- il y a 2 semaines
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00:00Générique
00:00:04Bonsoir à tous, bienvenue dans 60 minutes BFM, votre grand rendez-vous d'actualité à la une ce soir.
00:00:10Cette menace d'un retour des affrontements au Proche-Orient.
00:00:13Donald Trump tient aujourd'hui une réunion de crise sur l'Iran.
00:00:17L'Iran qui de son côté exhibe ses armements, ses drones notamment.
00:00:21Le détroit d'Hormuz lui est plus bloqué que jamais.
00:00:23Et les Iraniens, sur le terrain, on revendique le contrôle militaire.
00:00:26On sera bien sûr sur le terrain avec tous nos envoyés spéciaux et les meilleurs experts autour de moi.
00:00:32A 19h30, notre invité, c'est l'homme du jour, Charles Aloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l
00:00:39'audiovisuel public.
00:00:40Député ou procureur, il répondra à toutes les accusations contre lui.
00:00:45Et il nous révélera les propositions de son rapport polémique.
00:00:49Mais avant cela, on prend bien sûr la direction du Proche-Orient.
00:00:53et cette tension qui monte à nouveau aujourd'hui entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:00:58Une nouvelle escalade semble se dessiner ce soir.
00:01:02Raphaël Rodon, Bertrand Ségué.
00:01:06L'hypothèse d'un retour de la guerre doit être prise très au sérieux.
00:01:10L'Iran défie.
00:01:11Les Etats-Unis exhibent ses drones Shahed.
00:01:13Cette parade militaire avec cette foule de manifestants présents pour soutenir le régime.
00:01:20Le chef de la diplomatie iranienne lui poursuit sa tournée.
00:01:23Après le Pakistan, il est en Russie.
00:01:25Il est arrivé à Saint-Pétersbourg pour rencontrer Vladimir Poutine.
00:01:29Le patron du Kremlin promet de tout faire pour amener la paix au Moyen-Orient.
00:01:36Et de son côté, Donald Trump refuse de lever le blocus américain.
00:01:39Condition des Iraniens à la reprise des pourparlers.
00:01:46Réunion de crise selon plusieurs médias américains sur la situation au Moyen-Orient.
00:01:51Le président américain est convaincu que le blocus du détroit d'Hormuz,
00:01:54c'est la meilleure façon de faire céder les Iraniens.
00:01:57Il y a de part et d'autre ce jeu de poker menteur
00:02:00où, visiblement, on veut voir qui lâchera le premier morceau.
00:02:04Plus le temps passe sans que l'on négocie,
00:02:07plus la perspective d'une reprise des opérations militaires de grande ampleur
00:02:10ne peut que se renforcer.
00:02:13Avec moi en plateau ce soir pour décrypter cette nouvelle escalade.
00:02:16Elsa Vidal, bonsoir Elsa, éditorialiste politique internationale BFM TV.
00:02:21Le Varinelle, bonsoir.
00:02:22Vous êtes ancienne commissaire à la commission de régulation de l'énergie,
00:02:25chercheuse spécialiste de la dissuasion nucléaire.
00:02:29A mes côtés aussi à Didier François.
00:02:30Bonjour, journaliste des France BFM TV.
00:02:33Leur Palais, bonsoir.
00:02:34Directrice associée de Masqueray, spécialiste de la politique américaine.
00:02:38Et bonsoir mon général.
00:02:39Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air
00:02:42et ancien commandant allié de l'OTAN.
00:02:44Votre éclairage va nous être très précieux
00:02:47parce qu'il y a aussi une question de réarmement
00:02:49dans cette période de cesser le feu qui est absolument centrale.
00:02:52Mais avant cela, on prend tout de suite la direction des Etats-Unis
00:02:55et plus précisément de Washington
00:02:57où on retrouve sur place l'un de nos envoyés spéciaux,
00:03:00Naoufael El-Kawafi.
00:03:02Bonsoir Naoufael.
00:03:03Aux Etats-Unis, la tension monte encore.
00:03:06Une réunion de crise sur l'Iran est prévue aujourd'hui même par Donald Trump.
00:03:13Oui, une réunion largement consacrée à la situation en Iran
00:03:16mais surtout à ces négociations qui tourneront, qui patinent depuis plusieurs jours.
00:03:20L'objectif pour le président américain, ce sera de passer en revue
00:03:23l'ensemble des hypothèses, des options qui s'offrent à lui
00:03:25pour la suite de la guerre, pour les prochaines étapes
00:03:28avec la possibilité de reprendre les frappes sur Téhéran.
00:03:31Ça fait en tout cas partie des hypothèses qui sont toujours à l'étude
00:03:36et qui sont toujours sur la table.
00:03:38Cette réunion, elle intervient malgré tout
00:03:40après une proposition qui a été faite par l'Iran aux Etats-Unis
00:03:43de rouvrir ce détroit d'Hormuz
00:03:45à condition seulement que les négociations concernant le nucléaire
00:03:49soient reportées dans un second temps.
00:03:51Pour l'instant, cette proposition ne semblait pas être retenue par la Maison Blanche.
00:03:54C'est vrai qu'hier, le président américain expliquait qu'il souhaitait poursuivre son blocus naval
00:03:58sur ce détroit d'Hormuz pour étouffer l'économie iranienne,
00:04:02bloquer les exportations de pétrole iranien
00:04:05et pour tenter de faire céder Téhéran concernant ses exigences,
00:04:09les exigences américaines concernant le nucléaire.
00:04:12Vous l'aurez donc compris, ces négociations, elles tournent encore au ralenti.
00:04:15Et plus le temps passe, plus les perspectives de nouveau pour parler au Pakistan semblent s'éloigner.
00:04:20Merci beaucoup Naouf El-Kawafi avec Valentin Rib depuis Washington.
00:04:25Je salue Guillaume Lagannes qui vient de nous rejoindre.
00:04:27Bonsoir, maître de conférence à Sciences Po, spécialiste des conditions de défense,
00:04:31auteur notamment de Géopolitique de l'Europe,
00:04:33Le crépuscule d'une puissance est aux éditions des presses.
00:04:38Point d'interrogation.
00:04:38Point d'interrogation, c'est important dans la situation actuelle.
00:04:43Elsa Vidal, on voit réunion de crise du président Trump aujourd'hui sur cette question de l'Iran.
00:04:47Le président Trump qui a affirmé il y a quelques heures, je cite,
00:04:50« Nous avons toutes les cartes en main ».
00:04:52Comment décrypter cette nouvelle escalade ?
00:04:54Eh bien c'est parce qu'il y a du côté iranien une nouvelle proposition sur la table.
00:04:59Une proposition après le rand de négociation qui n'a pas eu lieu le week-end dernier,
00:05:04qui a été un échec.
00:05:05Et les Iraniens, eux, ont commencé un autre déplacement,
00:05:08une autre tournée diplomatique qui est passée aujourd'hui par Moscou,
00:05:11en même temps qu'ils ont proposé à Donald Trump un plan en trois points
00:05:15qui passe d'abord par la fin du conflit et le maintien d'un véritable cessez-le-feu au Liban
00:05:20et en Iran,
00:05:21le déblocage à cette condition du détroit d'Ormouz,
00:05:24et ensuite seulement la question du nucléaire iranien.
00:05:28Il faut donc reprendre la tâche, retravailler.
00:05:31Les deux positions américaines et iraniennes sont complètement irréconciliables à ce stade,
00:05:36mais le travail diplomatique pourrait nous amener vers une solution négociée.
00:05:40Alors, les positions sont totalement opposées et incompatibles, nous dit à l'instant Elsa.
00:05:46Est-ce que ça veut dire qu'on va vers un retour possible des affrontements ?
00:05:49Alors, plusieurs choses.
00:05:50D'abord, effectivement, on est dans une impasse, dans une trêve prolongée,
00:05:55en fait, dans une sorte d'inconfortable entre deux, de ni guerre ni paix,
00:05:58qui pose question.
00:06:01Au niveau de la politique intérieure américaine,
00:06:03il faut quand même noter qu'on est à J60 du conflit
00:06:06et que le Congrès n'a pas exprimé d'opposition.
00:06:09Il n'y a pas d'opposition claire aux États-Unis sur cette question.
00:06:11Donc Donald Trump, politiquement, peut la poursuivre ?
00:06:14Il aurait pu activer une loi fédérale qu'on appelle la World Power Resolution
00:06:17qui dispose que le président doit obtenir l'autorisation du Congrès
00:06:21pour engager des troupes à plus de 60 jours.
00:06:23Ça n'a pas été le cas.
00:06:24Le Congrès est derrière lui.
00:06:26Et donc, les événements du week-end n'ont pas non plus changé la donne,
00:06:31puisque ça l'a même conforté face à ce qui s'est passé
00:06:36et une gauche radicale, comme il a pu le dire, anti-guerre.
00:06:39Guillaume Lagarde, est-ce qu'on s'approche finalement d'une reprise des affrontements
00:06:42d'une certaine façon, quand on le voit ?
00:06:44Alors, je pense que c'est un peu prématuré de le dire.
00:06:46Ce qui est certain, c'est que je pense que les États-Unis
00:06:48ne prendront pas l'initiative d'une reprise des combats.
00:06:51En revanche, si les Iraniens, qui sont quand même aujourd'hui un peu acculés,
00:06:54moi j'interprète quand même la tournée régionale de M. Arashgui
00:06:57comme une tentative de trouver des alliés dans une situation de très grande précarité
00:07:01pour l'économie iranienne, eux pourraient effectivement être tentés
00:07:04par une reprise, une escalade militaire.
00:07:05Et dans ce cas, les États-Unis pourraient répliquer.
00:07:08Je rebondis sur ce qui m'a très justement dit.
00:07:121973, c'est la Warpower Résolution, c'est-à-dire on était en pleine guerre du Vietnam,
00:07:16on voulait contrôler l'action militaire du président.
00:07:19Il y avait cette volonté du Congrès de limiter les interventions militaires à l'étranger.
00:07:23Aujourd'hui, effectivement, la position intérieure de M. Trump,
00:07:25elle n'est pas si mauvaise que cela.
00:07:27L'opinion publique américaine est globalement contre la guerre,
00:07:29mais lorsqu'on regarde sa base électorale, c'est-à-dire les électeurs républicains,
00:07:33eux sont très favorables.
00:07:34Il y a une petite branche MAGA qui a critiqué,
00:07:36mais finalement ça reste assez limité.
00:07:38Et après tout, les élections de mi-mandat vont venir,
00:07:40mais elles sont encore loin.
00:07:41On parle de novembre, c'est-à-dire dans plusieurs mois.
00:07:44Général Jean-Paul Palomé-Ros,
00:07:45on a tendance à penser peut-être le grand public qu'un cessez le feu,
00:07:49c'est la fin de la guerre et le début de la paix.
00:07:52En réalité, ce n'est pas cela.
00:07:53C'est une période où les militaires refont des stocks,
00:07:56et de chaque côté, c'est en train de se passer.
00:07:58C'est bien cela ?
00:07:59Oui, on a vu la montée en puissance,
00:08:01en particulier du troisième groupe aéronaval,
00:08:04ce qui est quand même une grande première.
00:08:05Trois groupes aéronavals engagés dans cette bataille des détroits,
00:08:10puisqu'il y a à la fois la mer Rouge,
00:08:11et puis bien sûr le détroit d'Hormuz,
00:08:14qu'on commence à connaître assez bien.
00:08:18Moi, je crois que, je ne dirais pas contre Guillaume,
00:08:21mais on est plutôt quand même dans une logique de guerre.
00:08:24Pourquoi ?
00:08:25Parce que les objectifs sont tellement différents,
00:08:28et chacun a beaucoup à perdre.
00:08:32Le pouvoir, c'est tout simplement existentiel,
00:08:35et Trump, c'est son engagement dans une guerre,
00:08:40ce qui est contre son naturel.
00:08:42C'est pour ça qu'on ne pensait pas d'ailleurs qu'il y aille,
00:08:45et il faut qu'il sorte de là, quelque part,
00:08:47avec un scalp, si vous m'excusez cette expression,
00:08:50il faut qu'il ait quelque chose.
00:08:53Or, le détroit d'Hormuz, c'est quelque chose,
00:08:56sauf qu'avant que la guerre ne commence,
00:08:58il était libre.
00:09:00Donc, ce n'est même pas une victoire,
00:09:02c'est revenir au statut co-excenté.
00:09:05Donc, il faut au moins qu'il y ait un pas sur le nucléaire.
00:09:08Alors, ce n'est pas inintéressant que les Iraniens
00:09:10soient retournés voir les Russes,
00:09:11puisque ces Russes, ils ont une petite marotte,
00:09:14c'est de dire, confiez-nous-le,
00:09:15et nous, on va le mettre à l'abri.
00:09:17Est-ce que ça veut dire qu'ils seraient capables
00:09:19de l'enrichir pour le redonner aux Iraniens ?
00:09:21Je ne vais pas jusque-là, mais on peut s'interroger.
00:09:24Moi, depuis le début, pratiquement même de la guerre en Ukraine,
00:09:27je me suis demandé si les Russes ne jouaient pas une carte
00:09:30avec les Iraniens là-dessus.
00:09:31Mais en ce moment, en général,
00:09:33quand on va revoir cette carte de l'armada US
00:09:36au Proche et au Moyen-Orient,
00:09:37qui n'a jamais été aussi importante,
00:09:39ça veut dire qu'aujourd'hui, les militaires américains
00:09:42sont prêts à frapper.
00:09:43– Oui, ils sont prêts à frapper, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:09:46– À refrapper à nouveau ?
00:09:46– Bien sûr, avec les Israéliens,
00:09:50dont on pourrait dire qu'ils n'attendent que cela.
00:09:53Peut-être qu'ils se mettent au singulier.
00:09:55– On voit ces trois groupes aéronavals, regardez,
00:09:57dont vous parliez.
00:09:58– Oui, ils contrôlent.
00:10:01Évidemment, le contrôle du détroit d'Orbou se fait à distance,
00:10:04ce qui n'est pas un problème pour eux,
00:10:06puisqu'ils ont toute la puissance de la marine américaine,
00:10:09donc ils peuvent contrôler absolument
00:10:10qu'ils veulent à tout moment.
00:10:13Maintenant, c'est peut-être quand même ça le piège
00:10:15de s'installer dans ce pseudo-équilibre
00:10:21sur le détroit d'Orbou,
00:10:22parce que certes, les Iraniens vont payer le prix,
00:10:26et ils sont capables de soutenir ce prix, à mon avis.
00:10:32Ce n'est pas leur commissération vis-à-vis de leur population
00:10:36qui va changer les choses,
00:10:37mais d'un autre côté, nous, de nombreux pays dans le monde,
00:10:42je ne parle pas que des pays occidentaux,
00:10:44sont en train aussi progressivement d'être confrontés
00:10:48à des vrais problèmes qui vont se transformer forcément
00:10:51en problèmes sociaux.
00:10:52– La question des stocks de l'armement,
00:10:54on en a beaucoup parlé pour l'Iran,
00:10:55mais Didier, on en parle aussi pour les États-Unis.
00:10:58Depuis plusieurs jours, on lit, on voit les moyens massifs
00:11:02qui ont été déployés déjà par les Américains,
00:11:05les missiles Tomahawk, les systèmes patriotes,
00:11:07les intercepteurs, plus de 50% de stocks d'avant-guerre
00:11:10qui auraient déjà été utilisés.
00:11:13Est-ce que les États-Unis, aujourd'hui, néanmoins,
00:11:16ont encore les moyens d'aller frapper deux mains
00:11:18si Donald Trump leur donne ?
00:11:19– Oui, ils ont usé des stocks,
00:11:21c'est normal, quand on fait la guerre,
00:11:22on tire des munitions.
00:11:24Attention, sur les 50%, c'est quoi d'où ça sort, cette affaire ?
00:11:27C'est un truc qui a été sorti par la presse américaine.
00:11:28– C'est la NBC.
00:11:29– Oui, enfin, NBC, pas NBC.
00:11:32Ce ne serait pas la première fois qu'ils nous racontent des bêtises.
00:11:34– Il n'y a pas de problème côté stocks américains, si j'ose dire.
00:11:37Si Donald Trump n'a pas pu sur le bouton cette nuit.
00:11:38– Non, mais que des…
00:11:39D'abord, s'il a pu sur le bouton traîner, ça va partir.
00:11:42Les gens qui savent aux États-Unis
00:11:44quelle est la réalité des stocks de munitions,
00:11:46ça se compte sur, voilà, quelques mains
00:11:50et quelques poignées de mains.
00:11:51– Regardez, on voit, Didier,
00:11:52c'est une étude du Centre d'études stratégiques qui est publiée.
00:11:55– Oui, mais qui…
00:11:55D'accord, mais encore une fois,
00:11:57il y a les gens qui, à l'État-major, gèrent ça.
00:12:00– C'est évidemment confidentiel.
00:12:01– C'est très confidentiel.
00:12:03Ils le gèrent au niveau fédéral,
00:12:06enfin, pour tous les théâtres,
00:12:07et dans chacun des théâtres.
00:12:09Donc, chacun des théâtres a fait ses demandes
00:12:11et dix selon qu'ils ont besoin.
00:12:13Je pense qu'ils ont tiré,
00:12:14et pareil, quand ils tirent, ils redemandent,
00:12:16et rien complètement.
00:12:17Ce n'est quand même pas la foire au slip, les armées.
00:12:19Je vais vous le raconter.
00:12:21– Ça n'est pas la foire au slip, les armées.
00:12:23On retiendra cette phrase.
00:12:25– Et ils ont…
00:12:26– Pardon, vas-y, vas-y.
00:12:28– Non, il y a quand même un domaine
00:12:29qui est très sensible,
00:12:31et où là, ils ne vont pas pouvoir
00:12:33corriger le tir très rapidement,
00:12:34c'est la défense anti-aérienne.
00:12:35– C'est ça.
00:12:36– C'est typiquement les patriotes.
00:12:38Et là, on voit que,
00:12:40sur tous les théâtres d'opération,
00:12:41mais c'est une grande leçon,
00:12:42sur tous les théâtres d'opération,
00:12:44il y a une saturation,
00:12:45et donc il y a une surconsommation de ces munitions,
00:12:49à défaut d'autre chose, si vous voulez.
00:12:51Donc là, il y a une faiblesse,
00:12:53elle est avérée,
00:12:54les pays du Golfe en sont les premières victimes,
00:12:57même s'ils ont des atouts,
00:12:58mais ils n'en ont pas suffisamment.
00:13:00L'Ukraine en est une victime,
00:13:02et on sait que des patriotes,
00:13:04ça ne va pas se construire du jour au lendemain.
00:13:06– En tout cas…
00:13:06– C'est des armements complexes,
00:13:08et même s'ils accélèrent la cadence,
00:13:11il y a une limite.
00:13:12Au rythme où ils les consomment,
00:13:14c'est difficile de suivre.
00:13:15Et les Israéliens aussi, bien sûr.
00:13:17– Dans cette période, si j'ose dire, de réescalade,
00:13:18on voit que chacun montre ses muscles,
00:13:20on le voit du côté américain,
00:13:21on l'a vu ces dernières heures aussi du côté iranien,
00:13:23avec ces vidéos de propagande,
00:13:24vous allez les découvrir,
00:13:26des drones shahed exhibés justement
00:13:28dans les rues de cette ville iranienne,
00:13:32le Varaneil.
00:13:33On lisait aussi, même s'il faut rester prudent,
00:13:35ce sont des chiffres là du Pentagone,
00:13:37que près de la moitié des stocks de missiles balistiques
00:13:39et de lancement du régime iranien
00:13:41seraient intacts.
00:13:42Quand on voit l'armée iranienne
00:13:44qui exhibe ses drones,
00:13:46ça veut dire quoi ?
00:13:47Ça veut dire, nous sommes prêts à reprendre les hostilités.
00:13:49– De toute façon, ils ne vont pas dire autre chose.
00:13:52On est dans un moment où chacun doit être capable
00:13:54de maintenir une forme de capacité à aller au-dessus.
00:13:57– Et ils le sont ?
00:13:58– En fait, ils sont prêts à y aller.
00:13:59Après, sur la question des stocks,
00:14:00je veux dire exactement la même chose que Didier.
00:14:03– Rappelez-vous, au début du conflit,
00:14:04on avait des projections qui se sont avérées fausses
00:14:08de centres totalement crédibles.
00:14:11Mais ça veut dire que c'est confidentiel
00:14:13qu'on fait sortir des chiffres dans une phase d'estimation,
00:14:17mais que la réalité est tout autre.
00:14:18D'une part, dans une capacité de renouvellement,
00:14:20sur la capacité iranienne à dissimuler quand même,
00:14:24qui n'est pas des moindres.
00:14:25Donc faisons attention sur la question des stocks.
00:14:27– Et sur les drones, on n'en sait rien.
00:14:27– Oui, alors les drones, de part et d'autre,
00:14:30je pense que là, mais là, il y a une volonté de dire
00:14:32on ne cèdera pas, on est capable d'y aller.
00:14:34Et franchement, sur un moment de crispation à l'aune d'accords
00:14:38où les deux parties ont envie de durcir leur…
00:14:41Enfin, c'est pas envie, ils durcissent le ton.
00:14:43On imagine mal les Iraniens abdiqués en faisant autre chose
00:14:46que ce qu'on vient de voir.
00:14:47Donc j'ai envie de dire, là, on est dans la ligne totale
00:14:49de la tension qu'on est en train de décrire depuis plusieurs jours.
00:14:52Je ne suis pas étonnée, et c'est même attendu
00:14:54d'avoir ce genre d'exhiber des drones shahed à ce moment-là.
00:14:59– Alors Palaise, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:15:00– Non, mais au-delà de la posture et de la communication,
00:15:03il y a des objectifs qui sont quand même intéressants à analyser.
00:15:06De la part d'abord des Iraniens, la presse américaine
00:15:09a le fait état de division au sein de l'exécutif,
00:15:12enfin des dirigeants iraniens sur la nature
00:15:13des concessions nucléaires à faire.
00:15:15Ça, c'est un premier point qu'il faut avoir en tête.
00:15:16Et puis Donald Trump, il est dans une position
00:15:18très inconfortable malgré tout.
00:15:20Parce que soit il accepte un accord en deçà des attentes,
00:15:23et c'est-à-dire maintenir un blocus au risque
00:15:27d'aggraver la situation économique mondiale.
00:15:29Donc on est quand même sur un terrain un peu glissant
00:15:33des deux côtés et dans un jeu de poker monteur certainement aussi.
00:15:36– Sur la partie Iraniens, je crois qu'il faut vraiment faire attention.
00:15:38On a pour mémoire les dix ans de négociations sur le JCPOA.
00:15:41On a décrit, et les journalistes américains et d'autres ont décrit
00:15:44pendant des années, le clivage au sein de l'exécutif
00:15:48qui reposent sur exactement les mêmes piliers.
00:15:51La partie soi-disant radicale et idéologue qui dit
00:15:54« On n'y négocie rien, on reste sur notre capacité à enrichir et à faire une arme »
00:15:58et l'autre partie dite modérée, qui n'a pas une forme d'ouverture diplomatique,
00:16:02qui parle.
00:16:02La réalité, moi j'ai souvent parlé de duplicité diplomatique,
00:16:06il joue de ça.
00:16:07À dire justement, regardez comment nous sommes divisés,
00:16:10et chaque concession que vous obtenez de notre part,
00:16:14c'est une victoire pour vous.
00:16:15À la fin des fins, ils conservent le vrai sujet de fond, à mon sens,
00:16:19qui est moins de la part de Donald Trump vis-à-vis des Iraiens
00:16:22que de Donald Trump vis-à-vis de l'ONU,
00:16:25qui a accepté le droit à l'enrichissement,
00:16:28chose contre laquelle Donald Trump et les Israéliens sont totalement contre.
00:16:31C'est ça le vrai sujet.
00:16:33Et en fait, les Iraniens essayent de revenir en disant
00:16:35« Regardez, non, nous, on a envie de parler ».
00:16:39Je ne dis pas qu'elles n'existent pas,
00:16:40je dis qu'elles incarnent des réalités qui étaient déjà à l'époque de Zarif.
00:16:44Mais c'est un vétéran conservateur qui va remplacer.
00:16:47Général, quand on voit l'armement iranien qui est exhibé,
00:16:50là aussi, c'est une façon de dire,
00:16:52nos capacités militaires, vous ne les avez pas entièrement détruites.
00:16:55C'est plutôt un message pour le peuple,
00:16:59enfin le peuple qui suit plus ou moins la base,
00:17:02pour les passes d'Aran eux-mêmes,
00:17:03et tous ceux qui gravitent autour des passes d'Aran.
00:17:06Je pense que le vrai peuple iranien,
00:17:08celui qui est sorti dans les rues,
00:17:09lui, il est assez loin de ça,
00:17:11il connaît assez bien ce régime pour savoir
00:17:13qu'il y a autant de maquillage
00:17:15et autant d'animation qu'autre chose.
00:17:20Maintenant, ils ont quand même fait la preuve
00:17:22qu'ils savaient s'en servir.
00:17:23C'est le moins qu'on puisse dire.
00:17:25C'est vrai que contre des adversaires affaiblis,
00:17:27mais ils ont fait ça malheureusement avec beaucoup de précision,
00:17:32et ça, ils ne l'ont pas acquis tout seuls, on le sait,
00:17:34les Russes, les Chinois.
00:17:37Donc, frapper des coups sûrs avec précision dans la distance,
00:17:43ce n'était pas donné au départ.
00:17:45Dans un instant, on va venir bien sûr sur cette question du détroit d'Hormuz,
00:17:48qui est totalement bloqué.
00:17:49On verra le chef de l'État qui s'est exprimé,
00:17:51les Iraniens qui affirment militairement qu'ils garderont la main là-dessus.
00:17:54Juste cette information qui vient de nous parvenir,
00:17:56qui concerne la France,
00:17:57la commission d'enquête parlementaire a adopté le fameux rapport
00:18:01du député à l'oncle sur l'audiovisuel public.
00:18:044 mois de débat, 12 voix contredites.
00:18:05Si je vous en parle, c'est parce que Charles à l'oncle sera justement notre invité.
00:18:10Dans quelques minutes, vous restez avec nous.
00:18:12Mais pour ce qui s'agit justement de cette question iranienne,
00:18:16nous avons choisi ce soir avec Nargis Hadji
00:18:18de vous raconter une incroyable histoire qui s'est déroulée au début de son conflit.
00:18:22Nargis, bonsoir.
00:18:23Une base américaine qui a été frappée par un avion américain.
00:18:27Vous nous parlez d'une attaque qui a été menée par l'Iran
00:18:30dès les tout premiers jours de la guerre.
00:18:32Absolument, nous sommes fin février
00:18:34et l'Iran mène une attaque contre le camp de Bering.
00:18:37On va le voir juste ici, c'est au Koweït.
00:18:39Le camp, c'est une base américaine jusque-là
00:18:41qui est protégée par des systèmes antimissiles patriotes.
00:18:45Et pourtant, un chasseur iranien réussit à pénétrer l'espace aérien de la base.
00:18:50Il largue des bombes.
00:18:51Mais ce qui frappe, et Guillaume, vous l'avez dit,
00:18:53c'est que l'appareil utilisé par les Iraniens
00:18:55est un avion de fabrication américaine.
00:18:57Un F-5.
00:18:58Pour l'anecdote, c'est l'avion qui est utilisé dans le film Top Gun.
00:19:02Les MiG-28 sont en réalité des F-5 repeints en noir.
00:19:07L'avion est développé à partir des années 50.
00:19:10Il est produit en série à partir de 1959.
00:19:13Et à l'origine, il est destiné aux Etats-Unis
00:19:15et à ses alliés pendant la guerre froide.
00:19:17Alors comment un chasseur léger, simple et peu coûteux
00:19:20qui est aujourd'hui dépassé par les Américains
00:19:22puisqu'ils ne l'utilisent plus qu'à l'entraînement,
00:19:24s'est retrouvé dans les mains de Téhéran.
00:19:27Eh bien, il faut savoir que dans les années 60-70,
00:19:29l'Iran du Shah est allié de Washington
00:19:32et les Etats-Unis livrent une centaine de ses F-5 à Téhéran.
00:19:36Après la révolution islamique,
00:19:38c'est la rupture avec Washington.
00:19:39Mais la flotte est conservée et maintenue en service.
00:19:42Et aujourd'hui, vous le voyez,
00:19:43elle est toujours utilisée par les gardiens de la révolution.
00:19:45– Merci beaucoup Nargis.
00:19:47En général, c'est quand même une information à peine croyable
00:19:51si on ne se réfère pas à ce qui s'est passé il y a des décennies.
00:19:54– On va apprendre de plus en plus sur la réalité de cette guerre.
00:19:58Nous, on la vit à distance
00:19:59et personne ne va afficher clairement ses faiblesses.
00:20:03Mais ça, c'est quoi ?
00:20:04C'est en fait du courage et de l'audace.
00:20:07Et des pilotes iradiens qui ont appris leur métier
00:20:11et qui le font en disant, nous, on va défendre notre pays.
00:20:15Et il ne suffit pas d'avoir des outils très sophistiqués.
00:20:20Ils ont joué sur l'effet de surprise.
00:20:22Très certainement, en arrivant en très basse altitude.
00:20:25On voit que la frontière n'est pas très loin.
00:20:27Donc, ce n'est pas très difficile de pénétrer sur cette distance-là.
00:20:30Je ne suis pas sûr que le camp en question était parfaitement bien défendu.
00:20:33Mais on a vu aussi, à contrario, que les, comment dirais-je,
00:20:39les coétis eux-mêmes avaient abattu des avions américains.
00:20:43Il y a quand même un petit peu d'ordre à remettre, si vous voulez, sans...
00:20:49Vous savez, c'est un métier difficile.
00:20:51Il y a un peu d'ordre à remettre quand même dans la défense anti-aérienne de tous ces pays.
00:20:55Les Émirats étaient peut-être mis à part
00:20:58parce qu'ils ont atteint un niveau opérationnel qui est supérieur aux autres.
00:21:02Alors, on le disait, le détroit d'Hormuz est plus bloqué que jamais
00:21:05et on va se rendre tout de suite dans la région.
00:21:07On va retrouver l'un de nos envoyés spéciaux, Hugo Smag.
00:21:10Vous êtes sur place avec Clément Grodonnier.
00:21:12Vous êtes à Doha, au Qatar, une nouvelle fois, ces dernières heures.
00:21:17L'Iran a réaffirmé sa volonté de contrôler ce détroit
00:21:22mais également d'en tirer des avantages financiers
00:21:25mais avec certaines modalités.
00:21:27Dites-nous lesquelles.
00:21:30Écoutez, ils aimeraient imposer un péage dans le détroit d'Hormuz.
00:21:34C'est une proposition qui revient depuis plusieurs semaines
00:21:37et notamment depuis le blocage du détroit d'Hormuz
00:21:41également par les Américains.
00:21:44Le blocus qui coûte extrêmement cher à l'Iran.
00:21:46Et donc la proposition de l'Iran,
00:21:47c'est de faire payer les bateaux cargos,
00:21:51les pétroliers qui passent dans ce détroit d'Hormuz.
00:21:53Mais alors attention, cette proposition contrevient aux règles internationales
00:21:58du transport maritime puisque les eaux internationales
00:22:00ne doivent pas être sujettes justement à ce type de péage
00:22:04qui pourrait exister dans le détroit d'Hormuz
00:22:06car l'Iran le souhaite.
00:22:08Alors pourquoi il souhaite l'imposer ?
00:22:11Parce que l'Iran perd énormément d'argent depuis le début de cette guerre.
00:22:15Le Wall Street Journal, il y a quelques jours, disait que
00:22:17chaque journée de guerre coûtait aujourd'hui 450 millions de dollars à l'Iran.
00:22:21L'Iran qui se trouve dans une situation économique extrêmement complexe
00:22:24depuis que les Américains ont mis en place ce blocus
00:22:27qui empêche tout bateau de passer par les ports iraniens.
00:22:32Alors est-ce que ce péage existe déjà ?
00:22:34D'après les Iraniens, oui il existe déjà.
00:22:36Ils disent même qu'ils ont déjà reçu plusieurs fois
00:22:39de l'argent de bateaux qui tentaient de passer le détroit d'Hormuz.
00:22:43Mais aujourd'hui, rien n'est officiel concernant ce péage.
00:22:46Et évidemment, les pays européens s'y opposent.
00:22:48Notamment Jean-Noël Barraud qui l'a réaffirmé.
00:22:50Mais également les ministres anglais, il y a très peu,
00:22:53ont dit qu'il ne devait pas y avoir de péage dans ce détroit d'Hormuz.
00:22:57Dernière information à vous donner sur la situation économique de l'Iran
00:23:00et pourquoi ils veulent imposer ce droit de passage.
00:23:02C'est parce qu'en Iran aujourd'hui, par exemple,
00:23:04il y a une inflation qui est absolument galopante.
00:23:06On parle de 70% d'inflation si le blocus américain continue.
00:23:11Et si les frappes à l'avenir devaient recommencer,
00:23:13elles pourraient même dépasser les 100%,
00:23:15voire atteindre les 120% d'inflation.
00:23:17– Merci beaucoup Hugo Smag depuis Doha au Qatar avec Clément Grodonnier.
00:23:22Guillaume Lagann, le détroit d'Hormuz sera-t-il iranien pour toujours ?
00:23:26– Écoutez, j'ai la réponse mais je ne vais pas vous la donner.
00:23:30Non, en vrai dire, on n'en sait rien.
00:23:32Géographiquement, évidemment que le détroit d'Hormuz restera à côté de l'Iran,
00:23:35enfin devant l'Iran.
00:23:37Maintenant, comme l'a dit votre reporter,
00:23:40la privatisation ou la nationalisation du détroit d'Hormuz
00:23:42est contraire au droit international.
00:23:44Vous savez, le droit international en la matière,
00:23:46il est régi par un traité de 1982 qui s'appelle le traité de Montego Bay.
00:23:50C'est le traité sur le droit de la mer.
00:23:51Et le traité sur le droit de la mer nous dit
00:23:53« Le passage des détroits se fait librement.
00:23:55On ne peut pas imposer un passage payant.
00:23:59Par exemple, lorsqu'on franchit l'étroit de Gibraltar,
00:24:01l'Espagne et le Maroc ne font pas payer les bateaux qui franchissent ce détroit. »
00:24:06Donc ce qui se passe avec l'Iran aujourd'hui,
00:24:07c'est qu'elle remet en question ce traité qu'elle n'a par ailleurs pas ratifié, pas signé.
00:24:12Et évidemment, ça pourrait donner des idées à d'autres pays.
00:24:16Aujourd'hui, par exemple, vous avez eu une déclaration en Indonésie,
00:24:19du ministère des Finances indonésien, disant
00:24:21« Tiens, pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas payer nous le détroit de Malacan ? »
00:24:23C'est celui qui passe devant Singapour.
00:24:25Ça pourrait nous permettre de redresser nos finances publiques.
00:24:27Donc ça, c'est un poison qui pourrait se répandre dans le monde entier
00:24:32si on commence à fragiliser la liberté des mers et la libre navigation des détroits.
00:24:37Sur l'Iran et sur l'affirmation selon laquelle elle fait payer aujourd'hui ce passage,
00:24:44alors moi, je n'ai pas d'élément objectif.
00:24:46Je ne suis pas certain que ce soit vrai.
00:24:47Ce que j'ai noté, c'est que l'Iran a dit que ce passage se ferait…
00:24:50Le paiement de ce passage se ferait dans sa monnaie nationale, le Rial,
00:24:54ce qui est quand même étonnant parce que c'est une monnaie…
00:24:56Pourquoi vouloir cela ?
00:24:57Moi, je l'explique par le nationalisme iranien,
00:24:59l'idée que, justement, ils sont encore une nation capable d'imposer aux autres leurs valeurs,
00:25:05et notamment leurs valeurs monétaires,
00:25:06mais objectivement, ils n'ont pas intérêt
00:25:08parce que si vous voulez utiliser cet argent pour acheter d'autres choses,
00:25:11vous avez plutôt intérêt à faire payer en une devise exportable,
00:25:16par exemple en dollars, éventuellement en yuan,
00:25:18mais vous serez obligés d'acheter les choses en Chine.
00:25:20Donc, en réalité, il n'y a pas non plus, sur le plan financier,
00:25:22de solutions évidentes pour l'Iran.
00:25:24Le nœud coulant, si vous voulez, du blocus dans le blocus
00:25:27que les États-Unis imposent à l'Iran,
00:25:29il s'applique aussi sur le plan financier.
00:25:31C'est très compliqué pour ce pays de se refinancer.
00:25:33Et l'enjeu des avoirs qui sont gelés par les États-Unis,
00:25:37c'est aussi, je pense, un des aspects de la négociation.
00:25:40Le Marinelle, quand l'Iran dit qu'il revendique le contrôle militaire
00:25:43et qu'il continuera de le faire, de ces détroits d'Hormuz,
00:25:46comment ça se traduirait ?
00:25:48Ils vont renvoyer plus de bateaux si leur marine est encore utilisable ?
00:25:52Alors, il y a des annonces, et puis effectivement,
00:25:54comment cela s'incarnerait ?
00:25:56Je crois que c'est leur partie marine.
00:25:57On a quand même certains éléments qui montrent
00:25:59que ça paraît assez difficile pour eux d'inventer des navires et des bateaux,
00:26:04alors même qu'ils ont été détruits.
00:26:05À mon sens, ce qui est pertinent, c'est de comprendre que le détroit d'Hormuz,
00:26:09c'est un sujet qui est devenu, effectivement, pour les Iraniens,
00:26:12c'est un acquis, entre guillemets, dans le cadre du conflit.
00:26:15Et maintenant, c'est devenu un outil de rapport de force.
00:26:19En fait, c'est un dialogue stratégique qui est en train de s'imposer
00:26:21où les deux parties, donc j'entends là les Américains et les Iraniens,
00:26:24sont en train de durcir pour savoir qui a vraiment la maîtrise du détroit
00:26:28pour dire qui a la main sur les négociations.
00:26:30C'est ça.
00:26:31Et quelles négociations ?
00:26:32C'est la question du nucléaire qui revient.
00:26:35Et d'autres, parce qu'on a oublié la question du balistique,
00:26:37on a oublié la question des proxys,
00:26:39on a oublié la question du régime change,
00:26:41où je vois les Américains ont quand même un discours plus atténué ou ambivalent.
00:26:45Néanmoins, ça pose des questions économiques assez fortes.
00:26:47On a parlé des conséquences, effectivement, sur le marché.
00:26:50On a plusieurs reportages ici sur BFM sur les conséquences à la pompe.
00:26:54Je rappelle que sur les États d'Afrique,
00:26:55on a 29 pays dont la monnaie a été dévaluée.
00:26:58On a au moins 3 ou 4 pays qui sont en état d'urgence énergétique dans le monde.
00:27:03Ça veut dire que la question d'engrais, la question de la sécurité alimentaire...
00:27:07Donc, en fait, ils sont en train de prendre en otage le monde entier.
00:27:11Et la question, et moi, qui a la main ?
00:27:13Mais en fait, à qui bénéficie le temps ?
00:27:15Parce qu'effectivement, on parle d'une crise économique.
00:27:17Je rappelle quand même que l'Iran a connu des séquences quand même de sanctions qui les ont bloquées.
00:27:25Alors, beaucoup plus fort sur le plan financier, mais plus étalé dans le temps.
00:27:30C'est-à-dire la guerre Iran-Irak, c'était quasiment 400 millions de dollars, effectivement, de bloqués.
00:27:34Mais sur une longue période...
00:27:361980 et 1988.
00:27:37On est sur une période plus petite.
00:27:40Rappelez-vous les sanctions 2012-2015 sur le SWIFT.
00:27:43Vous savez, cette capacité d'échange bancaire.
00:27:49Et enfin, sur le maximum pressure, où effectivement, on a incapacité d'exporter.
00:27:52Donc, on a su faire des blocus.
00:27:54Néanmoins, la vraie différence, c'est le temps.
00:27:57C'est-à-dire que là, ils sont un peu plus réduits dans le temps.
00:27:59On parle de 3 à 4 mois pour la partie iranienne.
00:28:02Les Israéliens, ici, m'ont 15 jours, 3 semaines max.
00:28:05Je pense que la vérité est au milieu.
00:28:07Donc, savoir si est-ce qu'on a un mois et demi...
00:28:09Le monde entier a un mois et demi pour tenir ou pas.
00:28:11C'est ça, la vraie question.
00:28:12Et c'est les Américains aussi.
00:28:13Et là, effectivement, on n'est pas sûr.
00:28:15Mais c'est sur ça qu'ils jouent.
00:28:17Elsa, sur la question, on disait, de ce moment où chacun montre ses muscles
00:28:20et pendant ce feu, se réarme.
00:28:23Sait-on qui réarme l'Iran ?
00:28:27Parmi les pourvoyeurs d'armement,
00:28:29ou en tout cas ceux qui contribuent à armer l'Iran,
00:28:33il y a la Russie et la Chine dans une moindre mesure.
00:28:37Et l'Iran a aussi misé largement sur sa production de drones
00:28:41qui ne demandent pas de très fortes valeurs ajoutées industrielles.
00:28:46Il a d'ailleurs contribué à former la Russie
00:28:48avant que celle-ci ne réinjecte vers lui des innovations technologiques.
00:28:52Les Russes ont fait progresser les drones que l'Iran avait d'abord livrés à la Russie.
00:29:00Et c'est d'ailleurs intéressant de voir que cette guerre,
00:29:03elle se fait sous un angle qui vient affaiblir en réalité l'Occident diplomatiquement
00:29:09dans de nombreux pays du Sud.
00:29:11Ça permet à des pays comme la Russie, comme la Chine, aussi la Corée du Nord,
00:29:14de faire valoir leur dénonciation d'une hypocrisie qu'elles imputent à l'Occident
00:29:22puisque malgré tout, l'intervention américaine ne s'est pas faite dans le cadre de l'ONU.
00:29:27Général Palomé, vous vouliez ajouter quelque chose ?
00:29:29Oui, en reprenant sur le détroit d'Hormuz,
00:29:32il faut dire que le détroit d'Hormuz n'a pas été pris comme un objectif stratégique
00:29:37au début de cette campagne.
00:29:38On peut le regretter, mais c'est ainsi.
00:29:40Par les Américains, vous voulez dire ?
00:29:41Par les Américains.
00:29:42Ils auraient dû le prendre ?
00:29:44L'expérience prouve, enfin, le prendre, c'est plus facile à dire qu'à faire.
00:29:49Ça faisait partie de la guerre, des objectifs de la guerre.
00:29:52Mais d'un autre côté, laisser carrément le détroit d'Hormuz
00:29:56et la liberté de contrôler le détroit d'Hormuz aux Iraniens,
00:30:00ça c'était une grande erreur.
00:30:01Donc oui, il fallait faire quelque chose.
00:30:03Le fait qu'on se soit retiré pour faire un deuxième blocage,
00:30:08ça ne fait qu'empirer finalement le problème.
00:30:11Mais c'est par défaut, c'est une solution par défaut.
00:30:15Dernier élément, c'est très facile de contrôler le détroit d'Hormuz.
00:30:20Vous mettez le feu à deux ou trois pétroliers et personne ne passe.
00:30:23Ils passent, ils ont peur.
00:30:24Ils ne savent pas exactement.
00:30:25Ils peuvent cribler un petit peu, laisser passer deux ou trois pétroliers.
00:30:29Ce n'est pas ça qui va renflouer les pays qui sont en manque,
00:30:33comme vous l'avez parfaitement décrit, dans tous les domaines.
00:30:36Donc ce choix qui a été fait, ce n'est pas vraiment un choix courageux.
00:30:39Il n'est pas forcément incompréhensible.
00:30:42Mais en tout cas, il ne résout pas la question.
00:30:44Ça veut dire, Didier, qu'il faut que les Américains envisagent,
00:30:47si j'ose dire, d'aller prendre le détroit d'Hormuz,
00:30:49comme le dit le général.
00:30:50En fait, pareil, prendre le détroit d'Hormuz,
00:30:53la meilleure façon qu'ils aient de le prendre,
00:30:55c'est ce qu'ils font souvent.
00:30:56C'est le contre-blocus qu'ils auraient dû commencer bien avant.
00:31:00Alors, visiblement, s'ils ne l'ont pas fait,
00:31:02je ne sais pas pourquoi,
00:31:03peut-être parce que c'est compliqué avec la Chine,
00:31:05c'est peut-être compliqué avec l'Inde.
00:31:07Et c'est ce qui explique peu de lettres aussi
00:31:08pourquoi, de temps en temps, ils laissent passer un peu de navire.
00:31:11Mais enfin, depuis le 13 avril, ça bloque.
00:31:14Alors certes, ce n'est pas un blocage absolu.
00:31:16On voit qu'il y a quelques pétroliers qui passent.
00:31:17Il y en a à peu près 6 ou 7, je crois, qui sont passés.
00:31:20Mais on voit aussi que ça pose un...
00:31:23Je crois qu'avant, c'était une vingtaine de navires iraniens
00:31:26qui passaient vers...
00:31:27Donc là, on est quand même passé de vingt par jour
00:31:29à une trentaine depuis 15 jours.
00:31:32C'est ça.
00:31:33Mais surtout, ce qu'on voit, c'est que les stocks,
00:31:37les réserves qui permettent de stocker le pétrole iranien
00:31:41se remplissent.
00:31:42Puisque là, on voit qu'ils sont en train de faire venir
00:31:44des vieilles coques abandonnées depuis je ne sais pas combien de temps
00:31:47pour essayer de...
00:31:48Enfin, là, il y a un vieux super tanker,
00:31:51je crois qu'il fait 200 millions de barils,
00:31:53qui sont en train de traîner.
00:31:54Il n'est même plus capable d'aller jusqu'à l'île de Cargue
00:31:56pour le remplir, pour gagner 48 heures.
00:31:58Donc on voit bien que là, c'est quelque chose qui va peser lourd
00:32:02sur une capacité d'extraction déjà abîmée par les...
00:32:06Non pas par les bombardements, mais par les sanctions
00:32:08depuis des années.
00:32:09Donc on voit bien que là, il y a un levier puissant.
00:32:12Oui, le levier du blocage des Trois d'Ormouz
00:32:14par les Iraniens est puissant.
00:32:16On le voit, on le voit tous les jours à la pompe,
00:32:18on voit combien ça pèse sur nos opinions publiques.
00:32:20Et je pense que c'est certainement aujourd'hui
00:32:21le plus puissant des leviers politiques iraniens.
00:32:23Et il y en a un à qui ça n'a pas échappé, Didier ?
00:32:25Évidemment, c'est le chef de l'État, Emmanuel Macron,
00:32:27qui était en déplacement aujourd'hui, notamment en Andorre.
00:32:29Écoutez ce qu'il dit au sujet de ce Détroit d'Ormouz.
00:32:32On se bat pour que le prix de licence diminue, là.
00:32:35Je sais, bah vous voyez.
00:32:36Je sais.
00:32:37Il faut qu'on rouvre ce fichu Détroit.
00:32:39C'est ça qui nous fout dedans.
00:32:41C'est le Détroit d'Ormouz ?
00:32:43T'as 20% des capacités mondiales bloquées dans ce truc-là ?
00:32:46Il faut absolument...
00:32:47Là, on ne sait pas, mais il y en a qui ne nous aident pas.
00:32:49Il faut qu'on rouvre ce fichu Détroit, Elsa.
00:32:51Il le faut, en effet.
00:32:52Mais il y en a certains qui ne nous aident pas.
00:32:55Ils ciblent qui ?
00:32:56Les Iraniens ou Donald Trump, Emmanuel Macron ?
00:32:57Il vous laisse le choix.
00:32:59Il vous laisse le choix de l'interprétation
00:33:01qui révélera votre orientation.
00:33:03Et c'est évident que nous sommes dépendants de cette situation.
00:33:07Et c'est d'ailleurs le caractère le plus inconfortable
00:33:10pour une France et une Europe
00:33:12qui, certes, n'est pas la zone la plus dépendante du pétrole
00:33:16et des marchandises qui transitent par ce Détroit,
00:33:20mais qui, tout de même, sont impactées
00:33:22à un moment où les finances publiques,
00:33:24tout particulièrement de l'Hexagone,
00:33:25ne permettent pas véritablement d'amortir ce choc.
00:33:28Et c'est très important,
00:33:29même si ça vient tout de même nous rappeler quelque chose
00:33:31qui est salutaire,
00:33:32à savoir que toute dépendance doit être combattue.
00:33:36Et après la guerre entre la Russie et l'Ukraine
00:33:39qui nous a rappelé que nous devons prendre de la distance
00:33:41vis-à-vis de la Russie,
00:33:42là, nous devons prendre de la distance
00:33:43vis-à-vis de cette dépendance aux États-Unis
00:33:45et au pétrole qui passe pas le Moyen-Orient.
00:33:47– Guillaume Lagan, Elsa, dit dépendance de la France
00:33:50ou impuissance ?
00:33:51Le chef de l'État, il dit,
00:33:53il faut rouvrir ce fichu Détroit,
00:33:54mais au-delà des paroles, est-ce qu'on peut faire quelque chose ?
00:33:56– Bon, alors là, il était dans la principauté d'Andorre
00:33:58qui n'est pas une très grande puissance maritime, c'est clair.
00:34:01La France, en revanche, et beaucoup de pays européens,
00:34:04ils ont des capacités navales,
00:34:05mais c'est vrai que la réaction de l'Europe
00:34:07depuis que la guerre en Iran a commencé,
00:34:09c'est une réaction de retrait.
00:34:11On a les Américains qui nous ont demandé
00:34:13de mettre à leur service un certain nombre de capacités,
00:34:16notamment de déminage.
00:34:17Pour l'instant, les opérations européennes
00:34:20qui sont envisagées n'enviendraient qu'après la guerre,
00:34:23c'est-à-dire après la fin du conflit.
00:34:24Vous avez un projet anglais, un projet français.
00:34:27Donc c'est vrai que l'Europe, aujourd'hui,
00:34:29elle est plutôt dans une stratégie d'attente,
00:34:33un peu de critique, même si, objectivement,
00:34:35elle a des intérêts économiques majeurs
00:34:37à ce que le détroit d'Ormuz se rouvre
00:34:39parce que le prix de l'énergie en Europe est très élevé,
00:34:42et c'est un des problèmes pour la croissance,
00:34:44parce qu'aussi, la capacité balistique de l'Iran,
00:34:47ses capacités nucléaires,
00:34:48c'est aussi en réalité une menace sur le propre sol européen.
00:34:50Rappelons-nous qu'au début de la guerre,
00:34:52c'est l'île de Chypre, membre de l'Union européenne,
00:34:54qui a été visée par les missiles iraniens,
00:34:57et d'ailleurs, ça n'est pas par hasard
00:34:59que les Européens se sont réunis à Chypre,
00:35:01il y a quelques jours,
00:35:02pour discuter de la capacité européenne
00:35:04de réagir en cas de crise.
00:35:06Ça, c'est un élément très important.
00:35:08Et le dernier aspect, c'est que cette brouille euro-américaine,
00:35:11parce qu'il faut quand même le dire,
00:35:13il y a aujourd'hui un éloignement des Européens
00:35:15vis-à-vis des États-Unis,
00:35:16on le voit par exemple avec le chancelier Merz,
00:35:18chancelier allemand,
00:35:19qui, cet après-midi, a critiqué l'intervention américaine
00:35:22devant un public de lycéens,
00:35:24c'est quand même une mauvaise nouvelle,
00:35:26globalement, pourquoi, pour les Européens ?
00:35:28Parce que notre priorité aujourd'hui, c'est l'Ukraine,
00:35:30or, dans le soutien à l'Ukraine,
00:35:32il y a l'aide américaine très importante,
00:35:34et donc on n'a pas non plus intérêt
00:35:35à ce que les États-Unis se désengagent
00:35:36de la sécurité européenne,
00:35:37en tout cas à très court terme,
00:35:39peut-être à terme, ça sera possible,
00:35:40si l'autonomie stratégique européenne se réalise,
00:35:43mais cette brouille euro-américaine
00:35:45est quand même une menace
00:35:46pour la sécurité même de l'Europe,
00:35:47et en tout cas pour la sécurité de l'Ukraine.
00:35:50– Dédié pendant ce temps-là, Vladimir Poutine propose,
00:35:52si j'ose dire, quasiment son aide,
00:35:54il rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères,
00:35:57qu'est-ce que cela dit de la stratégie de Moscou ?
00:36:00Est-ce qu'ils ont un poids, d'ailleurs, dans ce conflit ?
00:36:02– Alors, ils ont toujours eu des liens et un poids
00:36:05sur la question du nucléaire iranien,
00:36:06jusqu'à pendant des années,
00:36:07ils ont fait partie des pays qui négociaient,
00:36:10au même titre que la France, la Grande-Bretagne,
00:36:13les États-Unis et l'Allemagne,
00:36:17le désarmement potentiel,
00:36:20enfin, la dénucléarisation de l'Iran,
00:36:23puisque c'est les pays qui faisaient partie
00:36:25de l'accord qui avait été signé
00:36:27de désarmement, enfin, de non-prolifération,
00:36:30merci, excuse-moi, après,
00:36:34ils ont aussi toujours eu des liens avec les Iraniens,
00:36:36c'est eux qui ont fabriqué,
00:36:37et ils ont toujours à peu près 600 ingénieurs
00:36:40dans l'incidentale de Boucher, sur place,
00:36:42ils ont resserré leurs liens militaires,
00:36:47ce coup-là, au moment de la guerre en Ukraine,
00:36:49puisque les drones Shahed d'origine iranienne
00:36:52sont ceux qui frappent tous les soirs
00:36:54les villes ukrainiennes et les civils ukrainiens,
00:36:56rappelons-le, et que le drone Guéran,
00:36:59qui est en fait une adaptation du drone Shahed,
00:37:02qui est aujourd'hui construit en Ukraine,
00:37:03vient des Iraniens,
00:37:04donc ils ont une stratégie
00:37:06où ils se sont beaucoup rapprochés,
00:37:08d'autant qu'ils ont de fait,
00:37:09par la casse-piedne, une frontière commune,
00:37:11sur laquelle on a peu de visibilité,
00:37:13sur ce qu'ils fabriquent pour de vrai.
00:37:14Donc, il y a une...
00:37:16Puis s'ils peuvent...
00:37:19Ils ne veulent pas de prolifération,
00:37:20mais s'ils peuvent aider un petit peu les Iraniens
00:37:22à emmerder les Occidentaux,
00:37:25ils ne vont pas se gêner.
00:37:26Quant aux Chinois ?
00:37:28Excusez-moi, je ne veux pas se la parler.
00:37:29Est-ce que...
00:37:30On le voit ?
00:37:30Est-ce que Poutine a la clé ?
00:37:32En fait, il essaie de la voir.
00:37:34Et c'est tout le sujet.
00:37:35Il la cherche.
00:37:35Il la cherche, parce qu'en fait,
00:37:36on voit effectivement son appui,
00:37:38sa main gentille,
00:37:39de vouloir récupérer...
00:37:41Le sujet, c'est...
00:37:41Il se porte volontaire
00:37:43pour récupérer ce stock d'uranium enrichi,
00:37:45et donc le conserver,
00:37:46pour éviter que l'Iran puisse enrichir davantage
00:37:49et atteindre ce fameux seuil de 90%
00:37:52d'enrichissement uranium.
00:37:54Ce déplacement géographique
00:37:56cache en réalité
00:37:57un déplacement de dépendance géopolitique.
00:38:00Dès lors qu'ils ont les 60% d'uranium enrichi,
00:38:03qu'est-ce qu'ils disent en fait
00:38:04à leurs alliés ou ennemis mondiaux ?
00:38:07Écoutez, vous ne pouvez pas compter sans moi,
00:38:09car si vous m'embêtez un peu trop,
00:38:12j'ai peut-être envie d'aller aider
00:38:13mes copains iraniens
00:38:14sur le plan d'allon prolif.
00:38:15Donc là, ils essayent de revenir,
00:38:18j'allais dire, par la fenêtre
00:38:19quand on leur a fermé la porte,
00:38:22dans le cas du conflit qui les oppose à l'Ukraine,
00:38:26en disant, nous, on est un partenaire important.
00:38:29Pour compléter ce qui a été dit
00:38:30à très juste titre par Didier,
00:38:31il faut rappeler qu'effectivement,
00:38:33il y a déjà un chemin qui existe
00:38:35entre guillemets habituel
00:38:36entre les Iraniens et les Russes
00:38:38par, vous savez, les matières fissiles,
00:38:41enfin le combustible de Boucher.
00:38:43Vous savez, cette centrale civile nucléaire
00:38:44dont on a parlé, elle ne fait que du civil,
00:38:46pour nos téléspectateurs.
00:38:47L'enrichissement qui est à Nathan et à Fordot
00:38:50n'est pas un enrichissement.
00:38:52Ce stock-là ne permet pas à Boucher de produire.
00:38:55Le stock, et ça, c'est un protocole signé
00:38:58avec l'AEA, c'est les Iraniens
00:39:00qui ramènent cet uranium enrichi,
00:39:04pardon, ce sont les Russes
00:39:06qui ramènent cet uranium enrichi aux Iraniens,
00:39:08qui le mettent de leur centrale à Boucher,
00:39:10qui fait 1 mégawatt,
00:39:12et ensuite, le combustible usé,
00:39:14ils le rapportent en Russie.
00:39:16Je vais y arriver.
00:39:17Et donc, ce qu'on veut conserver l'Iran,
00:39:20c'est le droit à l'enrichissement.
00:39:22Et eux, ce que disent les Iraniens
00:39:24depuis le début du conflit,
00:39:25on est prêt, nous,
00:39:26dès lors que vous nous laissez ce droit
00:39:27à enrichir,
00:39:29la matière, en fait,
00:39:31le combustible,
00:39:32on vous le rend.
00:39:33Et c'est exactement sur ça
00:39:34qu'ils veulent jouer.
00:39:35C'est 1, rendre ce stock d'uranium enrichi,
00:39:37mais ne pas toucher à ce droit d'enrichissement.
00:39:40Chose contre laquelle les États-Unis,
00:39:42dès le mandat 1 de Donald Trump,
00:39:44étaient totalement opposés.
00:39:46Donc, le risque pour les Américains,
00:39:47c'est de perdre la face
00:39:48par rapport à une première posture
00:39:50d'il y a quasiment presque 10 ans aujourd'hui,
00:39:52et dire, en fait,
00:39:53on a ce fameux JCPOM,
00:39:54même moins bien,
00:39:55chose contre laquelle
00:39:56j'attire l'attention
00:39:57depuis le début de l'offensive
00:39:59au mois de février.
00:40:00À l'instant,
00:40:00la porte-parole de la Maison-Blanche
00:40:02confirme effectivement
00:40:02que cette réunion de crise
00:40:04a bien eu lieu aujourd'hui
00:40:05à la Maison-Blanche,
00:40:06réunion de crise sur l'Iran,
00:40:07mais laisse planer toujours le doute
00:40:09effectivement d'une reprise
00:40:10des affrontements avec l'Iran.
00:40:12Il y a un endroit
00:40:13où les affrontements, en tout cas,
00:40:14se poursuivent bien.
00:40:15C'est au Liban.
00:40:16On va retrouver tout de suite
00:40:17l'un de nos envoyés spéciales
00:40:19sur place,
00:40:20Nicolas Kouadou.
00:40:21Bonjour Nicolas Kouadou,
00:40:22vous êtes sur place
00:40:22avec Fanny Morel
00:40:24à Beyrouth.
00:40:25Il y a quelques instants,
00:40:26c'est le Premier ministre israélien,
00:40:27israélien Benyamin Netanahou
00:40:28qui a expliqué que les actions,
00:40:31je cite, du Hezbollah
00:40:32imposaient la poursuite
00:40:34de l'action militaire au Liban.
00:40:36Sur place,
00:40:37les frappes continuent.
00:40:41Si on regarde les faits,
00:40:42finalement,
00:40:42cette action militaire
00:40:44de la part d'Israël,
00:40:45elle ne s'est pas vraiment arrêtée.
00:40:46Donc c'est étonnant
00:40:48de parler de poursuite
00:40:49parce que depuis le début
00:40:50de ce cessez-le-feu,
00:40:51il y a toujours des frappes
00:40:52qui sont menées chaque jour
00:40:53par l'armée israélienne
00:40:54sur le territoire libanais.
00:40:56Certes, il n'y a plus de frappes
00:40:57sur la banlieue sud de Beyrouth,
00:40:58l'un des fiefs du Hezbollah,
00:40:59Darier,
00:41:00qui avait été ciblé
00:41:00très largement
00:41:01depuis le début de cette guerre.
00:41:02Mais le sud du pays
00:41:03est très largement pilonné
00:41:04chaque jour
00:41:05par l'armée israélienne.
00:41:07Trois morts aujourd'hui,
00:41:0813 hier,
00:41:08c'était la journée
00:41:09la plus meurtrière,
00:41:106 le jour d'avant.
00:41:11Bref, tous les jours,
00:41:11il y a des frappes
00:41:13de l'armée israélienne.
00:41:14D'ailleurs,
00:41:14dans le cadre
00:41:15de cessez-le-feu,
00:41:16l'armée israélienne,
00:41:17Tsaal,
00:41:17expliquait qu'il se réservait
00:41:26c'est l'arche finalement
00:41:27qui laissait les mains libres
00:41:28à l'aviation israélienne.
00:41:30Le Hezbollah également
00:41:31a mené des attaques
00:41:32contre les forces armées israéliennes,
00:41:35notamment dans le sud du pays.
00:41:36Attaques revendiquées systématiquement
00:41:38et même documentées
00:41:39avec des vidéos.
00:41:40Aujourd'hui,
00:41:40on a eu plusieurs images
00:41:42fournies par le parti milice chiite
00:41:45d'attaques de drones,
00:41:46drones kamikazes,
00:41:48sur des positions israéliennes.
00:41:49Bref,
00:41:50on voit bien que ce cessez-le-feu,
00:41:51il est toujours extrêmement fragile,
00:41:53alors qu'en parallèle,
00:41:53se mènent toujours
00:41:54les négociations de paix
00:41:56entre ambassadeurs libanais
00:41:57et israéliens.
00:41:58D'ailleurs,
00:41:58le Hezbollah,
00:41:59aujourd'hui,
00:42:00s'est exprimé
00:42:01en rappelant sa position.
00:42:02Le Hezbollah est contre
00:42:04ces négociations.
00:42:05Il a même accusé
00:42:06le gouvernement
00:42:07de faire des concessions
00:42:08gratuites à Israël
00:42:10dans le cadre
00:42:11de ces négociations.
00:42:12Le président Joseph Aoun
00:42:13qui a répondu
00:42:14en expliquant en substance
00:42:15que le Hezbollah,
00:42:16qui selon lui,
00:42:17avait déclenché cette guerre
00:42:18par ses attaques
00:42:19en soutien à l'Iran,
00:42:20n'avait finalement
00:42:21pas droit au chapitre
00:42:22dans ces négociations.
00:42:23Merci beaucoup Nicolas Kouadou
00:42:24à Beyrouth
00:42:25avec Fanny Morel,
00:42:26Général Paloméros.
00:42:27Les frappes se poursuivent
00:42:28au Liban
00:42:28de la part de Saal.
00:42:30Qui pourrait en douter ?
00:42:32Saal n'a pas atteint
00:42:34ses objectifs stratégiques.
00:42:35D'ailleurs,
00:42:36on ne les connaît pas,
00:42:37ses objectifs stratégiques.
00:42:38C'est aller le plus loin possible
00:42:42et exfiltrer
00:42:45le Hezbollah,
00:42:47le frapper sous toutes les formes.
00:42:48Mais le Hezbollah
00:42:50a une résilience lui aussi,
00:42:51tout comme l'Iran,
00:42:52soutenu par l'Iran,
00:42:53et bien entendu.
00:42:54Et il a sa résilience propre.
00:42:56On pensait
00:42:57que pendant la guerre
00:42:58des 12 jours,
00:42:58il avait sensiblement
00:43:00baissé la garde
00:43:01et qu'il était affaibli.
00:43:02Mais pas du tout.
00:43:03Lui aussi,
00:43:04il s'est très bien
00:43:05manœuvré sous terre.
00:43:07Il s'est enterré aussi.
00:43:09Il possède encore
00:43:10visiblement de l'armement.
00:43:11Et la seule solution
00:43:12qu'aient trouvées
00:43:13les Israéliens,
00:43:14je ne la critique pas,
00:43:16mais c'est la force,
00:43:17c'est la violence.
00:43:18Et c'est pas une réplique
00:43:21de Gaza,
00:43:21mais c'est quand même
00:43:22une force de destruction,
00:43:24quelque part,
00:43:25pour interdire,
00:43:26destruction pour interdire
00:43:27au Hezbollah
00:43:27de pouvoir utiliser
00:43:29cette partie-là du Liban.
00:43:30Mais la vraie question,
00:43:32c'est que va-t-il se passer après ?
00:43:33Ça a toujours été le cas
00:43:34dans l'histoire
00:43:35des relations entre
00:43:36Israël et le Liban.
00:43:37C'est qu'il n'y a jamais eu,
00:43:38on n'a jamais écrit,
00:43:39alors ils essayent
00:43:40avec les accords
00:43:41de paix,
00:43:42mais le Hezbollah,
00:43:43évidemment,
00:43:44se met en travers du chemin.
00:43:45– Didier,
00:43:46il y a quelque chose
00:43:46qui me semble extrêmement intéressant
00:43:47à relever,
00:43:48j'ai lu ce matin
00:43:48chez nos confrères
00:43:49des échos pour dire
00:43:50ce que ça dit
00:43:51de la tension
00:43:52et du monde
00:43:52si j'ose dire
00:43:53du retour de la guerre
00:43:54dans lequel on vit,
00:43:55ce sont les entreprises
00:43:56de l'industrie
00:43:56de l'armement française
00:43:58qui croulent
00:43:59sous les commandes
00:44:00notamment de tous
00:44:01les pays du Golfe
00:44:01pour la question
00:44:03des radars,
00:44:04des drones,
00:44:04bien sûr,
00:44:05on connaît les rafales,
00:44:06les munitions,
00:44:07ça dit quand même
00:44:09quelque chose
00:44:09d'un climat international
00:44:11dans lequel on se trouve
00:44:12depuis plusieurs mois
00:44:13et de ce basculement historique.
00:44:15– Le basculement,
00:44:16il a eu lieu
00:44:17le 24 février 2022
00:44:20quand la Russie
00:44:21a envahi l'Ukraine.
00:44:22On a changé de monde.
00:44:23On a quand même
00:44:24un État membre
00:44:25du Conseil de sécurité
00:44:26qui a décidé
00:44:27d'attaquer sur le sol européen
00:44:28et qui menace
00:44:29directement notre sécurité.
00:44:31Donc oui,
00:44:31tout le monde,
00:44:32regardez,
00:44:33les relations
00:44:33avec les États-Unis
00:44:34ont changé,
00:44:34les relations des pays
00:44:36qui pendant des années,
00:44:38il y a quand même
00:44:38deux pays
00:44:39qui ont rejoint l'OTAN,
00:44:41la Finlande
00:44:41et la Suède
00:44:42qui n'était quand même
00:44:42pas des vattants-guerre.
00:44:44Je veux dire
00:44:45que tout le monde
00:44:45est en train
00:44:45de se poser la question
00:44:46de savoir
00:44:47à quelle sauce
00:44:48on est mangé
00:44:48si on n'évite pas
00:44:50cette guerre
00:44:51en se musclant.
00:44:52L'idée,
00:44:52c'est d'éviter la guerre
00:44:53et pour éviter la guerre,
00:44:55il faut être fort.
00:44:55C'est ce que dit le président
00:44:56toujours,
00:44:57il faut être crâme,
00:44:57la vérité c'est ça.
00:44:58Où le chef d'État-major
00:44:59le disait très bien,
00:45:01c'est gagner la guerre
00:45:02avant la guerre,
00:45:03faire en sorte
00:45:03que le calcul
00:45:04de l'adversaire
00:45:06comprenne que la guerre,
00:45:06ça sera trop chère.
00:45:11On a des années
00:45:12pendant lesquelles
00:45:14quand la France
00:45:15était totalement autonome,
00:45:16elle avait un PIB
00:45:16à 3-5%
00:45:17à l'époque du général de Gaulle
00:45:18quand on a fait
00:45:18la dissuasion,
00:45:19on était descendus.
00:45:22On a un retard terrible
00:45:24moins que les autres
00:45:25mais on a un retard terrible
00:45:26regardé les Britanniques,
00:45:27regardé les Allemands,
00:45:28etc.
00:45:28On avait une croissance
00:45:29aussi à l'époque.
00:45:30Bien sûr,
00:45:30on avait une croissance.
00:45:31C'est un très, très sujet.
00:45:32La bonne nouvelle,
00:45:33c'est comme on a
00:45:34des comptes publics.
00:45:36Je vous redonne la parole
00:45:36dans une seconde.
00:45:37Non,
00:45:38j'en veux pour compte
00:45:39de ce que vous dites
00:45:40effectivement,
00:45:40c'est le budget
00:45:41de la défense
00:45:41qui a été proposé
00:45:42par la Maison-Blanche
00:45:43à 1 500 milliards de dollars.
00:45:44C'est un budget
00:45:45absolument jamais inégalé
00:45:47depuis des décennies,
00:45:48voire depuis
00:45:49la Deuxième Guerre mondiale.
00:45:50Et que demande
00:45:51Donald Trump
00:45:52à ses électeurs,
00:45:52aux Américains ?
00:45:53C'est de faire un effort.
00:45:54Il a dit,
00:45:55nous sommes en guerre.
00:45:56En fait,
00:45:56on fait un effort
00:45:57sur des caires,
00:45:58donc ça veut dire
00:45:59les gardes d'enfants
00:46:00et sur Medicare,
00:46:02c'est-à-dire
00:46:02le système de santé.
00:46:04C'est quand même
00:46:04un message assez fort
00:46:06qu'il envoie.
00:46:07Et puis,
00:46:07autre remarque,
00:46:08moi je suis diplômée
00:46:09d'une université américaine,
00:46:11l'une des matières phares
00:46:12qu'on vous enseigne,
00:46:12c'est la reconstruction
00:46:14des pays en guerre.
00:46:15C'est comment
00:46:16on gagne des contrats,
00:46:17les entreprises
00:46:18de défense américaine
00:46:19en particulier,
00:46:20mais pas que.
00:46:20Voilà,
00:46:21ça s'infiltre
00:46:22dans les pays
00:46:22en reconstruction
00:46:23pour remporter des contrats.
00:46:24Avant de reconstruire,
00:46:26tout le monde a besoin
00:46:28de munitions.
00:46:28Ce que je voulais dire,
00:46:30c'est que le constat
00:46:31que venait de faire Didier,
00:46:33on peut l'étendre
00:46:33à l'ensemble
00:46:34des pays européens
00:46:35qui ont,
00:46:35on le sait,
00:46:36enregistré
00:46:37les bénéfices de la paix
00:46:38dans les années 90,
00:46:40qui ont considérablement
00:46:41réduit leur budget
00:46:42de défense
00:46:43au profit
00:46:43des dépenses sociales.
00:46:45Je rappelle peut-être
00:46:45un chiffre
00:46:46qui est intéressant,
00:46:4750% des dépenses sociales
00:46:48dans le monde
00:46:49sont concentrées
00:46:49sur le continent européen.
00:46:51Ce qui fait d'ailleurs
00:46:51que notre vie
00:46:52est globalement
00:46:52quand même assez confortable
00:46:53par rapport à beaucoup
00:46:54d'autres continents.
00:46:55Le problème,
00:46:56c'est que,
00:46:56pour filer la métaphore
00:46:58bien habituelle,
00:46:58dans un monde
00:47:00de carnivores,
00:47:00on ne peut pas rester
00:47:01les seuls herbivores
00:47:02et la difficulté
00:47:03qu'on va avoir
00:47:03dans les années qui viennent,
00:47:05c'est de reconstituer
00:47:06des capacités de défense
00:47:07au moment où on a
00:47:07un voisin russe
00:47:09qui, une fois la guerre
00:47:10en Ukraine finie,
00:47:10pourrait peut-être
00:47:11s'en prendre
00:47:11aux territoires européens
00:47:12et puis au moment aussi
00:47:14où l'allié américain
00:47:14est peut-être
00:47:15un peu moins certain
00:47:16qu'avant
00:47:17et où il exige en tout cas
00:47:18que nous soyons
00:47:18à nouveau plus autonomes,
00:47:20plus capables
00:47:21de nous défendre nous-mêmes.
00:47:22On retrouve Antoine Delar
00:47:23à Washington.
00:47:24Justement, Antoine,
00:47:25la porte-parole
00:47:26de la Maison-Blanche
00:47:27a confirmé
00:47:27que cette réunion
00:47:28de crise sur l'Iran
00:47:29avait bien eu lieu.
00:47:30Qu'est-ce qu'elle vous a dit ?
00:47:35Alors, elle l'a dit
00:47:36pendant un point presse
00:47:37à la Maison-Blanche.
00:47:38Elle confirme effectivement
00:47:38la tenue de cette réunion.
00:47:40Elle ne dit pas
00:47:41qui était autour de la table.
00:47:42Elle parle des équipes
00:47:43de sécurité nationale
00:47:44de Donald Trump.
00:47:45Ça veut dire
00:47:45qu'il y avait probablement
00:47:47tous les personnages
00:47:48les plus importants
00:47:49sur les sujets diplomatiques
00:47:50et de défense,
00:47:51notamment le chef
00:47:52de la diplomatie,
00:47:52Marco Rubio,
00:47:53le ministre de la Défense également,
00:47:54Pete Exet,
00:47:55le patron de la CIA également
00:47:56probablement participe
00:47:57généralement à ce type
00:47:58de réunion,
00:47:59ainsi que tous les conseillers
00:48:01diplomatiques et sécurité
00:48:02nationale de la Maison-Blanche.
00:48:04Ce qui est intéressant,
00:48:04c'est qu'elle dit
00:48:05qu'au cours de cette réunion,
00:48:06on a étudié
00:48:08la nouvelle proposition iranienne.
00:48:10C'était une information
00:48:11qui avait été donnée
00:48:11au préalable par Axios.
00:48:13Cette proposition iranienne,
00:48:14elle consiste à discuter
00:48:16la fin de la guerre
00:48:16en deux temps.
00:48:17Le premier temps,
00:48:18ce serait d'abord
00:48:19de lever les blocus respectifs
00:48:21américains et iraniens.
00:48:23Le blocus iranien
00:48:24sur le détroit d'Hormuz,
00:48:25le blocus américain
00:48:26sur les pétroliers iraniens,
00:48:27le blocus sur les ports iraniens.
00:48:29Et une fois que cette question
00:48:30est réglée,
00:48:30une fois que la navigation
00:48:31a repris dans cette région
00:48:33du monde,
00:48:33autour du détroit d'Hormuz,
00:48:34eh bien là,
00:48:35on pourrait discuter
00:48:36et se mettre autour de la table
00:48:37pour discuter
00:48:38de la question du nucléaire.
00:48:40A priori,
00:48:41cette façon de procéder
00:48:42ne convient pas
00:48:43à Donald Trump.
00:48:43Donald Trump estime
00:48:45que le blocus
00:48:45qu'il a imposé
00:48:46sur le pétrole iranien
00:48:47fonctionne,
00:48:48qu'il met une pression
00:48:49terrible sur Téhéran
00:48:50et que c'est la seule façon
00:48:51finalement de faire bouger
00:48:52les lignes,
00:48:52de forcer Téhéran
00:48:54à faire des compromis
00:48:55sur le nucléaire.
00:48:56Il ne souhaite donc pas
00:48:57se débarrasser
00:48:58ou faire l'impasse
00:48:59sur sa tarme
00:49:00qu'il juge très efficace.
00:49:01Est-ce que sa position
00:49:02a évolué pendant cette réunion ?
00:49:04Est-ce qu'une décision
00:49:05a été prise ?
00:49:06Mystère.
00:49:07La porte-parole
00:49:07de la Maison-Blanche
00:49:08ne l'a pas précisé.
00:49:09Elle indique simplement
00:49:10que Donald Trump
00:49:11s'exprimera probablement
00:49:15Merci beaucoup Antoine Hollard
00:49:16depuis Washington.
00:49:17Général, je voyais réagir
00:49:18aux propos de notre correspondant.
00:49:20Non, ce qui est frappant
00:49:21c'est qu'on a des trous
00:49:24de mémoire quelque part.
00:49:26Donald Trump,
00:49:26il a voulu cette guerre.
00:49:27On n'y croyait pas,
00:49:28mais il l'a décidé.
00:49:29Nous ne l'avons pas voulu.
00:49:31Donc à partir de là,
00:49:32tout ce qui se passe
00:49:33en ce moment
00:49:34se décline.
00:49:36Et qu'est-ce que demande
00:49:38notre président ?
00:49:39Qu'est-ce que demandent
00:49:40les pays européens
00:49:41comme beaucoup d'autres ?
00:49:42S'il vous plaît,
00:49:43monsieur Trump,
00:49:43revenez à l'état initial.
00:49:46Laissez passer les bateaux
00:49:47pour que les passes d'Aran
00:49:49laissent passer les nôtres.
00:49:50C'est ça qu'il lui demande.
00:49:52Et lui, évidemment,
00:49:53qui est en train de se battre
00:49:54et qui a lancé quand même
00:49:55une bataille
00:49:56presque de survie,
00:49:58quelque part,
00:49:59il n'est pas enclin
00:50:00à faire ce qu'on lui demande.
00:50:02Didier ?
00:50:02Oui, mais moi,
00:50:03je suis totalement d'accord.
00:50:05Oui, évidemment,
00:50:06ça pèse sur nos finances,
00:50:07ça pèse sur notre économie.
00:50:08Enfin, s'il arrête
00:50:09et qu'il laisse
00:50:10le régime iranien
00:50:11en état
00:50:15avec, idéologiquement,
00:50:15plus fort que jamais,
00:50:16qui va soutenir
00:50:17l'ensemble des mouvements
00:50:18terroristes locaux,
00:50:19qui va menacer
00:50:20l'ensemble des voisins.
00:50:22La Chine va se dire
00:50:22« Oh là là, bonne affaire ! »
00:50:24En fait, les Américains,
00:50:25c'est le tigre de papier
00:50:25en avant Guingamp.
00:50:27Donc, je veux dire,
00:50:27lui, il est dans une logique
00:50:28où aujourd'hui,
00:50:30après avoir...
00:50:30Encore une fois,
00:50:31nous, on ne voulait pas
00:50:32qu'il la fasse.
00:50:33Il a fait cette guerre,
00:50:34il a déclenché cette guerre.
00:50:34S'il arrête aujourd'hui
00:50:36sans une victoire,
00:50:38mais c'est une catastrophe
00:50:39internationale.
00:50:40Que les choses soient claires.
00:50:41C'est-à-dire que les Chinois
00:50:42vont revenir,
00:50:42les Russes vont revenir.
00:50:45Si aujourd'hui,
00:50:46à la sortie,
00:50:47c'est les Iraniens
00:50:47qui gagnent la guerre,
00:50:48je peux vous dire,
00:50:49on ne l'a peut-être pas demandé,
00:50:50mais on ne sera pas
00:50:51les plus...
00:50:51On ne sera pas les plus...
00:50:52Je veux dire un point.
00:50:53Je suis totalement d'accord
00:50:55sur cet équilibre.
00:50:56Effectivement,
00:50:57je rappelle quand même
00:50:58que le fait
00:50:58que l'Iran puisse avoir
00:51:00un jour l'arme nucléaire
00:51:01doit rester quand même
00:51:01un tabou
00:51:02et un vrai travail
00:51:03qui mobilise
00:51:06le monde entier.
00:51:06Ce qui a été le cas
00:51:07jusqu'au moment
00:51:09où les États-Unis
00:51:09se sont quand même retirés
00:51:10d'un traité
00:51:11qui était en train...
00:51:12Enfin, d'un accord
00:51:12qui était en train de se faire.
00:51:13Mise à part,
00:51:14on parle de l'Europe,
00:51:15j'entends.
00:51:15Pardon.
00:51:16J'ai travaillé
00:51:17pendant assez longtemps
00:51:18sur un continent
00:51:18qui s'appelle l'Afrique
00:51:19qui n'a absolument
00:51:20rien demandé,
00:51:21qui est incapable
00:51:22de pouvoir
00:51:25avoir la main
00:51:26sur les conséquences.
00:51:27Je rappelle,
00:51:28j'étais moi
00:51:28au palais présidentiel
00:51:29à Madagascar
00:51:30quand on a un coup d'État
00:51:30pour des questions énergétiques.
00:51:32Aujourd'hui,
00:51:32Madagascar vit
00:51:33un renouvellement
00:51:34d'urgence énergétique
00:51:36où les gens vivent
00:51:36avec des délestages
00:51:38insupportables.
00:51:38On met dans des situations
00:51:40des pays
00:51:40qui n'ont rien demandé.
00:51:42Alors, je ne dis pas
00:51:43qu'il ne faut pas le faire.
00:51:44Non, mais je dis
00:51:45qu'est-ce que les États-Unis
00:51:47proposent aussi
00:51:47à ces pays-là
00:51:48pour les rassurer ?
00:51:49Et c'est là
00:51:49où il y a un vide, d'ailleurs.
00:51:51Et donc,
00:51:51il ne faut pas s'étonner
00:51:52qu'effectivement,
00:51:53sur le curseur
00:51:54du tribunal mondial,
00:51:56ils ne fassent pas partie
00:51:57des gentils.
00:51:57C'est ça le problème.
00:51:58Mais ce n'est pas le sujet,
00:51:59ce n'est pas le sujet.
00:52:02Non, mais ce que je veux dire,
00:52:03c'est que les pays du monde
00:52:06ne considèrent pas
00:52:07que les conséquences
00:52:07qu'ils prennent
00:52:08ne viennent tous
00:52:09de la part des Iraniens.
00:52:10Et c'est mon problème.
00:52:11En fait,
00:52:12on devrait être effectivement
00:52:13tous d'accord
00:52:13pour dire que
00:52:14la prolifération iranienne,
00:52:15c'est un tabou
00:52:16et les proxys.
00:52:18L'or voudrait dire un mot,
00:52:20Lova,
00:52:21je lui passe la parole.
00:52:22Merci.
00:52:22Pardon.
00:52:23Non, mais on en a déjà parlé
00:52:24sur ce plateau.
00:52:24On a un changement majeur
00:52:26de l'usage
00:52:27de la communauté internationale
00:52:28avec la Chine,
00:52:29la Russie,
00:52:30l'Iran
00:52:30qui font des alliances.
00:52:33Avec l'usage
00:52:34de la crypto-monnaie,
00:52:35on en parlait,
00:52:36ou crypto-actifs,
00:52:37notamment dans le détroit
00:52:38d'Ormuz
00:52:38qui est un moyen de paiement
00:52:41qui est de plus en plus
00:52:42utilisé par le Sud global
00:52:44et la nouvelle communauté internationale
00:52:48avec la Chine
00:52:50au centre du jeu
00:52:51dont l'image
00:52:52est améliorée
00:52:53de jour en jour
00:52:53et qui ringardise
00:52:54toujours un peu plus
00:52:55les États-Unis d'Amérique
00:52:56avec des vidéos
00:52:58et un petit peu quand même.
00:53:00En tout cas,
00:53:00c'est leur stratégie.
00:53:02Je ne dis pas que c'est vrai.
00:53:03Mais en tout cas,
00:53:04c'est un...
00:53:04Je suis un peu plus nuancé
00:53:05là-dessus.
00:53:07Est-ce que c'est vraiment
00:53:08une mauvaise opération
00:53:09pour les États-Unis ?
00:53:09C'est clair que l'image
00:53:11d'un pays agressif
00:53:13à temps de guerre,
00:53:13etc.,
00:53:13va se renforcer.
00:53:14Maintenant,
00:53:15si on est dans le domaine
00:53:16de la pure,
00:53:17réelle politique,
00:53:18de la géopolitique,
00:53:19ce que les Américains
00:53:20ont démontré quand même
00:53:20aux Chinois,
00:53:21c'est qu'ils étaient
00:53:21sur le plan militaire
00:53:22très en avance
00:53:23par rapport à eux.
00:53:24Ils agressent un de leurs
00:53:25protégés, l'Iran,
00:53:27sans que la Chine réagisse
00:53:28et beaucoup d'États
00:53:29qui en réalité
00:53:30regardent quoi ?
00:53:30Regardent la force,
00:53:32regardent les rapports
00:53:33de force pure,
00:53:34se disent
00:53:34bon,
00:53:35les États-Unis
00:53:35ne sont peut-être pas gentils
00:53:36mais ils sont quand même
00:53:37assez impressionnants.
00:53:39Et je pense que
00:53:40dans le grand match
00:53:41parce qu'en réalité,
00:53:44ce qui se passe actuellement,
00:53:46c'est que les mécanismes
00:53:47onusiens sont quand même
00:53:48très dévalués,
00:53:49l'ONU n'est plus capable
00:53:51de réguler la force internationale
00:53:53et en fait,
00:53:54derrière le Venezuela,
00:53:55derrière Cuba,
00:53:55derrière l'Ukraine,
00:53:56derrière l'Iran,
00:53:57le point commun,
00:53:57c'est quoi ?
00:53:58C'est le grand affrontement
00:53:59qui est en cours
00:53:59sino-américain.
00:54:01Général,
00:54:01mon général,
00:54:02qu'est-ce qui est en train
00:54:02de se passer des deux côtés
00:54:04dans les deux armées
00:54:05en ce moment même
00:54:06au moment où le conflit
00:54:07peut reprendre ?
00:54:08Ce qui est sûr,
00:54:09c'est que du côté des Iraniens,
00:54:11ils essayent par tous les moyens
00:54:13possibles de reconstituer
00:54:14leur dissuasion conventionnelle,
00:54:16c'est-à-dire leur missile stratégique,
00:54:18leur missile balistique.
00:54:19Ça,
00:54:20c'est vraiment leur arme de choix,
00:54:22plus bien sûr des drones
00:54:23mais ça,
00:54:23ils en fabriquent
00:54:24à la demande et à l'appel.
00:54:26Comment savoir quand même
00:54:27se protéger contre les drones ?
00:54:28Ça,
00:54:29c'est la bonne nouvelle.
00:54:30Contre les drones en masse.
00:54:32Mais les missiles balistiques,
00:54:34ça reste leur objectif.
00:54:35Donc très clairement,
00:54:36c'est leur priorité.
00:54:38Du côté de la coalition,
00:54:40c'est un peu,
00:54:42encore faudrait-il
00:54:43définir des buts clairs
00:54:45pour définir l'outil militaire
00:54:47qui répond le mieux à la question.
00:54:48Là,
00:54:49on a pris le gros marteau,
00:54:51c'est pas pour écraser une mouche,
00:54:53c'est quand même
00:54:53un peu plus gros que ça,
00:54:54mais il y a tout,
00:54:56sauf que c'est pas forcément
00:54:57quand on a beaucoup d'assets
00:54:59comme ça
00:54:59qu'on gagne une guerre,
00:55:00c'est surtout quand on a
00:55:01des objectifs clairs,
00:55:03une volonté de le faire
00:55:04et que c'est compris aussi
00:55:06par les alliés.
00:55:07Elle a plus de pression.
00:55:08Je crois qu'on est passé un peu vite
00:55:09quand même aussi
00:55:09sur ce que disait Emmanuel Macron
00:55:11tout à l'heure en Andorre,
00:55:12c'est-à-dire qu'au retour
00:55:14de ce déplacement,
00:55:15il veut reprendre la tâche
00:55:17avec les Iraniens
00:55:18au nom des pays coalisés
00:55:20aussi pour la réouverture
00:55:22du détroit d'Hormuz.
00:55:23Il ne faut quand même pas
00:55:24désespérer de notre diplomatie
00:55:25et si quelque chose,
00:55:26si on arrive à obtenir,
00:55:28à faire des progrès
00:55:29dans ce dossier,
00:55:30nous les Européens
00:55:31avec les Français à la tête,
00:55:33alors on aura marqué
00:55:34des points très lourds
00:55:35face au Sud
00:55:36et face aux Etats-Unis.
00:55:37Merci beaucoup
00:55:38à vous tous
00:55:39d'avoir été avec moi
00:55:39pour décrypter
00:55:40cette escalade
00:55:41qui reprend entre
00:55:41l'Iran et les Etats-Unis.
00:55:43Notre invité du jour
00:55:44vient d'arriver.
00:55:44Bonjour Charles Aloncle.
00:55:45Vous arrivez tout juste
00:55:46en courant
00:55:47parce que vous arrivez
00:55:49de l'Assemblée nationale
00:55:49et votre rapport
00:55:51sur l'audiovisuel public
00:55:52sera bien publié.
00:55:53Votre serré,
00:55:54je crois,
00:55:5412 voix pour,
00:55:5510 voix contre.
00:55:55Ça s'est joué
00:55:56façon très serré,
00:55:5612 voix pour
00:55:57et 10 voix contre,
00:55:58effectivement.
00:55:58Qu'est-ce que vous répondez ?
00:56:00Justement,
00:56:00certains disaient
00:56:00qu'il y aura une censure.
00:56:02Il n'y a pas de censure,
00:56:02finalement.
00:56:03Non, mais vous savez,
00:56:04ça s'est joué
00:56:04à très peu de choses.
00:56:05Ça s'est joué
00:56:05à deux voix, simplement.
00:56:07Je remarque
00:56:08qu'une partie de la gauche
00:56:10prenait les critiques
00:56:11contre l'audiovisuel public
00:56:12comme des critiques personnelles,
00:56:14ce que j'ai eu
00:56:15un peu de mal à comprendre.
00:56:15Il a fallu
00:56:16un certain nombre
00:56:16de compromis
00:56:17lors de ces discussions
00:56:18pour arriver
00:56:19à un vote favorable.
00:56:20Mais ça n'a pas été
00:56:21chose aisée.
00:56:22Alors, on voit
00:56:22que vous avez été ciblé
00:56:23même ces dernières heures
00:56:24par le président
00:56:25de la commission d'enquête
00:56:26qui travaillait pourtant
00:56:26avec vous,
00:56:27qui est un élu horizon.
00:56:28Il a regretté,
00:56:29je cite,
00:56:29que des auditions
00:56:30soient transformées
00:56:31en tribunal politique
00:56:32ou en procès individuel.
00:56:33Il va même plus loin.
00:56:34Mais en doute,
00:56:35votre probité a-t-il mené
00:56:36son travail
00:56:37en toute indépendance
00:56:38et impartialité,
00:56:40dit-il à votre sujet.
00:56:41De qui étiez-vous
00:56:42le porte-parole ?
00:56:43J'étais le porte-parole
00:56:45des Français
00:56:45qui tiennent
00:56:46à l'audiovisuel public
00:56:47et qui ont été,
00:56:48comme moi,
00:56:49éveillés notamment
00:56:49à la chose publique
00:56:50et aux débats politiques
00:56:51grâce à un certain
00:56:52nombre d'émissions
00:56:53et qui aujourd'hui
00:56:54ont du mal
00:56:54à se retrouver
00:56:55dans certains contenus
00:56:56et programmes
00:56:56et ont du mal aussi
00:56:57à accepter
00:56:58que certaines de ces entreprises
00:56:59par une faillite financière
00:57:01puissent être amenées
00:57:02à disparaître.
00:57:03Donc, je voudrais
00:57:04simplement le dire,
00:57:05depuis le début
00:57:05de cette commission d'enquête,
00:57:06mon seul objectif était
00:57:07de braquer un projecteur
00:57:09sur les dérives
00:57:09et sur les dysfonctionnements
00:57:11de l'audiovisuel public
00:57:12de proposer
00:57:13des recommandations
00:57:14pour mieux les résoudre
00:57:15et pour mieux sauver
00:57:16aussi ces entreprises.
00:57:17C'était tout l'objet
00:57:18de ce rapport.
00:57:18Qu'est-ce que vous répondez
00:57:19au président de la commission
00:57:20quand il met en doute
00:57:21votre impartialité ?
00:57:22Moi, je ne veux pas rentrer
00:57:23dans la moindre polémique.
00:57:24Depuis le début,
00:57:24j'ai toujours veillé
00:57:25à ce qu'on braque
00:57:26le projecteur sur le fond,
00:57:27pas sur la forme,
00:57:28pas sur les critiques.
00:57:29J'ai voulu accuser personne.
00:57:31Je ne veux pas
00:57:31qu'on rentre
00:57:34dans ce piège-là.
00:57:35Je pense qu'il y a
00:57:35beaucoup de sujets
00:57:36sur la gestion financière,
00:57:37sur les conflits d'intérêts,
00:57:38sur l'omniprésence
00:57:40des sociétés de production
00:57:41qui perçoivent
00:57:42à peu près 1 milliard
00:57:43d'euros par an
00:57:44de France Télévisions
00:57:45pour produire
00:57:45des contenus
00:57:46du service public.
00:57:47Il y a suffisamment
00:57:47de matière
00:57:48pour rentrer
00:57:48dans des polémiques
00:57:49assez stériles.
00:57:50Des propositions
00:57:51très concrètes.
00:57:51Justement,
00:57:52il y en aurait 80,
00:57:52c'est ça,
00:57:52dans votre rapport ?
00:57:53Un peu moins de 80,
00:57:54vous êtes bien renseigné.
00:57:55Qu'est-ce que vous proposez ?
00:57:56Quelle est la proposition
00:57:57qui vous semble
00:57:58la plus urgente
00:57:58à mettre en œuvre ?
00:57:59Je vais vous décevoir
00:58:00parce qu'il faut attendre
00:58:01la publication du rapport
00:58:02dans une semaine,
00:58:03lundi prochain,
00:58:03pour que je vous révèle
00:58:04des préconisations
00:58:05et des recommandations.
00:58:06Mais est-ce que,
00:58:07par exemple,
00:58:07la nomination des dirigeants
00:58:08de l'audiovisuel public
00:58:09directement par l'Elysée,
00:58:10vous y êtes plutôt favorable ?
00:58:12Alors,
00:58:12j'ai lu beaucoup
00:58:13de fausses informations
00:58:13qui ont circulé,
00:58:14je le déplore,
00:58:15depuis quelques jours,
00:58:16notamment celle-ci.
00:58:17Ça, c'est faux.
00:58:17Alors, c'est faux
00:58:18parce que je ne peux pas
00:58:20trop trahir ce qu'il y a
00:58:20dans le rapport,
00:58:21mais maintenant que le vote
00:58:21est favorable,
00:58:22j'ai peut-être
00:58:22un peu plus de liberté.
00:58:23J'explique aujourd'hui
00:58:25qu'une décision de l'ARCOM
00:58:26qui est l'autorité
00:58:26à la fois qui nomme
00:58:27et qui contrôle
00:58:28est une forme d'hérésie.
00:58:29Il n'y a que huit personnes
00:58:30qui, dans le secret quasiment
00:58:31d'une conciliation,
00:58:33nomment.
00:58:33Moi, j'entends
00:58:34mettre l'Assemblée
00:58:35et le Sénat
00:58:36au cœur des nominations,
00:58:37notamment des présidents
00:58:38d'entreprises
00:58:39de l'audiovisuel public.
00:58:40C'est l'une des recommandations
00:58:41que je fais.
00:58:43Proposition du président,
00:58:44vote des commissions
00:58:45des affaires culturelles
00:58:46de l'Assemblée
00:58:47et du Sénat
00:58:47pour apporter plus de démocratie
00:58:49et plus de conscience.
00:58:49Ce n'est pas rendre
00:58:49totalement dépendants
00:58:50du pouvoir politique
00:58:51que les redirigants
00:58:52de l'audiovisuel public.
00:58:53Je crois que
00:58:54les parlementaires
00:58:55pour lesquels
00:58:56les Français votent
00:58:57en temps régulier
00:58:58ont une mission,
00:58:59une belle mission,
00:59:00une belle vocation
00:59:00qui fait leur honneur,
00:59:01celle de représenter
00:59:02les Français.
00:59:03Et je crois qu'à l'avenir
00:59:04d'avoir des présidents
00:59:05d'entreprises publiques
00:59:06comme Radio France
00:59:07et France Télévisions
00:59:08qui sont soumis au vote
00:59:09des représentants du peuple,
00:59:10ce sera bien plus démocratique,
00:59:12pluraliste et transparent
00:59:12que ce qui se fait aujourd'hui
00:59:13avec la nomination
00:59:14simplement par huit personnes
00:59:16de l'ARCOM.
00:59:16Fusionner des chaînes
00:59:17France 2, France 5,
00:59:18ça aussi ?
00:59:18Alors, je ne peux pas
00:59:20m'exprimer, mais il y a 100 chaînes
00:59:23de télé et de radio publiques,
00:59:24il faut en fusionner
00:59:25certaines à l'évidence.
00:59:26100 ?
00:59:26Ah, mais parce que
00:59:27vous cotez toutes les régions
00:59:28aussi, notamment du réseau France 3.
00:59:29Et quand on enlève
00:59:30les régions et le réseau ultramarin,
00:59:32il y en a une cinquantaine,
00:59:33donc on voit qu'il y a
00:59:33une profusion de chaînes
00:59:34de télévision et de radio
00:59:35qui coûtent 4 milliards
00:59:37d'euros par an,
00:59:37et pour les rendre
00:59:38plus intéressantes et distinctes
00:59:40aussi du privé,
00:59:41il convient de les optimiser
00:59:42et notamment d'opérer
00:59:43certaines fusions.
00:59:43Est-ce que vous êtes plus largement
00:59:44pour la privatisation
00:59:45de l'audiovisuel public ?
00:59:54C'est pourtant ce que souhaite
00:59:55votre partenaire, le RN.
00:59:56Je rappelle, vous appartenez
00:59:57à l'UDR, c'est le parti
00:59:58d'Éric Ciotti qui est allié
00:59:59avec le RN.
01:00:00Qu'est-ce que vous ferez
01:00:00si vous gouvernez ensemble,
01:00:01le RN veut privatiser
01:00:02l'audiovisuel public ?
01:00:03Alors, il faut détailler
01:00:04davantage les propositions
01:00:05du RN et de l'UDR
01:00:06dont je suis membre,
01:00:08le parti d'Éric Ciotti
01:00:08qui m'a fait confiance.
01:00:09Non, en fait, ils expliquent
01:00:10qu'il y a un certain nombre
01:00:11de chaînes, il y a un certain
01:00:13nombre d'optimisations à conduire.
01:00:14Ils ne sont pas pour une privatisation
01:00:16sèche du jour au lendemain,
01:00:16notamment la proposition
01:00:17d'Éric Ciotti, moi je fais partie
01:00:18du groupe UDR,
01:00:19explique qu'il y a des pistes
01:00:21de réformes, des pistes
01:00:22d'optimisation.
01:00:22C'est d'ailleurs tout l'objet
01:00:23du rapport.
01:00:24Quand vous voyez qu'il y a
01:00:254 milliards d'euros d'argent
01:00:27dépensés par les Français
01:00:28chaque année,
01:00:28qui représentent la moitié
01:00:29du budget du ministère
01:00:32de la Culture...
01:00:33Pour France Télévisions,
01:00:34il y a un budget d'un peu plus
01:00:35de 3 milliards d'euros par an.
01:00:36Je vais simplement vous faire
01:00:37une comparaison sur le domaine
01:00:38de la culture.
01:00:39La moitié du budget du ministère
01:00:40est consacrée à l'audiovisuel public.
01:00:42Vous n'avez que 4,5% consacré
01:00:44à la sauvegarde des monuments
01:00:46en péril.
01:00:47Et pourtant, il y en a nombre,
01:00:48des petits théâtres,
01:00:49des phares, des moulins.
01:00:50Donc, tout est une question
01:00:51de proportion.
01:00:52Mais je pense que pour sauver
01:00:53notre patrimoine,
01:00:53il y a aussi des efforts
01:00:54à faire ailleurs,
01:00:55notamment sur la poche
01:00:56du ministère de la Culture.
01:00:57Ce qui a été mal perçu,
01:00:57parfois, c'est des critiques
01:00:58qui ont été reçues
01:00:59par les salariés.
01:01:00Est-ce que vous avez le sentiment
01:01:01que les 8720 salariés
01:01:02de France Télévisions
01:01:03sont tous d'affreux militants politiques ?
01:01:05Alors, j'ai pu lire
01:01:06dans les colonnes,
01:01:07notamment de vos confrères
01:01:08du Figaro,
01:01:08qu'il y avait un certain nombre
01:01:14premier syndicat représentatif
01:01:16des salariés
01:01:16qui se félicitait
01:01:17de cette commission d'enquête,
01:01:19qui était très enthousiaste
01:01:20des questions
01:01:21qu'on pouvait poser,
01:01:22qui estimait que c'était
01:01:23une entreprise
01:01:23de salubrité publique
01:01:25d'avoir mené ces missions.
01:01:26Donc, on donne parfois
01:01:27un peu trop la parole
01:01:28à la CGT,
01:01:29qui n'est plus le premier syndicat
01:01:31représentatif
01:01:32chez France Télévisions.
01:01:32Mais vous avez
01:01:34nombre de salariés
01:01:35qui se félicitent
01:01:36de ces travaux
01:01:36et qui se félicitent
01:01:37de ces questions.
01:01:38Beaucoup m'ont envoyé
01:01:39des contributions
01:01:40et m'ont alimenté
01:01:41pour affiner un peu mon regard.
01:01:43Et je pense qu'aujourd'hui,
01:01:44ils sont ravis de voir
01:01:45qu'un rapport sera publié
01:01:46avec beaucoup de recommandations.
01:01:47Une question très concrète,
01:01:48Patrick Sébastien,
01:01:49que vous avez été auditionné
01:01:50est en conflit ouvert
01:01:51avec Delphine Ernot.
01:01:52J'imagine que ça ne vous a pas échappé.
01:01:53Il a publié vendredi
01:01:54une chanson grossière et vulgaire
01:01:55contre la présidence
01:01:56de France Télévisions
01:01:58qui a annoncé
01:01:59qu'elle porterait plainte
01:02:00pour outrage sexiste et sexuel.
01:02:02Est-ce que vous apportez
01:02:02votre soutien à Delphine Ernot ?
01:02:04Écoutez, je vous avoue
01:02:06que dans la rédaction du rapport,
01:02:08dans cette période intense
01:02:09où le président Macron
01:02:10ne m'a laissé que 10 jours
01:02:11pour rédiger un rapport
01:02:12de près de 400 pages,
01:02:14j'avais suffisamment à faire.
01:02:15Malheureusement,
01:02:16j'aurais aimé pouvoir écouter,
01:02:18regarder les dernières chansons
01:02:19de Patrick Sébastien.
01:02:21Et pardon,
01:02:21je suis un peu étranger à ça.
01:02:22Je me suis concentré
01:02:23ces derniers jours
01:02:23sur la rédaction du rapport.
01:02:24Ça ne vous pose pas de problème
01:02:24quand il dit,
01:02:25je cite, excusez-moi des termes,
01:02:26Delphine,
01:02:27si tu avais connu ma pine,
01:02:28on aurait été si heureux.
01:02:29Vous ne condamnez pas ça.
01:02:30Ce n'est pas forcément mon humour.
01:02:32On n'a pas forcément
01:02:33tous le même humour.
01:02:34Mais je pense qu'on est dans un pays
01:02:35où la liberté d'expression
01:02:37est importante.
01:02:37Il faut la sanctuariser.
01:02:38Et vous le verrez peut-être
01:02:40dans mon rapport,
01:02:40je ne condamne pas les humoristes.
01:02:41Je pense que la place
01:02:42de l'humour en France
01:02:44est l'un des principes
01:02:46de l'ADN
01:02:46de notre esprit français.
01:02:48Donc, il faut aussi sanctuariser
01:02:49ce droit à la dérision
01:02:50et à l'humour.
01:02:51Merci, cher Aron,
01:02:52d'avoir été notre invité.
01:02:53L'information continue
01:02:54sur BFM.
01:02:55Dans un instant,
01:02:55vous retrouvez Julien.
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