Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis (groupe Écologiste et Social).

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Bonjour Alexis Corbière. – Bonjour, bonjour le service public, il faut vous défendre.
00:06– Merci d'être avec nous ce matin. La mort de cet adolescent à Nantes, les circonstances de son exécution
00:12sur fond de narcotrafic,
00:14cette affaire est loin d'être la première du genre, mais elle suscite une très grande émotion, un effroi devant
00:19cette progression spectaculaire de cette criminalité du narcotrafic.
00:23Laurent Dunez, le ministre de l'Intérieur, était sur place hier, il parlait de guerre. Qu'est-ce que vous
00:27qui êtes un élu de quartier populaire,
00:29mais tous les quartiers sont concernés aujourd'hui, qu'est-ce que vous dites de ce phénomène ?
00:32– Déjà, avant l'analyse, un mot, 15 ans, mourir à 15 ans, c'est terrifiant. D'autres de ses
00:39amis, des jeunes ont été touchés,
00:41et je crois, je lis la presse, qu'on va parler narcotrafic, mais il faut encore établir clairement que les
00:46jeunes gens concernés étaient liés au narcotrafic.
00:49– Mais c'est le contexte. – Voilà, c'est le contexte, je ne veux pas manquer de respect aux
00:52familles, je n'accuse rien, je ne sais pas…
00:53– Et ce n'est pas le premier drame. – Voilà, par contre, là où je prends même en Loire
00:56-Atlantique, c'est la 54e séquence avec des coups de feu.
00:59En Loire-Atlantique, là où ça a eu lieu, et dans ce quartier, je crois qu'il y a déjà
01:02eu un jeune homme qui a été assassiné il y a quelque temps,
01:05et je crois que c'est 110 morts chaque année liés au narcotrafic. Un jour sur trois, il y a
01:10quelqu'un qui se fait…
01:11– Diagnostique, remède, qu'est-ce que vous dites ?
01:14– Alors, déjà, diagnostiquer le fait, l'ampleur de ce dont nous parlons.
01:17Là, on ne parle plus de petites choses du fait qu'il y a sans doute, on estime, autour de
01:201 million de personnes,
01:21chaque jour, qui consomment du cannabis, par exemple.
01:23Alors, quelle proposition ? Moi, je m'appuie sur ce que dit M. Amine Kessassi, que vous avez déjà interrogé.
01:28Vous savez, Amine Kessassi qui a perdu deux frères à Marseille, qui est aujourd'hui un homme engagé, magnifique, écologiste,
01:34etc.
01:35Ce que propose Amine Kessassi, qui n'est pas un tendre sur la question, lui aussi parle de guerre, de
01:39mener la guerre,
01:40mais il faut légaliser le cannabis, comme on tente bien. Je ne suis pas laxiste en disant ça, mais je
01:44dis…
01:44– Il y a des pays qui l'ont fait, ce qu'on vous oppose en général, mais qui n
01:47'ont pas des statistiques qui ont baissé de soins de vie.
01:50– Eh bien, si, regardons-les, eh bien, tout de même, on estime que, notamment où je choquais les Pays
01:55-Bas,
01:55la consommation, notamment après, de cocaïne vient à baisser, parce que c'est ça qui nous intéresse.
02:00Comment on occupe la police sur des activités qui ont du sens, et non pas de faire de la bâtonniste
02:04?
02:04– Donc, légalisation.
02:04– Ça permet déjà qu'il y ait, à partir de là, on peut faire sortir de la clandestinité des
02:11gens qui vont s'occuper légalement,
02:12en payant des cotisations, etc. On va contrôler les produits, on va pouvoir développer des politiques de santé publique.
02:17– Pour vous, ce n'est pas un abandon, une démission, finalement, il y a de la consommation, on l
02:21'accepte.
02:21– Mais on parle de milliards. Est-ce que vous savez que ce dont on parle aujourd'hui, en France,
02:25c'est sans doute un business
02:26qui est entre 6 à près de 10 milliards d'euros. Je regardais, c'est quasiment un tiers du budget
02:31du ministère de l'Intérieur.
02:32– Donc, il vaut mieux se rendre dans les caisses de l'État, c'est ça que vous dites ?
02:33– Alors, ce que je veux dire, c'est que devant l'ampleur d'un tel phénomène, il y a
02:36déjà des gens
02:37qu'il faut sortir de la clandestinité, si je puis dire, pour pouvoir stabiliser.
02:41C'est un business énorme. Toutes les politiques, là, je ne vais pas manquer de respect à M. Nunez,
02:47c'est de la communication. Avant, on a eu Rotaillot, on a eu Darmanin, on a eu Sarkozy.
02:50– Qui propose l'état d'urgence dans certains quartiers.
02:52– Pipo, pipo, justement, c'est surtout pas ça qu'il faut faire. Il faut de la police de proximité.
02:56L'état d'urgence, je sais ce que c'est, c'est spectaculaire, il y a des caméras, vous allez
02:58venir.
02:59Et puis, ça n'impacte rien. En 2003, quand Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité,
03:05quel était l'avantage de la police de proximité ? Évidemment, elle était plus informée de ce qui se passait,
03:08elle était plus en lien. Je vais vous dire même une chose, il faut en sortir de cette culture aujourd
03:12'hui
03:12de détestation dans certains quartiers de la police. Il faut recréer du lien humain.
03:16Ils travailleront mieux qu'ils travaillent non pas sur les petits dealers à 3 francs 6 sous,
03:20mais remonter des business, sortir une activité.
03:23Parce que quand il y a de tels milliards qui échappent à tout contrôle, ça produit.
03:26Et puis, pour terminer, vous savez, c'est le désordre général du monde et de la France qui amènent ça.
03:31Le chômage de masse, le fait que dans certains quartiers, c'est les seuls qui font rentrer de l'argent.
03:34Le fait qu'il y ait des armes qui viennent d'Ukraine.
03:36– Donc, tous les grands désordres du monde et non pas les conséquences, avant tout.
03:39– Et vous croyez comme ça qu'on va faire baisser ce phénomène
03:42qui est lié aussi à la consommation grandissante, par exemple,
03:47contre laquelle Emmanuel Macron s'était insurgé ?
03:49– Mais il a échoué, mais si ça me gêne.
03:52– On consomme de plus en plus de cocaïne en France.
03:54– Si, ça me gêne.
03:55J'observe que les techniques utilisées, les rhodomontades sécuritaires,
03:58ne fonctionnent pas et amplifient le phénomène.
03:59C'est ça que je dis.
04:00J'en ai marre du pipeau, je veux de l'efficacité.
04:02Je ne veux pas que nos enfants meurent en raison de narcotrafic.
04:04Je veux chasser les narcotrafiquants.
04:06Mais je ne fais pas de la communication sécuritaire en disant
04:08« Regardez-moi » et en échouant.
04:10C'est nos enfants qui meurent un jour sur trois.
04:12D'accord ? On meurt de ça.
04:14Donc, qu'on ne me prenne pas pour un laxiste.
04:15Je dis de l'efficacité.
04:16Mais discutez avec des policiers qui en ont ras-le-bol d'attraper des petits dealers
04:19et qui ne touchent pas les trafiquants à l'étranger.
04:21– Avant de parler de l'avenir de la gauche, dont vous êtes l'un des membres éminents,
04:25un tout autre sujet que vous avez mis en lumière cette semaine
04:28avec la publication de ce rapport que je montre à l'antenne.
04:31Ce rapport, il parle de la sécurisation des musées.
04:33Pourquoi on est huit mois après le spectaculaire Casse du Louvre
04:36où les joyaux de la couronne qui, par parenthèse, n'ont jamais été retrouvés.
04:4088 millions d'euros dans la nature.
04:41– Qui n'ont jamais été les vrais joyaux de la couronne,
04:43mais qu'importe, du moins, c'était 88 millions d'euros.
04:46– Cette affaire a montré la vulnérabilité, la fragilité des musées.
04:49Vous proposez des mesures assez fortes,
04:51comme par exemple que le président arrête de nommer la présidente du Louvre.
04:56– Je vais terminer là-dessus.
04:57D'abord, des moyens pour nos musées, indiscutablement.
04:59C'est aussi des baisses de politique publique
05:00qui amènent à ce qu'on ait passé de 3 700 surveillants dans les musées à 3 000, etc.
05:04On n'a pas donné les moyens de faire face aux établissements,
05:08à cette nouvelle menace.
05:08Il y a des nouvelles menaces.
05:09Il y a des cambrioleurs, des braqueurs
05:11qui volent moins les œuvres pour l'œuvre d'art que pour la matière
05:13parce que l'or a augmenté, les diamants, etc.
05:16Je vais là-dessus.
05:17Je mets ça de côté.
05:18Mais le Louvre, parce que ça nous a intéressés.
05:19Oui, je pense que le système de nomination de la présidence du Louvre
05:22crée un problème systémique.
05:23C'est que le président de la République qui nomme…
05:25– En quoi ça change la sécurité ?
05:27– Parce qu'à partir du moment où la priorité n'est plus véritablement l'établissement,
05:32mais c'est d'accompagner la volonté présidentielle,
05:34par exemple d'aller vers le Louvre au Renaissance
05:35qui va faire passer de 9 millions à 12 à 15 millions,
05:37ce n'est plus la même préoccupation que le schéma de visiteurs.
05:40– De visiteurs, la surfréquentation c'est un problème.
05:42– Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que j'observe que le schéma de sécurité
05:44qui était proposé par le prédécesseur Madame Descartes,
05:47qui comprenait la sécurité et la vidéosurveillance depuis 2021,
05:49n'a pas avancé.
05:50On a perdu deux ans et demi.
05:52Eh bien j'affirme ici que sans doute Madame Descartes
05:53était plus préoccupée de satisfaire Emmanuel Macron
05:56pour sa conférence de presse,
05:57expliquer qu'on va aller vers un grand projet,
05:59que le quotidien de la vidéosurveillance.
06:01Vous voyez qu'à partir du moment où vous êtes nommé,
06:03tel que je le propose, par un conseil d'administration,
06:04avec des représentants du personnel, des salariés notamment.
06:07– Qu'il faut mieux payer dites-vous.
06:08– Et qu'il faut évidemment mieux payer, mieux former,
06:10ça crée un système plus vertueux.
06:12– Avec quel budget vous répondrez tant ?
06:12– Vous n'êtes pas là pour plaire au président de la République,
06:15le grand geste présidentiel, le fait du prince qui vous a nommé,
06:17mais vous êtes au service de l'État.
06:18– Vous voulez des musées populaires, c'est ce que vous dites ?
06:20– Ah ben ça évidemment, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas,
06:22qui est dans les musées,
06:23et la transmission de l'histoire et notre mémoire est fondamentale.
06:25– Alors on en vient à la politique,
06:27avec ce casse-tête qui occupe la gauche dont vous faites partie,
06:30je rappelle qu'il y a maintenant deux ans et demi,
06:32vous avez quitté la France insoumise.
06:34– Non, pas quitté, j'en ai été exclu.
06:35– Ah oui.
06:35– Non mais c'est pas secondaire.
06:37– Oui, oui, absolument.
06:38– Parce que je voulais qu'il y ait un débat stratégique au Sénat.
06:41– Alors vous vous croyez encore à une primaire de la gauche,
06:42alors qu'elle est prévue le 11 octobre,
06:44mais de plus en plus de candidats potentiels disent qu'ils n'iront pas,
06:48on pense à Raphaël Glussmann, François Hollande, pourquoi pas ?
06:50– Il l'a toujours dit.
06:51– Pourquoi vous vous y croyez ?
06:51– Moi déjà, je mets…
06:53– Pourquoi vous vous y croyez encore ?
06:54– Parce qu'il le faut.
06:55Parce que l'élection présidentielle qui vient,
06:57le débat c'est est-ce qu'il y a sous-estimation du danger
06:59de la victoire du Rassemblement national ?
07:01Moi j'y crois, c'est possible.
07:02C'est possible parce que les élections européennes
07:03sont arrivées en tête,
07:04c'est possible parce que les récentes municipales
07:05ils ont gagné 72 villes,
07:06c'est possible parce qu'aujourd'hui
07:07ils ont fait plus de 10 millions et demi de voix
07:09aux dernières élections législatives.
07:11Qu'est-ce qu'il faut face à ça dans un moment
07:12où la gauche et les écologistes,
07:14globalement, n'ont jamais été aussi faibles ?
07:15Être unis.
07:16Pour s'assurer qu'une de nos candidatures
07:17soit aux secondes.
07:18Eh bien il le faut.
07:19Vous savez, la dernière fois
07:20quand Emmanuel Macron a dissous,
07:22en trois jours, nous avons fait l'union.
07:24– Avec Jean-Luc Mélenchon, il faut refaire ?
07:25– Mais bien sûr, il faut…
07:26– Lui, il dit, chez lui, c'est carré,
07:27donc il faut se ranger derrière lui à la présidentielle.
07:29– Peut-être que, vu de l'extérieur,
07:30Mélenchon, c'est carré,
07:31mais la stratégie de division, c'est taré.
07:32Je le dis clairement.
07:33Jean-Luc Mélenchon, il est dans…
07:35J'aimerais avoir la discussion avec lui.
07:36Une sous-estimation du danger du RN.
07:37Je l'ai vu l'autre jour
07:38chez vos collègues de TF1.
07:40Il est venu en disant
07:40« Je ne suis même pas sûr
07:41que l'extrême droite soit au second tour.
07:42Je vais la plier à plate couture, dit-il.
07:44Il n'y a aucune élection depuis 2012
07:46où un homme de gauche a battu l'extrême droite.
07:48Jamais. »
07:49Donc j'ai dit à Jean-Luc Mélenchon
07:49« Ne sous-estime pas le danger.
07:51Ne fais pas croire que toi, tout seul,
07:52tu vas gagner. »
07:53J'ai vu un des députés insoumis,
07:54M. Léomant, qui a dit…
07:55– Mais vous pourriez vous ranger derrière lui.
07:56– Il a dit qu'ils peuvent même gagner
07:58dès le premier tour.
07:59Donc il ne faut pas qu'ils illusionnent les choses.
08:01Comme ça, nous perdons.
08:02Il faut se rassembler.
08:03La primaire permet d'avoir
08:04un processus démocratique
08:05pour désigner un candidat
08:06qui peut rassembler dès le premier tour
08:079 millions de voix
08:08et entraîner au second tour
08:09pour battre l'extrême droite.
08:10Il faut le faire parce que c'est nécessaire.
08:12– Alexis Corbière, député aujourd'hui
08:14écologiste et social.
08:15– Et membre d'un mouvement
08:16qui s'appelle « L'après »
08:16avec Clémentine Autain,
08:18Daniel Simonnet, Raquel Garrido.
08:19– Absolument.
08:20– Merci beaucoup.
08:21– Merci beaucoup, bonne journée.
Commentaires

Recommandations