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00:00...
00:47Et voici, mesdames et messieurs, la façade est de l'Arc de Triomphe.
00:52L'ensemble de la maçonnerie ne fut terminé qu'en 1831,
00:57bien que la première pierre du monument ait été posée en 1806 par Napoléon.
01:05Le roi Louis-Philippe date à accélérer les travaux
01:07et son ministre Thiers s'en occupa personnellement.
01:11Le traître.
01:15Quelle nouvelle, François ?
01:17Le vieux maréchal Soult.
01:18Dépêche-toi, je déjeune au culerie.
01:20Le vieux maréchal Soult.
01:22Joseph, dites-le à ces dames de Souaté.
01:25Je ne veux pas qu'elle me mette en retard.
01:27Comme à la dernière cheminée.
01:28Quelle cheminée ?
01:30Tu n'es pas au courant ?
01:31Mais tout Paris s'embausse.
01:33Le roi a une manie.
01:35Quand il reçoit, il parle aux gens accoudés à la cheminée.
01:39Très drôle.
01:41Dois-je noter la coutume dans la chronique du grand règne ?
01:44Mais tu le dois, mon bon François.
01:48Dis-moi la nouvelle du jour.
01:51Oui ?
01:51Eh bien, le vieux maréchal Soult que tu as évincé du ministère est tout à fait hors de vie.
01:57Il n'a pas volé.
01:59L'incapable.
02:02Surtout ne me dis pas ce qu'il raconte sur moi.
02:04Fautriquet.
02:05Cela me maîtrait de mauvaise humeur.
02:07Oh, il faut que je parle.
02:09Notre bon Louis-Philippe aime la ponctualité.
02:13Et je passe assez pour un brouillon.
02:14Il a tout de même nommé ce brouillon ministre.
02:18S'il n'avait pas tant peur des républicains.
02:21Ah, ça, mais c'est vraiment insupportable.
02:23Ce Joseph n'était jamais mes belles lampes à gaz.
02:27Bonsoir.
02:30Il a sans doute peur qu'elle les explose.
02:34Ces butors sont complètement fermés au progrès.
02:37Ah.
02:39Où en étais-je ?
02:40Ah oui, sais-tu ce que m'a dit le roi quand il m'a offert l'intérieur ?
02:45Ah, l'intérieur, c'est un poste dangereux.
02:47Merci du cadeau.
02:48Vous voudriez me persuader que vous ne teniez pas dans la portefeuille ?
02:52La réponse était facile.
02:54Je l'ai faite.
02:55Si.
02:56Toutes les fois que votre majesté m'a dit qu'elle avait accepté qu'avec désespoir le fardeau de la
03:01couronne,
03:02je l'ai toujours cru.
03:04Bienvenue.
03:06Il n'empêche que te voilà devenue la terreur des républicains.
03:10Les républicains en carton-pâtes.
03:14Ah, les bouzingots, je les connais, des petites opérations de police.
03:18Un bon discours à la chambre et notre bon roi dort tranquille.
03:25Quand je pense que tu as écrit une histoire de la révolution.
03:31Mais mon bon François, en la matière, tu es en fèbre.
03:38La révolution, elle est sur le trône maintenant.
03:42En n'en parlons plus.
03:44C'est notre bonne reine, Marie-Amelie.
03:49Droite et roide comme un parapluie.
03:52Avec des rouleaux, ordonnés comme le code civil.
03:56Et la cocarde dans les cheveux.
03:59Alors, on sait l'avenir à la fin.
04:05Joseph, dites-là, ces dames, que je n'ai plus une minute.
04:09Adolphe.
04:09Oui.
04:10Êtes-vous devenu fou ?
04:11Certainement pas, madame, mais je suis très pressé.
04:13Enfin, maman, cessez d'apporter une Adolphe.
04:15Comme dit ma fille.
04:17Vous avez choisi rude.
04:20Qui est rude ?
04:22Rien.
04:23Un statuaire.
04:24Et voilà.
04:25Voilà, nous sommes en retard.
04:26Joseph, faites avancer la voiture.
04:28Pas avant que vous ne m'expliquiez.
04:29Enfin, madame, cela peut attendre.
04:31Après ce qu'a fait ce rude.
04:33Non, non, non.
04:33Tais-toi, fille.
04:34Et toi aussi.
04:36Vous ne voyez pas qu'il va encore faire une bêtise.
04:39Quel être léger.
04:42Et la reine, Marie-Amelie.
04:45Y'avez-vous pensé ?
04:46Je vous assure, bon et maman, que je ne pense qu'à elle.
04:49Naturellement, vous comptez sur votre facilité.
04:51Vous pensez encore leur faire prendre des vessies pour des lanternes.
04:55Je ne vois pas en quoi le choix d'un stupé.
04:57Ah, vous ne voyez pas.
04:59Eh bien, allez, d'où vous pourrez mener du côté de l'observatoire ?
05:02Vous y verrez la statue du maréchal Ney.
05:06Soldat, visé droit au cœur.
05:09Ah, les bonabartistes vont rire.
05:11Mais ils riront.
05:12T'as les bonnes, le bonababa.
05:13Assez.
05:14Vous n'allez pas tromper les gens toute votre vie.
05:16Vous allez être en retard.
05:18C'est la belle affaire.
05:19Le roi vous choisit par votre droiture, votre poigne, pour briser les complots.
05:23Oui, nous savons, le fouché de Juillet.
05:25Oh, laissez-moi parler, jeune homme.
05:27Et vous allez chercher ce vieil exilé.
05:30Ce banni de 1815.
05:32Comment ?
05:32Ce banni de 1815.
05:35Mais bonne maman, vous vous trompez de monarchie.
05:37Oh, oh, oh, oh, oh.
05:44Pas un Saint-Antoine pour la madeleine, non.
05:47L'arc de triomphe, s'il vous plaît.
05:49Excusez du peu.
05:50Mais allez-vous venir à la fin ?
05:51La voiture de Monsieur le Ministre est avancée.
05:55Monsieur le Ministre.
05:58Vous ne le serez pas longtemps.
06:04Adieu, François.
06:06Ah, au fait, j'avais complètement oublié.
06:08Ce rude, attends, dans l'antichambre, oui, je l'avais convoqué.
06:11Alors, ce n'est pas gentil, François, hein ?
06:13Allez, reçois-le à ma place.
06:14Moi, je n'ai pas le temps de cet après-midi.
06:17Je dois remettre
06:20les contrats de mariage aux filles des martyrs des droits glorieuses.
06:26Bon, surtout, dis-lui qu'il se hâte.
06:28Tout doit être terminé pour l'anniversaire de la Révolution.
06:32La nôtre !
06:33Oh, Adolphe !
06:34Oh, rude !
06:36Et alors, il est là.
06:44Ah, vive l'amitié !
06:46Tout ce qu'il ne veut pas faire, il me le laisse faire.
06:48À propos, mon cher François,
06:50sois gentil, François,
06:52c'est lui qui va marier les filles,
06:53et c'est moi qui suis de la noce.
06:56Et si, au moins, je savais qui est ce rude.
07:00Adolphe ne doit guère en savoir plus loin que moi.
07:03Inconséquence.
07:04Tout ce qu'il veut,
07:05c'est inaugurer l'Arc de Triomphe.
07:08Gageons qu'il s'arrangera pour que le roi n'y soit pas.
07:12Qu'en cessera-t-il de se prendre pour Napoléon ?
07:22Faites venir sur le champ le secrétaire de M. le ministre.
07:24Qu'il apporte le dossier de l'Arc de Triomphe.
07:29Si au moins je connaissais le sujet de ces sculptures.
07:33Enfin, je vais voir ça de plus près.
07:36M. Rude attendra bien quelques minutes encore.
07:40Avec Adolphe, il va t'être habitué.
07:46Ah, mon cher Collard !
07:48Vous avez le dossier ?
07:49Le voici, monsieur.
07:50Bien.
07:53Vous vous moquez de moi, ce rude qui attend.
07:56Monsieur, toutes les pièces sont fort bien classées, je vous assure.
07:58Que voulez-vous savoir ?
08:01Dites-moi d'abord qui est rude.
08:03Un sculpteur de grands talents.
08:04Ah.
08:05Quel âge ?
08:0950 ans.
08:11Né à Dijon.
08:13Fils d'un révolutionnaire.
08:15Protégé par un certain Frémnière.
08:18Enragé Jacobin dont il a épousé la fille.
08:22Pris de Rome en 1812.
08:25En 1815, il arrête avec d'autres exaltés...
08:29Ah, mais sinon vous retardez.
08:31Dites d'autres patriotes.
08:33Avec d'autres patriotes...
08:36Et il arrête les soldats de Ney qui devaient s'opposer au retour de Napoléon.
08:41Il leur barre la route en criant « Vive l'Empereur ! »
08:44Le voilà bonapartiste.
08:46Bon, c'est pas mauvais.
08:48Ces gens-là sont tout aussi bonapartistes que républicains.
08:51Ils font pas la différence.
08:52Pour Napoléon, c'est la Révolution.
08:56Oui.
08:56Oui.
08:58Continuez.
09:00Ah.
09:01Au retour de Louis XVIII,
09:03il part aussitôt en exil à Bruxelles avec Frémier.
09:07Il y passe douze ans de sa vie.
09:10Il fréquente Louis David et tous les Régicides.
09:14Il rentre en 1826 seulement et s'installe à Paris, rue d'enfer.
09:30Mais pourquoi Thiers s'en est-il entiché ?
09:35Rude s'était rendu célèbre au salon de 1828.
09:41Regardez cette statuette.
09:42C'est Mercure rattachant ses talonnières.
09:45Monsieur le ministre l'a achetée à Rude.
09:48Ah, oui, je me souviens.
09:50C'était le clou du salon.
09:55Mais celle-ci me paraît être le Mercure de Pigalle.
10:03Vous croyez ?
10:10Plusieurs années après,
10:12Monsieur le ministre a demandé à Rude des esquisses
10:16pour l'Arc de l'Étoile qui venait d'être achevée.
10:19Montrez-moi cela.
10:24Mais il a fait la même proposition à Etex, à Corteau.
10:28Tous les projets sont datés d'avril 1833.
10:32Naturellement.
10:33Etex et Corteau étaient célèbres eux aussi.
10:35Ils ont essayé d'avoir l'ensemble de la commande.
10:37Etex, surtout, qui n'aime pas Rude.
10:39Mais Monsieur Thiers a tenu à ce que Rude exécute au moins l'un des groupes.
10:43Et quel sujet a-t-il choisi ?
10:45Le départ des volontaires de 92.
10:46Oh, oui, c'est le seul sujet qui évoque la Révolution.
10:51Et sous son jour le plus populaire.
11:03Et le ministre a accepté son sujet ?
11:06Ah, presque tout de suite.
11:08Tenez, voici le double de la lettre de commande.
11:14Voilà.
11:15Euh, Monsieur, j'ai décidé que vous serez chargé d'exécuter l'un des deux grands trophées de l'Arc
11:21de l'Étoile, côté de Paris.
11:23Une somme de 70 000 francs...
11:25Oh, qu'aucun ne sort !
11:27Payable en 1833-34, et s'il y a lieu dans les années suivantes, vous êtes alloué pour ce trophée.
11:3370 000 francs, mais dites, c'est une jolie somme, hein ?
11:36Ah, mais pour plusieurs années de travail.
11:38Et Corteau a reçu davantage.
11:4275 000 exactement.
11:44Si Rude le savait, je vous lis la suite.
11:49Je désire, Monsieur, que vous trouviez dans ma décision une preuve de la confiance que m'inspire votre talent, agréé,
11:54Monsieur, à la science de la parfaite considération, signé, le ministre du Commerce et des Travaux Publics, Adolphe Thiers.
11:59Et la lettre est datée du 3 août 1833.
12:02Et où en sont les travaux ?
12:04Ah, et Tex et Corteau sont plus avancés.
12:07Rude est en retard.
12:08Il est vrai qu'il a eu beaucoup de travail sur la frise.
12:15On dit aussi qu'il ne sait à quelle partie se résoudre pour son trophée.
12:19Mais il est très intransigeant.
12:23On ne peut l'influencer.
12:25Voilà de quoi inquiéter les salons.
12:28Peut-être aussi la cour.
12:30Rude voulait mettre partout des aigles.
12:33Monsieur Thiers a dû user de toute sa persuasion pour les faire transformer en coqs.
12:45Non, je vous remercie.
12:46C'était bien.
12:48Encore.
13:03Faites entrer, Monsieur Rude.
13:05Il est entré.
13:06Il est parti.
13:17Ici, Rude a voulu représenter le départ des volontaires de l'an 2.
13:22Au centre, le dieu Mars les entraîne vers la frontière.
13:27Au-dessus, la victoire ailée les protège et les encourage.
13:32C'est la Marseillaise.
13:33Regardez, elle chante, elle crie.
13:35C'est la révolution en personne.
13:44Hélas.
13:46Hélas.
13:49Hélas.
14:17Sous-titrage ST' 501.
14:29bouge pas
14:31c'est très joli
14:33mais qu'est-ce que ça veut dire
14:34joli non
14:35non ça va pas
14:35ça va pas du tout
14:36alors c'est fini pour aujourd'hui
14:38par je préfère
14:40je sens pas mon sujet
14:43monsieur rude
14:44monsieur rude quand est-ce que je reviens
14:46reviens pas
14:46jamais
14:47oh
14:49oh dieu
14:52françois
14:52oh mais laissez-moi tranquille à la fin
14:54mais françois tu es sur le point d'aboutir
14:56maître vous ne pouvez abandonner
14:58mais je ne suis obligé à rien
14:59je suis un artiste
15:00je pense pas le stocker
15:01oui je sais
15:02le roi est pressé
15:03monsieur tiers est pressé
15:05viens pas moi
15:06je peux pas faire n'importe quoi
15:07alors laissez-moi tranquille
15:10va te reposer françois
15:12demain tu y verras plus clair
15:13ni demain ni jamais
15:17elle est bien morte
15:18la révolution
15:23allez
15:23voilà
15:24regardez Mars
15:25il a l'air accablé par vingt ans de paix
15:27d'ennui
15:27pèse dix tonnes
15:28la victoire n'a pas d'âme
15:30son visage est monde inerte
15:33c'est ça la république
15:35pauvre volontaire
15:36ils vont se faire tuer pour qui
15:37laissez-nous Julien
15:38il est à bout
15:49maître
15:49maître c'est affreux
15:50mais quoi encore ?
15:52qu'est-ce qui se passe ?
15:52c'est affreux je vous dis
15:53allons Bredou raconte
15:54eh bien ça s'est passé
15:55devant l'ancien ambigu
15:55au boulevard du crime
15:56il était à peine midi
15:58le roi et la cour
15:59défilait à cheval
15:59pour aller à la rue
16:00devant la colonne Vendôme
16:01que s'est-il passé ?
16:02un attentat
16:03tout à coup une machine infernale
16:05a fait éclater le feu de partout
16:06il paraît qu'il y avait
16:07vingt-quatre fusils
16:07attachés ensemble
16:08bourrés de dix balles chacun
16:09le roi est mort
16:11mais non
16:12le roi a échappé par miracle
16:13mais le maréchal moncé
16:15est tué
16:16plusieurs généraux sont morts
16:18ou blessés
16:19un vrai massacre
16:20des colonels
16:21des officiers de tous les graves
16:22il fallait voir la panique
16:23sur le boulevard
16:24il y aurait quarante deux victimes
16:25dont dix-huit tuées
16:28et le roi ?
16:29il s'est tiré d'affaires
16:31au lieu de défiler
16:32au milieu du boulevard
16:32comme d'habitude
16:34il avait pris à droite
16:36pourquoi à droite ?
16:38enfin les balles
16:39ne l'ont pas atteint
16:39son fils Joinville
16:41a donné des coups
16:41de plat de sabre
16:42pour faire avancer son châle
16:43et ils ont quand même
16:44passé la revue
16:45et le roi ?
16:46hé Thiers
16:47celui-là il est indème
16:48ah le gradin
16:49pas une égratignure
16:50oh mais il a eu chaud
16:51son pantalon en casimir
16:53était rouge de ça
16:55oui il a reçu sur lui
16:56le maréchal mortier
16:57blessé à mort
16:58mais qui a fait le coup ?
17:00eh bien ils ont arrêté
17:00sur le lieu de l'attentat
17:01un nom et Fieski
17:02Fieski c'est pas un des vôtres au moins
17:03ah non sûrement pas
17:04d'ailleurs le malheureux
17:04est dans un triste état
17:05ses complices ou ses commanditaires
17:07avaient truqué la machine à faire mal
17:08pour qu'elle tue
17:08celui qui ouvrait le feu
17:10Fieski avait la peau du visage
17:11entièrement décollé
17:12il souffrait le martyr
17:13quand ils l'ont arrêté
17:14sur le boulevard
17:14tu vas voir
17:15tu vas voir que Thiers
17:17va en profiter
17:17pour me frapper dans vos rangs
17:18mais c'est déjà fait
17:19des mouchards
17:20avait indiqué à sa police
17:21que les républicains
17:22portaient le yé rouge
17:23des dizaines de camarades
17:24ont été arrêtés sur le parcours
17:25mais il faut se casser
17:26ils n'ont aucune preuve
17:27contre aucun d'entre nous
17:28oh mais Thiers est déchaîné
17:29il a envoyé ses spadassins
17:31au journal de maras
17:32ils ont pris maras ?
17:32non il n'y était pas
17:33mais ils ont embarqué
17:34tous les rédacteurs
17:35et ensuite ils sont allés
17:36au national
17:36au national ?
17:38il a osé
17:39chez son vieil ami Carrel
17:41ouais ben le vieil ami Carrel
17:42il est en prison
17:43Carrel en prison
17:44cet homme ne respecte rien
17:45ah !
17:46au mieux qu'elle soit bridou
17:47on fose dans les camions
17:48viens vite
17:49je vais te cacher dans le placard
17:50oh ils vont nous arrêter tous
18:17rentrez
18:26monsieur Rude
18:28oui c'est moi
18:29je suis bien aise de vous voir
18:31monsieur Rude
18:31monsieur le ministre Thiers
18:33m'envoie
18:34monsieur Thiers
18:37oui
18:39monsieur le ministre
18:40m'a chargé de vous dire
18:42qu'il compte absolument
18:42sur l'achèvement de votre trophée
18:44pour la date de l'inauguration
18:46du monument
18:47qui est fixé au 29 juillet
18:51anniversaire des trois glorieuses
18:52non seulement
18:54il est fou
18:55monsieur le ministre
18:56il est fou
18:57non
18:58monsieur le ministre a précisé
19:00qu'il était à votre disposition
19:01pour
19:01pour tous les frais supplémentaires
19:03qui pourraient
19:04oui je vois
19:05monsieur Thiers
19:06et bien dites-lui
19:11qu'il la verra
19:12la république
19:12et plus vite qu'il ne pense
19:16bonsoir monsieur
19:34il est parti
19:36attention
19:37libérant Brideau
19:38il ne risque plus rien
19:40allez viens Brideau
19:41cache-toi
19:42et fais attention à toi
19:43merci
19:46allez
19:47tu vas partir toi aussi
19:48attendre Brideau
19:49je pars avec toi
19:56j'ai une autre idée
19:57ah
19:58monsieur Thiers est pressé
20:01monsieur Thiers
20:02veut se parer des plumes de lèvres
20:03tirer à lui la révolution
20:05et bien nous allons lui en faire
20:06voir une autre
20:08viens ici toi
20:10viens ici
20:11prends la pause
20:12allez vite
20:14fais-moi quelque chose
20:16comme ça
20:17tu vois
20:17
20:20et de l'énergie
20:21
20:26et bien je la tiens
20:28ma république
20:28toi gâche le plâtre
20:30mais prends la pause
20:32je te dis
20:33et pense que tu es la victoire
20:35la république triomphante
20:36et que tu écrases
20:37tous les nains
20:38toutes les punaises de cour
20:39allez chante
20:42mais plus fort
20:44à plein poumon
20:47aux armes citoyens
20:51formez vos bataillons
20:54marchons
20:55marchons
20:59rudes
21:00a travaillé beaucoup
21:01il y a plus de 700
21:03journées de travail
21:04dans ce trophée
21:05il a fait un plâtre
21:07reproduit ici
21:08à même la pierre
21:10une armée de sculpteurs
21:12dont rudes lui-même
21:13en blouse blanche
21:15vivait à gripper
21:16aux échafaudages
21:17en juillet 1836
21:20tout était terminé
21:21le roi
21:22pouvait inaugurer
21:34bleu
21:34non jaune
21:35mais non vert
21:36je vous ai dit bleu
21:38puisque vous l'avez dit
21:39maman
21:43je crois qu'il était vert
21:45je crois qu'il était jaune
21:46je vous ai dit bleu
21:50qu'y a-t-il dans le courrier
21:51de ce matin
21:52rien de notable
21:53monsieur le ministre
21:53ah
21:54j'allais oublier
21:57une requête
21:58de monsieur votre père
22:00mon père
22:02et que veut-il encore
22:05il se plaint
22:06de ne pouvoir vivre
22:07avec la pension
22:07que vous lui versez
22:09comment
22:10douze cents francs par an
22:11mais pour qui me prend-il
22:12pour Crésus
22:17un ouvrier
22:18gagne neuf cents francs
22:19tu ne peux réduire ton père
22:20à la portion congrue
22:21mais ma belle-mère
22:22ne veut rien entendre
22:23et puis
22:23douze cents francs lui suffisent
22:25il n'a qu'à être économe
22:26et six cents d'été
22:27hein
22:28tu recevrais ses créanciers
22:42il n'y avait pas pour
22:45deux mille francs
22:49allez
22:55mais que je n'ai pas le temps
22:56de plus parler
23:03monsieur le ministre
23:05deux policiers
23:06demandent à être reçus
23:07d'urgence
23:09vous savez bien
23:10que je dîne
23:11chez la belle Niojo
23:12non monsieur le ministre
23:13je ne le savais pas
23:15mais je n'ai pas le temps
23:16Joseph
23:19on dit de drôles de choses
23:20Adolphe
23:21chez les républicains
23:22tu devrais recevoir
23:23ces deux hommes
23:33messieurs
23:44messieurs
23:46monsieur le ministre
23:47je ne supplie le ministre
23:49de l'intérieur
23:51les affaires de police
23:52ne me concernent pas
23:52directement
23:53si vous avez quelque chose
23:54d'important à me dire
23:55soyez très bref
23:56car
23:56je suis pressé
23:58monsieur le premier ministre
23:59nous ne vous aurions pas dérangé
24:00sans un motif grave
24:02pour une affaire
24:03vous concernant
24:05personnellement
24:07personnellement
24:10que voulez-vous dire
24:10il est arrivé ce matin
24:12un accident
24:14regrettable
24:15le roi
24:17grâce au ciel
24:18sa majesté
24:19se porte bien
24:19il n'en est pas
24:21pas de même
24:22de monsieur
24:24carrel
24:25comment dites-vous
24:26hélas monsieur le premier ministre
24:28monsieur carrel
24:29est mort ce matin
24:31et qu'en lui est-il arrivé
24:32la chose la plus banale du monde
24:35un duel
24:39oh ce pauvre carrel
24:43mais qui l'a tué
24:44nous avons été informés
24:45trop tard de l'affaire
24:46quand nous sommes arrivés
24:47au bois de vincennes
24:48votre ami
24:49était déjà mort
24:50allez-vous me dire
24:51qui l'a tué
24:51un autre journaliste
24:53le directeur de la presse
24:54girardin
24:55ce n'est non pas une affaire politique
24:56disons qu'il s'agirait plutôt
24:58d'une affaire
25:00de coeur
25:02mais en quoi cela me concerne-t-il
25:04en rien
25:05directement
25:07monsieur le premier ministre
25:08toutefois la mort
25:09de votre ancien ami
25:10et principal adversaire
25:12a créé dans les milieux républicains
25:14une émotion considérable
25:16je n'y suis pour rien
25:17il n'importe
25:17des espions
25:19placés par nous
25:20dans les sociétés secrètes républicaines
25:22rapportent des propos alarmants
25:24il ne serait pas
25:26prudent
25:27que vous suiviez
25:28le convoi d'Armand Carrel
25:33et rassurez-vous messieurs
25:34je n'en ai nullement l'intention
25:37et je vous remercie
25:38de vos informations
25:43et bonjour messieurs
26:07ces gens font leur devoir
26:08pourquoi
26:09les traites-tu
26:10si sèchement
26:11carrel tué
26:13ils vont tout me mettre
26:14sur le dos
26:15mais puisque tu n'y es pour rien
26:16tu ne les connais pas
26:18ces policiers
26:19empesés
26:19ne disent qu'une partie
26:20de la vérité
26:22depuis la malheureuse affaire
26:23de la rue Transnonin
26:24ils me taquent
26:26une inutile boucherie
26:27de la troupe en délire
26:28c'est moi qui me rendra
26:28un responsable
26:29c'est que personne
26:31n'est plus détesté
26:32que moi
26:33chez les bouzingos
26:34on dirait
26:35que ça te fait plaisir
26:40je leur réserve
26:41votre tour
26:43de ma façon
26:47tu sais que
26:49dans le pays
26:50le roi n'a jamais été
26:52plus populaire
26:53que depuis la tenta
26:53de Fies
26:54tu crois vrai
26:55sans aucun doute
26:56les républicains
26:57sont quelques poignées
26:58d'exaltés à Paris
26:59la campagne
27:01et la province
27:02sont pour l'ordre
27:02pour la propriété
27:03les notables
27:05arrachent mes discours
27:05à la chambre
27:06l'attentat manqué
27:07contre le roi
27:08nous a rapprochés
27:10du clergé
27:10jusque là réticents
27:11nous tenons le pays
27:13non
27:13comprends pas
27:14et tous ces comploteurs
27:16que vous avez fait guillotiner
27:16Fieski et ses complices
27:18oui l'exécution de Fieski
27:19a soulevé
27:20beaucoup d'émotions
27:21j'ai eu grand temps
27:21de te croire
27:23je me suis ridiculisé
27:25en mobilisant
27:26ce jour-là
27:27les gardes nationaux
27:28le peuple
27:29voulait voir mourir
27:31le gredin
27:32pour en jouir
27:33tu vas me dire
27:34mais tiens
27:35ils ont payé
27:36un franc par personne
27:37pour voir
27:38l'exhibition
27:39de cette fille
27:40la save
27:40la vie de Fieski
27:41un gabarit astucieux
27:43l'avait attiré
27:44dans sa taverne
27:46du faubourg
27:46Saint-Martin
27:47il a fallu
27:49ouvrir un bureau
27:49de location
27:50sur le boulevard
27:51mais tu méprises le
27:52pas du tout
27:53je le connais
27:54tiens
27:55avec Carrel
27:56en 1830
27:57au national
27:58ah tu peux en parler
27:59jamais Carrel
28:00ne t'a pardonné
28:01d'avoir escamoté
28:02sa république
28:02la république
28:03mais qui
28:03l'aurait accepté
28:04Paris
28:05et Paris seulement
28:06ni la province
28:07ni l'étranger
28:07et pour tout le monde
28:08c'était l'aventure
28:09heureusement
28:10nous avions Louis-Philippe
28:11sous la main
28:12ah
28:14le bon roi
28:17le roi des barricades
28:19comme on dit
28:20au faubourg Saint-Germain
28:22il va nous rendre
28:22encore en grand service
28:23tu divinques
28:24mais pas du tout
28:26dans trois jours
28:29c'est l'inauguration
28:30de l'arc de triomphe
28:32nous allons donner
28:33à la cérémonie
28:34un éclat formidable
28:35ouais
28:36et les bouzingos
28:37crieront
28:38vive la république
28:38devant la marseillaise
28:39de rue 2
28:40mais ils s'en garderont
28:41bien
28:42la seule présence
28:43du roi
28:44les cloura au sol
28:46vraiment
28:47tu les connais pas
28:48les bouzingos
28:49mon pauvre François
28:50ils se montent le cou
28:51les uns les autres
28:52dans leur petite loge
28:53mais au moment décisif
28:54un coup de sifflet
28:55plus personne
28:56tiens
28:57as-tu entendu crier
28:58vive la république
28:59le jour de l'attentat
29:00c'est pas un cri
29:03la débandade
29:04il n'était pas organisé
29:06mais
29:07quand le seront-t-il
29:10que le roi apparaisse
29:12dans trois jours
29:14sous l'arc de triomphe
29:16monté sur son cheval blanc
29:19le même que celui
29:20du boulevard du crime
29:24combien paris-tu
29:25qu'ils la clameront
29:29mon françois
29:31le ciel
29:36ma chère dorothée
29:40soit la bienvenue
29:42eh bien
29:44mon conseil est au complet
29:49Adolphe
29:49je désire vous parler seul
30:07je t'ai entendu Adolphe
30:10je crois que tu as perdu la raison
30:12cette inauguration
30:13est de la plus grande maladresse
30:15et tu le sais fort bien
30:16puisque tu le dis
30:18aussi tu vas te rendre
30:19sur le champ
30:19au palais
30:20pour dissuader le roi
30:21de paraître
30:23comme ça
30:24sur le champ
30:25écoute-moi bien
30:26mon petit Adolphe
30:27si tu veux conserver
30:28ton roi
30:29tel des barricades
30:30tu dois lui éviter
30:31le ridicule
30:32de cette cérémonie
30:34je ne crois d'ailleurs pas
30:35qu'il y gagnerait
30:36en prestige
30:36ni en France
30:37ni à l'étranger
30:38où ces rodemontades
30:39et les vôtres
30:40ont fort indisposé
30:42les esprits
30:44tu parles sérieusement
30:47très sérieusement
30:53je te signale
30:54que c'est aussi
30:55l'avis du prince
30:56de Bénévent
30:56ah
30:57si t'as l'orée
30:59et du complot
30:59cesse de plaisanter
31:01on ne fait pas
31:02de politique
31:03avec des paradoxes
31:08cours aux tuileries
31:11tu verras
31:12la belle Yojo
31:13au zoo un autre jour
31:17je ne saurais
31:18madame
31:18mécontentée
31:19votre oncle
31:20mais
31:26comment convaincre le roi
31:28tu trouveras bien
31:29une pantamime
31:38de Bénévent
31:41de Bénévent
31:42C'est parti !
32:13Non !
32:16Non !
32:24Et non.
32:26Si, vous ne pouvez courir le risque d'inaugurer l'Arc de Triomphe.
32:32Mon cher M. Thiers, s'il y a, comme vous paraissez le supposer, un danger,
32:39il nous répugne de nous y dérober.
32:46Tous les renseignements de police concordent, Sire.
32:50Le trophée de Rude qui représente le départ des volontaires doit servir de point de ralliement.
32:59Un attentat est à craindre.
33:08Encore un attentat ?
33:10Oui, Sire.
33:36Si je n'y allais pas, je me ferais l'effet d'un despote
33:39qui se cache derrière les fusils de ses soldats.
33:42Mais Sire, vous allez compromettre la fortune du pays.
33:47Tout va retomber dans le chaos.
33:49Prenez vos précautions, mon cher.
33:51Moi, je fais mon métier de roi.
33:53Mais les cours étrangères, Sire,
33:55de quelle œil vont-elles vous voir découvrir tant de statues à la gloire de l'Empereur ?
34:02Je n'ai pas à renier cette gloire, M. Thiers.
34:07Elle n'est pas la mienne.
34:08Elle est le patrimoine du peuple français, tout entier.
34:25Monseigneur, Monseigneur,
34:27Votre père court de graves dangers.
34:31Nous avons des raisons précises de nous inquiéter.
34:34N'avez-vous pas emprisonné tous les assassins ?
34:37Eh oui.
34:38Alors...
34:42Adolphe ?
34:46Adolphe ?
35:13Sous-titrage FR ?
35:29Impossible de fléchir le roi.
35:32Je crains fort qu'il lui arrive malheur.
35:35Les interventions de Mme de Dino ne sont jamais gratuites.
35:39Je la redoute plus que toute ma police réunie.
35:43Alors, le roi ira à l'inauguration.
35:48Je ne puis l'affirmer.
35:50Il nous reste encore le conseil de demain matin, nous pouvant le faire réfléchir.
35:55Ou peut-être réfléchira-t-il lui-même.
35:58Il nous a habitués au volte-face.
36:00Oui, mais s'il y va...
36:07Je crois que la buchesse a raison, l'affaire se présente mal.
36:10Les républicains risquent de nous ridiculiser.
36:13Et puis, il y a du nouveau.
36:14Qu'est-ce que c'est ?
36:14Le neveu de l'empereur, ce Louis-Napoléon Bonaparte.
36:17Celui-là, c'est un crétin.
36:18Oui, mais il s'agit du côté de Strasbourg.
36:20Des bruits inquiétants courent à la garnison.
36:24Il n'y aurait pas que des républicains à l'étoile.
36:39Si je peux me permettre, M. le ministre, j'entrevois une possibilité.
36:43Dites !
36:44M. Rude polissait ce matin encore son groupe de l'Arc de Triomphe.
36:48Pourquoi ne pas le convaincre de retarder sa finition ?
36:52Nous pourrions ainsi prétendre que le monument n'est pas prêt pour la cérémonie.
36:58Le roi ne pourrait assurément pas passer sous un échafaudage.
37:07C'est une très bonne idée, ça.
37:11Vous serez décoré.
37:14Oui, Saurud.
37:15Il est justement dans l'antichambre.
37:17Je l'avais convoqué à sa demande pour lui régler une avance qu'il me réclamait.
37:21J'ai grand peur que tu ne puisses te convaincre.
37:23Faites-le en très vite.
37:25François, le siège.
37:32Laisse-nous.
37:41M. Rude !
37:45Mon cher M. Rude !
37:50Donnez-vous la peine de vous asseoir.
37:56Voulez-vous une prise ?
37:57Merci.
38:00Un petit cordial.
38:01Merci.
38:02Un doigt de cognac.
38:03Merci.
38:04Un café.
38:05Merci, monsieur.
38:19Comment va, Mme Rude ?
38:24Fort bien, monsieur.
38:25Vous la verrez après-demain.
38:27Mais j'en serai ravi.
38:30À quelle occasion ?
38:31À l'inauguration de l'étoile.
38:39Mais êtes-vous bien sûr d'avoir terminé ?
38:42Tout à fait sûr, monsieur.
38:44J'en suis bien aise.
38:45Mais je m'étais laissé dire que...
38:48Un délai vous serait nécessaire pour parfaire certains détails.
38:54Voyons.
38:55Ah !
38:56Voyons, voyons.
38:58Qui donc m'a dit cela ?
38:59Ah ! J'y suis.
39:02C'est votre collègue.
39:04Etex.
39:06Oui.
39:06Il trouvait le...
39:08Je me moque de ce que peut bien penser mon collègue Etex.
39:12Attendez !
39:13Attendez !
39:15C'est pas lui.
39:19Non, c'est...
39:21C'est quelqu'un de...
39:26C'est quelqu'un de l'académie.
39:28Oui, il parlait du visage de la victoire.
39:31Oui, il le trouvait...
39:34Dur.
39:36Oui, comme...
39:39Inachevé.
39:40Oui, il serait dommage, monsieur Hude, que quelqu'un de votre talent compromisse son avenir pour une oeuvre...
39:48Bâclé !
39:49Bâclé !
39:49Non, ne protestez pas, je me sens un peu responsable.
39:51Je vous ai demandé de vous hâter.
39:53J'avais mes raisons, monsieur Hude, je vous ai bousculé, harcelé...
39:58Je ne fais rien, monsieur.
39:59Mais si, si, si, si, si, si, si.
40:02Si on a tort de vouloir bousculer un artiste...
40:05Ah, si, si, si, non, non...
40:07Et là, au fond, tout ça n'a pas tellement d'importance.
40:09Hein ?
40:11Reprenez votre ciseau, monsieur Hude.
40:13Je vous donne un délai, un grand délai, tout ce que vous voudrez.
40:15Votre groupe est le plus beau, le plus noble.
40:19Je veux qu'il soit parfait.
40:21Monsieur...
40:22Monsieur Hude...
40:24Pensez à votre avenir.
40:26La France a besoin d'hommes de votre trempe.
40:30Vous êtes un modèle, un phare, un maître.
40:36Mais voyons, vous n'êtes pas dans une position en rapport avec votre mérite.
40:42Je n'ai pas su jusqu'ici vous faire obtenir ce que vous auriez désiré,
40:46mais il me reste sur mon budget une mission à donner, l'avouez-vous.
40:50Non, ne refusez pas.
40:54Vous êtes grand prix de Rome.
40:57Connaissez-vous l'Italie ?
40:59Non, je ne connais pas l'Italie.
41:02Ah, c'est un pays.
41:04Merde !
41:05Non, non, non, non, non.
41:06Si !
41:07Si, si, si, si, si, si, M. Hude.
41:08J'ai passé une année délicieuse à Florence,
41:14où je déployais les archives.
41:17Allez, partez pour.
41:19Vous ferez un beau voyage,
41:20et vous nous rapporterez des moulages.
41:22Des tas de moulages et tout le monde y gagnera.
41:24M. Hude, je n'ai besoin de rien.
41:25Non. Monsieur Rude, au fait, j'ai examiné les dépenses de l'arbre de Triomphe.
41:31Vous avez fait un travail considérable, beaucoup plus difficile que je le pensais.
41:36Que diriez-vous de... 250 000 francs pour les policages qui restent à faire ?
41:41Non. Mon travail est achevé, monsieur. Je réclame seulement mon but.
41:56Non. Réfléchissez bien, monsieur Rude. Voyez-vous, je ne tiens plus à hâter cette inauguration.
42:01Eh bien, moi, j'y tiens. Bon choix, monsieur.
42:28Qui est-ce croisé devant votre porte ?
42:30Dorothée ! Encore vous !
42:32N'était-ce pas ce monsieur Rude ?
42:36C'est si fait.
42:37L'auteur du trophée de l'arbre de Triomphe. La victoire en chantant.
42:41Oui, c'est à peu près cela. Mais que vous importe ?
42:51Ce monsieur Rude, est-il du complot ?
42:59Quel complot ?
43:00Celui auquel vous feignez de croire sans savoir s'il existe ou pas.
43:04Celui qui vous entretient dans votre personnage de policier subalterne
43:08ou de fouché aux petits pieds, si vous préférez.
43:13Où en êtes-vous de vos efforts pour convaincre le roi ?
43:18Je suis allé au... au Tuileries, comme je vous l'avais promis.
43:23Fort bien.
43:25Êtes-vous parvenu à vos fins ?
43:27C'est selon...
43:30Qu'est-ce que je vous prie, c'est ton mystérieux.
43:32Je ne vous interroge pas sur vos favoris.
43:37Eh bien...
43:41Le roi veut-tu y aller ?
43:42Ah, c'est bien cela.
43:44Vous n'avez pas réussi.
43:46Mon oncle Talran a raison de dire que vous ne faites jamais rien de clair.
43:49Ah, mon petit Adolphe, depuis que tu es marié, ton naturel petit bourgeois,
43:52plus dessus.
43:54C'est pas cette petite fille qui t'a tourné l'inspect, mais ça dote.
43:58600 000 francs, te voilà riche.
44:01T'as suffisance, t'as plus d'égal.
44:04Monsieur Thiers, bourgeois de Paris.
44:08Mais Toroté, cher, crois-tu que j'ai oublié tout ce que je te dois ?
44:14Oh, mais vous ne me devez rien, monsieur le Premier ministre.
44:18D'ailleurs, nous savons que la reconnaissance n'est pas votre fort.
44:24Toutefois, nous tenions mon oncle et moi à ce que vous évitez le ridicule de cette cérémonie.
44:31Mon oncle a assez fait pour la paix de l'Europe.
44:34Je ne veux pas voir sa vieillesse assombrie par les parades grotesques de votre petit coq d'Orléans
44:39qui se prend pour un aigle.
44:40Je t'assure, du tout.
44:41Chez vous, c'est un calcul naïf, mais chez vous, c'est un calcul retort.
44:48Je te connais bien, Adolphe.
44:51Tu es insatiable.
44:53Tiens, mon oncle me le répétait hier.
44:56C'est un de ces hommes dont on ne peut se servir qu'à condition de les satisfaire.
45:01Or, il ne sera jamais satisfait.
45:04J'aurais beaucoup aimé, ma chère Dorothée, pouvoir te donner satisfaction.
45:08Je te vois venir, bourgeois que tu es.
45:11M. Thiers calcule.
45:14Si le roi ne court aucun danger, de toute façon, il passera pour un brave et nous exploiterons la situation.
45:22Si le roi est victime de l'attentat, nous songerons à l'exploiter pareillement.
45:29Qui sait ?
45:30Un bon conseil de régence.
45:33Et tu crois ces manigances ?
45:35Un serré publicain barbu, brouillon ?
45:37Non, je t'assure.
45:38Il suffit.
45:39Je ne veux pas de cette cérémonie ridicule.
45:41Puisque tu n'as pas été capable de me l'épargner,
45:45j'aviserai moi-même.
45:48Adolphe, tu vas réaliser ton rêve.
45:51Tu seras tout seul à l'Arc de Triomphe.
46:06Sous-titrage Société Radio-Canada
46:25Le monument que nous venons de visiter a coûté à l'État la somme considérable de 9 millions de francs.
46:37Il a été inauguré le 29 juillet 1836 par le roi Louis-Philippe.
46:46C'est incroyable !
46:50Comment on écrit l'histoire ?
46:52Un vrai scandale.
46:55Mais Sophie !
46:57Tiens-toi droit !
46:58Sophie, mais dépêche-toi !
47:00Il est déjà dix heures et demie.
47:02Je ne voudrais pas manquer la cérémonie, il est prévu à onze heures.
47:06Venez-vous !
47:06Mais comment on va rire ?
47:08Tu crois qu'il aura l'audace ?
47:09Pourquoi pas ?
47:10Tu sais que le tir a tout fait pour m'empêcher de partir.
47:12Il voulait que je prolonge le chantier.
47:14Il était pourtant bien pressé d'en finir.
47:16Je me demande ce que tout cela présage.
47:18Êtes-vous prêts ?
47:19Allons-y !
47:20Où courez-vous, les amis ?
47:22À l'étoile, parbleu !
47:23Trop tard !
47:24Trop tard ?
47:25Oui, trop tard !
47:26Trop tard ?
47:27Pourquoi trop tard ?
47:28Trop tard, je te dis !
47:31C'est fait !
47:31Qu'est-ce que tu nous racontes, là ?
47:32C'est fait !
47:33Et ça n'a pas traîné !
47:36À six heures du matin,
47:38les copains qui étaient de garde
47:40ont vu partir les soldats qui étaient prêts pour la revue.
47:44À cette heure est arrivé tout seul M. Thiers.
47:48Les bougres !
47:49Il n'y avait autour de l'arc qu'une toute petite compagnie de gardes nationaux.
47:53Des fidèles et sans doute des sûrs, ceux de Neuilly ou de Chaillot.
47:57Sûrement pas ceux de Belleville.
48:00Dans les tribunes, personne.
48:04Puis peu à peu, on a vu arriver les vieux, ceux d'autrefois.
48:08Oui, je vois, M. Guéna.
48:10Et ceux de Waterloo.
48:12Ils avaient leurs moustaches grises et les cheveux blancs.
48:16Quand Thiers a coupé les cordons,
48:21qui retenaient l'étoile masquant les trophées,
48:24ils ont tous crié
48:26« Vive l'Empereur ! »
48:28Oh, les braves gens !
48:30J'aurais voulu voir la tête de Thiers.
48:32Mais alors, Louis-Philippe, il n'a même pas vu la Marseillaise.
49:07J'ai
49:12Petit fille, regarde-le, il a tout de même voulu voir de quoi elle avait l'air, la Marseillaise de
49:23Rude.
50:07La Marseillaise de Rude
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50:47La Marseillaise de Rude
50:48La Marseillaise de Rude
50:50La Marseillaise de Rude
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