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  • il y a 6 heures
Ce mardi 12 mai, dans sa chronique, Annalisa Cappellini est revenue sur le discours du Premier ministre britannique Keir Starmer après sa défaite aux élections locales, alors qu’il tente de jouer sa dernière carte sur l'Europe. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Erwan Morice sur BFM Business.

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Transcription
00:00Annalisa Capellini, le Premier ministre britannique Keir Starmer est dans la tourmente
00:03après la cuisante défaite de son parti aux élections locales.
00:07Hier, il a prononcé un discours pour essayer de sauver sa place.
00:11Il a joué sa dernière carte, l'Europe.
00:13Oui, c'était impensable il y a encore dix ans, en pleine période Brexit,
00:16quand le discours orophobe arrivait à se dire encore les Britanniques.
00:19Pourtant, aujourd'hui, l'Europe est plutôt en argument de vente.
00:22Écoutez ce qu'il disait hier.
00:25Au prochain sommet de l'Union européenne,
00:27je fixerai une nouvelle direction pour le Royaume-Uni.
00:30Le dernier gouvernement s'est défini par la rupture de notre relation avec l'Europe.
00:33Ce gouvernement travailliste se distinguera par sa volonté de reconstruire nos relations
00:37et de mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe,
00:40afin que nous soyons plus forts sur le plan économique,
00:43plus forts en matière de commerce, plus forts en matière de défense.
00:46Vous pouvez en être sûr.
00:49Et voilà que l'Europe est devenue un argument de vente.
00:51En réalité, c'est assez naturel, parce que le parti qui a percé pendant ces élections locales,
00:56qui ont été perdues, vous l'avez dit largement, par le parti travailliste,
00:59c'est Reform UK.
01:01C'est le parti de Nigel Farage qui est, lui, largement eurosceptique.
01:04Donc, Keir Starmer n'a pas d'autre choix que d'essayer de proposer une autre vision pour le Royaume
01:09-Uni.
01:09Une vision qui, d'ailleurs, est de plus en plus partagée par les Britanniques.
01:13Aujourd'hui, les sondages nous montrent qu'une majorité de Britanniques,
01:15à peu près 60%, pensent que le Brexit était une erreur.
01:19Le risque, là, c'est plutôt l'inverse.
01:21C'est plutôt de paraître trop timide.
01:23C'est plutôt de manquer d'audace.
01:24Lui-même l'a dit, Keir Starmer, hier.
01:26Les changements progressifs ne suffiront pas.
01:29En réalité, c'est un peu le moment,
01:30puisqu'on peut reconnaître que le Brexit a été un échec sur tous les plans.
01:34Le plan économique, le plan commercial, sur l'immigration.
01:37Donc, la vraie rupture serait plutôt de proposer un vrai rapprochement avec l'Europe.
01:40Un rapprochement franc, concret.
01:42Alors, si ce n'est pas réintégrer totalement l'Union européenne,
01:45ça serait plutôt réintégrer le marché unique, réintégrer l'union douanière.
01:48Là, le risque pour Keir Starmer, c'est de présenter aux Britanniques un rapprochement avec Bruxelles
01:53qui a tous les côtés négatifs, toutes les contraintes et aucun retour positif, finalement.
01:58Bon, mais est-ce que parler d'Europe va suffire à sauver la peau de Keir Starmer ?
02:02Peut-être pas, parce que la situation est vraiment délicate.
02:05Vous l'avez dit, les élections locales ont été catastrophiques pour le parti travailliste en général.
02:09Mais en particulier, c'est vraiment Keir Starmer qui est en difficulté.
02:13Il est dans la tourmente depuis des mois à cause de l'affaire Peter Mandelson.
02:17Mandelson, ce travailliste que Keir Starmer a choisi pour devenir ambassadeur à Washington,
02:22malgré ses liens avec Jeffrey Epstein.
02:24Donc, la polémique monte depuis des mois à Londres.
02:26Et puis, Keir Starmer a été malmené par Donald Trump,
02:29qui considère que les Britanniques n'ont pas été assez coopératifs pour son conflit en Iran.
02:34Sauf que lui, à la différence de certains de ses homologues européens,
02:37je pense notamment à Pedro Sanchez, à Georgia Meloni,
02:39n'a pas vraiment su réagir à toutes les attaques de Donald Trump.
02:43Et Annalisa, au Royaume-Uni, personne ne semble vraiment croire que Keir Starmer puisse passer la semaine.
02:46Non, même au sein de son parti, c'est ça qui est assez dramatique.
02:49Il y a au moins 70 députés travaillistes qui l'ont appelé à démissionner,
02:52ou au moins à fixer une date pour sa sortie du gouvernement.
02:56Il y a la possibilité d'une motion de défiance.
02:58Selon les statuts du parti, il faudrait 20% des parlementaires travaillistes,
03:02donc 80 députés.
03:03Je vous dis, il y en a au moins 70 qui l'ont appelé à démissionner,
03:06donc c'est techniquement possible.
03:08Mais ça serait une première historique pour les bourses.
03:10Ça n'est jamais arrivé.
03:11Ce qui est plus probable, en revanche, c'est qu'on lui force la main pour démissionner.
03:15Et il y en a, évidemment, déjà certains qui préparent la suite.
03:18La presse britannique est remplie des portraits des futurs possibles premiers ministres.
03:23Vous allez en entendre plusieurs qui circulent.
03:25Il y a Andy Burnham, qui est le maire du Grand Manchester,
03:27Angela Rayner, l'ancienne vice-premier ministre,
03:29ou Wes Reiting, qui est le ministre de la Santé.
03:32Tous commencent à se positionner.
03:33C'est peut-être l'un d'entre eux qui va aller discuter avec les Européens
03:36pour le sommet qui est prévu au tout début de l'été.
03:39Ou alors, Keir Starmer lui-même, s'il a réussi à défendre sa place
03:41malgré tous les vents contraires.
03:43Le monde qui bouge, la chronique internationale d'Analisa Capellini,
03:46a retrouvé tous les matins et en replay, en podcast,
03:49sur le site de BFM Business.
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