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Avec Hadrien Mathoux, directeur adjoint de la rédaction de Marianne

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-03-23##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:04Que faut-il retenir de ces élections municipales ?
00:07Hier, le taux de participation s'est élevé à 57%.
00:10Alors on peut relativiser en disant que c'était mieux que telle ou telle année.
00:13Mais que faisaient les 37% restants ?
00:15Si vous faites partie de ceux qui n'ont pas voté,
00:19appelez-nous, qu'on comprenne pourquoi vous avez refusé d'aller voter.
00:21Ensuite, les résultats, les grandes villes restent aux mains de la gauche, Paris, Lyon, Marseille.
00:25La plupart des villes moyennes ont basculé aux mains du Rassemblement National et de ses alliés.
00:29Les unions techniques ont fait plouf.
00:31On fait le bilan avec Adrien Matou, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.
00:35Bonjour.
00:35Alors, on a une petite attente avec Adrien Matou.
00:37Ah, pardon.
00:38Problème de connexion.
00:39Bonjour anticipé.
00:41Voilà, bonjour anticipé.
00:42On doit voir avec lui, voilà, que nous dit clairement le second tour des élections municipales de 2026.
00:46Est-ce que le paysage politique français est en train de se reformuler ?
00:50Ou au contraire, la France s'enfonce-t-elle vers des clivages hasardeux ?
00:53C'est sûr qu'on a eu des cas de figure tout à fait différents.
00:56On a eu évidemment les trois élections des trois grandes villes où la gauche s'est maintenue.
01:01Paris, Lyon, Marseille.
01:03Les trois fois d'ailleurs, deux fois, non.
01:06Paris et Marseille sans accord avec la France insoumise.
01:09À Lyon, Grégory Doucet a pactisé avec la France insoumise.
01:14Il faut quand même bien comprendre que les deux événements majeurs, Lyon, Marseille et Paris,
01:22Rachida Dati a commis l'erreur, a commis l'erreur.
01:25Je pense que c'est ce qui est à l'origine de son échec, de s'identifier beaucoup trop à
01:33Emmanuel Macron.
01:33Sa candidature a été soutenue, elle a été portée par Emmanuel Macron, probablement à la demande de Nicolas Sarkozy.
01:41Alors ça a été démenti par Sarah Knafou, par la suite, évidemment pour ne pas révéler les coulisses.
01:47Non, non, mais en tout cas, elle avait l'aval d'Emmanuel Macron,
01:51qui a très probablement appelé Édouard Philippe pour demander que la liste de Bournazel se retire, fusionne et se retire.
01:58Du coup, Bournazel, un petit peu heurté par ce revirement, n'a pas voulu participer.
02:04Et donc Rachida Dati est parti au deuxième tour, avec une fusion avec les macronistes.
02:09Donc c'était vraiment une union de la droite et du centre et du centre commun.
02:12Et puis Sarah Knafou, qui s'était retiré tout simplement pour donner son maximum de chance à la droite.
02:21Ce qui serait intéressant de voir, c'est qui parmi les électeurs de Bournazel, de Sarah Knafou, ont voté ou
02:25n'ont pas voté pour Rachida Dati.
02:26Sachant que l'électorat de Sarah Knafou, il faut quand même se souvenir que c'est un électorat de déçus
02:30de gauche et de droite,
02:31mais d'abord de droite, bien sûr, et d'abstentionniste, à la base.
02:34Pour que Rachida Dati passe de 25 à 40%, il est indéniable.
02:38Oui, il y a eu un report, forcément, bien sûr.
02:39Il y a eu un report quasiment total des voies de reconquête de Sarah Knafou.
02:43En revanche, il est fort probable que beaucoup d'électeurs de Bournazel se soient reportés sur Emmanuel Grégoire,
02:50tout simplement parce qu'Emmanuel Grégoire a eu cette dignité.
02:55On peut penser ce qu'on veut d'Emmanuel Grégoire, c'était le premier adjoint d'Anne Hidalgo,
02:58avec lequel il a fini d'ailleurs le mandat quelque part en rupture, en tout cas en conflit.
03:03Mais voilà, cette fermeté de ne pas négocier avec la France insoumise, voilà.
03:07Est-ce qu'Adrien Matou est là ?
03:09Je suis là, Perico, bonjour à tous.
03:11Bonjour, Adrien. La matinée est chargée, je suppose, pour vous aussi.
03:14Et vous êtes décrypté dans tous les sens.
03:16Oui, on voulait savoir avec vous, vous êtes directeur adjoint de la rédaction de Marianne,
03:23hebdomadaire quand même extrêmement porté sur la question politique,
03:26je dis ça de façon ironique et à la fois sincère.
03:30Vous aviez titré il y a quelques semaines, c'est la victoire du Front Républicain,
03:35et non pas la victoire de LFI ou de telle ou telle tendance.
03:38La question est la suivante, le paysage politique selon vous est en train de se reformuler
03:44sur des bases nouvelles, ou au contraire, vous avez la sensation que la France s'enfonce
03:48dans des clivages de plus en plus hasardeux ?
03:53J'irais plutôt sur la deuxième option quand même, parce que je trouve qu'il y a toujours
03:56une tendance à surinterpréter les résultats des élections municipales
04:00pour en tirer des grands enseignements à l'échelle nationale.
04:04Il faut quand même se rappeler que dans 96% des communes,
04:07les élections étaient terminées après le premier tour,
04:10donc on s'est focalisé sur les métropoles au second.
04:13Après je vais quand même nuancer, parce qu'il y a peut-être un enseignement
04:17qui est que LFI est relativement isolé, parce que franchement les électeurs socialistes...
04:23C'est clair que ce n'est pas un triomphe de LFI, on a entendu sur certains plateaux de télé
04:26et dans certains médias pousser, on est d'accord qu'il y a peut-être eu effectivement
04:31emblématiquement Roubaix et Saint-Denis, pour le reste je crois qu'il y a un recul assez net
04:36du vote LFI.
04:38Oui, et en plus ce qui est intéressant, c'est qu'on constate que les alliances socialistes LFI,
04:43que ce soit un LFI ou un socialiste à la tête de l'alliance, n'ont pas bien marché.
04:48Donc visiblement, il y a beaucoup d'électeurs socialistes qui n'ont pas voulu aller voter
04:52pour un candidat qui s'était allié avec LFI ou un candidat LFI au second tour.
04:56Et en plus de ça, on a pu le voir notamment à Toulouse ou à Limoges,
05:00qu'il y a visiblement des abstentionnistes qui se sont mobilisés pour faire barrage à ces alliances-là.
05:05Toulouse, Limoges, Brest, Clermont-Ferrand, Avignon, Cherbourg.
05:09Non, ça a été massif, l'électeur à deux gauches n'a pas voulu tomber dans la combine.
05:12Est-ce que c'est comme ça qu'on peut le lire ?
05:15Ou a refusé cette hypocrisie du parti socialiste ?
05:17On peut le lire comme ça et on peut même ajouter que visiblement,
05:21il y a des électeurs de droite qui se sont mobilisés spécialement pour faire barrage.
05:25C'est assez ironique puisque toute la stratégie de LFI, c'est quand même de mobiliser des abstentionnistes.
05:30Là, visiblement, ils l'ont fait, mais contre eux.
05:32C'est-à-dire qu'ils sont tellement infréquentables et friands
05:34qu'il y a des Français qui sont prêts à leur faire barrage au second tour à tout prix.
05:37Et des électrices qui se sont abstenus au premier tour
05:41et qui n'ont pas voulu que leur ville tombe aux mains de la France insoumise,
05:44il y en a eu aussi certainement et c'est probablement ce qui s'est passé, notamment à Toulouse.
05:48Tout à fait.
05:49Alors maintenant, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a une séquence qui va s'ouvrir.
05:53C'est-à-dire Olivier Faure, qui a quand même prôné beaucoup d'alliances avec LFI au niveau local,
05:58est affaibli.
05:59Il y a toute une aile droite du PS qui ne veut pas entendre parler
06:02de tout rapprochement avec la France insoumise, qui va essayer de le déstabiliser.
06:06Donc ça peut quand même ouvrir une nouvelle séquence à gauche, ces élections municipales.
06:10Je pense que la formule jésuitique, et j'ai beaucoup de respect pour les jésuites
06:13qui m'ont élevé de pas d'accord au niveau national,
06:16mais comme on est au municipal, ça ne vaut pas, est absolument aberrante.
06:19Adrien, on a Jean-Pierre qui nous appelle de Marseille, justement.
06:22Bonjour Jean-Pierre.
06:24Oui, bonjour Périco.
06:26Comment ça va à Marseille, ce l'heure de demain ?
06:28Tout le monde a la gueule de bois, ou au contraire, il y a des gens qui sont très contents
06:31?
06:31Vous faites plutôt partie des déçus, ou vous faites plutôt partie des heureux ?
06:38Moi, je fais plutôt partie des déçus, oui, bien sûr,
06:41parce que ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse avoir à ce point,
06:45à Marseille, la droite la plus bête, non pas du monde, mais de l'hiver, voire de la galaxie.
06:50Voilà, donc on a une candidate qui n'a aucune chance, qui se maintient, on se demande pourquoi.
06:54Et puis, enfin, on se demande pourquoi, elle voulait garder un petit siège à la métropole, voilà.
06:58Mais c'est des bas calculs politiques qui laissent la ville à la gauche, la droite est bête, bon, c
07:04'est comme ça.
07:04Je crois qu'au niveau national, dans les grandes villes, parce qu'effectivement,
07:07on peut faire la différence entre les petites villes et les grandes villes,
07:10le souci d'interprétation, c'est que chacun a sa victoire symbolique.
07:15LFI à Roubaix, à Saint-Denis, l'union des droites à Nice, la gauche à Paris, et les écolos à
07:25Lyon.
07:26Donc, chacun a sa victoire symbolique, chacun peut se dire vainqueur,
07:29mais en profondeur, je pense que le pays est quand même bien à droite,
07:33et que l'union des droites, je pense, dans une présidentielle, sera indispensable.
07:39Pour autant, Jean-Pierre, vous reconnaissez que si on fait la somme des voix de M. Alizou et de Mme
07:44Vassal,
07:44on est à 45-46%, ça ne suffisait pas.
07:48Pour autant, la dynamique de la gauche entre M. Payan,
07:53qui a refusé de s'associer, comme à Paris, avec la France insoumise,
07:56et le retrait de M. Delogu, c'est ça qui a créé l'année.
08:00Je serais quand même très curieux que des sondeurs experts puissent mesurer
08:04le nombre de personnes qui ont voté Vassal au premier tour,
08:07et qui ne sont pas allées voter au second.
08:10Ou qui ont voté, ou qui auraient voté à gauche.
08:14Ou qui n'ont pas voté.
08:15Ou qui ont voté à gauche, parce qu'il y a un dégoût.
08:19Écoutez, moi, historiquement, je suis plutôt LR,
08:22mais franchement, là, c'est LR de rien, quoi.
08:26On vous comprend, mais comme vous dites la droite,
08:29ce n'est pas la droite la plus bête du monde,
08:30c'est la droite qui bouche le port de Marseille comme la Sardine.
08:33Adrien Matou, quel est votre décryptage sur Marseille ?
08:36Moi, ce que je trouve intéressant, c'est qu'on a énormément parlé
08:39du nom des droites ces dernières semaines, ces derniers mois,
08:42mais visiblement, l'union des droites n'existe pas,
08:46pas au niveau national, mais pas non plus au niveau local,
08:48puisque à part à Nice, où le contexte est extrêmement particulier,
08:53et où on avait quand même deux candidats de droite au second tour,
08:57il y a eu très, très peu d'union des droites.
08:58Il n'y a pas eu de rapprochement entre LR et l'ERN.
09:01Il y a eu, quand on compare les alliances entre LFI et LPS
09:05aux alliances entre LR et l'ERN,
09:07franchement, c'est le jour et la nuit.
09:09Donc, pour moi, l'union des droites est un concept
09:11qui est très présent médiatiquement,
09:13qui est très poussé par certains partisans de cette formule,
09:18mais elle n'existe pas politiquement pour l'instant.
09:20Je diverge un tout petit peu de vous, Adrien,
09:22très, très respectueusement, parce que...
09:24Alors, vous allez me dire, peut-être que je me trompe,
09:26je pense que toutes les villes de moins de 20 000 habitants,
09:29où il y a eu un petit raz-de-marée de ce côté-là du Rassemblement national,
09:32c'est une union des droites qui n'était pas donnée
09:35par des consignes de partis politiques.
09:37Ce sont les électeurs de droite qui ont fait de même,
09:40de même que les échecs de la France insoumise avec le PS,
09:44ce sont des électeurs de gauche qui ont dit
09:45« Nous, on ne mange pas de ce pain-là »,
09:47et je pense que l'union des droites, elle existe au niveau de l'électorat,
09:50ce qui est un très bon signe dans les deux cas,
09:52en disant « État-major ou pas État-major,
09:53nous, on ne veut pas que cette ville reste à gauche ou passe à gauche ».
09:56Est-ce que dans beaucoup de cas, ça peut être ça ?
09:58Alors, c'est vrai, justement, ce n'est pas exactement l'union des droites,
10:01mais c'est vrai qu'on peut faire l'hypothèse
10:02que le RN est de plus en plus perçu
10:05comme un parti de droite normalisé
10:07et non plus comme un parti extrémiste marginal
10:10par les électeurs à l'air.
10:11Donc, les électeurs à l'air hésitent moins peut-être
10:13à voter pour un RN au second tour.
10:14Mais ce qui est vrai, c'est qu'il n'y a pas
10:17la vraie l'union des droites
10:19qui serait un rapprochement formalisé,
10:21un petit peu comme ce qu'a fait Éric Ciotti.
10:23Pour l'instant, ça n'existe pas.
10:25Vous considérez que ce taux de participation
10:27est assez faible.
10:30Pour autant, vous pensez
10:31qu'il y a une mobilisation politique
10:33dans le pays,
10:35au vu des différents scrutins
10:36qu'il y a eu, des différents cas de figure,
10:39échec de la gauche, réussite de la gauche,
10:41dans certains cas, je prends le cas très particulier
10:44de Strasbourg.
10:46À Paris et à Lyon,
10:47on voit bien que les deux candidats de la droite
10:49ont pâti du fait qu'ils s'étaient assimilés
10:51au macronisme.
10:52Est-ce qu'il y a quand même
10:53une repolitisation du pays
10:56ou vous pensez qu'il y a quand même
10:57des gens qui n'y croient plus ?
11:00Je pense qu'il y a beaucoup de gens
11:01qui n'y croient plus.
11:02La France reste un pays très politique,
11:04plus politique que beaucoup de ses voisins.
11:06Après, c'est vrai qu'on a beaucoup fait
11:08pour que les Français ne votent pas
11:10au premier tour.
11:11Il y a les questions de réglementation.
11:13On sait que la parité imposée
11:15un petit peu partout
11:17et l'impossibilité de panacher,
11:19de faire du tir au pigeon
11:20dans la petite commune,
11:21ça a dissuadé beaucoup de gens
11:22d'aller voter.
11:23Et plus largement,
11:24le spectacle que donne la classe politique
11:26depuis plusieurs mois,
11:28l'Assemblée,
11:29le macronisme finissant,
11:31tout ça, c'est quand même
11:32assez décourageant.
11:33Mais on constate quand même
11:34qu'il y a beaucoup de gens
11:35qui sont allés voter,
11:36qui croient encore à la politique.
11:37Et moi, je fais l'hypothèse
11:38qu'en 2027,
11:39il y aura quand même
11:40un moment de repolitisation
11:42parce qu'on sait très bien
11:43que le destin du pays
11:45va se jouer en grande partie
11:46en 2027.
11:47On a eu beaucoup de communes
11:48où il n'y a pas pu avoir
11:50de deuxième liste
11:51parce que le principe de la parité
11:53fait qu'on ne trouvait pas
11:54le nombre de candidats suffisant.
11:57Est-ce que vous pensez,
11:58sans porter atteinte
11:58au principe de la parité
11:59qui est tout à fait
12:00respectable et légitime,
12:02est-ce que dans...
12:02Alors, ça serait dans des communes
12:04d'un certain nombre d'habitants
12:05au moins de 5 000,
12:07moins de 10 000.
12:08Est-ce qu'on peut faire une parité
12:09avec quand même
12:09un quota minimum
12:10en disant, voilà,
12:11pas plus de 75% du même sexe
12:13alors que 100% de parité,
12:15c'est une entente à la démocratie
12:16puisqu'il y a des Françaises
12:17et des Français
12:17qui n'ont pas pu se présenter
12:18à cause de ça.
12:19Est-ce que vous verriez...
12:21Oui, c'est plutôt une bonne idée.
12:22Oui.
12:22C'est plutôt une bonne idée.
12:24Ce serait un peu moins dogmatique,
12:25un peu moins radical.
12:26Et moi, je dirais surtout
12:28que c'est la combinaison
12:29de la parité totale imposée
12:31et la fin du panachage
12:33qui est vraiment ravageuse.
12:36Si on met bout à bout
12:37ces deux réformes-là,
12:38il y a quand même eu
12:39beaucoup de situations
12:39où les citoyens,
12:40ils avaient une seule liste
12:42et ils ne pouvaient même pas
12:43choisir parmi cette liste
12:44les candidats qu'ils préféraient.
12:45Donc, quand on est dans cette situation,
12:47à quoi bon aller voter ?
12:48C'est peut-être ça
12:48qui a nourri l'abstention aussi.
12:50Adrien Matou,
12:51Adrien Matou,
12:52en ce lundi 23 mars,
12:53on peut considérer
12:54que le nouveau front populaire,
12:56ancienne NUPES,
12:57est définitivement mort
13:00ou à la présidentielle,
13:01il pourrait y avoir
13:02une recomposition
13:03où les clivages sont-elles
13:04et les mots ont été
13:05tellement violents
13:06que c'est irréversible ?
13:08Moi, je suis prudent
13:09parce que la perspective...
13:11Il faut toujours être prudent.
13:12Oui, parce qu'il faut
13:14toujours être prudent déjà
13:15et puis parce que la perspective
13:16de conserver des sièges
13:17à gauche amène quand même
13:19l'Union à ressusciter
13:21à intervalles réguliers.
13:22On a eu la NUPES,
13:23on a eu l'ONFP,
13:25là, on a eu une union
13:27antifasciste
13:27qui était un NFP
13:28qui ne disait pas son nom.
13:29L'union technique.
13:30Ce qui est vrai,
13:31en revanche,
13:32il y a eu l'acclusion technique.
13:33Ce qui est vrai,
13:34en revanche,
13:34c'est que visiblement,
13:35il y a beaucoup d'électeurs,
13:36notamment socialistes,
13:37qui vraiment rechignent
13:39à suivre ces consignes-là,
13:42que ça s'effrite un petit peu
13:44et que dans le cadre
13:45d'une présidentielle,
13:46on ne sait pas
13:47si déjà la gauche
13:49est en mesure
13:49de se qualifier
13:50pour le second tour
13:50et si dans ce cas
13:52de qualification
13:53d'une personne
13:54qui est de gauche
13:55au second tour,
13:56est-ce que les électeurs
13:57iraient docilement,
13:59j'ai envie de dire,
14:00faire ce barrage-là ?
14:02On peut se poser la question
14:03après les résultats
14:03de ces municipales.
14:04Je disais dans mon humeur,
14:06je suggérais dans mon humeur
14:07que les succès emblématiques
14:09de la France insoumise,
14:10notamment à Roubaix
14:12et à Saint-Denis,
14:13étaient probablement liés
14:14à la mobilisation
14:15de nos concitoyennes
14:16et concitoyens
14:17issus de l'immigration,
14:18un peu charmés
14:20par les diatribes
14:21de Jean-Luc Mélenchon
14:23en leur disant
14:23que vous êtes isolés,
14:24vous êtes trahis,
14:25c'est un pays raciste,
14:26c'est un pays xénophobe.
14:27Est-ce que vous pensez
14:27que ça peut jouer ?
14:28Quand on voit sociologiquement,
14:30il y a une probabilité.
14:31Qu'est-ce que vous en pensez ?
14:32Oui, la France insoumise
14:34joue tellement
14:35de manière évidente
14:37sur cette note-là,
14:39avec cette traiteurique
14:40au cours de la Nouvelle-France,
14:41le discours sur Gaza,
14:42sur l'islamophobie,
14:44sur le racisme en France
14:45qui serait structurel.
14:47Il y a cette tonalité identitaire
14:49et ouvertement mobilisée
14:51par LFI,
14:51donc on peut évidemment
14:52faire l'hypothèse
14:53que ça va jouer.
14:54Après, je constate quand même
14:55qu'il y a beaucoup de communes
14:57déjà de cette banlieue
14:59qui ont voté
14:59pour des maires sortants
15:01socialistes
15:01ou même de droite,
15:02donc ça ne marche pas
15:03à tous les coups.
15:04La preuve,
15:05on peut citer sur les doigts
15:06de la main
15:06les communes
15:07où LFI a gagné.
15:08Et deuxième argument,
15:10les chiffres de participation
15:11montrent que la participation
15:12reste toujours assez faible
15:13dans ces villes-là,
15:15donc LFI n'a pas réussi
15:16son pari
15:16de surmobiliser
15:17les habitants
15:18de ces villes de banlieue.
15:20Ce sont peut-être
15:20des anciens électeurs
15:21qui se sont abstenus
15:22et ces électeurs-là
15:23qui ne votaient pas
15:24jusqu'à présent
15:25se sont mis à voter.
15:25Ça, on ne le saura jamais.
15:27C'est possible.
15:28Ça, c'est difficile à dire,
15:29effectivement.
15:29En tout cas,
15:30on constate
15:30qu'il y a beaucoup
15:31de bureaux de vote
15:31de quartier populaire
15:33où LFI ne surperforment
15:34pas spécialement.
15:35C'est clair, c'est clair.
15:36Adrien Matou,
15:37merci d'avoir été
15:38et d'avoir pris
15:38sur votre presse
15:39du temps
15:39de directeur adjoint
15:40de la rédaction de Marianne.
15:41Je pense que vous avez
15:42une journée active
15:43et puis je vous dis
15:44à bientôt
15:45parce que j'aurai besoin
15:45de vos lumières
15:46certainement
15:46pour d'autres événements politiques.
15:48Merci.
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