00:00Annalisa Cappellini, le roi Charles III était à Washington pour rencontrer Donald Trump.
00:03Comment s'est déroulée la rencontre ?
00:05Je dirais sans accro, alors que c'est peut-être le pire moment pour les relations entre les Britanniques et
00:09les Américains dans l'histoire récente.
00:11D'ailleurs c'est pour ça aussi que ce voyage de Charles III était si attendu.
00:15On a entendu dans la presse britannique qu'il y allait en tant que choc absorber, en tant qu'amortisseur
00:19de choc.
00:20En réalité le roi, en toute diplomatie, il a quand même fait passer quelques petits messages à Donald Trump.
00:24Vous vous rappelez de quand Donald Trump a dit à Davos que sans les Etats-Unis, les pays européens parleraient
00:29l'allemand après la seconde guerre mondiale ?
00:32Et bien Charles III lui a répondu, oui mais oserais-je dire que sans nous vous parleriez français ?
00:36Donc voilà un petit taquet tout en douceur et une petite balle perdue pour la France aussi au passage.
00:41Mais en réalité il a aussi fait des remarques sur un ton un peu plus sérieux.
00:45Écoutez ce qu'il a dit.
00:48La parole de l'Amérique a du poids et du sens.
00:51Comme c'est le cas depuis l'indépendance, les actes de cette grande nation comptent plus encore.
00:58Le monde ne prêtera peut-être que peu d'attention à ce que nous disons, mais il n'oubliera jamais
01:03ce que nous faisons.
01:05Il rappelle les Etats-Unis à leur responsabilité, il a aussi parlé clairement de l'OTAN.
01:09Oui d'ailleurs c'est peut-être le sujet le plus explosif en ce moment entre Washington et Londres.
01:13Écoutez ce qu'il a dit à ce sujet.
01:15« Des profondeurs de l'Atlantique à l'Arctique, l'engagement et l'expertise des forces armées des Etats-Unis
01:25et de leurs alliés sont au cœur de l'OTAN.
01:31Unis par une promesse de défense mutuelle, ils protègent nos citoyens et nos intérêts, garantissant la sécurité des Américains et
01:39des Européens face à nos adversaires communs. »
01:41Donc là ce qu'il dit c'est que l'OTAN n'existe pas sans les Etats-Unis, mais c
01:45'est aussi dans l'intérêt des Etats-Unis de protéger leurs alliés.
01:48C'est un appel à peine voilé à revenir aux engagements atlantistes européens des Etats-Unis.
01:53D'ailleurs quelques secondes avant, il parlait du 11 septembre, il expliquait que puisque les Etats-Unis à l'époque
01:58étaient attaqués sur leur territoire,
02:01là les alliés de l'OTAN avaient accepté d'intervenir pour les aider, pour aller se battre côte à côte.
02:06Il dit, il faut lire encore une fois entre les lignes, cette fois-ci en Iran ce n'est pas
02:10ce qui se passe, ce n'est pas le cas.
02:11Et au contraire, pour lui, aujourd'hui, cette même détermination qu'on a démontrée pour aider les Etats-Unis le
02:1711 septembre est plutôt nécessaire pour l'Ukraine.
02:19Il y a aussi quelques éléphants dans la pièce.
02:21Oui, notamment Jeffrey Epstein, c'est un sujet dont Charles III s'est bien gardé de parler.
02:27Pourtant ça agite le débat des deux côtés de l'Atlantique et en particulier à Buckingham,
02:32puisque le frère de Charles, le prince Andrew, est tombé en disgrâce justement à cause de ses liens avec Epstein.
02:37Puisque ce même scandale Epstein, par la voix de Peter Mendelssohn, menace le mandat de Keir Starmer.
02:43Et on sait à quel point Donald Trump a pu, lui aussi, être touché directement, indirectement, par ce scandale, lui
02:49aussi.
02:49Donc le fait que Charles III ait laissé de côté ce sujet-là est la meilleure preuve que les Britanniques
02:54ont encore un espoir de la rattraper,
02:56cette alliance, cette spéciale relationship avec les Américains, et qu'ils sont prêts, une fois de plus, à leur tendre
03:01la main,
03:02même si le roi qui siège à Washington ne leur est pas vraiment favorable.
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