- il y a 19 heures
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Avec Laurent Moisson, co-fondateur des FFI, entrepreneur et investisseur (FFI = Forces Françaises de l'Industrie)
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NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Bienvenue sur Sud Radio en ce mercredi 6 mai 2026, il est 13h04, le face à face de la France
00:13dans tous ses états.
00:15Je reçois Laurent Moisson pour parler d'un sujet qui nous tient tous à cœur, produire et consommer en France.
00:21Évidemment c'est dans la bouche de tous les hommes politiques maintenant.
00:26Comment réindustrialiser ce pays ? Mais tout le monde en convient pendant des années.
00:30C'était un sujet tabou et quand on allait un petit peu trop loin, on se traitait de souverainisme, de
00:35xénophobe,
00:36qu'on se reformait sur nous-mêmes, qu'on était hostiles justement à l'ouverture et au progrès.
00:40Et aujourd'hui, tous les élites, que ce soit des économistes, des politiciens, des universitaires,
00:45conviennent qu'effectivement, en tout cas on a le droit de poser la question.
00:48Et Laurent Moisson la pose avec son associé Gilles Attaf et son cofondateur des FFI.
00:53Alors je dis, ce n'est pas les forces françaises de l'intérieur pourtant, qui a résisté, qui étaient les
00:57forces de la résistance.
00:58C'est une force de résistance.
01:00Les FFI, c'est les forces françaises de l'industrie.
01:02Parce qu'on en est là, Laurent Moisson, on est dans une situation de résistance.
01:05Et pourtant, et pourtant, vous qui prêchiez autrefois dans le désert, voilà, chez les sourds et les aveugles,
01:12aujourd'hui cette idée que portent les forces françaises de l'industrie de réindustrialiser la France,
01:17de produire en France, de consommer français, est une idée qui fait son chemin.
01:21Comment cette évolution s'est faite ?
01:22Par le constat du réel, tout simplement, d'une classe politique qui ne voulait pas voir et qui a compris
01:26que c'était ça l'enjeu ?
01:27Exactement. Je pense que c'est Lacan qui dit ça, qui dit le réel, c'est quand on se cogne.
01:31Donc on s'est cogné deux fois.
01:32Il y a eu la crise des gilets jaunes, qui a été récupérée par des partis, etc.
01:36Mais enfin, la crise des gilets jaunes, c'est quoi ?
01:38C'est la France de la désindustrialisation, qui au bout d'un moment, n'en pouvant plus, exprime sa colère
01:44et se retrouve sur des ronds-points.
01:45Le problème est antérieur, on est bien d'accord.
01:47Exactement.
01:47Elle a commencé quand la désindustrialisation ? En gros.
01:50Celle qui nous fait mal aujourd'hui, il y en a toujours eu un petit peu.
01:52Alors, en fait, le premier signal, c'est, on va dire, puisqu'on est dans l'actualité du choc pétrolier,
01:57c'est le premier choc pétrolier.
01:5873 ?
01:59Voilà. Donc à partir de 73, il y a une France qui se rend compte que son modèle de production,
02:04qui était très basé sur le pétrole, était finalement, dans sa chaîne de valeurs, en danger.
02:10Donc il y a eu de bonnes réactions avec l'électrification, avec les centrales nucléaires, où on a accéléré beaucoup
02:16de choses comme ça.
02:17Mais à l'époque, ça a créé des problèmes de compétitivité.
02:22Ensuite, il y a eu du chômage, et le chômage a commencé, même sous Giscard, on le dit souvent, Mitterrand,
02:26etc.
02:26Ça a commencé sous Giscard, avec un traitement un peu social des choses, qui a fait que les charges sociales
02:31et les dépenses sociales ont monté.
02:33Ça a rendu, j'allais dire, la copie des entreprises un peu moins productive.
02:41Et puis les choses se sont ensuite accélérées avec l'alternance, avec l'arrivée du pouvoir de François Mitterrand.
02:48Où là, les choses ont été carrément, j'allais dire, où l'entreprise était suspecte.
02:52Mais droite et gauche, ensuite, n'ont pas démoli ce système-là.
02:57Donc on peut dire, oui, la gauche, oui, la droite, ce n'est pas ça le sujet.
03:00C'est un système qui s'est mis en place, et qui a fait que, progressivement, la France s'est
03:04désindustrialisée.
03:06Je ne dirais pas sous les ouras, mais avec un certain consentement d'une élite politique qui disait, finalement, le
03:15monde a changé.
03:16On est passé dans un mode qui est post-industriel et post-travail.
03:19Ça, c'est Christian Saint-Etienne, qui est un économiste bien connu, qui le développe.
03:23Et donc, avec cette, on va dire, cette vision des choses, en disant, voilà, le capitalisme, c'est derrière nous.
03:29Et donc, on n'a pas vu la troisième révolution industrielle, qui est celle de l'information.
03:32Je me souviens, j'étais adolescent, quand il y avait des grands noms qui fermaient, Péchiné, Eugene Kuhlman, Usine Nord
03:38Dunkerque,
03:38ces grands noms de l'acidurier du Nord, on nous expliquait que c'était la modernité, que c'était le
03:42passé,
03:43et que la France allait vers une époque nouvelle avec des services.
03:47On allait créer des emplois modernes, plus conformes à notre époque, et que, voilà, le béton, l'acier, le charbon,
03:52tout ça a été terminé.
03:53La facture, aujourd'hui, elle est dramatique, parce qu'en fait, on a désindustrialisé en remplaçant par du virtuel, du
03:59fictif, de l'éphémère.
04:01Rien qu'il soit de vrais emplois marchands. Le problème, il est bien là.
04:05Alors, il y a eu la création de tout un tas de métiers qui n'existaient pas, ça c'est
04:10absolument indéniable.
04:11Quand vous regardez les chiffres, on a perdu, par rapport à cette époque, début des années 80, à peu près
04:162 millions d'emplois industriels.
04:18On a créé, par contre, à peu près 2 millions d'emplois dans la fonction publique.
04:23Donc, on a eu un traitement, je peux comprendre, quand on ne connaît pas comment fonctionnent les industries...
04:29C'est des emplois qui coûtent et qui ne rapportent rien, on est d'accord.
04:32Alors, en tout cas, c'est ce qu'on constate aujourd'hui, à l'époque, beaucoup de gens pensaient, à
04:38droite et à gauche, encore une fois,
04:39que créer des emplois dans la fonction publique, ça allait créer une richesse marchande.
04:43Bon, force est de constater...
04:44Du consommateur, du consommateur qui paye des impôts, qui paye des charges sociales et qui consomme.
04:48Exactement. Alors, après, il y a de la création de richesses, de services, de choses comme ça.
04:52Le service public, ça sert à quelque chose, mais ce n'est pas marchand, ce n'est pas taxable, et
04:56par contre, ça coûte.
04:57Donc, vous vous retrouvez avec des emplois qui coûtent à la collectivité, et moins d'activités taxables parce que marchandes,
05:04et donc, vous avez un déséquilibre là-dessus.
05:06Et on importe de l'étranger à bas prix des produits que l'on ne fabrique plus en France.
05:13Quand M. Mittal rachète Arcelor, pourquoi peut-il racheter Arcelor ?
05:18Parce que Arcelor est au bord de la faillite, c'est-à-dire que l'acier français est trop cher,
05:22et lui amènerait une technologie de l'Inde qui rentabiliserait cette production d'acier en France.
05:28Ça, on n'aurait pas su le faire à sa place.
05:30Alors, c'est des questions qui sont extrêmement complexes,
05:34mais vous avez d'abord, je veux dire, une posture qui est celle que vous avez décrite,
05:40qui est une certaine méfiance par rapport aux métiers, on va dire, manuels, industriels,
05:46j'allais dire la tradition de pensée française.
05:48On a fait la révolution, mais on pense encore comme des aristocrates.
05:51Le secteur secondaire, on appelle ça le secteur secondaire.
05:53C'est l'intendance, c'est des choses qui sont un peu vulgaires.
05:57On a un système scolaire qui a été très basé sur l'élitisme,
06:00on va dire avec des gens qui devaient manier l'abstraction, etc.
06:03On n'a pas vu toute l'intelligence manuelle qu'il y avait, et tous ces talents qu'on avait.
06:08Donc, on a dénigré un petit peu ça,
06:12et j'allais dire, d'un point de vue quasi philosophique et en tout cas culturel,
06:16c'était des métiers qu'il ne fallait plus faire, il fallait s'en libérer.
06:19On a demandé à l'éducation nationale de transformer tous ces enfants en bacheliers,
06:25puis en diplômés des études supérieures.
06:30Aujourd'hui, on a énormément de jeunes qui sont surdiplômés,
06:35à qui on a expliqué que ça allait être formidable,
06:38la clé de la réussite sociale, c'était le diplôme,
06:40et en fait, il ne trouve pas de boulot.
06:43Il n'y a pas le boulot qui a le diplôme formidable.
06:45On a le morceau de papier, et on n'a pas l'activité qui va avec.
06:48Et à côté de ça, vous n'avez plus de soudeurs, pas assez,
06:50vous n'avez plus de chaudronniers,
06:51vous n'avez plus d'un certain nombre de métiers techniques très bien payés,
06:55beaucoup mieux payés que dans les services,
06:57voire mieux qu'un bac plus 5 qui sort d'une voie de garage quelconque.
07:04Et donc, vous avez une dichotomie,
07:06un désalignement total entre la promesse qu'on a fait à des gens
07:09qui sont désenchantés, qui sont très frustrés,
07:13parce qu'ils disent, le système ne marche pas, on m'a menti.
07:16Et d'un autre côté, ils auraient été très très bien,
07:19pour un certain nombre, à faire des métiers plus proches
07:21de l'industrie, du secteur marchand, de tous ces métiers-là.
07:24Et tout ça, en fait, c'est une philosophie,
07:27qui a donné un système.
07:28Et le système continue à fonctionner,
07:30même si la philosophie, en tout cas le discours autour de cette philosophie, a changé.
07:33On le voit bien.
07:34Alors, l'or-moi, vous êtes surtout invité aujourd'hui pour avoir écrit et publié
07:38« Comptes et légendes de la réindustrialisation » aux éditions Les Déviations.
07:42Tome 1, « La France s'en va en guerre, oubliant ses munitions. »
07:46« Comptes et légendes de la réindustrialisation ».
07:48Donc, il y a des contes de la réindustrialisation,
07:51et il y a aussi des légendes.
07:52Dis tout ça en deux mots.
07:53Le titre, vous verrez dans le bouquin, je parle aux auditeurs,
07:59parce que je suis certain qu'ils vont l'acheter.
08:01Vous allez voir que je manie souvent l'ironie,
08:04parce qu'en fait, nous avons des postures ridicules.
08:08Quand vous avez autant de gens qui prétendent qu'ils vont tout faire pour réindustrialiser,
08:15et quand vous regardez ce qu'ils font,
08:16ce qu'ils font passer comme loi, comme règlement, comme décret,
08:21et comment est-ce qu'ils traitent les sujets
08:24qui ont produit la désindustrialisation,
08:26vous vous rendez compte que c'est de l'affichage.
08:29Alors, on n'est plus dans le déni,
08:30parce qu'à une époque, comme vous le disiez au début d'entretien,
08:34on n'en parlait pas, voire même on disait
08:35« C'est finalement très bien, on va devenir un politique tertiaire,
08:38et donc on sera libéré de ces métiers qui sont si durs, etc. »
08:41Enfin, comme si la France était encore sous joueur.
08:42Et qu'il se permettait d'alerter, passer tout de suite
08:45pour quelqu'un qui était un rétrograde, un passéiste,
08:47qui voulait enfermer la France sur elle-même.
08:48Exactement. Ou alors, lutte des classes,
08:52patron, machin, truc, etc.
08:54Bon. Donc, on a oublié toute la noblesse de ces métiers-là.
08:57Ouvrier, moi je rappelle aux gens,
08:59ouvrier au Moyen-Âge jusqu'à la Révolution industrielle,
09:01c'était des métiers haut de gamme.
09:04Noble, on peut dire noble, presque.
09:05Tout à fait. Ça vient de œuvre.
09:07Ouvrier, œuvre, c'est pareil.
09:08C'est le même champ lexical.
09:10Bon, en fait, on a dit
09:12« Oh là là, si tu travailles mal à l'école, tu seras ouvrier. »
09:14Bon, ok, super.
09:15Moyennant quoi, on a aujourd'hui des ouvriers super pointus
09:17que le monde entier nous envie,
09:20qui viennent d'ailleurs chercher chez nous,
09:21et ça fonctionne très bien pour eux.
09:24Donc, en fait, moi, mon propos est de dire
09:28« Réindustrialiser », c'est pas un slogan.
09:30On ne la décrète pas.
09:31C'est-à-dire, c'est tout un système,
09:33l'industrie, c'est un écosystème qui est complexe,
09:35avec des problématiques de filière.
09:37Vous ne pouvez pas produire un bout
09:39sans que l'autre bout de la chaîne de valeur
09:42soit sourcée par d'autres.
09:43Vous avez, si vous voulez,
09:46si je résume,
09:46l'industrie, c'est plusieurs choses.
09:49C'est de la matière
09:50qu'on transforme avec de l'énergie,
09:53des machines,
09:54c'est-à-dire du capital,
09:55et du travail,
09:57de la main-d'oeuvre.
09:58Ça, on l'a en France ?
09:59On a tout ça, par contre,
10:00et en plus, il faut que tout ça,
10:02ça se passe dans une usine.
10:03L'usine, il faut la construire sur un terrain.
10:05Bon, vous avez cinq choses.
10:06Ces cinq éléments-là,
10:07en France, c'est les plus taxés au monde.
10:09Les plus taxés au monde.
10:10Ou parmi les plus taxés au monde.
10:11Vous prenez les matières premières,
10:14on refuse de forer ça dans notre sous-sol.
10:17Alors, pardon,
10:18on commence à le faire,
10:19il y a eu dans les 150 projets cathédrales,
10:22Imeris,
10:23avec la mine de lithium dans l'Allier,
10:26on modifie...
10:26Parce qu'on a un patrimoine géologique, évidemment.
10:28Et puis, quand vous allez un petit peu plus loin,
10:31notamment, je rappelle que la France,
10:32c'est l'un des plus grands domaines maritimes du monde.
10:34En plus.
10:35Voilà, donc on a beaucoup de choses à faire,
10:36mais on se bouche un peu le nez en disant
10:38« Ouais, est-ce que tout ça, c'est pas bon ? »
10:41Moi, je vois pas pourquoi
10:43utiliser nos matières premières à nous, en France,
10:46c'est plus mauvais pour le réchauffement climatique
10:48que d'utiliser celles qu'on nous vend.
10:49On est bien, on est bien d'accord.
10:50Donc c'est pareil, c'est complètement neutre.
10:52Voire même, si c'est nous qui le faisons,
10:54on va le faire avec un peu plus de conscience
10:55que dans certains pays
10:57où c'est des enfants qui bossent
10:58et où on utilise des produits énergétiques
11:04qui sont absolument pas décarbonés.
11:06Absolument.
11:07Donc ça, si vous voulez,
11:07si vous prenez les mines,
11:09on se bouche le nez.
11:11Ensuite, on transforme avec des machines,
11:13c'est du capital.
11:13Le capital, c'est un gros mot chez nous.
11:15Ensuite, on fait ça avec de l'énergie.
11:17Énergie est beaucoup plus taxée en France qu'ailleurs.
11:20Et ensuite, il nous faut du travail.
11:22Le travail, c'est pareil.
11:23On n'a plus de grosses charges sociales.
11:24On a tout ça.
11:25À la fin, et en plus, on ne peut plus construire des usines
11:27parce qu'on a une loi zéro artificialisation, nette des sols.
11:30On a le cocktail de l'échec.
11:31Je reçois Laurent Moisson,
11:34auteur de Contes et légendes de la réindustrialisation,
11:38cofondateur des forces françaises de l'industrie,
11:39avec Gilles Attaf.
11:41Son ouvrage porte de cette...
11:42Et nous parlons évidemment de réindustrialisation.
11:45Produire en France, consommer français,
11:46c'est l'enjeu du moment.
11:47On sait que la présidentielle arrive
11:48et que c'est dans la bouche de tous les futurs
11:50et hypothétiques candidats.
11:52Bien sûr, c'est un sujet qui vous touche.
11:53Produire et consommer en France,
11:55certainement au niveau de vos emplois,
11:56de votre famille,
11:57des artisans qui sont autour de vous.
11:58Vous connaissez peut-être des industriels
11:59qui se battent pour sauver ce territoire
12:02et ces emplois.
12:02Appelez-nous, réagissez.
12:04L'antenne est à vous.
12:05Vous appelez Laurent Moisson
12:06qui sera ravi d'échanger avec vous
12:07ou d'éclairer vos lumières
12:11d'un sursaut économique
12:12avec de la réindustrialisation
12:14sur son territoire.
12:15Vous restez sur Sud Radio.
12:16Vous nous appelez au 0826 300.
12:19300.
12:19A tout de suite.
12:22Midi 14h, Sud Radio.
12:24La France dans tous ses états.
12:26Péricault et Gass.
12:28Vous êtes bien sur Sud Radio.
12:30Il est 13h20.
12:31Vous êtes dans le face-à-face
12:32de la France dans tous ses états
12:33et je reçois Laurent Moisson,
12:35cofondateur de FFI,
12:37les forces françaises de l'industrie.
12:38Et nous discutons,
12:40j'allais dire,
12:41à bateau,
12:42à fleur et bouche tée
12:44sur les enjeux économiques
12:45que supposerait une réindustrialisation
12:47de la France.
12:48Contes et légendes de la réindustrialisation,
12:50c'est le titre de l'ouvrage
12:51qu'a écrit Laurent Moisson
12:53avec son sous-titre
12:54La France 120 en guerre
12:55oubliant ses munitions.
12:56On va en dire un petit mot
12:58aux éditions.
12:59Les déviations.
13:00Laurent Moisson,
13:01l'idée fait son chemin.
13:03Il faut réindustrialiser le pays.
13:05Là, on vient de faire un bilan
13:05des raisons pourquoi
13:06on est arrivé là.
13:07Ce gâchis,
13:07cette irresponsabilité.
13:10Voilà.
13:10On remplaçait le secteur primaire
13:11qui était l'agriculture.
13:12On parlait du secteur secondaire
13:14qui était l'industrie.
13:15Et maintenant,
13:15le secteur tertiaire,
13:16on nous a dit
13:16qu'on ne va faire que des services
13:17et ça sera le meilleur des mondes.
13:19Tout le monde sera très heureux.
13:19Le cauchemar et le fiasco
13:21est total.
13:22On a vraiment les moyens.
13:24Alors, il y a deux temps.
13:25Il y a les moyens
13:26de réindustrialiser,
13:28les à volonté de le faire ensuite.
13:31Et je dis à ceux qui nous écoutent
13:33que c'est un sujet
13:34qui les concerne personnellement.
13:35Appelez-nous au 0826 300 300.
13:38Laurent Moisson tient aujourd'hui
13:40des explications et les clés
13:42de l'avenir économique de la France.
13:44Où on va vers cette réindustrialisation,
13:45on n'y va pas.
13:46Et je sais que vous êtes vous
13:47dans vos territoires
13:48qui nous écoutez.
13:49Vous êtes de près ou de loin
13:50touchés par cet enjeu fondamental.
13:52Est-ce qu'on peut reproduire français
13:53et consommer français ?
13:54Alors là, je...
13:55Voilà.
13:56Produire français,
13:56vous avez expliqué, on peut.
13:58Est-ce qu'il y a la volonté politique
14:00de le faire ?
14:01Comment on acquiert
14:02cette volonté politique ?
14:03Alors, par un mot
14:05qui est très simple
14:07et qui est parfaitement absent
14:08du jeu politique actuel
14:10qui s'appelle le courage.
14:11Oui, ça c'est une idée
14:13qui revient souvent
14:14du fait que nous manquons de courage
14:15pour certains...
14:16Exactement.
14:16C'est-à-dire que...
14:17Pour certains enjeux.
14:18Vous voyez, en ce moment,
14:19il y a beaucoup de réflexions,
14:21notamment au niveau des industriels,
14:23des patrons,
14:24qui disent, bon,
14:24il va y avoir un débat compliqué
14:26sur le budget.
14:27On a vu le précédent.
14:28Il va y avoir la campagne.
14:30Donc, ça va être un petit peu
14:32la grande machine à laver
14:33au concours du n'importe quoi
14:35sur l'économie.
14:36Donc, les gens commencent
14:37à se dire
14:38comment on peut se positionner,
14:39comment on peut répondre.
14:40Donc, on a les moyens
14:43de réindustrialiser.
14:44Encore faut-il le vouloir.
14:46Et on a des tonnes
14:48et des tonnes de rapports.
14:49C'est-à-dire que...
14:50Je ne sais pas combien
14:51de think tanks,
14:53de règles et codes,
14:54jusqu'aux institutions patronales,
14:57jusqu'au travail remarquable
14:59qui est fait,
15:00notamment en commission
15:01par l'Assemblée nationale
15:02ou par le Sénat.
15:03Vous avez une commission économique
15:04qui travaille très bien.
15:05On a entendu à peu près
15:07tout le monde s'exprimer
15:08depuis quelques années.
15:09On va dire,
15:10depuis les gilots jaunes
15:10où on s'est rendu compte
15:11que là,
15:12il y en avait un petit problème
15:13de production
15:13et de souveraineté économique.
15:16Donc, moi, je dirais
15:17et je citerais par exemple
15:18l'ouvrage d'Olivier Luanzi
15:20qui s'appellerait
15:20« Industrialiser le défi
15:22d'une génération ».
15:23Vous prenez ce bouquin.
15:25Vous l'appliquez.
15:26Pour moi, c'est la suite
15:26un peu du rapport gallois.
15:29C'est-à-dire,
15:30tout est écrit, justifié.
15:32Bon, vous pouvez challenger
15:32un ou deux points.
15:33Enfin, l'essentiel
15:34est quand même là
15:35et ça fait consensus.
15:36Le point, c'est
15:37à quel moment
15:38on va avoir
15:39un personnel politique
15:41qui va dire
15:42« On va le faire ».
15:42Parce que derrière,
15:44ça veut dire
15:44démonter tout le système
15:46qui a produit
15:48la désindustrialisation.
15:49Vous ne pouvez pas...
15:50En fait, il ne faut pas
15:51chercher l'idée nouvelle.
15:52Il faut se dire
15:53qu'est-ce qui a fait
15:53qu'avant la France
15:54a réussi à s'industrialiser
15:56et pourquoi
15:56est-ce qu'à un moment
15:57elle s'est désindustrialisée.
15:58Si vous n'avez pas
15:59traité les mots
16:00de la désindustrialisation,
16:02vous n'aurez pas
16:02de réindustrialisation.
16:03Il n'y a pas...
16:04Vous voyez, on n'est pas
16:05dans la tech
16:05où on peut sauter
16:06une génération
16:08et se dire
16:08« Bon, on s'en fiche,
16:09c'est un nouveau monde,
16:10on fait ça ».
16:11Non, vous avez besoin
16:12d'avoir des chaudronneries,
16:14des assieries,
16:15de la chimie.
16:16Si on continue
16:18à s'atrophier
16:19sur les fondamentaux,
16:22vous n'aurez pas,
16:23j'allais dire,
16:24de création d'usines
16:26super sur les nouveaux
16:28produits,
16:28nouvelles générations
16:29parce que,
16:29j'allais dire,
16:3080% de la valeur ajoutée
16:32de ces machins-là,
16:33de ces belles innovations,
16:35dépendent
16:36des fondamentaux
16:38de l'industrie.
16:39Laurent Moisson,
16:41tout ça est très clair.
16:42Il y a deux étapes
16:43à franchir
16:43pour se mettre en place.
16:44un, qu'il y ait
16:46de la part,
16:48j'allais dire,
16:48de nos relations internationales,
16:50l'Europe,
16:51la mondialisation,
16:51il faut la repenser.
16:54Sans aller jusqu'au
16:55mot protectionnisme,
16:56il faut protéger
16:56ce patrimoine français
16:57que l'on...
16:58Il faut le défendre.
16:59Il faut le défendre.
16:59Et ensuite,
17:00il faut que le peuple français
17:01consomme.
17:02Il faut qu'il y ait
17:02une consommation locale.
17:04Tout ça est tout à fait
17:04envisageable.
17:05Mais ça passe par
17:06des dispositions,
17:07des réformes politiques,
17:08des discours,
17:09bien entendu,
17:10et des actes très précis.
17:12Est-ce qu'on peut repenser
17:12l'Europe
17:13sur la base
17:14de la préférence communautaire
17:15qui était le principe
17:16du traité de Rome
17:16où quand même
17:18on fait du commerce
17:18entre nous
17:19et on protège
17:20nos patrimoines industriels
17:21et agricoles au passage
17:22et ensuite,
17:23est-ce qu'on peut avoir
17:23une consommation européenne
17:24qui soit protégée
17:26des concurrences déloyales
17:27de produits
17:28qui viennent de l'extérieur
17:29qui ruinent nos industries
17:30qui détruisent nos emplois ?
17:31Est-ce que ces discours-là
17:32qui est simple
17:33comme bonjour
17:34pourra un jour
17:34se mettre en place
17:35de façon institutionnelle ?
17:36Alors, plus on est de fous
17:37autour de la table,
17:39moins on se met d'accord.
17:39C'est un peu le problème.
17:41Donc 27,
17:41c'est plus compliqué
17:42que 15 ou 12.
17:43C'est ça.
17:44Alors, surtout
17:44quand vous avez
17:45des pays
17:47qui ont un intérêt
17:50bien compris
17:51à ne pas jouer
17:52ce jeu-là.
17:53Je pense à l'Allemagne.
17:54Alors, vous pouvez
17:54penser à l'Allemagne
17:56dans une certaine mesure.
17:57Qui évolue.
17:58Qui évolue, exactement.
18:00Parce que, en fait,
18:01si vous voulez,
18:02on pose souvent la question
18:03est-ce qu'il y a
18:04de la naïveté européenne ?
18:05Oui, sans doute un peu.
18:06Mais il y a surtout
18:07de la naïveté française
18:08par rapport à l'Europe.
18:09C'est-à-dire que...
18:11On a des bons élèves.
18:12On a toujours joué les yeux.
18:13Mais c'est une sorte de mythe.
18:14Et nous sommes les dindons
18:15de la farce.
18:16Voilà.
18:16Et quand vous commencez
18:17à dire non,
18:17il faut réformer des choses,
18:18on vous dit que vous êtes
18:18anti-européens.
18:19Ça a été ça pendant 20 ans.
18:21Exactement.
18:21Rappelez-vous les seguins,
18:22les machins, les trucs.
18:23Ce n'était pas des gens
18:23anti-européens.
18:24C'était des gens qui voulaient
18:26une Europe
18:27où on avait quand même
18:28un petit peu le manche.
18:29Tout le monde y trouvait son compte.
18:30Exactement.
18:30Donc, quand vous envoyez
18:31des super pro-européens
18:33qui sont tellement pro-européens
18:34qu'ils ont perdu
18:35tout rapport
18:37avec leur pays d'origine,
18:39ils ne vont pas le défendre.
18:40Donc, le sujet,
18:41c'est que si vous envoyez
18:42des gens
18:43qui se sentent citoyens européens
18:45avant citoyens français
18:45à Bruxelles
18:46pour défendre notre biftec,
18:48il n'est pas défendu.
18:49Et les autres le font.
18:50C'est-à-dire que l'Allemagne,
18:52on peut reprocher
18:52beaucoup de choses à l'Allemagne,
18:53elle défend son industrie.
18:54Ils sont patriotes.
18:56Exactement.
18:57Vous prenez la Hollande
18:58qui est un grand pays
18:59d'import-export
19:00qui a tout intérêt
19:01à ce qui n'est pas de...
19:02Ils jouent sur tous les tableaux.
19:03Ils sont patriotes
19:04et ils profitent
19:05des importations.
19:06Exactement.
19:06Donc, dès qu'il y a des failles
19:07comme ça,
19:08dès que nous,
19:08on ne va pas défendre notre truc
19:09parce qu'au sein
19:11de notre propre pays,
19:12on n'est même pas d'accord.
19:13Vous prenez le nucléaire,
19:13le nucléaire a été raillé
19:14en France
19:16pendant deux décennies quasiment.
19:17Enfin non,
19:18disons une.
19:19Une décennie,
19:19montré du doigt,
19:20insulté.
19:21Maintenant,
19:21c'est machine arrière-toute
19:22pour reconstruire
19:23ce qu'on a détruit.
19:23Et c'est les mêmes
19:24qui reconstruisent
19:25ce qu'ont fermé Fessenheim.
19:26Enfin, vous voyez,
19:27donc,
19:27on sait un peu quand même
19:30avant de critiquer
19:31complètement l'Europe
19:32qui est critiquable
19:33pour plein de raisons.
19:36On a un mal français
19:37qui est celui un peu
19:38que je pointe dans mon bouquin
19:39qui est de dire
19:40les postures c'est super
19:42mais à un moment donné
19:43il faut qu'on fasse les choses.
19:44Vous y faites allusion
19:45et notamment l'acte unique
19:46de 1986
19:48avec Jacques Delors
19:49qui a ouvert la porte
19:50en disant
19:51il n'y a pas de mètre
19:52sans casser les oeufs
19:52on ouvre le marché
19:53au marché européen
19:55au marché international
19:55il y aura un peu de casse
19:57mais finalement
19:57on va y gagner.
19:58Le bilan est catastrophique.
20:00Bah oui,
20:00parce que si vous faites ça
20:02ça veut dire
20:02que vous devez vous mettre
20:03dans une situation
20:04de compétitivité.
20:06C'est pour ça
20:06que les Allemands
20:07par exemple
20:08qui ont travaillé
20:09leur compétitivité
20:10qui ont réussi
20:10à monter en gamme
20:11et qui sont aujourd'hui
20:12sur des...
20:13Enfin,
20:14hier,
20:14parce qu'aujourd'hui
20:15maintenant ils sont
20:16concurrencés
20:16même dans le haut de gamme
20:17par la Chine,
20:18etc.
20:18Ah bah oui,
20:19par leur faute
20:19ils ont vendu
20:20des brevets avec.
20:21Exactement
20:22mais on l'a tous fait
20:22j'allais dire.
20:24Aujourd'hui
20:25il n'est plus protégé
20:26donc c'est pour ça
20:27que comme vous le disiez
20:28on va avoir probablement
20:30un peu plus consensus
20:30parce que l'Europe
20:32était devenue
20:32une merveilleuse machine
20:34à vendre des voitures
20:35allemandes
20:36dans le monde entier.
20:37Voilà.
20:38Aujourd'hui
20:38ils n'en vendent plus en Chine
20:39ils ont du mal aussi
20:40avec leur industrie
20:42lourde
20:42où c'est beaucoup plus compliqué
20:44et même avec
20:45leur industrie
20:45plus technologique
20:46les machines outils
20:47des choses comme ça
20:48où non seulement
20:49les Chinois
20:52achètent moins allemands
20:53voire quasiment plus
20:54mais en plus
20:55ils exportent en Allemagne.
20:57Pour expliquer
20:58on vendait de la Mercedes
20:59et de Volkswagen
21:00sans problème
21:01quel que soit le prix
21:01parce que c'était
21:02la qualité allemande
21:03eux ils n'avaient pas
21:03de problème d'exportation
21:04et de commerce extérieur
21:06mais on ne vendait pas
21:07Renault et Peugeot
21:07de la même façon.
21:08Et eux nous ont dit
21:09pour protéger
21:10par exemple
21:11mon marché
21:11de Mercedes et Volkswagen
21:12il ne faut pas
21:13contrarié les Chinois
21:14on ne fait pas
21:14de panneau phonovoltaïque
21:15mais vous verrez
21:16vous aurez aussi
21:17une petite compensation
21:18on n'a eu que dalle ?
21:19On n'a eu que dalle
21:20et puis prenez un autre sujet
21:22le Mercosur
21:23là ce n'est pas la Chine
21:24mais c'est la même démarche
21:27on sacrifie
21:28l'agriculture française
21:30pour les intérêts
21:31automobiles allemands
21:32donc moi je n'en veux pas
21:33entre guillemets
21:34aux Allemands
21:34ils font leur job
21:35bon il y a des moments
21:36où il va falloir
21:38Madame van der Leiden
21:39est allemande
21:40ce n'est pas la joie
21:41non ce n'est pas la joie
21:42mais à un moment donné
21:43ils nous tordent le bras
21:44enfin ce n'est même pas
21:45qu'ils nous tordent le bras
21:45c'est qu'ils arrivent
21:46on dit s'il vous plaît
21:47on peut faire ça
21:47ils disent oui
21:48pour des raisons européennes
21:48bah non
21:49on se lève
21:50et on dit
21:50bah non
21:51je veux bien ça
21:52mais contre ça etc
21:52et on ne se réveille pas
21:53au dernier moment
21:54alors qu'il y a des négo
21:56qui sont depuis 20 ans
21:57sur des traités internationaux
21:59en disant
21:59ah bah non
21:59là c'est plus possible
22:00mais ça a déjà
22:02franchi tout un tas d'étapes
22:03c'est beaucoup trop tard
22:04donc
22:05on doit
22:06nous français
22:07être clair
22:08sur notre modèle
22:09on ne peut pas
22:10gérer la France
22:11comme si
22:12on n'était pas en Europe
22:13et comme si l'Europe
22:14n'était pas une passoire
22:16et si on n'était pas
22:17dans la mondialisation
22:18donc soit on ferme tout
22:19je ne suis pas
22:20je ne suis pas pour
22:21enfin on peut avoir
22:22des éléments de protection
22:23en tout cas
22:23sur certaines choses
22:24au moins
22:25ne pas laisser
22:26les produits
22:27qui trichent
22:27rentrer
22:28c'est déjà ça
22:29on peut tout à fait dire
22:30vous êtes digne de confiance
22:32nous on vous vend ça
22:34on vous achète ça
22:35tout le monde est content
22:35et c'est la compétition
22:37mais c'est une compétition
22:38qui est loyale
22:39on sait aujourd'hui
22:40qu'il y a des pays
22:41qui trichent
22:42les pays qui trichent
22:43on leur dit
22:44tu ne rentres pas
22:45alors après
22:46évidemment
22:46il y a des mesures
22:47de rétorsion
22:47oui mais ça
22:48ça on sait bien
22:49mais il faut savoir
22:49ce que l'on veut
22:50je reçois
22:50je reçois
22:51Laurent Moisson
22:52auteur de
22:52Contes et légendes
22:53de la réindustrialisation
22:54aux éditions
22:55de la déviation
22:56le sous-titre c'est
22:57la France sans m'attendre
22:58oubliant ses munitions
22:59on en dira un mot
23:00je l'ai dit tout à l'heure
23:00vous nous appelez
23:01au 0826 300 300
23:03il est 13h30
23:04vous êtes sur Sud Radio
23:05la parole est à vous
23:06vous pouvez nous appeler
23:07évidemment pour discuter
23:08avec Laurent Moisson
23:09bien sûr que vous êtes
23:10concerné par ce problème
23:12au niveau des emplois
23:13est-ce que vous avez
23:14dans votre famille
23:14des gens qui ont perdu
23:15un emploi
23:15parce que la firme
23:16a été délocalisée
23:17est-ce que vous espérez
23:18aujourd'hui
23:19que la France
23:19pour un recréé de la richesse
23:20chez elle fondamentale
23:21en réindustrialisant
23:23par l'artisanat
23:24par une agriculture
23:24bien entendu
23:25et surtout
23:26est-ce qu'on peut
23:26consommer français
23:27en protégeant
23:28nos producteurs français
23:29en empêchant
23:30des produits étrangers
23:31qui n'ont pas
23:32les mêmes normes
23:32que les nôtres
23:33d'être importés
23:34sans toute impunité
23:35pour ruiner
23:35nos industries
23:36et nos emplois
23:36vous nous appelez
23:37au 0826 300 300
23:38à tout de suite
23:46vous êtes bien sûr
23:47sur le radio
23:48il est 13h35
23:49et vous avez
23:50la parole
23:51vous qui nous écoutez
23:52je suis avec
23:53Laurent Moisson
23:53auteur de
23:54Comptes et légendes
23:54de la réindustrialisation
23:55nous avons parlé
23:56comment
23:57voilà
23:57de réindustrialisation
23:58de sursaut
23:59d'économie française
24:00produire en France
24:01consommer français
24:02tout ça
24:03ce sont des enjeux
24:03qui sont au coeur
24:04du débat politique
24:05et Laurent Moisson
24:05me confirme
24:06que à la fois
24:07les grands patrons
24:07et nos élus
24:09viennent vers lui
24:10pour en savoir davantage
24:11peut-être que ce sera
24:12le discours dominant
24:13bientôt pour la prochaine campagne
24:14ça sera produire français
24:15réindustrialiser
24:16en tout cas protéger
24:17l'économie française
24:18nous avons Xavier
24:19qui nous appelle de Bordeaux
24:20bonjour Xavier
24:21vous avez une interrogation
24:23ça serait
24:24comment devenir compétitif
24:25à l'international
24:26sur le plan industriel
24:27en restant français
24:28on est d'accord
24:29c'est ça votre
24:30votre interrogation
24:31oui bonjour Perico
24:32bonjour Laurent Moisson
24:34écoutez
24:34je vous écoute attentivement
24:36le constat
24:37c'est qu'on a affaire
24:38à une situation mondiale
24:39où désormais
24:40on est dans une compétition
24:41internationale
24:41qui est beaucoup plus exacerbée
24:43qu'il y a 30-40 ans
24:44qu'on a des pays
24:45beaucoup plus compétitifs
24:47que nous
24:47c'est difficile
24:48de rivaliser
24:49avec ces pays là
24:50j'entendais des pistes
24:51de solutions
24:52évoquées par Laurent Moisson
24:53qui me semblent
24:54contestables
24:55quand on dit
24:55on va baisser les impôts
24:57ça va nous permettre
24:58d'être plus compétitifs
25:00en fait
25:00baisser les impôts
25:01le revers de la médaille
25:02c'est qu'on a
25:03un service public
25:04qui devient moins
25:05moins efficace
25:06on a moins de capacités
25:07d'investissement de l'état
25:08donc baisser les impôts
25:09ce sera pas
25:10la solution
25:11par ailleurs
25:12le protectionnisme
25:13c'est aussi séduisant
25:14comme solution
25:15mais le protectionnisme
25:17on voit comment ça
25:18ça fonctionne
25:19quand vous faites
25:19du protectionnisme
25:20à votre échelle nationale
25:21vous avez en face
25:23les pays adverses
25:24qui font aussi
25:25du protectionnisme
25:26donc ça tire tout le monde
25:27un peu vers le bas
25:28c'est difficile
25:29en même cas de faire
25:29uniquement du protectionnisme
25:31et ma question
25:32ce serait de savoir
25:32est-ce que les pistes
25:34pour relancer
25:35l'industrie française
25:36ce ne sont pas les suivantes
25:37c'est par exemple
25:38de se focaliser
25:40sur les industries
25:40de pointe
25:41sur lesquelles
25:41on a déjà de l'avance
25:42et sur lesquelles
25:43il faut rester en avance
25:44le nucléaire
25:46par exemple
25:47et aussi
25:48essayer d'aller exploiter
25:49on en a parlé
25:50vous en avez parlé
25:51les ressources naturelles
25:53françaises
25:54notamment avec
25:54l'espace maritime
25:55dont on dispose
25:56et enfin
25:57et surtout
25:58la robotisation
25:59est-ce que la France
26:00ne pourrait pas devenir
26:01pionnier
26:02un fer de lance
26:03de la robotisation
26:04parce que
26:04excusez-moi de vous dire
26:05mais l'ouvrier
26:06du 19e et du 20e siècle
26:08c'est fini
26:09on va avoir des usines
26:10au cours du 21e siècle
26:11qui seront composées
26:12essentiellement de robots
26:13donc comment Laurent Moisson
26:15voit l'avenir
26:16est-ce que ces pistes
26:17de solutions
26:17que je viens d'évoquer
26:18lui semblent pertinentes
26:19est-ce que Laurent Moisson
26:21on a les moyens
26:21aujourd'hui de s'adapter
26:22à la réalité internationale
26:24tout en préservant
26:25nos industries
26:26sur le plan énergétique
26:27et sur le plan
26:28de la main d'oeuvre
26:29alors il faut choisir
26:31entre préserver
26:32effectivement l'industrie
26:34le fait qu'il y ait
26:35des salariés
26:36qui soient payés
26:36par des entreprises
26:38qui soient compétitifs
26:39à l'international
26:39et ensuite
26:40une fuite en avant
26:41d'un modèle
26:43qui aujourd'hui
26:44est en train
26:45d'asphyxier tout
26:46moi je pense
26:47qu'il faut déjà
26:47sortir de l'idéologie
26:49et des grands principes
26:51il ne s'agit pas
26:52de dire
26:53je suis pour le libre-échange
26:54ou pour le protectionnisme
26:56le sujet
26:57il est de dire
26:57on joue
26:58avec des gens
26:59qui sont malins
27:02dans un univers
27:03comme vous l'avez dit monsieur
27:05qui est très complexe
27:06donc il faut
27:07des mesures techniques
27:10efficaces
27:10sans être dans le dogme
27:12de tout ouvert
27:13ou tout fermé
27:14je suis d'accord avec vous
27:15il ne sert à rien
27:16de se fermer
27:17une industrie
27:18qui va vouloir
27:19s'installer en France
27:20elle ne le fait
27:20pas uniquement
27:21pour adresser
27:23le marché français
27:24donc il faut pouvoir
27:26adresser l'Europe
27:26adresser tout un tas de trucs
27:27donc il faut avoir
27:28un certain niveau
27:29de compétitivité
27:30si vous décidez
27:31de ne toucher
27:32absolument à rien
27:33au modèle
27:33notamment au prélèvement
27:35et là
27:36je ne connais pas
27:36votre métier
27:37mais si vous voulez
27:38la première des choses
27:39à faire
27:39c'est d'aller voir
27:40ce qu'ils font
27:40vous allez voir
27:41les industriels
27:43c'est des gens
27:43qui sont pragmatiques
27:44et ils sont en face
27:45des concurrents
27:46que vous avez listés
27:48donc il ne s'agit pas
27:48d'aller voir
27:49les partis politiques
27:50de se souvenir
27:50qu'on est à droite
27:51à gauche
27:52qu'on est pro comme ci
27:53ou pro comme ça
27:53vous allez voir
27:54ces gens là
27:55vous allez voir
27:55les agriculteurs
27:56qui produisent des fraises
27:57qui produisent des choux
27:58et des carottes
27:59on va en parler tout à l'heure
27:59vous allez voir
28:00tous ces gens là
28:01et vous dites
28:02c'est quoi votre problème
28:03et bien tous
28:04moi j'ai fait ça
28:05j'ai fait des dizaines
28:07d'interviews
28:07on a reçu des dizaines
28:09et des dizaines
28:10de personnes
28:10dans tous nos clubs
28:11forces françaises
28:12de l'industrie
28:13ils viennent de partout
28:14il y en a qui votent
28:15d'un côté
28:15d'autres qui votent
28:16de l'autre et tout
28:16et vous allez voir aussi
28:17des gens
28:18des collectivités locales
28:20je ne vous parle pas
28:21du parti machin
28:22ou du parti truc
28:22qu'à Paris
28:23je vous parle
28:24du maire de Blois
28:25qui est un maire socialiste
28:27et vous prenez
28:28le maire d'une ville moyenne
28:30qui est LR
28:31ou je ne sais quoi
28:32ils ont des visions
28:33qui sont très proches
28:34parce que eux
28:34leur sujet
28:35c'est de maintenir
28:36les emplois
28:36là où ils sont
28:37bon
28:37quand vous avez fait ça
28:38je peux vous garantir
28:40qu'ils vous disent
28:40tous la même chose
28:41il y a trop de normes
28:43ça nous coûte cher
28:44ça nous retarde
28:45il y a trop
28:46de
28:47appeler ça
28:47taxes
28:49cotisations
28:50etc
28:50ils disent pas
28:51il n'en faut plus du tout
28:52il ne s'agit pas de dire
28:53ça y est
28:54on part
28:54dans les
28:55il faut garder
28:56celles qui sont utiles
28:58qui font fonctionner
28:59exactement
28:59vous prenez la France
29:00du général de Gaulle
29:01c'était un état fort
29:04interventionniste
29:05la France s'est créée
29:06autour de l'état
29:06on a fait les sécurités sociales
29:08ça a été une avancée majeure
29:10le problème
29:10ce sont les dérives
29:11si vous voulez
29:12c'est qu'on a mal géré
29:13ces bonnes idées
29:14que ça soit l'état français
29:15qui était censé être
29:17un état stratège
29:18si vous mettez
29:18un non stratège
29:19à la place du stratège
29:20ça donne des grandes catastrophes
29:21on a mis des gens pas compétents
29:23et je pense que
29:24beaucoup des narcs
29:24qui sont des gens
29:25pourtant qu'on fait
29:26de grandes études
29:26n'ont pas toujours pris
29:27les bonnes décisions
29:29nous avons Paul
29:31qui nous appelle de Damazan
29:32alors Paul lui
29:32il revient un petit peu
29:33ce que vous avez dit
29:34Laurent à l'instant
29:35il dit
29:36je suis producteur de fraises
29:37et de poivrons
29:38on produit beaucoup
29:39malgré tout
29:40on continue à acheter
29:40à l'étranger
29:42c'est ça qui vous choque Paul
29:43c'est les cons
29:44oui moi je suis
29:45bonjour Perigo
29:46bonjour M. Moisson
29:47bonjour Emmanuel
29:47bonjour aux auditeurs
29:48moi je suis producteur de fraises
29:50on fait des légumes
29:51on peut de céréales
29:51on fait du gavage de canard
29:53aujourd'hui on est confronté
29:54à des normes
29:55qui sont très compliquées
29:56à mettre en oeuvre
29:57qui sont coûteuses
29:58et qui ne rapportent rien
29:58en termes de production
30:00c'est surtout
30:01des normes de sécurité
30:02des normes
30:03de la paperasse
30:04et on se retrouve
30:05en concurrence
30:06avec la terre entière
30:07qui n'ont pas
30:08ces mêmes normes
30:08et qui ont accès
30:09à notre marché
30:09ce qui fait que nous
30:10il faut qu'on court le 100 mètres
30:12avec un sac à dos
30:12de 50 kilos
30:13c'est ça c'est le bon exemple
30:14on leur donne un lanceur
30:16pour leur faire accélérer
30:17l'accès à nos marchés
30:19et donc ce qui fait
30:20qu'aujourd'hui
30:20le sentiment qu'on a
30:21le protectionnisme
30:22et l'indépendance
30:23alimentaire
30:23c'est les gros mots
30:24on se rend compte
30:25que nos politiques
30:26ils nous passent la main
30:27dans le dos
30:27au moment des élections
30:28puis après ils nous oublient
30:29et on se rend compte
30:30qu'on a toujours
30:31plus de normes
30:32pour faire plaisir
30:33à quelques lobbyistes
30:34et ce qui fait
30:35qu'on détruit
30:36on détruit
30:36les filiers rentés
30:37et aujourd'hui
30:38nous l'agriculture française
30:39on est confronté
30:40à un problème
30:40à distance
30:41ça va être la reprise
30:42et l'exploitation
30:43parce que moi j'ai 63 ans
30:44et on est beaucoup
30:44entre 55 et 65 ans
30:46et aujourd'hui
30:47on va décourager des jeunes
30:48de reprendre
30:49les exploitations agricoles
30:50alors qu'il y a 10 ans
30:51c'était des filières d'excellence
30:52et ça devient très grave
30:54et les français
30:54vont manger de la merde
30:55importée
30:56excusez-moi le terme
30:57c'est le cas de dire
30:58non non mais
30:58c'est la réalité
30:59enfin Perico
31:00vous connaissez ça
31:01vous êtes expert
31:01absolument
31:03c'est dramatique
31:04Laurent Moisson
31:06c'est un vrai défi
31:07écoutez
31:08je pense que c'est
31:08une excellente illustration
31:10de ce qu'on vient de se dire
31:11j'ai pas répondu
31:12sur la partie robotique
31:14tout à l'heure
31:15mais la réponse est
31:16oui
31:16il faut tout faire
31:17en même temps
31:18bien sûr
31:18il faut robotiser
31:20bien sûr
31:20il faut se mettre
31:21aux normes là-dessus
31:22c'est-à-dire que
31:22le sujet n'est pas
31:23que les taxes
31:24ou que le protectionnisme
31:25il y a aussi
31:26des investissements
31:26à faire en productivité
31:27je ferme ce sujet
31:29je reviens sur les fraises
31:30sur l'agriculture en général
31:33s'il y avait
31:33une chose positive
31:34dans ce grand malheur
31:35qui est le nôtre
31:36depuis
31:36on va dire
31:37la dégringolade
31:39des années 80
31:40on va tous être
31:42dans le même bateau
31:42le problème de la France
31:44c'est qu'on ne s'occupe
31:45des problèmes
31:46que quand il nous arrive
31:46à nous
31:47donc vous avez
31:48plein de catégories
31:49différentes
31:49et on est divisé
31:51parce qu'on se dit
31:51ouais mais ça c'est
31:52le problème des industriels
31:53ça c'est le problème
31:54des agriculteurs
31:55ben là en fait
31:55on est tous dans le même
31:56problème
31:56le réel c'est quand on se choque
31:57et vous disiez
31:58la phrase d'assurance
31:59exactement
31:59le réel c'est quand
32:01on se cogne
32:01et donc
32:04même
32:05les grandes surfaces
32:06qui ont été
32:07des machines
32:08à délocaliser
32:09parce que
32:10c'était
32:10il faut importer
32:12à bas prix
32:12on allait chercher
32:12des produits pas chers
32:13des produits souvent
32:14interdits de fabrication
32:15en Europe et en France
32:16et on les importait
32:17voilà
32:17et donc ça
32:17ces acteurs là
32:19qui jusqu'à maintenant
32:20jouaient leur jeu
32:21en disant
32:22nous c'est pouvoir d'achat
32:23on est là pour que vous payez
32:24moins cher
32:24etc
32:25ben ouais
32:25elles ont tellement joué
32:27ce jeu
32:27et encore une fois
32:28elles avaient le droit
32:28il n'y a pas de problème
32:29moi je ne suis pas contre
32:30je dis simplement
32:31elles ont Amazon sur le dos
32:32maintenant
32:32maintenant elles ont Amazon
32:33elles ont chiine
32:34elles ont tému
32:35elles ont tout ça
32:36prise à leur propre jeu
32:37exactement
32:37on peut toujours trouver
32:39moins cher ailleurs
32:40donc la question c'est
32:42est-ce qu'il ne faut pas
32:43sortir d'une logique
32:44de pays
32:45de consommateur
32:46où dans la bouche
32:48de tous les candidats
32:49aux élections présidentielles
32:50c'est pouvoir d'achat
32:51pouvoir d'achat
32:51ok mais quel pouvoir d'achat
32:53est-ce qu'on fait
32:54un pouvoir d'achat
32:55à la Suisse
32:56où on a
32:56des prix chers
32:58mais des salaires
32:59très importants
33:00on paye bien les gens
33:01et vous avez une fiscalité
33:02qui le permet
33:03parce que
33:04vous n'avez pas une différence
33:05de 1 à 2
33:06entre votre net
33:07et votre brut
33:08enfin votre super brut
33:09ce que vous coûtez
33:10à l'entreprise
33:10c'est beaucoup plus bas
33:12donc ça veut dire
33:12que l'entreprise
33:13a les moyens
33:14de payer plus
33:14du coup le consommateur
33:16a les moyens
33:16d'acheter de meilleure qualité
33:18et surtout il a les moyens
33:19de respecter
33:20ce que lui-même
33:20demande à l'Etat
33:21parce que c'est là
33:22où on est schizophrène
33:23d'où mon bouquin
33:24où je me moque
33:24un peu de nous-mêmes
33:26on passe notre temps
33:27à demander
33:27protection
33:30à l'Etat
33:31va quand même vérifier
33:32ce que fait le voisin
33:33parce que je m'en méfie
33:34donc c'est des normes
33:35des machins
33:36des trucs
33:36à la fin
33:37vous agriculteurs
33:37vous industriels
33:38vous artisans
33:39vous supportez tout ça
33:41parce qu'on vous demande
33:41des normes
33:42on fait des contrôles
33:43tout le temps
33:43là je parlais avec un industriel
33:44le type il a créé
33:453000 emplois
33:46bon
33:48il sort d'un contrôle fiscal
33:49il y a 2 ans
33:50on lui recolle ça
33:51au bout d'un moment
33:52on dit
33:53il faut que t'aimes ton pays
33:54en plus il dit
33:54mais j'en peux plus moi
33:55bon
33:55donc tout ça
33:56c'est de la méfiance
33:57cette méfiance là
33:58c'est nous citoyens
33:59je veux dire
33:59votants
34:00qui mettons la pression
34:02à nos hommes politiques
34:03pour qu'ils nous contrôlent
34:05alors pas nous
34:05mais le voisin
34:06on leur mettra
34:07la pression
34:08voilà
34:09et donc en fait
34:09le point c'est
34:10revenons à une société
34:11de confiance
34:13lâchons un petit peu
34:16n'étons pas sur le dos
34:17des producteurs
34:18faisons-les un peu respirer
34:21ils vont reconstituer
34:22de la valeur
34:23c'est de la valeur
34:24qui va être taxable
34:25qui va leur permettre
34:26d'investir
34:26de gagner en productivité
34:27de mieux payer les gens
34:29ces gens là
34:30quand je disais
34:30les charges sociales
34:31et les choses comme ça
34:32si on en prend un peu moins
34:33pour notre système
34:34pas parce qu'on va arrêter
34:36notre système
34:37c'est pas ça le sujet
34:37le sujet
34:38il est d'arrêter
34:39les gaspillages
34:40il est d'être
34:41un peu plus efficace
34:43j'allais dire
34:43en gestion
34:44et ça
34:44tous les rapports le montrent
34:46on peut faire
34:47des gros progrès
34:48autrement dit
34:48un libéralisme
34:49intelligent
34:50faisons preuve de courage
34:51et de bon sens
34:53et pas un néolibéralisme
34:55régenté
34:55surtout pas de néolibéralisme
34:57et pas de technocrate
34:58et moi je dirais
34:59même sans aller
34:59jusqu'au libéralisme
35:00on va dire
35:02des Montesquieu
35:03et des
35:03enfin je vais dire
35:04des Lumières
35:06pardon
35:07de Tocqueville
35:08et d'Adam Smith
35:10nous ne sommes pas
35:11un pays
35:11libéral
35:12on est
35:13la France
35:14s'est construite
35:15en tout cas
35:15depuis la révolution industrielle
35:17avec un interventionnisme
35:18d'Etat
35:20assumé
35:20qui a très bien fonctionné
35:21pourquoi ?
35:22parce qu'il était concentré
35:23dans certains domaines
35:24avec une planification
35:25avec une planification
35:26et avec des rapports
35:28publics privés
35:28qui étaient très bien
35:29l'Etat était donné
35:31des impulsions
35:31et derrière
35:32il y avait des industriels
35:33des investisseurs
35:33des marchands
35:34ça c'est très bien
35:34donc des solutions
35:35des solutions existent
35:37pas d'Etat
35:38ça marche pas en France
35:38Laurent Moisson
35:39merci
35:39merci d'être venu
35:40vous pouvez rester avec nous
35:41parce qu'on continue
35:42à donner la parole
35:43à ceux qui nous appellent
35:44peut-être appelleront-ils
35:45toujours pour parler
35:46de votre sujet
35:47je rappelle le titre
35:49de votre ouvrage
35:49Comptes et légendes
35:50de la réindustrialisation
35:51aux éditions
35:52et les déviations
35:53et vous nous appelez
35:54au 0826 300 300
35:55vous pouvez parler
35:56de toute actualité
35:57de l'émission
35:58de la journée
35:58où on peut rester
35:59sur le thème
35:59de la réindustrialisation
36:01française
36:01produire et consommer
36:03en France
36:04à tout de suite
36:04sur Sud Radio
36:04Eric Olegas
36:06vous êtes bien sûr
36:07sur Sud Radio
36:08il est 13h50
36:10je reçois Laurent Moisson
36:11nous continuons à parler
36:12de réindustrialisation française
36:13produire et consommer
36:15en France
36:15et nous avons Fabrice
36:16qui nous appelle de Bordeaux
36:18Fabrice votre expérience
36:19elle était dans le secteur
36:20industriel
36:20c'est ça ?
36:21Patrice
36:22Patrice
36:23excusez-moi
36:24on m'a mal transcrit
36:25je suis très heureux
36:26merci de vous laisser la parole
36:27non je suis désolé
36:27je suis désolé
36:28on a mal compris votre prénom
36:29donc Patrice de Bordeaux
36:30non mais il n'y a pas
36:31il n'y a pas de mal
36:32bonjour
36:32bonjour Patrice
36:35je suis très heureux
36:36de vous avoir
36:37mon téléphone
36:38moi aussi
36:39vous avez travaillé
36:39alors moi oui
36:40j'ai travaillé dans l'industrie
36:43laquelle ?
36:43j'ai travaillé dans le domaine
36:45sur les chaînes d'un bouteillage
36:46dans le 20
36:46j'ai travaillé
36:47bon j'ai fait beaucoup
36:47de travail intérim
36:49dans ma vie
36:49j'ai travaillé dans le bâtiment
36:51dans les travaux publics
36:52mais beaucoup dans le 20
36:53je travaillais beaucoup
36:54dans le 20
36:55c'était sur les chaînes
36:56d'un bouteillage
36:57je crois
36:57ah bon
36:57donc c'est normal
36:58voilà
36:59oui
37:00et j'ai connu
37:00bon j'ai connu
37:01les années 70
37:02les années 70
37:03c'est le début
37:04vous savez
37:04des boîtes intérimes
37:05voilà
37:06le début
37:06de la désindustrialisation
37:09et tout ça
37:10donc c'est vrai
37:12que ça fait mal au coeur
37:12quand je vois
37:13notre pays
37:13comme il est
37:14et je suis parfaitement
37:15en phase
37:16avec votre monsieur
37:19Laurent Moisson
37:21les forces françaises
37:22de l'industrie
37:22retenez ce nom
37:23forces françaises
37:23de l'industrie
37:24parce que
37:26ce monsieur
37:26il parle
37:27moi je suis parfaitement
37:28en phase
37:28c'est le bon sens
37:29c'est du bon sens
37:30ce qu'il dit
37:31parce que
37:32moi j'ai vu
37:32notre pays
37:33qui s'est désindustrialisé
37:35et il faut dire
37:36que nous avons été
37:36gouvernés par des gens
37:38il y aurait
37:39beaucoup de choses
37:40à dire
37:40il y a la financiarisation
37:43de la société
37:43aussi
37:44qui a pris le dessus
37:45et on a été gouvernés
37:46aussi par l'idéologie
37:49on ne voulait plus voir
37:50on ne voulait plus voir
37:51d'usines
37:52on ne voulait plus voir
37:52parce que les usines
37:54ça pollue
37:54ça fume
37:55des ouvriers
37:56un ouvrier en bleu de travail
37:58c'est pas beau
37:58c'est ça
37:59c'est pas beau à voir
38:01donc
38:03tout ça
38:04c'est appauvri
38:05ça nous a complètement
38:06appauvri
38:06c'est à dire que vous
38:08même à votre niveau
38:08en tant qu'ouvrier
38:09vous avez compris
38:10qu'il y avait un bout
38:11du patrimoine économique
38:12français
38:12qui était en train
38:12de disparaître
38:13vous vous souvenez
38:14d'une grande firme
38:15une usine
38:16une grosse société
38:17qui a disparu
38:17vous avez vu disparaître
38:19ah ben déjà
38:20ah ben bien sûr
38:21on a eu
38:22comment ça s'appelle
38:23on a eu
38:23ben dernièrement
38:25il y a eu
38:26Macron qui l'a vendu
38:28Alstom
38:29oui bien sûr
38:30mais ça c'est le plus récent
38:32on a eu d'autres
38:33par le passé
38:34les années 70
38:34on avait eu
38:35Lippe aussi
38:35on avait eu Lippe
38:36on a vu
38:37et puis là
38:38maintenant ça s'aperçoit
38:39encore dans le domaine
38:40Manufrance
38:41à Saint-Étienne
38:41enfin voilà
38:45Laurent Masson
38:45vous voyez
38:46témoignage de quelqu'un
38:47qui était sur le
38:48le problème
38:49c'est qu'on a été
38:50gouverné par
38:51moi je n'ai pas
38:52pas le dire
38:52par des traîtres
38:53par des incompétents
38:55par des gens
38:56qui n'ont plus
38:57le cesse de l'état
38:58et par l'idéologie
39:00c'est l'idéologie
39:00qui a pris le dessus
39:02vous entendez
39:02Laurent Patrice
39:03dit que c'est la classe politique
39:04qui est quand même
39:04responsable
39:05de ne pas avoir prévu
39:06ou éventuellement
39:07et lui il parle
39:08de trahison carrément
39:09est-ce que
39:09c'est violent
39:10comme
39:10c'est violent
39:11mais il y a une colère
39:13nous si vous voulez
39:14on a des clubs
39:14dans toutes les régions
39:16Force Française
39:17de l'Industrie
39:17c'est un club
39:18c'est pas un club
39:19d'ailleurs d'industriel
39:20c'est un club pour l'industrie
39:20c'est-à-dire qu'il y a
39:21des non-industriels
39:22qui viennent
39:22qui s'acculturent un petit peu
39:23qui voient tout ça
39:24parce que l'idée
39:25c'est de rassembler
39:25et on sent cette colère
39:27on sent cette colère
39:30après
39:30il faut
39:32maintenant se dire
39:32qu'est-ce qu'on en fait
39:33de cette colère
39:35là où je suis
39:36complètement d'accord
39:37avec monsieur
39:37avec Patrice
39:38c'est qu'on a été gouverné
39:40par l'idéologie
39:42moi si vous voulez
39:42j'ai fait des études d'histoire
39:43donc à chaque fois
39:44que j'écris un bouquin
39:45j'essaye de revenir
39:46au passé
39:47et je suis remonté
39:48jusqu'à Tocqueville
39:49Tocqueville
39:50qui était un philosophe français
39:51qui a beaucoup parlé
39:52au 19ème siècle
39:55et qui a beaucoup
39:56analysé la France
39:58l'Ancien Régime
39:59et la Révolution
40:00notamment
40:00et qui vous explique
40:01qu'en fait
40:02la France est un pays
40:03très sensible
40:05Marcel Gaucher
40:06dit la même chose
40:06de façon plus récente
40:07très sensible
40:08à l'idéologie
40:10beaucoup plus sensible
40:11que ces pays voisins
40:12pour plusieurs raisons
40:13d'abord parce qu'on a fait
40:14une révolution
40:15qui est une révolution
40:16sur des grandes idées
40:18et là aussi
40:19le sentiment aristocratique
40:21qui était avant la révolution
40:22c'était
40:23voilà
40:23les choses de l'esprit
40:24le machin
40:24on avait un certain mépris
40:25pour le travail manuel
40:27pour les gens qui étaient
40:28au contact du terrain
40:29et donc du bon sens
40:30et des réalités
40:31parce que vous faites
40:32une théorie fumeuse
40:33vous vous rendez compte
40:34qu'elle est fumeuse
40:35quand elle ne marche pas
40:36quand vous êtes en face du truc
40:37et ça ne marche pas
40:37donc on a déconnecté
40:39un petit peu ça
40:40et ça on l'a appliqué
40:41à la politique
40:42ce qui fait que
40:42dans ce pays
40:44qui est très sensible
40:45à l'idéologie
40:46vous rajoutez
40:47une hyper centralisation
40:48du pouvoir
40:49c'est à dire
40:50que les élites
40:50qui sont à Paris
40:52ne sont plus confrontées
40:54aux conséquences
40:55on a le cocktail
40:57on a le cocktail fatal
40:58et vous restez dans l'idéologie
40:59au bout d'un moment
41:00en fait
41:00faire des erreurs
41:01ça arrive à tout le monde
41:02moi je n'ai pas de problème avec ça
41:03on aurait eu des erreurs politiques
41:04très bien
41:05mais quand vous faites une erreur
41:06qui dure 30 ans
41:07là c'est criminel
41:08on en tire les collègues
41:09nous avons Daniel
41:09qui nous appelle de Carpentras
41:11alors vous Daniel
41:11vous avez travaillé en Suisse
41:13et comment ça se passe en Suisse
41:15alors
41:17bonjour
41:17bonjour Daniel
41:19j'adore votre émission
41:21une chose
41:22qui l'a dans le sens
41:23par une métaphore
41:26imaginez
41:26un team
41:28de voitures
41:29de l'écurie
41:30d'automobile
41:31et bien si vous mettez
41:32que des ingénieurs
41:33ils ne gagneront
41:34jamais rien
41:34c'est clair
41:35si vous mettez que des pilotes
41:37ils ne gagneront
41:37jamais rien
41:38arrêtons avec
41:39cette idéologie
41:40d'abord
41:40cette idéologie
41:42elle est dangereuse
41:43et
41:44et
41:45et la deuxième chose
41:46que je trouve
41:47et après j'en viens
41:48dans la Suisse
41:48ce que je trouve dommage
41:50c'est que
41:50quand vous prenez
41:51une entreprise
41:52la première des choses
41:53elle fait une analyse
41:54elle fait un bilan
41:55elle ne fait pas un bilan financier
41:56elle fait un bilan
41:57de ce qui s'est fait
41:58et ils analysent
41:59le pourquoi ça marche
42:00et surtout
42:01pourquoi ça ne marche pas
42:02et pourquoi ils ne le font pas
42:03le bon sens
42:04alors en Suisse
42:05comment ça se passe en Suisse
42:06on protège
42:07j'ai eu travaillé
42:08parce que je faisais des piscines
42:09en Suisse
42:10parce qu'ils n'avaient pas
42:10de bons poseurs
42:11moi c'est une parenthèse
42:12et j'étais tombé
42:13sur un paysan
42:14qui travaillait
42:16au niveau de l'exploitation
42:18de la mâche
42:18et la mâche là-bas
42:20en Suisse
42:20c'est simple
42:21c'est eux qui la produisent
42:22ils ont une fédération
42:23qui regroupe
42:24les exploitations
42:26et c'est eux
42:26qui ouvrent les vannes
42:28au niveau de la frontière
42:29pour approvisionner
42:31quand ils sont en manque
42:33ils veulent rentrer
42:34alors qu'ils produisent
42:35ils se font hypertaxer
42:36et quand ils sont en demande
42:38ils lâchent les
42:39comment dire
42:40au niveau des taxes
42:41et tout le monde
42:42trouve son
42:42à ce niveau-là
42:43c'est une façon
42:44de faire du protection
42:45on régule
42:46c'est une solution
42:48de réguler
42:49c'est un pays
42:50qui est très très bien géré
42:51la Suisse
42:52qui fait attention à tout
42:53et qui est justement
42:54pas dans l'idéologie
42:55donc à certains moments
42:56ils vont être très généreux
42:57à d'autres moments
42:58ils vont gérer
42:58mais effectivement
43:00ils régulent
43:00ils font attention
43:01à ce qu'ils rentrent
43:01pareil pour les
43:02je vais dire
43:03les salariés
43:04et la main d'oeuvre
43:05c'est un pays
43:06qui fonctionne très bien
43:07et que je résumerai
43:08avec une citation
43:10de je ne sais plus qui
43:11qui disait
43:13en France
43:13c'était un Suisse
43:15qui parlait
43:15et qui disait
43:16en France
43:16vous avez un supermarché
43:18par village
43:19nous on a une usine
43:20par village
43:21très belle conclusion
43:22Laurent Moisson
43:23merci d'avoir été avec nous
43:24pendant une heure
43:24sur Sud Radio
43:25pour parler de désindustrialisation
43:27je rappelle le titre
43:28de votre livre
43:28Comptez les gens
43:29de la réindustrialisation
43:30aux éditions
43:31les déviations
43:32bien entendu
43:32nous continuerons à parler
43:33produire en France
43:34et consommer français
43:35c'est l'enjeu
43:36sans ça
43:37on ne sortira pas
43:38de ce pays
43:39du marasme
43:39dans lequel sa classe
43:40politique incompétente
43:41l'a plongé
43:42merci d'avoir été là
43:42vous restez sur Sud Radio
43:43et vous retrouvez
43:44Brigitte Laé
43:45qui elle produit
43:45uniquement français
43:46merci
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