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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00L'audiovisuel public maintenant, on va en parler dans le signé qu'on signie et on va recevoir le rapporteur de la commission.
00:09Avec ce qui s'est passé hier à l'Assemblée Nationale, ben voilà, c'est parti.
00:15MediaOne est détenu à plus de 50% par un fonds d'investissement américain, un KKR.
00:19Monsieur le rapporteur, je le dis, la désinformation, ça va bien deux minutes.
00:22MediaOne, c'est un groupe français qui a son siège à Paris.
00:25Mais arrêtez de nous faire croire que MediaOne est un agent de l'étranger.
00:28C'est un champion européen dont le siège est en France.
00:31On peut ensuite s'interroger sur ses actionnaires, mais ne dites pas, s'il vous plaît.
00:36Je peux aussi suspendre si vous trouvez que mes remarques sont insupportables.
00:39Monsieur le Président, vous détournez mes propos.
00:41Une entreprise, capitalistiquement, est basée en fonction de ses actionnaires.
00:45Non, non, c'est totalement faux, monsieur le rapporteur, vous avez été entrepreneur.
00:49Faisons des actionnaires américains.
00:52Mais monsieur le Président, j'ai l'impression que vous voulez défendre à KKR et à CRI MediaOne
00:57que vous ayez des liens, on le verra peut-être, avec des actionnaires de MediaOne.
01:01Vous pourrez en répondre.
01:03Merci, monsieur le rapporteur.
01:04Vous venez de porter des accusations très graves contre moi en disant que j'avais des liens avec MediaOne,
01:08ce qui est absolument faux.
01:09C'est une question. Pourquoi vous me répondez à chaque fois ?
01:11Merci, messieurs les ministres.
01:13Mais non, mais...
01:14Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ?
01:17Pourquoi tu t'interromes ?
01:18Monsieur le rapporteur, je viens de suspendre cette audition.
01:23Je viens de suspendre cette audition.
01:25Monsieur le rapporteur vient de me mettre en cause en indiquant que j'avais des liens avec MediaOne,
01:29ce qui est absolument faux.
01:30Et donc je mets fin à cette audition.
01:32Et je remercie les ministres de leur présence.
01:33Monsieur le Président, j'avais des questions importantes.
01:36On va en discuter justement maintenant,
01:41puisque nous avons l'un des acteurs de cette séquence qui est avec nous,
01:43Charles Aloncle, le député Union des Droites pour la République de l'Hérault,
01:46et rapporteur de cette commission.
01:48Bonsoir, monsieur Aloncle.
01:49Bonsoir, merci de votre invitation.
01:50Avec Charles Consigny, bonsoir Charles.
01:52Bonsoir.
01:53Alors, on reçoit un président de commission ou un procureur aujourd'hui ?
01:57Non, mais que le jeune Aloncle s'achète avec cette commission une notoriété politique,
02:03un ministère sous Bardella et des unes de la presse Bolloré, ça ne fait aucun doute.
02:10Après, moi, je dis les choses comme je les pense,
02:13et je pense qu'en l'occurrence, il est plutôt dans le vrai.
02:17C'est-à-dire que cette commission d'enquête soulève un certain nombre de lièvres,
02:22et ce qui me frappe beaucoup, c'est à quel point les uns et les autres ont du mal à rendre des comptes
02:29ou au moins à fournir des explications
02:31ou à faire preuve d'un tout petit peu de transparence
02:34quand on leur pose des questions qui me paraissent, moi, pas tout à fait…
02:38– La une, il y a déjà un changement.
02:39– Voilà, la une, vous voyez…
02:41– Qui valait 4 milliards.
02:42Donc le voilà dans les bons papiers de la galaxie Bolloré dont vous parliez.
02:45– Si c'était nécessaire, s'il ne l'y était déjà.
02:51Mais pour moi, ce n'est pas tellement le sujet.
02:53Je comprends les gens qui disent, oui, il y a une offensive contre l'audiovisuel public, etc.
02:57À mon sens, les gens qui conduisent l'offensive contre l'audiovisuel public,
03:02c'est ceux qui ne se comporteraient pas de la stricte manière qu'on attend de l'audiovisuel public.
03:07Donc moi, je trouve que tous ces lièvres qui sont soulevés sont intéressants.
03:12Et surtout, en fait, j'ai le sentiment, mais on va voir.
03:16Pour moi, il y a une question qui demeure quand même,
03:18parce que malgré cette grande commission d'enquête,
03:21je trouve qu'on n'a pas les réponses à nos questions.
03:23C'est-à-dire, est-ce qu'il y a, oui ou non, des abus ?
03:26Ou est-ce qu'en fait, tout ça ne fait que remuer quelque chose
03:29qui, finalement, n'est pas si problématique ?
03:31J'ai vu, par exemple, que le budget de l'audiovisuel public
03:35est sensiblement le même en Allemagne ou en Angleterre qu'en France.
03:38Donc on n'est pas dans quelque chose de complètement extravagant.
03:42Mais à voir les cas particuliers, est-ce que les cas particuliers révèlent des abus ?
03:46Et puis ensuite, moi, je constate qu'en fait,
03:50la gauche caviar a quand même beaucoup de mal
03:53à descendre de son magistère moral.
03:57Et j'avoue, regardez ça avec une certaine gourmandise.
04:01Mais Charles Aloncle, vous êtes en guerre contre l'audiovisuel public ?
04:04Absolument pas.
04:04Et d'ailleurs, je pense que la pertinence de cette commission d'enquête,
04:08qui est la première convoquée à l'Assemblée nationale
04:10sur ce sujet de l'audiovisuel public,
04:12permettra, au contraire, en éclairant les turpitues,
04:15les dérives, les dysfonctionnements graves
04:17que traverse l'audiovisuel public depuis des décennies,
04:20qui n'ont pas été dénoncés, qui n'ont jamais été résolus.
04:22Je pense que la meilleure façon de résoudre ces sujets
04:26et de sauver l'audiovisuel public,
04:28c'est de braquer un projecteur cru sur ces dérives
04:30pour formuler des recommandations et pour le sauver.
04:33Qu'est-ce que vous avez réussi à démasquer, en fait,
04:34depuis le début de cette commission et toutes ces auditions ?
04:38Il y a énormément de sujets.
04:39On est à peu près à la moitié de cette commission d'enquête.
04:42Il y a encore une vingtaine.
04:43Donnez-nous un exemple probant.
04:44Je vous donnais un exemple, c'est par exemple tous les conflits d'intérêts
04:47qui minent, par exemple, des dirigeants de l'audiovisuel public
04:50avec des sociétés de production.
04:51France Télévisions a 2,5 milliards à peu près de budget chaque année
04:55et on consacre 1 milliard à des sociétés de production,
04:58enfin, en tout cas, au coût des grilles et des programmes.
05:00Et donc, il y a des sociétés de production privées.
05:01C'est-à-dire une obligation légale pour France Télévisions.
05:03Exactement, il y a des sociétés de production privées
05:05qui bénéficient de contrats de centaines de millions d'euros
05:07et on a appris, par exemple, que d'anciens dirigeants de France Télévisions
05:10avaient signé des contrats très importants avec des sociétés de production.
05:15C'était fait licencier de France Télévisions,
05:17avaient pris des centaines de milliers d'euros d'indemnités de licenciement
05:20payées par l'argent du contribuable pour se retrouver
05:22juste après dans ces mêmes sociétés privées.
05:25Qui, par exemple ?
05:26Il y a des noms que j'ai évoqués.
05:27Il y a le nom, par exemple, de Nathalie D'Arré-Grand
05:29qui est une ancienne directrice des programmes de France Télévisions,
05:32ancienne directrice de France 5
05:33qui a signé des contrats importants de France 5 avec tous les enjeux.
05:37C'est illégal ?
05:38C'est là, en fait, toute l'ambiguïté.
05:39Parce qu'effectivement, quand on a auditionné Mme Ernotte,
05:42elle l'a déplorée, elle a dit
05:43« Vous évoquez le cas de Mme D'Arré-Grand,
05:44il y a bien d'autres cas, malheureusement,
05:46qui minent aussi ces missions-là
05:47et il faudrait que le législateur s'empare de ce sujet.
05:50Et c'est tout le but de cette commission d'enquête,
05:51c'est tout le but de mes travaux,
05:53des questions parfois insistantes,
05:55mais au nom de la vérité que je pose.
05:57Et il faudrait, je pense,
05:58mais ce sera le but de ce rapport et des recommandations,
06:01changer le cadre légal
06:02pour que demain, on encadre mieux
06:04et qu'il n'y ait plus de conflit d'intérêts
06:06et de détournement d'argent public.
06:07Un mot, parce qu'on l'a vu tout à l'heure
06:10avec cet échange avec le président Jérémy Patrier-Létu
06:15que vous accusez d'être en lien avec MediaOne
06:19qui fait partie de ces grandes sociétés
06:21de production privée
06:22qui travaillent pour le service public.
06:24Quels sont ces liens ?
06:25Est-ce que vous pouvez étayer ces accusations ?
06:27Non, je ne l'accuse pas.
06:28Je pose une question parce que je constate
06:30qu'à chaque fois que je mets le sujet de MediaOne
06:33sur la table,
06:34le sujet de MediaOne,
06:36c'est un sujet qui est extrêmement important.
06:39Vous vous défaussez, là, M. Allonc.
06:40Non, je me défaussez.
06:41Vous ne me défaussez pas.
06:43Vous l'accusez à l'Assemblée nationale, en plus.
06:44À chaque fois que je pose,
06:46si vous suivez les auditions,
06:48à chaque fois que je pose une question sur MediaOne,
06:49qui est pourtant la première société de production privée
06:52à bénéficier des contrats de France Télévisions,
06:54et quand je dis que MediaOne est détenue
06:56en majorité capitalistiquement
06:59par un fonds d'investissement américain,
07:00et que cela interroge,
07:02le président me coupe systématiquement la parole.
07:05M. Allonc, vous demandez des réponses
07:07quand vous êtes rapporteur de la Commission.
07:08Cette fois-ci, c'est nous qui vous demandons
07:10une réponse précise.
07:11Vous accusez votre collègue président de la Commission
07:13d'être en lien avec MediaOne.
07:15Ce n'est pas une question que vous lui posez.
07:17Je n'accuse personne.
07:19Je demande simplement pourquoi,
07:21à chaque fois que je mets le sujet MediaOne
07:24sur la table de cette Commission d'enquête,
07:26et à chaque fois que je dis la vérité,
07:27parce que ça a été une révélation de la Commission d'enquête,
07:29la première société de production privée
07:31à bénéficier de l'argent public
07:33et des contrats de France Télévisions,
07:34est détenue capitaliquement.
07:36Laissez-moi aller au bout de ma démonstration,
07:40parce que c'est un sujet qui est éminemment important.
07:41Ma question est tout aussi importante,
07:43parce que sinon, ça met à plat votre Commission.
07:46Si le président de la Commission
07:47a un conflit d'intérêts avec une société de production,
07:50ça met à plat votre Commission.
07:51Est-ce qu'il a effectivement des intérêts avec MediaOne ?
07:53Au contraire, vous regrettez, vous avez été trop loin.
07:56Je note qu'à chaque fois que je pose...
07:58Non, vous répondez pas à ma question.
07:59Sa réponse, c'est qu'il soupçonne.
08:03Depuis le début, j'ai eu beaucoup d'occasions
08:05de critiquer le président.
08:06J'ai toujours dit que je n'allais pas
08:09le critiquer publiquement, vertement.
08:12Il a un rôle qui est difficile.
08:14Mais quand on me coupe la parole sur une audition
08:17à des dizaines de reprises,
08:19qu'on décide de suspendre une audition
08:20alors que j'avais encore plusieurs questions
08:22extrêmement critiques et sensibles à poser
08:24aux anciens ministres de la Culture,
08:26moi, je vous avoue que...
08:27Donc vous n'avez pas de preuve.
08:28Non, je vous...
08:29Attendez.
08:30Je ne suis pas là chez vous
08:32pour accabler telle ou telle personne.
08:34Je constate simplement
08:37que lorsqu'on m'interrompt
08:38à chaque fois que je pose une question
08:40sur la structure capitalistique de MediaOne
08:42qui est détenue en majorité
08:43par un fonds de investissement américain,
08:45on m'empêche de poser la question.
08:46Donc ça pose des questions.
08:48Manifestement, sur cette histoire de lien
08:50entre le président Patry et l'étus et MediaOne,
08:52si je comprends bien,
08:53le rapporteur à l'oncle n'a pas de preuve
08:55pour l'établir.
08:56Mais moi, ce que je trouve intéressant,
08:58c'est que le président
09:00de cette commission d'enquête,
09:02à chaque fois que la plume
09:03est remuée dans la plaie,
09:05comme on dit pour le journalisme,
09:07mais ça vaut pour une commission d'enquête,
09:09eh bien, il s'étouffe,
09:11il est gêné,
09:12il veut interrompre,
09:13il veut reporter,
09:14il recadre, etc.
09:15Et je trouve que ça soulève un lièvre,
09:20à mon sens,
09:20qui est qu'on a le sentiment
09:22qu'un coup de pied est donné
09:23dans une fourmilière
09:24qui n'avait pas trop envie
09:26qu'on la dérange.
09:27Et donc, moi,
09:28il y a un certain nombre de choses
09:30qui me choquent.
09:30quand les uns et les autres
09:32refusent de donner
09:34leur rémunération,
09:35je suis désolé,
09:36quand on travaille
09:37sur le service public,
09:38on est payé...
09:38Il y a une consigne
09:39qui a été donnée.
09:39On est payé par les impôts
09:41des Français.
09:43Pas seulement, d'ailleurs,
09:44parce que France Télé
09:45a la particularité
09:46de gagner aussi de l'argent
09:49par la publicité.
09:50Il ne faut pas oublier
09:50de le dire à nos téléspectateurs.
09:53Mais je pense quand même
09:54qu'il est assez choquant
09:55qu'ils ne donnent pas
09:56leur rémunération.
09:58Quand Nagui en est expliqué
10:01qu'il serait attaqué
10:02parce qu'il est égyptien,
10:03bon...
10:04Éveliane, éveliane.
10:05Je suis désolé,
10:06il y a un problème.
10:07Donc, moi,
10:08ce que je veux dire,
10:09c'est que...
10:09Pardon,
10:09parce que, Charles,
10:10vous voudriez que
10:11les présentateurs
10:13ou les présentatrices,
10:14par exemple,
10:15du 20h,
10:16les animateurs,
10:17donnent leur salaire.
10:19Je pense...
10:20Ah bah oui.
10:20Je pense que quand on est...
10:22Quand on travaille
10:22pour l'État,
10:24on doit faire la preuve
10:25de la transparence
10:26que l'État nous paye.
10:26Par exemple,
10:26quand vous travaillez
10:27chez Laurent Roquet
10:27parce que vous avez travaillé
10:28pour la publique...
10:28Mais j'ai donné mon salaire.
10:29C'était quoi, votre salaire ?
10:30Je ne sais plus
10:31combien c'était.
10:32D'ailleurs,
10:32c'était 1200 euros,
10:34je crois, par émission,
10:35par semaine, donc.
10:37Et c'était sur le service public.
10:38Et c'était normal
10:39de donner mon salaire.
10:40Et au premier journaliste
10:42qui me l'a demandé,
10:43je me souviens qu'à l'époque,
10:44c'était Jordan Deluxe,
10:45d'ailleurs,
10:46j'ai donné mon salaire.
10:48Et pour moi,
10:49c'était naturel
10:49puisqu'il s'agissait
10:50du service public.
10:51Donc, moi,
10:52ce que je pense,
10:53c'est que, d'abord,
10:54un, c'est quand même
10:55le rôle de l'Assemblée nationale
10:57de faire la lumière
11:00sur la manière
11:01dont les dépenses publiques
11:01sont utilisées.
11:02Et deux,
11:03moi, je pense même
11:04qu'il faudrait généraliser
11:06ce type de commission d'enquête.
11:09Alors, ça n'enlève rien.
11:11C'est vrai que
11:11ce qu'on peut vous reprocher
11:13éventuellement,
11:13cher L'Anne-Réalon,
11:15c'est que
11:16vous interpellez
11:18les uns et les autres
11:18d'une manière
11:19assez moralisatrice,
11:21alors que, manifestement,
11:22on se demande
11:22si vous-même,
11:23vous n'êtes pas un peu
11:24en mission commando occulte
11:26pour je ne sais
11:27quels intérêts privés
11:28qui auraient intérêt
11:29à la démolition
11:30du service public
11:31on peut se poser la question.
11:33Mais, je pense que
11:34ce type de commission d'enquête
11:36fait la lumière
11:36sur les dépenses publiques.
11:38Pour moi,
11:38il faut même le généraliser.
11:40Vous êtes un agent de Bolloré ?
11:41C'est une critique
11:42lourdement relayée
11:44par la gauche.
11:45Je vais vous donner
11:45quelques faits.
11:46Je suis porte-parole
11:47du groupe UDR.
11:48J'ai été élu
11:48il y a plus d'un an et demi.
11:49Je n'ai fait qu'une seule fois
11:50en un an et demi
11:52les antennes du groupe Bolloré.
11:53C'était CNews.
11:54C'était le lendemain
11:55d'un attentat
11:56qui a eu lieu
11:56dans une synagogue
11:57de ma circonscription.
11:59Je suis porte-parole
12:00du groupe UDR.
12:02Je m'attache
12:03de façon extrêmement neutre
12:04dans cette commission d'enquête
12:05à m'intéresser
12:06au phénomène
12:06d'hyperconcentration
12:07des sociétés de production.
12:08Je m'intéresse notamment,
12:09on a parlé de MediaOne,
12:10je m'intéresse aussi
12:11à Banniger
12:11et M. Bolloré
12:12à une part,
12:14à une participation
12:15au capital de Banniger.
12:16Si j'étais
12:17un émissaire de Bolloré,
12:18je pense que vous me verriez
12:19beaucoup plus
12:20sur CNews
12:21que sur BFM TV
12:23et je pense
12:24que je ne parlerai pas
12:25de Banniger.
12:27Le président a décidé
12:27qu'il fallait le recevoir
12:29mais je voudrais vraiment...
12:30C'est une bonne idée
12:31de le recevoir ?
12:31Une bonne fois pour toutes,
12:32je voudrais vraiment
12:33mettre fin à ces critiques
12:34qui ne reposent
12:34sur aucun fondement.
12:36Je suis indépendant,
12:37je tiens à cette indépendance.
12:39Je suis aussi
12:39pour le caractère pluraliste
12:41de cette commission d'enquête
12:42mais en aucun cas...
12:43D'accord,
12:44je bien vous crois
12:45mais est-ce que vous n'avez pas
12:45l'impression
12:46d'être utilisé
12:47dans un combat aujourd'hui
12:48qui est mené
12:49contre l'audiovisuel public ?
12:52Moi, mon combat,
12:53c'est que je vois
12:54que l'émission précieuse
12:55de l'audiovisuel public
12:56depuis des années
12:57voire des décennies
12:58sont dévoyées,
12:59elles sont minées
13:00par des comportements,
13:01des dérives,
13:02des dysfonctionnements
13:02extrêmement graves
13:03qu'un petit milieu,
13:04qu'une petite société
13:05extrêmement parisienne
13:06n'a jamais voulu mettre à jour
13:08parce qu'il y a
13:09des intérêts financiers,
13:10parce qu'en fait,
13:11il est de bon ton
13:12de défendre aussi
13:13un audiovisuel public
13:14qui pencherait à gauche
13:15et répondre à des questions,
13:17c'est déjà cautionner
13:18une forme d'attaque
13:20de l'État de droit.
13:20Donc moi,
13:20je voudrais simplement dire
13:21que ma seule mission,
13:23c'est de mettre à jour
13:24les dysfonctionnements
13:25de l'audiovisuel public
13:25pour formuler des recommandations
13:27pour mieux le sauver.
13:29Je ne me suis jamais exprimé
13:30sur la privatisation.
13:31Je n'ai jamais été en guerre
13:32contre qui que ce soit
13:33et je pense que le mérite
13:34de cette commission d'enquête,
13:35c'est que demain,
13:37ces missions précieuses
13:38de l'audiovisuel public
13:39soient sauvées
13:40et qu'on mette fin
13:41à des dysfonctionnements
13:42et à des années
13:43de gabegies
13:43qui sont absolument délirantes.
13:45Mais pardon,
13:45tout à l'heure,
13:45on a commencé cet entretien
13:48avec vous et ce dialogue.
13:48Vous avez dit,
13:50ce sera pour dénoncer
13:51les turpitudes,
13:52si je me souviens bien,
13:52vous avez dit
13:53du service public.
13:55J'ai regardé la définition
13:56de turpitude,
13:57c'est bassesse et indignité.
14:00M. Bolloré sera reçu
14:01par votre commission.
14:02Il y aura une question
14:02sur Jean-Marc Morandini.
14:04Le fait qu'il reste à l'antenne,
14:05est-ce qu'on n'est pas
14:05dans la bassesse et l'indignité ?
14:07Alors, c'est effectivement
14:08le président de la commission
14:10d'enquête,
14:10M. Patriotius,
14:11sur une antenne
14:12du service public
14:13obligé de cette même
14:14commission d'enquête,
14:15hier,
14:16a annoncé un certain nombre
14:18de personnes
14:18qui seraient auditionnées
14:19alors que ces noms
14:20n'avaient pas été validés
14:21par le bureau
14:22de la commission d'enquête.
14:22Moi, on me l'a reproché.
14:23On m'a reproché
14:24d'avoir fait fuiter
14:25par exemple
14:25le nom de Delphine Arnot
14:26ou de Sibyl Veil
14:27avant même
14:28qu'elles reçoivent
14:29leur convocation.
14:29Bon, le président
14:30semble-t-il
14:30Il y aura cette question
14:31sur le maintien
14:33de Jean-Marc Morandini.
14:34C'est une bonne question.
14:35Est-ce qu'il doit être maintenu
14:36sur une antenne du privé ?
14:37Vous me posez la question
14:39à titre personnel
14:39et ce n'est pas le cas
14:41de la commission d'enquête.
14:42Je suis contre.
14:45Évidemment que ça me choque.
14:47Évidemment qu'à titre personnel,
14:48je ne comprends pas
14:49cette décision.
14:50Mais mon rôle
14:50en tant que rapporteur
14:51de la commission d'enquête,
14:52c'est de m'intéresser
14:53à l'audiovisuel public,
14:55de m'intéresser
14:55à ses dysfonctionnements.
14:56Ce n'est pas de m'égarer
14:57dans des combats
14:58purement et bassement politiques
15:00qui pourraient nous détourner
15:01d'un objectif majeur.
15:04C'est-à-dire,
15:05que fait-on
15:05des 4 milliards d'euros
15:06d'impôts des Français
15:07qui financent aujourd'hui
15:08l'audiovisuel public ?
15:08Charles, vous n'avez pas
15:09de l'avis sur quoi ?
15:10Sur Morandini.
15:11L'avocat que je suis
15:13relève que Jean-Marc Morandini
15:15n'a pas été condamné
15:16à une interdiction
15:17d'exercer son métier
15:19de journaliste
15:20et que, moi,
15:22je trouve cette chasse
15:23à l'homme un petit peu,
15:25cette meute
15:26contre Morandini,
15:27je ne suis pas fan.
15:28Moi, je pense
15:29qu'il n'a pas été condamné
15:31à ça.
15:32Il va purger sa peine
15:33comme n'importe qui
15:34et je pense que certains
15:37se rachètent
15:39une morale à peu de frais
15:41sur le dos de Morandini.
15:43Ça, je le dis en passant.
15:45Mais par ailleurs,
15:46j'observe attaquer
15:47l'audiovisuel public,
15:48etc.
15:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
15:50Puisque, de toute façon,
15:50l'audiovisuel public
15:51n'est pas menacé
15:52aux dernières nouvelles.
15:53Je veux dire,
15:53son budget est maintenu.
15:55Il est réduit.
15:55Il baisse un tout petit peu.
15:57Oui, mais enfin,
15:57il y a un tel budget.
15:58Dans les débats,
15:59parfois,
15:59on parle de privatisation.
16:00Mais bien sûr,
16:02mais d'ailleurs,
16:03il y a beaucoup
16:05de chaînes publiques.
16:06Moi, je ne suis pas
16:06pour la privatisation
16:07intégrale de France Télévisions.
16:08Mais sur une partie ?
16:09Oui, je pense
16:10qu'on n'a pas besoin
16:11d'autant de chaînes
16:12de télévision,
16:13notamment publiques.
16:15Je pense qu'on pourrait
16:16réfléchir à ça.
16:16Et par ailleurs,
16:17et c'est là aussi
16:18qu'on vit une espèce
16:19de changement d'époque,
16:20c'est qu'il y a
16:21une certaine gauche caviar
16:23qui, pendant des années,
16:26sans se cacher,
16:27d'ailleurs,
16:29utilisait les moyens
16:30de l'audiovisuel public
16:31pour diffuser
16:32une certaine idéologie.
16:33France Inter,
16:34c'est jamais caché
16:34d'être une chaîne de gauche.
16:35Ça n'en fait pas
16:36une mauvaise radio.
16:38Mais...
16:38Ce n'est pas ce que disent
16:39les dirigeants de France Inter.
16:40Franchement,
16:41il faut vraiment...
16:43Il faut avoir des gros problèmes
16:45d'audition
16:46pour ne pas l'entendre.
16:47Expliquer,
16:48France Inter est une radio
16:49résolument progressiste.
16:50On a interrogé aussi
16:51Laurence Bloch.
16:52Mais d'ailleurs,
16:53je pense que...
16:53Si un dirigeant de France Inter
16:55disait que France Inter
16:56était une radio conservatrice...
16:57À votre corps défendant,
16:59cher monsieur le député,
17:00monsieur le ministre,
17:01faudra-t-il vous appeler
17:02par anticipation ?
17:04Il faut toujours
17:05prendre les devants.
17:07Je pense que vous permettez
17:08à certains
17:08de se donner le beau rôle.
17:11Parce que là,
17:11maintenant,
17:12il y en a certains,
17:12on les entend.
17:13Attention,
17:14travailler sur les services
17:15publics audiovisuels,
17:16aujourd'hui,
17:16c'est quasiment comme
17:17d'avoir pris le maquis.
17:19C'est-à-dire qu'il y a
17:19des gens moulins
17:20qui fleurissent maintenant
17:21et qui disent
17:22« Nous, on défend
17:23le service public et tout ».
17:24Je pense qu'on peut avoir
17:25une approche plus dépassionnée.
17:26Et d'ailleurs,
17:27ce genre de procès
17:28qu'il aurait fait,
17:29parce que malgré tout,
17:30il y a un petit côté procès,
17:31mais comme je l'ai dit,
17:32moi, je pense que
17:33ce n'est pas forcément mauvais.
17:35Ça permet ensuite
17:36de passer à l'étape d'après
17:38qui est
17:38qu'est-ce qu'on veut
17:39comme service public
17:40audiovisuel ?
17:41Est-ce qu'on veut ou pas
17:42qu'il soit politisé ?
17:43Réponse majoritaire
17:44des Français,
17:45plutôt pas.
17:46Qu'est-ce qu'on veut
17:47sur le service public
17:48audiovisuel ?
17:48Est-ce qu'on veut
17:48des jeux télévisés,
17:49par exemple ?
17:50Moi, je pense que
17:50ça ne sert à rien.
17:51Je pense que ça n'est pas
17:52la mission du service public.
17:53Voilà, ça permet
17:54d'avancer un peu,
17:55mais c'est étonnant
17:56comme ils ont du mal
17:57à être questionnés
17:58par la représentation nationale.
18:00beaucoup disent
18:02que font les jeux
18:03sur le service public.
18:06Il y a un des personnes
18:08qui a été auditionnée,
18:09je crois que c'était
18:09Jean-Michel Carpentier
18:10de Mémoire,
18:11qui disait
18:11que les jeux,
18:12ça fait partie aussi,
18:13le divertissement,
18:14ça fait aussi partie
18:14d'une mission
18:15du service public,
18:17offrir de l'humour,
18:20du divertissement,
18:21un peu de légèreté.
18:22Ce n'est pas forcément
18:23une mauvaise chose.
18:24Je peux comprendre
18:24que quelques jeux
18:25diffusés par le service public
18:26sont importants.
18:27Les chiffres et les lettres,
18:27par exemple,
18:28c'était un jeu
18:29qui était sur le service public.
18:30Je suis d'accord avec vous,
18:31question pour un champion
18:31qui a été déprogrammé en semaine,
18:33des jeux culturels,
18:34des jeux notamment
18:35de questions de culture générale.
18:37Mais sauf que
18:37quand vous avez sur France 2,
18:38en 24 heures,
18:39entre 7 à 9 grilles de jeux
18:41qui sont diffusés,
18:42là où sur TF1,
18:43vous n'en avez qu'une,
18:44vous demandez
18:45si c'est vraiment
18:45la vocation du service public
18:47de l'audiovisuel
18:47de financer autant de jeux.
18:49Par exemple,
18:50on a appris que France Télévisions
18:52voulait créer un Star Academy
18:54qui concurrencerait
18:56une chaîne privée commerciale.
18:57Est-ce qu'on se souvient
18:58de l'époque
18:59de Bouillon de Culture,
19:00de Bernard Pivot
19:00qui a été diffusé en Prime
19:02et qui a rassemblé
19:03aussi des millions de Français ?
19:04Est-ce qu'on n'attendrait pas
19:05du service public
19:06de l'audiovisuel
19:07d'aller proposer
19:08des contenus exigeants ?
19:10Beaucoup moins.
19:12Peut-être que ce qui manque
19:13un peu dans votre commission...
19:14Quand vous proposez neuf jeux
19:15par jour sur France 2
19:16alors que les chaînes privées commerciales
19:18en proposent qu'un ou deux,
19:19vous voyez qu'il y a quand même
19:20eu une...
19:21Il y a des émissions littéraires...
19:23Non mais ce qui est vrai...
19:24Est-ce que le service public
19:24doit faire de l'audience ou pas ?
19:26Doit tenir compte des audiences ou pas ?
19:27C'est une excellente question.
19:28C'est une question d'ailleurs
19:29que je pose à chaque audition
19:31et je pense honnêtement
19:33que les missions précieuses
19:35de l'audiovisuel public
19:36ne doivent pas forcément
19:37être corrélées
19:38à un indicateur d'audience.
19:39Mais à condition qu'elles se distinguent
19:43des chaînes privées commerciales
19:44et quand vous avez un copier-coller
19:46entre des chaînes privées commerciales
19:48et les chaînes de l'audiovisuel public
19:49qui sont en plus payées
19:51par les Français,
19:51c'est là où vous avez
19:52une vraie incertitude.
19:53À quoi sert les 4 milliards d'euros
19:55d'impôt des Français
19:55pour payer une chaîne
19:56qui pourrait être assurée
19:57totalement par le privé ?
19:58Pour être juste simplement,
19:59pardon Charles,
20:00c'est qu'il y a une partie
20:01de la grille de France 2
20:03par exemple
20:03qui est financée par la pub
20:04puisque la pub est autorisée
20:06jusqu'à 20h.
20:06Donc pour avoir de la pub,
20:08il faut faire l'audience.
20:08Sinon les annonceurs
20:09ne viennent pas.
20:10Oui, mais justement,
20:10il y a des injonctions contradictoires.
20:12Non, mais ça montre
20:13qu'il faut faire du choix.
20:14Ou alors il faut enlever la pub.
20:15Mais oui, ça montre.
20:16Mais moi je pense
20:16qu'il faut enlever la pub
20:17mais comme à la radio.
20:18Donc ça sera nos impôts.
20:19Sur la radio publique,
20:20il n'y a pas de pub
20:20et c'est d'ailleurs
20:21ce qui les aide
20:22à faire de l'audience.
20:22Dans ce cas-là,
20:23vous ne ferez pas des économies
20:24? Vous demanderez plus d'impôts ?
20:25Non, si, si vous privatisez
20:28deux chaînes sur cinq,
20:29vous faites des économies.
20:31Mais moi je pense
20:31qu'il manque peut-être
20:32un élément.
20:33Après, je n'ai pas suivi
20:33non plus cette commission
20:34dans ses moindres détails.
20:37C'est qu'il faut dire aussi
20:38qu'il y a des programmes
20:39de très bonne qualité.
20:40Le documentaire
20:41qui a été diffusé
20:42très récemment
20:43sur Emmanuel Macron,
20:44la guerre, Trump, etc.
20:45C'est typiquement
20:46ce qu'on attend
20:46du service public
20:47et on attend aussi
20:48du service public
20:48mais d'ailleurs je ne sais pas
20:49s'ils l'ont dit suffisamment
20:50d'être aussi un contre-pouvoir.
20:52C'est-à-dire que malgré tout,
20:53il faut bien qu'il y ait
20:54quand même une ou deux
20:55chaînes publiques qui existent
20:56pour faire contrepoids
20:57aux chaînes
20:58qui sont possédées
20:59par le privé.
21:00Ça, c'est quand même
21:01un truc qui fait consensus
21:03même auprès des horribles
21:05droitsards.
21:05Et c'est l'un des...
21:06Je suis d'accord.
21:07Je pense qu'il faut
21:08une indépendance
21:09de l'audiovisuel public
21:10vis-à-vis notamment
21:11d'intérêts privés
21:12et vis-à-vis aussi
21:13du pouvoir politique.
21:14On a appris notamment
21:15que l'ARCOM
21:16à qui on avait donné
21:17tout pouvoir
21:18dans la désignation
21:19des présidents
21:20de groupes audiovisuels,
21:21il y a eu des pressions
21:22exercées par François Hollande
21:23lorsqu'il était président
21:24de la République
21:25pour favoriser la candidature
21:26de Delphine Arnaud.
21:27On a reçu notamment
21:28l'ancien président du CSA
21:30M. Chramek
21:30qui l'a avoué
21:31en commission d'enquête
21:32sous serment.
21:33Donc cette commission d'enquête
21:34pose aussi question.
21:35Quelles sont les influences,
21:37les pressions,
21:37les tentatives aussi
21:38d'ingérence du pouvoir politique
21:40à l'égard de l'audiovisuel public ?
21:42Moi, je plaide
21:42pour un service public
21:44de l'audiovisuel
21:45parfaitement imperméable
21:46à toute forme
21:47de pression politique
21:48et notamment du pouvoir.
21:49Et c'est tout l'objet
21:50notamment de cette commission d'enquête.
21:51Merci d'être venu
21:52vous en expliquer,
21:54Charles Lalonde,
21:54rapporteur de cette commission d'enquête
21:56sur l'audiovisuel public.
21:57Merci d'être venu
21:58sur le plateau de BFM TV
21:59dans ce signé concilier.
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