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Samedi 9 mai 2026, retrouvez Chahin Faïq (secrétaire général, les Licoornes), Thomas Breuzard (Co-président, B Lab France), Olivier Soufflot (directeur général délégué, Enercoop) et Léo Miranda (directeur marketing, La NEF) dans 4GOOD, une émission présentée par Alix Nguyen.
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02:03Et comme à chaque fois, on commence cette émission avec l'édito et Thomas, on présente souvent les coopératives comme
02:08des modèles vertueux, mais peuvent-elles changer d'échelle sans perdre ce qui fait leur force ?
02:13Alors, changer d'échelle, Alix, ce n'est pas neutre, c'est recruter, investir, se confronter à des acteurs capitalistiques
02:18souvent très puissants pour se financer.
02:20Or, dans les coopératives, une règle fait loi, c'est une personne, une voix. Et donc, ça ne dépend pas
02:25du capital. C'est peut-être là, d'ailleurs, que la tension commence entre l'ADN et la croissance.
02:29Pour changer d'échelle, ce n'est pas seulement grandir, qu'il faut, c'est tenir l'équilibre. Et c
02:33'est peut-être l'enjeu auquel sont confrontés aujourd'hui beaucoup de coopératives. Parce que dans l'économie classique, changer
02:39d'échelle, souvent, c'est ouvrir le capital, c'est accélérer la croissance, c'est accepter une pression accrue sur
02:44la rentabilité, alors que la coopérative, elle, veut préserver une gouvernance démocratique, rester fidèle à son projet et résister dans
02:51le long terme.
02:51Donc, grandir sans se renier, c'est un exercice d'équilibriste, pas toujours ça.
02:54Pour autant, le modèle coopératif ne reste-t-il pas marginal ?
02:58Eh bien, absolument pas. Contrairement à certaines idées reçues, les coopératives ne sont pas du tout de petits modèles alternatifs.
03:03Quelques chiffres qui font foi, issus du panorama 2026 des coopératives réalisées par CoopFR.
03:0921 600 entreprises coopératives en France, plus de 1 million de salariés, 344 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
03:1732 millions de sociétaires.
03:18C'est énorme, ça représente un pan significatif de la population qui est plus ou moins directement concerné par l
03:24'univers des coopératives.
03:25Prenons un secteur clé, le secteur bancaire, qui aujourd'hui regroupe pour les coopératives plus de 60% des clients
03:31français.
03:32C'est énorme.
03:33Et le collectif des licornes, lui, que représente Chain aujourd'hui, représente plus d'un milliard d'euros de chiffre
03:37d'affaires cumulé, sans actionnaires spéculatifs.
03:40C'est dire à quel point cet écosystème des coopératives est absolument énorme, loin des idées parfois reçues, auxquelles on
03:45peut être confronté.
03:46Et alors, qu'est-ce qui permet concrètement à une coopérative d'être robuste au XXIe siècle ?
03:51Dans un monde instable, on l'a déjà évoqué ici, il est clair que la robustesse devient un atout majeur.
03:55Le modèle coopératif, il existe depuis plus de 200 ans.
03:57Il est donc certainement pas nouveau, et ça fait preuve de leur endurance.
04:01Le contexte économique, lui, depuis 200 ans, a fortement changé.
04:03Ces dernières années, on parle beaucoup de crise énergétique, en ce moment d'inflation,
04:07en lien avec cette crise énergétique, des tensions géopolitiques,
04:09des ruptures d'approvisionnement qu'on a pu beaucoup voir pendant le Covid.
04:12L'instabilité est certainement devenue une norme, et dans ce contexte, un fait mérite d'être rappelé.
04:16Les entreprises de l'économie sociale et solidaire, des coopératives,
04:19ont un taux de pérennité de 5 à 10 ans supérieur à celui des entreprises classiques.
04:24Ça, c'est l'INSEE qui nous le dit, donc c'est là aussi un gage de la qualité de
04:28ces projets qui sont menés dans les coopératives.
04:30Pourquoi ? Bien parce que la gouvernance est partagée, la vision est de long terme,
04:32l'ancrage territorial est très fort, la spéculation est limitée.
04:35Donc la coopérative, elle ne cherche pas à aller trop vite, elle cherche surtout à tenir dans le temps.
04:39Et alors cette robustesse, c'est un avantage compétitif ou un frein à la performance ?
04:42Ce qui pouvait sembler une faiblesse pendant un temps, à mon sens, devient de plus en plus une force.
04:45Parce qu'hier, on pouvait reprocher aux coopératives leur lenteur, leur prudence,
04:48peut-être leur refus de rentabilité maximale parfois, du point de vue du monde financier.
04:51Aujourd'hui, ces défauts, pour moi, deviennent de vrais atouts.
04:53Parce que moins de volatilité, moins de décisions court-termistes, plus de résilience face au choc,
04:57c'est évidemment quelque chose qui devient de plus en plus intéressant, y compris pour le monde économique classique.
05:01En somme, la coopérative, ce n'est pas une Formule 1, c'est plutôt un véhicule tout-terrain, électrique.
05:06Attention, on t'en donne bien, et pareil pour toutes les grandes aventures.
05:08Merci Thomas, on passe tout de suite au pour ou contre.
05:15Thomas a posé le cadre, place à vos arguments maintenant, messieurs.
05:19On passe au pour ou contre, changer d'échelle pour une coopérative,
05:22c'est forcément renoncer à une part de son indienne.
05:25D'abord, pour ou contre, on fait un tour de table, et ensuite, chacun pourra plaider, Chahine ?
05:28Ce contre, ce n'est pas du tout antinomique.
05:32Contre aussi, on l'a vécu.
05:34Contre aussi, mais si.
05:37Ah, merci pour l'effort de nuance, un peu timon.
05:39La merde est pas contradictoire, donc je vais être pour cette affirmation,
05:42même si j'ai envie d'être d'accord avec eux, on va essayer de trouver des arguments.
05:45Chahine, vous pouvez plaider.
05:47Non, je confirme qu'il y a des enjeux,
05:50l'augmentation de la taille d'une organisation, d'une structure, quoi qu'il arrive,
05:54elle présente des frictions, vous l'évoquiez Thomas auparavant,
05:58des frictions avec le réel, des frictions avec le reste de l'environnement économique.
06:05Néanmoins, grandir dans une organisation, ça ne fait pas forcément renoncer
06:08au projet qu'il a fondé ou qui est porté par ses membres.
06:13Ce qui est intéressant, au contraire, c'est qu'en grandissant, une coopérative,
06:16elle peut renouveler ses pionniers, elle peut renouveler les gens qui vont donner une vitalité au projet.
06:22Mais évidemment, ça suppose d'y mettre de la volonté, une certaine vigilance et de l'énergie
06:28pour que le projet soit vivant, soit actualisé, soit pas un totem sacré qu'on laisse fossiliser
06:37et que les moyens soient mis pour que les liens entre les personnes,
06:42notamment sur l'enjeu de la gouvernance démocratique, soient entretenus par des moyens humains,
06:49des moyens qui permettent de rendre tout ça concret, vivant.
06:54Et ce n'est pas qu'on ne s'arrête pas à une relation, une interaction à toutes les âgées
07:00et des âgées qu'on va ramener sur quelque chose, les assemblées générales, pardon,
07:04qu'on va ramener à quelque chose de rabougri et de peu passionnant.
07:10Ok, on va pouvoir en parler plus en détail. Olivier ?
07:13Moi aussi, plutôt contre, parce qu'on a aussi vécu, moi, ça fait neuf ans que je suis chez Enercop,
07:19on a doublé de taille, à peu près, et aussi en termes de salariés.
07:23Tu as parlé de la gouvernance avec les sociétaires, je vais plutôt parler de l'interne, moi aussi,
07:28parce qu'il y a des enjeux opérationnels dedans, il y a des renouvellements qui se font,
07:33il y a des compétences qu'on va chercher ailleurs,
07:35et puis on a dû passer à peu près d'une centaine à plus de 200 salariés pour nous.
07:41Et puis après, il y a toutes les autres coopératives Enercop,
07:43donc quelque chose de beaucoup plus vaste et de beaucoup plus large,
07:46et donc s'installe une espèce de complexité là-dedans.
07:49Et ça, c'est très important de se dire qu'on ne traite pas la même chose à 20 personnes,
07:54ou à 250, ou à 300.
07:56Et la réponse qu'on a trouvée, nous, de notre côté, c'est la gouvernance partagée.
08:01C'est le principe d'avoir de l'intelligence collective à l'intérieur même de notre fonctionnement.
08:06Et ça, ça permet de garder un petit peu l'engagement que chacun peut avoir dans les coopératives,
08:13et de garder des modes de fonctionnement qui soient quand même relativement agiles.
08:17Ça fonctionne avec un petit peu de difficulté parfois, parce qu'il faut s'y mettre.
08:21C'est des postures plutôt de coopération que des postures de direction, comme on les connaît un petit peu.
08:27Mais ça, ça a été la vraie réponse.
08:28Et aujourd'hui, on a réussi à passer de 80 à peu près salariés, quand je suis arrivé,
08:34à plus du double aujourd'hui.
08:36Et si on prend le réseau, à presque plus du triple.
08:39Et donc, il y a ce mode de fonctionnement en interne qui est extrêmement important.
08:43Et puis derrière, il y a l'acceptation de se confronter à la réalité extérieure.
08:48Et de ne pas camper sur des principes qui ont été à la genèse d'un projet,
08:53mais de se dire qu'on doit aussi s'adapter un petit peu à une forme de réalité.
08:57Je pense que tout le monde est passé par là.
09:00En revanche, les débats sont un peu lourds, parce qu'il y a toujours des personnes
09:03qui vont ramener aux principes d'origine, et puis d'autres qui vont vouloir aller un petit peu plus loin.
09:08Mais c'est cette friction-là qui est extrêmement importante pour nous.
09:11Sinon, en fait, finalement, la rentabilité prend le dessus, alors que là, nos valeurs prennent le dessus.
09:17Peut-être avant de laisser Léo apporter sa nuance, je voudrais bien rebondir directement sur ce point,
09:21parce que c'est peut-être là que j'avais le plus envie d'insister en m'affirmant pour cette
09:25proposition.
09:27C'est qu'en fait, le mode de débat démocratique dans l'entreprise peut exister indépendamment du statut juridique de
09:34l'entreprise en question.
09:36Là où il y a une grosse différence, c'est qu'une personne, une voix signifie globalement un consensus systématique
09:41sur des décisions,
09:42et on peut peut-être débattre de ce point-là après.
09:44Là où, dans une entreprise comme celle dont je viens aujourd'hui, je pense que les plus grandes innovations de
09:49notre entreprise
09:49n'auraient sans doute pas eu lieu s'il avait fallu décider collégiément,
09:52parce que le groupe n'aurait pas accepté de prendre les risques nécessaires.
09:55Une boîte d'informatique qui invente un modèle basé sur la permaculture qui s'appelle la permentreprise
09:59n'aurait pas existé s'il avait fallu le valider dans un codire de gens qui pilotent de l'activité
10:03informatique.
10:04Mettre la nature au conseil d'administration en donnant du capital de l'entreprise,
10:08ça ne se serait pas fait s'il avait fallu faire accepter ça par un grand groupe.
10:11Donc, il y a une limite à l'exercice, je dirais, de ce point de vue-là.
10:14Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas prendre des bonnes décisions,
10:15mais je pense que sur des prises de risques, ça peut être une limite.
10:17Et puis, je termine quand même pour compléter en disant,
10:19mais sur celui-là, il n'y a pas trop de débat à mon avis,
10:21c'est qu'il y a une limite sur l'accès au capital,
10:23parce qu'on l'a dit, aujourd'hui, les acteurs financiers veulent une rentabilité,
10:27veulent que leur capital leur confère un pouvoir,
10:30et dans le modèle coopératif, il y a des limites à ça,
10:33et c'est un garde-fou essentiel,
10:34mais sans doute que ça limite la capacité des coopératives à lever des fonds,
10:37même si ces dernières années, je pense qu'il y a des levées citoyennes
10:40qui montrent qu'on peut trouver d'autres vecteurs de développement
10:42et d'acquisition de capital qui sont hyper intéressants.
10:45Vous aviez dit contre ?
10:47Alors, moi, j'avais dit plutôt contre,
10:49si je pense qu'il y a un certain nombre d'éléments à prendre en compte.
10:53La première chose, quand on parle de développement,
10:56de changement d'échelle,
10:57et ça, c'est valable pour toutes les entreprises,
10:59il ne faut pas que le changement d'échelle soit une fin en soi,
11:02il vaut mieux se le rappeler,
11:03mais ce n'est pas un projet stratégique, le changement d'échelle,
11:06il faut que ce soit au service toujours d'une vision politique,
11:10je dirais, de l'entreprise, de la coopérative.
11:13Donc, voilà, sinon, on risque d'y perdre un petit peu notre ADN.
11:19La deuxième chose que j'aimerais avancer,
11:22c'est qu'on peut garder son ADN tout en grandissant
11:27si on maintient une communication assez régulière
11:32avec nos sociétaires pour les décisions essentielles,
11:36notamment sur cette question du changement d'échelle.
11:38Est-ce que c'est un projet d'entreprise ?
11:40Est-ce qu'on a envie de grandir ?
11:42Et ça, il faut le partager activement
11:43et avoir une validation formelle de la part de nos sociétaires
11:48pour pouvoir engager sereinement, finalement, ce changement d'échelle.
11:52Et ça, pour moi, c'est une condition aussi de garder son ADN.
11:54Est-ce qu'on est toujours bien aligné ?
11:56Est-ce qu'on a toujours ce souhait partagé
11:59d'aller dans cette direction stratégique
12:02qui va nécessiter de grandir, de passer de 100 à 200, 300, 400 salariés,
12:07de peut-être travailler plus à l'international ?
12:11Donc, tout ça, ce sont des choix stratégiques
12:13qui doivent absolument continuer à être partagés.
12:16Il ne faut pas que ça vienne balayer ce mode de fonctionnement,
12:19parfois plus lent, qui nécessite plus de temps.
12:22Mais ça, c'est absolument important.
12:24Et avec ces conditions-là, je pense qu'on peut garder notre ADN.
12:28Et la dernière chose, je remondis un petit peu sur ce que disait Chahine à l'instant.
12:34Les statuts coopératifs nous offrent des principes fondateurs
12:39sur une personne égale une voix, la lucrativité limitée,
12:42l'idée d'avoir une expression démocratique dans la structure.
12:45Mais si on ne les fait pas vivre au quotidien,
12:48c'est quelque chose d'un petit peu suspendu.
12:51C'est un petit peu comme des élections.
12:55Alors, on a un pouvoir citoyen, on est en démocratie,
12:57mais on nous interroge une fois tous les cinq ans.
12:59Les faire vivre au quotidien, c'est avoir la possibilité,
13:02là je me positionne en tant que collaborateur de l'ANEF,
13:05essayer de communiquer régulièrement avec les sociétaires
13:09sur les grands événements de la coopérative,
13:11et pas uniquement en Assemblée Générale,
13:12pas leur demander leur avis uniquement au moment prévu par les statuts juridiques.
13:16Est-ce qu'une Assemblée Générale, pour rappel, ça a lieu combien de fois par an ?
13:19Une fois par an.
13:20Et c'est les orientations essentielles.
13:22Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas préparer au mieux cet événement-là,
13:27c'est un événement majeur de la coopérative,
13:29mais faire l'effort d'avoir des lettres d'information,
13:32d'expliquer, d'avoir des échanges et des réunions,
13:35de l'animation, vraiment de la vie coopérative.
13:37Et nous, en grandissant, notre expérience,
13:40et je crois que ça a été le cas aussi côté Enercop,
13:43et dans d'autres coopératives,
13:45on a vu la nécessité de professionnaliser aussi l'animation de la vie coopérative.
13:51Au départ, il n'y avait qu'une seule personne.
13:52Aujourd'hui, nous, on a trois personnes qui ne font que de l'animation du sociétariat
13:56pour leur expliquer les grandes décisions,
13:58les orientations, le développement de la gamme,
14:01pour faire en sorte qu'ils soient le plus informés,
14:03le plus éclairés possible,
14:05pour que le projet reste vivant
14:08et que ce ne soit pas une chambre d'enregistrement
14:11que pourrait être l'Assemblée Générale.
14:13C'est une façon aussi d'orienter la prise de décision in fine
14:15quand les questions se posent en AG ?
14:18Le fait de les tenir régulièrement au courant
14:20et de fédérer autour de...
14:22Oui, ça permet déjà de préparer collectivement,
14:24mais c'est surtout, ça les prépare,
14:26ça prépare vraiment les sociétaires
14:28à comprendre réellement les enjeux.
14:30Ça va très vite, une Assemblée Générale,
14:31on est là pendant une demi-journée, une journée,
14:33parfois on ne lit pas forcément dans le détail
14:36les grandes orientations.
14:39Donc voilà, je dirais que je suis plutôt contre,
14:42mais il y a un certain nombre de garde-fous
14:44qu'il faut bien avoir à l'esprit.
14:45Si je peux me permettre, il y a un point qui est intéressant,
14:47c'est sur la question de la vitesse
14:48et la question de quels sont les risques qu'on prend.
14:51La gouvernance démocratique,
14:53elle vient apporter justement ce que vient d'évoquer Léo,
14:58la gouvernance au niveau des grandes orientations,
15:00des orientations politiques et stratégiques de l'entreprise.
15:03C'est vrai dans d'autres formes d'entreprises non démocratiques
15:08ou non coopératives,
15:09mais ça, ce sont les visions de long terme.
15:13Ce n'est pas le cheminement du quotidien.
15:17Ce n'est pas la tactique de l'entreprise,
15:20ce ne sont pas les décisions opérationnelles.
15:22Les décisions opérationnelles, comme l'a évoqué Olivier,
15:25elles peuvent se prendre de différentes façons,
15:26mais quels que soient les statuts de l'entreprise par ailleurs,
15:28l'entreprise coopérative, elle vient juste apporter
15:30le fait que la vision de long terme
15:33se travaille dans le cadre d'une gouvernance démocratique
15:37et qu'il est donc souhaitable de poser, je pense,
15:40à mon avis, c'est vraiment, c'est même un enjeu à voir
15:42comme quelque chose de positif,
15:44non pas un consensus mou qui doit réunir 100%,
15:47ça doit réunir la moitié des sociétaires.
15:50Donc le fait de prendre le temps,
15:51c'est plutôt quelque chose de positif ?
15:53C'est quelque chose, je trouve, de très intéressant
15:55du point de vue de la stratégie,
15:59effectivement, du long terme,
16:01de la réflexion de l'appropriation,
16:02mais ça a été évoqué également.
16:05Et il ne faut pas se tromper
16:06entre la gouvernance opérationnelle
16:07et la gouvernance politique de l'entreprise.
16:10Et à ce titre, la coopérative
16:13ne vient pas, en piétant son fonctionnement,
16:15ne vient pas obliger à une discussion permanente
16:19de tout, tout le temps, avec tout le monde.
16:20Néanmoins, c'est vrai qu'on peut se demander
16:23comment le principe démocratique d'une coopérative,
16:26qui est une personne égale une voix,
16:28peut être maintenu quand la structure grandit
16:31et qu'il y a de plus en plus de sociétaires.
16:32Moi, parmi les adhérents de notre alliance,
16:35il y a des membres où il y a une soixantaine de sociétaires,
16:39d'autres où il y en a près de 60 000,
16:41si je ne dis pas de basis.
16:43C'est ce qu'évoquait Léo tout à l'heure,
16:45c'est comment est-ce qu'on travaille
16:47ce métier de l'animation,
16:48comment on choisit les questions que l'on pose
16:51à nos sociétaires ou aux actionnaires
16:54de n'importe quelle entreprise.
16:55C'est le conseil d'administration.
16:57Parfois, ça s'appelle le conseil de surveillance
16:58ou le directoire,
16:59mais ça, c'est les formes d'entreprise,
17:03indépendamment de statut coopératif.
17:06Et ça, c'est toujours la même chose.
17:07Ce sont les représentants choisis par l'Assemblée générale
17:12qui vont définir ces questions.
17:13Et le point crucial,
17:14c'est que si on ne pose que des questions réglementaires
17:17de type validation des comptes
17:18qui sont posées dans toute forme d'entreprise,
17:21personne n'a envie de discuter
17:23uniquement de la validation des comptes
17:25et des pouvoirs aux porteurs.
17:27Donc, il y a un enjeu à savoir
17:28comment est-ce qu'on vient travailler
17:30les sujets clés, justement,
17:32les risques qu'on a envie de prendre,
17:33ceux qu'on n'a pas envie de prendre,
17:34la vision de long terme,
17:36des choix forts pour l'entreprise
17:37qui vont aussi marquer son positionnement
17:40en marketing, quelque part,
17:41dans un univers concurrentiel.
17:44Ça peut éviter de faire des grosses bêtises,
17:45parce que, dans l'autre sens,
17:47il y a des entreprises lucratives
17:49qui ont fait des choix stratégiques,
17:51parfois très osés,
17:53dangereux, voire complètement fous,
17:54qui se sont ramassés en le faisant.
17:57Et ces décisions-là
17:57n'auraient peut-être pas été prises
17:59s'il y avait eu un débat démocratique
18:01dans l'entreprise avant
18:02pour lancer des gammes de produits
18:03qui n'ont rien à voir
18:04avec le cœur de mission initial,
18:05qui n'ont pas de sens dans une vision.
18:07Donc, ça peut aussi éviter des grandes erreurs.
18:10Et justement, Olivier,
18:11la question se pose pour Enarcoop,
18:12parce que vous fonctionnez
18:13avec des clients sociétaires,
18:14très structure territoriale.
18:16Est-ce que les décisions
18:17sont fatalement plus lentes
18:18que pour une entreprise classique ?
18:21Elles le sont plus,
18:22mais je rejoins ce que vous venez de dire.
18:25Le fait que les décisions soient rapides ou pas,
18:28c'est rare qu'on ait besoin
18:29d'une décision extrêmement rapide
18:31quand on est plutôt sur un enjeu politique
18:33ou un enjeu de positionnement
18:34de la coopérative.
18:35Il y a un très bon exemple pour nous,
18:37c'est qu'on a traversé
18:39une crise énergétique
18:40qui est centenaire,
18:42en 2022 et 2023.
18:44C'était des moments
18:45où les prix de l'énergie
18:46ont été multipliés par 10,
18:47par 20, par 100 parfois,
18:49dans la journée.
18:51On avait besoin
18:52de prendre des décisions
18:52relativement rapides,
18:54mais finalement,
18:54on a pris le temps
18:55du débat démocratique,
18:56parce qu'il y avait
18:57des possibilités
18:58d'avoir accès
18:59à des mécanismes
18:59auxquels on n'avait jamais touché
19:00jusque-là,
19:01mais on a pris le temps
19:03et on a pris en gros
19:04un an,
19:05six mois,
19:06huit mois,
19:07mais un an en tout
19:08pour présenter
19:09les options possibles
19:11aux clients et sociétaires
19:12ou sociétaires et clients
19:14et il y a eu un choix
19:15qui a été fait
19:16en fonction
19:17de différents intérêts.
19:19Quel est le prix que je paye ?
19:20Quel est l'intérêt
19:21pour la survie
19:21de la coopérative
19:23ou des coopératives ?
19:24Et finalement,
19:25ce débat-là,
19:25il a été relativement serein.
19:28Il a pris du temps,
19:29mais le fait
19:29de l'avoir fait
19:30un an plus tard,
19:31ça a permis
19:31d'aligner tout le monde
19:32et ça a été
19:33beaucoup plus puissant après.
19:34Si on avait pris
19:35une décision unilatérale
19:36comme ça peut arriver
19:37dans plein d'entreprises,
19:38on aurait de toute façon
19:40fait face
19:41à des difficultés.
19:42Moi,
19:42je viens d'entreprises avant
19:44qui sont extrêmement
19:46pyramidales,
19:46très militaires.
19:47Et je vous donne
19:48un petit exemple,
19:49c'est que quand j'étais
19:50très proche
19:50du comité exécutif,
19:52vous aviez des gens
19:53qui remontaient
19:54des problématiques
19:54très proches du terrain.
19:56Quand elles arrivaient
19:57au comité exécutif,
19:58en général,
19:59la question n'était plus
20:00la même
20:00parce que ça avait passé
20:01dix personnes
20:02et quand la décision
20:03redescendait,
20:03ce n'était pas la même
20:04non plus
20:04et la personne
20:04qui avait posé
20:05la question au départ
20:05ne comprenait pas
20:06la réponse.
20:07Et ça recommençait
20:07comme ça,
20:08pendant des plombes.
20:10Alors qu'aujourd'hui,
20:11nous,
20:11il y a un phénomène aussi
20:12qui est extrêmement important
20:13dans notre façon
20:14de fonctionner,
20:15c'est la transparence.
20:16La transparence avec
20:17les sociétaires,
20:18ils s'engagent,
20:18ils ne s'engagent pas,
20:19ils sont là,
20:19ils votent,
20:19ils ne votent pas,
20:20ils veulent venir
20:21et puis après moins
20:21et puis après un peu plus.
20:23Mais au moins,
20:23ils ont des outils.
20:25Par exemple,
20:25nous,
20:25le village,
20:26c'est vous êtes sociétaire,
20:27vous pouvez aller regarder
20:28plein d'informations,
20:29vous pouvez échanger
20:30les informations
20:30avec les autres sociétaires,
20:32vous pouvez parler
20:32de votre coopérative locale,
20:33vous voulez parler
20:34de la fourniture d'électricité
20:35qui est plutôt nationale.
20:36Donc,
20:37il y a des outils aussi
20:37de transparence,
20:38il y a un engagement,
20:39une posture
20:40et vous parliez tout à l'heure
20:41de consensus,
20:43ce n'est pas ça qu'on cherche,
20:44nous,
20:44c'est le consentement.
20:45Le consentement,
20:46ce n'est plus personne dit non,
20:47il n'y a pas d'argument
20:48pour ne pas y aller.
20:49Ça prend un peu de temps
20:50mais c'est extrêmement efficace.
20:53Thomas le disait
20:53dans son édito
20:54« Grandir oblige à arbitrer ».
20:56Est-ce qu'à la NEF,
20:58vous avez dû simplifier
21:00ou abandonner
21:01même pour grandir ?
21:05On a eu à faire
21:07des arbitrages,
21:08j'ai un exemple récent,
21:10alors je ne sais pas
21:10si ça répond exactement
21:11à cette question-là,
21:12je n'ai pas de souvenirs
21:14sur des arbitrages
21:16liés vraiment
21:17au changement d'échelle
21:18mais un petit peu quand même.
21:20Il y a trois ans,
21:23après cinq, six années
21:24où la NEF a vécu
21:26alors une autre crise
21:27qui était la crise
21:28des taux bas.
21:29Nous, on est
21:29un établissement bancaire,
21:30les taux se sont
21:31complètement effondrés
21:32et notre modèle d'affaires,
21:33c'est un modèle
21:34qui est basé sur
21:35on collecte de l'épargne
21:37et on prête cet argent
21:38à des entreprises engagées
21:40dans la transition
21:41écologique et sociale,
21:42ni plus ni moins,
21:43c'est extrêmement simple
21:44et donc l'effondrement
21:45des taux a fait
21:46qu'on a commencé
21:48à avoir des difficultés
21:49économiques assez intéressantes.
21:51On pourra peut-être
21:52revenir après
21:52sur combien les sociétaires
21:54ont été précieux
21:55à ce moment-là
21:56dans leur abnégation
21:58à rester dans le projet
22:00dans les moments
22:01les plus difficiles
22:01ou à remettre au pot
22:02même pour dire
22:03on a besoin
22:04que ce projet existe.
22:05Ils nous ont soutenus
22:06pendant ce moment-là
22:08et quand on a commencé
22:09à sortir la tête de l'eau,
22:10on s'est dit
22:11dans un an,
22:12dans deux ans,
22:13on va commencer
22:13à gagner de l'argent.
22:14Et donc on a mis
22:15en arbitrage
22:16et là aussi
22:16c'était quelque chose
22:17qui était un petit peu
22:18nouveau pour nous.
22:19Six mois avant
22:20l'Assemblée Générale,
22:21on a fait travailler
22:21les sociétaires
22:22par groupes
22:23de 300, 500,
22:24puis des plus petits groupes
22:25jusqu'à arriver
22:26à une vingtaine de personnes
22:28pour faire une proposition.
22:30Donc là,
22:30c'était une proposition
22:31de résolution
22:32posée à l'Assemblée Générale
22:34qui ne venait pas
22:35de l'équipe opérationnelle,
22:36qui ne venait pas
22:36de la direction,
22:37qui ne venait pas
22:37du conseil de surveillance
22:38pour dire dans quel ordre
22:40vous voulez utiliser,
22:43à quelle fin
22:43vous voulez utiliser
22:44les bénéfices
22:45qu'on va faire
22:45dans les prochaines années.
22:46Et déjà,
22:47sur le principe,
22:48c'était quelque chose
22:49d'assez fort,
22:50ça a énormément mobilisé
22:51en interne
22:52puisque les sociétaires
22:53ont leur posé clairement
22:54une question
22:55qui n'est pas neutre
22:56quand même,
22:56qui est hyper importante,
22:58surtout que ce n'était pas
22:59uniquement pour l'année suivante,
23:01c'était une ligne directrice
23:03pour les années à venir.
23:04Et la deuxième chose
23:05qui était particulièrement intéressante
23:07comme arbitrage,
23:08c'est qu'ils ont arbitré
23:10dans l'ordre
23:12pour réinvestir
23:14dans l'outil de production.
23:15Donc,
23:16il faut que l'argent
23:17qui est généré chaque année
23:19serve d'abord
23:20l'outil de production,
23:21en deux,
23:21qu'elle serve
23:22en complément de salaire
23:23pour les salariés,
23:25vraiment rémunérer
23:26un peu plus
23:26ses salariés,
23:2713e mois,
23:28intéressement,
23:28etc.
23:29Mais il faut vraiment
23:29qu'il y ait des mécanismes
23:30encore plus forts
23:31pour soutenir les salariés.
23:33Et en dernier,
23:34s'il reste quelque chose,
23:35vous nous servez des dividendes.
23:36Et donc ça,
23:37je trouvais ça
23:38assez intéressant
23:38en termes d'intelligence collective,
23:41cette capacité déjà
23:42à conduire...
23:43Ah, c'est pas une règle
23:43des coopératives
23:44de ne pas verser de dividendes ?
23:46De ne pas en verser,
23:47si,
23:47on peut verser des dividendes.
23:49Il y a des limitations,
23:50il y a des limitations,
23:51mais en tout cas,
23:52dans le peu,
23:54entre guillemets,
23:54qui pouvait se partager,
23:56ils ont décidé
23:56de le mettre en dernier,
23:57s'il reste quelque chose,
23:59éventuellement...
23:59Et comment vous vous expliquez
24:00cet engagement,
24:01ce soutien des sociétaires
24:02alors même que vous étiez
24:02en difficulté ?
24:04Moi, je pense que c'est
24:06le message
24:07et la raison pour laquelle
24:08aussi,
24:08parce que c'est forcément
24:09un dialogue
24:10pour lequel ils investissent
24:11la coopérative.
24:12Comme on l'a dit,
24:14on ne leur propose pas
24:15de pouvoir,
24:18enfin,
24:19un pouvoir démesuré
24:20par rapport à la quantité
24:22d'argent
24:22qu'ils vont pouvoir placer.
24:23On ne leur propose pas
24:24d'avoir des plus-values
24:28de cession de leur part
24:29à un moment donné
24:30qui leur permettent
24:31de générer énormément d'argent.
24:32On ne leur propose pas
24:33d'avoir une rémunération
24:34de leur capital
24:35qui soit démesurée
24:37au travers des dividendes.
24:39Donc,
24:39ils viennent forcément
24:39pour autre chose.
24:41Ils viennent pour une vision,
24:42pour un projet politique.
24:43Ils viennent parce que
24:44pour eux,
24:45c'est important
24:45que la NEF existe,
24:47qu'Enercop existe
24:47ou que d'autres structures
24:48de ce type existent.
24:50Et donc,
24:51il y a une forme
24:52de résilience
24:54dans leur qualité
24:55de sociétaire.
24:57Ils sont venus pour ça
24:58et de voir cet outil
25:00possiblement en danger.
25:01Nous,
25:02on a été quand même
25:02un petit peu en danger
25:03pendant ces années-là.
25:05Je peux d'autant plus le dire
25:05que maintenant,
25:06c'est derrière nous.
25:08Et oui,
25:09ils sont venus pour ça.
25:10Ils sont venus
25:11parce qu'ils voulaient
25:11que le projet de la NEF
25:14continue à perdurer
25:15encore des décennies
25:16et continue à se développer.
25:18Et le fait est
25:19que vous avez atteint
25:19l'équilibre aujourd'hui.
25:20Et le fait est
25:20qu'on a atteint l'équilibre.
25:21En grande partie aussi,
25:22grâce à ce soutien,
25:23je le répète,
25:24assez indéfectible.
25:25Les sociétaires
25:26ne sont pas partis
25:26massivement.
25:28Mais en plus,
25:29quand on a dû faire
25:30des appels,
25:31des levées de fonds
25:31pour pouvoir justement
25:32nous aider
25:33à remonter la pente,
25:35ils répondaient présents.
25:35Et Olivier,
25:36vous compteriez la même chose
25:37chez NERCOP ?
25:37On a eu exactement
25:40le même phénomène.
25:41On a fait une assez
25:42grosse levée de fonds
25:43l'année dernière.
25:45On a eu une très forte
25:46mobilisation des sociétaires.
25:48On a eu une très forte
25:49mobilisation,
25:50et vous parliez tout à l'heure
25:51des outils.
25:53Il y a aussi des outils
25:54qui sont spécifiques
25:55pour nos organisations,
25:56comme les titres participatifs,
25:58par exemple,
25:58qui nous permettent
25:59d'avoir aussi des choses
26:00qui sont intéressantes
26:01pour les personnes
26:03qui nous soutiennent.
26:04Et pour revenir
26:05à ce que vous mentionniez
26:06sur l'ANEF,
26:07on a eu plusieurs moments
26:08assez difficiles quand même.
26:10Le monde de l'énergie,
26:11ça n'a pas toujours été simple.
26:12On a des fluctuations
26:14extrêmement fortes des prix.
26:16Et donc,
26:16il faut avoir cette résilience
26:18là un peu à court terme.
26:19Mais à chaque fois
26:19qu'on en a eu besoin,
26:21on a pu compter
26:22sur nos sociétaires.
26:23Et je pense que
26:23si on avait aidé plus
26:24dans une logique
26:25d'entreprise privée classique,
26:27je pense que ça aurait été
26:28beaucoup plus difficile.
26:30Donc, ça amène...
26:30J'ai beaucoup aimé
26:31le mot de résilience.
26:32Je pense que ça amène quand même,
26:34vous l'aviez dit
26:35dans l'éditorial tout à l'heure,
26:37mais ce fondement,
26:39ces racines-là
26:40qui sont ancrées
26:41assez fermement
26:41et qui permettent aussi
26:43d'entretenir un projet
26:44qui est au-delà
26:45de la rentabilité,
26:47ça, ça fait du sens.
26:48Et quand ça fait du sens,
26:49il y a de la mobilisation.
26:51Restez avec nous, messieurs.
26:52On passe à la prochaine séquence.
26:58Et on passe au retour de terrain.
27:00Et Chahine,
27:01j'aimerais commencer avec vous,
27:02faire un petit état des lieux.
27:04Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
27:05Est-ce qu'il y a
27:06de plus en plus
27:06de coopératives qui émergent ?
27:07Oui, c'est un constat.
27:09Les coopératives,
27:10on l'a dit plus tôt,
27:12elles sont là,
27:12elles existent
27:13dans le paysage
27:13depuis quasiment 200 ans.
27:16On voit
27:17qu'il y a une dynamique
27:18en ce moment,
27:19ces dernières décennies,
27:21je dirais,
27:21de progression
27:22du nombre de coopératives.
27:24C'est vraiment enthousiasmant.
27:26Ça se passe autour
27:27de certains types
27:28de coopératives.
27:29je ne vais pas entendre les détails.
27:30Tous secteurs confondus ?
27:31Tous secteurs confondus.
27:32Je n'ai pas les données
27:34spécifiquement
27:34ou là où ça
27:36explose le plus.
27:37C'est-à-dire que
27:37n'importe quelle entreprise
27:38peut être transformée
27:40en coopérative ?
27:41Et là,
27:43il m'est arrivé de tomber
27:45sur une histoire
27:45de coopératives
27:46dans un sous-marin
27:47nucléaire,
27:50des coopératives
27:50de consommateurs,
27:51les militaires
27:51qui avaient
27:52leur coopérative
27:53d'achat
27:55pour leur consommation
27:56personnelle.
27:57Mais ça,
27:57c'est un peu
27:58le côté un peu
27:59pittoresque,
28:00anecdotique.
28:01Mais pour autant,
28:02on trouve
28:03des coopératives
28:04dans les énergies
28:05renouvelables,
28:07dans les médias,
28:08dans la culture,
28:10dans l'industrie textile,
28:12l'alimentation,
28:14la téléphonie
28:14et la location
28:16d'appareils électroniques.
28:17On trouve vraiment
28:18des coopératives
28:19dans strictement
28:20tous les secteurs.
28:21Et alors,
28:21qu'est-ce qui séduit,
28:22justement ?
28:23Qu'est-ce qui séduit ?
28:24Je pense qu'il y a
28:25plusieurs éléments.
28:26Il y a une notion,
28:27à mon avis,
28:28même d'entrepreneuriat.
28:30J'avais un échange
28:32il y a peu de temps
28:33avec quelqu'un
28:34qui m'a interpellé
28:34sur le modèle coopératif
28:36en quoi il est,
28:38qui véhicule
28:39pour certains
28:39un imaginaire
28:40du Colcos,
28:42etc.,
28:42de l'Union soviétique.
28:45Et je me suis dit,
28:47je ne suis pas étonné
28:47parce que j'ai l'habitude
28:48d'entendre ça,
28:49mais c'est complètement
28:49déconnecté de la réalité.
28:51La coopérative,
28:52c'est un outil
28:53finalement qui permet,
28:55qui ouvre
28:55une certaine liberté
28:56d'entreprendre
28:56à des gens
28:57qui ne sont pas
28:58en capacité,
29:00soit...
29:01Qui n'en ont pas les moyens.
29:02Qui n'ont pas l'envie,
29:03peut-être aussi,
29:03ni l'envie
29:04ou les moyens financiers,
29:05de se dire
29:06je vais investir tout seul,
29:07je n'ai pas été éduqué
29:08à l'entrepreneuriat,
29:10donc je me lance
29:10pour lancer une entreprise
29:11avec ce que ça comporte
29:13de peur,
29:14de risque,
29:15d'inconnu.
29:17Entreprendre en coopérative,
29:18c'est aussi quelque chose,
29:20c'est aussi entreprendre
29:20à plusieurs.
29:21C'est aussi entreprendre
29:22avec des règles
29:23qui sont très simples.
29:25Je lisais il y a pas longtemps,
29:25enfin j'ai échangé
29:26avec une personne
29:28qui a transformé
29:29sa coopérative,
29:29son entreprise,
29:30une SA,
29:31en sa société anonyme,
29:33en coopérative,
29:34qui disait
29:35il y a quelque chose
29:36d'hyper intéressant.
29:38Quand les salariés
29:39rentrent,
29:40les associés
29:41rentrent dans l'entreprise,
29:42il n'y a pas
29:43d'épée de Damoclès
29:44sur le fait
29:45que quand ils vont sortir,
29:47on va devoir
29:48renégocier la valeur
29:49de leur part sociale.
29:50Il y a aussi des choses
29:50comme ça
29:51où entreprendre
29:52en coopérative,
29:53c'est poser des règles
29:53qui sont assez claires,
29:55qui ne vont pas changer
29:56tous les quatre matins.
29:57On ne va pas se faire imposer
29:58des associés
29:59au détour
30:00d'une nouvelle levée de fonds
30:01ou d'une transmission
30:05d'un héritage.
30:06Donc,
30:07il y a une forme
30:09de liberté supplémentaire
30:10dans l'entrepreneuriat.
30:11Et ça,
30:12c'est une des réponses.
30:13Il y en a certainement
30:14de nombreuses autres.
30:15Évidemment,
30:15l'aspiration à la démocratie,
30:17elle est forte,
30:19en fait,
30:19chez nos concitoyens.
30:21Et l'aspiration
30:22à la démocratie
30:23dans l'entreprise,
30:24c'est quelque chose
30:25qui est très important.
30:26Des sociologues
30:27comme Thomas Coutreau
30:28l'évoquent.
30:29Mais c'est quelque chose
30:30que quelqu'un
30:33comme Jean Jaurès
30:34le disait déjà
30:35au début du XXe siècle
30:37en disant
30:37qu'il nous manquait
30:39justement
30:39cette démocratie
30:40dans l'entreprise
30:41qu'on avait à l'extérieur.
30:42C'est amusant,
30:43parce qu'il se trouve
30:44qu'assez souvent,
30:45en fait,
30:45on me demande
30:46et on demande à Narcisse
30:47pourquoi nous ne sommes pas
30:48une coopérative,
30:48notamment pour deux raisons.
30:50Parce que partage
30:51de la valeur,
30:52il se trouve
30:52qu'on a donné
30:52une partie du capital
30:53entreprise
30:54à une fondation actionnaire
30:55pour garantir
30:56que si dividende,
30:57il y a alors une partie
30:57doit nécessairement
30:58financer des acteurs associatifs
30:59qui oeuvrent
31:00pour l'intérêt général.
31:01D'autre part,
31:02parce qu'on parle souvent
31:02de démocratie éclairée,
31:03donc chez nous,
31:04il n'y a pas ce côté statutaire
31:05d'une personne,
31:06une voix.
31:06Par contre,
31:07on met en place
31:07un parlement,
31:08tous les salariés
31:09qui le souhaitent,
31:09toutes les salariés
31:10qui le souhaitent
31:10peuvent contribuer
31:11à des débats,
31:12voire prendre des décisions
31:13ensemble,
31:13parce qu'au sein
31:14du conseil d'administration,
31:15il y a un actionnaire
31:16nature qui a une voix
31:17et un droit de veto
31:18et c'est le seul
31:18à l'avoir
31:18dans le conseil d'administration,
31:19enfin pour plein de raisons.
31:20La question s'est posée ?
31:22La question ne s'est pas
31:22encore vraiment posée
31:23d'un point de vue statutaire,
31:24je dirais,
31:25parce que ça nécessite
31:25plein de changements
31:26qu'on ne veut pas forcément
31:27entreprendre de faire aujourd'hui
31:28et parce que ça ne nous empêche pas
31:29de nous appuyer sur ce même idéal
31:31pour mettre en place
31:32dispositif,
31:33peut-être qu'un jour
31:33nous le ferons.
31:34Moi, ce qui m'anime,
31:35c'est que notre entreprise,
31:36si elle se développe,
31:37et là je rejoins
31:38ce qu'a disait Léo tout à l'heure,
31:39c'est pour contribuer
31:40à résoudre davantage
31:41d'enjeux de société,
31:42qu'ils soient sociaux
31:42et ou environnementaux.
31:44Si l'entreprise SA
31:45est la plus outillée
31:46pour le faire
31:47parce qu'elle peut mobiliser
31:49certaines capacités,
31:50alors c'est bien
31:51que ce soit elle.
31:51Si c'est notre fondation actionnaire,
31:53pourquoi pas ?
31:53Et si c'est des décisions
31:55qui doivent être prises parfois
31:56de façon unilatérale
31:57ou parce qu'il y a
31:58une forme de prise de risque
31:59assurée par un fondateur
32:00ou celle qu'il met en place,
32:02il doit pouvoir le faire.
32:03Par contre,
32:04si on pense que la conduite
32:05du changement nécessaire derrière
32:06est trop importante
32:07et donc nécessite
32:08une forte adhésion des équipes,
32:09alors ça doit se faire
32:10dans des débats de démocratie
32:11d'y éclairer
32:11parce que tout le monde
32:12n'est pas forcément pertinent
32:13pour décider de tout
32:15et ça, je pense qu'on se rejoint aussi.
32:16J'ajouterais peut-être
32:17par rapport à la...
32:18La dimension entrepreneuriale ?
32:20Oui, sur la dimension entrepreneuriale,
32:23alors là, c'est plus
32:23pour les créations
32:24de nouvelles coopératives,
32:25là c'est plus un exemple
32:26de transformation
32:27qui amène quand même
32:28une certaine complexité,
32:29effectivement,
32:31qui peut amener
32:31une certaine complexité.
32:33Il y a aussi
32:34dans quel état d'esprit
32:35on est
32:36quand on monte
32:37une entreprise,
32:38il y a différents types
32:39de structures
32:40mais il y a quand même
32:41pas mal d'exemples
32:42dans les coopératives,
32:43ce n'est pas forcément
32:44systématique,
32:45de cette envie
32:47de répondre quand même
32:48à un enjeu de société
32:49environnementale,
32:50sociale, culturelle,
32:52l'énergie plus propre,
32:53la finance plus éthique,
32:55une téléphonie plus engagée,
32:57de toutes les coopératives.
32:58Ce qui n'est pas forcément
32:59le cas de toutes les coopératives
33:00mais ça, ça peut être
33:02une porte d'entrée.
33:03Au moment où on se pose
33:04la question,
33:05on se dit que la raison d'être
33:06de notre entreprise,
33:07ça va être de répondre
33:08à une problématique sociétale,
33:10environnementale, sociale,
33:12la question de comment
33:13on va s'organiser
33:15vient quand même
33:16assez rapidement derrière
33:17et le fait que ça peut
33:20sembler naturel
33:21pour certains
33:22de se dire,
33:22oui, on va s'organiser
33:23en coopérative.
33:25Moi, je l'ai souvent entendu,
33:26je l'ai entendu
33:27des fondateurs de l'ANEF
33:28qui se sont dit,
33:29ils ne se sont pas dit
33:30on va faire une coopérative
33:31dans le monde bancaire,
33:32ils se sont dit
33:32on va introduire
33:34de la transparence,
33:35de la non spéculation,
33:37du financement
33:38de projets à impact
33:39et le statut naturel,
33:41le statut juridique naturel,
33:42ça sera la coopérative.
33:44Et il y a un jeu
33:46de communication
33:47entre qu'est-ce qu'on veut
33:49véhiculer,
33:49qu'est-ce qu'on veut porter
33:50comme raison d'être
33:51et comme projet d'entreprise
33:53et comment on s'organise
33:55au moment d'entreprendre
33:56qui je pense
33:57est assez fort.
33:58Olivier,
33:59vous partagez le point
34:00de vue de chaîne
34:00sur la dimension
34:00entrepreneuriale
34:01des coopératives ?
34:02Oui,
34:03et peut-être
34:04en vous écoutant
34:05tout ce parler-là,
34:07je me disais,
34:08même dans les entreprises
34:09un peu classiques,
34:10on parle beaucoup
34:10d'écosystème,
34:11il faut aller voir
34:12un peu les choses
34:13sous tous les angles,
34:14les fournisseurs,
34:15les clients.
34:17Nous,
34:17dans notre fonctionnement,
34:18les collèges
34:20dans les prises de décision,
34:21c'est exactement ça.
34:22C'est-à-dire que vous avez
34:23les producteurs,
34:24vous avez les collectivités,
34:25vous avez les clients,
34:25vous avez les salariés.
34:27Et donc,
34:27en fait,
34:28finalement,
34:28de façon presque génétique,
34:31la façon dont on est organisé,
34:33c'est déjà l'écosystème
34:34dans lequel on se trouve.
34:36Et le...
34:37Enfin,
34:38moi,
34:39j'ai créé
34:40quelques entreprises,
34:41mais plutôt
34:43personnelles
34:43ou avec
34:44une ou deux,
34:45trois autres personnes.
34:47Faire écosystème,
34:48c'est très compliqué.
34:49C'est très compliqué
34:50parce que vous avez toujours
34:51cette tension un petit peu
34:52entre eux.
34:53Moi,
34:53j'ai investi dedans
34:54et qu'il faut que j'aille
34:55partager la valeur différemment.
34:56Quand vous avez déjà
34:58constitué votre espace
35:00avec cet écosystème-là
35:01et que vous mettez
35:02le partage de valeur
35:03ou la question
35:04du partage de valeur
35:05qui soit monétaire
35:07ou non
35:07au centre
35:08et que c'est comme ça
35:09que vous prenez vos décisions,
35:11là,
35:11clairement,
35:12je pense que tout le monde
35:12devrait pouvoir en arriver.
35:14Et si au moins,
35:15on peut avoir des valeurs
35:16qui diffusent un petit peu ailleurs
35:17sur ce principe
35:19d'écosystème
35:19et de partage de valeur,
35:20alors là,
35:21tu perds.
35:22Chahine,
35:23parmi les préjugés
35:25les plus tenaces
35:26quant aux coopératives,
35:27il y a celui
35:28selon lequel
35:29elles ne font pas de bénéfices.
35:31Les coopératives
35:32peuvent faire des bénéfices.
35:33Ce sont des entreprises privées
35:36du secteur marchand,
35:38donc qui sont des entreprises commerciales
35:40et qui vont réaliser
35:41un chiffre d'affaires,
35:42qui vont réaliser
35:43un résultat net,
35:46un résultat
35:47et un excédent de gestion.
35:50mais sur lequel
35:51il y aura peu
35:52ou pas du tout
35:53de coûts du capital.
35:55Donc,
35:55c'est pour ça
35:55qu'on ne parle pas de bénéfices,
35:56on parle plutôt
35:57d'excédent de gestion,
35:57mais c'est la même chose.
35:58On réalise un résultat
36:01duquel
36:01on a peu ou pas
36:03à enlever
36:03un coût du capital.
36:05Donc,
36:05ça,
36:05c'est en tout cas
36:06du capital actionnarial.
36:08Donc,
36:09en fait,
36:09on a des entreprises
36:10qui font de...
36:11des entreprises coopératives
36:12qui font de très beaux résultats.
36:15Et pour autant,
36:15on parle de lucrativité limitée
36:17qui est un des autres piliers.
36:18Bien sûr,
36:19la lucrativité,
36:19qu'est-ce que c'est ?
36:20Ce n'est pas le fait
36:21d'avoir un résultat positif.
36:23Ce n'est pas le fait
36:25d'avoir un chiffre d'affaires
36:27qui est supérieur
36:27à ses dépenses.
36:28C'est le fait de répartir.
36:30C'est le lucre,
36:31c'est la rémunération de l'argent.
36:33C'est l'argent pour l'argent.
36:33Donc,
36:34c'est le fait
36:35de ne pas ou peu
36:37rémunérer
36:38le capital
36:39pour le capital.
36:40Donc,
36:40l'essentiel des résultats
36:42doivent aller
36:43en réserve.
36:44Ça ne veut pas dire
36:45qu'ils sont bloqués
36:45et qu'ils ne servent plus à rien.
36:46Ils servent au fonctionnement
36:48de l'entreprise,
36:48évidemment,
36:48comme par contre.
36:50Ils sont réinvestis.
36:50Ce qui la rend plus robuste.
36:52Et le reste
36:53doit être...
36:54Enfin,
36:54ne peut pas être...
36:55C'est ce qu'évoquait
36:56plutôt Léo,
36:58Miranda,
36:59c'est que
36:59le reste
37:00ne peut être
37:02que marginalement
37:03reversé aux actionnaires.
37:04On a l'exemple
37:04de ces derniers jours
37:07où l'entreprise
37:09Total Energy
37:09qui a fait
37:11des résultats records.
37:13L'an passé,
37:14il y a eu
37:14101%
37:15des résultats
37:16réalisés
37:17qui ont été
37:18distribués
37:18aux actionnaires.
37:20101%.
37:21Ça,
37:22ce n'est pas possible
37:22dans une coopérative.
37:23C'est possible
37:24dans très peu
37:24d'entreprises
37:25par ailleurs
37:26qui fonctionnent
37:26en prise
37:27avec d'autres réalités.
37:29Mais dans une coopérative,
37:31c'est strictement impossible.
37:33Léo,
37:33pour une banque coopérative
37:34comme la NEF,
37:35ça veut dire quoi ?
37:36Qu'est-ce que vous faites
37:36de vos bénéfices ?
37:37Alors,
37:38qu'est-ce qu'on fait
37:38de nos bénéfices ?
37:39J'ai déjà donné
37:39quelques éléments
37:41tout à l'heure
37:41puisqu'on a acté
37:43une résolution
37:44qui vise à d'abord
37:46réinvestir
37:47essentiellement
37:47dans l'outil de production.
37:49Donc,
37:50on met en réserve.
37:52Par rapport
37:53à une banque classique,
37:54qu'est-ce que ça change
37:54dans vos décisions
37:55d'investissement,
37:56de financement ?
37:58Ce que ça change,
37:59c'est qu'on va
38:01faire en sorte
38:02de mettre en avant,
38:03et ça encore,
38:04c'est une décision
38:04qui a été partagée
38:05avec nos sociétaires,
38:06la pérennité de la structure
38:07sur des décennies.
38:09Donc,
38:09c'est l'idée
38:10qu'on a eu une crise,
38:11on a été en difficulté,
38:13les réserves
38:14qu'on avait accumulées
38:15les années d'avant
38:15nous ont permis
38:16quand même
38:16de passer cette crise-là
38:18et aussi
38:18la position des sociétaires.
38:20Il faut qu'on prévoie
38:21pour la suite
38:22s'il y a une nouvelle crise
38:24à un moment donné
38:25qu'on puisse être
38:26suffisamment robuste
38:27et ça nous permet
38:29aussi
38:30de pouvoir
38:32continuer à investir.
38:33On parlait
38:33de changement d'échelle,
38:34nous on est
38:34à l'aube
38:35d'un changement d'échelle
38:36qui va être quand même
38:36assez significatif,
38:38on va élargir
38:40assez fortement
38:40notre gamme
38:41de produits et services.
38:42Aujourd'hui,
38:43on n'a pas encore
38:44de compte courant
38:44avec carte bancaire
38:45en tant que banque
38:47de plein exercice
38:48et ça va arriver
38:49sur nos deux marchés principaux,
38:50le marché des entreprises
38:51et le marché des particuliers
38:54et donc on a besoin
38:55d'argent pour ça.
38:55En fait,
38:56il faut impérativement
38:57que cet argent
38:57ne sorte pas
38:58de la coopérative
38:59et qu'il reste
38:59le plus possible
39:01et on a les outils
39:03juridiques
39:03et aussi les décisions
39:04qui ont été prises
39:05au travers
39:06des différentes assemblées
39:07générales passées
39:08pour pouvoir justement
39:09faire en sorte
39:10que 70-80%
39:11des résultats
39:12qu'on va générer
39:13puissent être vraiment
39:14réinvestis
39:15dans les prochaines années.
39:16On pourrait se donner
39:17quelques exemples
39:18en matière d'innovation
39:18notamment parce qu'on a
39:19trois secteurs d'activité
39:20Chahine pourra peut-être
39:21compléter avec un quatrième
39:22et j'aimerais bien le faire
39:23pour Norcisse
39:24parce que nous il se trouve
39:25que dans le numérique
39:26aujourd'hui on est très percuté
39:27forcément par l'intelligence
39:28artificielle générative
39:29qui s'impose
39:30de façon assez
39:32très intense
39:33très débridée
39:34peut-être un peu violente
39:35parfois en certains aspects
39:36et dans nos vies
39:36au-delà de l'entreprise
39:37d'ailleurs
39:38et je vais montrer
39:39par l'illustration
39:40et par l'innovation
39:40comment nous on est en train
39:41d'adresser ça
39:42grâce au fait que
39:43même si on n'est pas coopératif
39:44cette idée certaine
39:45du partage du pouvoir
39:46et de la valeur
39:46nous amène
39:47à des décisions
39:48peut-être différentes
39:49de ce que font
39:49la majorité des acteurs
39:50c'est-à-dire
39:50on y va tous azimuts
39:52on développe des offres
39:53on verra plus tard
39:53pour les problèmes environnementaux
39:55voire sociaux
39:55que ça posera
39:56première chose
39:57c'était de dire déjà
39:58tous les salariés formés
39:58à l'esprit critique
39:59face à l'IA
40:00on faisait avançant
40:01on fera peut-être
40:02mieux demain avec
40:03mais pas si on se prémunit pas
40:04d'une dépendance cognitive
40:06qui à long terme
40:06va de toute façon
40:07nous coûter beaucoup
40:08on crée une IA souveraine
40:09interne, sobre
40:10dans un modèle léger
40:12pour pouvoir commencer
40:13à s'en servir
40:14sur des cas d'usage métier
40:15bien spécifique
40:16mais pas n'importe comment
40:17et pas sur tout et n'importe quoi
40:18on a des clients
40:19qui nous demandent d'ailleurs
40:20de commencer à les aider
40:20à faire la même chose
40:21et je vais prendre
40:22un exemple concret
40:23qui montre que
40:24même cette décision
40:25qui peut paraître antinomique
40:26avec la tendance marché globale
40:27elle peut devenir
40:28un modèle pour demain
40:29c'est qu'on a des collectivités
40:31territoriales
40:31qui sont parmi les clients
40:32de Norcis historiques
40:33qui nous disent
40:33voilà
40:34nous on voudrait développer
40:35des nouveaux services numériques
40:36pour nos administrés
40:37on manque de ressources
40:38pour le faire
40:39il y a une dette publique
40:40qui est abyssale etc
40:41donc on aimerait
40:42s'appuyer sur l'IA
40:42et donc nous on a créé un dispositif
40:44avec du contrôle humain
40:45à chaque étape importante
40:46pour créer par exemple
40:47des assistants
40:48qui permettent de répondre
40:49à des questions
40:49que les administrés d'un territoire
40:50se posent
40:51mais en garantissant
40:52qu'il n'y aurait pas
40:52les biais cognitifs reproduits
40:54qui feraient par exemple
40:54que les populations sous-représentées
40:56seraient discriminées
40:56dans ces services
40:57et ça je suis sûr
40:58que c'est la force
40:59de Norcis Demain
41:00l'ANEF s'affiche
41:01comme la banque éthique
41:02nous on veut être
41:03l'acteur du numérique
41:04qui casse les codes
41:05pour un numérique plus éthique
41:06et je pense qu'il y a
41:07des exemples comme ça
41:08que nos invités
41:09pourraient nous donner
41:12et les entreprises là
41:13elles génèrent beaucoup
41:13de valeurs sociétales
41:15Olivier vous avez un exemple
41:16à donner ?
41:17J'en ai un
41:17j'en ai plusieurs même
41:19il y a quelques années
41:20Enercop a fait des résultats
41:21assez importants
41:22pour sa taille
41:24en tout cas
41:24et s'est posé la question
41:26toute l'année
41:26de savoir ce qu'on faisait
41:28avec ça
41:28et encore une fois
41:29avec cet écosystème
41:31entre de quoi bénéficient
41:32les clients
41:33où est-ce qu'on veut
41:34investir pour demain
41:35on investit beaucoup
41:35sur la production
41:36par exemple les compétences
41:37pour développer des projets
41:38de production
41:39on a financé aussi
41:41assez beaucoup plus fortes
41:43un des acteurs
41:44qui est avec nous
41:45en partenariat
41:46qui s'appelle
41:46énergie solidaire
41:47qui avait été créé
41:48par Enercop au départ
41:49et qui fait de la lutte
41:50contre la précarité énergétique
41:52il y a eu plusieurs discussions
41:54comme ça
41:55autour de
41:56finalement
41:57comment on prépare
41:58l'avenir
41:58qu'est-ce qu'on peut faire
41:59tout de suite
42:00et cette discussion là
42:01s'installe aussi
42:02en transparence
42:03avec les conseils
42:04d'administration
42:04qui sont quand même
42:05représentants aussi
42:07des différents sociétaires
42:08et je vous donne
42:09un dernier exemple
42:10qui est
42:11pour la première fois
42:12je crois il y a deux ans
42:13on a commencé à rémunérer
42:14les parts sociales
42:16il y a eu tout un débat
42:17autour de
42:18est-ce qu'on rémunère
42:19ou pas
42:19les parts sociales
42:21il y a le oui
42:22qui l'a emporté
42:23pour des coopératives
42:24et d'autres coopératives
42:25qui ont décidé
42:25de ne pas le faire
42:26mais dans celles
42:27qui l'ont faite
42:28il y a eu une deuxième question
42:29qui est arrivée
42:30par exemple
42:30est-ce que vous voulez
42:31qu'on vous verse
42:32vos quelques euros
42:32ou est-ce que vous voulez
42:33qu'on fasse un projet
42:34avec Carnage Solidaire
42:35en Auvergne-Alpes
42:36les sociétés ont choisi
42:38ce projet-là
42:39et on se dit
42:41que même après
42:41au lieu de la rémunération
42:42on a la possibilité
42:44d'aller repenser
42:45la répartition
42:46du capital
42:47différemment
42:49Chahine
42:49il nous reste plus
42:50beaucoup de temps
42:50qu'est-ce qui manque
42:51aujourd'hui
42:52qu'est-ce qui bloque
42:52pour que les coopératives
42:54changent d'échelle
42:55c'est une compréhension
42:56du modèle d'abord
42:57il y a deux points importants
42:58il y a la compréhension
42:59du modèle
43:00et pour
43:01l'ensemble
43:02de nos concitoyens
43:03et plus spécifiquement
43:05aussi pour
43:06nos décideurs
43:06politiques
43:07et banquiers
43:08parfois
43:09banquiers publics
43:10j'entends
43:10notamment
43:11qu'on a envie
43:12de voir plus
43:13plus intéressés
43:15à l'outil coopératif
43:17mais aussi
43:18les administrations publiques
43:19où il y a parfois
43:20des
43:21l'information
43:22qui n'est pas
43:23diffusée
43:24sur le modèle coopératif
43:25il y a encore
43:26de très vieilles
43:26représentations
43:28et dans le grand public
43:30en tant que consommateur
43:31en tant que
43:33investisseur citoyen
43:34en tant que potentiellement
43:35entrepreneur
43:38coopératif
43:38il y a besoin
43:39qu'une grande partie
43:40de la population
43:42se découvre
43:43un peu plus
43:43c'est d'avoir un imaginaire
43:44en fait
43:45il y a une grosse partie
43:46d'imaginaire
43:46il y a un deuxième point
43:47ça a été évoqué
43:49plutôt
43:50c'est la question
43:51du financement
43:54pour plein de projets
43:55il n'y a pas besoin
43:56d'avoir accès
43:57au marché financier
43:59spécifiquement
44:00pour pouvoir créer
44:01une coopérative
44:02pour pouvoir créer
44:02une entreprise
44:04justement
44:04le collectif
44:05qui se réunit
44:06permet de mettre
44:08le capital de départ
44:09et pour des projets
44:11qu'on veut voir grandir
44:11un peu plus
44:12un peu plus ambitieux
44:13ou qui ont
44:14une forte consommation
44:15une forte dépendance
44:16capitalistique
44:17et bien
44:18là on a besoin
44:19qu'effectivement
44:20les acteurs publics
44:21jouent pleinement
44:21leur rôle
44:22on sait qu'aujourd'hui
44:24les entreprises
44:25de l'économie sociale
44:26et solidaire
44:26dont font partie
44:27les coopératives
44:31reçoivent moins
44:32d'aide
44:34proportionnellement
44:35que les autres entreprises
44:36c'est un rapport
44:37de la Cour des comptes
44:37de septembre dernier
44:38qui nous a informé
44:39de ça
44:41c'est pas une question
44:43d'avoir plus d'aide
44:44c'est une question
44:44de changer
44:45les mécanismes réglementaires
44:47exactement
44:47avoir des mécanismes
44:48qui soient plus adaptés
44:49et puis un peu moins
44:51de fermeture parfois
44:52sur des représentations
44:54de nos interlocuteurs
44:55sur ce que c'est
44:56qu'une coopérative
44:58Léo Olivier
44:58sur ce qui bloque encore
45:00ce qui bloque
45:01il y a
45:01pour moi
45:03c'est une prise de conscience
45:04aussi un peu citoyenne
45:06sur
45:07on l'a un peu évoqué
45:08en fait
45:09dans des coopératives
45:10il en existe
45:10de toute taille
45:11mais dans les principaux
45:13secteurs d'activité
45:14dont on a besoin
45:15tous les jours
45:15là on parle
45:16de l'énergie
45:17et de la banque
45:17ici autour de la table
45:18vous avez des représentants
45:20des structures
45:21sous forme coopérative
45:23qui peuvent répondre
45:23à des besoins aussi
45:26triviaux
45:27et quotidiens
45:28qu'avoir un compte
45:29en banque
45:29ou avoir accès
45:31à un fournisseur
45:32d'électricité
45:33et Chahine en a évoqué
45:35beaucoup tout à l'heure
45:36c'est une prise de conscience
45:38citoyenne
45:38que en fait
45:39dans tous les compartiments
45:40de notre vie quotidienne
45:41on peut faire appel
45:42à des coopératives
45:42pour s'alimenter
45:44se chauffer
45:46s'habiller
45:47voilà
45:48ça existe
45:49et donc
45:51c'est à la fois
45:51la prise de conscience
45:52citoyenne
45:52mais c'est aussi
45:53la médiatisation
45:53forcément
45:54mettre plus en avant
45:55le fait que
45:56des solutions
45:57sont possibles
45:58et que c'est
45:59pas que des coopératives
46:01un peu obscures
46:02très très locales
46:03en fait on a vraiment
46:04des coopératives
46:04de taille nationale
46:05qui peuvent répondre
46:07vraiment à des besoins
46:08très importants
46:09on a reçu ici
46:10précédemment
46:10et qui fait un peu de bruit
46:12c'est qui le patron
46:13qui était venu
46:14à expliquer
46:14comment il crée un modèle
46:15pour que le consommateur
46:16c'est largement médiatisé
46:17qui essaie d'expliquer
46:20à quel point
46:20le consommateur
46:21a un pouvoir
46:22de décision
46:23et d'influence
46:23en votant
46:25par son acte d'achat
46:26en l'occurrence alimentaire
46:28mais ça en fait partie
46:29on a entendu récemment
46:30le cas aussi
46:32très médiatique
46:33de cette Madeleine de Proust
46:35de nombreux écoliers
46:36qui est Duralex
46:38qui a été repris
46:40dans de très anciennes écoles
46:43repris en coopérative
46:44par les salariés
46:45et qui du coup
46:46une coopérative
46:47mais c'est un cas
46:48un peu emblématique
46:49récent
46:50ça peut aussi être
46:51une solution
46:52de sauvetage industriel
46:53c'est d'abord
46:54une solution pour tout
46:56et parfois
46:56et évidemment
46:57c'est une solution
46:58finalement
46:59mais je ne voudrais pas
47:00qu'on limite
47:01ça a été parfois
47:01présenté comme ça
47:02comme la solution
47:03de dernier recours
47:04c'est une solution aussi
47:05de premier recours
47:06et ça je pense
47:08que j'insiste dessus
47:09mais complètement
47:10c'est là où
47:12des modèles
47:13d'ailleurs c'est pas le cas
47:14il y a eu d'autres
47:15non il y a de nombreux cas
47:16ça c'est plus récent
47:17éléphant
47:19éléphant
47:19ouais
47:19éléphant
47:20éléphant
47:211336
47:21maintenant
47:22effectivement
47:23les glaces
47:24la belle de l'aude
47:26etc
47:27des produits textiles
47:29bergères de France
47:31aussi
47:31enfin voilà
47:32il y a pléthore d'entreprises
47:33qui ont été
47:34sauvées, reprises
47:35et développées
47:36en coopérative
47:37et pas uniquement
47:38sur une année ou deux
47:40le cas des anciens téléphants
47:42qui s'appellent maintenant
47:431336
47:4411 ans
47:44de reprise
47:46en coopérative
47:48Olivier
47:48c'est le mot de la fin
47:49ce sera le mot de la fin
47:50quel honneur
47:51de cette séquence
47:52de cette séquence
47:53simplement pour revenir
47:54ce qu'on disait tout à l'heure
47:55et peut-être un petit mélange
47:57de ce qui a été dit jusque là
47:58être en coopérative
48:00ça veut pas dire
48:01qu'on n'est pas professionnel
48:02ça veut pas dire
48:03qu'on n'est pas solide
48:03ça veut pas dire
48:04qu'on n'a pas les compétences
48:06et effectivement
48:07là aujourd'hui
48:08on se retrouve souvent
48:09par exemple
48:09nous on est une activité
48:11qui est assez capitalistique
48:13puisqu'on développe
48:13des projets de production
48:14sur plusieurs millions d'euros
48:15souvent
48:16ou quelques centaines de milliers
48:17il faut arriver
48:18à les faire financer
48:19ce qui est assez drôle
48:20c'est que dans le financement
48:22qu'on voulait faire
48:23sur des projets
48:24où on achetait
48:24sur très long terme
48:25on était obligé
48:26d'aller chercher
48:27nos financements
48:27dans d'autres pays
48:28qu'en France
48:29pourquoi ?
48:30parce que ces modèles là
48:31sont plus répandus
48:33et qu'ils sont plus naturels
48:35et que donc
48:36vous avez des acteurs économiques
48:37ou des acteurs financiers
48:38qui ont une appétence aussi
48:40pour ce risque
48:41qui le connaissent
48:42et la difficulté
48:43sur laquelle on peut être nous
48:44c'est que finalement
48:45il y a encore un peu
48:47cette image
48:47que c'est presque
48:48une assaut
48:49un peu de quartier
48:51mais les coopératives
48:52c'est pas ça
48:52on est la plus grande
48:53cycle de France
48:55aujourd'hui
48:55il y a 300 personnes
48:57qui travaillent
48:57chez Enercop
48:58qui font de la production
48:59des services énergétiques
49:00de la fourniture d'électricité
49:02qui font
49:02une entreprise
49:04c'est une vraie entreprise
49:05et donc il y a effectivement
49:06une approche
49:07du capital différente
49:09mais ça veut pas dire
49:10qu'on n'est pas
49:11beaucoup plus résilient
49:12que les autres
49:12et je refais la boucle
49:14avec nos sociétaires
49:15au départ
49:16qu'est-ce qui est plus résilient
49:17que des gens qui se mobilisent
49:18quand on en a besoin
49:20personne
49:21et on a cette force
49:22et on a cette chance
49:23merci
49:24merci d'avoir coulé sur
49:25Alix peut-être
49:26je vais faire un petit aparté
49:28puisque bon
49:29on termine le retour terrain
49:30et on se projette
49:31sur le pari d'avenir
49:32je voudrais faire un retour terrain
49:33en parlant des coulisses
49:34de l'émission
49:34et en faisant un pari d'avenir
49:36en l'occurrence
49:37le fait que peut-être
49:38certaines en particulier
49:39se demandent
49:39que diable avons-nous fait
49:40pour avoir 4 hommes
49:41autour de la table
49:41aujourd'hui
49:42auprès de toi
49:43qu'ils sachent
49:44que nous essayons
49:44systématiquement
49:45d'être à parité
49:46sur chaque émission
49:46parfois le hasard
49:48fait mal les choses
49:49mais que ces personnes
49:50sachent aussi
49:51que la précédente émission
49:52était 100% féminine
49:53et le pari d'avenir
49:53c'est que je crois savoir
49:54que la prochaine
49:55sera de nouveau 100% féminine
49:56si nous ne sommes pas paritaires
49:57à chaque émission
49:58nous le sommes au global
49:59et ça c'est un engagement
50:00que j'avais pris dès le départ
50:01et heureusement
50:01je suis toujours là
50:02on passe à la dernière séquence
50:09et comme à chaque fois
50:10on termine avec le pari d'avenir
50:11un moment pour découvrir
50:12une initiative
50:13un outil
50:13ou une actualité
50:14qui vous inspire
50:15et on commence avec vous Léo
50:17merci
50:18alors on a pas mal parlé
50:20de coopération
50:21de démocratie
50:22en entreprise
50:24moi l'initiative
50:24qui m'inspire
50:25beaucoup
50:26ces derniers mois
50:27c'est plutôt
50:29des initiatives
50:30qui ont été prises
50:31par des groupes
50:32de citoyens
50:32alors on sort un peu
50:33du champ
50:34de la coopération
50:35et de la coopérative
50:36mais il y a eu
50:37des mobilisations citoyennes
50:39un peu dans genre nouveau
50:40autour de la 69
50:42par exemple
50:43des thématiques
50:44très très variées
50:45contre la loi Duplomb
50:46ou même plus récemment
50:49avec des inquiétudes
50:50autour de ce que va
50:51devenir l'ADEME
50:52puisqu'il y a des attaques
50:53qui sont régulièrement
50:55dont l'ADEME
50:56est régulièrement ciblée
50:57et sans parler du fond
50:58je trouve que c'est des
50:59initiatives qui résonnent pas mal
51:01avec ce qu'on vit aussi
51:02au sein de nos coopératives
51:05puisque là c'est des formes
51:06de démocratie un petit peu nouvelle
51:07où les citoyens essayent
51:10entre deux élections
51:11on pourrait dire
51:12entre deux assemblées générales
51:13dans une coopérative
51:15de faire entendre leur voix
51:16de participer au débat public
51:18et voilà
51:19moi ça m'amène beaucoup d'espoir
51:21de voir
51:21encore une fois
51:22sans revenir
51:23sur le fond
51:24de ces débats
51:26et de ces formes
51:28d'inquiétude
51:28de savoir
51:30qu'il y a des formes
51:31un peu renouvelées
51:32d'expression démocratique
51:33qui traversent
51:34notre société
51:36et voilà
51:37qui résonnent beaucoup
51:37encore une fois
51:38avec ce qu'on peut vivre
51:39au quotidien
51:39dans nos coopératives
51:41Merci Léo Miranda
51:44Olivier
51:45Oui alors pour moi
51:46je vous ai parlé tout à l'heure
51:47de local
51:48je vous ai parlé
51:49d'entraide
51:50et moi j'habite à Rennes
51:51je ne suis pas
51:52je ne suis pas parisien
51:53aujourd'hui
51:54je voulais vous parler
51:55de deux initiatives
51:56que je trouve absolument magnifiques
51:58qui sont très ancrées
51:58dans le territoire
51:59la première
52:00s'appelle
52:01Cœur résistant
52:02qui est une association
52:03en fait
52:04pour les gens
52:04qui sont
52:05sans domicile fixe
52:07les gens qui sont à la rue
52:07et qui organisent
52:09eux-mêmes
52:09leur propre maraude
52:10qui organisent eux-mêmes
52:11l'alimentation
52:13des gens qui sont à la rue
52:13donc c'est pour la rue
52:14par la rue
52:15et je trouve que c'est
52:16un très très beau projet
52:18qui mobilise vraiment
52:19des gens
52:20c'est des bénévoles
52:20en fait on n'appelle pas ça
52:21des SDF ou autre chose
52:22c'est des bénévoles
52:23et donc c'est 100% local à Rennes
52:24et c'est 100% local à Rennes
52:26et puis c'est lié
52:27à un autre
52:27à une autre
52:30coopérative
52:30qui est juste à côté
52:31qui s'appelle
52:32la ferme du Turfu
52:33et qui fait
52:35de
52:35évidemment
52:36de
52:36l'alimentation biologique
52:40et cette alimentation biologique
52:41permet
52:42aussi
52:43d'alimenter
52:43cœur résistant
52:45je trouve qu'il y a des belles
52:46histoires locales
52:47comme ça
52:47qu'on perd peut-être
52:48un petit peu de vue
52:49quand on est loin
52:50et quand on est à Paris
52:51le local c'est beau
52:53merci beaucoup
52:54Chahine
52:55merci beaucoup
52:57vous parliez
52:58justement
52:58de
52:59la question de l'alimentation
53:00et en lien
53:01avec
53:01tout ce dont on a parlé
53:03pendant l'émission
53:03de démocratie
53:04dans l'économie
53:06il y a un dispositif
53:07qui n'arrête pas
53:09de se développer
53:09ces dernières années
53:10et qui moi
53:10me passionne
53:12c'est celui
53:12de la sécurité sociale
53:13de l'alimentation
53:14qu'est-ce que c'est
53:15c'est l'invention
53:16d'une nouvelle branche
53:17du régime général
53:19de sécurité sociale
53:21pour la solidarité
53:22en termes d'accès
53:23à l'alimentation
53:23de qualité
53:24on a beaucoup
53:25de discussions
53:26régulièrement
53:26sur
53:28ce que les consommateurs
53:30choisissent
53:30de bien
53:32ou mal manger
53:33avec des jugements
53:34moraux parfois
53:34qui sont apportés
53:35sur des situations
53:37matérielles
53:37qui sont en réalité
53:39difficiles
53:40et la sécurité sociale
53:42de l'alimentation
53:43c'est un projet
53:44qui est porté
53:44par plein de collectifs
53:45citoyens
53:45à travers la France
53:46pour créer
53:47des caisses
53:48de solidarité
53:49entre contributeurs
53:51volontaires
53:51pour l'instant
53:53et ainsi
53:54permettre
53:54d'avoir
53:55une carte
53:56et comment on y souscrit
53:57dans chaque territoire
53:59il y a différents types
54:00d'expérimentations
54:01avec des souscriptions
54:03qui sont
54:03de type universel
54:04tout le monde peut
54:05souscrire et bénéficier
54:06parfois c'est par condition
54:07de revenus
54:09le but étant
54:10de pouvoir construire
54:11la preuve de concept
54:12de quelque chose
54:13qui sera mis après
54:14à l'échelle
54:15pour que
54:16on ait
54:16comme on a notre carte vitale
54:18qui nous permet
54:18d'accéder à
54:19des médicaments
54:20et c'est bon
54:22pour l'ensemble
54:22de la société
54:23d'avoir
54:23les gens qui ont accès
54:25aux soins
54:25avoir que tout le monde
54:26ait accès
54:27à de la nourriture
54:29conventionnée
54:30sur des enjeux
54:31de qualité
54:31en revanche
54:32d'abord
54:32destinés
54:32aux plus précaires
54:33non
54:34l'enjeu
54:34c'est que ça soit
54:35destiné à tout le monde
54:35que ça soit universel
54:36pour que justement
54:37il n'y ait pas de stigmatisation
54:39dans cet acte d'achat
54:42solidaire
54:43merci beaucoup
54:44Thomas pour conclure
54:45une fois n'est pas coutume
54:46je propose qu'on essaye
54:47de boucler la boucle
54:48avec le lancement
54:49de notre émission
54:49en disant que
54:50s'il est entendu
54:51et on l'a vu aujourd'hui
54:52que dans l'idéal coopératif
54:54je pense qu'il y a
54:55certaines lignes rouges
54:56pour un pan du monde économique
54:57qui ne veut pas
54:58aller vers
54:59une personne
55:00une voie c'est-à-dire un vrai portage
55:01du pouvoir
55:02et sans doute aussi
55:03et surtout un vrai partage
55:04de la valeur
55:05il y a dans cet idéal coopératif
55:07je pense
55:07des fondements
55:07qui vont s'imposer
55:08au monde économique
55:09pour différentes raisons
55:10ces dernières années
55:11les modèles se tendent
55:13et se tendent même
55:13très fort
55:14face à des conjonctures
55:15et à des crises
55:16qui se répètent
55:16qui se superposent
55:17et lorsque l'on a
55:18des fonctionnements
55:19aussi démocratiques
55:20qu'on l'a évoqué aujourd'hui
55:21lorsque l'on a
55:22des prises de décisions
55:22qui tendent vers davantage
55:23de long terme
55:24lorsqu'on est capable
55:25de décider ensemble
55:26parfois de choses difficiles
55:27mais qu'elles sont
55:28beaucoup plus acceptables
55:29parce qu'elles sont aussi
55:30le fruit de partage
55:32des richesses créées
55:32qui est large
55:33et bien je pense
55:34que c'est un des fondements
55:35du modèle coopératif
55:36qui fait qu'il existe
55:36depuis 200 ans
55:37et qui garantit sans doute
55:39qu'il existera encore
55:39dans 200 ans
55:40là où beaucoup d'entreprises
55:41aujourd'hui sont en difficulté
55:42donc même si elles ne deviennent pas
55:44des entreprises coopératives
55:45demain je suis persuadé
55:46que le partage du pouvoir
55:47de la valeur
55:48le respect du temps long
55:49etc.
55:49cette idée d'une personne
55:51une voix
55:51dans une certaine mesure
55:52s'imposera de plus en plus
55:54aux entreprises
55:54dernier point
55:55c'est le lien au territoire
55:56Olivier l'a beaucoup évoqué
55:58aujourd'hui
55:58de plus en plus d'entreprises
55:59sont en difficulté
56:00pour développer leurs activités
56:01principalement dans le domaine
56:02industriel
56:03parce que les habitants
56:04de ces territoires
56:05ne veulent plus
56:06de ces projets
56:06ils ne sont pas acceptables
56:07d'autant que quand ils créent
56:08de la richesse
56:09ils n'en bénéficient pas
56:10si ces projets se font
56:11de façon coopérative
56:12je suis certain
56:12qu'ils pourront avoir lieu
56:13et donc il s'imposera
56:14aux entreprises
56:15voilà le pari d'avenir
56:16Merci Thomas
56:17merci pour cette chouette conclusion
56:18à dans deux semaines
56:19comme d'habitude
56:20merci
56:20Chahine Faïk
56:21secrétaire générale
56:22des licornes
56:23merci à vous
56:24Léo Miranda
56:26et merci à vous
56:28Olivier Soufflot
56:29directeur général délégué
56:30d'Enercop
56:30merci à Alexis Mathieu
56:33aux manettes de cette émission
56:34et à très bientôt
56:35sur Bsmart for Change
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