00:00L'Assemblée nationale, on va y rester, mais de manière un peu détournée.
00:04Pourquoi on va laisser la guerre de côté, l'impact économique ?
00:07Parce que vous l'avez suivi d'ailleurs en direct, à travers nos discussions, à travers nos débats,
00:11l'Assemblée nationale a été le théâtre pendant six mois des travaux sur la commission sur l'audiovisuel public.
00:17Le rapport, il a été publié hier, c'est un document de 550 pages, 69 recommandations.
00:24On va le commenter avec Jérémy Patriel-Etus qui est avec nous,
00:27le député qui a été le président de cette commission sur l'audiovisuel.
00:31Bonsoir.
00:32Charles Consigny va nous rejoindre.
00:33Parce que ça sera au cœur du signé Consigny.
00:34Qu'il arrive.
00:36Avant de vous accueillir tous les deux et d'écouter votre discussion, votre débat sur ce qu'il faut faire
00:40de ce rapport,
00:41est-ce qu'il faut tenir compte des propositions ?
00:43On voulait faire réagir quelqu'un qui a été auditionné à l'Assemblée nationale,
00:46qui a souvent donné de la voix à propos de l'audiovisuel public.
00:49C'est Patrick Sébastien qui est avec nous, l'animateur, producteur, chanteur.
00:54Bonsoir Patrick Sébastien, merci d'être avec nous.
00:58Ce qui est dit dans ce rapport, dans ces 550 pages, par le rapporteur Charles Aloncle, l'UDR Charles Aloncle,
01:04c'est que l'audiovisuel public, ce qu'il constate, c'est une perte de contact avec les attentes des
01:09Français,
01:09qu'il faut aujourd'hui revoir un audiovisuel qui est en crise financière.
01:15Vous êtes d'accord avec ces premiers constats ?
01:17Je suis d'accord, mais j'en reviens à ce que j'ai dit le jour où je suis passé
01:21à la commission.
01:22C'est que tout ça ne changera rien.
01:25Pour moi, c'est une mascarade.
01:26Ce n'est pas le rapport, mais regarde ce qui se passe aujourd'hui.
01:31À l'heure où on parle, les grosses boîtes de prod continuent à engranger.
01:37Mme Ernotte, malgré qu'on ait relevé quelques malversations, elle est en place, elle a resté jusqu'au bout.
01:44Pour moi, ça ne changera rien.
01:45Voilà, et ça me désole parce qu'effectivement, le service public devrait être un service public qui s'adresse à
01:51tout le monde.
01:52Et ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ce n'est pas le cas.
01:55Mais Delphine Ernotte a un regard très critique sur ce rapport, sur ses conclusions.
01:59D'ailleurs, elle a réagi. Elle n'est pas toute seule parce que beaucoup de responsables politiques, notamment à gauche,
02:06ont pris la parole pour défendre ce service public.
02:09— Évidemment. Pourquoi ? — Évidemment que toute la presse de gauche, au lieu de relever les dérives qu'il
02:17y a eues dans le service public,
02:18il tape sur Aloncle parce qu'il faut que Mme Ernotte reste en place, parce que le service public est
02:25clairement de gauche.
02:28Moi, ça ne me gêne pas qu'il y ait une chaîne privée de gauche.
02:31Il y a CNews qui est une chaîne de droite privée. Ça ne me gêne pas qu'il y ait
02:36une chaîne privée de gauche, mais pas un service public.
02:39Un service public doit s'adresser à tout le monde. Moi, je suis pour qu'on conserve le service public.
02:45Je ne suis pas pour une privatisation. Par contre, c'est vrai que ce que j'avais dit en passant
02:48à la commission,
02:49c'est que sur 4 milliards, on peut en enlever un pour le donner aux hôpitaux, par exemple.
02:54Je pense que ça serait juste. Et puis faire un peu le ménage.
02:56Et puis, tu sais, j'ai regardé par bribes hier soir la cérémonie des Molières.
03:02L'idéologie qui est développée là-dedans, je ne pense pas que ça corresponde à tous les Français qui payent.
03:08Moi, ce que je reproche au service public, c'est de ne plus être, d'être un service public politique.
03:13C'est tout.
03:13La gauche, moi, je n'ai rien contre la gauche, mais je préférais qu'il soit neutre.
03:18Voilà. Je préférais qu'il y en ait pour tout le monde. Et aujourd'hui, ça n'est pas le
03:21cas.
03:21Alors, bien sûr, on va garder Mme Bernot, puisqu'elle est la caution de tout ça, au moins jusqu'aux
03:28élections.
03:30Mais tout ça, je pense que c'est un coup d'épée dans l'eau.
03:32Le travail qu'ont fait le président, même le président, que je remercie, et à l'oncle, a été un
03:38très bon travail.
03:39Mais c'est comme si on n'avait rien fait à la sortie.
03:41Parce que tout continue comme avant. Et je ne vois pas ce qui pourrait changer, à part changer les gens
03:49qui dirigent ce service public,
03:51et à part revenir à un respect de tous les Français.
03:56Alors, justement, Patrick Sébastien, vous faisiez allusion à la cérémonie des Molières.
04:00Il y a un moment qui a beaucoup été commenté.
04:03C'est celui où on entend l'humoriste, voilà, Merwan Benlazart, qui est sur scène.
04:08Et voilà ce qu'il dit.
04:10Il y a un an, la ministre de la Culture, à l'époque, elle m'avait banni de France Télévisions
04:15pendant sa conquête de la mairie de Paris.
04:17Aujourd'hui, elle n'est plus ministre, elle n'est pas à la mairie.
04:20Et moi, je suis de retour sur France Télévisions, donc tout le monde est de retour à sa place, j
04:23'ai l'impression.
04:28Tu l'as vu ? T'as vu ? T'as vu la ministre ? T'as vu Katoch ?
04:32Elle la sourit.
04:33Il y a de la retenue, il y a de la retenue.
04:35C'est sport.
04:36Merwan Benlazart qui avait été mis sur la touche, écarté, parce que, juste une seconde Patrick, parce qu'il avait
04:41tenu des propos, on avait retrouvé, attendez, attendez une seconde, parce qu'on avait retrouvé des propos qu'il avait
04:47tenus sur les réseaux sociaux.
04:48On va aller les revoir.
04:50Comme ça, vous allez pouvoir comprendre pourquoi il était au cœur.
04:53Il estimait que les gens qui regardaient Miss France étaient notamment des porcs.
04:57C'était, entre autres, ses propos qu'il avait tenus.
05:00Et là, il a pris sa revanche en direct.
05:03Qu'est-ce que vous en dites, alors ?
05:05Moi, j'ai fait une émission de radio avec lui, il était adorable, ce mec.
05:09Mais après, non, c'est un meeting politique.
05:11Voilà, c'est ça.
05:12Et il y a Mme Ernotte dans la salle qui sourit et qui est contente.
05:14Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
05:15Est-ce que ça correspond à un service public ?
05:19C'est-à-dire à un service qui est censé représenter toute une population qui paye.
05:23Je ne crois pas.
05:24Moi, je souhaiterais plus de diversité, mais de vraie diversité.
05:30Aujourd'hui, le service public est clairement politisé.
05:33Là, c'est un meeting politique, ce qu'on a vu.
05:36Ça n'a rien à voir avec le théâtre.
05:38Moi, je tiens au service public parce que, justement, la culture a besoin de différences,
05:43que ne soit pas que sur des chaînes commerciales.
05:48mais je ne me fais aucune illusion, pas plus que je m'en faisais
05:50quand je suis allé parler devant la commission.
05:53Je sais que ces gens-là ont des réseaux surpuissants.
05:56Mme Ernotte a été installée, prolongée par des réseaux surpuissants
06:01contre lesquels on ne peut rien faire.
06:03La chanson à la con que j'ai faite, elle est terriblement outrancière,
06:07mais elle est à la hauteur de l'outrance, de l'impunité de ces gens-là.
06:10Voilà, ça ne se passe pas à rien pour moi.
06:12Merci Patrick Sébastien.
06:13Merci d'avoir réagi à la publication du rapport Charles Lalonde sur l'audiovisuel public.
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