00:12:54en leur disant
00:12:55en substance,
00:12:56voilà, moi,
00:12:57j'ai fini la partie
00:12:58de mon travail.
00:12:58Désormais,
00:13:00je vais me taire.
00:13:01Cédric Jubilard,
00:13:02je l'ai défendu
00:13:03devant le juge d'instruction,
00:13:04je l'ai défendu
00:13:04devant les journalistes,
00:13:05je l'ai défendu
00:13:06devant les inconnus
00:13:08et maintenant,
00:13:09jurez,
00:13:10elle continuait
00:13:10à s'adresser à eux.
00:13:12Je vous en conjure,
00:13:13en quelque sorte,
00:13:15mettez fin
00:13:15à ce cauchemar.
00:13:17Ce sont les mots
00:13:18qu'elle a utilisés.
00:13:18Elle a utilisé le mot
00:13:19cauchemar
00:13:20pour décrire
00:13:21ces cinq années
00:13:23d'information judiciaire,
00:13:25ces quatre ans et demi
00:13:25quasiment de détention
00:13:26provisoire
00:13:27pour Cédric Jubilard.
00:13:29Et on a su,
00:13:30à l'issue
00:13:30de ces plaidoiries,
00:13:32les quelques mots
00:13:33qui ont été échangés
00:13:34entre les deux avocats
00:13:35de Cédric Jubilard
00:13:36et Cédric Jubilard
00:13:37en personne,
00:13:38Cédric Jubilard
00:13:38les a remerciés
00:13:39pour leur plaidoirie.
00:13:42Voilà pour
00:13:43cette plaidoirie
00:13:44évidemment très intéressante
00:13:46et un tout dernier élément
00:13:47avant de rendre
00:13:48la parole,
00:13:50Emmanuel Franck,
00:13:50elle a terminé
00:13:51sa plaidoirie
00:13:53aussi en rappelant
00:13:54toutes les pistes
00:13:55qui n'avaient pas été
00:13:55encore suffisamment
00:13:57explorées jusqu'à présent.
00:13:59Elle a notamment parlé
00:13:59d'une liste
00:14:00de près de 250 personnes
00:14:02fichées au fichier
00:14:04des auteurs
00:14:04d'infractions sexuelles
00:14:05qui se trouvaient
00:14:06à proximité
00:14:07de Cagnac-Lamine
00:14:07au moment de la disparition
00:14:09et elle considère
00:14:10que toutes ces autres hypothèses
00:14:13n'ont pas été
00:14:13suffisamment explorées.
00:14:16Tout ça est de nature
00:14:17bien sûr à continuer
00:14:17à instiller le doute
00:14:19dans la tête
00:14:19des jurés
00:14:20alors qu'ils devront
00:14:21prendre leur décision demain.
00:14:23Merci Mathias,
00:14:24on sera dans un instant
00:14:24avec Maître Bati
00:14:25qui défend partie
00:14:26de la famille
00:14:26de Delphine Jubilard.
00:14:28On va revenir
00:14:29sur le doute,
00:14:30on va revenir
00:14:30sur l'intime conviction,
00:14:31je sais que ça passionne
00:14:32le général Fontbonne
00:14:33évidemment
00:14:33et malgré tout
00:14:36de cette absence
00:14:36de preuve accablante
00:14:37dans ce procès
00:14:38et comment est-ce qu'on fait
00:14:38à la fin
00:14:38pour éventuellement
00:14:39condamner un homme
00:14:40sans preuve accablante
00:14:41on va y revenir.
00:14:42Mais d'abord Nicolas Poincaré
00:14:43vous avez été
00:14:43dans la peau des jurés
00:14:44qui demain vont devoir
00:14:45décider du sort
00:14:46de Cédric Jubilard.
00:14:47Au moment où il parle
00:14:48Cédric Jubilard
00:14:49il termine sa prise
00:14:49de parole demain
00:14:50ensuite la cour se retire.
00:14:52Qu'est-ce qui se passe
00:14:53à ce moment-là ?
00:14:53Nous, on ne l'a jamais vu.
00:14:55Qu'est-ce qui se passe
00:14:55à ce moment-là ?
00:14:56Moi je l'ai vécu trois fois
00:14:57puisque j'ai été juré
00:14:58trois fois devant
00:14:59la cour d'assises de Paris
00:15:00il y a quelques années maintenant.
00:15:01Quand les portes se referment
00:15:02on dit
00:15:03voilà maintenant
00:15:03les jurés vont commencer
00:15:04à délibérer.
00:15:05En fait c'est pas vrai.
00:15:06En fait ils délibèrent
00:15:07depuis le premier jour
00:15:08les jurés.
00:15:09Quand on s'enferme
00:15:10pour ce qu'on appelle
00:15:11le délibéré
00:15:12c'est la suite
00:15:12d'une très très longue conversation.
00:15:14Nous on avait un président
00:15:15qui était un gros fumeur
00:15:16donc il faisait des pauses club
00:15:17toutes les heures
00:15:17et donc dès le premier jour
00:15:19la première heure
00:15:20on commençait à parler
00:15:21entre nous
00:15:21et puis deuxième
00:15:22et puis on va à la cantine
00:15:23tous les jours
00:15:23à la cantine du palais de justice
00:15:24et puis le soir
00:15:25on reste sur le trottoir
00:15:27du palais de justice
00:15:27des heures
00:15:28parfois jusqu'à la nuit
00:15:29et quand t'arrives finalement
00:15:31alors là il y a eu un mois
00:15:32donc ils se connaissent par cœur
00:15:33tous les jurés
00:15:33du procès Jules Bière
00:15:34donc nous
00:15:35on ne sait pas
00:15:36mais eux ils savent
00:15:37eux ils savent
00:15:38est-ce qu'il y en a trois
00:15:39parmi eux
00:15:39qui vont douter suffisamment
00:15:41pour ne pas voter la condamnation
00:15:42parce qu'on rappelle
00:15:43que c'est
00:15:43pardon pour ce petit point
00:15:45ils sont neuf au total
00:15:46entre les professionnels
00:15:47et les jurés populaires
00:15:48à décider du sort
00:15:49de Cédric Jubilard
00:15:50il y en a neuf
00:15:50si sur les neuf
00:15:51trois décident de la quitter
00:15:53il est à quitter
00:15:54voilà il faut sept voix sur neuf
00:15:56pour le condamner
00:15:56donc trois suffisent
00:15:58à la quitter
00:15:59et donc je vous dis
00:16:00nous on ne sait pas
00:16:00mais eux
00:16:01eux doivent savoir
00:16:02ils parlent entre eux
00:16:03je vous dis
00:16:04ils déjeunent tous les jours
00:16:05etc
00:16:05et vous essayez de vous convaincre
00:16:07entre vous
00:16:07bien sûr
00:16:07bien sûr
00:16:08et pas seulement au moment
00:16:09du débit
00:16:10au moment du délibéré
00:16:11en fait on est enfermé
00:16:12en l'occurrence
00:16:13le président que nous on avait
00:16:14il organisait les choses
00:16:15en donnant la parole à chacun
00:16:16et on ne devait pas s'interrompre
00:16:18il y avait beaucoup de respect
00:16:19entre nous
00:16:19on s'écoutait
00:16:20moi je trouve qu'il y avait
00:16:21une sorte d'intelligence commune
00:16:23ce groupe qui n'était pas
00:16:24flamboyant au début
00:16:25au bout d'une semaine
00:16:27on sentait qu'il y avait
00:16:29voilà
00:16:29mais on sent la lourdeur
00:16:31de la responsabilité
00:16:33ah bah oui
00:16:33je peux vous demander
00:16:34quelle affaire c'était
00:16:35alors il y en avait trois
00:16:36il y en a une
00:16:37c'était une série de braquages
00:16:39par un mineur
00:16:40qui avait déjà fait
00:16:41près de quatre ans
00:16:41de préventive
00:16:42et qu'on a condamné
00:16:43à moins de quatre ans
00:16:44donc il est sorti le soir même
00:16:45et il a refait des bêtises derrière
00:16:47c'était pas une grande réussite
00:16:48mais enfin c'était le seul
00:16:49et puis il y avait
00:16:50un violeur d'enfant
00:16:51donc là c'était très lourd
00:16:52parce qu'il reconnaissait les faits
00:16:54il avait pleuré
00:16:54pendant toute l'audience
00:16:55donc là c'était surtout
00:16:56le quantum de la peine
00:16:57qui était très délicat
00:16:58donc on parlait
00:16:59comme ça chacun son tour
00:17:01le président nous donnait la parole
00:17:02et puis après
00:17:03ce sont des débats
00:17:03un peu plus informels
00:17:04on peut commencer
00:17:05là à s'engueuler un peu
00:17:06à se dire je suis d'accord
00:17:07pas d'accord
00:17:07et puis c'est finalement
00:17:09le président qui a
00:17:10entre les mains
00:17:11le choix du moment
00:17:13où on va passer au vote
00:17:14et ça c'est important
00:17:15où il porte le temps
00:17:16des murs pour décider
00:17:16en fait c'est une lente maturation
00:17:19c'est une cuisson lente
00:17:19si je puis dire
00:17:20c'est ça
00:17:20ça mijote
00:17:21et puis quand il sent
00:17:22que c'est à point
00:17:23on y va
00:17:24maintenant on vote
00:17:25et là donc on vote
00:17:26et il faut que
00:17:287 sur 9
00:17:29votent la même peine
00:17:31donc mettons demain
00:17:32qu'il y en ait
00:17:33qui soient pour des peines
00:17:34qui passent pas suffisamment sûres
00:17:36qui n'aient pas envie
00:17:36de mettre perpète
00:17:37ni 20 ans
00:17:37ni 30 ans
00:17:38qui veulent 15 ou 14
00:17:39tant qu'il n'y en aura pas 7
00:17:41qui voteront la même
00:17:42donc on partira de perpète
00:17:43et puis on descendra
00:17:44à 30, 25, 20, 19, 18, 17
00:17:48et à chaque fois
00:17:48on n'a plus le droit
00:17:49de voter la peine maximum
00:17:50si vous avez voté 20 ans
00:17:51et qu'il n'y en a pas eu 7
00:17:52c'est 19 le max
00:17:5318, 17
00:17:54et jusqu'à ce que
00:17:557 tombent sur le même chiffre
00:17:57et alors je ne sais pas
00:17:57si dans votre cas
00:17:58c'était des affaires
00:17:59ultra médiatisées ou pas
00:18:00mais comment on se protège
00:18:01de la presse
00:18:03des médias
00:18:04est-ce qu'on reste influencé
00:18:05par ce qui se dit
00:18:06sur les plateaux télé
00:18:07alors ça je ne peux pas vous le dire
00:18:08parce que les 3 petites affaires
00:18:09c'était les 3 petites affaires
00:18:10et il n'y avait rien dans les journaux
00:18:12bon on va se tourner
00:18:13vers Maître Mourad Batik
00:18:14bonsoir Maître
00:18:14et merci d'être en direct
00:18:15avec nous depuis Albi
00:18:17ce soir
00:18:18vous êtes l'avocat
00:18:19de l'oncle et de la tante
00:18:20de Delphine Jubilard
00:18:21vous venez de participer
00:18:23à ce procès
00:18:23de défendre la famille
00:18:25une partie de la famille
00:18:25de Delphine Jubilard
00:18:264 semaines de procès
00:18:28on a démarré ce procès
00:18:29avec vous
00:18:30où on expliquait
00:18:31qu'il n'y avait pas d'aveu
00:18:32pas de scène de crime
00:18:33pas de corps
00:18:34dans ce procès
00:18:35mais qu'il fallait devoir juger
00:18:36Cédric Jubilard
00:18:38à l'arrivée
00:18:39de ces 4 semaines
00:18:40il n'y a toujours pas de crème
00:18:42de scène de crime
00:18:43il n'y a toujours pas de corps
00:18:44il n'y a toujours pas d'aveu
00:18:45comment est-ce que vous vivez-vous
00:18:47cela ?
00:18:48est-ce qu'il y a de la frustration
00:18:49chez vous
00:18:50après ces 4 semaines de procès ?
00:18:54Non non
00:18:54il n'y a aucune frustration
00:18:55ça fait 4 ans
00:18:56que je m'égosille
00:18:58à dire à tout le monde
00:18:58que ce dossier
00:19:00n'est pas vide
00:19:00je l'ai fait
00:19:01envers et contre tous
00:19:03aujourd'hui
00:19:03je ne sais pas
00:19:04si l'histoire me donne raison
00:19:05on verra encore
00:19:06dans quelques heures
00:19:07il ne faut pas
00:19:07vendre la peau de l'ours
00:19:08avant de l'avoir tué
00:19:09néanmoins
00:19:10je crois qu'on a pu
00:19:11de manière très objective
00:19:12se rendre compte
00:19:13que ce dossier n'est pas vide
00:19:14comme je le dis
00:19:15depuis longtemps maintenant
00:19:16et quant au fait
00:19:17qu'il n'y ait pas
00:19:19de scène de crime
00:19:20c'est parfaitement faux
00:19:21vous n'avez aujourd'hui
00:19:22pas de corps
00:19:23parce que le corps
00:19:24a été dissimulé
00:19:25en revanche
00:19:26vous avez une scène de crime
00:19:27vous avez une scène de crime
00:19:28qui se dessine
00:19:29à travers les cris
00:19:30à travers les cris
00:19:31que la voisine entend
00:19:32à travers les chiens
00:19:34qui sont devant la porte
00:19:35à travers le regard de Louis
00:19:37à travers la perte
00:19:38de lunettes cassées
00:19:39à travers la machine à laver
00:19:40à travers la voiture
00:19:42qui a été déplacée
00:19:42à travers la condensation
00:19:43à l'intérieur de la voiture
00:19:44et donc vous voyez
00:19:45que cette scène de crime
00:19:46elle se dessine tranquillement
00:19:48et donc si on a
00:19:49une scène de crime
00:19:50à l'intérieur du domicile
00:19:52de Cédric
00:19:53et de Delphine Jubilard
00:19:54on tient un criminel
00:19:55dont vous avez
00:19:56l'intime conviction
00:19:57qu'il l'a fait
00:19:58c'est au-delà
00:20:02de mon intime conviction
00:20:03on s'en fiche un peu
00:20:03de mon intime conviction
00:20:04c'est pas mon rôle
00:20:05ça ce sera le rôle des jurés
00:20:06en revanche
00:20:06au regard de ce qu'il y a
00:20:08aujourd'hui dans le dossier
00:20:09oui Cédric Jubilard
00:20:10est clairement impliqué
00:20:12dans la disparition
00:20:13de Delphine
00:20:14et ce sont les éléments
00:20:15objectifs du dossier
00:20:16qui le disent
00:20:17qu'est-ce que vous retenez
00:20:18de la personnalité
00:20:20de Cédric Jubilard
00:20:21vous l'avez vu
00:20:22pendant 4 semaines
00:20:23pendant ce procès
00:20:24qu'est-ce qui vous a marqué
00:20:25chez lui ?
00:20:28ce qui m'a marqué
00:20:29mais je m'y attendais
00:20:30évidemment
00:20:30c'est son incapacité
00:20:32à parler
00:20:33son incapacité
00:20:34à discourir
00:20:35son incapacité
00:20:35à répondre aux questions
00:20:37si vous voulez
00:20:37Cédric Jubilard
00:20:38c'est un homme
00:20:39qui pendant
00:20:40tout le long de ce procès
00:20:41pendant ces 4 semaines
00:20:42a été laconique
00:20:44et très souvent
00:20:46monosyllabique
00:20:46c'est-à-dire que
00:20:47ses réponses
00:20:47c'était oui
00:20:49non peut-être
00:20:49je ne sais pas
00:20:50je ne sais plus
00:20:51si vous le dites
00:20:52et c'était une stratégie
00:20:53qui était la sienne
00:20:54parce qu'il savait très bien
00:20:55que s'il faisait un sujet
00:20:56verbe complément
00:20:57et qu'il s'aventurait
00:20:59à faire des phrases
00:21:00un peu longues
00:21:01et bien il y avait
00:21:01la possibilité
00:21:02de le démasquer
00:21:04dans ses contradictions
00:21:04et dans ses mensonges
00:21:05d'ailleurs à chaque fois
00:21:06qu'il l'a fait
00:21:07il s'est contredit
00:21:07il a menti
00:21:08et ça a été
00:21:09ça a été un véritable carnage
00:21:10donc sa stratégie
00:21:12c'était de répondre
00:21:12très peu
00:21:13et au final
00:21:14on l'a tous noté
00:21:15il a été absent
00:21:16de son propre procès
00:21:17vous dites votre certitude
00:21:19de la culpabilité
00:21:20c'est avec Jubilard
00:21:21maître Batik
00:21:21les différents éléments
00:21:23que vous donniez
00:21:24tout à l'heure
00:21:24je ne dis pas ma certitude
00:21:25je ne dis pas la certitude
00:21:27je ne dis pas la certitude
00:21:28de la culpabilité
00:21:29je dis
00:21:29quels sont les éléments
00:21:31objectifs
00:21:32qu'il y a dans le dossier
00:21:33moi je ne suis pas là
00:21:33pour dire
00:21:34s'il est coupable
00:21:35ou s'il est innocent
00:21:35ça c'est pas mon rôle
00:21:36ce sera le rôle des jurés
00:21:37qui rendront leur décision
00:21:39au nom du peuple français
00:21:41moi je dis juste
00:21:42qu'il y a un certain nombre
00:21:42d'éléments dans le dossier
00:21:43qui objectivement
00:21:44impliquent Cédric Jubilard
00:21:46et est-ce que ce soir
00:21:47malgré tout
00:21:48vous avez un doute
00:21:49sur le fait que demain
00:21:49il puisse être
00:21:51par exemple
00:21:51acquitté
00:21:52au regard des éléments
00:21:53que je vous ai dit tout à l'heure
00:21:54pardon de les répéter
00:21:55mais pas de corps
00:21:56et malgré ce que vous dites
00:21:57malgré ce qu'a pu dire
00:21:58le procureur
00:21:59pas de scène de crime
00:22:00évidente et certaine
00:22:02mais ça veut dire quoi
00:22:05monsieur Svitek
00:22:06ça veut dire qu'il y aurait
00:22:07une prime à ceux
00:22:08qui cachent les corps
00:22:09et à ceux qui les cachent bien
00:22:10et donc à partir du moment
00:22:11où on cacherait
00:22:12on planquerait bien un corps
00:22:13on tuerait une personne
00:22:14et on planquerait bien le corps
00:22:15et bien ça suffirait
00:22:16à vous disculper
00:22:17et vous seriez innocenté
00:22:19vous seriez acquitté
00:22:20à chaque fois en cas d'assise
00:22:21évidemment que ça ne fonctionne
00:22:22pas comme ça
00:22:23et heureusement
00:22:23que ça ne fonctionne pas comme ça
00:22:25maintenant
00:22:25quant à l'issue
00:22:27du délibéré de demain
00:22:29je suis bien incapable
00:22:29de me prononcer
00:22:30moi mon rôle
00:22:31ça n'est pas celui-ci
00:22:32mon rôle
00:22:32c'est de porter la voix
00:22:34de ceux qui ne peuvent pas
00:22:36s'exprimer
00:22:37dans ce décorum
00:22:38dans cette cour d'assise
00:22:39parce que leurs jambes
00:22:40sont sciées
00:22:41parce qu'ils sont
00:22:41absolument dans l'incapacité
00:22:44au regard de l'émotion
00:22:45qui est la leur
00:22:45de pouvoir s'exprimer
00:22:47et peut-être aussi
00:22:47très humblement
00:22:48de porter un petit peu
00:22:49en partie
00:22:50la voix de Delphine
00:22:51de la grande absente
00:22:52de cette cour d'assise
00:22:54qui ne peut plus s'exprimer
00:22:55après le délibéré
00:22:56moi je ne peux rien vous dire
00:22:57ce sera
00:22:57ce sera aux jurés
00:22:59encore une fois
00:22:59qui se prononceront
00:23:00au nom du peuple français
00:23:01de rendre le délibéré
00:23:03et ça en fera
00:23:03une vérité judiciaire
00:23:04encore une question
00:23:05maître Batik
00:23:06puisque vous dites
00:23:07ce serait une prime
00:23:08à celui qui arriverait
00:23:09à cacher le corps
00:23:10là aussi
00:23:11pas de certitude
00:23:12là-dessus
00:23:12aucune certitude
00:23:13est-ce que vous regrettez
00:23:14par exemple
00:23:14d'une certaine manière
00:23:16que dans l'enquête
00:23:18des gendarmes
00:23:18après 5 ans d'enquête
00:23:19il n'y ait pas
00:23:20effectivement
00:23:21il manque un certain
00:23:22nombre d'éléments
00:23:23d'éléments accablants
00:23:24contre Sénégie Jubilard
00:23:25je crois que vous avez
00:23:29des pénalistes
00:23:29de qualité
00:23:30sur le plateau
00:23:32et je pense notamment
00:23:33à mon confrère
00:23:33Dylan Slama
00:23:35brillantissime
00:23:36et qui vous confirmera
00:23:37évidemment
00:23:37qu'un dossier
00:23:39dans lequel
00:23:40vous avez
00:23:4015 tomes
00:23:42plus de
00:23:43des milliers
00:23:44des dizaines
00:23:45de milliers
00:23:45de cotes
00:23:46avec des actes
00:23:46d'investigation
00:23:47extraordinaires
00:23:49qui ont été
00:23:50qui ont été faits
00:23:51qui ont été établis
00:23:524 semaines
00:23:53de procès
00:23:54en cours d'assise
00:23:54non on peut
00:23:55tout dire
00:23:58pour faire bien
00:23:59on peut dire
00:24:00que le dossier est vide
00:24:01on peut dire
00:24:01qu'il n'y a rien
00:24:02la réalité
00:24:02c'est que quand vous avez
00:24:034 semaines
00:24:04de procès
00:24:05et quand vous avez
00:24:05des dizaines
00:24:06de milliers de cotes
00:24:06et des dizaines
00:24:07de tomes
00:24:08non on ne peut pas dire
00:24:08que rien n'a été fait
00:24:09les gendarmes
00:24:10ont fait leur boulot
00:24:11les magistrats instructeurs
00:24:12ont fait leur boulot
00:24:13je sais critiquer
00:24:14l'institution judiciaire
00:24:15dès lors qu'il faut la critiquer
00:24:16mais il faut aussi
00:24:17ne pas être caricatural
00:24:18et dire que lorsque
00:24:20les choses sont bien faites
00:24:20et là cette enquête
00:24:22elle a été bien faite
00:24:23Merci beaucoup
00:24:24Maître Batik
00:24:25d'avoir été avec nous
00:24:26ce soir en direct
00:24:26d'Albi
00:24:27Vous confirmez
00:24:27Maître Slama ?
00:24:28Pas forcément
00:24:29tout flatteur
00:24:30vit au dépend
00:24:30de celui qui l'écoute
00:24:31donc j'ai essayé
00:24:32de ne pas forcément
00:24:33abonder dans son sens
00:24:34si vous voulez
00:24:35il y a quelque chose
00:24:35d'assez remarquable
00:24:37c'est qu'on peut
00:24:37renverser l'argument
00:24:384 semaines d'assises
00:24:39et un dossier
00:24:40qui fait des milliers
00:24:41de pages
00:24:41effectivement
00:24:41c'est peut-être
00:24:43que justement
00:24:43on peine aussi
00:24:44à trouver
00:24:44le PV
00:24:45qui est marquant
00:24:46parce que je vais vous dire
00:24:47des procès d'assassinat
00:24:48y compris
00:24:48compliqués
00:24:49qui sont aussi lourds
00:24:53si jamais l'effet
00:24:54était si accablant
00:24:55et si jamais
00:24:55c'était si simple que ça
00:24:56il n'y aurait pas besoin
00:24:56de prendre 4 semaines
00:24:57et pas besoin
00:24:57de faire 34 tomes
00:24:59de procédures
00:24:59donc si on va chercher
00:25:00aussi loin
00:25:01c'est peut-être aussi
00:25:02que ce n'est pas si évident
00:25:03que ça
00:25:03donc vous voyez
00:25:03que tout est réversible
00:25:04Peut-être qu'on peut
00:25:05écouter quand même
00:25:05Emmanuel Franck
00:25:06l'une des avocats
00:25:07de Cédric Jubilard
00:25:08sur ce qu'impliquerait
00:25:11une condamnation
00:25:12demain de Cédric Jubilard
00:25:13S'il est condamné
00:25:15ce sera problématique
00:25:16sur l'idée
00:25:17qu'on se fait de la justice
00:25:18parce que condamner un homme
00:25:20sur un dossier pareil
00:25:20ça n'est pas possible
00:25:21je dirais même
00:25:22quel que soit
00:25:22ce qu'on en pense
00:25:23ça n'est pas possible
00:25:24se contenter de dire
00:25:25il a le profil
00:25:26donc c'est certainement lui
00:25:27ça ne peut être que lui
00:25:28et ce ne peut être
00:25:29qu'un crime
00:25:29c'est un précédent
00:25:31Dominique Rizet
00:25:32depuis le début
00:25:33l'idée des avocats
00:25:35c'est de dire
00:25:35ce dossier
00:25:36il est vide
00:25:37il n'y a rien
00:25:37oui
00:25:38alors écoutez
00:25:39on a écouté tout à l'heure
00:25:40Mourad Batik
00:25:41c'est l'un des avocats
00:25:42des partis civils
00:25:43donc partis civils
00:25:44on le sait
00:25:44sur les familles
00:25:45les proches
00:25:45donc il y a Mourad Batik
00:25:47il y a Laurent Boguet
00:25:48pour les enfants
00:25:49il y a Maître Pressec
00:25:51il y a Pauline Rongier
00:25:52donc tous
00:25:53ont parlé
00:25:54successivement
00:25:55et voilà
00:25:55les arguments
00:25:56qui ont été les leurs
00:25:57ce qu'ils ont rappelé
00:25:59à tout le monde
00:26:00et c'est important
00:26:00peut-être de le dire
00:26:01un
00:26:01le témoignage de Louis
00:26:03le fils
00:26:04qui dit avoir entendu
00:26:05quelque chose
00:26:06deux
00:26:06celui des voisines
00:26:07qui disent avoir entendu
00:26:08des cris
00:26:09à 23h07
00:26:10trois
00:26:10le voisin
00:26:11d'en face
00:26:12qui avait de la lumière
00:26:13dans la cuisine
00:26:13quatre
00:26:14les lunettes cassées
00:26:15cinq
00:26:16la machine à laver
00:26:17l'histoire de la couette
00:26:18six
00:26:19les versions fantasques
00:26:21de Cédric Jubilard
00:26:22vous vous souvenez
00:26:22qu'il avait dit
00:26:22que sa femme
00:26:23était partie dans une secte
00:26:24elle était partie
00:26:24faire le djihad
00:26:25voilà
00:26:26et finalement
00:26:26qu'il va revenir
00:26:28à une version
00:26:28un peu plus
00:26:29sept
00:26:29le maître chien
00:26:30l'expertise
00:26:31le synophile
00:26:32le maître chien
00:26:32qui dit
00:26:33le chien a senti ici
00:26:36il a tourné
00:26:37il est revenu
00:26:38donc si elle est partie
00:26:39à pied
00:26:39elle a juste fait un tour
00:26:40mais elle est revenue
00:26:41à la maison
00:26:42et pardon
00:26:42les enquêteurs
00:26:44vont plus loin
00:26:44en disant que
00:26:45d'après le comportement
00:26:46du chien
00:26:47si elle a quitté
00:26:48la maison
00:26:48c'est qu'elle n'était
00:26:48pas vivante
00:26:49voilà absolument
00:26:50huit
00:26:50elle prend son téléphone
00:26:53elle laisse
00:26:54son sac à main
00:26:54sa carte bleue
00:26:55etc
00:26:56son téléphone
00:26:57borne à proximité
00:26:58du domicile
00:26:58absolument
00:26:59neuf
00:27:00cédric jubilard revendique
00:27:01plusieurs fois
00:27:02sa petite amie
00:27:03sa mère
00:27:04ses co-détenus
00:27:0510
00:27:06c'est important
00:27:06de reprendre tout
00:27:07il éteint son téléphone
00:27:09il éteint son téléphone
00:27:1110
00:27:1111
00:27:12sa personnalité
00:27:12c'est un mauvais garçon
00:27:16un mauvais père
00:27:16un mauvais mari
00:27:17un mauvais ouvrier
00:27:1812
00:27:20il fume du cannabis
00:27:22ses addictions
00:27:23il est addict au jeu
00:27:24il est addict à la pornographie
00:27:2613
00:27:26c'est Maître de Cône
00:27:27j'ai presque fini
00:27:29il écrit
00:27:30Maître de Cône dit
00:27:31il est capable de le faire
00:27:33on dit souvent
00:27:36capable d'eux
00:27:36n'est pas coupable d'eux
00:27:37la voiture
00:27:38Pauline l'a dit
00:27:39la voiture
00:27:40expliquez nous
00:27:41c'est quoi la voiture
00:27:42la voiture
00:27:43Delphine gare sa voiture
00:27:44dans un certain sens
00:27:46face à la maison
00:27:47et le matin
00:27:48le voisin dit
00:27:49la voiture a été garée
00:27:50dans l'autre sens
00:27:50sous-entendu
00:27:51quelqu'un l'a utilisé
00:27:52en plus il y avait de la buée
00:27:53dans la voiture
00:27:53j'oublie le contexte
00:27:56le divorce
00:27:57elle ne l'aime plus
00:27:58elle veut partir
00:27:59elle gagne de l'argent
00:28:00elle n'en gagne pas
00:28:00et à partir de tout ça
00:28:02à partir de tout ça
00:28:03les jurés
00:28:03vont devoir
00:28:04avec tous ces éléments
00:28:06avoir une intime conviction
00:28:08de ce qui a pu se passer
00:28:09mais on n'a pas avancé
00:28:10depuis le début
00:28:11ça on le savait
00:28:12depuis le début
00:28:12c'était votre sujet de thèse
00:28:13la preuve
00:28:15la preuve
00:28:16c'était mon sujet
00:28:16très beau sujet de thèse
00:28:17très belle thèse
00:28:18ça va l'auto-satisfaction
00:28:20ça se passe bien
00:28:21là on a un fesseau d'indice
00:28:23ce que vient nous donner
00:28:24Dominique Rizet
00:28:25on a un fesseau d'indice
00:28:25est-ce qu'un fesseau d'indice
00:28:27suffit à condamner un homme
00:28:28et bien c'est le problème
00:28:29du basculement
00:28:30de la conviction des jurés
00:28:31c'est à dire
00:28:32à partir de
00:28:33je dirais
00:28:33à partir de quel moment
00:28:35la mayonnaise prend
00:28:36c'est à dire
00:28:36quels sont les ingrédients
00:28:37qui sont nécessaires
00:28:39alors
00:28:39c'est une notion
00:28:40qui est évidemment
00:28:41complètement subjective
00:28:42et qui va varier
00:28:43à l'aune
00:28:44de la capacité
00:28:46des avocats
00:28:47de la capacité
00:28:48de l'avocat général
00:28:49des avocats généraux
00:28:50à emporter la décision
00:28:51et puis
00:28:52et puis selon la sensibilité
00:28:54selon la sensibilité
00:28:55de chacun
00:28:56mais pour reprendre
00:28:57l'inventaire
00:28:58que Dominique Rizet
00:28:59évoquait à l'instant
00:29:01objectivement
00:29:03et alors évidemment
00:29:04sans bafouer
00:29:05la présomption
00:29:06d'innocence
00:29:07qui sera
00:29:08qui sera respectée
00:29:10jusqu'à la fin
00:29:10de l'appel
00:29:11s'il y a un appel
00:29:11on constate
00:29:13objectivement
00:29:14dans ce dossier
00:29:15qu'il n'y a quasiment
00:29:16pas d'élément
00:29:17qui milite
00:29:18en faveur
00:29:19de l'innocence
00:29:20il n'y a pas
00:29:21un témoin
00:29:22qui vient dire
00:29:23il aimait sa femme
00:29:24c'était un gentil garçon
00:29:25il était capable
00:29:28de faire certaines choses
00:29:28et de les regretter
00:29:29il n'y a que des éléments
00:29:30qui accusent
00:29:31il y en a un
00:29:31qui me paraît
00:29:32objectivement
00:29:33alors à part la voiture
00:29:34parce qu'il y a
00:29:35un élément dans la voiture
00:29:36qui est intéressant
00:29:37vous savez
00:29:37je l'ai dit souvent
00:29:38sur ce plateau
00:29:39le témoignage
00:29:39est l'élément
00:29:40le moins fiable
00:29:42dans les rapports humains
00:29:43mais il y a un élément
00:29:44qui étaye
00:29:46cette question
00:29:47de la voiture
00:29:48c'est que
00:29:49Delphine gare
00:29:50toujours la voiture
00:29:51dans ce sens là
00:29:52parce que c'est
00:29:52la position
00:29:54dans laquelle
00:29:54elle peut faire descendre
00:29:55et monter les enfants
00:29:56pour les emmener à l'école
00:29:57sans danger
00:29:59donc il n'y a aucune raison
00:30:01pour qu'elle ait mis la voiture
00:30:02dans l'autre sens
00:30:02et puis il y a un autre élément
00:30:04qui me paraît
00:30:04déterminant
00:30:05c'est les lunettes
00:30:07indépendamment des éléments
00:30:08de mobile
00:30:08qui ne font pas un coupable
00:30:09c'est les lunettes
00:30:10alors expliquez nous
00:30:10les lunettes
00:30:11alors les lunettes
00:30:11lorsque les gendarmes
00:30:12font la perquisition
00:30:13quelques jours après
00:30:15ils retrouvent
00:30:16une partie des branches
00:30:17des lunettes
00:30:17une branche des lunettes
00:30:19sous un meuble
00:30:20il y a un expert
00:30:21de la direction générale
00:30:23de l'armement
00:30:23qui vient
00:30:24à la barre
00:30:25et qui dit
00:30:26c'est pas une chute
00:30:27elles n'ont pas été écrasées
00:30:28c'est je crois
00:30:2987 ou 82 joules
00:30:32c'est-à-dire que c'est une pression
00:30:34ou c'est un objet
00:30:34extrêmement volumineux
00:30:35qui a été jeté à la face
00:30:36de la personne
00:30:37qui les portait
00:30:37ou c'est tout à fait
00:30:39compatible
00:30:39à qu'un coup de poing
00:30:40comment imaginer
00:30:41dans cette circonstance
00:30:43ça veut dire
00:30:44qu'il y a lutte
00:30:45certainement
00:30:45entre les deux époux
00:30:46puisqu'effectivement
00:30:47les voisines
00:30:48et l'enfant
00:30:48le rapport
00:30:50comment imaginer
00:30:51que Delphine
00:30:52soit ensuite
00:30:53partie
00:30:54comme le disait Dominique
00:30:55sans ses affaires
00:30:56sans rien
00:30:57sans avoir parlé
00:30:57de quoi que ce soit
00:30:58et qu'elle soit
00:30:59à ce moment-là
00:31:00tombée sur une tierce personne
00:31:01un soir
00:31:03de confinement
00:31:03un soir
00:31:05il n'est pas interdit
00:31:06de circuler
00:31:07et une personne
00:31:08qui est là
00:31:08en voiture
00:31:09et sans téléphone
00:31:09j'entends tout ce que vous dites
00:31:10général
00:31:10j'entends la liste
00:31:12que vous nous avez faite
00:31:12Dominique Rizet
00:31:13je vous ai posé
00:31:14la question tout à l'heure
00:31:15vous jurez d'assises
00:31:15est-ce que vous condamnez
00:31:16Cédric Jubilard
00:31:17malgré tous ces éléments
00:31:18vous m'avez dit non
00:31:19non
00:31:19non je ne le condamne pas
00:31:21parce qu'il n'y a pas de corps
00:31:22il n'y a pas d'aveu
00:31:23il n'y a pas de scène de crime
00:31:24et je veux rester prudent
00:31:28peut-être que je n'aurai pas
00:31:29le courage de le condamner
00:31:30mais en tout cas
00:31:31j'aurai la prudence
00:31:32de ne pas le condamner
00:31:33il y a quand même
00:31:36une certitude
00:31:36il y en a eu au moins une
00:31:38c'est que
00:31:39Delphine Jubilard
00:31:40elle ne s'est pas suicidée
00:31:41quelque part
00:31:42et elle n'a pas refait
00:31:44sa vie quelque part
00:31:45elle a été tuée
00:31:46dans la nuit du 15 au 16 décembre
00:31:48cette certitude absolue
00:31:49elle est de 100%
00:31:50des gens qui sont venus témoigner
00:31:52elle était très amoureuse
00:31:54de son amant
00:31:54elle avait
00:31:55ils ont même retrouvé
00:31:57un bout de papier
00:31:58dans lequel il y avait
00:31:58un numéro de téléphone
00:31:59d'un appartement alloué à Albi
00:32:00elle était une mère
00:32:03s'occupant de ses deux enfants
00:32:04elle n'aurait jamais
00:32:05laissé tomber ses enfants
00:32:06donc c'est vrai
00:32:07que toutes les
00:32:08disons
00:32:09toutes les tentatives
00:32:10de glisser
00:32:11qu'elle aurait pu
00:32:12partir
00:32:14refaire sa vie
00:32:15etc
00:32:16se sont quand même
00:32:16toutes effondrées
00:32:17à l'audience
00:32:18et face à ces certitudes
00:32:20il y a quand même
00:32:20une cohérence d'ensemble
00:32:21sans rentrer dans
00:32:22tous les détails
00:32:23de Dominique
00:32:23la cohérence d'ensemble
00:32:25c'est que Delphine Jubilard
00:32:26face à son mari
00:32:28elle avait décidé
00:32:29de s'en aller
00:32:29et que lui
00:32:30alors même si c'est pas
00:32:31des aveux de l'avoir tué
00:32:33il a quand même dit
00:32:33une phrase
00:32:34qui peut résumer tout
00:32:35et qui pour l'accusation
00:32:36résume tout
00:32:37elle m'a pris
00:32:38pour un con
00:32:39et quand il a dit
00:32:40vendredi dernier
00:32:41elle m'a pris
00:32:42pour un con
00:32:43ça il l'a reconnu
00:32:44un des avocats
00:32:45Laurent Boguet
00:32:46a situé le point zéro
00:32:47de tout ça
00:32:47le jour où son fils
00:32:48Cédric
00:32:49lui a dit
00:32:50dis donc papa
00:32:51tu sais
00:32:51j'ai vu
00:32:52en visio
00:32:53l'ami de maman
00:32:55son fils Louis
00:32:56son fils Louis
00:32:57alors c'est vrai
00:32:58que ça
00:32:59Mourad Batik
00:33:00a tenté
00:33:00toute l'après-midi
00:33:01Mourad Batik
00:33:02il l'a pris
00:33:03Cédric Jubilard
00:33:04il lui a dit
00:33:05mais comment on réagit
00:33:06quand on est
00:33:07Cédric Jubilard
00:33:07et qu'on a à prendre
00:33:08son fils
00:33:09tout ça
00:33:10alors je sais pas
00:33:11de la trahison
00:33:12il a fait des mots
00:33:13il répondait pas
00:33:14par des phrases
00:33:14il répondait par des mots
00:33:15mais tout le monde
00:33:16a compris
00:33:17dans cette salle
00:33:18d'audience
00:33:18en tout cas
00:33:19à la question
00:33:20pourquoi
00:33:21tout le monde
00:33:23a compris
00:33:23pourquoi
00:33:24Cédric Jubilard
00:33:25alors ça
00:33:26mon général
00:33:27ça c'est le boulot
00:33:27des gendarmes
00:33:28le pourquoi
00:33:30il est cohérent
00:33:32le pourquoi
00:33:32du passage à l'acte
00:33:33le mobile
00:33:34pourquoi au fond
00:33:35et sa maman
00:33:36elle a eu une phrase
00:33:37encore pire
00:33:37parce que sa maman
00:33:38à la barre
00:33:39elle a dit
00:33:39il allait perdre sa femme
00:33:41il allait perdre sa famille
00:33:43il allait perdre sa maison
00:33:44il allait perdre
00:33:45elle l'a résumée
00:33:46par cette phrase
00:33:47que seule une maman
00:33:47aurait pu dire
00:33:48il allait perdre sa vie d'homme
00:33:50donc on a bien compris
00:33:52dans cette salle d'assises
00:33:53que celui qui avait
00:33:54intérêt
00:33:56un mobile
00:33:56les gendarmes appellent ça
00:33:57un mobile
00:33:57qui avait un mobile
00:33:59à la disparition
00:34:00et au fond
00:34:00à la garder pour lui
00:34:02parce que si c'est lui
00:34:03qu'est-ce qu'il a fait
00:34:03Cédric Jubilard
00:34:04il l'a tué
00:34:05il ne veut pas la rendre
00:34:06et pour toujours
00:34:07il ne l'a pas rendu
00:34:08ce que dit sa mère
00:34:09précisément
00:34:09pour rebondir sur ce que vous dites
00:34:11Cédric était en boucle
00:34:12pendant un mois
00:34:13cette maison
00:34:14dit-elle
00:34:14c'était son statut social
00:34:15familial
00:34:16son statut d'homme
00:34:17intéressant ce témoignage
00:34:19quand même
00:34:20de Cédric Jubilard
00:34:20sa maman
00:34:21alors ça Cédric Jubilard
00:34:24a dit non
00:34:24ma maman
00:34:25elle confond
00:34:26j'ai pas dit ça
00:34:27j'ai pas dit la fin de phrase
00:34:28j'ai pu dire
00:34:29je vais la tuer
00:34:30parce que ça m'arrive
00:34:31de dire ça
00:34:31mais la maman
00:34:32elle se souvient
00:34:33qu'il lui a dit
00:34:33je vais l'enterrer
00:34:35on la retrouvera jamais
00:34:36alors c'est vrai que cette phrase
00:34:37c'est quand même
00:34:38sa maman qui dit ça
00:34:39qui certifie
00:34:40qu'il l'a dit
00:34:41alors ça ça le gêne
00:34:42donc ça il dit
00:34:43elle confond
00:34:44et elle dit
00:34:45je regrette de ne pas avoir donné
00:34:46plus de sens à cette phrase
00:34:47si j'avais pris mon fils
00:34:48plus sérieux
00:34:49on n'en serait pas
00:34:50oui ça fait quand même
00:34:51un paysage
00:34:51un décor
00:34:52alors tout ça
00:34:53je vais ajouter au décor
00:34:55bien sûr
00:34:56on est dans l'interprétation
00:34:57on est dans le ressenti
00:34:58et les assises
00:35:00ce n'est que ça
00:35:03vous savez
00:35:04les assises
00:35:05ce n'est que ça
00:35:06on pensait de Christian Ranucci
00:35:07qui a été guillotiné
00:35:08l'avocat général
00:35:08s'appelait M. Viala
00:35:10et il a dit
00:35:11moi j'aurais aimé être ému
00:35:13j'ai pas été ému
00:35:14et il a demandé la peine de mort
00:35:17et Ranucci a été guillotiné
00:35:19on parle pas d'émotion là
00:35:20Nicolas ça va faire agir
00:35:22non ce qui est intéressant
00:35:24c'est que les jurés
00:35:24demain on va leur demander
00:35:25s'ils ont une intime conviction
00:35:26c'est-à-dire une certitude
00:35:28c'est pas dit comme ça
00:35:28dans le code pénal
00:35:29la certitude
00:35:29mais c'est ça
00:35:30qu'on va leur demander
00:35:31et les 15 indices
00:35:34et points qu'a évoqué Dominique
00:35:36c'est troublant
00:35:37et puis on rajoute la mer
00:35:39etc.
00:35:39tout ça est très troublant
00:35:40mais de là à pouvoir dire
00:35:42j'en suis sûr
00:35:42et donc c'est marrant
00:35:43de voir que Dominique
00:35:44qui nous liste
00:35:45tous les éléments à charge
00:35:46arrive à la conclusion
00:35:47de si j'étais juré
00:35:48je ne sais pas
00:35:48si j'aurais une certitude
00:35:49et encore une fois
00:35:50il ne faut pas qu'il soit
00:35:51il suffit que 3 n'aient pas
00:35:53de certitude
00:35:543 qui doutent
00:35:55ça peut
00:35:56ça peut déboucher
00:35:57c'est un acquittement
00:35:58Pauline Revena
00:35:58je voudrais revenir
00:35:59sur les mots
00:35:59de l'avocat général
00:36:00qui fait partie de ceux
00:36:02qui sont deux
00:36:02et qui réclament les 30 ans
00:36:04dire que ce dossier est vide
00:36:05c'est ne pas voir
00:36:06que cette disparition
00:36:07intervient un jour précis
00:36:09ce soir du 15 décembre
00:36:10elle était sur le point
00:36:11de partir
00:36:12elle avait acheté une voiture
00:36:13retiré la procuration
00:36:14sur le compte bancaire
00:36:15changé le code de la CB
00:36:16cette séparation
00:36:17elle est latente
00:36:18depuis l'été
00:36:18en réalité
00:36:19en fait sa vie
00:36:20était juste en train
00:36:21de basculer
00:36:21elle bascule ce jour-là
00:36:23elle le dit
00:36:24ce soir-là
00:36:24qu'elle s'en va
00:36:25est-ce qu'il a surpris
00:36:26une conversation
00:36:27entre son amant et elle
00:36:28est-ce que c'est le début
00:36:29de la dispute
00:36:30qu'aurait pu entrevoir Louis
00:36:32on ne le sait pas
00:36:32mais est-ce que c'est ce moment-là
00:36:34où lui comprend
00:36:34que de toute façon
00:36:35sa vie lui échappe
00:36:36elle va se dérober
00:36:38sous ses pieds
00:36:39et sa femme va s'en aller
00:36:40je ne sais pas
00:36:40j'en sais rien
00:36:41moi j'y étais pas
00:36:42mais en tout cas
00:36:42ça fait partie de l'énigme
00:36:43et effectivement
00:36:44c'est un jour précis
00:36:45c'est ce soir-là
00:36:46que ça s'est passé
00:36:47c'est ce soir-là
00:36:47que ça s'est cristallisé
00:36:48le point de bascule
00:36:49moi je ne l'ai pas
00:36:50et c'est vrai qu'après
00:36:51ces quatre semaines d'audience
00:36:51on est un peu tous frustrés
00:36:53parce qu'on ne l'a pas
00:36:54la bascule
00:36:54on l'a cherché
00:36:55on a cherché des éclats
00:36:56de vérité
00:36:57pendant toutes ces audiences
00:36:58et on ne les a pas eues
00:36:59est-ce que c'est parce
00:36:59qu'il était très bien préparé
00:37:01Cédric Jubilard
00:37:01est-ce que c'est parce
00:37:02que la présidente
00:37:03de la cour d'assises
00:37:03n'a pas beaucoup joué
00:37:04les interactions
00:37:05et qu'on avait le sentiment
00:37:06que chaque acteur
00:37:07était dans sa travée
00:37:08chaque témoin arrivait à son tour
00:37:09mais il n'y avait rien
00:37:10qui se tissait
00:37:11entre les différents acteurs
00:37:12et donc on verra
00:37:13ce que ça va donner demain
00:37:14et moi je serais jurée
00:37:14je serais bien embêtée
00:37:15Sur son profil
00:37:16sur le profil de Cédric Jubilard
00:37:18il a été expertisé
00:37:19par un psychiatre
00:37:19qu'il a examiné
00:37:20qui parle d'un homme
00:37:22doté d'une grande maîtrise
00:37:23de ses émotions
00:37:23mais dont l'enfance chaotique
00:37:25a pu faire de lui
00:37:25un colosse
00:37:26aux pieds d'argile
00:37:27aux fragilités persistantes
00:37:29Que sait-on
00:37:30finalement
00:37:30au bout de ces quatre semaines
00:37:32de procès
00:37:32Dominique Rizet
00:37:33de Cédric Jubilard
00:37:34de son enfance
00:37:35de l'homme
00:37:36qu'on a tous découvert
00:37:38pendant ces semaines de procès ?
00:37:39C'est une enfance cabossée
00:37:40c'est un gamin
00:37:41qui a été abandonné
00:37:42par sa mère
00:37:43qui est revenu ensuite
00:37:44le voir
00:37:45qui a été élevé
00:37:45par un éducateur
00:37:46qui a
00:37:48et c'est vrai
00:37:49vous dites tous les deux
00:37:51il a rencontré Delphine
00:37:53mais vous savez
00:37:53c'est un peu
00:37:54c'est un peu Jonathan Daval
00:37:55qui rencontre Alexia Daval
00:37:57qui est la fille
00:37:57du restaurateur du coin
00:37:59mais elle a rencontré Delphine
00:38:01c'est son graal
00:38:02c'est la femme qu'il aime
00:38:04il ne sait pas l'aimer
00:38:04visiblement
00:38:06il ne sait pas l'aimer
00:38:07parce que c'est un mauvais mari
00:38:08c'est un mauvais père
00:38:09c'est un mauvais ouvrier
00:38:10les avocats
00:38:11des partis civils
00:38:12l'ont dit
00:38:13c'est quelqu'un
00:38:15qui a essayé
00:38:15de s'en sortir
00:38:16mais qui n'a pas réussi
00:38:17partout
00:38:19qui a des addictions
00:38:20qui fume du cannabis
00:38:21qui regarde
00:38:23des films dégoûtants
00:38:24sur des sites
00:38:26ou à la télévision
00:38:27qui a trompé
00:38:28sa femme
00:38:29alors qu'il venait
00:38:29de la rencontrer
00:38:30il dit quatre fois
00:38:30mais bon
00:38:31ensuite il l'aimait
00:38:32qui fait du mal
00:38:34à son gosse
00:38:35qui le fait s'asseoir
00:38:36sur des légos
00:38:36c'était répété
00:38:37X fois
00:38:38donc c'est quelqu'un
00:38:40qui est perdu
00:38:41moi je n'ai pas envie
00:38:44d'être ami avec ce type
00:38:45ce type je ne l'aime pas
00:38:46mais malgré tout
00:38:48ce qu'on va me dire de lui
00:38:49je vais rester prudent
00:38:50parce que le fait
00:38:51que je l'aime
00:38:51ou que je ne l'aime pas
00:38:52et ces avocats
00:38:53qui sont venus
00:38:53il y a des détails perturbants
00:38:55aussi sur Cédric Jubilard
00:38:57par exemple
00:38:57sa dernière journée
00:38:58d'interrogatoire
00:38:59il portait une bague
00:39:00de son ex-petite amie
00:39:02celle qui a dit
00:39:03aux enquêteurs
00:39:03qu'il lui avait avoué
00:39:05le meurtre
00:39:06de Daphine Jubilard
00:39:08alors une bague
00:39:08de son ex-petite amie
00:39:09l'alliance
00:39:11à l'audience
00:39:12c'est Jubilard
00:39:13c'est Jubilard
00:39:14qui peut faire
00:39:15tout et n'importe quoi
00:39:16c'est Jubilard aussi
00:39:17qui est visiblement
00:39:19parfaitement bien coaché
00:39:20par ses avocats
00:39:21parce que ça
00:39:22ça a été dit
00:39:23plusieurs fois
00:39:23ses réponses
00:39:25c'est
00:39:25Laurent l'a dit
00:39:27et Pauline aussi
00:39:29sujet, verbe, complément
00:39:30aucun risque
00:39:31pas de danger
00:39:32on lui repose une question
00:39:33sujet, verbe, complément
00:39:35ça pardon Maître
00:39:36ça se prépare ?
00:39:37alors ça se prépare
00:39:38mais bon
00:39:38tous les avocats
00:39:39savent que c'est très difficile
00:39:40de contrôler complètement
00:39:42ce que va dire un client
00:39:43un client il dit d'abord lui-même
00:39:44et on ne peut pas les briefer
00:39:45surtout sur une audience
00:39:46aussi longue
00:39:46qui vire quatre semaines
00:39:47ce n'est pas des robots
00:39:48et ce n'est pas des marionnettes
00:39:50et on ne peut pas obtenir d'eux
00:39:51qui fassent exactement
00:39:52ce qu'on souhaite
00:39:53et d'ailleurs assez souvent
00:39:54vous savez
00:39:54les avocats font une plaidoirie
00:39:55il plaide une heure
00:39:57deux heures
00:39:57et on a toujours très peur
00:39:58lorsqu'on donne ensuite
00:39:59la parole en dernier
00:40:00à l'accusé
00:40:00parce qu'on a toujours
00:40:00très peur que sa parole
00:40:01finalement vienne
00:40:02en contradiction totale
00:40:04avec ce qu'on a dit
00:40:04donc non non
00:40:06il y a parfois des difficultés
00:40:07à canaliser le client
00:40:08ce que je veux dire
00:40:09c'est qu'on analyse
00:40:10depuis tout à l'heure
00:40:11et depuis quatre semaines
00:40:11et depuis des années
00:40:12et des années
00:40:12chaque comportement
00:40:14chaque phrase
00:40:15chaque mot
00:40:15qu'est-ce qu'il porte
00:40:16qu'est-ce qu'il ne porte pas
00:40:17et c'est vrai qu'en fait
00:40:18nécessairement
00:40:19avoir ce regard-là
00:40:20H24 sur un individu
00:40:22ça suscite effectivement
00:40:24d'aller chercher
00:40:25vous savez
00:40:25qui veut noyer son chien
00:40:26l'accusent de la rage
00:40:27si jamais on veut
00:40:28trouver des choses bizarres
00:40:28sur un individu
00:40:29qu'on a le loisir
00:40:30d'observer 24h sur 24
00:40:31on finira par trouver
00:40:32des choses bizarres
00:40:33c'est ce que dit Emmanuel Franck
00:40:35elle dit
00:40:35il pleure pas
00:40:36ça va pas
00:40:37et quand il pleure
00:40:38c'est d'aval
00:40:38il n'y a pas de bonne attitude
00:40:40et pareil sur la manière de parler
00:40:41il y en a qui parlent trop
00:40:42on dirait
00:40:42mais il parle beaucoup trop
00:40:43il parle pas assez
00:40:43on dit il parle pas assez
00:40:44il pleurerait trop
00:40:45on dirait
00:40:46il pleure beaucoup trop
00:40:46d'aval
00:40:47il pleure pas assez
00:40:47c'est soit
00:40:49moi je pense
00:40:49vous avez cité
00:40:50l'affaire Amucci
00:40:52moi je pense
00:40:52à l'étranger de Camus
00:40:53qui a aussi été condamné
00:40:54parce qu'il n'a pas pleuré
00:40:54de la mort de sa mère
00:40:55c'est toujours très compliqué
00:40:56d'être accusé
00:40:57et accusé
00:40:58y compris innocent
00:40:58je pense qu'on se défend
00:40:59d'autant plus mal
00:41:00ou c'est d'autant plus difficile
00:41:01parfois de se défendre
00:41:02lorsqu'on est innocent
00:41:03parce qu'au moins le coupable
00:41:04sait peut-être un peu
00:41:05ce qui s'est passé
00:41:05l'innocent ne le sait pas
00:41:06donc il sait pas trop où aller
00:41:07et peut-être une dernière chose
00:41:09que je souhaiterais dire
00:41:10et en vérité j'en sais rien
00:41:11et je peux pas le dire
00:41:12mais il y a quelque chose
00:41:12d'assez terrible
00:41:13dans tout ce qu'on dit
00:41:14dans tout ce qu'on vit
00:41:14depuis 4 semaines
00:41:15c'est qu'il y a quand même
00:41:16de bonnes chances
00:41:16qu'il y ait de toute façon
00:41:17un appel
00:41:18c'est-à-dire
00:41:18imaginons qu'il soit condamné
00:41:21je ne l'imagine pas
00:41:22aujourd'hui
00:41:23ne pas faire appel
00:41:23imaginons qu'il soit acquitté
00:41:25je n'imagine pas
00:41:25le parquet
00:41:26ne pas faire appel
00:41:27de son acquittement
00:41:28donc tout ça
00:41:29se passe pour la première fois
00:41:31il y a fort à parier
00:41:32que ce n'est pas demain
00:41:33que se jouera le point final
00:41:34de cette affaire jubilat
00:41:35il y a eu Pauline
00:41:35un autre moment marquant
00:41:36dans ce procès
00:41:37c'est la lettre manuscrite
00:41:39de Louis 11 ans
00:41:40le fils aîné
00:41:40qui avait 6 ans
00:41:41au moment des faits
00:41:42qui a été lu
00:41:42et on en a ressorti
00:41:44les extraits
00:41:44BFM TV a pu se procurer
00:41:46des extraits
00:41:47de cette lettre
00:41:48je voudrais témoigner
00:41:50de ce que Cédric Jubilat
00:41:51m'a fait subir
00:41:51il ne l'appelle plus papa
00:41:52exactement
00:41:53il l'appelle Cédric
00:41:54Cédric me demandait
00:41:55de m'agenouiller
00:41:56les mains sur la tête
00:41:5730 minutes au coin
00:41:58les genoux sur les légos
00:41:59lorsque je faisais une bêtise
00:42:01il me demandait
00:42:02de baisser le pantalon
00:42:03pour me mettre des fessées
00:42:04aussi Cédric
00:42:05m'insultait beaucoup
00:42:06comme petit
00:42:07ou gros con
00:42:09Cédric Jubilat
00:42:09il a été interrogé
00:42:10sur ses méthodes éducatives
00:42:11si je puis dire
00:42:12il disait
00:42:13il faut qu'il y ait du respect
00:42:13il faut que les enfants
00:42:15nous craignent
00:42:15pour que l'éducation
00:42:16ça marche
00:42:17je laisse chacun libre
00:42:18de juger
00:42:19visiblement
00:42:20c'est quand même pas
00:42:20exactement comme ça
00:42:21qu'on fait aujourd'hui
00:42:22ces mots
00:42:23ils ont un peu troublé
00:42:24à l'audience
00:42:24parce qu'effectivement
00:42:25il n'est pas là
00:42:26Louis
00:42:26la petite soeur
00:42:27elle n'est pas là non plus
00:42:28et en dehors de Delphine
00:42:29évidemment
00:42:30ce sont les grands absents
00:42:31et c'était important
00:42:32que la voix
00:42:33de ces deux enfants
00:42:33soit portée
00:42:35est-ce que c'est accablant
00:42:36en tout cas
00:42:37ça ne va pas dans le sens
00:42:38de la défense
00:42:39de Cédric Jubilat
00:42:40c'était malaisant
00:42:41c'était assez malaisant
00:42:42moi je n'étais pas à l'audience
00:42:43à ce moment-là
00:42:43mais ça a créé un trouble
00:42:45dans l'audience
00:42:46c'est évident
00:42:47Laurent
00:42:48oui c'était malaisant
00:42:51ce qui était malaisant
00:42:54ce qu'on peut comprendre
00:42:54c'est
00:42:55l'instrumentalisation
00:42:56l'utilisation
00:42:57c'est l'écriture
00:42:59d'un enfant de 11 ans
00:43:00sans trop de fautes d'orthographe
00:43:02avec des mots d'adulte
00:43:03c'est vrai qu'au fond
00:43:05beaucoup de choses reposent
00:43:07sur le témoignage de Louis
00:43:08c'est beaucoup de responsabilité
00:43:10et de culpabilité
00:43:11pour cet enfant
00:43:12le téléphone de Cédric Jubilat
00:43:13s'éteint à 22h08
00:43:15et lui dit
00:43:15qu'il a été réveillé
00:43:16à 5h plus tard
00:43:17donc pour lui
00:43:19il dormait
00:43:19et c'est vrai
00:43:20qu'il y a
00:43:21un enfant
00:43:22de 6 ans
00:43:23qui dit
00:43:24qu'il les a vus
00:43:25se disputer
00:43:26et c'est vrai
00:43:27qu'au-delà
00:43:27de ce qu'il a vu
00:43:28de quand il l'a vu
00:43:29est-ce qu'il y avait
00:43:30un sapin de Noël
00:43:31pas un sapin de Noël
00:43:31est-ce que de l'endroit
00:43:32où il était
00:43:32il pouvait le voir
00:43:33ou tout ça
00:43:33ça fait des débats infinis
00:43:35au fond
00:43:36si on croit cet enfant
00:43:37si on a la certitude
00:43:40que la dernière fois
00:43:41qu'il a vu sa maman vivante
00:43:42elle était en train
00:43:44de se disputer
00:43:44avec son papa
00:43:45et qu'il l'a dit
00:43:46les deux juges d'instruction
00:43:47il y en a une des deux
00:43:48qui était juge pour enfant
00:43:49qui lui a fait dessiner
00:43:50dans son bureau
00:43:51c'est ce qu'a raconté
00:43:52Maître Boguet
00:43:53qui était son avocat
00:43:53si on croit cet enfant
00:43:55Cédric Jubilat
00:43:57ment
00:43:57sur quelque chose d'énorme
00:43:59qui a eu une dispute
00:43:59avec sa femme
00:44:00alors qu'il était censé dormir
00:44:01donc c'est vrai
00:44:02que c'est central
00:44:03peut-être
00:44:04s'il y a un procès
00:44:05en appel dans un an
00:44:05peut-être que l'enfant viendra
00:44:06et l'avocat
00:44:07pardon
00:44:07l'avocat de Louis
00:44:08des enfants
00:44:09Maître Boguet
00:44:10dit
00:44:11je vais le mettre dans mes mots
00:44:13mais c'était l'idée
00:44:14dit
00:44:14j'adorerais pouvoir dire
00:44:16à la fin au gamin
00:44:16que c'est pas son père
00:44:17et qu'il va pouvoir le retrouver
00:44:18etc
00:44:19j'aurais voulu que ce soit ça
00:44:20oui alors elle a commencé
00:44:22comme ça
00:44:22parce que c'est vrai
00:44:23que ce matin
00:44:23Emmanuel Franck
00:44:24quand elle a
00:44:24une plaidoirie
00:44:26il faut commencer
00:44:27par prendre tout le monde
00:44:28à la gorge
00:44:28il faut tout renverser
00:44:31donc elle a commencé
00:44:32par dire que c'était scandaleux
00:44:33tout ça etc
00:44:34et elle a mis dans le lot
00:44:35du scandale
00:44:36l'utilisation des enfants
00:44:38ces deux orphelins
00:44:39elle a commencé
00:44:39par s'adresser
00:44:40à ces deux orphelins
00:44:41donc c'est pour ça
00:44:42que c'est une importance énorme
00:44:43les deux orphelins
00:44:44la lettre
00:44:45peut-être relisons
00:44:48ce qu'il explique
00:44:49avoir vu
00:44:49pour peut-être
00:44:50les expériences
00:44:51qui n'ont pas suivi
00:44:51ce moment là
00:44:52j'ai entendu Cédric
00:44:53ouvrir la porte de sa chambre
00:44:55pour rejoindre maman
00:44:56dans le salon
00:44:56et une dispute
00:44:57est survenue
00:44:58pour qu'ils arrêtent
00:44:59j'ai jeté un Lego
00:45:00dans le couloir
00:45:01Cédric est alors
00:45:02venu me voir
00:45:03je faisais semblant
00:45:04de dormir
00:45:04et après je me suis rendormi
00:45:06pour de vrai
00:45:07peut-être qu'on peut écouter
00:45:08justement
00:45:09maître Emmanuel Franck
00:45:10là-dessus
00:45:11sur cette lettre
00:45:12des enfants
00:45:13pendant le procès
00:45:14son fils n'a jamais déclaré
00:45:16que papa avait tué maman
00:45:18c'est un peu
00:45:19un peu scandaleux
00:45:21ce qui est fait
00:45:21de la parole
00:45:22de cet enfant
00:45:22c'est un garçon
00:45:24qui avait 6 ans
00:45:25au moment des faits
00:45:25qui a dit un certain
00:45:26nombre de choses
00:45:27pas toujours les mêmes
00:45:28et qui aujourd'hui
00:45:29se retrouve au centre
00:45:30des débats
00:45:31parce que l'accusation
00:45:31a besoin de son témoignage
00:45:33pour faire démarrer
00:45:34le début d'une dispute
00:45:35ou le début d'une discussion
00:45:36et donc ça en devient
00:45:38extrêmement malaisant
00:45:38moi je n'ai rien à dire
00:45:40sur ce gamin de 6 ans
00:45:41on ne devrait même pas
00:45:41faire porter la responsabilité
00:45:43ou la culpabilité
00:45:43de quelqu'un
00:45:44sur les propos
00:45:45d'un gamin
00:45:45de cet âge là
00:45:46et en tout cas
00:45:47je le confirme
00:45:48il n'a absolument jamais dit
00:45:49que son père
00:45:50avait tué sa mère
00:45:50en tout cas
00:45:51on espérait peut-être
00:45:53que Louis
00:45:54fasse craquer son père
00:45:56ça n'est jamais arrivé
00:45:57c'est ce que disait Pauline
00:45:58c'est vrai que
00:45:59dans la conduite
00:46:00des assises
00:46:00cette présidente
00:46:02n'a pas fait
00:46:02de confrontation à chaud
00:46:03elle a fait l'inverse
00:46:05de la
00:46:06c'est vrai qu'en médecine
00:46:07il ne faut pas opérer à chaud
00:46:08alors elle
00:46:09elle a fait de la médecine
00:46:10elle a
00:46:11notamment le jour
00:46:12de l'audition de la maman
00:46:13de Cédric Jubilard
00:46:14elle a laissé filer ce moment
00:46:17parce qu'il y a des moments
00:46:18où toute la salle
00:46:20sent que
00:46:21il se passe quelque chose
00:46:22de fort
00:46:22et c'est vrai
00:46:23qu'elle n'a jamais utilisé
00:46:24ces moments
00:46:24comme des leviers
00:46:25il n'y a pas eu d'étince
00:46:26des leviers
00:46:27où il fallait prendre
00:46:29Cédric Jubilard
00:46:30pour essayer de le mettre
00:46:31dans un plongeon d'émotion
00:46:33où tous les avocats
00:46:34essayent de faire ça
00:46:35à des moments
00:46:35donc là du coup
00:46:36ça a été une audience
00:46:38un peu froide
00:46:39je voudrais revenir
00:46:40sur un point
00:46:41ce que vont devoir faire
00:46:43les jurés demain
00:46:44c'est-à-dire décider
00:46:45de la culpabilité
00:46:45ou non de Cédric Jubilard
00:46:46le procureur
00:46:48Nicolas Ruff
00:46:48qui a listé
00:46:49les éléments
00:46:50encore une fois
00:46:50au moment de sa plaidoirie
00:46:51les éléments
00:46:51que donnait tout à l'heure
00:46:52Dominique Rizet
00:46:53il en a ajouté
00:46:54quand on parlait
00:46:55des cris tout à l'heure
00:46:55il disait
00:46:56est-ce qu'une autre femme
00:46:56a disparu ce soir-là
00:46:57est-ce qu'une autre femme
00:46:58a été agressée
00:46:59dans le coin ce soir-là
00:46:59non
00:47:00toutes les vérifications
00:47:01ont été faites
00:47:01le podomètre
00:47:03le téléphone
00:47:04de Cédric Jubilard
00:47:05le téléphone de Cédric Jubilard
00:47:06montre qu'il n'a pas fait
00:47:08beaucoup de pas
00:47:08avec son téléphone
00:47:09vous ne la cherchez pas
00:47:10pourquoi
00:47:11parce que vous savez
00:47:11où elle est
00:47:12voilà ce que dit
00:47:12le procureur
00:47:13et puis
00:47:14il s'adresse au juré
00:47:15général
00:47:16il leur dit
00:47:17il est coupable
00:47:18il doit prendre 30 ans
00:47:19il est coupable
00:47:20on ne vous demande pas
00:47:21de répondre
00:47:22à la question
00:47:23comment il l'a tué
00:47:24et ça c'est important
00:47:26on demande juste
00:47:26parce qu'il manque
00:47:28un certain nombre
00:47:29d'éléments dans cette affaire
00:47:30on demande juste
00:47:31au juré de dire
00:47:31juste
00:47:32est-ce qu'il l'a tué ?
00:47:33est-ce qu'il l'a tué ?
00:47:34c'est ce qu'on disait
00:47:35tout à l'heure
00:47:35dans la procédure
00:47:36c'est-à-dire qu'en fait
00:47:37il y a plusieurs étapes
00:47:38dans le délibéré
00:47:39le jury se retire
00:47:42la première question
00:47:44c'est
00:47:44oui non
00:47:45sur la culpabilité
00:47:46à la question
00:47:48vous savez
00:47:48on voit ça
00:47:48dans tous les films
00:47:49à la question posée
00:47:50de savoir
00:47:51si l'accusé
00:47:52a commis les faits
00:47:52à la majorité requise
00:47:54le juré a répondu
00:47:55oui ou non
00:47:56si le jury répond
00:47:58non
00:47:58comme le disait Laurent
00:47:59c'est-à-dire qu'à ce moment-là
00:48:01le délibéré est fini
00:48:02le président de la cour d'assises
00:48:04constate
00:48:05que c'est un acquittement
00:48:06et on s'arrête là
00:48:07et il sort dans la soirée
00:48:09et il sort immédiatement
00:48:10ensuite c'est la deuxième question
00:48:11sur le quantum de la peine
00:48:12que vous évoquiez
00:48:13puis ensuite
00:48:14il y a la rédaction
00:48:15puisque maintenant
00:48:16c'est obligatoire
00:48:16pour la cour d'assises
00:48:17de la motivation du jugement
00:48:19et puis ensuite
00:48:20cette scène assez théâtrale
00:48:22où les jurés
00:48:22le président
00:48:23les associaurs rentrent
00:48:24on fait lever l'accusé
00:48:26et à ce moment-là
00:48:27on lui lit
00:48:28la décision
00:48:29qui a été prise
00:48:30accusé
00:48:31vous êtes libre
00:48:32ou emmenez le condamné
00:48:33et je donne la conclusion
00:48:34du procureur
00:48:35dans sa plaidoirie
00:48:35le crime parfait
00:48:37attendra
00:48:38le crime parfait
00:48:40c'est le titre du bouquin
00:48:41de Dominique Rizet
00:48:42avec un point d'interrogation
00:48:44avec un point d'interrogation
00:48:45existe-t-il
00:48:46parce que s'il est parfait
00:48:47on ne sait pas
00:48:47que c'est un crime
00:48:48oui absolument
00:48:49vous avez raison
00:48:50on va voir
00:48:50il n'y a pas de crime parfait
00:48:51il y a des enquêtes imparfaites
00:48:53pardon mon général
00:48:54attendez
00:48:55vous soulevez quelque chose
00:48:56vous soulevez quelque chose
00:48:59est-ce que vous
00:49:00dites là
00:49:01que l'enquête
00:49:02a été imparfaite
00:49:02Dominique Rizet
00:49:03il y a eu des papiers
00:49:05qui ont été écrits
00:49:05dans plusieurs journaux
00:49:06ça c'est trop facile
00:49:07Dominique
00:49:08c'est ce qu'a plaidé
00:49:09la défense
00:49:09de Cédric Jubilard
00:49:10bien sûr
00:49:10je pense qu'elle aurait
00:49:12pu être menée autrement
00:49:13elle aurait pu être mieux menée
00:49:14il y a des choses
00:49:15qui auraient pu être vérifiées
00:49:16je suis désolé
00:49:17le copier collé
00:49:18des gendarmes
00:49:18qui va permettre
00:49:19à Emmanuel Franck
00:49:20de dire
00:49:20tiens le téléphone
00:49:22de Dona Jean M
00:49:24a borné à quel endroit
00:49:25ben non
00:49:26il y a rapidement
00:49:27il pourrait expliquer
00:49:28le téléphone de l'amant
00:49:30donc avait supposément
00:49:31borné dans l'endroit
00:49:33où elle aurait disparu
00:49:34et finalement
00:49:35ils se sont rendu compte
00:49:35que c'était un copier collé
00:49:36c'est ça
00:49:36c'est à dire que l'analyste criminel
00:49:38a d'abord fait un premier lot
00:49:41des personnes
00:49:42qui sont inhabituellement présentes
00:49:45dans les 24 heures
00:49:46entre le 15 et le 16 décembre
00:49:47c'est à dire pas ceux
00:49:48qui habitent à côté
00:49:49il a 4700 personnes
00:49:51ensuite
00:49:51il réduit son périmètre horaire
00:49:55entre 22h et 6h du matin
00:49:57et là il s'est gouré
00:49:58c'est à dire qu'en fait
00:49:59il a placé une partie des gens
00:50:01qui étaient la journée
00:50:02mais pas la nuit
00:50:03dans le groupe de l'univers
00:50:04c'est une erreur
00:50:05qui peut être lourde de conséquences
00:50:06c'est vrai que c'est calamiteux
00:50:07mais ensuite
00:50:07les éléments
00:50:08qui ont été ramenés
00:50:09par l'enquête
00:50:09démontrent que c'est
00:50:10effectivement une erreur
00:50:11et qu'il n'était pas
00:50:12ça vous crispe
00:50:13quand on dit effectivement
00:50:14que l'enquête a peut-être
00:50:14été imparfaite
00:50:15tout à l'heure
00:50:15Mourad Batik
00:50:16avocat des parties civiles
00:50:17dit
00:50:17il y a la géolocalisation
00:50:19le portable qui a borné
00:50:20plusieurs fois
00:50:20le portable de Sèvric Jubilard
00:50:22un endroit
00:50:23dans le mois qui a précédé
00:50:24la disparition de Delphine
00:50:26les gendarmes sont allés
00:50:27sur place une fois
00:50:28en disant qu'il avait borné
00:50:29à 3h21
00:50:30on dit non non
00:50:31ça ne peut pas être ici
00:50:32ça n'a pas été
00:50:33plus amplement vérifié
00:50:35il y a les deux femmes
00:50:36gendarmes
00:50:37Pascal Robert Diard
00:50:39dans Le Monde
00:50:39les démolit
00:50:40ces deux femmes gendarmes
00:50:41jeunes qui arrivent
00:50:42dans la maison
00:50:43les primo-intervenants
00:50:44les primo-intervenants
00:50:45qui arrivent
00:50:45et il y a de la boue par terre
00:50:47ils leur demandent
00:50:48d'enlever leurs chaussures
00:50:49elles refusent
00:50:50d'enlever leurs chaussures
00:50:51mais bon
00:50:51ça ne va rien se passer
00:50:53d'autre
00:50:53elles vont partir
00:50:53chercher Delphine Jubilard
00:50:55dans le quartier
00:50:56il aurait peut-être fallu
00:50:57à ce moment-là
00:50:57dire à monsieur
00:50:58Jubilard
00:50:58écoutez
00:50:59ou appeler le procureur
00:51:00le substitut
00:51:01en lui disant
00:51:01c'est quand même bizarre
00:51:02cet endroit
00:51:03ne pas le laisser
00:51:04dans sa maison
00:51:06ou il est allé mettre
00:51:07la machine à laver en marche
00:51:09avec la couette
00:51:10dans l'après-midi
00:51:10il y a comme des ratés
00:51:11dans l'enquête
00:51:12et alors question
00:51:13vous dites
00:51:14il y a une zone
00:51:14où visiblement
00:51:15le téléphone a borné
00:51:16ça n'a pas été assez fouillé
00:51:17ça ça s'est su
00:51:18derrière dans la presse
00:51:20derrière
00:51:21il n'a pas été possible
00:51:21de remener des investigations
00:51:23dans cette zone-là
00:51:24je ne fais trop pas
00:51:24il faudrait
00:51:25il y a un expert
00:51:26général
00:51:26il n'y avait pas que ça
00:51:29il n'y avait pas que ça
00:51:29le téléphone
00:51:31borne
00:51:31il y a des consultations
00:51:33boussoles
00:51:34les gendarmes
00:51:35n'ont pas vraiment
00:51:35poussé de ce côté-là
00:51:36je suis moins mauvais
00:51:38en procédure pénale
00:51:39qu'en téléphonie
00:51:40mais je me suis fait expliquer
00:51:41par les gens
00:51:43de l'IRCG
00:51:43qui font ce genre de choses
00:51:46alors avec mes mots
00:51:47je ne suis pas sûr
00:51:48que ce soit la bonne explication
00:51:49c'est ce qu'ils appellent
00:51:51un point fantôme
00:51:52c'est-à-dire un point
00:51:53qui en fait sert
00:51:54je vais dire
00:51:55de point de départ
00:51:56de calcul
00:51:57pour la triangulation
00:51:58des autres appels
00:51:59et effectivement
00:52:00ce point apparaît
00:52:01à plusieurs reprises
00:52:02mais
00:52:03il a été évacué
00:52:05par les experts
00:52:05parce que
00:52:06si vous voulez
00:52:07c'est comme un point de mesure
00:52:08on est à 5 mètres
00:52:10dans l'endroit
00:52:10mais ça ne veut pas dire
00:52:11qu'on y a été forcément
00:52:12Maître Slama
00:52:12c'est un classique
00:52:13des procès d'assises
00:52:14aussi j'imagine
00:52:15que de dire
00:52:16quand ça vous arrange
00:52:17l'enquête a été mal faite
00:52:19Oui
00:52:20je veux dire
00:52:21non mais après
00:52:21le crime parfait attendra
00:52:24l'enquête parfaite
00:52:24n'existe pas
00:52:25par définition
00:52:26une enquête parfaite
00:52:27excusez-moi
00:52:27on peut avoir des ADN
00:52:28on peut avoir tout ce qu'on veut
00:52:29il y a toujours des failles
00:52:30dans une enquête
00:52:31c'est normal
00:52:33et c'est bien sûr
00:52:33le rôle de l'avocat
00:52:34et notamment de l'avocat de la défense
00:52:36d'aller chercher ces failles
00:52:37d'aller chercher les contradictions
00:52:38et d'aller chercher
00:52:39ce qui peut-être
00:52:40n'aurait pas été fait
00:52:41c'est normal
00:52:42et c'est le travail de l'avocat
00:52:43et ce n'est pas fait
00:52:43pour embêter les enquêteurs
00:52:44c'est fait pour justement
00:52:45pousser la thèse
00:52:49parce qu'effectivement
00:52:51derrière ces enquêtes
00:52:51et derrière ces petits points
00:52:53qui peuvent sembler
00:52:53très techniques
00:52:54très procéduraux
00:52:55se niche peut-être
00:52:56justement l'innocence
00:52:57d'une personne
00:52:58contre qui on va accueillir
00:52:5930 ans
00:52:59donc en vérité
00:53:00c'est fondamental
00:53:01de faire ce travail
00:53:02de destruction de l'enquête
00:53:04et d'être extrêmement à charge
00:53:05nous sur l'enquête
00:53:06parce que si on ne le fait pas
00:53:07et si personne ne fait ce travail-là
00:53:08on laisse les enquêteurs dérouler
00:53:10c'est quand même assez technique
00:53:12et donc ça peut être
00:53:13je mets des guillemets
00:53:13impressionnant
00:53:14et c'est normal
00:53:15pour des jurés
00:53:16qui voient des gens
00:53:16qui ont beaucoup d'expérience
00:53:17et venir leur dire
00:53:18voilà on a étudié ci, ci, ça
00:53:19on est arrivé à la conclusion
00:53:20que c'est monsieur
00:53:21c'est comme ça
00:53:21et c'est pas autrement
00:53:22non, il faut apporter la contradiction
00:53:23sinon on ne fait pas
00:53:24de procès d'assises
00:53:25justement
00:53:25on voulait vous montrer
00:53:26un extrait de nos équipes
00:53:27qui ont réalisé un document
00:53:29les coulisses
00:53:30d'un verdict
00:53:31plus particulièrement
00:53:32l'extrait
00:53:32se concentre
00:53:33sur la façon
00:53:34dont les avocats
00:53:35de la défense
00:53:35ont travaillé
00:53:36on regarde
00:53:37c'est la première fois
00:53:40qu'il traite une affaire
00:53:41d'une telle ampleur médiatique
00:53:42c'est fatigant
00:53:44alors depuis 4 semaines
00:53:47chaque soir
00:53:48après l'audience
00:53:49par contre
00:53:50ça va être sportif
00:53:51les avocats
00:53:52de Cédric Jubilard
00:53:53se réunissent
00:53:54dans l'appartement
00:53:55qu'ils ont loué
00:53:56à Albi
00:53:56le temps du procès
00:53:59pour replonger
00:54:00dans les 27 tomes
00:54:01du dossier
00:54:02et préparer
00:54:03la journée
00:54:03du lendemain
00:54:04donc celui-ci
00:54:07c'est un ami
00:54:08c'est ceux
00:54:09avec qui il jouait
00:54:10j'imagine
00:54:13au boulodrome
00:54:13pourquoi ils l'ont
00:54:16fait citer
00:54:16lui il n'y a rien
00:54:17je relis
00:54:17les auditions
00:54:18des personnes
00:54:19qui vont être amenées
00:54:20à témoigner
00:54:20comme ça
00:54:21ça me les remet en tête
00:54:22de manière un peu
00:54:23plus fraîche
00:54:24et ça me recale
00:54:25les idées
00:54:26juste avant
00:54:26le démarrage
00:54:27de l'audience
00:54:27leur stratégie
00:54:28de défense
00:54:29mettre en avant
00:54:30l'absence
00:54:31de preuves irréfutables
00:54:32ce que l'on dit
00:54:33c'est que ce dossier
00:54:34est manifestement vide
00:54:36c'est ça le terreau
00:54:37qui va permettre
00:54:38aux jurés
00:54:40de juger
00:54:41de rendre
00:54:41de rendre
00:54:42la justice
00:54:43contre Cédric Jubilard
00:54:44le parquet
00:54:45lui
00:54:46a requis
00:54:4630 ans de prison
00:54:47pour le meurtre
00:54:48de sa femme
00:54:49Delphine
00:54:49Nicolas
00:54:51ça c'est un document
00:54:52qu'on verra demain soir
00:54:53il y aura un autre
00:54:53dans 5 minutes
00:54:54mais là c'est un document
00:54:55qu'on verra demain soir
00:54:56vos équipes
00:54:57à ligne rouge
00:54:58ont vraiment pu suivre
00:54:59les avocats de Cédric Jubilard
00:55:00pendant les 4 semaines
00:55:01du procès
00:55:01oui c'est ça
00:55:02qui est assez exceptionnel
00:55:03c'est qu'Isabelle Quintard
00:55:04et Mickaël Gagné
00:55:05de ligne rouge
00:55:05ont passé un accord
00:55:06avec les avocats
00:55:07en disant
00:55:07on va vous suivre
00:55:08pendant tout le procès
00:55:09si vous voulez bien
00:55:09vous nous amenez
00:55:10dans votre Airbnb
00:55:11le soir
00:55:11c'est ce qu'on vient de voir
00:55:12et on diffusera rien
00:55:14avant le verdict
00:55:14c'était le deal
00:55:15sauf ce petit extrait
00:55:16sauf ce petit extrait
00:55:17parce qu'il n'est pas très
00:55:18bon
00:55:18il y a mieux
00:55:19mais on diffusera pas
00:55:21avant le verdict
00:55:22c'est un bon tease
00:55:22donc c'est vraiment intéressant
00:55:25on est vraiment
00:55:25dans la coulisse
00:55:26de la préparation
00:55:27de la défense
00:55:28et des partis
00:55:29ce qu'on voit surtout
00:55:30c'est qu'ils ont fait
00:55:30un boulot colossal
00:55:31quoi qu'il arrive
00:55:32quelque soit
00:55:32à la décision demain
00:55:33ils auront fait
00:55:34un travail
00:55:35mais de fourmis
00:55:35c'est-à-dire
00:55:36ils connaissent
00:55:36le dossier
00:55:37sur le bout des doigts
00:55:38ils se sont immergés
00:55:39ils connaissent
00:55:39tous les détails
00:55:40et ils ont quand même
00:55:41quoi qu'on dise
00:55:41instillé le doute
00:55:45disponibilité absolument
00:55:46totale depuis 5 ans
00:55:47pour les médias
00:55:48alors évidemment là
00:55:49ils vous accordent
00:55:51quelque chose d'exceptionnel
00:55:51de les suivre
00:55:52mais ils ont
00:55:53très régulièrement
00:55:56ils sont venus
00:55:57défendre ici
00:55:57ou à distance
00:55:59leurs clients
00:55:59sur l'antenne de BFM TV
00:56:01et peut-être dire
00:56:01parce que j'ai déjà
00:56:02plaidé contre ces deux avocats
00:56:03et alors pour le coup
00:56:04ils étaient en partie civile
00:56:05et j'étais en défense
00:56:06j'étais à la cour d'assises
00:56:07d'Albi
00:56:07il y a quelques années
00:56:08qui a gagné
00:56:08la justice
00:56:09ça veut dire
00:56:12que Maitre Stama
00:56:13il a perdu
00:56:14Maitre Stama
00:56:15donc perdu ce jour-là
00:56:16et donc non
00:56:18et ce que je veux dire
00:56:18c'est que j'ai passé
00:56:19une semaine d'assises
00:56:20avec eux
00:56:20à la cour d'assises d'Albi
00:56:21et c'était un bon souvenir
00:56:22et c'est vrai que
00:56:23non seulement
00:56:23ce sont de formidables avocats
00:56:24mais ils ont l'habitude
00:56:25de travailler en duo
00:56:26et c'est vrai que
00:56:27sur un procès
00:56:28de cette ampleur
00:56:29qui dure extrêmement longtemps
00:56:30c'est extrêmement important
00:56:32que le binôme fonctionne bien
00:56:33moi j'ai déjà vu
00:56:34je touche du bois
00:56:35ça m'a épargné pour l'instant
00:56:36mais j'ai déjà vu
00:56:37ça m'est arrivé
00:56:37des duos d'avocats
00:56:38parfois qui ne fonctionnent pas
00:56:39sur le temps long
00:56:40etc
00:56:40ça peut être catastrophique
00:56:41des différences de stratégie
00:56:43parfois des questions d'égo
00:56:44parfois beaucoup de questions différentes
00:56:46et là
00:56:46je pense que la chance
00:56:47du strict jubilaire aussi
00:56:48c'est d'être tombé sur
00:56:49deux bons avocats
00:56:50qui ont cette chance
00:56:52de travailler en duo
00:56:52et de bien travailler en duo
00:56:54ça veut dire que
00:56:55justement
00:56:55il y a une complémentarité totale
00:56:57pour que
00:56:58effectivement
00:56:58la décision
00:56:58avec une phrase
00:56:59qui agace systématiquement
00:57:00Laurent Valdigué
00:57:01dans ce qu'on vient d'entendre
00:57:02c'est le dossier est vide
00:57:03oui
00:57:03le dossier
00:57:04mais ils ont des centaines
00:57:05de pages autour d'eux
00:57:06ils pullulent d'indices
00:57:09et puis c'est vrai
00:57:09comme disait Dominique
00:57:11tout à l'heure
00:57:12à juste titre
00:57:12c'est pas un tueur en série
00:57:14on est dans un
00:57:16on est dans un
00:57:17dans un drame
00:57:18conjugal
00:57:19et c'est vrai
00:57:21que toute la descente
00:57:22les derniers jours
00:57:23la façon dont ils ont
00:57:24désaussé ce couple
00:57:26et puis
00:57:27la façon dont
00:57:27elle, elle a la laissé
00:57:28s'en aller
00:57:29il n'y a pas de doute
00:57:30tout ça
00:57:31toute l'explication
00:57:32du contexte
00:57:33par les gendarmes
00:57:34elle est magistrale
00:57:36ils ont quand même fait
00:57:36les gendarmes
00:57:37je ne dis pas ça
00:57:38parce que le général est là
00:57:39mais ils ont quand même fait
00:57:40un travail de titan
00:57:41sur l'espèce
00:57:43de reconstitution
00:57:44de
00:57:45de
00:57:45de tout ça
00:57:47c'est vrai
00:57:48c'est un travail important
00:57:49alors elle
00:57:50elle a plaidé
00:57:51cet après-midi
00:57:51ce matin
00:57:52Emmanuel Franck
00:57:53elle a plaidé
00:57:53qu'il y avait plein de pistes
00:57:54qui n'avaient pas été creusées
00:57:55et c'est vrai
00:57:57que c'est là
00:57:57où les oreilles
00:57:58de la gendarmerie
00:57:59ont sifflé
00:57:59c'est que
00:58:00quand elle liste
00:58:01les
00:58:01le
00:58:02le
00:58:04le
00:58:04le
00:58:04le
00:58:04le
00:58:04le
00:58:04le
00:58:21C'est vrai que quand on l'entend lister ces pistes apparemment non fermées,
00:58:27non suffisamment fermées selon elle,
00:58:29on se dit que c'est vrai, les gendarmes, ils nous vendent.
00:58:32Et du coup, si tu étais juré, tu ferais quoi ?
00:58:33On sait ce que Dominique ferait, mais toi ?
00:58:34J'aime entendre Laurent dire que l'enquête parfaite n'est pas parfaite.
00:58:40Non, l'enquête parfaite n'est pas parfaite.
00:58:41Mais justement, un juré n'est rien.
00:58:46Et là, le jury est un collectif.
00:58:49Et en réalité, mon opinion en moi de spectateur n'a aucun sens, aucun intérêt.
00:58:54D'abord, je n'ai pas assisté à toute l'audience depuis le petit perchoir.
00:58:56Mais pas d'intime conviction, Laurent Vavillier.
00:58:58Parce qu'en écoutant Nicolas tout à l'heure et en écoutant le président tout à l'heure,
00:59:03c'est vrai que le tribunal, c'est le haut de l'iceberg.
00:59:07Et puis le bas de l'iceberg, c'est tout ce qu'on ne voit jamais, qui est secret.
00:59:10Alors là, il n'y a pas de caméra encore de ligne rouge.
00:59:12Peut-être il y en aura un jour.
00:59:13Qui sont toutes ces petites discussions et la création de ce collectif.
00:59:16Parce qu'on dit les jurés, mais en fait, c'est un jury qui va les juger et qui va le juger.
00:59:21Et ce jury, c'est un collectif.
00:59:23Donc en fait, mon avis, si j'en avais un, en fait, il n'a pas de sens.
00:59:27Puisqu'il faut le confronter à l'avis des huit autres.
00:59:31Et donc, pardon, pardon.
00:59:32Demain, c'est...
00:59:34Demain, c'est...
00:59:34Demain, c'est...
00:59:35Demain, c'est...
00:59:37Mais vous avez le droit de ne pas répondre.
00:59:38Demain, c'est tout ou rien.
00:59:39Il faut y aller, là.
00:59:40Demain, c'est tout ou rien.
00:59:41C'est l'acquittement ou alors...
00:59:43Ah ben, il n'y a pas beaucoup de solution.
00:59:45Alors, il arrive qu'on ait des résultats très surprenants, parfois, en cours d'assises.
00:59:49Je fais vite.
00:59:50Il arrive parfois qu'on ait des condamnations avec des peines qui surprennent.
00:59:52Par exemple, condamnés à 10 ans.
00:59:53Ce qui, en vérité, ne voudrait pas dire grand-chose.
00:59:55Et en l'occurrence, 30 ans ont été séries.
00:59:56Mais ce qui signifierait que le juré serait en fait très divisé.
00:59:59Merci à tous les six.
01:00:00En tout cas, sera-t-il acquitté au jugé coupable du meurtre de son épouse, Delphine Jubilard ?
01:00:03Le suspense, vous l'avez compris, est total avant le verdict.
01:00:07Demain, à...
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