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  • il y a 7 semaines
Les agents d’intelligence artificielle entrent dans une nouvelle phase : celle de l’action. Avec des agents capables d’utiliser un ordinateur comme un humain, H Company ambitionne de transformer en profondeur les métiers, tout en plaçant la collaboration homme-machine, la sécurité et la confiance au cœur de son approche.

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Transcription
00:00Très heureuse de recevoir dans la grande interview Gautier-Cloy, bonjour.
00:09Vous êtes le nouveau PDG depuis l'été dernier de HH Company, une start-up spécialisée dans l'IA agentique.
00:17Création annoncée en 2023, à quelques mois finalement, de celle de Mistral.
00:24J'ai envie de dire que vous aviez la même estampille d'espoir français dans l'intelligence artificielle.
00:31Sans doute la même bonne étoile d'ailleurs, puisque l'entreprise a levé très rapidement 220 millions de dollars auprès d'investisseurs comme AWS ou encore Eric Schmidt, Samsung, Bernard Arnault.
00:43Mais ce n'est pas la même histoire qui a suivi après ce lancement.
00:47Celle de HH est beaucoup plus chahutée, bousculée, et puis vous avez finalement moins pris la lumière que Mistral.
00:56Est-ce qu'il y a eu un démarrage avec de trop grandes promesses selon vous ?
01:00Je pense que oui, on a dû démarrer un an après Mistral, grosso modo.
01:05Je pense qu'on est sur des sujets très différents.
01:09Nous, on est vraiment sur l'IA pour les entreprises.
01:10On a commencé par de la recherche, donc il y a eu une année qui était vraiment concentrée sur la recherche,
01:15avec une promesse qui était assez floue au début, parce que c'était des chercheurs, de l'IA,
01:22sur les agents, qui était une technologie dont on ne parlait pas encore beaucoup.
01:26Moi, je suis arrivé au moment où la recherche commençait à apporter une technologie qui est aujourd'hui leader mondial.
01:33Donc, on est les seuls sur ce créneau-là.
01:35Le computer use pour l'entreprise, on pourra en parler.
01:38Et oui, je pense qu'on nous compare souvent avec Mistral, effectivement.
01:42On a levé un peu plus que...
01:43Ce n'est pas le même positionnement, c'est ça que vous nous dites, dès le départ, pas du tout ?
01:46Non, pas du tout. On est très complémentaires.
01:48Donc, Mistral, on connaît bien, c'est les LLM, souverains en plus, donc questions, réponses.
01:53Chez les entreprises, ils se connectent sur les données d'entreprise pour améliorer ces questions-réponses.
01:58Nous, on est dans l'action.
01:59Donc aujourd'hui, si vous voulez utiliser un LLM pour répondre à un email, il va peut-être vous faire l'email,
02:04mais vous allez retourner dans votre email, l'envoyer.
02:06Et puis, si c'est pour un client, aller dans, je ne sais pas, Salesforce ou l'outil que vous utilisez pour gérer vos clients,
02:11et puis faire la mise à jour.
02:13Nous, nos outils, ils le font en natif, c'est-à-dire qu'ils vont agir.
02:16Ils vont agir dans les outils modernes, qui ont des interfaces,
02:19mais ils vont aussi agir dans les outils métiers,
02:22que les grandes entreprises ont accumulés ces dernières décennies,
02:25qui ne sont pas interopérables, en fait, qui n'ont pas été conçus pour interagir avec l'IA.
02:29Et donc ça, c'est notre innovation technologique, c'est les androïdes.
02:32C'est des IA qui vont, en fait, faire comme vous et moi, c'est-à-dire...
02:36Des androïdes, c'est un terme qui peut prêter à confusion dans le domaine de la veille avec Google.
02:41C'est ça, c'est des androïdes virtuels, c'est des humains qui, en fait, fonctionnent comme des humains.
02:47Donc ils vont aller cliquer, ils vont ouvrir une fenêtre, ils vont chercher une information,
02:51ils vont la transférer au bon endroit.
02:53Et ça, aujourd'hui, c'est une technologie qui émerge.
02:56On a vu Meta qui vient de racheter Manus, qui était spécialisé là-dedans,
02:59plutôt pour le B2C, donc plutôt pour les éditeurs particuliers.
03:03Ils ont racheté cette pépite de 2 milliards.
03:05C'était un petit peu notre concurrent.
03:06Maintenant, on a un boulevard pour déployer dans les entreprises.
03:10Il y a eu des acquisitions aussi réalisées par H-Compagny ?
03:13Oui, donc on a fait des acquisitions, alors beaucoup plus petites que celles que vient de faire Meta,
03:17mais oui, une acquisition dans la sécurité.
03:19C'est un sujet très important.
03:20On travaille beaucoup avec les industries régulées, évidemment, les services financiers,
03:23le gouvernement, la santé.
03:24Et donc, les agents, c'est super, mais ils doivent opérer dans un environnement sécuritaire.
03:30Donc, on a fait une acquisition dans ce domaine-là.
03:32Maintenant, vous avez un boulevard, parce que l'agentique, c'est vraiment le sujet
03:36qui arrive à la une de toutes les interrogations des entreprises
03:39qui veulent s'approprier l'intelligence artificielle.
03:41C'est comment je fais pour passer tout de suite à l'ère des agents ?
03:45Donc, j'imagine que c'est plus simple aujourd'hui,
03:48en termes de discours commercial pour vous, d'avancer ?
03:50Oui, oui, aujourd'hui, on a la chance d'avoir une super réception de nos discours.
03:56On signe nos premiers clients, donc c'est des grands groupes.
03:59On les annonce au fur et à mesure.
04:00On a annoncé, par exemple, Française Déjeux United récemment.
04:02On signe nos premiers clients en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, les pays du Golfe.
04:07Donc, on a effectivement un boulevard là-dessus.
04:09Les entreprises, en fait, il y a eu plusieurs phases de déploiement de l'IA.
04:12La première, c'était, on en parlait, les LLM, donc les chatbots, questions-réponses,
04:16connectés aux données d'entreprise.
04:17La deuxième, ça a été un petit peu les agents traditionnels,
04:20c'est-à-dire, je connecte l'IA aux outils métiers,
04:22mais ceux qui sont connectables, donc les outils modernes.
04:26Et ça, ça avait plein d'avantages.
04:28Moi, je travaillais dans des entreprises américaines qui faisaient ça.
04:29On a vu beaucoup de progrès dans ce domaine-là, mais avec des limites,
04:33parce que, en fait, les grandes entreprises, aujourd'hui,
04:35elles ont des outils qui nécessitent peut-être trois ans de migration,
04:39de nettoyage pour que ça puisse fonctionner avec l'IA.
04:41Donc, nous, on n'arrive pas dessus ces outils.
04:42On n'a rien besoin de changer.
04:44Et donc, on peut passer de plusieurs mois à quelques jours.
04:48C'est-à-dire, très concrètement, en fait, vous rajoutez une brique
04:51qui permette de faire de l'IA agentique,
04:53donc de laisser travail des agents avec les outils déjà en place.
04:56Il n'y a aucune adaptation nécessaire ?
04:59Aucune adaptation nécessaire, puisque la génération précédente des agents,
05:04en fait, il fallait se connecter techniquement.
05:06Donc, où sont les connexions techniques ?
05:08Alors, si c'est Salesforce, il y en a peut-être quelques-unes.
05:11SAP, c'est un peu différent.
05:12Les outils métiers construits dans les années 90, 2000, il n'y en a pas.
05:15Et donc, en fait, il fallait plein d'adaptations techniques.
05:17C'était ce que je faisais, j'ai fait ça pendant dix ans aux États-Unis.
05:21Super résultat, mais très long.
05:22Aujourd'hui, en fait, on fait comme ferait un humain.
05:26C'est-à-dire que quand il y a une interface graphique,
05:28un bouton, un endroit où on peut rentrer du texte,
05:31nos agents, ils font la même chose.
05:32Donc, on pouvait les voir, d'ailleurs, c'est assez visuel.
05:34On pouvait les voir fonctionner, aller cliquer à un endroit.
05:36Donc, bien sûr, parfois, ils font des choses aussi qui ne sont pas visibles.
05:38Mais c'est l'innovation technologique majeure qui fait qu'on est un champion mondial sur ce domaine-là.
05:45Le computer use, c'est comme ça qu'on l'appelle.
05:47Alors, vous avez parlé de votre vie aux États-Unis.
05:49Donc, vous, vous avez passé dix ans chez Palantir.
05:53Palantir, qu'on connaît surtout pour être la boîte incontournable pour les agences de renseignement
06:00parce que spécialiste de la data science et de l'intelligence artificielle
06:04capable, justement, de faire parler des données.
06:06Vous êtes diplômé de centrale et du programme XEHEC Entrepreneur.
06:12Donc, vous rejoignez Palantir en 2015.
06:16À ce moment-là, vous créez le bureau français.
06:20Vous développez finalement Palantir au sein de la France,
06:23mais aussi sur sa stratégie européenne.
06:26Avec quoi, une méthode à la française ou à l'américaine ?
06:29Eh bien, un peu des deux.
06:31C'est-à-dire que je pense que les Américains sont très bons.
06:33Et moi, j'ai beaucoup appris sur le business.
06:35C'est des gens qui n'hésitent pas à vendre.
06:39Ils sont très bons sur la confiance.
06:40Moi, quand j'ai commencé Palantir, il y avait très peu de clients et il n'y avait presque pas de produits,
06:44notamment pour les entreprises.
06:46Mais il y avait déjà l'ambition d'être le premier software mondial sur la data et puis plus tard sur l'IA.
06:52Donc, ils sont très bons en ambition.
06:54Et l'ambition, c'est important parce que...
06:55C'est-à-dire que c'est le discours marketing, finalement ?
06:57Alors, c'est un discours marketing.
06:57De dire qu'on est plus fort.
06:59Exactement.
06:59Mais ce n'est pas que ça, parce que c'est un discours aussi interne.
07:02C'est une projection.
07:03C'est-à-dire que quand on réfléchit et qu'on se dit,
07:05OK, je veux gagner le championnat local de 100 mètres ou je veux gagner les Jeux olympiques,
07:10on n'est pas derrière les mêmes moyens.
07:12Et je pense qu'en France, parfois, on est un petit peu...
07:14Bon, on va essayer de faire bien notre travail en France.
07:17Puis après, peut-être qu'on fera l'Italie.
07:19Et les Américains, ils sont assez forts.
07:20On ne s'autorise pas la même ambition ?
07:22Je pense qu'on ne s'autorise pas.
07:23Je pense que parfois, on ne se fait pas confiance.
07:25Alors que sur l'IA, notamment, on a les meilleurs talents mondiaux.
07:27Vous l'avez vu, Yann Lequin chez Meta, chez OpenAI.
07:31Alors, il vient de partir, mais il a fait beaucoup de choses chez Meta.
07:34Je ne vais pas mentir.
07:35Les étages où on faisait de l'IA, ça parlait français.
07:37À New York, vous avez dans le bureau, vous avez beaucoup entendu parler français.
07:39Donc, on a parmi les meilleurs talents.
07:41On n'est pas très bons en confiance.
07:43D'ailleurs, quand on regarde dans notre passé, on a fait quoi ?
07:45Le Minitel, c'est resté dans l'hexagone.
07:48Et c'est mort de sa petite mort, alors que c'était l'Internet avant l'heure.
07:51On a plein d'exemples de technologies françaises qui, faute d'ambition, d'internationalisation,
07:57de montée rapide en puissance, n'existent plus aujourd'hui.
08:01Ils ont été remplacés.
08:02Donc, oui, je pense que...
08:03Et faute de soutien aussi des grandes organisations.
08:06Parce que là, Palantir a signé, par exemple, avec le FBI.
08:09Bon, tout de suite, ça change la dimension de l'entreprise, j'imagine.
08:11Alors, en France, c'est Palantir qui obtient les contrats de nos grandes administrations.
08:20Il y a un concurrent français qui existe.
08:23Mais on sent que c'est beaucoup plus compliqué.
08:26Pourquoi ?
08:27Vous parlez de confiance, vous parlez d'ambition.
08:29Aujourd'hui, vous êtes évidemment au cœur des sujets de la souveraineté numérique.
08:34Alors, j'imagine, venant de Palantir, arrivant sur une pépite de l'IA, grande promesse pour l'Europe,
08:42vous avez changé un petit peu vos lunettes, non ?
08:45Pour regarder ce sujet de la souveraineté numérique.
08:48Comment est-ce qu'aujourd'hui, vous vous approchez de ce sujet ?
08:51Et est-ce qu'il vous semble qu'on a les moyens, justement, de nos ambitions en matière de souveraineté ?
08:57Oui, c'est une très bonne question.
08:58Je pense que la souveraineté, il y a beaucoup de choses dans la souveraineté.
09:00Il y a, est-ce qu'on est maître de nos technologies ?
09:03Est-ce qu'elles sont développées en France ?
09:05Est-ce qu'elles sont dirigées par des gens qui sont en France, qui sont français ?
09:09Il y a le fait que les technologies fonctionnent.
09:11Ça, c'est aussi important.
09:12Moi, quand j'ai commencé chez Palantir, en 2015, c'était les vagues d'attentats en France, on s'en souvient.
09:18Et mon premier déploiement, ça a été de déployer dans les services de renseignement pour faire du contre-terrorisme.
09:23À l'époque, pourquoi on a été choisi ?
09:25C'est parce qu'en fait, on avait la meilleure technologie.
09:27Donc, aujourd'hui, la raison qui m'a fait revenir en France et qui me fait penser qu'on peut développer, depuis la France, des champions mondiaux,
09:37c'est qu'aujourd'hui, on a des super talents en France.
09:40L'IA, c'est un truc qui marche très bien en France.
09:42Le software, c'était...
09:44On n'a pas vraiment réussi à faire émerger des champions du software.
09:47En France, en IA...
09:49On n'a pas cru nos talents sur le logiciel.
09:51Oui, je pense qu'il y a plein de raisons, on pourrait en parler.
09:54En tout cas, moi, la raison pour laquelle je suis revenu aux Etats-Unis, tout le monde m'a dit « Mais pourquoi tu pars de New York ? »
10:00Au contraire, les Français, ils y vont.
10:02Je pense qu'en France, on a vraiment l'écosystème, les talents, les grands groupes.
10:06Alors, les grands groupes, c'est toujours un peu long de signer avec un grand groupe.
10:09Mais on a été surpris de signer en quelques mois avec des grands groupes français.
10:12Je parlais de Françaises des Jeux, ça a été très rapide.
10:14avec des dirigeants qui sont visionnaires.
10:18Je pense qu'on a aussi, en France, la chance d'avoir ce type de dirigeant.
10:22Aux Etats-Unis, j'en ai vu des visionnaires, j'en ai vu aussi des traits financiers, des traits business, le cours de bourse, etc.
10:27Donc ça, je pense que c'est des atouts pour nous.
10:29Je disais que vous étiez moins dans la lumière que Mistral.
10:34C'est vrai qu'on a l'impression aujourd'hui, quand on parle d'IA, qu'on a une boîte sur laquelle reposent tous nos espoirs.
10:41Ça ferait presque peur, finalement, parce que c'est fragile comme écosystème, une seule entreprise.
10:45Pour autant, c'est faux.
10:47On a un écosystème assez important aujourd'hui.
10:50Et donc, H-Company en fait partie.
10:52Comment est-ce que vous arrivez à convaincre qu'il n'y a pas que Mistral ?
10:55Oui, on a un écosystème qui est assez extraordinaire en France, en fait.
11:00Et quand on regarde, d'ailleurs, c'est intéressant parce que les fondateurs de Mistral...
11:02Mais il y a une question de visibilité, de le faire savoir.
11:05Alors, reprête, qui est la clé, au-delà de nous, les médias ?
11:08C'est pour ça que mon boulot, c'est aussi de passer du temps avec vous pour l'expliquer.
11:12Alors, nous, on se concentre sur les grandes entreprises et les administrations.
11:15Donc, c'est vrai que c'est moins visible.
11:17On connaît plus Google que Oracle.
11:19Pourtant, c'est des entreprises qui sont presque aussi grosses.
11:20Mais parce que le grand public utilise Mistral, pareil.
11:24Ils ont une application qui a été visée par le grand public.
11:26Donc, ça aide à se faire connaître.
11:29Mais moi, je pense qu'au-delà de ce qu'on fait pour les administrations et pour les grandes entreprises,
11:35on a un rôle à avoir sur la société.
11:37On doit apporter quelque chose.
11:38Donc, il y a des sujets...
11:40La réindustrialisation en France, c'est un sujet sur lequel nous, on va contribuer énormément.
11:44Parce que l'IA, elle est là pour permettre, justement, de couper dans toutes ces tâches administratives
11:50qui font perdre du temps et qui, parfois, nous font perdre de la compétitive face à nos concurrents étrangers.
11:56Il y a des sujets de société.
11:57On parlait du temps d'attente aux urgences.
12:00Nous, notre promesse, c'est vraiment à ROI.
12:01Donc, dans les urgences, c'est quoi ?
12:02C'est qu'on va diviser par trois le temps d'attente aux urgences.
12:04Si on ne divise pas par trois, on n'est pas payé.
12:06Et là, est-ce que c'est pas un peu un discours baguette magique ?
12:08Tiens, on met de l'IA et hop !
12:10D'un coup, il n'y a plus de temps aux attentes.
12:11Il y a plein d'autres facteurs.
12:12Évidemment, s'il manque des médecins, nous, on ne va pas les apporter.
12:14En revanche, quand on regarde, si on prend les urgences,
12:17aujourd'hui, c'est entre 60% et 70% du temps des soignants,
12:21aide-soignantes, infirmières, médecins, qui sont devant des ordinateurs
12:24à trouver un lit, à saisir une prescription, à regarder des résultats,
12:30les copier dans un autre endroit, envoyer un mail.
12:33On ne peut pas aider sur ajouter des médecins.
12:34Par contre, on peut aider là-dessus.
12:35On peut aider en divisant par deux ou par trois ce temps administratif.
12:39C'est anormal qu'un commercial passe 70% de son tour dans un ordinateur.
12:44Ça veut dire faire confiance aux IA, confier aux agents aussi ses tâches.
12:47Aujourd'hui, on a un problème de confiance, de fiabilité, de transparence aussi.
12:52C'est un vrai sujet.
12:53Il y a toute une partie qui, évidemment, nécessite la validation de l'humain.
12:57Mais en fait, quand vous faites plein de tâches manuelles
13:00et vous voulez juste être sûr à la fin que vous avez fait le bon choix,
13:04vous créez toute une charge mentale.
13:06Alors qu'en fait, si ces tâches manuelles, elles ne sont pas faites par vous,
13:09qu'à la fin, vous avez le cerveau frais et que vous dites
13:10« Non, là, il y a une petite erreur, je vais la modifier. »
13:14Là, on a l'IA qui contribue à rajouter plus de fiabilité.
13:18Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
13:19Quand on passe une journée à faire des tâches administratives,
13:22à passer d'un outil à l'autre, quel que soit notre métier,
13:25à la fin de la journée, on est un peu frustré
13:27parce qu'on n'a pas réussi à faire beaucoup de choses
13:28et pourtant, on a l'impression d'avoir le cerveau cramé
13:31parce qu'on a passé notre temps à se battre avec de l'informatique.
13:34Aujourd'hui, c'est ça qu'on se propose de réduire
13:37pour redonner de la place à l'essentiel.
13:41Donc, on pourrait rentrer en détail de comment,
13:42à quel moment l'humain intervient au début.
13:44Au début, quand on n'est pas, il intervient partout.
13:46Quel impact sur les métiers aussi ?
13:47Quel impact sur les métiers ?
13:48C'est un sujet capital, je pense que...
13:50Parce que vous êtes une boîte tech,
13:52vous êtes une boîte de recherche
13:53et une boîte de service,
13:56mais est-ce que ça va jusqu'à l'accompagnement
13:57sur cette transformation ?
13:59Moi, j'ai tendance à dire que 20% de ce qu'on fait,
14:01c'est de la technologie
14:02et 80% de ce qu'on fait, c'est de l'humain.
14:04C'est pour ça, c'est un truc qu'on a repris
14:06de mon entreprise précédente,
14:07c'est qu'on envoie d'abord des humains.
14:10Donc, par exemple, ils vont s'asseoir à côté...
14:11On parle d'une infirmière.
14:12Ils vont s'asseoir à côté d'elle.
14:14Ils vont voir comment elle fonctionne.
14:15Ils vont lui proposer le lendemain
14:16un agent qui fait ça.
14:19Généralement, ça ne marche pas du premier coup.
14:20Donc, on va avoir une, deux, trois, vingt itérations.
14:23Mais l'avantage, c'est qu'on a nos chercheurs,
14:25on a nos ingénieurs,
14:26donc tout ça se fait très rapidement.
14:27Et en quelques jours,
14:28on va avoir un outil qui fonctionne bien
14:29avec une personne.
14:30et ensuite, c'est beaucoup plus facile
14:31de le déployer aux autres.
14:33Je vous donne un iPhone au début de l'iPhone
14:35et vous adorez, vous faites plein de choses avec,
14:38les autres vont demander à avoir un iPhone.
14:39Nous, c'est ça.
14:40En fait, notre mesure, c'est
14:41si on doit former les gens
14:42et les obliger à utiliser nos outils,
14:43c'est qu'on a complètement raté notre coup.
14:46En revanche, si les gens demandent
14:47à les utiliser parce que ça leur fait gagner du temps,
14:49c'est le win pour nous.
14:51Je disais en introduction
14:52que H avait été quand même pas mal bousculé
14:55depuis l'annonce de sa création.
14:57Il y a quatre des fondateurs sur cinq
15:00qui sont partis.
15:02Vous, vous arrivez justement
15:04au remplacement de Charles Cantor.
15:05Est-ce que ça veut dire
15:06qu'il y a une nouvelle stratégie aussi pour H
15:09ou est-ce que vous vous placez vraiment
15:10dans la continuité ?
15:12Oui, je pense que bousculer,
15:13c'est un terme un peu fort.
15:14Je pense que ce qui s'est passé,
15:16c'est qu'il y a eu une concentration au début
15:18sur la recherche et développement
15:19avec plein d'idées.
15:21Le jeu vidéo,
15:23la recherche fondamentale.
15:25Et c'est super parce qu'en fait,
15:26il faut aussi se donner la possibilité
15:28de laisser des chercheurs
15:29aller dans des directions.
15:31Et puis à un moment,
15:32il y a une direction
15:33qui s'est assez naturellement imposée
15:37à tout le monde.
15:38Tout le monde a commencé
15:38à travailler dessus.
15:39Donc après,
15:40c'est un diamant brut
15:41qu'il faut déployer.
15:43Donc c'est plus resserrer la stratégie,
15:45c'est ça ?
15:45Oui, exactement.
15:46Moi, je pense que je suis arrivé...
15:47Sur l'IA agentique, B2B.
15:48C'est ça.
15:49B2B,
15:50quand je suis arrivé,
15:51c'était pas très clair.
15:52Donc on enlève des grandes promesses.
15:53Parce que vous nous disiez,
15:54on a besoin aussi de montrer
15:55qu'on a des grandes ambitions.
15:56Ah mais, champion mondial du B2B.
15:58Ah bon, on vous mentirait ?
15:59Ah oui, on n'est pas là
15:59pour faire un champion parisien.
16:01Non, non.
16:01Donc ça, c'est la promesse
16:03de H aujourd'hui.
16:04Quand je suis arrivé,
16:05en fait, il y avait un diamant brut.
16:06C'est ce qu'avait produit la recherche.
16:07Les modèles les meilleurs du monde
16:08sur le computer use,
16:10qui est quand même une technologie
16:10qui...
16:11On n'en parlait pas trop l'hénère.
16:12Qu'est-ce que vous appelez,
16:12le computer use, alors ?
16:13Alors, le computer use,
16:14c'est ces fameux androïdes.
16:15On aime bien utiliser
16:16le mot androïde
16:17parce que ça parle un peu plus.
16:18Effectivement,
16:18c'est un terme
16:19qu'il faut expliquer.
16:20Mais le computer use,
16:22c'est l'IA
16:22qui utilise l'ordinateur
16:23comme un humain.
16:24Sans avoir besoin
16:25de 30 personnes
16:27dans un département informatique
16:28qui connectent
16:29ces outils existants à l'IA.
16:33Donc, c'est aujourd'hui,
16:35après l'émission,
16:35je vais à côté de vous
16:36sur votre ordinateur,
16:37vous me montrez ce que vous faites.
16:38Eh bien, je mets une IA
16:39qui va ressembler
16:40un petit peu au début
16:40à un stagiaire,
16:41qui va cliquer,
16:42qui va faire les mêmes choses,
16:43qui va regarder ce que vous faites.
16:43Et puis, au fur et à mesure,
16:45elle va apprendre
16:45de ce que vous faites.
16:46Et vous allez dire,
16:47moi, je veux juste me concentrer
16:48sur la relecture
16:50de toutes ces informations
16:51que tu vas me trouver.
16:52En revanche,
16:53aller les chercher,
16:54regarder dans les mails,
16:55faire ses recherches.
16:56Tout ça, c'est fastidieux,
16:57ça ne m'intéresse pas,
16:57ce n'est pas mon métier.
16:58Moi, je suis bon pour,
17:00une fois que j'ai la synthèse,
17:01récupérer et dire,
17:02tiens, va chercher ça.
17:03Tiens, envoie-le à telle personne.
17:04Tiens, crée-moi un visuel.
17:06Et puis, si on parle d'industrie,
17:08c'est améliorer la production,
17:11faire de la maintenance prédictive.
17:13Toutes ces choses
17:14qui, en fait,
17:15nécessitent plus
17:16que juste de la connexion technique
17:18avec la génération précédente
17:19de l'IA.
17:20Alors, aujourd'hui,
17:21pour faire le portrait
17:21de l'entreprise,
17:22vous êtes entre Paris et Londres,
17:24c'est ça, les équipes ?
17:25On a aussi un petit bureau
17:25à New York.
17:26D'accord.
17:27On est une centaine,
17:29on sera une centaine
17:30à la fin du mois.
17:31On a une trentaine
17:32de chercheurs
17:33parmi les meilleurs au monde
17:34qui font en sorte
17:35que nos modèles d'IA
17:36soient toujours les meilleurs.
17:37Alors, un des chercheurs fondateurs
17:38est resté d'ailleurs,
17:39Laurent Cifre.
17:39Oui, oui, bien sûr,
17:40Laurent Cifre,
17:41qui venait de chez DeepMind,
17:43tout comme d'ailleurs
17:43Arthur Mench,
17:44c'était, je crois,
17:45le manager d'Arthur Mench.
17:46Ça, vous parlez beaucoup d'Android
17:46parce qu'ils sont très
17:47ex-Google.
17:48Oui, oui, oui.
17:49Donc, on a des équipes...
17:51En fait, DeepMind,
17:53qui a été racheté par Google,
17:54c'était les premiers
17:55à faire de l'IA.
17:56On se souvient peut-être
17:57d'AlphaGo,
17:58donc le jeu de go,
17:59l'IA qui bat l'humain.
18:00Ça, c'était Laurent,
18:01mon cofondateur.
18:03Ils ont fait après AlphaFold.
18:04Ils ont eu le prix Nobel
18:05quand même de médecine là-dessus.
18:06Puis, AlphaStar.
18:08Ça, c'est StarCraft
18:08pour les gamers.
18:10Et donc, c'était un petit peu
18:11le début de l'IA
18:12avant l'arrivée des LLM,
18:13donc OpenAI et compagnie.
18:14Ça a été racheté par Google.
18:16Et aujourd'hui,
18:16on a toute une génération
18:17de chercheurs
18:18qui viennent de ces entreprises.
18:19Il y a beaucoup de Français
18:20et qui ont envie
18:22de repartir
18:23de l'époque
18:25où DeepMind était tout petit
18:26et de créer des projets
18:27from scratch.
18:28Donc, on a aussi
18:29des gens de Meta,
18:30on a des gens de Mistral.
18:32Enfin, on a plein de gens
18:33dans cette équipe
18:33qui font de la recherche.
18:35Ensuite,
18:36on a une équipe d'ingénieurs
18:37qui construit le produit.
18:37Et la recherche est où ?
18:38Plutôt à Paris ?
18:39À Paris, principalement.
18:40Et on a de plus en plus
18:41de gens à Londres.
18:43On a de plus en plus de...
18:44Et New York, c'est quoi ?
18:44C'est un bureau commercial ?
18:45New York, aujourd'hui,
18:46c'est plutôt un bureau commercial.
18:49La côte Est, en fait,
18:50c'est là où se concentrent
18:51nos clients
18:51parce que c'est des entreprises
18:52traditionnelles américaines.
18:54Donc, à 2-3 heures de New York,
18:57100% de ces entreprises-là.
18:58Et puis, on est en train
18:59d'établir notre présence
19:00à San Francisco
19:00où là, on va plutôt
19:01avoir accès à des talents.
19:04Ici, Cône-Vallée reste
19:05the place to be, visiblement.
19:07Merci beaucoup
19:07d'avoir été avec nous,
19:09Gauthier Croix.
19:09Merci, Véphine.
19:09Je rappelle que vous êtes
19:10donc le PDG de H Company.
19:12Merci pour vos éclairages
19:13sur cet espoir français
19:14et sa transformation.
19:16Merci à tous
19:16de nous avoir suivis.
19:17C'était Smartech,
19:18votre émission sur la tech
19:19et le numérique
19:20qui a été préparée avec moi
19:22par Émilie Roche
19:23et puis réalisée par les équipes
19:25de Be Smart for Change.
19:26Je vous retrouve dès demain
19:28pour de nouvelles discussions
19:29sur la tech.
19:29Sous-titrage Société Radio-Canada
19:32Sous-titrage Société Radio-Canada
19:34Sous-titrage Société Radio-Canada
19:37Sous-titrage Société Radio-Canada
19:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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