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Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:018h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Benjamin Haddad.
00:05Bonjour Benjamin Haddad.
00:06Bonjour.
00:06Merci beaucoup d'être avec nous, ministre délégué chargé de l'Europe.
00:11On va évidemment balayer toute l'actualité, on va parler de la guerre,
00:16on va parler également du prix de l'essence.
00:18Je voulais vous entendre tout d'abord sur cette actualité de la nuit.
00:21L'eurodéputée européenne LFI, Rima Hassan, va être jugée pour apologie du terrorisme.
00:30Elle a été placée en garde à vue, libérée cette nuit.
00:32Elle avait posté un tweet évoquant Kozo Okamoto,
00:36qui est membre de l'armée rouge japonaise impliquée dans un attentat meurtrier en Israël en 72.
00:42Elle sera donc jugée le 7 juillet.
00:45Et puis, par ailleurs, de la drogue de synthèse aurait été retrouvée dans son sac.
00:50Il y a une enquête.
00:51Comment réagissez-vous et est-ce que vous réclamez que son immunité parlementaire soit levée ?
00:56En France, on est dans un état de droit.
00:58Et quand, comme c'est le cas de Rima Hassan, on propage des propos antisémites,
01:06de l'apologie du terrorisme, des menaces et des intimidations contre des élus de la République,
01:11eh bien, à un moment, on est rattrapé par la justice.
01:13Et l'antisémitisme, l'apologie du terrorisme, ce n'est pas la liberté d'expression.
01:17Et Rima Hassan, comme d'ailleurs beaucoup de ses collègues de la France insoumise,
01:21ont été coutumiers du fait de cette violence et de cette brutalisation permanente du débat public,
01:27du fait de jouer en permanence avec l'antisémitisme comme un carburant électoral.
01:32Elle a régulièrement légitimé les actes du Hamas.
01:35Elle a régulièrement appelé à la destruction d'Israël.
01:38Elle est contre la solution à deux États.
01:40Et donc aujourd'hui, effectivement, elle doit maintenant répondre de ce type de propos.
01:44Mais politiquement, vous êtes un homme politique, vous êtes le ministre de l'Europe.
01:48Est-ce qu'elle mérite de représenter les Français au Parlement européen ?
01:53Elle mérite surtout, encore une fois, de prendre ses responsabilités
01:56et de répondre, encore une fois, de ce qu'elle propage du discours de haine,
02:01du discours de violence, du fait de constamment mettre une cible
02:05dans le dos de nos compatriotes de confession juive,
02:08de constamment légitimer le terrorisme, les intimidations, les menaces,
02:12parfois menaces physiques.
02:13Quand elle avait dit, par exemple, à François-Xavier Bellamy
02:15de faire attention quand il dort la nuit.
02:18Voilà, c'est ce type de propos, à un moment,
02:19qui, effectivement, tombe sous le coup de la loi.
02:22Donc, est-ce qu'elle mérite d'être eurodéputée ?
02:24Elle a été élue au Parlement européen.
02:27Donc, de cette façon, c'est le choix des électeurs.
02:29Mais ça ne permet pas tout, ça ne permet pas la violence,
02:31ça ne permet pas de constamment bafouer nos institutions républicaines,
02:35ça ne permet pas de constamment menacer, de se faire, encore une fois,
02:38le relais de propos antisémites, complotistes, de faire l'apologie du terrorisme.
02:43Est-ce que LFI est un narco-parti ?
02:46LFI, je ne sais pas, mais en tout cas, je vois qu'LFI est une menace pour notre pays.
02:51LFI est une menace pour notre débat démocratique,
02:53est une menace pour nos concitoyens de confession juive.
02:56C'est un parti qui a ciblé nos forces de l'ordre,
02:59qui dit que la police tue, qui se fait le relais de la violence.
03:03On a vu, bien sûr, le rôle de la jeune garde dans la mort du jeune Quentin.
03:08Tout ça, à un moment, il faut le dire.
03:10Et c'est d'ailleurs, ça doit, une fois de plus aussi,
03:12parce qu'on a vu ce qui s'est passé dans les dernières élections municipales,
03:15pousser les partis, comme le Parti socialiste aussi, à ses responsabilités.
03:19Parce qu'on nous avait expliqué qu'il n'y aurait plus d'alliance avec la France insoumise.
03:22Et puis, tout d'un coup, on a vu beaucoup de soi-disant fusions techniques
03:25dans les municipalités, au second tour, pour sauver leur siège.
03:28Ils sont prêts à toutes les compromissions.
03:29Et donc, à un moment, il faut aussi un moment de clarté républicaine
03:33de la part des autres partis politiques.
03:35Comment est-ce que vous justifiez, et comment surtout,
03:37comment est-ce que vous qualifiez plus précisément
03:39l'attitude d'Olivier Faure dans ses accords avec la France insoumise ?
03:43Mais moi, je trouve qu'il y a toujours eu une grande lâcheté
03:46et une grande ambivalence.
03:48Parce que, fondamentalement, on a eu d'abord l'alliance de la NUPES
03:51et puis du Nouveau Front Populaire.
03:53On dénonce, quand on a besoin de dénoncer,
03:55c'était le cas, par exemple, de Marine Tondelier,
03:58qui, à peine quelques semaines avant le scrutin des municipales,
04:02dénonce les propos de Jean-Luc Mélenchon, les propos antisémites,
04:04quand il fait des jeux de mots sur le nom de M. Epstein
04:08ou de Raphaël Glucksmann,
04:10pour après aller, une fois de plus, à la soupe
04:12pour faire les alliances électoralistes de second tour.
04:15Donc, encore une fois, moi, je crois qu'il faut être très clair
04:17sur les principes, très clair sur les valeurs.
04:18On a une justice indépendante qui fait son travail
04:20et qui met les élus face à leurs responsabilités
04:22quand il a des propos qui tombent sous le coup de la loi.
04:25Mais après, quand il s'agit d'alliances électorales,
04:28il y a des choses qu'on ne peut pas accepter.
04:29On ne peut pas accepter de s'allier avec la France insoumise.
04:31Le député LFI, Raphaël Arnaud,
04:34est revenu à l'Assemblée nationale hier, physiquement.
04:38On ne l'avait pas entendu depuis la mort de Quentin de Ranck à Lyon.
04:41Et pas vu. Est-ce que vous avez été choqué ?
04:43Oui, mais j'ai surtout vu, je trouve,
04:45que son comportement a été indécent.
04:46Et d'ailleurs aussi, la façon dont il est couvert,
04:49dont personne ne prend ses responsabilités.
04:51En fait, on le voit.
04:52C'est-à-dire qu'il y a un comportement de meute
04:53dans la France insoumise,
04:55que ce soit dans le soutien à Arima Hassan,
04:56dans le soutien à Raphaël Arnaud,
04:59à toujours refuser, une fois de plus,
05:01de prendre leurs responsabilités.
05:03On part ici de la mort d'un jeune homme,
05:05de la responsabilité de son collaborateur parlementaire.
05:07Et donc, je crois qu'il faut le dire de façon très claire.
05:09Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe.
05:12On va parler à présent de la guerre au Moyen-Orient.
05:15C'est aujourd'hui le 34e jour de la guerre au Moyen-Orient.
05:18Envers quoi se dirige-t-on déjà ?
05:19Qu'est-ce que vous avez à dire aux Français ce matin ?
05:22Que dit le Quai d'Orsay ?
05:23C'est un conflit long dans la durée qui se profile,
05:26qui va se compter en jours, en semaines, en mois, en années ?
05:29Je crois qu'il faut s'attendre à un conflit long.
05:32C'est-à-dire ?
05:33Ça se compte en semaines, en mois ?
05:35Écoutez, ça fait plusieurs semaines
05:36et on ne voit pas aujourd'hui de sortie,
05:39de fin à ce conflit.
05:41Vous le savez, la France a tenu une position
05:43qui est très claire,
05:44qui est celle de la défense de nos intérêts.
05:46Nous ne sommes pas partis à cette guerre,
05:47nous ne sommes pas entraînés dans cette guerre,
05:49mais nous avons des intérêts à défendre.
05:51Moi, je suis un réaliste en politique étrangère,
05:53je crois qu'une nation doit défendre son intérêt national.
05:56Nous avons des ressortissants,
05:57400 000 ressortissants dans la région
05:59et nous avons aussi pu permettre l'évacuation des ressortissants
06:01qui étaient de passage et qui le souhaitaient.
06:04Nous avons des alliés, des partenaires de défense,
06:06que ce soit les pays du Golfe,
06:08Chypre aussi qui avait été touché dans l'Union européenne,
06:10avec lequel nous avons un partenariat stratégique.
06:12Et donc, nous avons envoyé des moyens défensifs,
06:15bien sûr, le porte-avions,
06:16et puis des moyens d'interception,
06:18de défense solaire, comme on dit,
06:20dans la région pour pouvoir soutenir nos partenaires.
06:23Nous voulons contribuer, après la guerre,
06:26à une mission pour la liberté de navigation,
06:29la circulation du détroit d'Ormous,
06:31puisqu'on sait qu'il y a 20% des...
06:32Une mission militaire ou diplomatique ?
06:34Alors, aujourd'hui, on a des missions de l'Union européenne,
06:37par exemple, pour la liberté de navigation.
06:40Donc, ce sont des missions politico-militaires.
06:43Par exemple, la mer Rouge, c'est la mission Aspides.
06:46Vous savez qu'il y avait des tirs, des outils du Yémen
06:49qui entravaient la circulation à une époque.
06:52On a aussi des missions, par exemple,
06:53contre la piraterie à Talente,
06:55au large de la Corne de l'Afrique.
06:57Et donc, il s'agira de réfléchir sur ce type de modèle.
07:00Encore une fois, ce n'est pas une opération offensive.
07:03Il ne s'agit pas, là, de prendre part à la guerre,
07:06mais de contribuer avec nos partenaires,
07:08dans un cadre européen,
07:09et puis avec les partenaires qui le souhaitent,
07:11à une coalition des volontaires
07:13pour pouvoir maintenir l'ouverture
07:14et la circulation du détroit d'Ormous.
07:16Donc, encore une fois, nous, notre logique,
07:17c'est de défendre nos intérêts.
07:19Donald Trump appelle les pays dépendants d'Ormous,
07:22leur demande de s'en occuper.
07:24Il dit « Ayez du courage ».
07:26Emmanuel Macron a répondu qu'une solution militaire
07:28pour ouvrir Ormous était irréaliste.
07:30Qu'est-ce qui va se passer ?
07:31Non, mais là, surtout, ce qu'on voit,
07:33c'est qu'à un moment,
07:35on ne peut pas, d'un côté,
07:37provoquer une situation
07:38et puis après demander aux autres
07:39de régler le problème.
07:41On ne peut pas, mais c'est ce que fait Donald Trump.
07:43Oui, d'accord, mais c'est ce qu'on voit en ce moment.
07:46Donc, fondamentalement, moi,
07:47ce que je vous dis, c'est
07:48on a, nous, nos intérêts,
07:50on agit de façon défensive
07:51pour défendre nos partenaires,
07:53nos ressortissants,
07:54nos intérêts dans la région.
07:55Le Premier ministre s'est aussi exprimé
07:58sur les conséquences que ça peut avoir
07:59chez nous,
08:00que ce soit, évidemment,
08:02la question des prix de l'énergie.
08:05Vous le savez,
08:05nous, on n'importe pas
08:07de la région du détroit d'Ormous,
08:09mais vous avez,
08:11sur le gaz, sur le pétrole,
08:12des perturbations sur les prix.
08:13Ça veut dire qu'on n'a pas un intérêt direct,
08:15nous, les Français,
08:16à une réouverture d'Ormous ?
08:17Ah, si, parce que ça a un impact,
08:19bien sûr, sur les prix,
08:20sur les cours mondiaux.
08:21Donc, ça ne crée pas
08:22des problématiques
08:23en termes d'approvisionnement,
08:24ça crée des problématiques,
08:25en revanche, en termes de prix.
08:26C'est pour ça que des mesures
08:27ont été prises par le gouvernement
08:29pour protéger, en particulier,
08:30les secteurs qui peuvent être touchés,
08:32que ce soit le transport routier,
08:34que ce soit les pêcheurs.
08:35Le Premier ministre, hier,
08:36a dit au ministre
08:38qu'on réfléchirait à examiner
08:40des mesures supplémentaires de soutien.
08:42On a intérêt aussi à continuer,
08:44et c'est ce qu'on va faire
08:45en investissant l'électrification du pays,
08:47parce que c'est fondamentalement
08:48ce qui permet de réduire nos dépendances.
08:50Pourquoi je dis ça ?
08:51Parce que l'une des leçons à tirer,
08:53mais comme la leçon
08:54de la guerre d'agression
08:55de la Russie en Ukraine,
08:56comme les conséquences aussi
08:57de l'élection de Donald Trump,
08:59c'est pour la France
09:00et pour les Européens
09:00de porter ce discours
09:02au niveau européen,
09:02de réduire nos dépendances,
09:04d'investir dans notre indépendance
09:06sur le plan militaire,
09:07sur le plan technologique,
09:08sur le plan énergétique,
09:09et d'être moins soumis
09:12au soubresaut de la géopolitique mondiale.
09:15C'est tout cet agenda
09:16d'autonomie stratégique de l'Europe
09:18que la France défend depuis 2017.
09:20Avant de parler de pénurie,
09:22je voulais vous entendre
09:23sur les échanges peu à mènes
09:25entre Donald Trump
09:26et Emmanuel Macron.
09:27Emmanuel Macron a dit
09:28que Donald Trump
09:29n'était pas très élégant.
09:30On en est où de nos relations
09:31avec les Américains
09:32et avec le président des États-Unis ?
09:34Déjà, les propos auxquels
09:35vous faites référence,
09:35les attaques personnelles
09:36de Donald Trump
09:37sont de grande vulgarité
09:40et ne correspondent pas
09:41à ce qu'on devrait attendre
09:42d'un chef d'État.
09:44Les États-Unis sont nos alliés.
09:46C'est un pays avec lequel on travaille.
09:47On travaille sur le soutien à l'Ukraine.
09:50On a des échanges réguliers.
09:51Vous savez que le président
09:52a toujours eu des échanges
09:53à la fois constructifs,
09:55mais très francs,
09:55très exigeants
09:56avec le président des États-Unis,
09:58que ce soit lors de son premier mandat
09:59et ce mandat,
10:01et on continuera à en avoir.
10:02Mais l'enjeu,
10:02une fois de plus,
10:03c'est comment on se donne
10:04les moyens,
10:05collectivement au niveau européen aussi,
10:06d'assumer des rapports de force
10:08quand il le faut,
10:09de défendre nos intérêts
10:10et d'être moins dépendants.
10:11Parce que fondamentalement,
10:13au-delà de la question
10:13de Donald Trump,
10:14vous savez,
10:15moi j'ai vécu aux États-Unis,
10:16travaillé dans des think tanks,
10:18j'ai vu plusieurs administrations américaines
10:19et en réalité,
10:20on a vu une grande continuité.
10:22L'Europe est beaucoup moins prioritaire.
10:23Il se tourne vers l'Asie.
10:25Il nous demande d'en faire plus
10:26pour nos propres défenses.
10:27L'enjeu aujourd'hui pour nous,
10:28c'est de prendre en charge
10:29notre destin,
10:31notre sécurité
10:32et d'être capable
10:33d'agir
10:34sur la scène internationale.
10:35Les États-Unis
10:36sont nos alliés.
10:36Mais est-ce que Donald Trump
10:37est notre ami ?
10:39En tout cas,
10:40là,
10:41ses propos
10:41et son comportement
10:42vis-à-vis de nous
10:43n'est pas très amical.
10:45Non mais,
10:45je vous parle franchement,
10:47le comportement
10:48n'est pas très amical.
10:49Mais la question fondamentale,
10:51encore une fois,
10:52moi vous savez,
10:52on peut faire du commentaire,
10:53essayer d'analyser,
10:54de passer au temps
10:55et faire l'exégèse
10:56des propos des uns et des autres.
10:57Ce qui m'intéresse,
10:58c'est comment...
10:58C'est pas rien,
10:58c'est notre relation
10:59avec le président des États-Unis.
11:00Vous avez raison,
11:01vous avez raison.
11:02Mais ce qui est important,
11:03c'est comment se donnent
11:04les moyens d'agir
11:05sur la scène internationale
11:06et de défendre nos intérêts.
11:07Et ça,
11:08encore une fois,
11:08c'est très concret.
11:10C'est ce qu'on fait,
11:10par exemple,
11:11sur les deux mandats
11:12du président de la République,
11:13on aura doublé
11:14le budget de défense
11:14de la France.
11:15Il faudra continuer
11:16ce travail de réarmement.
11:17On le fait aussi
11:18en investissant
11:19dans des coopérations industrielles
11:20au niveau européen.
11:22On le fait
11:23en soutenant
11:24le principe
11:25de préférence européenne,
11:26c'est-à-dire que maintenant,
11:26l'argent du contribuable européen,
11:28il doit aller
11:28à soutenir des technologies européennes,
11:30à soutenir des armements européens
11:32et non pas aller acheter américains.
11:33Ça,
11:34c'est des choses très concrètes
11:35qu'on pousse au niveau européen,
11:36précisément
11:37pour ne plus avoir à dépendre
11:38des États-Unis
11:39ou d'autres d'ailleurs,
11:40puisqu'on voit aussi
11:40la pression commerciale
11:41de la Chine.
11:42Benjamin Haddad,
11:43ministre de l'Europe,
11:44invité de la grande interview,
11:45CNews Europe.
11:45Est-ce que la France
11:46doit se préparer
11:47à une crise d'approvisionnement
11:48en pétrole ?
11:49Alors,
11:49le Premier ministre
11:50l'a rappelé hier,
11:51il n'y a pas aujourd'hui
11:52de problème d'approvisionnement
11:53parce que notre approvisionnement...
11:55Il n'y a pas du détroit.
11:57Il y a des problèmes de prix
12:00parce que comme les prix
12:01des hydrocarbures augmentent,
12:03vous avez notamment
12:04les stations
12:04où les prix sont les plus bas
12:05qui ont effectivement...
12:07Les stations totales
12:07qui ont été prises d'assaut.
12:08qui ont eu des problèmes.
12:10Donc,
12:10c'est pour ça que
12:11le gouvernement
12:12a pris des premières mesures
12:13de soutien,
12:14je le disais,
12:14aux transports routiers
12:15ou aux pêcheurs
12:16qui sont des secteurs
12:16qui sont très impactés.
12:19Il y a une réflexion en cours
12:21pour voir comment on peut
12:22accompagner au mieux
12:23dans les prochains jours
12:24et les prochaines semaines.
12:26Par ailleurs,
12:26je le disais,
12:27on va investir vraiment
12:28là aussi dans un plan
12:29d'électrification
12:30parce que ça,
12:31c'est quelque chose
12:31de plus stratégique
12:32à long terme.
12:33Il y a les réponses
12:33de court terme
12:34pour pouvoir accompagner
12:35nos concitoyens
12:36et puis il y a les réponses
12:37de long terme
12:37pour pouvoir réduire,
12:38continuer à réduire
12:39nos dépendants.
12:40C'est le cas aujourd'hui.
12:41Regardez,
12:42on a certains voisins européens
12:43qui sont sensibles aussi
12:44à des prix sur l'électricité.
12:45Ce n'est pas notre cas
12:46grâce à notre parc nucléaire.
12:47Donc,
12:48l'enjeu aujourd'hui,
12:49c'est vraiment de voir
12:49comment à terme,
12:51on peut être moins dépendant
12:52de ces soubresauts géopolitiques
12:53parce que,
12:53je veux dire quelque chose,
12:55quelle que soit la durée
12:55de cette guerre actuelle
12:57au Moyen-Orient,
12:58les tensions géopolitiques,
13:00la pénétration
13:02entre l'actualité internationale
13:04et nos économies
13:06et l'actualité française
13:07et européenne,
13:08elle ne va aller que croissant.
13:09On ne peut pas ignorer
13:10le monde autour de nous,
13:11nous ne sommes pas une île
13:12et donc c'est pour ça,
13:12encore une fois,
13:13qu'on doit continuer
13:14à investir dans notre autonomie.
13:15Vous nous avez dit
13:16que la guerre,
13:17on se dirigeait
13:18vers une guerre longue.
13:19Ça veut dire que
13:19les prix de l'essence
13:21vont rester longtemps élevés ?
13:23Encore une fois,
13:24moi, je n'ai pas
13:24une boule de cristal,
13:26je vous dis en tout cas
13:26qu'il faut se préparer,
13:28il faut se préparer
13:29à une guerre longue,
13:30une guerre qui peut durer
13:31ou qui aura
13:32des conséquences durables
13:33et donc,
13:34on prend encore une fois
13:35des mesures de court terme
13:36d'accompagnement
13:36et de protection
13:37de nos compatriotes,
13:38on défend nos intérêts
13:39et nos partenaires
13:40dans la région
13:40et nos ressortissants
13:41et on prend des mesures
13:42plus structurelles
13:43au niveau national
13:44comme au niveau européen
13:45pour être indépendant.
13:47Benjamin Haddad,
13:48ministre de l'Europe,
13:49avec nous ce matin.
13:50Je voulais vous parler
13:51de la politique européenne
13:52d'immigration.
13:54Jeudi 26 mars,
13:55le Parlement européen
13:57a validé un règlement
13:58qui vise à durcir
13:59la politique migratoire
14:01et à faciliter
14:01les retours
14:02des personnes
14:03qui sont en situation
14:04illégale,
14:05irrégulière
14:06sur le territoire
14:06de l'Union européenne.
14:08Vous soutenez ce texte déjà ?
14:09Oui, je soutiens ce texte.
14:11Qu'est-ce que c'est ?
14:12Fondamentalement,
14:13c'est la possibilité
14:14pour l'Europe
14:14de mieux défendre
14:15ses frontières,
14:16de pouvoir mieux expulser
14:17les migrants
14:18qui sont en situation
14:19irrégulière
14:19et qui n'ont pas vocation
14:20à rester sur notre territoire
14:22et par exemple,
14:22en renforçant les moyens
14:23de rétention
14:25et les leviers aussi
14:26vis-à-vis des pays tiers,
14:27c'est-à-dire les pays
14:27qui doivent reprendre
14:28leurs ressortissants.
14:29Vous savez,
14:29l'Europe,
14:30ce n'est pas une ONG
14:31qui défend des valeurs universelles
14:33qui doivent être ouvertes
14:34à tous.
14:34C'est un espace politique,
14:36démocratique,
14:37et donc ça veut dire
14:38qu'on a des règles
14:38et des frontières
14:39qu'on doit faire respecter.
14:41Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
14:42Alors,
14:43on a considérablement
14:44renforcé les moyens
14:44parce que si vous regardez
14:45ces deux dernières années,
14:46il y a eu une baisse
14:47de 25-30% chaque année
14:48des franchissements
14:49de migrants irrégulés
14:50sur le continent européen.
14:51Mais on doit aller
14:52beaucoup plus loin,
14:53beaucoup plus loin
14:53pour renforcer
14:54nos frontières extérieures,
14:56pour renforcer
14:57les leviers,
14:58mais c'est ce qu'on part
14:59au niveau européen,
15:00c'est ce que,
15:01pour précisément,
15:02pouvoir défendre
15:03notre pays
15:04et les intérêts
15:05de notre continent.
15:06Pour renforcer
15:07la politique de visa,
15:08ça c'est beaucoup plus fort
15:09quand on le fait à 27.
15:10quand on utilise les leviers
15:11comme les visas,
15:12comme les accords commerciaux,
15:14comme l'aide au développement,
15:15comme moyens de pression
15:16sur les pays tiers
15:17qui ne reprennent pas
15:18leurs ressortissants,
15:19nous poussons ça aussi
15:20au niveau européen.
15:21Donc, c'est important.
15:22Ce texte a été adopté,
15:23vous l'avez dit,
15:24par le Parlement européen.
15:26Moi, maintenant,
15:26je souhaite qu'il soit adopté
15:27au plus vite
15:28par ce qu'on appelle
15:29le trilogue,
15:29c'est-à-dire dans la négociation
15:31par les institutions européennes.
15:32Il va renforcer
15:33les moyens
15:34des États membres
15:35pour pouvoir
15:36faire partir
15:37des immigrés clandestins
15:39qui n'ont pas vocation
15:39à rester sur...
15:41Bon, là, j'entends
15:41votre volontarisme politique.
15:43En revanche,
15:43dans une audition au Sénat,
15:45Benjamin Haddad,
15:46ministre de l'Europe,
15:46vous avez déclaré
15:47être opposé
15:48à l'utilisation
15:48des hubs de retour
15:50qui seraient installés
15:51en dehors de l'Union européenne.
15:52C'est l'une des mesures
15:53de ce texte.
15:54Pourquoi vous êtes contre ?
15:54Non, ce n'est pas ça.
15:55Simplement,
15:56ce texte prévoit
15:57la possibilité,
15:58effectivement,
15:58pour les États membres
15:59de pouvoir utiliser des hubs.
16:01Bon, jusqu'ici,
16:02ce que je constatais simplement,
16:03c'est que les quelques pays
16:04qui ont essayé
16:05d'avoir recours
16:05à ce type de dispositif,
16:07ça n'a pas fonctionné
16:08ou ça a pu être très coûteux.
16:09Donc, j'ai posé des questions
16:11sur l'efficacité
16:12de ce type de dispositif.
16:13Vous avez raison,
16:14c'est dans le texte retour.
16:16Je vous ai dit
16:16que je soutenais
16:17le texte retour,
16:18mais en revanche,
16:19il y a des questions...
16:20Mais est-ce que la France
16:20les utilisera
16:21et est-ce que la France
16:22créera des hubs de retour ?
16:23Aujourd'hui,
16:23la France ne les utilise pas.
16:24Les pays qui ont essayé
16:25de les utiliser
16:25comme le Royaume-Uni
16:26ou l'Italie,
16:27ça n'a pas fonctionné.
16:28Il n'y a pas aujourd'hui
16:28de migrants
16:30qui sont envoyés
16:31dans ces hubs,
16:31soit parce qu'il y a
16:32des limites judiciaires,
16:33soit parce que parfois
16:33en termes d'efficacité
16:35logistique
16:36ou de financement.
16:37Alors, comment vous allez expulser ?
16:39Moi, ce qui m'intéresse,
16:40c'est l'efficacité
16:42et la fermeté des mesures.
16:43Ça nous fait un point commun.
16:44Alors, qu'est-ce qui va changer
16:45très concrètement ?
16:46Mais ce qui va changer,
16:47par exemple,
16:47c'est que ça va permettre
16:49d'augmenter les moyens
16:51pour la rétention
16:51et les motifs aussi
16:53qui sont utilisés.
16:53Ça va permettre
16:54de fouiller
16:56les appareils électroniques,
16:57ce qui n'est pas possible
16:58aujourd'hui.
16:58Ça va permettre
16:59de renforcer les leviers
17:00pour expulser
17:01et notamment aussi
17:02renforcer les leviers
17:02vis-à-vis des pays tiers.
17:04Je parlais tout à l'heure
17:05de mesures aussi
17:05qu'il faut continuer à pousser,
17:06que ce soit l'utilisation
17:08des visas,
17:08l'aide au développement
17:09ou la conditionnalité
17:10des accords commerciaux.
17:12C'est ce que nous poussons
17:13aussi au niveau européen.
17:14Encore une fois,
17:15vous savez,
17:15moi, je crois qu'il y a
17:16un principe très simple
17:17qui doit être
17:18si vous venez
17:20pour travailler,
17:21vous apprenez la langue,
17:23vous respectez les règles,
17:24vous êtes bien sûr
17:25le bienvenu.
17:25Si vous ne respectez pas
17:27les lois et les règles,
17:28si vous contournez
17:30le système,
17:31à ce moment-là,
17:32vous n'avez pas vocation
17:33à rester sur le territoire.
17:34Mille fois,
17:34sauf qu'une fois que c'est dit,
17:36ensuite,
17:36on n'applique pas
17:37les OQTF.
17:38Emmanuel Macron,
17:38que vous connaissez,
17:40que vous voyez
17:41tous les week-ends,
17:42tous les mercredis
17:44pour le Conseil des ministres,
17:46avait promis 100%
17:48d'application des OQTF.
17:50On est à 10%,
17:51autour de 10%.
17:53Donc,
17:53c'est du vent pour l'instant.
17:54Aujourd'hui,
17:55la France,
17:56en Europe,
17:56c'est le pays
17:57ou l'un des deux pays
17:58qui expulse le plus.
17:59Et nous avons eu
18:00une augmentation
18:01dans la dernière année.
18:02C'est la même chose
18:03d'ailleurs aussi
18:04au niveau européen.
18:04Il y a eu 50 000 retours
18:07à peu près l'an dernier.
18:08Et comme je vous le disais,
18:09on a en plus une baisse
18:10d'année en année,
18:1125-30% chaque année,
18:13des franchissements irréguliers.
18:14Je ne vous dis pas ça
18:15pour faire un satisfait-cite
18:16et vous dire que tout va bien.
18:17Au contraire,
18:18moi je suis là
18:18pour vous dire justement
18:19qu'on doit adopter
18:20au plus vite
18:21des mesures
18:21pour pouvoir renforcer
18:22cet artisanal législatif.
18:24On l'a fait au niveau national,
18:25je tiens à le dire.
18:26Ces dernières années,
18:26on a adopté
18:27un certain nombre de textes.
18:28On les porte aussi
18:29au niveau européen
18:30parce qu'être capable
18:31d'agir aussi à 27,
18:33c'est ce qui nous donne
18:33plus de moyens.
18:34On a renforcé les moyens,
18:35vous le savez,
18:36de Frontex,
18:36qui est l'agence de contrôle
18:37des frontières européennes
18:39qui aura vocation
18:39à avoir des équipes
18:41de 10 000 personnels.
18:42Et on a renforcé aussi
18:43les moyens financiers
18:44qui sont mis à la disposition.
18:46Il y a un changement
18:46de logiciel
18:47qui a eu lieu sur ces sujets
18:48ces dernières années en Europe.
18:49Il est bienvenu.
18:50Maintenant,
18:50il faut continuer à l'accompagner.
18:51Moi,
18:51je le soutiendrai.
18:52Deux dernières questions,
18:53des réponses rapides,
18:54s'il vous plaît.
18:54Laurent Nunez,
18:55votre collègue de l'intérieur
18:56est favorable
18:57au port du voile islamique
18:58pour les fillettes.
18:59Est-ce que vous êtes également
19:02favorable également,
19:02comme lui ?
19:03Le port du voile
19:04pour les petites filles,
19:05ce n'est pas mes valeurs.
19:06Et ce n'est pas les valeurs
19:07que nous défendons
19:08pour notre pays.
19:10Après,
19:10on peut poser des questions
19:11sur l'applicabilité
19:12de mesures législatives,
19:14si elles sont constitutionnelles
19:15ou pas.
19:17Ces dernières années,
19:18vous savez,
19:18nous avons renforcé
19:19notre arsenal législatif
19:21dans la lutte
19:21contre le séparatisme,
19:22notamment,
19:23qui permet, par exemple,
19:24de dissoudre
19:24des associations radicales,
19:25de mettre fin
19:26aux flux financiers étrangers
19:28opaques,
19:29de mieux lutter
19:29contre l'antrisme
19:30des frères musulmans.
19:31On doit aller plus loin
19:32pour renforcer
19:33ce dispositif.
19:35On doit aussi le porter
19:36au niveau européen.
19:37Moi, je me suis battu
19:37au niveau européen,
19:38par exemple,
19:39sur la question des financements.
19:41On avait encore
19:41trop de financements
19:42de l'Union européenne,
19:43de la Commission européenne
19:44qui allait vers des ONG
19:45qui pouvaient être proches
19:46des frères musulmans,
19:46qui pouvaient tenir
19:47des discours
19:48sur l'antisémitisme
19:50qui pouvaient faire
19:50la promotion
19:51du voile islamique.
19:52Je me suis battu
19:52pour qu'on lutte
19:54et qu'on ait beaucoup
19:54plus de transparence
19:55sur les financements
19:56de l'Union européenne.
19:58On doit porter aussi,
19:59d'ailleurs,
19:59au niveau européen,
20:00nos mesures
20:01sur la lutte
20:01contre l'antrisme
20:02des frères musulmans.
20:03On y travaille
20:04avec Laurent Nounès.
20:05Mais moi,
20:06je veux être très clair,
20:07effectivement,
20:07sur les principes
20:08et sur les valeurs.
20:08Sur la candidature
20:09pour 2027,
20:11vous prenez
20:11une candidature unique,
20:13LR et centre.
20:15Ça va être compliqué.
20:15On vient de le...
20:16Là, même au sein du gouvernement,
20:17vous n'êtes pas d'accord
20:17sur le voile
20:18et sur les fillettes.
20:20Moi, je pense que c'est
20:20une question de responsabilité.
20:22À un moment,
20:22il faut mettre le pays
20:23avant les partis.
20:24J'ai été élu
20:25à l'Assemblée nationale
20:26en 2022
20:26et je n'ai cessé
20:27de plaider
20:28pour une alliance
20:29avec les Républicains.
20:30Je pense que ça nous aurait
20:31peut-être épargné
20:32beaucoup de problèmes
20:32à l'époque.
20:34Pour mettre de l'autorité
20:35dans le pays
20:35sur le plan régalien,
20:37pour lutter pour la sécurité
20:37contre l'immigration irrégulière,
20:39pour continuer à réformer
20:40en profondeur
20:41notre économie,
20:44pour continuer à porter
20:44une voix aussi ambitieuse
20:45sur la scène internationale
20:46et sur les questions européennes.
20:48Moi, je souhaite
20:48qu'on s'allie
20:49le centre et la droite
20:51et j'ai fait partie
20:52avec Maude Brejon
20:53et d'autres
20:53de 90 députés,
20:55ministres, élus
20:56qui ont plaidé
20:57et qui ont signé
20:57une tribune
20:58pour qu'on ait
20:58une candidature unique
20:59de la droite et du centre
21:00pour porter,
21:00encore une fois,
21:01un projet de transformation
21:02et d'autorité
21:03ambitieux pour notre pays.
21:04Merci beaucoup,
21:05monsieur le ministre
21:06en charge de l'Europe
21:07d'avoir été l'invité
21:08de la grande interview
21:08C News Europe 1 aujourd'hui.
21:09Bonne journée, à bientôt.
21:10Merci.
21:17Sous-titrage Société Radio-Canada
21:19Merci.
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