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  • il y a 23 heures
Si l’IA générative s’impose dans les discours, son déploiement réel en entreprise reste souvent bloqué au stade des expérimentations.
L’enjeu est désormais d’industrialiser ces usages via des systèmes fiables, sécurisés et souverains.Une transformation qui passe par l’orchestration des agents IA au cœur des organisations.

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00:04On commence cette édition avec les interviews de l'IA et les praticiens dans le domaine de
00:07l'intelligence artificielle. Je devrais dire les praticiennes puisqu'aujourd'hui je suis très
00:11heureuse d'avoir beaucoup de femmes autour de la table quand même. Nous sommes 3 sur 4. Wafa Amal,
00:18directrice générale de Prism AI qui est une start-up toulousaine qui a réussi à convaincre
00:22des grands groupes, aujourd'hui de grandes organisations, autour de votre plateforme d'IA
00:27agentique. Vous allez nous expliquer quels sont les ressorts justement de l'IA agentique. Vous étiez au
00:31sommet de l'IA aussi ? En Inde. Je vous poserai des questions là-dessus. On a avec nous Jean
00:36-Paul Smets
00:37également, CEO de Rapid Space. Bonjour Jean-Paul. Bonjour. Qui va nous parler donc des nouveaux clouds
00:42spécialisés sur l'IA qu'on appelle les Neo-Cloud. Ce sera dans la chronique qui revient sur le monde
00:48du logiciel libre. Mais on commence avec vous Nejma Travagliani. Je vais y arriver. Travagliani,
00:55merci de me reprendre. Psychologue cognitiviste qui est de formation mais entrepreneur dans l'IA,
01:01vous êtes fondatrice et CEO de Knowledge, donc une entreprise qui développe des solutions d'IA qui
01:06permettent de transformer des contenus en expériences d'apprentissage interactif. Alors vous avez mené des
01:11travaux, je voulais qu'on démarre avec ça, sur l'impact de l'intelligence artificielle sur
01:16l'engagement cognitif. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ces travaux sur les effets que ça peut
01:22avoir aujourd'hui en matière de comportement par exemple ? Alors la grande question qu'on s'est
01:26posée c'est lorsqu'on utilise de l'IA, est-ce qu'à un moment donné on s'endort derrière
01:30le volant ?
01:31Est-ce que l'engagement cognitif est... C'est un peu l'angoisse de tout le monde. Exactement,
01:36donc est-ce qu'il est plus faible ? Aujourd'hui ce qu'on observe c'est que c'est
01:40un impact sur
01:41l'affect, sur l'émotion. On sait que ça active aussi des réseaux dans le cerveau qui vont activer aussi,
01:46qui ont la même activation finalement que les interactions humaines. On peut comparer ça aussi aux
01:52réseaux sociaux ? Dans la mesure où ça... L'IA va décharger des ressources attentionnelles,
02:00mais la grande question c'est une fois qu'on décharge ces ressources, donc on a plus de ressources
02:05attentionnelles, est-ce qu'on va finir par les investir et s'engager davantage dans le contenu ? Et donc
02:09la
02:09grande question c'est comment est-ce qu'on design finalement ces outils ? Comment est-ce qu'on s
02:12'assure
02:13qu'on est dans un engagement qui est... Un effort cognitif qui est désirable, c'est ce qu'on appelle,
02:18ça un effort cognitif désirable, c'est-à-dire que c'est un effort qui va permettre de s'engager
02:21cognitivement, de se poser les bonnes questions et de ne pas être passif. Et aujourd'hui vous diriez que les
02:26chatbots d'intelligence artificielle les plus connus sur le marché ne sont pas dans ce design-là ?
02:34Disons que la grande nouveauté avec, par exemple avec ChatGPT lors de son lancement,
02:39c'est que le temps de latence a été, pour ce chatbot, était mais vraiment de l'ordre de
02:44l'interaction humaine. Et donc forcément on est dans quelque chose de plus passif dans la mesure où
02:51même les retours qu'on a textuels, la lecture se fait presque de façon automatique. Donc c'est plutôt
02:57qu'est-ce qu'on fait avec aussi qu'on doit interroger en quelque sorte ? Alors avec Nolège donc
03:05vous proposez des
03:06solutions qui permettent de travailler sur un apprentissage de manière différente. Qu'est-ce
03:11que vous pouvez nous dire sur la façon dont ça va vraiment modifier les parcours des uns et des
03:16autres, que ce soit à titre privé mais aussi professionnel ?
03:20Alors nous on s'adresse aux enseignants sur le marché français, aux enseignants pendant
03:24l'éducation nationale. Et donc typiquement les enseignants ont une charge de travail qui est
03:27monstrueuse, on déplace avec 30 élèves et donc comment est-ce qu'on arrive à s'adresser à différents
03:34niveaux d'élèves ? Et donc là avec l'outil qu'on leur propose, ça leur permet d'automatiser
03:38tout un tas de tâches très laborieuses, par exemple générer des quiz, générer des
03:43flashcards, etc. Ce qu'on a mesuré chez les enseignants qui est très intéressant...
03:46Et ça ne va pas les démobiliser sur justement leur fonction ?
03:49Eh bien justement, on a mesuré le sentiment de compétence. Est-ce que le fait d'utiliser
03:53notre IA leur donne plus de satisfaction au travail ? Est-ce qu'ils se sentent autonomes ? Est-ce
04:01qu'ils se sentent
04:02experts ? Et ce qu'on a observé, c'est que oui. Et ça a aussi un impact dans le
04:05climat
04:06de la classe. Et donc d'ailleurs quand on regarde les théories motivationnelles, on
04:10observe que le sentiment de compétence, c'est un critère clé de l'adoption de la
04:15technologie. Si je me sens compétent, si je me sens autonome, eh bien je vais utiliser
04:19cette technologie. Et d'ailleurs chez l'éducation...
04:22parce que moi j'ai reçu un objecteur de conscience enseignant dans le supérieur qui
04:28a signé un texte qui appelle à faire objection face à l'intelligence artificielle parce qu'il
04:35estime justement... En fait, pour résumer sa pensée, c'est comment on fait demain pour
04:41enseigner avec l'intelligence artificielle ? Et aujourd'hui ça semble tellement pas évident,
04:45voire tellement dangereux, qu'il préfère se mettre en retrait.
04:52La grande question, c'est vrai qu'avec l'intelligence artificielle, ce qu'on
04:55observe c'est que c'est pas seulement les pratiques qui doivent changer, c'est tout
04:58un système qui doit évoluer. Et aujourd'hui les enseignants, enfin voilà, à la fac, le
05:04côté très descendant où je diffuse le cours et puis les élèves sont passifs, les
05:09étudiants sont passifs, ça ne fonctionne pas. La recherche nous dit aussi que sur le
05:12plan d'apprentissage, c'est parce qu'il y a de mieux. Pour le coup, nous, les enseignants
05:16ont été plutôt des grands adobeurs, des grands fans.
05:20Ils nous ont bien accueillis.
05:22Absolument. Et on a commencé avant, juste après le lancement de ChatGPT. On est venu
05:27nous chercher, nous on était d'abord sur un marché américain, et on est venu nous
05:30chercher en nous disant c'est génial, il nous faut la solution en langue française.
05:34Et encore une fois, la différence s'est jouée dans la solution, la façon dont on l'a
05:39développée.
05:39Et vous passez par l'éducation nationale ?
05:41Et oui. Et oui, l'éducation nationale est investie massivement aussi dans l'intelligence
05:45artificielle pour les enseignants et pour les élèves.
05:47Très bien. Bonne nouvelle.
05:48Un point qui est essentiel, et qu'on a vu, c'est ce que nous ont dit les enseignants,
05:53c'est qu'on a fait un choix très fort. Sur ChatGPT, je pose une question, l'IA me
05:57donne une réponse. Nous, c'est l'enseignant qui va donner sa source. Donc ça peut être
06:03son cours, par exemple. Et à partir de là, on génère les activités. Et cet acte, simple
06:09acte de partir de son contenu donne un sentiment de confiance qui permet ensuite une acceptation.
06:16Et puis ensuite, on a d'autres choses qu'on a faites dans le design qui vont permettre
06:19vraiment l'adoption de la technologie. Mais donc, le design des produits n'est pas
06:23du tout un petit sujet, notamment sur le sujet des femmes, où quand on regarde les théories
06:30de l'acceptation de la technologie, on a deux choses qui vont venir influencer l'adoption.
06:35C'est la facilité perçue et l'utilité perçue. Globalement, les femmes, comme
06:39les hommes, voient l'utilité. Et puis, la facilité d'usage, elle est liée quand
06:44même à la technologie elle-même. Et ce qu'on voit généralement, c'est que si elle
06:50ne se sent pas représentée dans l'outil, elle va estimer qu'il y a un effort cognitif
06:55supplémentaire. Sauf que le cerveau humain, il est plutôt feignant.
06:58Et aujourd'hui, les femmes ne se reconnaissent pas dans les outils d'intelligence artificielle,
07:01vous diriez ça ?
07:03Je pense qu'on peut dire que oui. Pourquoi ? Parce que l'intelligence artificielle,
07:08ce sont des algorithmes qui vont venir se nourrir finalement de comportements humains,
07:12d'informations qui sont présentes, notamment sur le web. D'où l'intérêt de bloquer l'accès
07:17au web et de se baser plutôt sur de la donnée spécialisée. Et ce qui va se passer, c'est
07:21que sur ces données web communément utilisées, elles vont être assez orientées. Donc, c'est
07:26plutôt orientées sur le genre masculin. Et ça va être plutôt orientées sur un
07:32archétype d'un homme blanc d'une certain âge, etc. Je vous donne un exemple. J'espère
07:38que ça a changé. Je n'ai pas fait le test depuis 6-8 mois. Mais si on va demander
07:42à Tchats GPT de sortir une image de CEO d'entreprise, et on utilise CEO pour ne pas orienter
07:48en français, il va sortir, il y a de grandes chances à ce que ça sorte, un en blanc avec
07:52les cheveux gris, autour de la cinquantaine. Et ça, ça fait qu'on va pas...
07:59C'est la même chose si vous posez la question dans la rue.
08:02Exactement.
08:03C'est une belle représentation. C'est une industrialisation des billets que nous avons
08:06tous, que nous partageons tous, qui sont utiles au quotidien. Mais c'est vrai qu'effectivement,
08:10à l'époque, on avait toujours des hommes blancs qui étaient dessinés. Et puis aujourd'hui,
08:14ce qu'on a aussi, c'est dans les cas d'usage. Sur Tchats GPT, c'est « Génère-moi
08:18un code », par
08:18exemple. Ce qu'il faudrait, c'est que dans les cas d'usage de prompt, donc
08:22d'instructions qu'on donne à l'IA, qu'on ait quelque chose qui représente davantage
08:25les métiers dans lesquels les femmes se retrouvent. Et qui sont particulièrement impactés
08:30par l'automatisation de l'IA.
08:32En fait, c'est les billets cognitifs qui sont présents chez les humains, qui sont en train
08:35d'être reproduits, finalement, sur les fameux modèles de langage, et qui vont venir impacter
08:40finalement des résultats.
08:41Avec une proportion de développeurs masculins.
08:44Exactement. D'où l'intérêt de rétablir la parité autant que possible et au maximum.
08:48Est-ce qu'on peut corriger ces biais à posteriori ? Parce qu'aujourd'hui, voilà, on a quelques
08:54modèles fondations. Est-ce qu'aujourd'hui, dans votre outil, par exemple, vous faites
08:58attention à la manière dont vous le concevez pour que ce soit un outil dans lequel on se
09:04retrouve avec une attention active ? Est-ce que vous travaillez aussi sur le sujet des
09:09biais ?
09:10Absolument. Donc, le sujet des biais est très difficile parce qu'encore une fois, le biais
09:16cognitif, c'est un raccourci mental et c'est tout à fait naturel et normal et nécessaire
09:20pour l'humain de l'utiliser. Donc ça, c'est un truc important à intégrer. Nous, typiquement,
09:26comment on évalue ça ? On essaye toujours de forcer l'IA à partir du contenu que l'enseignant
09:34a mis en entrée. Et par ailleurs, on décortique, on décomplexifie le contenu. Donc, on a trois
09:38étapes. J'intègre mes ressources. Je peux partir d'une vidéo. On pourrait prendre cette
09:41vidéo, la mettre dans Nolège, par exemple, avec un article. Il y a l'Organisation mondiale
09:46du travail qui a fait une étude récemment. On pourrait récupérer cette étude et la
09:50mettre dans Nolège. Dans la deuxième étape, on va guider. Et troisième étape, on va
09:54avoir tout un tas d'activités. On va décomplexifier. On aura des concepts, tout un tas de choses
09:58qui vont permettre, là, à l'enseignant, par exemple, d'identifier s'il y a eu des biais,
10:04des choses qui n'allaient pas. Donc, c'est, encore une fois, dans l'expérience utilisateur
10:07qu'on va donner un parfait... L'idée, c'est le parfait équilibre entre contrôle
10:10et autonomie et ma capacité d'agir dans la génération de l'IA. Et c'est, je pense,
10:16c'est ce que vous faites. C'est vraiment de donner l'espace à l'utilisateur, de pouvoir
10:22agir globalement. On peut les identifier. Après, se protéger des biais pleinement,
10:27c'est difficile. C'est-à-dire, ils sont sur l'inuit ? Comment est-ce qu'ils sont mis
10:29en avant ?
10:30C'est ça, ils sont identifiés. Ils sont identifiés. Enfin, non, les risques ne sont pas
10:34identifiés. Le contenu est identifié. Les éléments saillants qui pourraient être des
10:40biais sont identifiés. Mais globalement, aujourd'hui, ça reste quand même difficile
10:45dans la mesure... Donc, on va de charge à l'enseignant de s'assurer que dans ces éléments
10:51mis en avant... Exactement. Mais globalement, même dans le contenu...
10:54Il n'y a pas de biais. Ou en tout cas, ça correspond bien à la ligne qui s'était
10:57fixée.
10:58En fait, Nejma a raison. Nous, chez Prismaï, ce qu'on va proposer, c'est une plateforme
11:03pour les grandes entreprises, comme vous l'avez dit au début, pour qu'ils puissent être
11:06autonomes dans la création de leurs agents assistants IA, avec plus ou moins des niveaux
11:12complexes d'autonomie de ces agents-là. Et ce qu'on va permettre aussi, et c'est intégré
11:17directement dans la plateforme, c'est de venir définir des systèmes de ce qu'on appelle
11:21d'observabilité de ces agents-là. Donc, il y a différents niveaux de contrôle. Quand on va
11:26définir la data de l'entrée, les données d'entrée, il y a un véritable contrôle
11:31à se faire, parce que si la data qui est exploitée sur l'agent n'est pas bonne, forcément
11:35le résultat ne sera pas bon non plus. Et à côté de ça, ce qu'on va mettre, c'est
11:39différents niveaux de contrôle. Il va y avoir ce qu'on va appeler le metapront, les instructions
11:46maîtres de l'agent, de l'assistant. On va pouvoir mettre des garde-fous déjà initiaux.
11:51Et puis, au niveau de chaque agent, on va pouvoir dire, ok, s'il y a ce comportement-là,
11:56il faut déclencher ce garde-fous-là, il faut contrer ce comportement-là avec le comportement
12:03suivant. Et donc, là, on va mettre ce qu'on appelle des guardrails qui permettent finalement
12:09de s'assurer qu'effectivement, les comportements...
12:12À chaque étape, en fait, on s'est assuré d'avoir bien mis en place les garde-fous-truits.
12:17Je voulais faire réagir l'homme du plateau. Jean-Paul, une réaction...
12:23Moi, j'écoute et j'apprends pour l'instant.
12:25Quand tu entends ça sur les biais dans l'intelligence artificielle, tu en as conscience ?
12:30Pour moi, c'est la traduction des biais dans les contenus sur le web ou dans le monde
12:36réel. Donc, je me pose toujours la question de savoir, est-ce qu'on veut vraiment mettre
12:43un filtre sur la source des données ?
12:46Oui.
12:47Donc, moi, ma façon naturelle de procéder, c'est de ne mettre aucun filtre. Parce que
12:51j'ai l'impression qu'en mettant des filtres, on ajoute du mensonge ou de l'imprécision
12:56plutôt qu'autre chose. Mais ça, c'est mon intuition.
13:00Après, chacun ajoute le filtre qu'il a envie d'ajouter. En fait, ce qui est intéressant,
13:03c'est de pouvoir regarder, justement, quelles sont les données entrantes, quelles sont
13:08ses sources et quel était au départ mon objectif et ce qu'on me sert à l'arrivée.
13:13Il faut que ce soit cohérent, tout ça.
13:15Mais c'est intéressant parce que là, ce qu'il nous dit, c'est qu'il a besoin de sentir
13:19qu'il a le contrôle sur ce qu'il est en train de générer, qu'il veut éviter lui-même
13:22de biaiser le contenu dès l'entrée. Et ce que tu disais, le travail, c'est
13:26le travail que fait Prisma et puis ce qu'on fait aussi, c'est qu'on doit le faire tous
13:29les mois. On doit vérifier. Les modèles évoluent extrêmement rapidement et tous les mois,
13:33on a tout un tas de tests pour vérifier s'il y a des biais, s'il y a des
13:37hallucinations
13:37qui viennent s'intégrer dans les modèles. Mais encore une fois, je trouve intéressant
13:43ce que tu as dit, c'est qu'effectivement, les filtres existent, la donnée d'entrée
13:48est essentielle et ça me fait beaucoup penser aux fourmis. Il me semble que les fourmis,
13:53quand ils vont chercher les petites feuilles, etc., il y a un filtre qui se fait.
13:55Et c'est un peu ce qu'on doit faire, nous, avec ces modèles d'IA. Mais ce n'est
14:00pas
14:00si évident que ça.
14:01Allez, on passe donc à Wafa Amal, directrice générale de Prisma AI, plateforme d'IA
14:06gentil pour les entreprises. Vous connectez les agents au système d'information, c'est
14:10ça, dans les organisations. Je disais, Startup Toulousaine qui a réussi à convaincre
14:15des grands groupes, c'est quand même toujours intéressant à signaler. Vous avez participé
14:18au sommet de l'IA qui s'est déroulé en Inde cette année. Qu'est-ce que vous avez
14:23pensé de ce sommet ? Est-ce que les Français, les startups françaises et européennes étaient
14:29suffisamment mises en avant, selon vous ?
14:30Alors, sur l'IA, on était la seule startup avec une compagnie, je crois, de 2-3 acteurs
14:38qui étaient là, avec la French Tech notamment. Donc il y avait les champions de l'IA de la
14:42French Tech qui étaient représentés. Mais avec un stand, une présence physique sur
14:47le sommet de l'IA, nous étions les seuls sur place. Ce qui était assez intéressant.
14:53Ce que j'en ai pensé, c'est que, en fait, on a tendance des fois à penser que la
14:59Tech
14:59se joue aux Etats-Unis ou se joue en France, chez nous, qu'on est les meilleurs, etc. Et
15:07qu'on a la bonne façon de procéder. Et en fait, en arrivant en Inde et en m'intéressant
15:12notamment à ce qui a été présenté par les entreprises et les startups indiennes, en fait,
15:17on voit une autre façon de faire. Et ce qui m'a marquée chez ces startups et chez ces
15:23entreprises-là, c'est le sens du pragmatisme. Ils ne sont pas là pour créer des choses
15:28impressionnantes ou ultra innovantes et qui changent avec un gros effet waouh. Ils sont
15:33là, ils disent, nous, on a une surpopulation, on a des problématiques concrètes. Comment est-ce
15:39que je rends la santé accessible ? Comment est-ce que je rends la capacité à se faire payer
15:43accessible parce que c'est vital pour que la population puisse survivre, etc. Et du
15:49coup, ils vont chercher des solutions très simples. Vraiment, quand on regarde comment
15:54les choses sont montées, elles sont très simples, mais efficaces. Et ils ne vont pas
15:58dire, je vais faire des théories de la stratégie pendant mille ans et je vais sécuriser, mettre
16:02tous les garde-fous. Non. Une fois que j'ai quelque chose de probant, je scale, je passe et
16:07j'ajuste et j'adapte au fur et à mesure. Et ça apporte ces résultats. Et ça, ce sens
16:12du pragmatisme qui est assez différent de la manière qu'on peut constater dans certaines
16:17entreprises ici en France.
16:18Je ne sais pas si ça suffit, par exemple, à convaincre des investisseurs.
16:24En fait, le pragmatisme, il rejoint aussi la manière dont ils vont procéder pour faire
16:31croître leur marché. Il y avait une phrase qui était marquée sur une porte d'entrée.
16:38India porte porte d'accès à un marché de 1 milliard de SMEs.
16:45Oui, ça se fait vendeur.
16:46Et voilà. Et donc, en fait, il y a un réel besoin et on sent qu'il y a une...
16:51On va aller
16:52chercher d'abord la chasse au client, finalement, avant d'aller chercher la chasse à la levée.
17:00Et donc, ce sens de pragmatisme, on le voit aussi dans la manière dont ils vont financer.
17:05Et nous, chez Prismaï, on s'est assez reconnus là-dedans parce que c'est exactement la stratégie
17:11qu'on a optée. On s'est dit, on prouve qu'on a un marché, on prouve qu'on arrive
17:15à
17:15scaler au sein d'un premier groupe avant d'aller chercher de l'hypercroissance et de
17:20la levée de fonds. Et notre première levée de fonds, finalement, et qui, pour moi, est
17:23la plus noble, c'est vraiment le financement par le client, c'est-à-dire signer des contrats.
17:27Eh oui. Je voulais vous interroger sur une tendance qu'on appelle le self-AI, c'est-à-dire
17:34l'idée que les employés, les collaborateurs d'organisation vont pouvoir créer leurs propres
17:39agents. C'est un mythe, ça ?
17:41C'est pas du tout un mythe, c'est une réalité terrain. Et d'ailleurs, on a un client qui
17:45a
17:45vraiment donné l'exemple là-dessus, c'est Bouygues Télécom. Ça veut dire quoi, le self-AI ?
17:50Ça veut dire que tout collaborateur, toute collaboratrice, qu'on soit technique ou pas,
17:55qu'on soit métier, si on est métier, marketing, juriste, RH, etc., on doit être capable de
18:02pouvoir créer un agent, de pouvoir le faire évoluer dans le temps, de le manager, de
18:06collaborer avec. Et c'est ça le self-AI. Pourquoi c'est important ? Pour deux choses.
18:11La première, c'est que...
18:12On est quand même dans le cadre d'une organisation, on utilise les données de son
18:16entreprise, de son métier. On ne peut pas faire tous les agents où on a envie
18:20de créer. Enfin, je veux dire, il y a des limites, il y a un cadre.
18:23Complètement. Je finis juste sur l'idée de pourquoi c'est important. Pour deux
18:26raisons. La première, c'est que ce sont les métiers qui connaissent, qui maîtrisent
18:29leur processus. S'il y a quelqu'un qui est apte à venir les transformer de manière
18:34efficace, sécurisée et fiable, c'est bien le métier qui en a la charge. Le deuxième
18:38sujet, c'est un sujet de préparation des compétences de demain et j'ai envie de dire
18:43même d'aujourd'hui. Parce que la capacité à venir créer des agents, à les manager,
18:47à collaborer avec, devient un critère d'employabilité. Et pour Bouygues Télécom,
18:51c'est avec cette vision de dire, je dois préparer mes collaborateurs à pouvoir porter
18:55ce skill-là, qu'ils ont décidé d'ouvrir le self-AI justement à tous leurs collaborateurs.
19:00Néanmoins, il faut en effet ne pas le faire n'importe comment, sinon ça devient le far
19:04west. Il faut absolument que ce soit dans un cadre maîtrisé. Quand on dit dans un cadre
19:08maîtrisé, il faut qu'on puisse garder le contrôle de ces données, des cas d'usage,
19:12de qui partage quel agent avec qui, etc. Et donc c'est là où notre plateforme permet
19:18à la fois d'ouvrir, de décentraliser la réalisation des cas d'usage vers les métiers,
19:23tout en le faisant dans un cadre maîtrisé, contrôlé par les experts techniques, qui eux
19:28aussi ont leur espace pour faire des cas d'usage beaucoup plus complexes, plus core business.
19:33Et tout ça se fait dans un même espace. Et donc la gouvernance, l'observabilité,
19:38contrôler ce qui se passe sur les agents...
19:40Et cette gouvernance n'est pas trop compliquée à mettre en place, justement ?
19:43Alors, c'est quand chaque métier est impliqué et qu'en plus, il y a une supervision au-dessus
19:48et puis qu'il y a le comex et le codire et tout ça qui décide ou non.
19:52Alors, c'est ce qui est loin que le POC, parce qu'aujourd'hui, c'est la grande question.
19:55Comment on fait pour sortir juste des proof of concepts pour passer à l'échelle ?
19:59Alors, c'était exactement ma réaction quand WIC Telecom m'a annoncé qu'ils voulaient
20:03ouvrir la création d'agents à tout le monde.
20:04Ok.
20:05Et là, je me suis dit, alors comment on va faire pour contrôler tout ça ?
20:07Et en fait, ils ont très très bien poncé leur gouvernance.
20:09Et finalement, ça se passe très très bien.
20:11En fait, ce qu'ils ont fait, c'est simple.
20:13C'est de dire, tout le monde peut créer, personne ne peut partager.
20:16Ils nous ont demandé, est-ce que vous pouvez faire ça avec votre plateforme ?
20:18Oui, on peut.
20:20Et donc, il y a deux niveaux de partage qui sont sous autorisation.
20:23Le premier, je crée mon agent, je suis plus ou moins satisfait, je veux le faire tester par d'autres.
20:27Je demande l'ouverture et le partage avec un groupe restreint de personnes
20:31qui vont me faire du feedback dans une logique d'amélioration continue.
20:34À partir du moment où je suis satisfait du dernier retour que j'ai reçu,
20:38je peux, à travers la plateforme, dire je souhaite passer le comité de validation des agents.
20:44Et donc là, ça passe dans un comité hebdomadaire qui va pré-analyser les différents agents
20:50pour vérifier qu'il n'y a pas de doublant, que c'est conforme avec la stratégie, etc.
20:53Et si l'agent, il est validé, alors il passe entre les mains des experts
20:57qui vont les mettre aux normes de l'industrialisation et du scale
21:01avant d'être ouverts soit à un groupe, le groupe RH, le groupe métier,
21:06soit au niveau de l'ensemble de l'entreprise.
21:09Et aujourd'hui, les preuves sont là.
21:12En l'espace de quatre mois, il y a eu plus de 200 agents
21:17qui ont été partagés à l'échelle de l'entreprise,
21:19qui sont en train de transformer beaucoup de métiers.
21:21Et surtout, aujourd'hui, il y a un tel enthousiasme,
21:25une telle envie de s'accaparer l'outil
21:27qu'aujourd'hui, Prismaï, ça s'appelle Studio IA,
21:29c'est comme ça qu'ils l'ont baptisé chez Bouygues Telecom,
21:32est le troisième outil le plus utilisé dans l'entreprise après Outlook et Teams.
21:36Une réaction là-dessus ?
21:38Oui, c'est extrêmement intéressant comme exemple.
21:43Je me posais une question.
21:46Donc, quand on a un agent qui travaille pour soi,
21:50l'agent fait des erreurs parfois.
21:54Et aussi, quel est le login qu'utilise l'argent
21:57pour se connecter aux ERP ou au système de gestion de l'entreprise ?
22:01Est-ce qu'il utilise le login de l'utilisateur
22:04qui donne les instructions à l'agent ou un autre login ?
22:07Et comment est-ce qu'on prend en compte le fait
22:11que cet agent que l'on fait travailler
22:12pourrait en fait aller détruire pas mal de choses
22:16qui arrivent de temps en temps ?
22:17Alors, c'est super important comme question.
22:21On sent que c'est un intérêt opérationnel dans ta question.
22:25Alors, la maîtrise, elle passe aussi par le contrôle des accès
22:28et par l'auditabilité.
22:30Pour pouvoir ouvrir ce type de service,
22:32il faut être capable d'avoir une solution 100% auditable,
22:35quand on dit 100% auditable,
22:37c'est-à-dire pouvoir vérifier tout ce qui se passe
22:39au niveau de la création de l'agent,
22:41mais aussi et surtout, une fois que l'agent vit sa vie
22:44et qu'il est déployé, il faut pouvoir savoir
22:46qu'est-ce qu'il fait, à quel moment, avec quelles données,
22:48sur quels outils, etc.
22:50L'explicabilité, en fait, c'est ça ?
22:52L'explicabilité et la traçabilité de tous les événements qui se passent.
22:55Et en fait, nous, ce qu'on a conçu,
22:58c'est une plateforme qui est de type EDA,
23:00Event Driven Architecture Orientée Événements,
23:03ce qui veut dire que tout ce qui va se passer sur la plateforme est logué.
23:07Et sur la gestion des accès,
23:09on va pouvoir cascader, finalement, les droits d'usage
23:14et avoir une gestion fine des droits d'usage.
23:17Ça veut dire quoi ?
23:17Ça veut dire qu'il y a...
23:18Rapidement, parce qu'ensuite, il passera en consultation payante,
23:21je pense, Jean-Paul, parce qu'on n'a plus le temps.
23:23Alors, il y a la gestion des droits.
23:26En gros, naturellement, l'agent va hériter
23:29des rôles et des droits d'accès de son honneur,
23:32de celui qu'il a créé.
23:33Mais dans l'usage, il va s'adapter également
23:37aux droits qui sont attribués à celui qui va l'utiliser.
23:41Et aujourd'hui, on est allé encore plus loin
23:43parce qu'on a créé l'identité de l'agent
23:45avec les droits d'accès qu'il lui est en propre,
23:47de telle sorte à pouvoir bien gérer ce point-là.
23:50Wafa Amal de Prisméaï,
23:52Nejma Travaglini,
23:54vous restez avec moi
23:57parce qu'on va écouter maintenant la chronique de Jean-Paul Smets.
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