- il y a 3 mois
Chaque jour, Guillaume Daret vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:01Générique
00:00:08Bonsoir à tous, bienvenue dans 60 minutes BFM, votre grand rendez-vous d'actualité.
00:00:13Tensions extrêmes ce soir entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:00:18Storm is coming, la tempête arrive, menace le président américain Donald Trump, plus menaçant que jamais.
00:00:25L'Iran de son côté promet des frappes longues et douloureuses, on décrypte cela avec tous nos experts.
00:00:32Notre invité également Gilles Kepel dans quelques minutes, spécialiste de la région.
00:00:37Une crise militaire, une crise diplomatique et une crise économique.
00:00:41Le prix du baril de pétrole au plus haut depuis 4 ans.
00:00:45Des prix des carburants qui ne baissent que très peu, des craintes sur l'économie évidemment.
00:00:50Faut-il taxer les entreprises qui font des super profits ?
00:00:54C'est l'idée des socialistes, c'est l'idée d'Olivier Faure.
00:00:57Il sera notre invité tout à l'heure, 60 minutes BFM, c'est parti.
00:01:04La tempête arrive, ce sont donc les menaces de Donald Trump.
00:01:09Le président américain va-t-il appuyer sur le bouton et frapper l'Iran dans les prochaines heures ?
00:01:15Un message posté sur son réseau social qui laisse planer cette menace.
00:01:20Raphaël Redon, Manuel Abron.
00:01:25Les frappes vont-elles reprendre sur l'Iran ?
00:01:27Donald Trump va en tout cas se faire présenter des plans militaires.
00:01:30Qui prévoit entre autres une vague de frappes courte et puissante contre l'Iran.
00:01:41C'est dans ce contexte que l'armée française s'entraîne à une guerre de haute intensité.
00:01:47Je suis là aujourd'hui pour vous dire de continuer à vous battre pour faire de la France une puissance
00:01:51reconnue par ses alliés et redoutée par ses ennemis.
00:01:56Alors blocus prolongé ou reprise des bombardements, le Pentagone lui visiblement est prêt.
00:02:02L'option privilégiée par l'administration c'est celle du blocus naval.
00:02:05Donald Trump a déjà demandé à l'armée de le renforcer et de le prolonger.
00:02:09Il a prévu les pétroliers, ça pourrait durer des mois.
00:02:13La blocée est géniale.
00:02:16Réponse du président du Parlement iranien qui promet un détroit d'hormouge libéré de toute présence américaine.
00:02:23On est parti pour un chaos géopolitique qui va avoir des répercussions pendant des mois, des semestres, voire des années.
00:02:31Avec moi ce soir pour décrypter ces dernières informations, nos meilleurs spécialistes.
00:02:36Armin Arefi, bonsoir.
00:02:38Vous êtes grand reporter au point, spécialiste du Moyen-Ornans.
00:02:42Didier François, journaliste des Vence BFM TV, bonsoir Didier.
00:02:45Thierry Arnaud, éditorialiste politique internationale BFM TV.
00:02:48Le général Patrick Dutarde, bonsoir mon général.
00:02:51Général de l'armée de l'air et ancien leader de la patrouille de France.
00:02:54On l'a vu à l'instant, le président américain Donald Trump menace donc
00:02:59de nouvelles frappes.
00:03:00Il va participer aujourd'hui même à une réunion avec les plus hauts gradés de l'armée américaine
00:03:06pour examiner de nouveaux projets, de nouvelles frappes.
00:03:10On prend tout de suite la direction de Washington où on retrouve Antoine Eulard.
00:03:15Vous nous révélez ce soir quelles sont les hypothèses qui sont sur la table.
00:03:21Oui, alors c'est le média Axios qui annonce cette réunion.
00:03:25Et selon ce média, il y a trois scénarios sur la table.
00:03:28Le premier, le plus probable, ce seraient des frappes puissantes et rapides contre l'Iran
00:03:33qui viseraient notamment les infrastructures énergétiques.
00:03:36L'idée là, ce serait de porter un coup fatal au régime pour faire terminer définitivement la guerre
00:03:41ou à minima pour forcer les Iraniens à s'asseoir à la table des négociations
00:03:45et à négocier sur le nucléaire.
00:03:47Les deux autres options envisagées, c'est l'île de Karg.
00:03:50Les Etats-Unis pourraient s'en emparer.
00:03:52L'île de Karg, c'est un site ultra stratégique où transite 90% du pétrole iranien.
00:03:56Troisième hypothèse, le déploiement de forces spéciales pour aller récupérer les 450 kg d'uranium
00:04:01enrichis.
00:04:02Ces deux dernières options, a priori, ne sont pas du tout privilégiées par Donald Trump
00:04:05parce qu'elles supposent un déploiement de troupes au sol.
00:04:08Et ça, Donald Trump ne veut pas prendre ce risque.
00:04:10Il ne veut pas prendre le risque de perdre des soldats.
00:04:12Il considère que ce serait un suicide politique alors que la guerre est déjà très impopulaire.
00:04:16Merci beaucoup Antoine Hollard, en duplex et en direct de la Maison-Blanche à Washington.
00:04:22Général Patrick Dutarte, on voit ces hypothèses mises sur la table par les militaires américains.
00:04:28Si des frappes reprennent, si le président américain décide de le faire, on va revoir
00:04:32ces hypothèses.
00:04:33Première des hypothèses, ce serait des frappes extrêmement fortes, mais courtes.
00:04:38En quoi ça pourrait consister ?
00:04:40À mon sens, des objectifs près du Trois-Dormouze, tout ce qui peut sembler être des petits navires,
00:04:51des vedettes rapides, des points de rassemblement, des tunnels dans lesquels pourraient se cacher
00:04:57des désarmements, toute une bande de 150 à 200 kilomètres autour du Trois-Dormouze serait pilonnée.
00:05:03La seconde chose qui pourrait être faite, c'est les ponts éventuellement ou les arrivées
00:05:11logistiques, c'est-à-dire tous les actes de communication vers cette zone.
00:05:15Et la troisième chose dans le ciblage, c'est éventuellement des tirs d'opportunités
00:05:19sur des leaders politiques et puis bien sûr sur certains objectifs militaires qui n'auraient
00:05:25été pas complètement traités, notamment des endroits où on cache encore des drones
00:05:33chaïdes ou des missiles balistiques.
00:05:35Didier, frappe courte et puissante, ça signifie quoi quand on est militaire, quand on met
00:05:41ces hypothèses-là sur la table ?
00:05:42Ça peut signifier beaucoup de choses.
00:05:44Ça peut signifier effectivement ce que vient de nous décrire Patrick, c'est-à-dire une
00:05:48tentative de nettoyer les environnements immédiats en termes de menaces missiles et
00:05:55drones du Trois-Dormouze.
00:05:57Ça peut être une décision d'aller casser les structures civiles, d'infrastructures
00:06:04énergétiques et de raffinage pour empêcher le gouvernement, le régime iranien de fonctionner,
00:06:12même si ça aura des conséquences dures et même terribles sur la population civile.
00:06:18En fait, ça peut être n'importe quoi.
00:06:19Le seul problème, ce n'est pas qu'eux décident que ça soit court et que ça soit
00:06:22violent, c'est qu'on a rarement vu que dans une guerre, il y ait des bombardements
00:06:26sans qu'il y ait des ripostes.
00:06:27Donc, ils peuvent vouloir ça court, mais s'ils frappent, il y a de bonnes chances que
00:06:30les Iraniens tapent aussi, que donc ça ne sera pas court.
00:06:35Ça n'existe pas.
00:06:36Ils peuvent faire un truc très violent, ça oui.
00:06:38Ils peuvent avoir des effets majeurs en s'attaquant, parce que même, t'as essayé
00:06:43de contrôler militairement la destruction de la menace sur les abords du détroit d'Hormuz.
00:06:50Vous verrez bien qu'en fait, ça va tourner en permanence.
00:06:53Ils vont faire une première frappe, puis il y en a d'autres qui vont revenir de plus
00:06:55loin et qui vont se remettre sur le détroit d'Hormuz et que ça n'ira pas vite, parce
00:06:59qu'en fait, ils ont une profondeur stratégique qui leur permet d'avoir dans la profondeur,
00:07:03justement, de ce pays qui est immense, la possibilité de bouger.
00:07:07Alors, ils auront de la destruction quand ils bougeront, parce qu'ils seront repérés,
00:07:10mais pas entièrement.
00:07:11Donc, il n'y aura que de toute façon un pouvoir de disevance.
00:07:13Et la dernière chose, n'oubliez pas une chose, c'est qu'aujourd'hui, ce qui prouve
00:07:18que les Iraniens ne sont pas totalement pris à la gorge, ce qui d'ailleurs, ça se voit
00:07:22puisqu'ils ne veulent pas négocier, c'est qu'ils n'ont pas encore miné le détroit.
00:07:27Tant que ça veut dire qu'ils pensent qu'ils ont encore un espace, soit pour la négociation,
00:07:32soit pour autre chose, le jour où ils n'auront plus d'espace, vous verrez qu'ils
00:07:35viendront le détroit et que ça, là aussi, on reprendra du temps.
00:07:38Donc, il n'y aura pas de solution rapide, malheureusement, ni militaire, ni diplomatique.
00:07:44Les négociations, ça prendra du temps.
00:07:46Le blocus prendra du temps, parce que c'est fondamental pour le régime.
00:07:50Donc, il trouvera des solutions pour gagner du temps.
00:07:53Donc, il n'y a pas de solution rapide.
00:07:55Quand on voit ces hypothèses de l'armée américaine, est-ce que les Iraniens se préparent
00:07:59à une nouvelle vague de frappes dévastatrices ?
00:08:02C'est ce que disent les Américains.
00:08:04Bien évidemment, les Iraniens l'affirment eux-mêmes, qu'ils s'y préparent.
00:08:06Ils s'y préparent même à la veille de la guerre, même s'ils ont peut-être été surpris
00:08:12par l'ampleur des premières frappes du 28 février qui ont décapité l'appareil militaire,
00:08:16le commandement militaire et politique du pays.
00:08:19Maintenant, encore une fois, les Américains sont totalement capables
00:08:23de frapper notamment les infrastructures civiles.
00:08:26On se souvient qu'avant la conclusion à cesser le feu, Donald Trump avait menacé
00:08:31de détruire la civilisation iranienne.
00:08:34Mais la question, encore une fois, c'est l'objectif.
00:08:36L'objectif qui a avancé par Donald Trump, c'est tout d'abord de rouvrir le détroit d'Hormuz.
00:08:43À ma connaissance, et vous me direz si je me trompe, je ne suis pas certain que l'envoi,
00:08:50en tout cas des bombardements massifs au niveau de la côte iranienne,
00:08:54va enlever la possibilité, en tout cas le pouvoir de nuisance iranien sur le moindre navire
00:09:00qui tenterait de traverser le détroit.
00:09:03Autre chose qui est très importante, qui est mise en avant par Donald Trump,
00:09:06lui, il veut détruire, en tout cas le régime, pourquoi pas une partie de l'Iran,
00:09:12pour amener les Iraniens à capituler sur les négociations.
00:09:15Or, cette idée reçue, qui est très très prégnante chez Donald Trump,
00:09:19visiblement, n'a pas été couronnée de succès depuis le début de la guerre.
00:09:21À savoir qu'à la veille de la guerre, les Iraniens ont refusé,
00:09:24ils voulaient bien négocier, mais refusaient ce qui était décrit comme un diktat,
00:09:28une capitulation.
00:09:30Et on voit aujourd'hui que les Iraniens se refusent toujours
00:09:33à cette capitulation qui est demandée par Donald Trump.
00:09:36Pourquoi ? Parce qu'ils estiment avoir un levier supplémentaire
00:09:39par rapport au début du conflit, qui est le contrôle, de fait, du détroit d'Hormuz.
00:09:43Même si les Américains, de l'autre côté, aujourd'hui,
00:09:45empêchent une partie des navires se dirigeant vers l'Iran
00:09:49ou arrivant des ports iraniens de sortir ou d'entrer dans le détroit.
00:09:52Parmi les capacités de frappe américaines, Thierry,
00:09:55il y a justement ce que certains côtés américains présentent,
00:09:58si je veux dire, comme l'arme fatale, un missile hypersonique.
00:10:02On va voir des images, ça s'appelle Dark Eagle.
00:10:04En quoi ça consiste et qu'est-ce que ça permet ?
00:10:06On va découvrir ce sur quoi on a travaillé.
00:10:09Vous allez voir, il y a des infographies.
00:10:11Peut-être que le général Patrick Dutartre aussi
00:10:13a des éléments à nous donner là-dessus.
00:10:14Ça correspond à quoi comme type d'arme ?
00:10:15Alors, un missile hypersonique, comme son nom l'a dit,
00:10:17c'est un missile qui est d'une vitesse exceptionnelle
00:10:21et qui, par conséquent, est difficile, pour ne pas dire impossible,
00:10:25arrêté une fois qu'il est parti sur une trajectoire
00:10:28qui est ascensionnelle, puis il redescend quasiment à pic.
00:10:34Et évidemment, ce serait franchir une étape supplémentaire
00:10:37de la part des Américains que de recourir à cette arme,
00:10:40sachant que, par ailleurs, outre le missile,
00:10:42ils disposent déjà les États-Unis sur place d'un arsenal
00:10:45qui est supérieur à celui qui était en leur possession le 28 février.
00:10:50C'est l'arme fatale, si j'ose dire ?
00:10:52Non, pas du tout.
00:10:53En fait, c'est un moment, une sorte d'attaque MS,
00:10:57mais beaucoup plus rapide, qui arrive au-delà hypersonique.
00:10:59Géralement, c'est au-delà de Mach 5,
00:11:01donc 5000 km heure, pour faire simple.
00:11:04Et dans le cas présent, c'est pas tellement intéressant pour l'Iran.
00:11:08Pourquoi il n'a même pas de système de défense aérienne ?
00:11:10C'est intéressant lorsque vous avez en face de vous
00:11:12un pays qui dispose de solides moyens de défense aérienne,
00:11:17d'intercepteurs, auquel cas, intercepter ce type de missile,
00:11:20c'est beaucoup plus compliqué.
00:11:21Mais en l'occurrence, je ne sais même pas s'il va être utilisé.
00:11:24Ils nous le présentent peut-être pour montrer une évolution de leur système.
00:11:28Mais en l'occurrence, sur le terrain d'opération iranien,
00:11:31ça n'a pratiquement pas de plus-value, à mon sens.
00:11:34Oui, ils n'ont pas d'intercepteurs anti-missiles.
00:11:36Donc oui, effectivement, le seul avantage que ça a ce truc-là,
00:11:39c'est la portée par rapport aux attaques MS,
00:11:41qui, eux, sont limités en portée.
00:11:43Là, c'est une portée qui touche l'ensemble du territoire iranien,
00:11:46donc ça peut aller assez loin.
00:11:48Et ça permet, effectivement, d'éviter,
00:11:51peut-être dans certaines zones
00:11:53où il y aurait du risque de missiles portés à l'épaule
00:11:57contre des avions qui seraient un peu bas,
00:12:00de traiter ces cibles-là sans engager les avions
00:12:03pour éviter d'avoir à refaire l'opération de sauvetage des pilotes
00:12:06si jamais il y avait un nouvel avion qui, volant trop bas,
00:12:09aurait été abattu.
00:12:10Mais c'est à peu près le seul truc.
00:12:11Parce qu'aujourd'hui, honnêtement, avec leurs avions, ils vont où ils veulent.
00:12:13Donc, ça ne sert qu'à ça.
00:12:15Ça sert plutôt à pouvoir taper dans la profondeur
00:12:17sans engager les pilotes.
00:12:18Au cœur, évidemment, des hypothèses mises sur la table
00:12:20par les militaires américains Donald Trump.
00:12:22Il y a toujours, évidemment, au centre de tout,
00:12:24la question du détroit d'Hormuz.
00:12:25On rejoint tout de suite Marie Gentric,
00:12:27l'une de nos envoyées spéciales,
00:12:29qui est sur le terrain avec Anthony Métro à Abu Dhabi,
00:12:31aux Émirats Arabes Unis.
00:12:32Bonsoir, Marie.
00:12:33Un des trois qui est toujours paralysé des États-Unis,
00:12:36qui envisage donc de le débloquer, y compris par la force.
00:12:43Exactement, Guillaume.
00:12:44Puisque, comme vous le disiez en plateau,
00:12:45comme on entendait Axel Monnier le dire depuis Washington D.C.,
00:12:48parmi les trois options qui ont été présentées à Donald Trump,
00:12:51s'il souhaite une action militaire en Iran ou du moins dans la région,
00:12:54eh bien, il y a cette option de débloquer le détroit d'Hormuz par la force.
00:13:00Et cela, eh bien, pourrait impliquer d'envoyer des troupes au sol.
00:13:04C'est donc une option qui, eh bien, voudrait dire une escalade militaire considérable.
00:13:09Et je peux vous dire que ça, ici, aux Émirats Arabes Unis,
00:13:13eh bien, ça suscite de l'inquiétude.
00:13:14Pourquoi ? Eh bien, parce que les Émirats Arabes Unis sont le pays du Golfe
00:13:18qui a été le plus touché lors des 40 premiers jours de la guerre,
00:13:21avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
00:13:24Les autorités affirment que plus de 2 800 missiles et drones
00:13:28ont été tirés vers les Émirats Arabes Unis lors de ces 40 premiers jours,
00:13:32tirés par l'Iran.
00:13:33La grande majorité, bien entendu, a été interceptée,
00:13:36mais ça reste un chiffre impressionnant.
00:13:38Et 90%, plus de 90% des cibles étaient des infrastructures civiles.
00:13:42Là, toujours, ce sont les données des autorités locales.
00:13:46Donc ici, effectivement, la perspective d'une escalade,
00:13:48la perspective d'un déblocage du détroit par la force,
00:13:51inquiète beaucoup, puisqu'une réescalade est une option qui suscite beaucoup d'inquiétudes.
00:13:57– Merci beaucoup, Marie Jantric, avec Anthony Métro.
00:14:01On le voit dans cette guerre psychologique.
00:14:04Personne ne lâche rien, y compris évidemment du côté de Téhéran,
00:14:07avec les mots aujourd'hui du nouveau guide suprême,
00:14:09en tout cas les mots lus à la télévision iranienne.
00:14:13Il menace lui aussi les États-Unis. Écoutez-le.
00:14:16– Aujourd'hui, deux mois après la plus grande expédition militaire
00:14:22et l'agression des tyrans mondiaux dans la région
00:14:25et la défaite humiliante des États-Unis dans leur plan,
00:14:28une nouvelle ère du golfe Persique et du détroit d'Armous
00:14:31est en train de se dessiner.
00:14:34– Comment décrypter ces mots lus à la télévision iranienne du nouveau guide suprême ?
00:14:39Qu'est-ce qu'il faut mettre derrière ?
00:14:41– Déjà, le nouveau guide suprême, on ne sait pas aujourd'hui,
00:14:43on sait qu'il est en vie, mais on ne sait pas dans quel état il est,
00:14:45on sait qu'il a été gravement brûlé, qu'il a été défiguré
00:14:47par le bombardement du complexe de son père, l'Ayatollah Ali Khamenei,
00:14:50le 28 février dernier.
00:14:52Et aujourd'hui, on sait que c'est l'homme des gardiens de la Révolution,
00:14:54l'armée idéologique de la République islamique, dont il est très proche.
00:14:57Comment il faut les décrypter ?
00:14:59C'est un signe aujourd'hui de l'intransigeance des dirigeants du pays,
00:15:04notamment de Ahmad Wahidi, le chef des gardiens de la Révolution,
00:15:07qui a un pouvoir considérable dans ces négociations
00:15:10et qui indique que l'Iran, et ça on le sait,
00:15:13ripostera, c'est-à-dire qu'effectivement,
00:15:14les Américains ont totalement la possibilité
00:15:16de faire passer très mauvaise heure à l'Iran,
00:15:19mais que, comme depuis le début du conflit,
00:15:21de façon d'ailleurs assez symétrique,
00:15:22à chaque fois que l'Iran était attaqué,
00:15:24ils ont visé les maillons faibles dans la région,
00:15:26qui sont les pays du Golfe, à l'aide de leurs missiles,
00:15:28mais surtout de leurs drones,
00:15:29qui ont réussi à déjouer, en tout cas,
00:15:32un certain nombre des systèmes antimissiles.
00:15:34Et donc, c'est la question.
00:15:35Aujourd'hui, le détroit d'Hormuz est considéré par l'Iran
00:15:37comme une prise de guerre.
00:15:38Dans les négociations, l'Iran veut que ce détroit
00:15:42ne soit plus, on va dire, une eau de navigation libre,
00:15:45mais en tout cas, que l'Iran puisse gagner une sorte,
00:15:48à l'image d'un péage, gagner une sorte de dîme
00:15:50sur chaque navire passant par ce détroit.
00:15:53Et on voit bien qu'encore une fois,
00:15:56côté américain, il peut y avoir une volonté
00:15:57de l'ouvrir par la force.
00:15:58Les Américains, au niveau militaire,
00:16:00sont bien supérieurs aux Iraniens.
00:16:01Le problème, c'est que ça ne se fera pas,
00:16:03s'il y a notamment des descentes au sol
00:16:05de soldats américains, ça ne se fera pas
00:16:07sans perte américaine.
00:16:08Et ça, les Iraniens, comme tous les observateurs
00:16:11de la diplomatie aujourd'hui, savent très bien
00:16:13que Donald Trump, ça serait très négatif pour lui.
00:16:16Donc, d'une certaine manière, aujourd'hui,
00:16:17les options pour Donald Trump sont assez limitées.
00:16:21Il a la possibilité d'envoyer des hommes au sol
00:16:22pour tenter de récupérer l'uranium hautement enrichi,
00:16:24pour essayer d'ouvrir par la force le détroit d'Hormuz.
00:16:26Mais l'Iran, qui est un pays extrêmement vaste,
00:16:28garde ce pouvoir de nuisance.
00:16:30Et d'une façon ou d'une autre, il faudra en venir
00:16:33à la table des négociations à nouveau.
00:16:35Et il faut savoir que là-dessus, que les Iraniens
00:16:36ont été prêts à lâcher un peu de l'Est,
00:16:38mais qu'il y a certaines lignes rouges
00:16:40qui ne sont pas prêtes à franchir,
00:16:42comme par exemple garder un minimum
00:16:44d'enrichissement d'uranium,
00:16:46garder aussi un minimum de stock d'uranium
00:16:49hautement enrichi.
00:16:50L'autre partie serait livrée à la Russie.
00:16:53Mais par ailleurs, pas question qu'à côté iranien
00:16:55de parler pour l'instant de la question
00:16:57des missiles balistiques ou des proxys.
00:16:58Donc, d'une certaine manière, certes,
00:17:00le régime est très très affaibli,
00:17:02a vu son commandement militaire et politique
00:17:03être décapité, mais de l'autre,
00:17:05la position iranienne et l'intransigeance iranienne
00:17:09n'a pas véritablement diminué
00:17:11par rapport au début de la guerre.
00:17:12Et ça marque là l'impasse aujourd'hui
00:17:15de la stratégie de Donald Trump,
00:17:16si tant est qu'il a une stratégie sur la question iranienne.
00:17:18Thierry, on le disait, effectivement,
00:17:19les Iraniens menacent de nouvelles frappes
00:17:20longues et douloureuses.
00:17:22Les Américains sont prêts à cela ?
00:17:23– Oui, alors les Américains sont prêts à ça
00:17:26dans la mesure où, effectivement,
00:17:28ils ont eu maintenant une vingtaine de jours
00:17:30depuis l'arrêt des combats
00:17:32pour préparer les scénarios suivants
00:17:33et tirer les leçons de ce qui s'était passé
00:17:35sur les 40 premiers jours.
00:17:37Parce que ce que l'on a peu dit singulièrement,
00:17:39les Américains l'ont peu dit eux-mêmes,
00:17:41c'est que les dégâts causés par les Iraniens
00:17:44lors de cette première phase de la guerre
00:17:45ont été en réalité très importants.
00:17:48Il y a eu évidemment les 13 morts
00:17:49qui sont reconnus officiellement,
00:17:51les 400 blessés.
00:17:52Mais une enquête de la chaîne NBC News
00:17:54il y a quelques jours
00:17:55que les dégâts sur les bases américaines
00:17:57étaient très substantiels,
00:17:59bien supérieurs à ce qui avait été
00:18:01rapporté officiellement par le Pentagone.
00:18:03Probablement plus de 5 milliards de dollars
00:18:04de dégâts et certaines installations
00:18:07qui sont gravement endommagées.
00:18:09Donc il ne fait aucun doute, Guillaume,
00:18:10que depuis une vingtaine de jours maintenant,
00:18:12on a eu l'occasion de regarder
00:18:13ce qui s'était passé,
00:18:14là où étaient les trous dans la défense américaine
00:18:17et ont tiré les conclusions
00:18:18et réévalué la réalité de la menace iranienne.
00:18:22Gilles Kepel va nous rejoindre dans une seconde,
00:18:24professeur émérite des universités,
00:18:27spécialiste du Moyen-Orient.
00:18:29Bonsoir Gilles Kepel.
00:18:30Merci d'être avec nous.
00:18:32On le disait, attention extrême.
00:18:33Ce soir, ce qui est marquant,
00:18:34c'est que personne ne lâche.
00:18:37D'un côté, le président américain Donald Trump
00:18:39qui le dit,
00:18:40storm is coming,
00:18:41la tempête arrive.
00:18:42Les Iraniens de leur côté
00:18:43qui promettent, si j'ose dire,
00:18:45des frappes longues et douloureuses,
00:18:47si les Américains reprennent leurs frappes,
00:18:50comment vous qualifiez la période actuelle ?
00:18:53Certains disent, nous sommes au bord du chaos.
00:18:55Oui, enfin, en tout cas,
00:18:56les deux essayent de le faire croire
00:18:58à ce qui va advenir,
00:18:59on n'en sait rien pour l'instant,
00:19:00mais bien sûr,
00:19:01le ton a monté considérablement,
00:19:03alors que depuis, effectivement,
00:19:05le 13 avril,
00:19:06il n'y avait pas eu d'opération militaire
00:19:08à proprement parler,
00:19:09et que les États-Unis étaient convaincus
00:19:12que la pression maximale
00:19:14qui était exercée
00:19:15allait obliger les Iraniens à céder.
00:19:17Mais ça, c'est aussi le problème
00:19:19de cette diplomatie
00:19:20qui n'est pas une diplomatie de Trump,
00:19:22c'est-à-dire,
00:19:22c'est le fort en gueule,
00:19:23et de l'autre côté,
00:19:25il n'y a pas de message qui passe.
00:19:27Oui, c'est un peu le problème.
00:19:28Alors, quels étaient les arguments ?
00:19:30C'était que l'Iran,
00:19:32vous avez entendu parler
00:19:33des dommages de guerre,
00:19:35on estime à peu près
00:19:36qu'il y a au moins
00:19:37pour 270 milliards de dollars
00:19:40de destruction en Iran
00:19:42avec la métallurgie,
00:19:44la sidérurgie,
00:19:45la pharmacie,
00:19:46etc.,
00:19:46qui sont à terre,
00:19:48des gens qui sont licenciés
00:19:49en quantité.
00:19:50Le rial iranien,
00:19:53si on peut parler de l'unité,
00:19:55il faut 1,8 million
00:19:57quelques rials
00:19:59pour faire aujourd'hui
00:20:011 dollar,
00:20:02non, 18 millions,
00:20:03je ne sais pas,
00:20:04c'est 1,8 million,
00:20:05je suis trompé du...
00:20:06Et c'était à peu près
00:20:061,4 million, 1,5 million
00:20:08avant la guerre.
00:20:08Voilà, c'est ça,
00:20:08donc ça a encore baissé.
00:20:12Et donc,
00:20:13on pouvait estimer
00:20:14qu'en plus,
00:20:16avec le blocus,
00:20:17le blocus qui a pour l'instant
00:20:18trois porte-avions,
00:20:20il y a trois groupes aéronavales,
00:20:22le Gérald Ford,
00:20:23le George Bush
00:20:24et l'Abraham Lincoln.
00:20:25Et apparemment,
00:20:27le Gérald Ford
00:20:29qui a passé plus de 300 jours en mer
00:20:31va devoir rentrer.
00:20:32Donc,
00:20:32six frappes il y a,
00:20:34on est aujourd'hui
00:20:34dans un moment
00:20:35où il y a une puissance
00:20:36de feu plus forte.
00:20:37Vous qualifiez comment ce moment,
00:20:38Gilles Kepel,
00:20:38le moment qu'on est en train de vivre ?
00:20:40Justement,
00:20:41c'est un moment
00:20:42d'éventuellement
00:20:43un immense bluff
00:20:45avant ou non la frappe.
00:20:46mais les États-Unis
00:20:48ne sont pas parvenus
00:20:49à faire céder l'Iran
00:20:52du fait
00:20:52d'incapacité négociatrice
00:20:54entre autres
00:20:55de leur équipe
00:20:56qui n'est pas au point.
00:20:59Je crois
00:21:00qu'il y a
00:21:00l'autre élément
00:21:01sur lequel comptaient
00:21:02beaucoup les Américains,
00:21:03c'est que
00:21:03les Iraniens,
00:21:05il n'y a plus aujourd'hui,
00:21:06du fait du blocage américain
00:21:07en mer d'Arabie,
00:21:09il n'y a plus
00:21:09d'enlèvement pétrolier.
00:21:11C'est-à-dire
00:21:12qu'il n'y a plus
00:21:12d'argent
00:21:13qui rentre dans les caisses
00:21:14de l'Iran.
00:21:14Donc la situation
00:21:15est catastrophique
00:21:16et surtout
00:21:16le stockage est plein
00:21:18et si ça continue
00:21:19encore quelques jours,
00:21:20les champs de pétrole
00:21:21iraniens
00:21:21qui sont vêtus,
00:21:22les installations,
00:21:23il faut envoyer du gaz
00:21:25dedans pour que ça sorte,
00:21:26vont être incapacités.
00:21:28Ça veut dire
00:21:28que c'est quoi ?
00:21:29C'est une guerre du temps ?
00:21:31C'est une guerre d'usure,
00:21:32oui.
00:21:32C'est-à-dire
00:21:33on était dans une
00:21:34installation
00:21:35dans une guerre d'usure
00:21:36et aujourd'hui
00:21:38Trump dit
00:21:39on va taper.
00:21:41Et ce à quoi
00:21:42répond
00:21:43ou fait répondre
00:21:45Moshtaba Khamenei
00:21:46s'il est encore vivant
00:21:47ou si c'est lui
00:21:47qui parle
00:21:48ou on ne sait pas.
00:21:49On lit
00:21:50une communication
00:21:51de lui
00:21:52qui annonce
00:21:52que l'Iran
00:21:54va infliger
00:21:55des pertes terribles
00:21:56aux Etats-Unis,
00:21:57que les Etats-Unis
00:21:58ont déjà été vaincus.
00:22:00Donc on est
00:22:01aujourd'hui
00:22:02dans une espèce
00:22:02d'inflation
00:22:04au moins verbale
00:22:05pour faire céder
00:22:07les autres.
00:22:07Il faut bien voir
00:22:08que ça suit
00:22:08du côté iranien
00:22:09une tournée
00:22:10qu'a fait
00:22:11le ministre
00:22:11d'Affaires étrangères
00:22:12Sayed Abbas
00:22:13Arakchi
00:22:14à Oman
00:22:15et à Moscou
00:22:16où il a peut-être
00:22:18obtenu
00:22:18quelques assurances.
00:22:20Il est frappant
00:22:21que le front arabe
00:22:23est en train
00:22:23de se fissurer
00:22:24de l'autre côté.
00:22:25Oman
00:22:25n'est pas allé
00:22:27qu'a vu
00:22:27M. Arakchi
00:22:28et qui a toujours été
00:22:29l'intermédiaire
00:22:29entre l'Iran
00:22:30et les autres.
00:22:31N'est pas allé
00:22:32à Jeddah
00:22:33à la conférence
00:22:33qui a rassemblé
00:22:35le prince héritier
00:22:36Mohamed Ben Salman
00:22:37pour essayer
00:22:38de trouver
00:22:39une espèce
00:22:39d'unité
00:22:40du Golfe.
00:22:41Demain,
00:22:42les Émirats Arabes
00:22:43unis sortent
00:22:44de l'OPEP
00:22:45ce qui signifie
00:22:47que le front uni
00:22:49des producteurs
00:22:50de pétrole
00:22:50maintenant
00:22:51les prises élevées
00:22:52risquent de se fissurer
00:22:53aussi.
00:22:54Mais qui maîtrise
00:22:54le temps finalement ?
00:22:55Les Américains
00:22:56ou les Iranis ?
00:22:56C'est bien le problème.
00:22:58Chacun croit
00:22:59qu'il le maîtrise
00:23:00mais les échéances
00:23:01sont différentes.
00:23:02C'est-à-dire ?
00:23:02Une course contre la mort
00:23:03s'inverser.
00:23:04Les gardiens
00:23:05de la révolution
00:23:06eux,
00:23:06ils veulent se bunkeriser
00:23:07rester,
00:23:08tenir le plus
00:23:09longtemps possible
00:23:10pour faire craquer
00:23:11Trump le premier.
00:23:12Craquer,
00:23:13faire craquer Trump
00:23:14ça veut dire
00:23:14faire en sorte
00:23:15qu'il va aller
00:23:16vers les élections
00:23:17de mid-term
00:23:18avec
00:23:19une opinion
00:23:21qu'il est en train
00:23:22de perdre
00:23:24avec deux tiers
00:23:25des électeurs
00:23:27qui sont opposés
00:23:27à la guerre.
00:23:28Aujourd'hui,
00:23:29le comptable
00:23:30du Pentagone
00:23:31a annoncé
00:23:31déjà la première facture
00:23:33principalement
00:23:34pour les munitions
00:23:35qui est de 25 milliards
00:23:37de dollars
00:23:39pour les deux mois
00:23:40de guerre
00:23:41ce qui est énorme.
00:23:42Donc tout cela
00:23:43est quelque chose
00:23:44que les Iraniens
00:23:47veulent essayer
00:23:48de dire.
00:23:48Ils veulent contrôler
00:23:49le temps eux-mêmes
00:23:50et de l'autre côté,
00:23:52Trump,
00:23:52lui,
00:23:53considère
00:23:54que l'Iran
00:23:55ayant subi
00:23:56tous les dommages
00:23:57dont on a parlé,
00:23:58l'effondrement
00:23:58de l'économie
00:23:59et autres
00:24:00ne pourra pas tenir
00:24:01et que les gardiens
00:24:02bleuvent.
00:24:03Ajoutez quand même
00:24:04un troisième élément
00:24:04parce qu'on parle,
00:24:06là on est tous
00:24:06focalisés
00:24:07sur le front du Golfe
00:24:08mais il y a
00:24:09le front
00:24:11israélo-palestinien
00:24:12et israélo-libanais
00:24:13qui ne va pas fort
00:24:15du tout
00:24:16en ce moment.
00:24:17Le Hezbollah
00:24:17a mis au point
00:24:19des nouveaux drômes
00:24:20avec fibre optique
00:24:21indécelable
00:24:22qui ont fait
00:24:23des ravages
00:24:24chez les soldats
00:24:26israéliens
00:24:26qui sont dans
00:24:27la zone sud,
00:24:28continuent
00:24:29à attaquer
00:24:29au Liban.
00:24:30Le cessez de feu
00:24:31n'est pas respecté
00:24:32de facto
00:24:33et il y a
00:24:34aujourd'hui
00:24:35une très grosse
00:24:35impatience
00:24:36de Netanyahu
00:24:37qui est lui-même
00:24:38en perspective
00:24:39électorale
00:24:40à l'automne
00:24:41de reprendre
00:24:42l'attaque.
00:24:43Il a déclaré
00:24:43aujourd'hui
00:24:44si Trump
00:24:45ne fait pas le boulot
00:24:46c'est moi
00:24:46qui vais attaquer.
00:24:47Donc pour l'instant
00:24:48tout le monde
00:24:48est en train
00:24:49de faire monter
00:24:50la tension au maximum
00:24:51jusqu'où
00:24:52est-ce que c'est réel
00:24:53et jusqu'où
00:24:54est-ce que c'est
00:24:55une tentative
00:24:56déstabilisée
00:24:56adversaire.
00:24:57Ça on le saura demain
00:24:58c'est un peu
00:24:58le problème
00:24:59de cette guerre
00:25:00depuis qu'elle
00:25:01a commencé
00:25:02c'est que
00:25:03le commentaire
00:25:04au jour le jour
00:25:05est extrêmement compliqué
00:25:06surtout quand on a
00:25:06un président américain
00:25:07qui dit tout
00:25:08et son contraire
00:25:09en même temps
00:25:10avant ou après.
00:25:11Donc là
00:25:12la seule chose
00:25:13qu'on peut faire
00:25:13c'est d'essayer de mettre
00:25:14ce que j'essaie de faire
00:25:15en tout cas
00:25:15c'est de mettre
00:25:16les choses en perspective
00:25:18mais ne me demandez pas
00:25:19ce qui va se passer
00:25:20demain soir.
00:25:20On vous réaditera.
00:25:21Armin Arfait.
00:25:21Je te fais d'accord
00:25:22avec ce qui vient d'être dit
00:25:23pour
00:25:24si je peux résumer
00:25:25en fait
00:25:25les Iraniens
00:25:26qui sont connus
00:25:26comme étant un peu
00:25:27les maîtres des horloges
00:25:29courent un marathon
00:25:3142 kilomètres
00:25:31ils estiment
00:25:32qu'ils ont le temps
00:25:32pour eux
00:25:33ils estiment
00:25:33qu'ils ont réussi
00:25:34déjà en bloquant
00:25:35l'étroit d'Hormuz
00:25:36qui est une carte
00:25:36qu'ils n'avaient pas
00:25:37auparavant
00:25:37et surtout
00:25:37que le régime
00:25:38n'est pas tombé
00:25:39et ça pour eux
00:25:39c'est une grande victoire
00:25:40alors que c'était
00:25:41un des objectifs
00:25:42annoncés à tout le moins
00:25:43par Israël.
00:25:44Pour ce qui est
00:25:45des Etats-Unis
00:25:45Trump au début de la guerre
00:25:46courait à 100 mètres
00:25:48il pensait justement
00:25:48que cette guerre
00:25:49il la terminera en 3 jours
00:25:50sur les conseils avisés
00:25:51de Benjamin Netanyahou
00:25:52force est de constater
00:25:52que ce n'est pas arrivé
00:25:53donc aujourd'hui
00:25:53ils changent de stratégie
00:25:54avec cette histoire
00:25:55de blocus
00:25:55qui est une stratégie
00:25:56je trouve assez intelligente
00:25:58on est davantage
00:25:58sur du 10 000 mètres
00:25:59si je puis résumer ainsi
00:26:01maintenant
00:26:02il faut savoir
00:26:03quand même une chose
00:26:03c'est qu'aujourd'hui
00:26:06les Iraniens
00:26:07ça fait environ
00:26:098 ans
00:26:10qu'ils sont sous
00:26:10cette politique
00:26:12de pression maximale
00:26:13de la part
00:26:13des Etats-Unis
00:26:14qui ont prononcé
00:26:14contre l'Iran
00:26:15plus de 1500 sanctions
00:26:17notamment des sanctions
00:26:18l'empêchant d'exporter
00:26:19son pétrole
00:26:19qu'il arrivait quand même
00:26:20à vendre à la Chine
00:26:21le pétrole iranien
00:26:22c'est quoi ?
00:26:23c'est de 15 à 25%
00:26:24du PIB de l'Iran
00:26:26donc ce n'est pas
00:26:27toute l'économie
00:26:27même si c'est 70 à 80%
00:26:29des exportations iraniennes
00:26:31ce que je veux dire par là
00:26:31c'est que les Iraniens
00:26:33même si bien sûr
00:26:34que ce blocage
00:26:35des ports iraniens
00:26:35ça les affaiblit
00:26:36ont encore
00:26:37plusieurs mois
00:26:38devant eux
00:26:38Donald Trump
00:26:39lui il voit quoi ?
00:26:40il voit les mi-terme
00:26:41comme ça vient d'être dit
00:26:42le mois de novembre
00:26:43donc la question c'est
00:26:44qui va craquer le premier
00:26:45et surtout pourquoi ?
00:26:46Les Iraniens aujourd'hui
00:26:48estiment que la seule manière
00:26:49pour Trump
00:26:50de reverser le régime
00:26:51c'est d'envoyer les hommes
00:26:52mais pas 10 000 hommes
00:26:52pas 20 000
00:26:53au moins 300 000
00:26:54bien plus qu'en Irak
00:26:55en 2003 de la part des Etats-Unis
00:26:57côté Trump
00:26:58on veut faire capituler le régime
00:26:59or ce régime
00:27:00ne capitulera pas
00:27:01et si demain
00:27:02il est frappé
00:27:03de façon très dure
00:27:04sur les sites énergétiques
00:27:06il va riposter
00:27:06sur les pays du Golfe
00:27:07donc soit Trump
00:27:09est sérieux
00:27:10et conclut un deal
00:27:12gagnant-gagnant
00:27:13avec la République islamique
00:27:15d'Iran
00:27:15pour que tout le monde
00:27:15sorte la tête haute
00:27:16et que les épargnants
00:27:19du monde entier
00:27:19respirent au niveau
00:27:20du prix de l'essence
00:27:21soit on continue
00:27:23et on va vers cette escalade
00:27:24qui montre le bout
00:27:25de son nez
00:27:26et on n'y arrivera pas
00:27:28et on va vers des heures
00:27:29extrêmement difficiles
00:27:30dans la région
00:27:31avec en premier lieu
00:27:32l'Iran qui va être touché
00:27:33la population
00:27:33mais dans les pays du Golfe
00:27:35général Patrick Duterte
00:27:36je vous donne la parole
00:27:37juste après Thierry
00:27:37la guerre psychologique
00:27:39dont parle Gilles Kepel
00:27:40quand on est militaire
00:27:41comment on vit ça ?
00:27:43on est prêt à
00:27:44finalement
00:27:45à entrer en action
00:27:45mais on n'entre pas
00:27:46en action
00:27:47est-ce que c'est pas épuisant
00:27:48pour les militaires ?
00:27:50non pas vraiment
00:27:51c'est plutôt pour les politiques
00:27:52à mon avis
00:27:52la guerre psychologique
00:27:53parce que le militaire
00:27:54lui il fait son job
00:27:55il est entraîné
00:27:56soit il appuie sur le bouton
00:27:58soit il fait de l'entraînement
00:27:59donc il est entraîné
00:28:00c'est son métier
00:28:01donc là il y a une pression
00:28:03psychologique bien sûr
00:28:04lorsque vous êtes
00:28:04président de guerre
00:28:05là ça c'est vraiment
00:28:06autre chose
00:28:07et Didier
00:28:07c'est de quoi je parle
00:28:08mais vous n'avez pas
00:28:09de pression particulière
00:28:11sauf si on vous met
00:28:12dans des conditions
00:28:13si vous voulez
00:28:13qui sont
00:28:15qui sont pas
00:28:17acceptables
00:28:17alors c'est vrai
00:28:18qu'on a un point
00:28:19un point de
00:28:21un point extrêmement difficile
00:28:23on se demande
00:28:24ce qui va se passer
00:28:24ça peut passer
00:28:25d'un côté
00:28:26ou de l'autre
00:28:27tout était exposé
00:28:28résumé
00:28:29sur une situation
00:28:29qu'on connait finalement
00:28:30maintenant
00:28:31assez bien
00:28:33je pense que
00:28:35il va y avoir
00:28:35une opération
00:28:36pour débloquer
00:28:37un peu la chose
00:28:38si possible
00:28:38mais est-ce que ça va débloquer
00:28:40ou en fait
00:28:40envenimer encore plus
00:28:42la situation
00:28:42c'est toute la question
00:28:43il faut surtout pas
00:28:44à mon avis
00:28:44quand même
00:28:44qu'il y ait
00:28:45de bombardements
00:28:46sur l'île de Karak
00:28:47parce que
00:28:48si on met le feu
00:28:50aux ressources
00:28:50en fait au port
00:28:51aux principales
00:28:52stations-services
00:28:53iraniennes
00:28:54et bien on risque
00:28:55d'avoir la même chose
00:28:56de l'autre côté
00:28:56et dans les bateaux
00:28:57et ça c'est pas bon
00:28:58l'île de Karak
00:28:59c'est vraiment stratégique
00:28:59Gilles Kepel
00:29:00mais c'est le lieu
00:29:01oui d'où on fait
00:29:02tous les enlèvements
00:29:02puisque la côte iranienne
00:29:04les eaux sont assez basses
00:29:06comme de l'autre côté
00:29:06c'est pourquoi
00:29:07il y a tant de pétrole
00:29:08qui a été piégé
00:29:08un peu dans du frat
00:29:10et du tigre
00:29:12dans le golfe Persique
00:29:14ou à Rabo-Persique
00:29:14et donc c'est le seul endroit
00:29:16où les pétroliers
00:29:17peuvent aborder
00:29:18en eau profonde
00:29:19donc c'est là
00:29:20le trésor
00:29:22d'une certaine manière
00:29:23iranien
00:29:24et c'est ce qui apporte
00:29:25le cash
00:29:26c'est ça qui
00:29:27c'est la clé
00:29:28c'est le coffre-fort
00:29:29si vous voulez
00:29:30surtout aujourd'hui
00:29:30dans la période
00:29:32de pénurie absolue
00:29:33et il y a
00:29:33je crois
00:29:34désormais
00:29:3440 ou 45
00:29:36navires
00:29:37qui allaient en Iran
00:29:38qui ont été refoulés
00:29:41en mer d'Arabie
00:29:42par cette espèce
00:29:43de cordon
00:29:44alors évidemment
00:29:44le contre-blocus
00:29:46américain
00:29:47ça semblait être
00:29:48la martingale
00:29:49finalement
00:29:50et la certitude
00:29:52d'enfermer l'Iran
00:29:53mais le problème
00:29:54toujours
00:29:54c'est que
00:29:56Trump
00:29:57ne s'est pas
00:29:58négocié
00:29:59alors je ne sais pas
00:29:59si votre image
00:30:01du sprint
00:30:01contre le marathon
00:30:02ça me semble
00:30:03effectivement très juste
00:30:04pour comprendre
00:30:04mais surtout
00:30:06les hommes d'affaires
00:30:08de l'immobilier
00:30:08qui sont aux manettes
00:30:09n'ont aucune idée
00:30:11de ce que c'est
00:30:12qu'une négociation politique
00:30:13et ça
00:30:14il y a quand même
00:30:15quelque chose
00:30:15qui est extrêmement frappant
00:30:16dans une sorte
00:30:17d'incompétence
00:30:19au sens propre
00:30:20de la haute administration
00:30:22américaine
00:30:23aujourd'hui
00:30:23du pouvoir de Washington
00:30:24qui à mon souvenir
00:30:26ne s'est jamais vu
00:30:27dans l'histoire
00:30:28à l'époque
00:30:29de la guerre d'Irak
00:30:30ou autre
00:30:30vous aviez
00:30:32Reagan
00:30:32ou autre
00:30:33Nixon
00:30:33Nixon
00:30:34avait des formations
00:30:35diverses
00:30:36qui n'étaient pas
00:30:36vraiment les nats locales
00:30:37si j'ose dire
00:30:38mais ils savaient
00:30:39s'entourer
00:30:39or là
00:30:40on a l'impression
00:30:41que
00:30:43les Etats-Unis
00:30:43ne sont plus
00:30:44un Etat
00:30:45mais une espèce
00:30:46de multinational
00:30:47géré comme
00:30:48une start-up
00:30:49ou un
00:30:51GAFA
00:30:52si vous voulez
00:30:52Gilles Kepel
00:30:53ce qui est marquant
00:30:54on le disait
00:30:54au-delà même
00:30:54de ce conflit
00:30:55actuel au Proche
00:30:56et au Moyen-Orient
00:30:56c'est que tous les pays
00:30:58se préparent à la guerre
00:30:59la France mène un exercice
00:31:00depuis plusieurs mois
00:31:02qui s'appelle
00:31:02l'exercice Orion
00:31:03Didier
00:31:03on va voir
00:31:04le chef de l'Etat
00:31:05qui s'est rendu
00:31:06effectivement
00:31:07aujourd'hui
00:31:08sur l'un des derniers
00:31:09moments de cet exercice
00:31:1012 000 soldats
00:31:11qui ont été mobilisés
00:31:12depuis le début de l'année
00:31:14c'est un exercice
00:31:15d'une ampleur inédite
00:31:16depuis la fin
00:31:17de la guerre froide
00:31:17regardez ces images
00:31:18on va dire
00:31:19ce que ça représente
00:31:20après
00:31:20et tout l'enjeu
00:31:21qu'il y a derrière cela
00:31:22et ce que ça dit
00:31:23aussi des tensions
00:31:24dans le monde
00:31:24regardez
00:31:24c'est un exercice
00:31:53c'est un exercice
00:31:54qui s'est rendu
00:31:57alors Didier
00:31:57on a vu ces images-là
00:31:59concrètement
00:31:59c'est une opération inédite
00:32:01on le disait depuis
00:32:01la fin de la guerre froide
00:32:02ça sert à quoi
00:32:03pour la France
00:32:04être en capacité
00:32:05vraiment si demain
00:32:06il y a un affrontement
00:32:07majeur
00:32:07c'est ça ?
00:32:08en fait on n'avait pas fait ça
00:32:09les derniers grands exercices
00:32:12où on sort tout le matos
00:32:14et on y va à fond
00:32:15avec les avions
00:32:16les bateaux
00:32:16là c'est les trois armées
00:32:18plus le cyber
00:32:19plus tout ça
00:32:20plus le commandement
00:32:21plus le service de santé
00:32:22des armées
00:32:23donc c'est l'échelle divisionnaire
00:32:24c'est une échelle
00:32:25de pouvoir s'engager
00:32:26sur un conflit majeur
00:32:27à l'échelle de 25 000
00:32:2930 000 hommes
00:32:30on ne l'avait pas fait
00:32:30depuis les 87
00:32:31Krikarspat
00:32:32où il y avait
00:32:33une vingtaine de milliers
00:32:34de français engagés
00:32:36la sixième DBLE
00:32:38qui était la division
00:32:39légère blindée
00:32:40la quatrième division
00:32:41aéromobile
00:32:41et à côté
00:32:4255 000 allemands
00:32:43donc c'est pour vous dire
00:32:44que ça commence à remonter
00:32:45et on n'avait plus jamais
00:32:46ressorti de nos casernes
00:32:47l'ensemble du matériel
00:32:49parce que tout ça
00:32:50il faut le tester
00:32:51c'est la guerre en Ukraine
00:32:52là c'est pas l'Iran
00:32:54qui nous turlupine
00:32:56on regarde de près
00:32:57parce qu'il y a des choses
00:32:58qu'on apprend
00:32:58entre autres par exemple
00:32:59la défense contre les drones
00:33:00on voit bien que la défense
00:33:01contre les drones
00:33:02on ne va pas la faire
00:33:02avec des missiles
00:33:02ça coûterait beaucoup trop cher
00:33:04on est en train de mettre en place
00:33:05mais là ce qu'on est en train
00:33:06de travailler
00:33:07c'est vraiment
00:33:08le scénario
00:33:10que l'on craint
00:33:11et qui est le scénario
00:33:12d'engagement majeur
00:33:13en termes de
00:33:14qui a été montré
00:33:16qui a été décidé
00:33:17par les états-majors
00:33:18et par le président de la république
00:33:19en juillet dernier
00:33:21qui est le fait de pouvoir
00:33:22en Europe
00:33:23aux côtés de nos alliés
00:33:25s'engager
00:33:26face
00:33:27alors ça s'appelle Mercure
00:33:28là dans l'examen
00:33:28mais la Russie
00:33:29pour dire les choses
00:33:30celles qu'elles sont
00:33:31à l'échelle d'une division
00:33:33sur le territoire européen
00:33:36en dehors
00:33:36des frontières françaises
00:33:38et pour ça
00:33:39on est en train
00:33:40de tester plusieurs choses
00:33:41la place des drones
00:33:42on s'est rendu compte
00:33:43par exemple dans les exercices
00:33:44qu'on avait un problème
00:33:45un problème de norme
00:33:46parce qu'aujourd'hui
00:33:46pour tester les drones
00:33:47en France
00:33:48en temps de paix
00:33:49c'est pas facile
00:33:49on peut le faire
00:33:50sur le matériel militaire
00:33:51mais on peut pas le faire
00:33:53en grandeur réelle
00:33:54donc on a besoin
00:33:55de changer les règles là-dessus
00:33:56on s'est rendu compte
00:33:57que les PC
00:33:57les postes de commandement
00:33:58fallait les changer
00:33:59tout le temps de place
00:34:00parce qu'aujourd'hui
00:34:01et que nos PC
00:34:02qui étaient à 500 hommes
00:34:03et bien on va les réduire
00:34:04à 100 hommes
00:34:04parce qu'ils ne tiendraient pas
00:34:06sous le feu
00:34:06dans la profondeur et demie
00:34:08sous les Russes
00:34:08ça veut dire qu'on est en train
00:34:10de travailler sur le fait
00:34:10qu'on manque de défense antiaérienne
00:34:12qu'on manque d'un certain nombre
00:34:14de choses
00:34:14on l'a vu dans cet exercice
00:34:16donc c'est vraiment
00:34:17de la coordination
00:34:18c'est de l'apprentissage
00:34:20la guerre électronique
00:34:21qui est devenue
00:34:21un enjeu majeur
00:34:23et sur lequel
00:34:23on a encore des faiblesses
00:34:24parce que
00:34:25encore une fois
00:34:25il y a 30 ans
00:34:26pendant lesquels
00:34:27on n'a pas eu assez
00:34:27et donc maintenant
00:34:28on est en train
00:34:29de monter en gamme
00:34:29et de regarder
00:34:30vraiment là où il faut
00:34:31qu'on mette l'effort
00:34:32sur l'argent
00:34:32qu'on met en plus
00:34:33dans les armées
00:34:33Général Patrick Dutarte
00:34:34on voit
00:34:35on le disait
00:34:35ces exercices
00:34:36qui correspondent
00:34:37à un affrontement
00:34:37qui aurait lieu
00:34:38avec la Russie
00:34:39mais ce qui est déployé
00:34:40actuellement
00:34:41est-ce qu'on voit
00:34:41des éléments
00:34:42qui nous permettraient
00:34:43d'agir
00:34:43dans l'autre conflit
00:34:45le conflit au Moyen-Orient
00:34:46qu'est-ce qu'on pourrait
00:34:47aller faire au Moyen-Orient
00:34:48c'est vraiment
00:34:49la sécurisation
00:34:50surtout du détroit d'Hormuz
00:34:51on a les moyens
00:34:51d'aller faire quoi là-bas
00:34:52déjà il n'y a pas
00:34:53de faire d'exercices
00:34:54au Moyen-Orient
00:34:54parce qu'on est dans la bataille
00:34:56avec les bases
00:34:56ça c'est clair
00:34:57on a intercepté
00:34:58comme une centaine
00:34:59de drones chaïds
00:35:00et donc il y a
00:35:01avions de combat
00:35:02l'armée d'air et de l'espace
00:35:03ils exercent un petit peu ici
00:35:05mais ils font la guerre
00:35:06tous les jours
00:35:06est-ce qu'il y a des leçons
00:35:07tirées lors de cet exercice
00:35:08au Moyen-Orient
00:35:08qui peuvent immédiatement
00:35:10servir aux forces françaises
00:35:12présentes au Moyen-Orient
00:35:13non parce qu'on n'engagera
00:35:13jamais une division
00:35:14au Moyen-Orient
00:35:20c'est qu'il y a un engagement
00:35:22il y a un pays de l'OTAN
00:35:23qui est touché
00:35:23où on défend
00:35:24les pays baltes
00:35:25ou la Pologne
00:35:26ou la Roumanie
00:35:27et là on se met
00:35:28en première ligne
00:35:29avec une coordination
00:35:30du champ de bataille
00:35:30c'est le combat en Europe
00:35:31par contre ce qu'on fait
00:35:32au Moyen-Orient actuellement
00:35:33notamment avec l'armée
00:35:34de l'air et de l'espace
00:35:34sur les bases aériennes
00:35:35qui sont déployées
00:35:36c'est tous les jours
00:35:37et on essaye enfin
00:35:38enfin
00:35:39de déployer des systèmes
00:35:41de drones anti-drones
00:35:42ce qui était temps de faire
00:35:44le scénario
00:35:46malheureusement
00:35:46le théâtre d'opération
00:35:47ukrainien nous apprend
00:35:48que c'est une chose
00:35:49qu'il fallait prendre en compte
00:35:51depuis 4 ans
00:35:51on s'y met maintenant
00:35:53à marche forcée
00:35:54il faut encore aller plus fort
00:35:55il faut qu'on soit capable
00:35:57d'intercepter ces chaïds
00:35:58ça changerait pas mal la donne
00:35:59si on avait vraiment
00:36:00une défense
00:36:00bien organisée
00:36:01anti-chaïds
00:36:02les menaces
00:36:03notamment dans le golfe
00:36:04à Ropercy
00:36:05ne seraient pas du tout les mêmes
00:36:06alors conflit
00:36:06on le disait au Moyen-Orient
00:36:07crise diplomatique
00:36:08crise économique
00:36:10liée évidemment
00:36:11au prix du pétrole
00:36:12qui a bondi
00:36:13on repart tout de suite
00:36:14justement dans la région
00:36:15retrouvée Marie Gentry
00:36:16qui est avec Anthony Métro
00:36:18à Abu Dhabi
00:36:18aux Émirats
00:36:19à Ramuni
00:36:19évidemment le risque
00:36:21de reprise
00:36:21des hostilités
00:36:22Marie ça impacte
00:36:24les marchés
00:36:24les investisseurs
00:36:25ne sont pas optimistes
00:36:26et le prix du pétrole
00:36:28a encore bondi
00:36:31oui le prix du baril de Brent
00:36:34a même dépassé
00:36:35les 126 dollars
00:36:37aujourd'hui
00:36:37c'est du jamais vu
00:36:38depuis plus de 4 ans
00:36:39depuis le début
00:36:40de la guerre en Ukraine
00:36:41alors que s'est-il passé
00:36:42pourquoi ce pic de peur
00:36:43sur les marchés
00:36:44là c'est un petit peu
00:36:45redescendu
00:36:45même si ça reste très élevé
00:36:46pourquoi ce pic de peur
00:36:48donc sur les marchés
00:36:48et bien pour de grandes raisons
00:36:50première raison
00:36:50les marchés
00:36:51craignent
00:36:52que la situation
00:36:53dans l'étroit d'Hormuz
00:36:54ne reste paralysée
00:36:55pour encore des semaines
00:36:56et des semaines
00:36:57voire des mois
00:36:57puisque Donald Trump
00:36:58qui rencontrait des patrons
00:37:00de compagnies pétrolières
00:37:01hier leur a indiqué
00:37:02qu'il envisageait
00:37:03de prolonger
00:37:03le blocus naval américain
00:37:04pendant des mois
00:37:05et la deuxième option
00:37:06c'est que les investisseurs
00:37:07craignent une reprise
00:37:08des hostilités
00:37:09à savoir
00:37:09que la guerre militaire
00:37:11ne reprenne
00:37:12en plus de la guerre économique
00:37:13qui ne se poursuit
00:37:14et je vais vous dire
00:37:14ici dans la presse
00:37:15aux Émirats Arabes Unis
00:37:16et bien il y a cet article
00:37:18c'est en Golf News
00:37:19c'est un grand journal ici
00:37:20un article qui explique
00:37:21que les investisseurs
00:37:23pour certains
00:37:24craignent
00:37:25que le baril de Brent
00:37:26n'atteigne
00:37:26les 150 dollars
00:37:28si la situation
00:37:30perdure
00:37:30non pas encore
00:37:31pendant des mois
00:37:31mais pendant des semaines
00:37:32certains ont même peur
00:37:34que le baril de Brent
00:37:34n'atteigne
00:37:35les 200 dollars
00:37:36merci beaucoup
00:37:37Marie-Jean Tric
00:37:38avec Anthony Métro
00:37:39depuis Abu Dhabi
00:37:40aux Émirats Arabes Unis
00:37:42Yves Tréhard
00:37:43nous a rejoint
00:37:43bonsoir éditorialiste
00:37:44politique BFM TV
00:37:45Edwige Chevrillon
00:37:46éditorialiste BFM Business
00:37:48Edwige
00:37:49les mots extrêmement forts
00:37:51prononcés aujourd'hui
00:37:52par le patron
00:37:53de l'agence internationale
00:37:54de l'énergie
00:37:55il dit
00:37:55le monde est confronté
00:37:57à la plus grave
00:37:58crise énergétique
00:37:59de son histoire
00:38:01est-ce qu'on est en train
00:38:02de vivre
00:38:02une bascule historique
00:38:03alors ça dépend
00:38:04où est-ce que vous êtes
00:38:05si on est en France
00:38:06en Europe
00:38:06aux États-Unis
00:38:07non
00:38:08par contre
00:38:08si vous êtes en Asie
00:38:09si vous êtes en Afrique
00:38:11oui
00:38:11c'est-à-dire que
00:38:13nous le choc le plus important
00:38:14c'était clairement
00:38:15celui de 1973
00:38:15avec le choc d'après
00:38:17donc pour l'instant
00:38:19on n'a pas de problème
00:38:20de pénurie
00:38:21il n'y a pas de problème
00:38:22d'approvisionnement
00:38:23donc aujourd'hui
00:38:24nous en France
00:38:25et en Europe
00:38:26on n'est pas en train
00:38:27de vivre
00:38:27la crise pétrolière
00:38:29la plus grave
00:38:29de l'histoire
00:38:30du pétrole
00:38:31mais est-ce que c'est
00:38:31une bascule mondiale
00:38:33quand même
00:38:33qui est en train
00:38:33de se faire
00:38:34quand on observe
00:38:34la région
00:38:35économiquement
00:38:35c'est une bascule mondiale
00:38:38d'abord parce qu'on ne sait
00:38:39pas où on va
00:38:40on le dit
00:38:41à longueur d'antenne
00:38:42c'est toute la difficulté
00:38:43c'est de savoir
00:38:44si on va être
00:38:45dans une crise
00:38:46qui va durer
00:38:47si on va être
00:38:48dans une crise
00:38:49où on va avoir
00:38:51destruction
00:38:51des infrastructures
00:38:52par exemple en Iran
00:38:53vous voyez
00:38:54c'est toutes ces hypothèses
00:38:55qui feront
00:38:55qu'on basculera
00:38:56dans une crise énergétique
00:38:57qui sera pour le coup
00:38:59extrêmement grave
00:39:00mais pour l'instant
00:39:00on n'est pas encore
00:39:01dans ce scénario-là
00:39:03très clairement
00:39:03on voit que les américains
00:39:05vous commencent à voir
00:39:06très concrètement
00:39:06Thierry
00:39:06les conséquences économiques
00:39:08y compris chez eux
00:39:09l'administration Trump
00:39:10étant pour parler
00:39:11avec les compagnies
00:39:12pétrolières américaines
00:39:13pour essayer
00:39:14d'augmenter la production
00:39:15clairement aux Etats-Unis
00:39:16là aussi
00:39:17c'est la pression
00:39:17de la base
00:39:18de la base électorale
00:39:19et concrètement
00:39:20il y a les mêmes problèmes
00:39:21sur le plan
00:39:21de l'énergie
00:39:22et du carburant
00:39:22oui absolument
00:39:23les chiffres sont désastreux
00:39:24pour Donald Trump
00:39:25qu'il s'agisse
00:39:25de ses sondages
00:39:26sur sa propre popularité
00:39:29qu'il s'agisse
00:39:30des sondages
00:39:31sur ses résultats
00:39:32en matière économique
00:39:33qui sont désormais
00:39:34désapprouvés
00:39:35par une majorité
00:39:37de républicains
00:39:38s'agissant de l'inflation
00:39:39par exemple
00:39:40le prix à la pompe
00:39:41dépasse désormais
00:39:42les 4 dollars
00:39:42pour un gallon
00:39:44alors qu'il était
00:39:45entre 2 et 3
00:39:46au moment du début
00:39:47du conflit
00:39:48et qu'il faut rappeler
00:39:48que pendant la campagne électorale
00:39:50Donald Trump fait une promesse
00:39:51qui est de diviser par 2
00:39:52de baisser de 50%
00:39:54le prix de l'essence
00:39:55à la pompe
00:39:56donc c'est une difficulté
00:39:57majeure
00:39:58pour le président américain
00:39:59et il essaie
00:40:00de faire pression
00:40:01là où il peut
00:40:02effectivement
00:40:03les Etats-Unis
00:40:03sont producteurs
00:40:04de pétrole
00:40:05et donc il reçoit
00:40:06les compagnies pétrolières
00:40:07pour essayer
00:40:07de trouver une solution
00:40:08pour contourner
00:40:09cette difficulté
00:40:11et obtenir enfin
00:40:13au mieux
00:40:13une baisse
00:40:14et au pire
00:40:15une stabilisation
00:40:16des prix à la pompe
00:40:16aux Etats-Unis
00:40:17parce que politiquement
00:40:18c'est en train
00:40:19de lui coûter très cher
00:40:19ce qu'on a clairement
00:40:21l'impression
00:40:22qui a changé
00:40:23ces derniers jours
00:40:23dans l'esprit
00:40:24des invertisseurs
00:40:25des dirigeants
00:40:26du monde entier
00:40:27c'est que clairement
00:40:28ce n'est plus une crise
00:40:29de court terme
00:40:30tout le monde le dit
00:40:30c'est une crise
00:40:31au moins de moyen terme
00:40:32dans laquelle nous sommes engagés
00:40:34oui absolument
00:40:34parce qu'une crise
00:40:35de court terme
00:40:36ça veut dire
00:40:36ça y est
00:40:36ça s'arrête demain
00:40:37il n'y a plus qu'un problème
00:40:39tout repart comme avant
00:40:40là on n'est plus du tout
00:40:41dans cette hypothèse là
00:40:42c'est clair
00:40:43pas de retour
00:40:44à la normale rapide
00:40:45non il faudra
00:40:46au mieux
00:40:46alors ça dépend
00:40:49on dit six mois
00:40:50à peu près
00:40:50six mois
00:40:51à condition
00:40:51qu'il y ait une solution
00:40:52là dans les prochains jours
00:40:54ou dans les toutes prochaines semaines
00:40:55six mois pourquoi ?
00:40:57parce que
00:40:57il faudra évoquer
00:40:59déjà le fameux
00:41:00détroit d'Hormuz
00:41:01il faudra
00:41:03on voit bien
00:41:03que pour les iraniens
00:41:04aujourd'hui
00:41:05ils sont dans une difficulté
00:41:06où ils continuent
00:41:07à produire du pétrole
00:41:08mais ils peuvent tenir
00:41:09encore deux semaines
00:41:11dans deux semaines
00:41:11il faudra qu'ils arrêtent
00:41:12leur production
00:41:13et là si on arrête
00:41:14leur production
00:41:15ça veut dire
00:41:16que les puits
00:41:16ils deviennent inutilisables
00:41:18parce qu'ils sont vieux
00:41:19parce qu'il y aura
00:41:20des gouttes d'eau
00:41:21qui vont se mettre dedans
00:41:21donc il faudra trouver
00:41:22d'autres solutions
00:41:25donc aujourd'hui
00:41:26on n'est pas du tout
00:41:27dans un
00:41:28on n'est plus du tout
00:41:29dans le court terme
00:41:29on est dans le moyen terme
00:41:31au mieux
00:41:32Julien Migo-Muller
00:41:33nous a rejoint
00:41:33Julien on a acheté
00:41:34vous avez acheté
00:41:35de très près
00:41:36un coup d'oeil
00:41:37justement sur l'évolution
00:41:39du prix du baril
00:41:40et le moins qu'on puisse dire
00:41:40c'est que ça a flambé
00:41:41oui le prix du baril
00:41:42n'a jamais été aussi élevé
00:41:44depuis 4 ans
00:41:45depuis le début de la guerre
00:41:46en Ukraine d'ailleurs
00:41:47il a dépassé
00:41:48regardez
00:41:48cette nuit
00:41:49et ce matin
00:41:50les 126 dollars
00:41:52alors actuellement
00:41:53ça se calme un petit peu
00:41:54mais ce qui est impressionnant
00:41:55en fait
00:41:56ce qu'on constate
00:41:56c'est que ça monte
00:41:57et ça baisse
00:41:58très très vite
00:41:59on est en ce moment
00:42:01à 114 dollars
00:42:02le baril
00:42:03c'est très volatile
00:42:04à cela s'ajoute
00:42:05la question du raffinage
00:42:07et de l'approvisionnement
00:42:08regardez d'ailleurs
00:42:09l'évolution des prix moyens
00:42:10des carburants
00:42:11l'essence
00:42:12est à 2 euros le litre
00:42:13plus 26 centimes
00:42:15depuis le début de la guerre
00:42:16le diesel
00:42:16observons ensemble
00:42:172 euros 20 le litre
00:42:19plus 48 centimes
00:42:20le litre
00:42:21alors est-ce que ça va
00:42:22encore augmenter ?
00:42:23écoutez ce spécialiste
00:42:24des questions énergétiques
00:42:26chaque mois
00:42:27que le détroit d'Hormuz
00:42:29est fermé
00:42:29le Brent
00:42:31augmente
00:42:32de l'ordre
00:42:32de 30 dollars
00:42:33par baril
00:42:3430 dollars par baril
00:42:35c'est à peu près
00:42:36encore une fois
00:42:36toutes choses égales
00:42:37par ailleurs
00:42:38c'est à peu près
00:42:3920 centimes d'euros
00:42:40par litre
00:42:42qui seront additionnés
00:42:44chaque mois
00:42:45sur le prix à la pompe
00:42:46je veux dire
00:42:47il n'y a pas que
00:42:47les prix de l'essence
00:42:47qui augmentent
00:42:48non tout augmente
00:42:49et comment est-ce qu'on le sait
00:42:50et bien avec les chiffres
00:42:51de l'inflation
00:42:52qui sont tombés
00:42:52ce matin
00:42:53ça donne quoi
00:42:53plus 2,2%
00:42:56en avril
00:42:57sur un an
00:42:57contre 0,8%
00:42:59en avril
00:43:00de l'année dernière
00:43:01là encore
00:43:01l'INSEE n'avait pas vu
00:43:02les choses de manière
00:43:03aussi élevée
00:43:04tout cela porté
00:43:05en grande partie
00:43:06par la flambée des prix
00:43:07de l'énergie
00:43:08plus 14%
00:43:09mais aussi à cause
00:43:10du coût des transports
00:43:11mais aussi ça commence
00:43:12dans les rayons
00:43:13de l'alimentaire
00:43:14allez donnez-moi un peu
00:43:15d'espoir
00:43:15peut-être qu'on peut se rassurer
00:43:16un peu avec les chiffres
00:43:17de la croissance
00:43:18désolé
00:43:18pas d'espoir
00:43:19croissance zéro
00:43:20pour la France
00:43:20au premier trimestre
00:43:212026
00:43:22alors ça veut dire quoi
00:43:23concrètement
00:43:23qu'on n'a pas produit
00:43:25plus de richesses
00:43:26ces derniers mois
00:43:27la Banque de France
00:43:28misait sur
00:43:29plus 0,3%
00:43:30l'INSEE
00:43:31un peu moins optimiste
00:43:32disait
00:43:33plus 0,2%
00:43:35et bien
00:43:35il n'en est rien
00:43:36et comment est-ce
00:43:37qu'on l'explique
00:43:37et bien déjà
00:43:38la consommation
00:43:39qui porte la croissance
00:43:41et bien là
00:43:41elle est en léger recul
00:43:42moins 0,1%
00:43:45l'investissement
00:43:46lui aussi
00:43:46est en repli
00:43:47moins 0,4%
00:43:48et puis le commerce extérieur
00:43:50c'est-à-dire
00:43:50les ventes de la France
00:43:52à l'étranger
00:43:52c'est encore moins bien
00:43:53moins 0,7%
00:43:55Merci beaucoup Julien
00:43:56Yves
00:43:57mauvaise nouvelle
00:43:58pour le gouvernement
00:43:58qui n'avait pas besoin de ça
00:43:59si j'ose dire
00:44:00Très mauvaise nouvelle
00:44:01parce que le gouvernement
00:44:02comme vous le savez
00:44:04est à la tête d'un pays
00:44:05qui est un pays
00:44:06endetté jusqu'au coup
00:44:07plus de 3000 milliards
00:44:09de dettes
00:44:10et aussi
00:44:11très très peu de marge
00:44:13donc du coup
00:44:13et la politique
00:44:15qui avait consisté
00:44:15pendant la crise
00:44:16du coronavirus
00:44:17à distribuer
00:44:18et bien
00:44:19de l'argent
00:44:20d'une certaine façon
00:44:20et bien aujourd'hui
00:44:21c'est terminé
00:44:21donc le gouvernement
00:44:22jusqu'à présent
00:44:23s'en est tenu
00:44:24à des aides
00:44:25vraiment très
00:44:27par catégorie
00:44:28avec les routiers
00:44:29avec les agriculteurs
00:44:30avec
00:44:31certaines professions
00:44:32qui ont besoin
00:44:33de beaucoup rouler
00:44:34mais est-ce que ça sera suffisant
00:44:36sur la longueur
00:44:36dans la mesure
00:44:37où
00:44:38et bien
00:44:39cette crise
00:44:40risque de durer
00:44:41premièrement
00:44:41et puis deuxièmement
00:44:42il y a une pression
00:44:43à la fois politique
00:44:44et de l'opinion publique
00:44:46qui est très forte
00:44:47très forte
00:44:47compte tenu aussi
00:44:49et bien
00:44:49de certaines informations
00:44:50qui montrent par exemple
00:44:52que la compagnie pétrolière
00:44:53française Total
00:44:54fait des bénéfices
00:44:56records
00:44:56grâce à cette crise
00:44:58et donc là
00:44:59se pose
00:44:59l'éternelle question
00:45:00de savoir
00:45:01s'il ne faut pas
00:45:02que l'État
00:45:03baisse ses taxes
00:45:04ou s'il ne faut pas
00:45:05que l'État
00:45:05et bien
00:45:06intervienne auprès de Total
00:45:07pour lui demander
00:45:08de faire des gestes
00:45:10supplémentaires
00:45:10donc le débat
00:45:11ne fait que commencer
00:45:12à mon avis
00:45:13et ça va certainement
00:45:14se tendre
00:45:15alors que
00:45:16je vous le rappelle
00:45:17on a un budget encore
00:45:18avant la présidentielle
00:45:19qui va être
00:45:21à l'automne
00:45:22qui va être
00:45:23sur la table
00:45:24et là ça risque
00:45:24d'être très très très chaud
00:45:26et ce qui est marquant
00:45:27c'est que ces chiffres
00:45:28mauvais chiffres
00:45:29pour la France
00:45:29arrivent un jour
00:45:31où on voit que
00:45:31en Italie
00:45:32ça va un peu mieux
00:45:34et en Allemagne
00:45:35encore mieux finalement
00:45:37un petit peu moins mal
00:45:38disons
00:45:38voilà
00:45:39c'est ce que j'allais dire
00:45:40parce que
00:45:40la croissance française
00:45:41était quand même
00:45:42la plus belle croissance
00:45:43entre guillemets
00:45:440,9%
00:45:45c'était ça qui était prévu
00:45:47les 0%
00:45:48là
00:45:49il faut voir
00:45:50que ça n'a quasiment
00:45:51rien à voir
00:45:51avec la crise
00:45:52parce que c'est le premier trimestre
00:45:53donc c'est là
00:45:54où on va avoir
00:45:55le chiffre du deuxième trimestre
00:45:56lui sera révélateur
00:45:57de l'impact
00:45:58du choc énergétique
00:45:59donc ça c'est un point
00:46:01qu'il faut avoir
00:46:02en tête
00:46:02moi ce que je pense
00:46:03que pour le gouvernement
00:46:04ce qui va être compliqué
00:46:05c'est que toutes les hypothèses
00:46:07de croissance
00:46:07sur lesquelles
00:46:09repose le budget
00:46:10de 2026
00:46:11et sont en train
00:46:12de tomber
00:46:13les unes après les autres
00:46:15et donc la question
00:46:16peut-être un premier rendez-vous politique
00:46:17ça va être d'avoir
00:46:18une loi de finances rectificative
00:46:20comme on dit
00:46:20sur le budget 2026
00:46:22rappelez-vous
00:46:23ça a quand même été compliqué
00:46:24de voter le budget 2026
00:46:25et donc
00:46:26quant au budget 2027
00:46:27là ça va être
00:46:28un exercice
00:46:29impossible
00:46:29Thierry ça veut dire
00:46:30qu'on s'engage
00:46:31dans une crise économique
00:46:32mondiale et durable
00:46:33oui absolument
00:46:34les économistes
00:46:35sont unanimes
00:46:35pour prédire effectivement
00:46:36que ça va faire mal
00:46:37que ça va durer longtemps
00:46:39au minimum
00:46:40effectivement
00:46:41comme le disait Edwige
00:46:42probablement un semestre
00:46:43ça c'est dans la meilleure
00:46:44des hypothèses
00:46:45et chaque jour
00:46:46qui passe
00:46:47accroît cette menace
00:46:48de manière exponentielle
00:46:50parce que
00:46:50si on ferme
00:46:52des installations
00:46:53qui produisent
00:46:54de l'énergie
00:46:55fermer le robinet
00:46:56ça prend pas beaucoup de temps
00:46:57rouvrir le robinet
00:46:58et remettre des installations
00:46:59en état de fonctionnement
00:47:00ça prend beaucoup de temps
00:47:01on se focalise par ailleurs
00:47:02à juste titre
00:47:03sur le pétrole
00:47:04mais il y a le gaz
00:47:05il y a l'hélium
00:47:07qui est essentiel
00:47:09dans la fabrication
00:47:10notamment des microprocesseurs
00:47:11les engrais
00:47:12qui sont une menace
00:47:12absolument considérable
00:47:14parce que ça peut
00:47:14être une crise économique
00:47:16la menace
00:47:17c'est aujourd'hui
00:47:17pour une certaine partie du monde
00:47:19également d'une crise alimentaire
00:47:20alors vous évoquiez justement
00:47:21les sociétés pétrolières
00:47:23qui eux
00:47:23ont fait des bénéfices
00:47:24il y en a certains
00:47:25qui disent
00:47:25il faut aller récupérer l'argent
00:47:27Olivier Faure
00:47:27le premier secrétaire
00:47:28du parti socialiste
00:47:30nous rejoint
00:47:30sur ce plateau
00:47:31il est notre invité
00:47:33ce soir
00:47:33bonsoir Olivier Faure
00:47:35merci d'être avec nous
00:47:37on le disait
00:47:38Total a annoncé hier
00:47:39que ces bénéfices
00:47:40au premier trimestre
00:47:41avaient bondi
00:47:41de plus de 50%
00:47:43par rapport
00:47:43à l'an dernier
00:47:44l'EPS a annoncé
00:47:46qu'il y aurait
00:47:46une proposition de loi
00:47:47déposée
00:47:48pour taxer
00:47:49les super profits
00:47:50des entreprises
00:47:51qui profitent
00:47:52de la crise
00:47:53ça veut dire quoi ?
00:47:54les socialistes
00:47:55trouvent ça scandaleux
00:47:56qu'une entreprise
00:47:56gagne de l'argent ?
00:47:58non pas du tout
00:47:59j'aime beaucoup
00:48:00que les entreprises
00:48:00gagnent de l'argent
00:48:01au contraire
00:48:01si elles pouvaient
00:48:02gagner davantage
00:48:03et les redistribuer
00:48:04ensuite à leurs salariés
00:48:05tout le monde
00:48:06s'en porterait mieux
00:48:06donc bravo Total ?
00:48:07non pas bravo Total
00:48:08la réalité c'est que
00:48:09vous avez des profits
00:48:10qui sont liés
00:48:11à des innovations
00:48:12vous avez des entreprises
00:48:13qui font des progrès
00:48:14technologiques
00:48:15qui produisent
00:48:16des produits nouveaux
00:48:17qui par leur génie propre
00:48:20arrivent à générer
00:48:21des profits supplémentaires
00:48:22mais là
00:48:23où est le génie Total ?
00:48:24son génie c'est d'être capable
00:48:26de vendre davantage
00:48:28plus cher
00:48:29à un moment
00:48:30où en réalité
00:48:31il y a une crise
00:48:32qui est une crise mondiale
00:48:33qu'il y a une guerre
00:48:34une guerre illégale
00:48:35et la vérité
00:48:37c'est qu'on ne voit pas
00:48:38très bien
00:48:39quelle serait
00:48:40la justification
00:48:41au fait que Total
00:48:42considère que ces bénéfices
00:48:43sont tout à fait normaux
00:48:44et qu'il les distribue
00:48:45aujourd'hui à ses actionnaires
00:48:47est à fait
00:48:48assez épouvantable
00:48:49imaginez qu'il y a des gens
00:48:50qui aujourd'hui
00:48:51spéculent sur la guerre
00:48:52sur la mort
00:48:53sur un conflit
00:48:55qui va avoir
00:48:55un impact
00:48:56sur le monde entier
00:48:57et qui en réalité
00:48:59résulte d'une décision
00:49:01prise par Donald Trump
00:49:02seul
00:49:03ou avec Netanyahou
00:49:04qui nous a mis
00:49:06dans une situation
00:49:07qui est en fait
00:49:09impossible
00:49:10et nous allons
00:49:11maintenant
00:49:12faire payer aux français
00:49:13les conséquences
00:49:14à qui vous feriez payer
00:49:14justement cette taxe ?
00:49:15mais pas aux français
00:49:16parce que moi
00:49:16ce que je vois
00:49:17c'est qu'aujourd'hui
00:49:17ceux qui payent cette crise
00:49:19ce sont ceux
00:49:19qui ne partent plus en vacances
00:49:20et regardez ce qui se passe
00:49:22non seulement
00:49:22il y a des français
00:49:23qui ne partiront pas
00:49:24mais il y a aussi
00:49:25des étrangers
00:49:25qui ne viendront pas
00:49:26et c'est en fait
00:49:27un solde commercial
00:49:28qui va se dégrader
00:49:29parce que nous avons besoin
00:49:30de ces touristes étrangers
00:49:32américains
00:49:33allemands
00:49:33enfin européens
00:49:34qui viennent sur le sol français
00:49:36voir Notre-Dame
00:49:37voir le Mont-Saint-Michel
00:49:38voir la Croisette
00:49:40et qui vont rester
00:49:42j'allais dire
00:49:43boudés
00:49:43non
00:49:43qui vont rester chez eux
00:49:44et donc cette situation-là
00:49:46elle suppose à un moment
00:49:47qu'effectivement
00:49:48on reparte
00:49:48j'entendais à l'instant
00:49:50Edwin Chevrillon
00:49:51qui parlait
00:49:52de la croissance zéro
00:49:54au premier semestre
00:49:55bon bah
00:49:56premier trimestre
00:49:57pardon
00:49:57elle n'est pas due à la crise
00:49:58non
00:49:58elle n'est pas due à la crise
00:49:59oui mais
00:49:59vous imaginez
00:50:00ce qui va se passer
00:50:01si au premier trimestre
00:50:03vous avez déjà
00:50:03une croissance zéro
00:50:05avec la crise
00:50:06qui est une crise
00:50:08que l'on nous dit
00:50:09qu'elle va durer
00:50:10vous avez vous-même
00:50:11parlé d'un semestre minimum
00:50:13bon bah
00:50:13est-ce que vous pensez
00:50:14sérieusement
00:50:15qu'on va pouvoir
00:50:16tenir
00:50:17avec des français
00:50:18qui sont déjà à l'os
00:50:19moi je crois
00:50:19qu'effectivement
00:50:20il faut redire
00:50:21Total a décidé
00:50:22de prolonger
00:50:22le plafonnement
00:50:23des prix du carburant
00:50:24tant que la crise
00:50:24durera
00:50:25dit Total aujourd'hui
00:50:261,99 par litre
00:50:27pour l'essence
00:50:282,25 pour le diesel
00:50:29des opérations commerciales
00:50:31durant le week-end
00:50:32est-ce que vous saluez
00:50:33cela quand même ?
00:50:34mais s'il n'y a pas
00:50:35de super profit
00:50:35ils n'auront pas
00:50:36à payer la taxe
00:50:37sur les super profits
00:50:38comprenez bien
00:50:38qu'ils font
00:50:39leur calcul
00:50:41donc vaut mieux
00:50:43ce que nous proposons
00:50:44c'est que nous prenions
00:50:45la moyenne
00:50:46des 3 dernières années
00:50:47de toutes les entreprises
00:50:48qui font plus de 750 millions
00:50:50de chiffre d'affaires
00:50:51on fait donc une moyenne
00:50:52et on compare
00:50:53entre cette moyenne
00:50:54et ce qu'ils font
00:50:56comme profit
00:50:57au cours des prochains trimestres
00:51:00et c'est sur la base
00:51:01de ces sur-profits
00:51:02qu'ils sont imposés
00:51:05qu'est-ce que vous trouvez
00:51:06d'anormal là-dedans ?
00:51:06mais c'est une économie dirigée
00:51:07que vous prenez là
00:51:09là c'est de la provocation
00:51:10non c'est pas de la provocation
00:51:11écoutez Total
00:51:12est une entreprise privée
00:51:13qui fait un geste
00:51:14comme Guillaume l'a dit
00:51:15c'est pas un geste d'ailleurs
00:51:16c'est plus que ça
00:51:17parce qu'ils ont décidé
00:51:18de plafonner le prix
00:51:20c'est une façon de dire
00:51:21bon bah voilà
00:51:22et d'ailleurs les gains
00:51:23dont on parle
00:51:25et dont Guillaume a souligné
00:51:26l'importance
00:51:27ce sont des gains
00:51:28qui n'ont pas été faits
00:51:29avec la crise actuelle
00:51:30ce sont des gains
00:51:31qui ont été faits
00:51:32en vertu d'une spéculation
00:51:33qui précède la crise actuelle
00:51:35ça c'était juste un milliard
00:51:36non non
00:51:37si si si
00:51:38il y a ça
00:51:38non
00:51:39la réalité c'est qu'ils ont acheté
00:51:41effectivement
00:51:41oui
00:51:42au prix du marché
00:51:42avec le marché
00:51:43bien sûr au prix du marché
00:51:44mais juste
00:51:45au début de la crise
00:51:47et ils ont profité
00:51:48des prix qui augmentaient
00:51:49c'est-à-dire qu'ils avaient
00:51:50un stock
00:51:50qui était acheté
00:51:51à 1
00:51:52et ils le revendent
00:51:53à 1,5
00:51:54en fait je donne
00:51:54des chiffres au hasard
00:51:55c'est quand même
00:51:58pardon
00:51:58mais enfin
00:51:59c'est de la spéculation
00:51:59sur le dos des français
00:52:01la question c'est que
00:52:01comme vous le savez
00:52:02il y a toutes les compagnies pétrolières
00:52:04dans le monde
00:52:05et les 100 premières
00:52:06ont fait des profits
00:52:08qui sont assez importants
00:52:09mais moi je ne t'en pose pas
00:52:10je ne me limite pas Total
00:52:11si vous pénalisez
00:52:12si vous pénalisez Total
00:52:13est-ce que Total
00:52:15ne va pas se dire
00:52:16bah écoutez
00:52:16moi c'est très simple
00:52:17c'est déjà arrivé par le passé
00:52:19je quitte la France
00:52:20et je vais me domicilier
00:52:21ailleurs
00:52:22c'est très facile à faire
00:52:23mais moi je crois au patriotisme
00:52:25contrairement à vous
00:52:26et donc je crois qu'un grand patron
00:52:29comme Patrick Pouyanné
00:52:29c'est un patriote
00:52:30et qu'il ne peut pas dire
00:52:32parce que je ne m'arrive pas
00:52:34à faire des surprofits
00:52:35sur des bases
00:52:37qui sont celles d'une guerre
00:52:38je m'en vais m'expatrier ailleurs
00:52:39enfin vous imaginez
00:52:41la honte pour lui
00:52:42et pour l'entreprise
00:52:42enfin il y a un préjudice
00:52:44y compris en termes de réputation
00:52:45qui serait terrible
00:52:45évidemment qu'il ne le fera pas
00:52:47c'est pas la première fois
00:52:48qu'on taxe sur les surprofits
00:52:49et donc
00:52:50et je rappelle
00:52:50même pour ceux qui
00:52:51n'étaient pas encore nés
00:52:53je ne l'étais pas non plus
00:52:54et vous non plus
00:52:54mais enfin
00:52:5514 et 18
00:52:56il y a une taxe sur les super profits
00:52:58c'est gentil pour lui
00:52:5939,45
00:53:00on est à peu près
00:53:03quasiment de la même génération
00:53:0639,45
00:53:06c'est la même chose
00:53:07en fait on est dans une situation
00:53:09où en fait
00:53:10à l'issue de la guerre
00:53:11avec le général de Gaulle
00:53:12que vous n'avez pas connu
00:53:13et moi non plus
00:53:14mais que vous avez plus aimé que moi
00:53:16qu'est-ce qu'il fait ?
00:53:17il dit qu'il faut taxer
00:53:18tous ceux qui ont profité
00:53:20de la crise
00:53:21enfin de la guerre
00:53:22pendant les 4 années
00:53:23qui ont précédé
00:53:24donc on est bien là
00:53:25dans une situation
00:53:26où
00:53:26voilà
00:53:28il faut que tout le monde
00:53:30soit patrie
00:53:43c'est ça son business
00:53:45donc je veux dire
00:53:46ce n'est pas eux
00:53:47qui ont déclenché la guerre
00:53:48ils ne sont pas responsables
00:53:49de cette guerre
00:53:50évidemment
00:53:50ça profite à leur activité
00:53:52comme ça profite
00:53:53à toute l'industrie de défense
00:53:54ou aussi à d'autres secteurs
00:53:55donc vous voyez
00:53:57ce n'est pas indécent
00:53:58je trouve
00:53:58les profits de Total
00:54:00après c'est la manière
00:54:01dont c'est quand même
00:54:04perçu on va dire
00:54:05par les français
00:54:05il faut quand même voir
00:54:06que la France
00:54:07c'est un tout petit marché
00:54:08c'est tout petit
00:54:09pour Total Energy
00:54:10qui est une compagnie mondiale
00:54:11et ils restent en France
00:54:13même s'ils sont quand même
00:54:15mis à pied aux Etats-Unis
00:54:16puisqu'ils se sont fait maintenant
00:54:17côté à New York
00:54:18et du coup certains
00:54:20effectivement
00:54:20se sont inquiétés
00:54:21à ce moment-là
00:54:22en disant
00:54:22tiens
00:54:23est-ce que Total
00:54:23pourrait mettre son siège
00:54:25à New York
00:54:26ou ça serait sans doute
00:54:27beaucoup plus facile pour eux
00:54:28vous avez raison
00:54:29de souligner
00:54:30le patriotisme
00:54:31de Patrick Puyenet
00:54:32et de Total
00:54:34alors la question
00:54:35qu'on peut se poser maintenant
00:54:36c'est
00:54:36est-ce que cet argent
00:54:37il faut qu'il le redistribue
00:54:39entièrement aux français
00:54:40ils pourraient le faire aussi
00:54:41à d'autres
00:54:43dans d'autres pays
00:54:46oui
00:54:46en fait ça c'est une possibilité
00:54:47mais moi je ne parle pas
00:54:48là on s'est concentré sur Total
00:54:49oui
00:54:50moi je parle de Total
00:54:51je parle de tous ceux
00:54:52qui font des profits
00:54:52parce que les 5 milliards
00:54:53ils n'ont pas gagné
00:54:54pas en France
00:54:54parce que vous ne pouvez pas
00:54:56faire une proposition d'oie
00:54:56sur une seule marque
00:54:58ça représente combien
00:54:58d'entreprises pour vous ?
00:55:00je ne sais pas combien
00:55:01seront frappées
00:55:02par l'augmentation
00:55:03enfin les sur-profits
00:55:04je ne sais pas combien
00:55:05on fait les sur-profits
00:55:06et ça ramènerait combien ?
00:55:07nous on considère
00:55:08que ça rapporterait 2 milliards
00:55:09si la tendance se maintient
00:55:10mais sur-profit c'est quoi ?
00:55:11si la tendance ne se maintient pas
00:55:12je vous l'ai dit
00:55:13c'est-à-dire qu'on fait
00:55:14la moyenne des 3 années précédentes
00:55:15et ceux qui ont fait
00:55:17plus de 20%
00:55:18de chiffres supplémentaires
00:55:19par rapport à la moyenne
00:55:20des années précédentes
00:55:21on considère que ce sont
00:55:21des profits
00:55:22qui sont de nature différente
00:55:23et qui sont liés à la crise
00:55:24c'est une loi totale ?
00:55:25je veux revenir
00:55:26non pas totale
00:55:27c'est une loi totale
00:55:28si vous voulez
00:55:28mais ce n'est pas une loi pour totale
00:55:29et ce que je voulais revenir
00:55:31je voulais revenir d'un mot
00:55:32sur ce qu'est-ce qu'un profit indécent
00:55:35imaginez une entreprise
00:55:36alors là on ne parle plus du tout
00:55:37enfin une entreprise
00:55:38qui ferait
00:55:40qui tirerait ses profits
00:55:41du travail des enfants
00:55:43est-ce que vous trouvez
00:55:43que c'est indécent ou pas ?
00:55:44mais ce n'est pas du tout
00:55:45la moitié
00:55:45vous comparez les bénéfices
00:55:46mais là c'est pire encore
00:55:49on parle de profits
00:55:50qui sont tirés de la guerre
00:55:52comment pouvez-vous comparer ?
00:55:53ce que je ne comprends pas
00:55:54c'est que le réflexe
00:55:56quand il y a une crise
00:55:57et il y a une crise
00:55:57et c'est vrai que les français
00:56:00souffrent
00:56:00pour beaucoup d'entre eux
00:56:02pourquoi à chaque fois
00:56:03mettre une règle
00:56:04qui est une règle
00:56:05de punition
00:56:07finalement
00:56:07vis-à-vis des entreprises
00:56:09mais Yves Tréhard
00:56:10c'est des français
00:56:11qui sont punis là
00:56:12c'est pas possible
00:56:13de les laisser comme ça
00:56:13regardez
00:56:14vous avez quand même
00:56:15là une entreprise
00:56:16pour ce qui est Total
00:56:17Total Energy
00:56:18qui fait un geste
00:56:20justement
00:56:20qui dit
00:56:21je plafonne mon prix de vente
00:56:23c'est déjà
00:56:24me semble-t-il
00:56:25pour vous c'est suffisant
00:56:26c'est déjà énorme
00:56:27mais pour moi ça ne l'est pas
00:56:28c'est énorme
00:56:30mais comprenez
00:56:31que s'ils font ce geste
00:56:31regardez ce qui s'est passé
00:56:32sur le premier trimestre
00:56:34ils ont déjà fait ce geste
00:56:35et ils ont fait
00:56:365 milliards de profits supplémentaires
00:56:38c'est donc
00:56:39qu'ils ont bien compris
00:56:40qu'il y avait un intérêt pour eux
00:56:41y compris à plafonner
00:56:42ce qui n'empêchait pas
00:56:43de faire des surprises
00:56:44Olivier Faure
00:56:45ça n'est pas illégal
00:56:46et vous venez de doute
00:56:47mais je ne parle pas d'illégal
00:56:48non mais vous venez quand même
00:56:49de prendre l'exemple
00:56:50d'entreprises qui feraient
00:56:51travailler des enfants
00:56:52vous comparez Total
00:56:53avec des entreprises
00:56:54qui feraient travailler des enfants
00:56:55vous avez même dit
00:56:56que ce serait pire
00:56:56c'était un profit indu
00:56:58c'est-à-dire qu'il y a des gens
00:56:59qui profitent de situations
00:57:00qui ne sont pas liés
00:57:01à leur génie propre
00:57:03mais qui sont liés
00:57:03à des situations
00:57:04je ne dis pas que Total
00:57:05fait travailler des enfants
00:57:06non mais vous dites
00:57:07que les profits
00:57:07dont bénéficient Total
00:57:08c'est la même chose
00:57:09qu'une entreprise
00:57:10qui ferait des profits
00:57:11avec des enfants
00:57:12aujourd'hui il y a des gens
00:57:13enfin des entreprises
00:57:14qui font des bénéfices
00:57:16sur la guerre
00:57:17et la guerre
00:57:18pardon de le dire
00:57:19mais enfin
00:57:19c'est des gens
00:57:20qui meurent tous les jours
00:57:21vous en avez vous-même
00:57:22le compte-rendu
00:57:23que vous faites à chaque journal
00:57:24et donc oui
00:57:25il est indécent
00:57:26de dire que
00:57:27dans un moment
00:57:28où il y a des gens
00:57:29qui meurent
00:57:30où en fait
00:57:31on a une crise économique mondiale
00:57:33où on a des français
00:57:34qui se serrent la ceinture
00:57:35de dire qu'on ne participe pas tous
00:57:38et d'abord ceux
00:57:39qui le peuvent davantage
00:57:40qu'on ne participe pas tous
00:57:41à l'effort
00:57:42et quand il y a un effort à faire
00:57:43ce sont d'abord
00:57:44les plus gros
00:57:45qui doivent payer
00:57:45c'est pas normal
00:57:46Olivier Faure
00:57:46pourquoi mettre de la morale
00:57:47là-dedans
00:57:48autant
00:57:49il n'y a pas de morale
00:57:50à avoir
00:57:51se faire de l'argent
00:57:52sur la guerre
00:57:53je suis désolé
00:57:54mais l'économie de la guerre
00:57:55ça existe aussi
00:57:56oui mais ça
00:57:57il y a aussi
00:57:58ce que je ne comprends pas
00:57:59si vous voulez
00:58:00c'est que
00:58:00le projet de loi
00:58:01que vous portez
00:58:02la proposition de loi
00:58:03pardon
00:58:04que vous portez
00:58:05c'est une proposition de loi
00:58:06qui se veut temporaire
00:58:07le temps de cette crise
00:58:09ou elle serait pérenne
00:58:11non temporaire
00:58:13parce que ça va encore
00:58:14défavoriser la France
00:58:16par rapport à tous
00:58:16ses partenaires
00:58:19sur le front économique
00:58:20ça va arriver
00:58:21dans tous les pays
00:58:22parce que si la crise dure
00:58:23tout le monde
00:58:24cherchera de l'argent
00:58:24et tout le monde
00:58:25cherchera à faire en sorte
00:58:26que évidemment
00:58:27les contribuables
00:58:29les moins fortunés
00:58:31puissent trouver là
00:58:32un peu d'oxygène
00:58:33si vous suggérez
00:58:34qu'il faudrait
00:58:35dans le même temps
00:58:36plutôt augmenter
00:58:37les salaires
00:58:37je vous suis
00:58:38juste Olivier Faure
00:58:39il vous posait la question
00:58:40des industries d'armement
00:58:41est-ce que ça veut dire
00:58:41que si les entreprises
00:58:42d'industrie de l'armement
00:58:43qui vont faire
00:58:44plus de bénéfices
00:58:45il faut les taxer aussi
00:58:46moi ça ne me choque pas
00:58:48oui
00:58:49ça ne me choque pas
00:58:50ça rentre visiblement
00:58:51là on ne parle pas
00:58:52de la même chose
00:58:53enfin on est en train
00:58:54d'être dans le sujet
00:58:54mais
00:58:55est-ce que vous considérez
00:58:56qu'une entreprise
00:58:57de l'armement
00:58:57en ce moment
00:58:58qui a énormément de commandes
00:58:59notamment des pays du Golfe
00:59:00vous considérez
00:59:01que ce sera des profits indécents
00:59:03il y a des profits
00:59:04qui sont des profits
00:59:05parfois indus
00:59:06et là
00:59:07en l'occurrence
00:59:08ce n'est pas tout à fait
00:59:09la même chose
00:59:09au sens où
00:59:10en fait une usine d'armement
00:59:13c'est bien
00:59:13par sa production même
00:59:15et c'est parce qu'elle fait
00:59:17en plus
00:59:17ce n'est pas de la spéculation
00:59:19le missile ne vaut pas plus cher
00:59:20parce que la guerre a commencé
00:59:21c'est là
00:59:22ce que je dis
00:59:23c'est que sur l'essence
00:59:24vous êtes dans une situation
00:59:25où vous n'avez rien fait de plus
00:59:27vous avez
00:59:28un baril
00:59:29que vous avez acheté
00:59:29la veille
00:59:30vous le vendez
00:59:3110 jours plus tard
00:59:32et vous faites
00:59:33il y a de l'extraction
00:59:34il y a de le raffinement
00:59:36c'est leur métier
00:59:38mais je ne dis pas
00:59:39que ce n'est pas leur métier
00:59:39je ne dis pas
00:59:40que c'est illégal
00:59:40je dis simplement
00:59:41que parfois
00:59:42il faut que
00:59:43dans un moment
00:59:44où tout le monde
00:59:44se sent à la ceinture
00:59:45que ceux qui
00:59:47comment vous expliquez
00:59:485 milliards d'affiches supplémentaires
00:59:49une entreprise
00:59:50qui a fait 11 milliards
00:59:51l'année dernière
00:59:51Olivier Faure
00:59:52les profiteurs
00:59:53le débat ne fait que commencer
00:59:54en un mot
00:59:55Total c'est une chance
00:59:56pour la France quand même
00:59:56mais bien sûr
00:59:57vous en êtes fier ?
00:59:58bien sûr
00:59:59mais moi je suis fier
01:00:00des entreprises françaises
01:00:01non mais
01:00:01ne nous méprenons pas
01:00:03ne nous méprenons pas
01:00:04moi je n'ai rien
01:00:05contre le monde d'entreprise
01:00:05je n'ai rien contre les entrepreneurs
01:00:06vous nous l'avez dit
01:00:07je n'ai rien contre
01:00:08celles et ceux
01:00:09qui font même
01:00:09y compris
01:00:10des profits
01:00:10vous nous avez dit
01:00:10ce sera
01:00:11Olivier Faure
01:00:12merci beaucoup
01:00:12il faut partager
01:00:13vous avez dit
01:00:13ce sera une loi
01:00:14totale
01:00:15pas une loi contre Total
01:00:16c'est ça
Commentaires