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  • il y a 10 mois
L’IA, ça ne sert qu’à optimiser sa productivité ? Ce n’est pas l’avis de Paul Duan, qui a lancé une association d’agents d’IA pour fournir des soins personnalisés aux personnes dans le besoin. Santé, emploi, services publics… Sa plateforme CaseAI connaît déjà un franc succès en France.

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Transcription
00:00Son travail a été récompensé par de nombreux prix. Je suis très heureuse de recevoir Paul Duhant, bonjour.
00:10Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le fondateur de Base Impact qui est une ONG qui développe des solutions numériques dans des domaines d'intérêt général.
00:17On peut citer la santé, l'emploi, les services publics. L'idée étant de fournir des soins personnalisés aux personnes dans le besoin et cela à grande échelle.
00:27Vous avez en 2024 lancé Case.AI, une plateforme qui utilise l'intelligence artificielle générative pour assister les conseillers de tout type d'organismes d'intérêt général.
00:39J'aimerais qu'on donne quelques exemples de déploiement afin qu'on comprenne l'utilisation de cette IA générative et les bénéfices qu'on peut en tirer aujourd'hui.
00:49Tout à fait. On est parti d'un constat qui est que les professionnels de l'accompagnement social ont une charge de travail et une charge mentale qui est énorme.
00:58Alors qu'ils font un travail qui est absolument important et qu'il faut soutenir.
01:02Parce qu'ils ont des dizaines, parfois des centaines de bénéficiaires. Il y a des quantités de données, de tâches administratives, de ressources également à proposer.
01:11Ils sont parfois noyés sous cette information-là. Case.AI aide ces professionnels de l'accompagnement en proposant des résumés, des actions à recommander.
01:24Et ensuite faire automatiquement des rappels pour dire qu'il faudrait peut-être relancer telle personne, il faudrait voir où est-ce que ça en est.
01:29Par exemple, très concrètement.
01:32On travaille par exemple avec des associations de protection de l'enfance, avec des assistantes sociales qui utilisent Case.AI pour générer des rapports qu'on va envoyer à l'administration.
01:45Pour aller aussi dire, tiens, ce serait bien d'aller voir où est-ce que ça en est avec l'approviseur parce que cet enfant s'est plaint de harcèlement scolaire.
01:52Et ça fait trois semaines, il faudrait voir où est-ce que ça en est.
01:55Et si ça ne marche pas, tiens, la prochaine étape ce serait plutôt ça ou ça.
01:59Et d'ailleurs là, il y a un tel événement sur lequel il faudrait peut-être inviter les parents.
02:03Donc ça c'est un exemple qu'on fait sur ces associations-là.
02:06On travaille aussi pas mal dans l'accompagnement à la recherche d'emploi avec par exemple France Travail.
02:11On fait des pilotes avec des jeunes en contrat d'engagement jeune.
02:15Où l'idée c'est que l'IA Générative permet d'aller leur proposer des plans de recherche d'emploi.
02:21En disant, tiens, cette semaine il y a tel atelier qui sera intéressant pour toi.
02:24Ça, ça n'a pas marché, peut-être que...
02:26Ça devient leur conseiller personnel finalement.
02:28En tout cas, c'est une sorte d'assistance. On ne se substitue pas aux conseillers en l'occurrence.
02:33Mais on aide vraiment ces conseillers-là à être plus efficaces, à gagner du temps.
02:37Qui peuvent derrière rebasculer sur de l'accompagnement humain.
02:40D'accord. Alors ça pose quand même la question des choix technologiques.
02:43Parce que déjà, il y a une question de confiance.
02:45Quelle confiance on donne à ces IA Génératives dans les tâches qu'on leur confie.
02:50Et les choix technologiques c'est d'autant plus important dans le nouveau contexte géopolitique.
02:54Quand on parle d'intérêts généraux, d'organismes comme e-enfance ou France Travail que vous avez cité.
03:00Ou encore les hôpitaux, vous travaillez aussi dans le secteur de la santé.
03:03Je pose la question de la souveraineté, de la maîtrise, de l'indépendance technologique.
03:07Comment vous faites vos choix ?
03:09Alors, sur l'IA Générative, en termes de sécurisation de l'information qui est proposée.
03:16La force de Case AI, c'est que c'est extrêmement configurable et facilement paramétrable.
03:20En fonction de votre méthodologie à vous, de vos ressources, de vos catalogues.
03:23Donc on n'est pas sur du chat GPT qui va potentiellement halluciner des solutions qui n'existent pas.
03:29On est vraiment sur quelque chose qui se base sur votre méthodologie à vous.
03:33Si vous êtes e-enfance, on va essayer au maximum de faire en sorte que Case AI se comporte comme un assistant social qui a 20 ans de boutique.
03:43C'est-à-dire que ces données d'apprentissage vont être celles qu'on lui a confiées dans le cadre de sa mission ?
03:49Exactement. Et donc ça, on travaille ensemble avec les associations, les services publics qui utilisent Case AI pour aller paramétrer l'IA au départ.
03:57D'accord. Et sur les choix technologiques que vous faites alors ?
04:00Sur les choix technologiques qu'on fait, on ne développe pas de modèle de fondation.
04:03Case AI, c'est toute l'infrastructure qu'il y a autour pour la configurer par rapport à son cas d'usage.
04:07Donc nous, derrière, on peut mettre le moteur d'IA générative, que ce soit du Mistral, du Gemini ou autre,
04:14que celui qui est déjà utilisé par l'organisation lorsqu'elle en a.
04:19D'accord. Donc en fait, vous, vous fournissez le service, c'est ça, autour de l'IA générative, autour du grand modèle ?
04:25Exactement. Parce que ces grands modèles, ils sont extrêmement puissants. Ils le deviennent de plus en plus.
04:30Mais c'est effectivement pas facile pour des organisations sociales de s'en emparer tout en s'assurant que c'est déployé de manière sécurisée,
04:38que l'IA ne dise pas n'importe quoi. Enfin voilà, il y a tout un tas de précautions à prendre qui ne sont pas justes.
04:45On va utiliser le chat GPT. Et ça, on le package tout dans un logiciel simple qui est Case AI.
04:52Et alors, en termes de budget, parce qu'il y a énormément, j'imagine, de demandes.
04:56On parle de 2,5 milliards de personnes qui ont recours à des programmes de protection sociale aujourd'hui dans le monde.
05:02Donc beaucoup de demandes, mais il y a en général peu de budget quand même dans ce domaine.
05:07Donc nous-mêmes, on est une ONG. On est financé en grande partie par la philanthropie.
05:11On a reçu un gros don de la fondation Google.org il y a quelques mois.
05:16Notre modèle économique, il est simple. Case AI, la technologie, est disponible gratuitement.
05:23On va le mettre en open source prochainement.
05:25Et nous, comme beaucoup d'organisations dans l'open source, ce qu'on va derrière proposer en option,
05:30c'est des services de customisation, de support, de maintenance, sur lesquels on peut rémunérer les équipes.
05:37Mais la solution en elle-même, l'idée, c'est qu'elle soit le plus largement disponible et accessible.
05:41Effectivement pour toutes les organisations qui font un travail formidable, mais qui n'ont pas forcément un budget gigantesque.
05:46Effectivement, vous avez bénéficié récemment d'une aide assez considérable de la part de Google.org, Gen.AI,
05:52de 2 millions de dollars et des crédits cloud en plus.
05:56C'est ça.
05:57Merci beaucoup Paul Duhant. Je rappelle que vous êtes le fondateur de Base Impact.
06:01Merci d'avoir été avec nous.
06:02Merci beaucoup.
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