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Blindés 132 Saison 2
Le Churchill Mk I et II
Le Churchill Mk I et II
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00:24La conception de l'A22 Churchill est née d'une urgence absolue
00:28et d'une vision stratégique presque anachronique.
00:31Au début de la Seconde Guerre mondiale,
00:34l'état-major britannique craignait de revivre l'enlisement des tranchées de 1914 à 1918.
00:39Ils ont donc commandé un char capable de traverser des terrains labourés par l'artillerie,
00:45de franchir des réseaux de barbelés et de grimper des talus abruts.
01:07Le projet initial désigné A20 commença.
01:11Cependant, après le désastre de Dunkerque de 1940,
01:15où l'armée britannique perdit la quasi-totalité de son équipement lourd,
01:19le besoin de chars devint une priorité nationale vitale.
01:22Le cahier des charges eut pour instruction de mettre le char en production en moins d'un an.
01:29Cette précipitation extrême est la raison pour laquelle le design de l'A22
01:33semble si archaïque par rapport à ses contemporains plus modernes comme le T-34 soviétique.
01:40La structure de l'A22 repose sur une caisse longue et étroite,
01:45composée de plaques de blindage riftées ou boulonnées sur un châssis en acier.
01:49Cette forme allongée combinée à des chenilles qui enveloppent totalement les flancs du char
01:55lui confère une silhouette unique.
01:58Contrairement à la plupart des chars de l'époque dont les chenilles sont suspendues sous la caisse,
02:03celles du Churchill permettent une répartition du poids optimal pour la boue
02:08et une capacité de franchissement d'obstacles verticaux impressionnantes.
02:13Pour mouvoir cette masse de près de 40 tonnes, un moteur à essence de 12 cylindres à plat de 350
02:20chevaux.
02:21Bien que compact, ce moteur était initialement peu fiable
02:25car il n'avait pas bénéficié d'assez de tests avant la production en série.
02:29De plus, la boîte de vitesse et la direction étaient complexes,
02:33rendant la conduite de Churchill particulièrement physique pour les pilotes,
02:38surtout lors des manœuvres de pivotement nécessaires pour aligner l'obusier de coque du Mark I.
02:45Malgré des débuts désastreux où le char était surnommé le « cercueil roulant »
02:49en raison de ses pannes mécaniques incessantes,
02:52la conception de l'A-22 s'est révélée être une base exceptionnellement modulaire.
02:58Son intérieur spacieux et sa capacité à supporter un blindage de plus en plus épais
03:04ont permis à l'A-22 d'évoluer tout au long de la guerre.
03:08Il est passé du Mark I, fragile et sous-armé, au Mark VII,
03:13un véritable monstre de protection capable d'encaisser des tirs des redoutables canons de 88 Allemands.
03:26Le Churchill Mark I a été conçu selon la doctrine britannique du char d'infanterie,
03:31une philosophie qui privilégiait la protection au détriment de la vitesse.
03:37Le char était destiné à accompagner les troupes à pied à travers des terrains dévastés,
03:42tout comme les chars de la Première Guerre mondiale.
03:45Pour remplir ce rôle, il arborait une silhouette basse et allongée,
03:50entourie de chenilles imposantes qui lui conféraient des capacités de franchissement d'obstacles absolument exceptionnelles pour l'époque.
03:59L'une des particularités les plus frappantes du Mark I résidait dans son double armement.
04:05En tourelle, il transportait un canon de 2 livres, c'est-à-dire de 40 mm,
04:10destiné à engager les blindés ennemis.
04:14Parallèlement, un obusier de 3 pouces, c'est-à-dire de 76,2 mm,
04:19était installé directement dans la coque à l'avant pour fournir un appui-feu contre l'infanterie et les fortifications.
04:26Cette disposition s'est toutefois révélée peu pratique,
04:30car l'absence de rotation pour l'obusier obligeait le conducteur à pivoter l'intégralité du char pour viser.
04:36Avec un blindage frontal atteignant les 101 mm,
04:41le Churchill était presque indestructible face au canon allemand standard de 1941.
04:48Cependant, cette protection massive pesait près de 40 tonnes,
04:52limitant sa vitesse à un modeste 24 km par heure.
04:56Plus grave encore, le développement du char ayant été précipité après la défaite de Dunkerque,
05:02les premiers modèles souffraient de graves problèmes de fiabilité mécanique.
05:07Le moteur et la transmission étaient si fragiles
05:10que le char a bien failli être retiré du service
05:13avant que des révisions majeures n'en fassent l'un des blindés les plus robustes de la fin du conflit.
05:28Le passage au Mark II a marqué une étape importante dans la simplification du cher Churchill.
05:34Le changement le plus visible a été le retrait de l'obusier de 3 pouces,
05:38c'est-à-dire de 76,2 mm, situé dans la coque,
05:42au profit d'une simple mitrailleuse de 7,92 mm.
05:47Cette décision a été prise car l'obusier de coque s'est avéré extrêmement difficile à utiliser en combat réel.
05:55Pour viser une cible, le conducteur devait faire pivoter l'intégralité du cher de 40 tonnes,
06:00ce qui manquait cruellement de précision et de réactivité face à un ennemi mobile.
06:06Le retrait de cette pièce d'artillerie encombrante a considérablement amélioré la vie à bord pour l'équipage.
06:13L'espace intérieur, auparavant saturé par l'obusier et ses munitions massives,
06:20est devenu plus respirable et mieux organisé.
06:24De plus, la suppression de l'ouverture nécessaire au canon dans la plaque frontale
06:29a permis de renforcer l'intégralité structurelle du blindage avant,
06:33éliminant ainsi un point faible majeur que les artilleurs ennemis auraient pu exploiter.
06:38Sur le plan mécanique, le Mark II a bénéficié de premiers retours d'expérience du Mark I.
06:46Des protections ont été ajoutées sur les prises d'air latérales
06:50pour empêcher la boue et les débris projetés par les chenilles
06:53de bloquer le système de refroidissement du moteur.
06:57Malgré les améliorations, le char restait limité par son armement en tourelle.
07:01Le canon de 2 livres de 40 mm, bien que précis, commençait à peiner face au nouveau blindage allemand
07:09et souffrait d'une absence totale d'obus explosifs efficaces.
07:13Un comble pour un char censé soutenir l'infanterie.
07:17Pour pallier ce manque de puissance de feu explosive,
07:21une version spécifique nommée Mark II CS a été produite en petit nombre.
07:27Sur ce modèle, les ingénieurs ont inversé la configuration habituelle.
07:32L'obusier de 3 pouces a été monté dans la tourelle
07:35pour offrir une capacité de tir à 360 degrés,
07:39tandis que la mitrailleuse était reléguée dans la coque.
07:44Cette solution hybride a servi de transition jusqu'à l'arrivée du canon
07:48plus polyvalent capable de tirer à la fois des obus perforants et explosifs.
08:10Sous-titrage Société Radio-Canada
08:55Sous-titrage Société Radio-Canada
08:57Le premier engagement au combat du Churchill Mark I et Mark II
09:01a lieu lors du raid de Dieppe, le 19 août 1942, sous l'opération Jubilé.
09:08Ce fut un baptême du feu tragique
09:10qui a failli causer le retrait définitif du char du service actif.
09:16L'expérience fut brutale.
09:18Dès la sortie des péniches de débarquement dits LCT,
09:23les chars ont été confrontés au galet de la plage de Dieppe.
09:27Ces pierres rondes s'infiltraient dans les barbotins et les chenilles,
09:31provoquant des ruptures mécaniques ou un patinage désespéré
09:35qui immobilisaient l'engin sous le feu des falaises.
09:39Sur les 30 chars qui ont réussi à débarquer,
09:42seule une quinzaine a pu franchir la plage et atteindre la promenade longeant la mer.
09:48Bloqués par les obstacles, ils sont devenus des cibles fixes.
09:51Cependant, le blindage à De La 22 a prouvé sa valeur.
09:56Malgré un déluge de feu provenant de les falaises,
09:59les Churchill ont encaissé un nombre impressionnant de coups directs
10:04sans que leur blindage principal ne soit percé.
10:07Ils ont servi de boucliers d'acier pour l'infanterie canadienne cloués au sol,
10:11utilisant leurs canons de deux livres et leurs obusiers de coq
10:15pour riposter contre les nids de mitrailleuses dans les hôtels de la façade maritime.
10:22Aucun exemplaire n'a survécu à la journée.
10:25Les équipages qui n'avaient pas été tués ou blessés
10:28ont dû saboter leurs machines avant de se rendre
10:31ou de tenter une évacuation désespérée par la mer.
10:35Les photos prises par les Allemands le lendemain du Raid
10:38montrent de nombreux A22 abandonnés sur la promenade de Dieppe,
10:44souvent avec leur chenille arrachée,
10:46témoignant de la violence des combats
10:48et de l'inadaptation du terrain pour ces monstres de 40 tonnes.
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