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  • il y a 2 heures

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00:00:39C'est parti !
00:01:09C'est parti !
00:01:29C'est parti !
00:01:30Fais en sorte que la joie emplisse nos cœurs.
00:01:34Quelles que soient les étoiles que nous aurons à surmonter.
00:01:37Ô Tout-Puissant, bénis cette terre que nous avons reçue.
00:01:40Bénis cette terre que nous avons reçue.
00:01:43Dans ta grande bonté, fais qu'elle soit fertile,
00:01:46qu'elle soit bonne avec nous,
00:01:48et nous offre de belles récoltes.
00:01:50Bénis également, Dieu Tout-Puissant, éternel,
00:01:53le laboureur et son travail sans lesquels
00:01:55cette terre serait restée à l'abandon.
00:01:58Puissent les graines qui seront semées
00:02:00grandir avec force et vigueur.
00:02:03Nous donner de quoi nourrir
00:02:04nos corps et nos âmes,
00:02:06et nous faire participer au rythme des saisons
00:02:09et à la procession de la vie qui marche
00:02:11majestueusement vers l'infini.
00:02:12Qu'y a-t-il ?
00:02:13Ô Dieu Tout-Puissant, éternel, bénis cette terre.
00:02:15Rien de méchant.
00:02:17Je repensais à mon passé,
00:02:19à l'époque où j'étais potier.
00:02:22Ça fait un an déjà.
00:02:24Amen.
00:02:39Avancez !
00:02:40Allez !
00:02:41Courage !
00:04:07Vous l'avez découvert dans le champ du potier.
00:04:10Oui.
00:04:12Puisque l'endroit était non consacré,
00:04:14la mise en terre était illégale.
00:04:16Mais elle a été faite
00:04:17avec tout le respect possible.
00:04:21Qui peut avoir inhumé ce corps
00:04:24avec autant de respect ?
00:04:32Avez-vous vu ses cheveux ?
00:04:34Ils sont encore fort noirs.
00:04:36N'était-ce pas l'épouse de frère Ruald,
00:04:38qui était doté d'une chevelure aussi noire ?
00:04:51Tu es mon époux, Ruald.
00:04:53Cela n'est-il pas important à tes yeux ?
00:04:58C'est très important.
00:05:00Mais justement, je dois renoncer à ce qui est le plus cher à mon cœur.
00:05:04Dieu m'a appelé.
00:05:06Dieu t'a appelé ?
00:05:08Nous nous sommes mariés en présence de Dieu.
00:05:11L'aurais-tu oublié ?
00:05:13Et lui aussi ?
00:05:15Dieu peut-il être aussi cruel ?
00:05:17Rassure-toi, tu ne manqueras de rien.
00:05:19Je serai comme les veuves,
00:05:21les vieilles femmes,
00:05:23les vieilles bicratatinez,
00:05:24qu'ils n'ont plus d'âme dans leur vie.
00:05:38Comment lui faire entendre raison ?
00:05:40Un homme peut-il refuser Dieu ?
00:05:42Il ne peut ni ne doit.
00:05:44S'il est certain que c'est la voix de Dieu qui l'appelle,
00:05:47et non la sienne.
00:05:49Je suis un homme simple, mon frère.
00:05:51Je suis potier, comme jadis vous avez été soldat.
00:05:54Dieu parle aux hommes simples,
00:05:55aussi bien qu'aux visionnaires et aux saints.
00:05:58Il vous a parlé,
00:06:00et il m'a parlé.
00:06:02Oui, mais si j'aimerais se trouver...
00:06:04Il n'y a pas de mets qui tiennent.
00:06:05Si elle m'aimait vraiment,
00:06:07elle accepterait la volonté de Dieu.
00:06:10Mon père, j'ai parfaitement conscience des doutes
00:06:13qui habitent le frère Katfel et le père Prieur.
00:06:15Mais la vocation de Ruald n'est pas à remettre en question.
00:06:19Et il y a de nombreux précédents.
00:06:20Prenez le compte qui a fondé notre maison.
00:06:22Il a lui-même délaissé son épouse
00:06:24et pris l'habit avant de s'éteindre.
00:06:26Certes, mais seulement trois jours avant de s'éteindre,
00:06:29et son épouse y avait consenti.
00:06:31Ruald est libre, libre de choisir une autre voie.
00:06:33Mais tant que Dieu lui prêtera vie,
00:06:35la femme qui l'abandonnera n'aura point la liberté
00:06:37de prendre un autre époux.
00:06:38Et faut-il vous rappeler, frère Jérôme,
00:06:40que Ruald n'a pas le titre de compte ?
00:06:42Ce n'est qu'un potier.
00:06:43Mon père, ne croyez-vous pas que son entrée dans nos murs
00:06:46est une grâce un peu trop noble ?
00:06:48Un peu trop noble ?
00:06:49Pour un simple potier, voulez-vous dire ?
00:06:50Pardonnez-moi, père Prieur,
00:06:52mais je suis sûr que vous n'avez pas oublié Saint Hiltude.
00:06:54Bien qu'il eut une épouse,
00:06:55un ange lui demanda de la quitter.
00:06:56C'est de prendre les saints en exemple, mon frère.
00:06:58Mais je regrette, c'est un précédent sacré
00:06:59qui éclaire d'une lumière éclatante
00:07:01les devoirs que nous avons envers la jante féminine.
00:07:03Ruald est bon et c'est un honnête homme.
00:07:06La voie qu'il a choisie est pour lui source de souffrance
00:07:09et représente un véritable sacrifice.
00:07:12Il sera un bien fait pour notre maison.
00:07:22Fais le nécessaire.
00:07:23Oui, monseigneur.
00:07:24Frère Catraël.
00:07:25Bonjour.
00:07:26Frère Catraël.
00:07:26Ah, voici un bien beau cheval et un authentique guerrier.
00:07:29Oui, mais destiné à la ferme,
00:07:31non au champ de bataille.
00:07:32Mon fils aimerait être soldat.
00:07:34Ah, comme son père.
00:07:35Comme je l'ai été par le passé,
00:07:36quand c'était une noble tâche.
00:07:38N'avez-vous pas entendu la nouvelle ?
00:07:39Non, quelle nouvelle ?
00:07:40Pendant que le roi Étienne perd son temps à Londres,
00:07:43les rebelles gagnent de plus en plus de terrain.
00:07:44Qu'ils reperdront très vite.
00:07:46La guerre est un monstre qui se mord la queue
00:07:47et chaque décès est dépourvu de sens.
00:07:49Les rebelles détruisent tout sur leur chemin,
00:07:51les monastères comme les châteaux.
00:07:52Tout ce qui est au nord de la Tamise est en danger.
00:07:54Je refuse de tuer pour quelque cause que ce soit.
00:07:57Et pourtant, il faut résister.
00:07:58Peu importe comment, il te faut entendre les choses.
00:08:01Tant qu'Étienne n'amènera pas au nord une armée entière,
00:08:04toute résistance contre les rebelles
00:08:05sera synonyme de mort certaine.
00:08:09Puisse Dieu nous protéger de l'ordre des jeunes.
00:08:11Ainsi que des actes de bravoure vingt qui finissent en tuerie,
00:08:14j'aimerais aller voir votre dame.
00:08:16J'ai un nouveau médicament
00:08:18qui pourrait peut-être la soulager.
00:08:21Je suis votre obligé, frère Cadfael.
00:08:23Oh, ce n'est pas grand-chose.
00:08:25Juste quelques moments sans souffrir.
00:08:27Un répit est des plus appréciables.
00:08:32J'aurais pu ni à me plaindre
00:08:34et j'espère ne pas trop le faire.
00:08:39C'est une dame fort courageuse que vous avez.
00:08:42Oui, c'est exact.
00:08:44Elle est le courage incarné.
00:08:45Il me faut parler à ton père de toute urgence.
00:08:47Je t'en prie, Julienne,
00:08:48je ne peux m'attraper à personne d'autre.
00:08:50Oh, monsieur Yudon, pardonnez-moi.
00:08:53Dame Astola, j'ai besoin de vous.
00:08:56Aidez-moi, je vous en supplie.
00:08:58Il faut que vous empêchiez mon mari de prendre l'habit.
00:09:01Ruald est-il toujours décidé à devenir moine ?
00:09:04Oui.
00:09:06Regardez le saint frère qui lui donne de mauvais conseils,
00:09:08qui lui remplit le crâne de piété
00:09:10et l'entraîne loin de moi.
00:09:11Généris, vous savez que tout cela est faux.
00:09:13Pourtant, il ne me quitterait pas
00:09:14s'il n'y avait pas d'abbé à Shrewsbury
00:09:16et si vous et les vôtres n'existiez pas.
00:09:18Que puis-je faire pour vous ?
00:09:19Vous devez le raisonner, c'est votre tenancier.
00:09:21Oui, mais pas mon cerf, je n'ai pas de droit sur lui.
00:09:24L'église ne devrait pas en avoir non plus.
00:09:26Comme nous tous, Ruald appartient à Dieu.
00:09:28Pas à l'église et il ne sera jamais d'elle.
00:09:31Vous dérangez Dame Astola.
00:09:33Venez, allons dehors. Sortons.
00:09:34Je vous demande pardon, messieurs.
00:09:36Je suis profondément navré, je ne sais plus ce que je dois faire.
00:09:39Père, vous devriez parler à Ruald.
00:09:41S'il refuse d'écouter sa femme, je doute de pouvoir le faire fléchir.
00:09:44Mais qu'elle viendra-t-il de Généris ?
00:09:45Comment vivra-t-elle ?
00:09:46Qui subviendra à ses besoins ?
00:09:47Les moines ne vous laisseront pas mourir de faim.
00:09:50Quant à moi, je vous laisserai la maison aussi longtemps que vous le souhaiterez.
00:09:54Du pain et un toit.
00:09:56C'est tout ce que vous songez à me procurer.
00:09:58Du pain et un toit.
00:10:01Et mes autres besoins.
00:10:04Ruald et mon mari.
00:10:08Mon homme.
00:10:10Vous devez intervenir, mon frère.
00:10:12Dire au Père Abbé que Généris ne peut pas se retrouver à vivre seul.
00:10:15Ce serait malvenu de ma part de nier la vocation de Ruald.
00:10:19Il est sincère, ce n'est pas un caprice qu'il fait.
00:10:22Il a cherché la vérité dans son cœur, maintenant l'affaire est close.
00:10:25L'ennui, c'est qu'elle se finit par un péché.
00:10:38Frère Kalfaël, l'herboriste ?
00:10:39Mais oui, c'est moi.
00:10:41Bédon, la réponse à vos prières.
00:10:44Et colporteur ?
00:10:45Pourvoyeur de pilules, potions, lotions et porte-bonheur du monde de la lumière et du monde des ténèbres.
00:10:50Eh bien, je n'en utilise jamais.
00:10:52J'ai aussi des racines, des graines, des fleurs, des feuilles.
00:10:54J'ai vraiment tout ce qu'il vous faut.
00:10:55Merci, mais j'ai...
00:10:56Attendez, attendez, regardez !
00:10:58Voici l'huile la plus précieuse au monde.
00:11:00C'est du nard indien.
00:11:02Le contenu de cette petite fiole a servi à windre les pieds de notre sauveur.
00:11:06C'est bien mieux qu'une relique.
00:11:07Et pourquoi le symptôme que vous êtes résisterait-il à l'avoir sur ces étagères ?
00:11:10Parce que je suis sage.
00:11:12Vous êtes très terre-à-terre.
00:11:14C'est ce qui me plaît chez vous.
00:11:15Mais revenons aux réalités de la médecine.
00:11:17Gonhild, Gonhild !
00:11:19À la triste réalité de la souffrance, de la douleur.
00:11:22Voici une essence...
00:11:24Non, une quinte essence, tout à fait miraculeuse.
00:11:29Quelques gouttes de cette teinture apportent du soulagement.
00:11:35N'est-ce pas de la cigu ?
00:11:36Si, c'est de la cigu.
00:11:38Non, je vous la laisse.
00:11:40Et vous ne devriez pas avoir le droit d'en vendre.
00:11:42Je ne vends ce genre de marchandise qu'aux gens prudents.
00:11:44C'est de la folie.
00:11:45Ça peut tuer quelqu'un.
00:11:47À défaut de vouloir me remplir les poches, épargnez-moi au moins vos sermons.
00:11:51Vous ne voulez rien ?
00:11:51Je ne crois pas, non ?
00:11:53Bien le bonjour.
00:11:54Pilules, potions, lotion des quatre coins du monde.
00:11:57Approchez, jantes dames.
00:11:58Amenez-moi vos enfants ou vos animaux.
00:12:00J'ai des remèdes pour tout et pour tous.
00:12:14Il faut que j'y aille.
00:12:17Le père Abbé me l'a demandé.
00:12:21Généris, tu n'auras qu'à tout vendre.
00:12:23Tout est à toi.
00:12:25Même l'argent.
00:12:29Je suis désolé.
00:12:32Pardonne-moi.
00:12:46Excusez-moi, vous ne pouvez pas passer.
00:12:48C'est interdit.
00:12:50Revenez.
00:12:51Arrêtez.
00:12:53Je vous en prie, revenez.
00:12:54Ça ne peut pas être la volonté des lieux.
00:12:56Oh si, c'est sa volonté.
00:13:01Ce n'est pas mon désir.
00:13:03Je me sens attiré par une force irrésistible
00:13:06qui est plus forte que moi.
00:13:10Autrement crois-tu que je te quitterais ?
00:13:12Que je quitterais la chaleur de notre couche,
00:13:15de mon plein gré.
00:13:16Comment peux-tu croire une chose pareille ?
00:13:27Où est Hald ?
00:13:28Par pitié, va-t'en !
00:13:33Va-t'en, qu'on en file !
00:13:34Non !
00:13:35Vous n'avez rien à faire ici.
00:13:37Non !
00:13:40Non !
00:13:41Arrêtez, c'est inutile !
00:13:43Non !
00:13:43Quels des fous !
00:13:45Allez, ouste !
00:13:50Farme impie !
00:13:51Vous devriez vous réjouir
00:13:52que la volonté de Dieu
00:13:53se soit manifestée dans votre vie.
00:13:56Vous n'avez rien de chrétien !
00:14:00Généris, laisse-moi t'aider.
00:14:03Vous êtes tous des couards.
00:14:05Vous vous cachez derrière votre habit.
00:14:08Je ne t'abandonnerais jamais
00:14:09si j'étais ton mari.
00:14:11Pas même pour Dieu.
00:14:13Laisse-moi tranquille, Cylian.
00:14:15Tu n'es qu'un enfant.
00:14:17Et un enfant ne peut rien pour moi.
00:14:56Veuillez pardonner mon intrusion.
00:15:00Je vous ai apporté un peu d'argent
00:15:02et de quoi manger.
00:15:08Merci.
00:15:09Je ne l'ai pas fait pour vous offenser.
00:15:12Et je sais qu'il est inhabituel
00:15:13que le propriétaire des terres
00:15:14rende visite.
00:15:18Mais
00:15:19je voulais que vous sachiez
00:15:21que je comprends tout à fait
00:15:23le vide
00:15:25qui vient de se créer
00:15:26dans votre vie.
00:15:34Mon épouse est malade
00:15:35depuis de nombreuses années
00:15:38et sa maladie
00:15:39rend notre vie conjugale.
00:15:44Quand j'ai trouvé la maison vide,
00:15:45j'ai eu peur que vous nous ayez quittés.
00:15:49Je me suis rendue à l'habille.
00:15:53Je me suis infligée
00:15:54de cette humiliation.
00:16:31Je me suis rendue à l'habille.
00:16:50Je me suis rendue à l'habille.
00:17:15mon père.
00:17:19Le frère Ruald a l'air
00:17:20de bien s'adapter.
00:17:22C'est un modèle d'humilité.
00:17:24Il obéit aux règlements
00:17:25sans la moindre difficulté.
00:17:26S'il avait été détourné
00:17:27de notre maison,
00:17:28c'eût été dommage.
00:17:29Bien dommage.
00:17:30Mon père,
00:17:31pourrais-je me rendre
00:17:32au champ du potier ?
00:17:33Pourquoi ?
00:17:34Avez-vous des nouvelles
00:17:35de la femme de Ruald ?
00:17:36Non, non, non, non.
00:17:37Aucune nouvelle.
00:17:38Mais nous avons toujours besoin
00:17:40de poterie et de bol.
00:17:41Alors, je me suis dit
00:17:42que si elle en vendait encore...
00:17:44Les semaines ont beau passer,
00:17:45vous vous inquiétez pour elle.
00:17:46Je le reconnais.
00:17:47Je suis aussi inquiet que vous.
00:17:50Allez la voir,
00:17:50Catfael.
00:17:52Apportez-lui des provisions
00:17:53et une aumône.
00:18:15Généris.
00:18:21Généris ?
00:18:25Qui va là ?
00:18:26Que voulez-vous ?
00:18:28Oh, vous m'avez réveillé,
00:18:30mon frère.
00:18:31Et je vous connais.
00:18:32Et je te connais aussi.
00:18:34Tu es Peter, c'est ça ?
00:18:36Je t'ai soigné l'hiver dernier
00:18:37quand tu t'étais réfugié
00:18:38dans notre grange.
00:18:40Vos remèdes m'avaient fait grand bien.
00:18:42La femme qui habite ici,
00:18:44où est-elle ?
00:18:44Si vous parlez de la brune,
00:18:45elle est partie.
00:18:45Que dis-tu ?
00:18:46Vous croyez que je me serais
00:18:47installé ici autrement ?
00:18:48Je n'ai que ce que les gens
00:18:49veulent bien laisser.
00:18:50Quand est-elle partie ?
00:18:52Voilà trois jours,
00:18:53ou quatre, ou cinq.
00:18:54Elle a disparu.
00:18:55Les gens qui travaillent les terres
00:18:57autour d'ici
00:18:57disent qu'elle s'est sauvée
00:19:00avec son amant.
00:19:04Puisse Dieu vous prendre
00:19:05sous sa protection, mon fils,
00:19:08ainsi que le roi.
00:19:10Merci, mon père.
00:19:12Ça va être terrible.
00:19:13Il va encore y avoir
00:19:14une foule d'innocents tués.
00:19:19Messire, que se passe-t-il ?
00:19:21Le roi veut livrer
00:19:22bataille contre les rebelles.
00:19:23Mais il n'a point eu le temps
00:19:24de lever une armée.
00:19:26Pourquoi se battre maintenant ?
00:19:28Vous avez dit vous-même
00:19:28que c'est la mort certaine.
00:19:29Le roi est le roi.
00:19:32Et vous a-t-il fait appeler
00:19:33personnellement ?
00:19:35Mon père,
00:19:36puis-je vous demander
00:19:37de prier pour Dame Astola,
00:19:39qui se retrouvera seule
00:19:40en mon absence,
00:19:41puisque notre fils
00:19:42nous a déjà quittés ?
00:19:43Pour aller aussi
00:19:44livrer bataille ?
00:19:45Non, pour devenir moine.
00:19:46Il est entré dans un prioret
00:19:47bénédictin près de Cambridge.
00:19:49Mon père,
00:19:50pour vous remercier
00:19:50de vos prières,
00:19:51je vais offrir
00:19:51le chant du potier
00:19:52à votre abbaye.
00:19:54Faites-en
00:19:54ce que bon vous semble.
00:20:01Quatre-Fael,
00:20:02avez-vous vu l'épouse
00:20:03de Ruald ?
00:20:05Non, euh...
00:20:06Elle a disparu.
00:20:13La femme de frère Ruald
00:20:15n'avait-elle pas
00:20:15une chevelure aussi noire
00:20:16que celle-ci ?
00:20:19Frère Ruald,
00:20:21je ne saurais dire
00:20:23si c'est Généris.
00:20:25Mais je ne peux pas
00:20:26davantage dire
00:20:27que ce n'est pas elle.
00:20:28Vous ne pouvez pas
00:20:29ou vous ne voulez pas
00:20:30l'admettre ?
00:20:32Une femme ?
00:20:33Oui.
00:20:36Une femme...
00:20:36une femme adulte
00:20:38dans la fleur de la hage.
00:20:40Hum-hum.
00:20:43Mort il y a un an,
00:20:44selon vous ?
00:20:44Oui, environ un an.
00:20:46Au cas de Fael,
00:20:47vous connaissez
00:20:47l'identité de cette femme.
00:20:50Elle est la seule
00:20:51à avoir disparu
00:20:52il y a un an.
00:20:54Il ne peut s'agir
00:20:55que de Généris,
00:20:56l'épouse de Ruald
00:20:57qui est devenue moi
00:20:58maintenant.
00:20:59De nombreuses femmes
00:21:00ont des cheveux noirs.
00:21:02Nous n'avons aucune preuve.
00:21:03Nous n'avons rien
00:21:04retrouvé sur elle,
00:21:05pas de bijoux,
00:21:06pas même une bague.
00:21:07Généris portait une bague.
00:21:08Nous n'avons rien
00:21:09pour l'identifier.
00:21:11Rien d'intéressant
00:21:12dans ces pitoyables restes
00:21:13qui nous aident
00:21:14à découvrir
00:21:14qui ou comment
00:21:16ou pourquoi.
00:21:17Mais il y a ceci.
00:21:20Tout le monde
00:21:20vous le dira
00:21:21sans la moindre hésitation.
00:21:22Cette croix
00:21:23a été faite par Ruald.
00:21:24C'est son style.
00:21:25Mais ça ne veut pas dire
00:21:27qu'il l'ait tuée
00:21:28ou qu'elle ait été tuée.
00:21:29Elle ne porte
00:21:29aucune trace de violence,
00:21:31aucune trace de coups
00:21:32et blessures,
00:21:32aucun coup de couteau.
00:21:33Dans ce cas,
00:21:34ce serait-elle suicidée ?
00:21:35Ce serait-elle enterrée
00:21:36toute seule
00:21:37avec respect et honneur ?
00:21:40Où est Ruald ?
00:21:42Il est en prière
00:21:43et c'est très bien.
00:21:44Même si elle est morte
00:21:45sur les terres de l'abbaye,
00:21:46ça ne place pas son décès
00:21:47au-dessus de la loi
00:21:49ni la personne
00:21:50qui l'a tuée.
00:21:50S'il vous plaît,
00:21:52accordez un peu de temps
00:21:52à Ruald.
00:21:55Il y a d'autres possibilités
00:21:57à prendre en considération.
00:22:03Frère Catfael,
00:22:05quelle agréable surprise.
00:22:08Mais je ne vous ai point
00:22:09fait quérir.
00:22:10Vous ne devriez avoir
00:22:10nul besoin de le faire,
00:22:12pardonnez-moi.
00:22:12J'ai fait preuve
00:22:13d'une négligence impardonnable.
00:22:18mais maintenant
00:22:19que je suis là...
00:22:20Vous n'aimez guère
00:22:21ce que vous voyez.
00:22:23Ce qui me déplaît,
00:22:24c'est que vous avez l'air
00:22:25de souffrir atrocement.
00:22:31Vous n'avez pas pris
00:22:31une seule goutte
00:22:32du jus de pavot
00:22:34que je vous avais laissé.
00:22:34Pourquoi ?
00:22:39Est-ce que l'immense peine
00:22:40que vous a fait
00:22:41le départ de votre mari
00:22:42vous pousse
00:22:42à ne pas prendre soin de vous ?
00:22:45Il est mort
00:22:46comme les braves
00:22:47et je vois
00:22:48de quelle façon
00:22:49vous honorez sa mémoire.
00:22:50Mais il est grand temps
00:22:51que vous preniez soin de vous.
00:22:53Messire Yudo
00:22:54n'aurait sûrement pas apprécié
00:22:55de vous voir souffrir
00:22:56à ce point.
00:22:58Oh, madame,
00:22:59votre famille
00:23:00est bien étrange.
00:23:02Votre époux
00:23:03est allée au-devant
00:23:04d'une...
00:23:05d'une mort
00:23:06dénuée de sens.
00:23:07Votre fils
00:23:08s'est découvert
00:23:08une vocation
00:23:09qui me semble
00:23:09en totale opposition
00:23:10avec sa nature profonde.
00:23:12Quant à vous,
00:23:12vous aggravez
00:23:13vos interminables souffrances
00:23:14en refusant tout remède.
00:23:16Auriez-vous des nouvelles
00:23:17de Sulien ?
00:23:18De Sulien ?
00:23:20Je n'ai reçu
00:23:21aucune missive.
00:23:22Je ne sais rien
00:23:23ni sur lui
00:23:23ni sur la guerre.
00:23:24Je suis très isolée.
00:23:25Oh, si j'en crois
00:23:26ce que l'on m'a dit,
00:23:27il est toujours
00:23:27dans un prioré
00:23:28à Cambridge.
00:23:30Pour ce qui est
00:23:31de la guerre,
00:23:31les rebelles gagnent du terrain.
00:23:33Il paraîtrait
00:23:33qu'ils contrôleraient
00:23:34la majeure partie
00:23:35des faines.
00:23:36Est-ce que Cambridge
00:23:36serait menacée ?
00:23:40Oui,
00:23:40à ce qu'on dit.
00:23:42à ce qu'il y a.
00:24:00Perse-prie-ur !
00:24:01Perse-prie-ur !
00:24:03Perse-prie-ur !
00:24:10Perse-prie-ur !
00:24:11il faut nous échapper !
00:24:26C'est parti.
00:24:43Venez avec moi.
00:24:45Attends-nous.
00:25:05Courage.
00:25:42Sous-titrage ST' 501.
00:25:52Sous-titrage ST' 501.
00:25:57Mon frère, la lumière vient de la vérité et notre Seigneur voit dans nos cœurs.
00:26:05Soulagez le vôtre. Confessez-vous.
00:26:08Frère Jérôme, ce n'est ni l'heure ni le lieu.
00:26:13Maintenant que le potier a eu tout le temps de réfléchir, le Père Abbé entendra ce qu'il a à
00:26:18dire.
00:26:23Je ne lui voulais pas de mal.
00:26:26Pourtant, vous lui en avez fait.
00:26:29Oui.
00:26:30Oui, sans faire exprès, je l'ai privé du souffle de la vie.
00:26:33Et peu importe ce qu'il est advenu d'elle.
00:26:35Vous avez entendu.
00:26:37Il reconnaît qu'il est responsable et coupable de sa mort.
00:26:39Je l'ai privé du souffle de la vie.
00:26:41Ce sont ses propres paroles.
00:26:42Mais tenez-vous ce que vous avez dit.
00:26:44Vous ne comprenez pas.
00:26:46Je l'ai condamné le jour où je suis venu ici.
00:26:49Elle est morte et a été inhumée par vos soins, frère Ruald.
00:26:52N'aggravez pas ce péché mortel avec un faux témoignage.
00:26:56Prosternez-vous et reportez-vous.
00:26:58Mais comment frère Ruald aurait-il pu tuer sa femme alors qu'il est resté avec nous à l'abbaye
00:27:02constamment ?
00:27:03Non, il n'est pas resté constamment avec nous.
00:27:05Je me souviens qu'un jour, il a entrepris un voyage pour aller rendre visite à sa femme.
00:27:10Avec l'autorisation du père Abbé, bien entendu.
00:27:13Oui, c'est exact.
00:27:14Peu de temps après avoir été admis ici.
00:27:16Je l'ai accompagné.
00:27:18Ah, je vois.
00:27:18Tout à coup, vous vous êtes rappelé que vous aviez été témoin d'un meurtre.
00:27:21Réservez votre mépris à ceux qu'il mérite, je vous prie.
00:27:24Jérôme a accompagné Ruald-Auchamp.
00:27:25Puis il l'a laissé avec sa femme pour qu'il fasse la paix avec elle.
00:27:28A-t-il été hors de votre vue ?
00:27:30Une demi-heure.
00:27:31Assez longtemps pour qu'il la tue et qu'il l'enterre.
00:27:34Oh, s'il vous plaît.
00:27:35Mais parfaitement.
00:27:35Vous fondez votre accusation sur le fait que vous n'avez vu aucun crime de connu ?
00:27:39Je me borne à prouver que l'occasion s'est présentée.
00:27:41Il suffit.
00:27:42Frère Jérôme, vous avez largement exposé votre point de vue.
00:27:44Frère Catfael, vous allez parler avec Ruald afin d'établir autant que faire se peut sa culpabilité ou son innocence.
00:27:50Pardonnez-moi, mais la preuve...
00:27:51... n'est pas concluante.
00:27:53Pourtant, elle me semble accablante.
00:27:54Je reste seul, juge là-dessus.
00:27:56Si à l'avenir je l'estime nécessaire, Messire Beringer emmènera Frère Ruald loin de nous, mais pas avant.
00:28:21Je n'en peux plus.
00:28:27Là-bas, vous serez à l'abri.
00:28:29Allez, venez.
00:28:45Merci, mon fils.
00:29:00Ne bougez pas, mon père.
00:29:02Je vais chercher de l'aide.
00:29:03Ne fais confiance à personne.
00:29:05Pas ici.
00:29:06Nous serions trahis.
00:29:08Va uniquement dans une maison qui abrite nos frères.
00:29:13...
00:29:14...
00:29:55Oh, my God.
00:30:20Vous voyagez seul, mon frère, alors que l'époque est dangereuse et troublée ?
00:30:24Vous êtes seul aussi ?
00:30:25Mais un peu mieux préparé face à l'adversité.
00:30:28Où allez-vous donc ?
00:30:30À Shrewsbury.
00:30:32Vous n'y êtes pas encore.
00:30:34Et vous aurez du mal à y arriver, avec de telles ampoules aux pieds.
00:30:38Mais rassurez-vous, j'ai le remède à tous vos ennuis.
00:30:42Gras au ciel, je peux vous offrir le tout dernier flacon de mon baume du voyageur.
00:30:48Un mélange des plus heureux de consoude, de sannicle, de golterie et de grèce d'oie.
00:30:54Cette mixture aux savantes proportions est célèbre de par le monde.
00:30:58Grâce à elle, les armées avancent et les pèlerins finissent leur pèlerinage.
00:31:01Eh bien, je n'ai pas d'argent, mais...
00:31:04L'eau est gratuite, mon frère. J'espère qu'elle vous soignera.
00:31:09Je vous souhaite un bon voyage.
00:31:20Pourquoi m'avez-vous amené ici ?
00:31:23Pour essayer de découvrir la vérité.
00:31:36Combien de temps avez-vous été marié ?
00:31:39Dix ans. Enfin, plus, si Généris est toujours en vie.
00:31:43Avez-vous été heureux ?
00:31:44Oui, très.
00:31:46Elle était la meilleure femme qu'un homme puisse avoir.
00:31:49Elle vous était fidèle, alors ?
00:31:51Ah oui, jusqu'à ce que je manque à ma parole.
00:31:54Après ça, je n'en sais rien.
00:31:57Vous vous êtes connu comment ?
00:32:00Je ne l'ai jamais su.
00:32:03À une fois, au Pays de Galles, avant que je ne vienne ici.
00:32:07Elle était très pauvre et vraiment très belle.
00:32:11Je suis tombé amoureux d'elle.
00:32:13Vous n'avez pas eu d'enfant ?
00:32:16Non.
00:32:18Non, j'ai même voulu y voir un signe.
00:32:22Un signe de quel ordre ?
00:32:23C'était un bon mariage, mon frère, si vous voyez ce que je veux dire.
00:32:27Et je crois que lorsque Dieu ne nous accorde pas la grâce d'avoir des enfants,
00:32:30c'est parce qu'il a d'autres projets pour nous.
00:32:33Il m'a paru tellement évident que Dieu avait d'autres projets pour moi,
00:32:37qu'une fois à l'abbaye, ça a été comme revenir à la maison,
00:32:40en dépit de tout ce qui avait pu se passer.
00:32:45Mais maintenant…
00:32:48Ruald, est-ce que vous avez tué votre femme ?
00:32:51Non.
00:32:53L'avez-vous enterré dans le champ là-bas ?
00:32:56Non, mais…
00:32:58Quoi ?
00:32:59Et si jamais je me suis menti ?
00:33:02Lorsque j'ai laissé Généris face à son destin et suivi ma voix,
00:33:05peut-être que j'ai répondu à l'appel du diable, pas celui de Dieu.
00:33:22Que va-t-il advenir de moi ?
00:33:24Si Généris est mort, il n'y a rien qui vous relie à ce meurtre.
00:33:26Je crois qu'il voudrait mieux aller discuter à l'intérieur.
00:33:30Pas si vite, mes chers frères !
00:33:38Quel sort faut-il réserver à un homme qui abandonne sa femme
00:33:41pour l'amour de Dieu et après la tue ?
00:33:43Non, je n'ai pas tué ma femme.
00:33:46Allons le remettre au juge.
00:33:48Il ne se cache pas de la justice.
00:33:50Messire Dehringer sait qu'il est avec moi.
00:33:52Si on le laisse atteindre les grilles de l'abbaye,
00:33:54il sera perdu pour la justice.
00:33:56Qu'est-ce qu'on doit faire du potier ?
00:33:58Qu'est-ce qu'on doit faire de lui ?
00:34:00Il faut le pendre, le pendre, oui, le pendre !
00:34:04Le pendre, oui, pendons-les, pendons-les !
00:34:08Je n'ai pas tué Généris !
00:34:11Tu as mis ta croix dans sa tombe.
00:34:13Vas-tu le nier ?
00:34:14Cette croix, c'est la tienne pourtant !
00:34:16Oui, c'est ma croix !
00:34:17Oui, mais rien ne prouve qu'il l'a mise en terre.
00:34:21Est-ce qu'un assassin déposerait une croix
00:34:22sur la poitrine de sa victime ?
00:34:24Ou un pauvre herre ?
00:34:25Ou alors un vagabond ?
00:34:27Non !
00:34:27À votre avis !
00:34:28Mais un homme pieux, un homme de Dieu !
00:34:31Oui !
00:34:32Que va-t-on faire de lui ?
00:34:35Arrêtez !
00:34:36Vous êtes d'un tout fou, je suis innocent !
00:34:39Non !
00:34:40Qu'est-il ? Qu'est-ce qui se passe-t-il ?
00:34:43Je vous en prie, aidez-moi !
00:34:45Je suis innocent !
00:34:46Non ! Non !
00:34:48Arrêtez !
00:34:49Arrêtez !
00:34:52La femme de Ruald vit toujours !
00:34:56Généris n'est pas morte !
00:34:57Je l'ai vue il y a deux jours !
00:34:58Je l'ai rencontrée sur la route !
00:35:00Elle m'a confié cette bague
00:35:02pour que je la donne à Ruald !
00:35:04Il est innocent !
00:35:08Je ne vois aucune bonne raison de douter de ce qu'il a dit.
00:35:12Non.
00:35:13Vous avez vous-même reconnu que cette bague appartenait bien à Généris ?
00:35:18Celienne est un garçon honnête qui appartient à une bonne famille.
00:35:21À une bonne famille, certes, mais qui s'avère pour le moins étrange.
00:35:25Si Généris est toujours en vie,
00:35:27il va nous être facile de prouver l'innocence de Ruald,
00:35:30ce qui devrait vous réjouir.
00:35:31Si Généris est toujours en vie, qui est cette morte ?
00:35:33Cela mérite de n'avoir point découvert la moindre piste sur son identité,
00:35:37de savoir encore moins comment elle est morte ou pourquoi.
00:35:39Mais il se pourrait fort bien qu'il n'y ait ni comment ni pourquoi,
00:35:43qu'elle soit morte de mort naturelle.
00:35:45Tout le monde ne meurt pas assassiné, Catfail.
00:35:47Et il n'est pas rare que les défunts soient inhumés
00:35:49avec la déférence qu'ils méritent.
00:35:51Au contraire, et ce n'est en rien suspect.
00:35:53Excusez-moi, frère Catfail.
00:35:54Oui ?
00:35:55On a emmené frère Sulien à l'infirmerie afin qu'il se repose.
00:35:57Il ne pourra guère se reposer. Nous devons partir dès que possible.
00:36:00Dois-je remettre une couche d'ongan sur les pieds de frère Sulien ?
00:36:03Mais assurément.
00:36:05Vous comptez repartir avec Sulien ?
00:36:07Il le faut.
00:36:08Le prière Mortimer a grand besoin de mes médicaments.
00:36:11Ah non, non, non, non !
00:36:12Pas la moutarde, mon garçon.
00:36:15Prends de la béthoïne.
00:36:18La moutarde, c'est pour les furoncles.
00:36:20Au volant !
00:36:23Mon roi, c'est le volant !
00:36:28Il a réussi à filer !
00:36:31La charité, s'il vous plaît !
00:36:33N'auriez-vous pas une pièce pour un pauvre homme ?
00:36:36La charité !
00:36:39Vous êtes plus braves que moi, Catfail, de vous aventurer dans ce trou à rats.
00:36:43Les rats sont loin d'être tous mobs.
00:36:45Certes, mais ils sont tous nauséabonds.
00:36:48Voilà celui que je recherche. Venez vite.
00:36:53Adieu !
00:36:56Peter !
00:36:59Peter !
00:37:00Alors, Peter, la vie est-elle clémente avec toi ?
00:37:03Oh, elle m'a accordé de vivre encore un an, mais ce n'est pas grâce à votre charité.
00:37:08Tiens, j'ai une nouvelle préparation qui devrait t'apporter quelques soulagements.
00:37:13Du moins, un soulagement plus durable que ton brevet.
00:37:16Peut-être, mais à quel prix ?
00:37:17Elle est gratuite. Tout ce que je veux, c'est que tu te reportes un an en arrière.
00:37:22Tu te rappelles quand je t'ai trouvé dans cette maison ?
00:37:25Oui, de l'autre côté de la rivière, au champ du potier.
00:37:28Tu m'as bien dit que la femme brune qui vivait là-bas s'en était allée.
00:37:32Peu, Nenni, je vous ai dit ce que disaient les gens, mais je ne l'ai point vu de mes
00:37:36yeux.
00:37:36Peut-être as-tu vu quelqu'un d'autre ? Quelqu'un dans le champ ou... ou alors dans la
00:37:41maison ?
00:37:44Pourquoi ?
00:37:46Parce que si tu refuses de nous le dire, je vais faire éclater tes furoncles un par un avec ma
00:37:51dague.
00:37:52Ils prolifèrent, tes furoncles.
00:37:54Dans une semaine, tu en auras plein de visages.
00:37:56Et peu après, surtout le crâne.
00:38:00Mais si c'est ce que tu veux, vous croyez que c'est chrétien, tel marchandage ?
00:38:04Y avait-il quelqu'un d'autre dans la maison ?
00:38:06Ben oui, évidemment, je n'ai jamais eu de chance.
00:38:09Je n'ai jamais eu un toit à moi, alors que vous, vous en avez un au-dessus de votre
00:38:14tête avec un lit douillet et confortable.
00:38:17Tout comme le gentil frère dans son abbaye.
00:38:20Quelqu'un a partagé la maison avec toi ?
00:38:23C'est ça.
00:38:25Qui veut partager avec un gueux ?
00:38:26Personne.
00:38:28Non.
00:38:28Que s'est-il passé ?
00:38:30Ils m'ont jeté dehors.
00:38:32Qui donc ?
00:38:32Le colporteur et sa compagne.
00:38:35Tâche !
00:38:36Au lieu de me soulager, vous me torturez !
00:38:40Pourrais-tu nous le décrire, ce colporteur ?
00:38:42C'était un méchant.
00:38:43Un mauvais qui était aussi malin qu'un sage.
00:38:46Comment était-il ?
00:38:48Petit, avec des cheveux noirs, rabelés, mais surtout, il était mauvais comme la gale.
00:38:53Que vendait-il ?
00:38:54Des porte-bonheur, des potions, et sans doute, des baumes comme le vôtre, qui sont pires que les flammes de
00:38:58l'enfer.
00:38:59Je connais cet homme, il s'appelle Bédon.
00:39:01Elle, elle a été encore plus mal lotie d'après ce que j'ai entendu.
00:39:03Vas-y, explique-toi.
00:39:06Que veux-tu dire par là ?
00:39:08Que j'ai dormi tout près, dans l'espoir qu'il repartirait le lendemain.
00:39:13Et en pleine nuit, il y a eu de tels hurlements en provenance de la maison que ça m'a
00:39:17réveillé.
00:39:19C'était la voix de la fille.
00:39:21Elle hurlait comme si on l'égorgeait.
00:39:23Je ne me suis pas approché.
00:39:24Et le lendemain, que s'est-il passé ?
00:39:27La maison était vide quand j'ai osé jeter un oeil.
00:39:30Tu n'as pas vu le colporteur s'en aller ?
00:39:32Et sa compagne, l'as-tu vu partir ?
00:39:34Mais fais un effort, réfléchis.
00:39:38Je vais garder les flammes de l'enfer.
00:39:43Lui, depuis, je l'ai vu.
00:39:44Sur les routes.
00:39:46Mais je fais bien attention qu'il ne me voit pas.
00:39:48Et la fille ?
00:39:49Elle, je ne l'ai jamais revue.
00:39:51Une chose est claire.
00:39:53Elle s'est sauvée.
00:39:55Mais comment était-elle ? Je l'ai à peine aperçue.
00:39:59N'avait-elle pas les cheveux noirs ?
00:40:01Très noirs.
00:40:03Les yeux aussi.
00:40:05Je vais chercher le colporteur.
00:40:07Je vous laisse à vos devoirs.
00:40:15Dehors, tout le monde dehors.
00:40:17Retournez à vos tâches au lieu de vous chauffer.
00:40:19D'autant que l'oisiveté émerde tous les vis, vous le savez.
00:40:26Frère Huard.
00:40:28Vous pouvez rester un peu plus longtemps.
00:40:31Les soirées sont si fraîches.
00:40:34Merci, frère Prieur.
00:40:37Une bien fâcheuse aventure avec les villageois.
00:40:42Les petites gens ignorantes sont facilement induites en erreur.
00:40:46Apparemment, des gens moins ignorants ont porté les mêmes accusations.
00:40:50C'était une hypothèse, pas une accusation.
00:40:55Mais nous en sommes navrés, quoi qu'il en soit.
00:40:57Il vous faut comprendre qu'il y a une très lourde responsabilité qui repose sur mes épaules, frère Huard.
00:41:02Je dois veiller au bien-être spirituel de la maison.
00:41:04Il est de mon devoir de tout mettre en question, de ne pas me fier aux apparences.
00:41:09Les authentiques vocations sont rares.
00:41:12J'y ai douté, moi aussi, tout comme vous avez douté de moi.
00:41:16Maintenant que je sais que Généris est vivante et se porte bien, tout est très clair.
00:41:19C'est bien Dieu qui m'a appelé.
00:41:22Ma place est donc ici.
00:41:28J'ai rendu visite à votre mère, peu après que la dépouille de votre père a été ramenée de la
00:41:32guerre.
00:41:34Je voulais lui dire ce que nous avions trouvé dans le champ du potier, mais je ne pus m'y
00:41:38résoudre tant elle avait l'air frêle.
00:41:41Je craignais qu'un autre choc ne fût de trop pour elle.
00:41:44Ne l'avez-vous pas trouvé grandement changé après l'enterrement de votre père ?
00:41:48La douleur et la peine sont de lourds fardeaux.
00:41:50Certes, certes.
00:41:52Dernièrement, elle a été soumise à rude épreuve et s'y est ajoutée votre entrée dans les ordres aussi soudaine
00:41:57qu'inattendue.
00:41:58Je vous avoue que lorsque j'en ai été informé, j'ai été secoué et intrigué, moi aussi.
00:42:02Ne voulez-vous pas renoncer à votre vocation pour veiller quelque temps sur votre mère ?
00:42:06Non.
00:42:07Vous devez savoir qu'elle refuse tout ce qui allégerait ses souffrances.
00:42:11Elle aimait mon père et le chérissait.
00:42:13Est-ce donc tellement étrange d'atténuer une douleur par une autre ?
00:42:29Alors il paraît que je suis recherché pour meurtre ?
00:42:31Rien que ça, et sur vos dires qui plus est !
00:42:33Un ennemi !
00:42:34Poussez mes dires sur ceux de messire Behringer.
00:42:36Behringer, c'est vous qui lui dites qui arrêtez tout mon assail.
00:42:39C'est bon, Julien, il suffit.
00:42:40Ce bougre vous aura tué, mon frère.
00:42:42Il ne l'a pas fait, alors il suffit.
00:42:46Le corps d'une femme a été retrouvé dans le champ du potier.
00:42:49Où il reposait depuis un an ?
00:42:50Oui, j'en ai entendu parler.
00:42:52Et où étiez-vous il y a un an ?
00:42:53J'y étais, oui, mon frère.
00:42:54Et avec ma compagne aux cheveux noirs.
00:42:57Et alors ?
00:42:58Alors les fées parlent tout seuls.
00:42:59Ah oui ?
00:43:01Pour que ce soit son cadavre, il faudrait que je l'aie tuée, non ?
00:43:05Gounil !
00:43:07Comme vous pouvez le constater, elle est bien vivante.
00:43:13La preuve.
00:43:15La voilà.
00:43:17Allez, parle-leur, Gounil.
00:43:20Mais qu'est-ce que je dois dire ?
00:43:21Eh bien, mais que tu es heureuse et que tu vas bien.
00:43:24Je suis heureuse et je vais bien.
00:43:26Elle disparaît de temps en temps, mais je la retrouve toujours.
00:43:29La vérité, c'est qu'elle a besoin de moi.
00:43:31Je m'arrange pour la nourrir et la protéger.
00:43:34Dis-leur que c'est vrai.
00:43:35Allez.
00:43:36C'est vrai.
00:43:37Vous devez donner le nom d'une autre femme à votre cadavre, mon frère.
00:43:41Celui de ma compagne n'est pas le bon.
00:43:47Vous n'avez pas à vivre de la sorte.
00:43:49Ma mère vit tout près d'ici.
00:43:50Si vous pouvez vous échapper, elle vous protégeera.
00:43:52Gounil !
00:43:54Allez au manoir des Blounts sans plus tarder.
00:43:56Dites que c'est moi qui vous envoie.
00:43:57Je m'appelle Sulien.
00:44:11Nous approchons, semble-t-il.
00:44:12Oui, nous approchons.
00:44:15Ne trouvez-vous pas cela étrange, Sulien ?
00:44:17Nous savons maintenant que la compagne du colporteur est bien vivante,
00:44:20tout comme Généris, d'après ce que vous nous avez dit.
00:44:24Voulez-vous en venir ?
00:44:25Eh bien au fait que le cadavre exhumé appartient à une autre femme aux cheveux noirs.
00:44:29N'est-ce pas là une coïncidence extraordinaire ?
00:44:32Que trois femmes aux cheveux de j'ai effoulaient le sol du même petit champ.
00:44:39C'est par là.
00:44:45Père Prieur.
00:44:53Mon père.
00:44:57Aidez-moi à le soulever.
00:45:02Donnez-moi l'eau.
00:45:10Il faut faire du feu.
00:45:12Cela nous fera repérer.
00:45:13Nous allons courir le risque.
00:45:14Entendu.
00:45:15Nous ne pouvons pas le transporter.
00:45:17Il est bien trop faible.
00:45:35Frère Sulien, monte-t-il la garde ?
00:45:38Euh oui.
00:45:39Oui, je lui fais confiance.
00:45:40Il a du sang de soldat dans les veines.
00:45:42J'en suis fort aise.
00:45:43Il m'a sauvé la vie, le saviez-vous.
00:45:45Non, non, il n'est pas homme à s'en vanter.
00:45:47Mais ça ne me surprend guère.
00:45:50Puis-je vous parler franc ?
00:45:53Cela m'a grandement étonné lorsqu'il a choisi la vie monastique.
00:45:57Eh bien, c'est un jeune homme au tempérament explosif.
00:46:01Et de ce fait, il éprouve quelques difficultés à se fondre dans le moule qu'impose notre règle.
00:46:05Donc, vous aussi, vous doutez de sa vocation ?
00:46:07Absolument.
00:46:08Absolument.
00:46:08Mais c'est en cela que le noviciat a du bon.
00:46:10C'est le stade du doute.
00:46:13S'il devient vraiment évident qu'un novice n'est plus fait pour être soldat ou pour se marier,
00:46:19qu'il en soit ainsi.
00:46:21Mais laissons-le en prendre conscience tout seul.
00:46:24Et retourner d'où il est venu, sans préjudice pour personne.
00:46:27Est-ce devenu évident pour Sulien ?
00:46:33Pourquoi a-t-elle intérêt ?
00:46:35Avez-vous déjà vu cela ?
00:46:42Si fait, je l'ai déjà vu.
00:46:44Sulien l'avait en sa possession.
00:46:46Il la cachait et croyait son secret bien gardé.
00:46:50Mais jusqu'ici, sans que je le veuille expoissément,
00:46:53nul n'a pu avoir de secret pour moi.
00:47:04Ah, vous voilà enfin de retour.
00:47:09Frère Sulien, quelle joie de vous revoir parmi nous.
00:47:12Merci de votre accueil.
00:47:13Frère Catfael, vous êtes sains et saufs, Dieu soit loué.
00:47:15Et le prieur ?
00:47:16Oh, il est indestructible.
00:47:18Il a même survécu à mes soins.
00:47:19Mais il doit se reposer maintenant.
00:47:21Tout comme vous, mon frère.
00:47:22Le père abbé voudra sûrement le récit de votre équipé.
00:47:24Récit que j'irai lui faire, un cesse à moi.
00:47:27Sulien, voulez-vous m'accompagner ?
00:47:28À plus tard.
00:47:46Je vous en prie, asseyez-vous.
00:47:48Reposez-vous quelques instants.
00:47:49C'est ici que vous travaillez ?
00:47:51Ici que vous concoctez toutes vos potions et vos bombes ?
00:47:56Oui, c'est exact.
00:47:59Buvez.
00:48:00Merci.
00:48:01C'est également ici que je médite et que je cogite.
00:48:05Et il y a quelque chose qui me laisse perplexe.
00:48:08C'est cette bague.
00:48:09Celle que vous avez donnée à Ruald pour prouver que sa femme est toujours en vie.
00:48:13Oui.
00:48:13Si je ne m'abuse, vous nous avez dit que...
00:48:15que Généris vous l'a donnée le jour où vous l'avez rencontrée alors que vous faisiez route vers l
00:48:19'abbaye.
00:48:20C'est cela ?
00:48:21Mmh.
00:48:22Et c'est un gros mensonge.
00:48:24Ça faisait six mois que vous aviez cette bague.
00:48:27Vous la portiez sous votre habit.
00:48:29Le prieur Mortimer me l'a confirmée.
00:48:34Pourquoi avoir menti ?
00:48:39Étais-ce pour aider Ruald ?
00:48:41Cherchez-vous à le protéger ?
00:48:44Ruald est innocent.
00:48:46Comment le savez-vous ?
00:48:53C'est le corps de Généris que nous avons découvert, n'est-ce pas ?
00:48:56Donc si Ruald est innocent, mais si Généris est décédé, qui l'a tué ?
00:49:03Votre silence ne va aider personne, Sulien.
00:49:07Parce que je crois que personne ne sera condamné pour ce crime.
00:49:15Dites-moi la vérité au sujet de cette bague.
00:49:18Généris m'a donné cette bague.
00:49:19Que naine-nil ne vous l'a point donnée, Sulien.
00:49:22Vous ne l'aviez que depuis six mois.
00:49:24Généris est morte il y a un an.
00:49:26Votre père est parti guerroyer il y a un an.
00:49:27Et vous avez voulu devenir moine il y a un an.
00:49:29Alors comment avez-vous eu cette bague il y a six mois ?
00:49:33Parce qu'il y a six mois, la dépouille de votre père a été ramenée du champ de bataille.
00:49:37Vous l'avez reconnue parmi ses effets et vous l'avez retirée.
00:49:41Après ses funérailles, vous l'avez emportée à Cambridge.
00:49:44Afin d'épargner la douloureuse vérité à votre mère.
00:49:48Quelle vérité ?
00:49:49Que son époux, votre père, avait pris Généris pour maîtresse.
00:49:56Et l'avait ensuite tuée.
00:50:00Yudo aurait assassiné Généris ?
00:50:02Oui, ça n'a rien d'étonnant qu'il ait pu être attiré par elle et qu'il soit devenu
00:50:06amant.
00:50:06Je vous le concède.
00:50:08Mais dans ce cas, pourquoi l'aurait-il tuée ?
00:50:10Peut-être parce qu'elle refusait de garder le secret de cette liaison.
00:50:14Peut-être que ça a été un accident, mais je suis sûr que Yudo a causé sa mort.
00:50:18Et après l'avoir enterré, il serait parti à la guerre ?
00:50:21Exactement.
00:50:22En portant son secret avec lui dans la tombe.
00:50:25Et Sulien ?
00:50:26Oh, Sulien a dû voir ce qui s'est passé, vous connaissez déjà la vérité.
00:50:30C'est ce qu'il dit ?
00:50:31Non, il ne dit rien.
00:50:32Mais son silence n'en est que plus éloquent.
00:50:35Et c'est là votre preuve ?
00:50:36Êtes-vous fou, Catfail ? Dans votre désespoir, vous accusez un mort.
00:50:40Comme d'aucuns ont accusé Ruald.
00:50:41Quandiez-vous préféré que le cadavre ne fût point exhumé ?
00:50:45Généris a été abandonné une fois.
00:50:47Il serait malvenu de l'abandonner de nouveau.
00:50:49Allez donc voir Sulien, allez lui parler.
00:50:57Sulien.
00:51:05Le frère Catfail m'a dit qu'il croyait avoir résolu le mystère de la bague.
00:51:10Et par conséquent, celui du champ du potier.
00:51:13J'ai des informations de la plus haute importance.
00:51:15Le contraire serait tout à fait inconcevable.
00:51:17Si jamais vous interrogez ce jeune homme au sujet du corps déterré, ce sera très pertinent.
00:51:22Il y a un an, lorsque la fameuse Généris est entrée dans l'abbaye de Force et qu'elle a
00:51:26été expulsée...
00:51:26Par vos soins, frère Jérôme.
00:51:28Par moi, oui.
00:51:29Lui, il attendait devant la porte, avec des paroles de réconfort.
00:51:33Seulement elle l'a rejetée, brutalement.
00:51:36Et j'ai vu son regard s'emplir d'une telle souffrance et d'une telle colère que je n
00:51:40'ai jamais pu l'oublier.
00:51:41Et c'est ce regard que je vois devant moi maintenant.
00:51:44Un regard brûlant.
00:51:46Je ne prétends pas connaître la nature des choses et des gens, mais en tout cas, une chose est sûre.
00:51:52Sulien a suivi et frappé cette femme dans un accès de rage et d'humiliation.
00:51:56Ensuite, il est entré dans les ordres pour échapper à la justice.
00:51:59Ou pour faire peut-être pénitence.
00:52:01L'épisode de Ruald démontre de façon explicite qu'il existe du bon, même chez le pire d'entre nous.
00:52:10Sulien ?
00:52:13Frère Jérôme a raison.
00:52:15J'ai aimé Généris, avec passion, mais elle s'est moquée de moi.
00:52:20Elle m'a renvoyé comme un jouvenceau.
00:52:23Mais je n'en suis plus un.
00:52:27Alors je l'ai tué.
00:52:28Et j'ai mis son corps en terre dans le champ du potier.
00:52:33Qu'en dites-vous ?
00:52:34Si ce n'est pas Goudou, cela ne peut être Sulien.
00:52:36Simplement parce que Jérôme dit que c'est lui.
00:52:40Allez, mon garçon.
00:53:00Mon frère...
00:53:03Ça m'a rassuré de croire Sulien.
00:53:09Mais si ce qu'on dit est vrai,
00:53:13c'est pour me sauver qu'il a menti.
00:53:16Et Généris est morte.
00:53:19Si elle est morte, ce n'est en rien de votre fait.
00:53:22C'est Dieu qui vous a arraché à elle.
00:53:26Je connais des hommes qui ont brisé des cœurs de femmes
00:53:29pour des raisons moins élevées.
00:53:33Mais il me faut vous dire que Sulien a avoué avoir tué Généris.
00:53:37Il affirme l'avoir tué parce qu'il l'aimait.
00:53:39Non comme un fils aime sa mère,
00:53:41mais comme un homme aime une femme qu'il ne peut avoir.
00:53:44Non !
00:53:46Sulien ne lui aurait jamais fait de mal.
00:53:49Quand il était petit, son cœur saignait
00:53:50à la vue des souffrances de Damastola.
00:53:52Aussi venait-il chez nous chercher du réconfort.
00:53:55Et Généris était une mère pour lui.
00:53:57Eh bien dans ce cas,
00:53:58s'elle ne doit pas être pendue pour un crime qu'il n'a pas commis,
00:54:01il vous faudra m'aider.
00:54:03J'ai fouillé tous les recoins de votre maison.
00:54:05L'ennui, c'est que je n'y ai vraiment rien trouvé.
00:54:07Et ça me chagrine.
00:54:09Car je sais par expérience que là-bas,
00:54:11quelque part, il y a forcément un indice.
00:54:14Et que je suis passé à côté.
00:54:16Un indice qui pourrait désigner le meurtrier ?
00:54:21Il y a quelque chose qui peut vous indiquer
00:54:24si Généris est partie de son plein gré
00:54:26ou si elle a été assassinée.
00:54:27Oh Dieu, fais qu'elle soit partie.
00:54:28Quelque chose que je n'aurais pas trouvé.
00:54:30Nos économies.
00:54:32Si elle est partie seule ou avec son amant,
00:54:34elle les aura forcément emportées.
00:54:35En revanche, si elle a été tuée,
00:54:37vous les y trouverez.
00:54:38Où ça ?
00:54:38Elles étaient cachées sous une pierre.
00:54:41Si je n'indique pas cette cachette,
00:54:43je défie quiconque de la trouver.
00:54:51C'est parti.
00:55:28Si vous en prenez une noisette ici deux fois par jour ou frottez sous le nez et sur la gorge,
00:55:32vous aurez d'excellents résultats.
00:55:33Merci beaucoup.
00:55:34Merci à vous.
00:55:35Benone, frère Catfael, il n'y a pas de jeune fraluc avec vous ce matin ?
00:55:39Reconnaissez-vous ceci ?
00:55:40C'est une fiole de verre, mon frère. Ça m'étonne que vous ne l'ayez pas trouvé tout seul.
00:55:43Vous ventez des fioles comme celle-ci ?
00:55:44J'en vois au moins que je ne le voudrais.
00:55:46Il y a un an, vous avez essayé de m'en vendre une avec de la ciguë. Combien en avez
00:55:50-vous vendu depuis ?
00:55:53Répondez !
00:55:53Une seule.
00:55:55Qu'est-ce que vous ?
00:56:01J'ai besoin de m'entretenir avec lui.
00:56:08Votre vœu a été exaucé. Vous voici traité en coupable et enfermé.
00:56:13J'ai vu que vous aviez laissé votre bure dehors.
00:56:16Oui, car si l'on me penche, je m'en voudrais de déshonorer les bénédictins et l'église.
00:56:19Avez-vous songé à votre famille ?
00:56:22J'ai déjà tout avoué.
00:56:24Il n'y a donc nul besoin que ce soit de notoriété publique qu'il y ait un procès et
00:56:27que ma mère en soit informée.
00:56:29Si Messire Béringer accède à ma requête et se débarrasse de moi sans délai,
00:56:33elle croira comme tout le monde que j'ai disparu derrière les murs d'un cloître à tout jamais.
00:56:36Mais dites-moi la vérité au sujet de la bague.
00:56:40Vous avez vu juste. Je l'ai retiré des affaires de mon père, pas pour épargner ma mère, disons, plutôt
00:56:45que je voulais un souvenir.
00:56:46Parce que vous aimiez Généris ?
00:56:48Oui.
00:56:51Mais vous ne l'avez point tué.
00:56:52Si, je l'ai tué.
00:56:54Votre père a-t-il eu connaissance de votre crime ?
00:56:58En a-t-il été témoin ? Vous en êtes-vous confessé auprès de lui ?
00:57:02Non.
00:57:03Non, mais il l'a forcément su.
00:57:05Autrement, à quoi rimeraient ce double sacrifice ? Le vôtre et le sien ?
00:57:09Si ce n'est pas la honte qui l'a entraîné vers la mort, qu'est-ce que c'est
00:57:12?
00:57:12Et pourquoi avoir donné le champ du potier ?
00:57:15Comment l'avez-vous tué ?
00:57:18Je l'ai poignardé dans le cœur avec un couteau que j'ai trouvé sur la table.
00:57:22Ah non.
00:57:23Ce n'est pas d'un coup de couteau qu'elle est morte.
00:57:25Et j'ai fait preuve d'une grande sottise.
00:57:27Je n'ai vu chez le colporteur que sa compagne à la noire chevelure,
00:57:31et j'ai totalement fait abstraction de ce qu'ils vendaient.
00:57:34Je vais chercher votre robe.
00:57:44Mère.
00:57:48Suleyenne.
00:57:51Suleyenne.
00:57:56Vas-tu bien ?
00:57:57Oui, Mère.
00:58:00Frère Catfael.
00:58:01Pardonnez-nous, Damastola, mais nous devons vous parler.
00:58:06Vous ne prenez toujours rien pour soulager vos douleurs ?
00:58:09J'ai décidé d'accepter toutes les souffrances que Dieu m'envoie.
00:58:13En retour, je les offre à Dieu en attendant ma dernière heure.
00:58:18C'est ma façon d'expier la vie de pécheresse que j'ai menée.
00:58:21Eh bien, j'admire votre courage.
00:58:23J'ai peur de nourrir de sérieux doutes sur la doctrine de la souffrance.
00:58:26Vos doutes ne sont point les miens.
00:58:31Voilà, quand je vous ai rendu visite l'autre jour,
00:58:34j'avais des nouvelles que je n'ai pas eu le cœur de vous donner.
00:58:39Mais aujourd'hui, je ne peux reculer.
00:58:42Nous avons trouvé un corps,
00:58:44le corps d'une femme que le laboureur a fait remonter à la surface
00:58:47par le plus grand des hasards,
00:58:48et qui gisait sous une langue de terre dans le champ du potier.
00:58:53Tout me porte à croire qu'il s'agit de Généris, la femme du potier.
00:58:57Votre fils a avoué qu'il en était le meurtrier.
00:59:00Il a prétendu l'avoir poignardée, mais je doute fort que ce soit vrai.
00:59:04Je crois plutôt qu'elle a été empoisonnée.
00:59:08Le poison n'est pas l'arme de la colère, du coup de tête.
00:59:13Le poison nécessite une réflexion.
00:59:15Il va de pair avec l'après-méditation.
00:59:18Il a l'avantage de ne requérir aucune force physique.
00:59:28Est-ce que...
00:59:31Vous reconnaissez cette bague ?
00:59:35Oui, je l'ai déjà vue.
00:59:40Pourrais-je savoir où ?
00:59:43Elle était au doigt de Généris.
00:59:48Croyez-vous possible qu'elle ait pu offrir sa bague à quelqu'un d'autre ?
00:59:56Si vous pensez à mon époux, parlez franc.
01:00:00Vous êtes ici afin de confronter une femme jalouse ?
01:00:04Une meurtrière ?
01:00:11Le colporteur vous a vendu cette fiole, n'est-ce pas ?
01:00:20C'est exact.
01:00:23Non.
01:00:25Oh, chute, mon fils, écoute la vérité.
01:00:31Je jure devant Dieu que j'aurais voulu en faire un tout autre usage.
01:00:39Vous avez pris mon mari pour amant.
01:00:42Non, madame, vous faites erreur.
01:00:45C'est lui qui m'a choisi.
01:00:46Je ne vous aurai jamais volé votre époux.
01:00:49Rien de ce qui s'est passé entre nous n'a été malhonnête.
01:00:53Je n'ai pas cherché à le séduire.
01:00:55J'espère que vous lui avez apporté un peu de réconfort.
01:00:58Et qu'il vous en a apporté, puisque Ruald a décidé de prendre l'habit.
01:01:06Je ne suis point venue pour vous livrer bataille.
01:01:10Ni même pour vous blâmer.
01:01:13Mon corps a cessé de me servir loyalement.
01:01:16Il y a longtemps qu'il n'est plus agréable à mon époux.
01:01:20Il a de l'affection pour vous.
01:01:22De l'affection ?
01:01:25L'affection, c'est pour les enfants et les vieilles femmes.
01:01:29Yudo a partagé ma couche pendant plus de vingt ans.
01:01:33Je sais que c'est une situation délicate.
01:01:36Mais je ne peux ni ne veux partager Yudo avec vous.
01:01:39Je crois que vous me comprenez.
01:01:42Oui.
01:01:45À votre place, je réagirai de la même façon.
01:01:47Mais lui et moi avons la même fin, le même vide à combler.
01:01:50C'est affreusement douloureux.
01:01:52C'est loin d'être aussi simple.
01:01:53Car même si j'acceptais de garder le silence et d'être volontairement aveugle,
01:01:57les choses ne sauraient continuer de la sorte.
01:02:01Yudo est un homme d'honneur.
01:02:03Sa mauvaise conscience diluerait ce qu'il ressent envers vous.
01:02:07Il serait tiraillé.
01:02:09Et tout sauf heureux.
01:02:11Votre amour finirait par se flétrir, comme mon corps.
01:02:18Je vous ai toujours considérée comme une femme forte, de caractère,
01:02:22dont l'âme est passionnée.
01:02:27Jusqu'où va votre détermination ?
01:02:30Votre désir ?
01:02:42Votre courage.
01:02:53Qu'est-ce que c'est ?
01:02:57De la ciguë.
01:03:01Généris, vous ne pourrez point l'avoir de mon vivant.
01:03:04Je n'y consentirai jamais.
01:03:06Il nous faut résoudre la question.
01:03:09Faisons le nécessaire pour que l'une de nous puisse être libérée par la mort.
01:03:18Oserez-vous courir le risque de tout perdre ?
01:03:22Moi, je ne risque rien.
01:03:25Sauf ma vie.
01:03:27Ou plutôt ce que Dieu et l'Église ont bien voulu m'en laisser.
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01:08:35Je ne vous blâme point pour ce que vous avez fait et vous ne devez point me blâmer.
01:08:42Vous n'avez pas pu me rester fidèle, mais c'est fini.
01:08:48J'ai tenu à faire un pari et je l'ai perdu.
01:08:59Allez voir, Généris.
01:09:03Allez-y.
01:09:06Vite !
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01:11:41Si notre brave laboureur avait légèrement contourné les arbres.
01:11:48Yudo n'aurait jamais dû vous offrir ce terrain.
01:11:51Mais le gardé était bien au-dessus de ses forces.
01:11:54Il ne savait pas anticiper et il le reconnaissait.
01:11:59Et alors qu'il aurait été juste que ce soit moi qui trouve la mort,
01:12:03je l'aurais survécu à tous les deux.
01:12:09J'honore la mémoire de Généris de la seule façon possible.
01:12:15Avec mes souffrances.
01:12:28Merci d'être intervenu auprès de l'abbé.
01:12:33Je ne saurais jamais comment Généris est morte.
01:12:39Mais ça me console qu'elle dorme de son dernier sommeil en terre consacrée.
01:12:44Lui offrir un coin de notre cimetière me semblait le moins que nous puissions faire.
01:12:48Vous avez choisi de suivre votre voie.
01:12:51Vous ne pouvez pas vous dérober maintenant.
01:12:54Croire est un début, certainement pas une fin.
01:13:00Écoutez, je sais que vous vous êtes souvent reconnus en moi.
01:13:03Moi aussi, jadis, j'ai laissé une femme qui m'aimait.
01:13:06Pas une épouse, une maîtresse.
01:13:10Il y a quarante ans de ça.
01:13:13Mais je n'étais pas attiré par Dieu.
01:13:15J'étais attiré par l'aventure et je lui ai promis de revenir.
01:13:22Et j'ai failli à ma promesse.
01:13:26La mauvaise conscience, les remords, les regrets.
01:13:30Son autre lot à tous, c'est un fardeau.
01:13:36Avec lequel il nous faut vivre.
01:13:45C'est un fardeau.
01:14:09C'est un fardeau.
01:14:40C'est un fardeau.
01:15:09C'est un fardeau.
01:15:11Merci.
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