- il y a 14 minutes
Didier François, éditorialiste défense BFMTV, était l'invité du Face-à-Face de ce vendredi 8 mai sur BFMTV et RMC.
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00:02Générique
00:11Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Didier François.
00:15Bonjour.
00:15Un plaisir de prendre le temps avec vous ce matin parce qu'évidemment on vous connaît bien, éditorialiste Défense de
00:21BFM TV.
00:22Et on a particulièrement besoin de vos lumières pour comprendre ce qui s'est joué cette nuit et pour comprendre
00:26aussi le décalage entre les mots et les faits.
00:28Ce qu'il se joue sur le terrain et les paroles des uns et des autres, des destroyers américains touchés,
00:34des îles iraniennes visées,
00:36les Émirats arabes unis qui parallèlement activent leur défense aérienne et pourtant officiellement une broutille, nous dit Donald Trump.
00:42Commençons par les faits. Que s'est-il passé cette nuit ?
00:46Alors cette nuit, en fait à 22h20 en heure universelle, il y a eu une véritable bataille navale dans le
00:52détroit d'Hormuz.
00:53Comme vous l'avez dit tout à l'heure, 110 minutes c'est pratiquement deux heures.
00:55Et en plus, il y a trois navires de guerre américains, des frégates, et particulièrement des frégates antimissiles,
01:05qui ont décidé de re-rentrer à l'intérieur du golfe Persique, donc de traverser le détroit d'Hormuz en
01:11venant de l'océan Indien.
01:13Et ils ont été pris très très violemment à partie par les gardiens de la Révolution qui ont vraiment essayé
01:18d'utiliser tout ce qu'ils avaient pour les en empêcher.
01:21Comment ? Quels moyens ?
01:22Alors les moyens qu'ils ont utilisé, vraiment, ils ont tiré toute la gamme.
01:25Du missile anti-navire, donc ce sont des missiles qui rasent les flots et qui normalement se bloquent sur la
01:32cible
01:32et cherchent à toucher en général la salle des machines pour les exploser.
01:37Donc ça c'est du missile de type chinois C-802 pour les spécialistes.
01:41Enfin bon voilà, ils ont utilisé des drones kamikazes pour essayer aussi de saturer la défense anti-aérienne rapprochée des
01:50navires,
01:50puisque les navires ils ont de la défense lointaine.
01:52Les destroyers américains, ce sont des destroyers de la classe Harley Burke qui font de la défense antimissiles.
02:00Donc ils ont traité les missiles.
02:01Ils ont traité ensuite les drones kamikazes avec les armes de mort et particulièrement avec un truc qui s'appelle
02:08le phalanx.
02:08Je ne sais pas si vous avez déjà vu dans les films, c'est une espèce de mitrailleuse rotative qui
02:11tire très très très vite un nombre très considérable de munitions.
02:16Et puis ensuite il y avait des vedettes rapides qui sont arrivées en essaim pour essayer là aussi de saturer
02:21les défenses immédiates
02:22et qui ont été traités au canon de 127 et à la mitrailleuse lourde.
02:26C'est pour vous dire qu'on s'est rapprochés extrêmement près, puisque les distances de combat...
02:29Ça veut dire que physiquement, la distance de combat entre les destroyers américains et...
02:33C'est quelques centaines de mètres.
02:35C'est une véritable bataille navale.
02:37Il y a une... pour que ça dure 110 minutes, donc presque deux heures, ils ont vraiment été harcelés.
02:42Et les Iraniens ont mis tout ce qu'ils avaient à disposition pour essayer de toucher ces trois navires.
02:48Aucun n'a été endommagé.
02:49Tous les trois sont passés.
02:50Ils ont détruit l'ensemble des moyens qui avaient été engagés contre eux.
02:54Et dans la foulée, comme évidemment ils n'étaient pas tout seuls,
02:57ils étaient entourés d'une bulle de protection, de renseignements, de guerres électroniques,
03:02avec des avions à wax qui surveillaient, des ravitailleurs en vol, des chasseurs.
03:07Dans la foulée, le Sankom et donc certainement le président Trump ont décidé d'aller frapper l'origine de l
03:14'attaque,
03:15l'île de Kesh, qui est juste en face de Oman.
03:19Je ne sais pas si vous voyez le détroit d'Hormuz, cette espèce de...
03:21Désormais, je pense que tout le monde a en tête ce coude.
03:23Cette espèce de coude, on est vraiment juste à la pointe de ce coude-là.
03:27C'est un endroit qui s'appelle Moussadam.
03:29Et ils ont été frappés au-dessus la grande île de Kesh, que maintenant tout le monde connaît.
03:34Qui est l'île longue.
03:34Le port de Bandar Abbas, qui est le port essentiel des gardiens de la Révolution,
03:39et un autre endroit qui s'appelle Minab, et qui était le centre de commandement de cette opération,
03:44par les passes d'Aran.
03:45Là donc ça, ça a été détruit.
03:46Ils ont aussi détruit les lanceurs de missiles qui ont été repérés,
03:50certains assez loin, puisqu'il y en avait dans la région de Shiraz,
03:53donc à l'intérieur des terres iraniennes.
03:55Mais ils les ont repérés pendant les tirs, et ils ont été détruire les lanceurs.
03:59Parce qu'effectivement, en quelque sorte, ils étaient sortis...
04:02Ils ont sorti du bois, si je puis dire, enfin en tout cas de leur planque,
04:06et donc ils ont été repérés et détruits.
04:09Ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est qu'il y a plusieurs choses.
04:11D'abord, un, on voit la volonté absolue des Iraniens de garder la main sur le Détroit.
04:18Voilà, parce que quand même, ils ont, malgré le cessez-le-feu,
04:22essayé d'engager à nouveau, puisque les deux des navires qui étaient dans la bataille d'hier
04:27étaient les deux premiers navires qui, il y a trois jours, vous vous rappelez, étaient passés,
04:30avaient pris déjà 16 missiles et les avaient arrêtés.
04:32Donc il y a quand même, de la part des Iraniens, une vraie volonté de garder le contrôle
04:37et même de s'attaquer à la marine américaine.
04:39La marine américaine a quand même montré un savoir-faire et un courage assez important,
04:44parce que rentrer dans ces eaux qui sont des...
04:47Il faut oser.
04:48Bah oui, parce qu'elles ne sont pas bien profondes,
04:51il n'y a pas beaucoup de place pour manœuvrer.
04:53Il faut vraiment être certain de ses capacités techniques.
04:55Mais de fait, ce qui s'est passé cette nuit montre, manifeste la supériorité.
05:01Ceux qui en sortent gagnants de cette bataille, si je puis-je le permettre,
05:06militairement, ce sont les Américains.
05:07Militairement, sans aucun doute, ce sont les Américains,
05:08puisque pour la troisième fois, leur navire rentre
05:11et les Iraniens se montrent incapables de les arrêter.
05:14En revanche, l'objectif qui était au départ, celui du projet Freedom...
05:19De libérer et de débloquer le détroit d'Armose.
05:22Je pense que néanmoins, cette opération montre qu'autant les navires militaires américains
05:26sont capables de se défendre et que le dispositif militaire américain est assez robuste
05:32pour qu'il se permette de risquer des destroyers et donc des hommes dans le détroit,
05:38autant pour les armateurs et les équipages des navires commerciaux et civils.
05:42On le voit bien avec le tir sur le vracier, le porte-container de ces GA-CGM.
05:48Là, il y a un problème, parce que les navires civils, eux, n'ont pas cette capacité de défense.
05:52Et vous voyez bien que dans une opération de cette nature-là,
05:55quand bien même il y aurait eu les destroyers américains qui auraient fait barrage,
05:59il y aurait eu des risques que les vedettes contournent et touchent les...
06:03Donc autant militairement, il n'y a aucun doute sur la supériorité,
06:07les capacités tactiques de la flotte américaine,
06:09autant pour mettre en confiance le trafic maritime commercial, là c'est un échec.
06:15Didier François, on essaie de comprendre comment ça s'arrête ensuite.
06:18C'est-à-dire que ces 110 minutes, on comprend, on a l'impression effectivement
06:21que c'est une sorte de tir croisé de feu non-stop,
06:25puis effectivement la riposte américaine sur l'île,
06:29et puis soudain les canons se taisent ?
06:31Alors déjà parce que les ennemis sont détruits,
06:33en général à la guerre ça peut aussi arriver.
06:36Pour le coup, les passes d'arrant ont été mis en échec,
06:38et donc leurs moyens ont été, en tout cas les moyens engagés par les passes d'arrant,
06:43ont été détruits.
06:45Alors il leur en reste certainement,
06:46mais en tout cas ils ont décidé que, halte au feu, ça ne passait pas,
06:51il allait mieux s'arrêter là.
06:53Donc voilà, ça doit prendre l'humilitaire.
06:54Après, la deuxième chose qui est intéressante dans cette affaire,
06:57c'est que les deux réactions,
06:59les réactions des Iraniens,
07:00puisqu'on a eu un communiqué dès hier soir,
07:02des gardiens de la révolution,
07:03qui expliquent qu'ils ont mis en défaite l'ennemi,
07:05qui les ont ferglés,
07:05mais qui ne remettent pas en cause le cessez-le-feu.
07:08Et pareil, côté américain,
07:10où Trump explique que finalement tout ça s'est très bien passé,
07:13que c'était magnifique,
07:14que c'était formidable,
07:15que les armes américaines sont extraordinaires,
07:17avec tous les superlatifs habituels,
07:19mais lui aussi ne remet pas en cause le cessez-le-feu.
07:20Et pendant cet incident,
07:22les négociations continuaient sur le fameux memorandum d'entente.
07:26On va y venir sur ces négociations,
07:28et sur la raison pour laquelle l'un comme l'autre,
07:31au fond, alors que les combats font rage,
07:33parlent toujours d'un cessez-le-feu.
07:35Mais est-ce que ça veut dire aussi
07:37que finalement l'Iran continue à avoir dans son panier
07:43des missiles, des drones kamikazes,
07:46des navettes rapides ?
07:48Donc au fond,
07:49la capacité iranienne est encore très solide.
07:53Elle existe, elle est réelle.
07:55Les estimations qui avaient été faites
07:56par les services de renseignement occidentaux,
07:58en tout cas en Europe,
07:59c'était qu'ils avaient certainement encore les moyens
08:03de tirer ce qu'ils tiraient avant le cessez-le-feu,
08:07donc il y a maintenant trois semaines,
08:11environ 30 missiles balistiques par jour
08:14pendant deux mois.
08:15Là on voit que sur les deux engagements qu'ils ont faits,
08:19à chaque fois ils n'en ont tiré qu'une quinzaine.
08:21Donc ils ont encore du stock.
08:23C'est très difficile de savoir le stock qu'ils ont réellement,
08:25parce qu'on connaît le stock de départ,
08:27on sait ce qu'ils ont tiré.
08:29En revanche, on ne sait pas ce qui a été détruit.
08:30La difficulté, c'est de trouver exactement ce qui a été détruit.
08:33On voit des rapports contradictoires
08:34entre le renseignement militaire américain et la CIA.
08:37Il y a des discussions entre spécialistes.
08:40Honnêtement, on voit des tas de trucs dans la presse.
08:43Les spécialistes entre eux eux-mêmes hésitent
08:45et font à leurs autorités
08:46des rapports extrêmement prudents.
08:49En revanche, sur les drones,
08:50là pour le coup, on ne sait pas,
08:52parce que le drone ça ne se produit pas sur des usines lourdes,
08:55ça peut se produire dans des ateliers, etc.
08:57De manière plus rapide et moins chère.
08:58Voilà.
08:58Donc là, honnêtement, personne n'a de visibilité
09:00sur les capacités de drones réelles
09:02qui sont sûrement existantes
09:03et sûrement nombreuses,
09:05parce que c'est une spécialité des Iraniens.
09:06Il y a eu cette bataille,
09:07donc cette véritable bataille,
09:09110 minutes, vous le dites,
09:10de feu croisé cette nuit.
09:11Et puis, il y a les Émirats arabes unis
09:14qui parallèlement disent avoir activé
09:16leur défense aérienne.
09:18À quoi est-ce que cela correspond ?
09:20Qu'est-ce qu'il s'est passé là ?
09:21Ou est-ce qu'ils ont anticipé
09:23qu'il puisse se passer ?
09:24Alors en fait, on est exactement
09:26dans la même phase
09:26qui a commencé il y a trois jours
09:27avec le fameux projet Freedom, Liberté,
09:31qui était d'essayer d'ouvrir
09:32la route de circulation maritime
09:35sud d'Hormuz.
09:36Pas celle qui passe près de l'Iran,
09:37mais celle qui passe près de Oman
09:39et de l'Arabie saoudite.
09:40Donc on voit qu'il y a eu deux choses.
09:42Une attaque militaire
09:43contre les moyens militaires américains,
09:46ça on vient d'en parler.
09:47Et il y a eu parallèlement
09:48des attaques de missiles
09:50contre les Émirats arabes unis.
09:52Pourquoi ?
09:52Parce qu'il voulait taper sur le port pétrolier
09:56qui est hors du détroit d'Hormuz
09:57pour empêcher les Émirats arabes unis
09:59d'exporter justement son pétrole
10:02sans passer par Hormuz
10:03et mettre pression sur les Émirats arabes unis.
10:06On sait qu'il y a deux jours,
10:07les Émirats arabes unis
10:08ont eux-mêmes fait une frappe de riposte
10:10exactement aux mêmes endroits
10:11que ceux qu'ont pris les Américains hier soir,
10:13entre autres avec des mirages 2000-9.
10:15Ils ne l'ont pas rendu public
10:16parce que les Iraniens...
10:18Parce que les Iraniens de leur côté aussi...
10:20Ils ont d'ailleurs nié.
10:21Ils ont tiré, mais on dit non.
10:24C'est la réponse du berger.
10:25On ne les vise pas.
10:26Absolument.
10:27Réponse du berger à l'hébergeur.
10:28Je tiens, tu ne tiens pas la barbichette.
10:30On est dans quelque chose,
10:30il faut bien comprendre.
10:32Ça paraît totalement contradictoire
10:33parce qu'on parle d'un côté de négociations
10:35et de l'autre côté,
10:35on voit que ça tape dans tous les sens.
10:37En fait, c'est normal presque.
10:38Enfin, je veux dire,
10:39c'est idiot à dire,
10:39mais c'est presque normal.
10:40Parce que pendant les négociations,
10:42chacun veut mettre en avant ses forces.
10:44La force des Iraniens dans les négociations,
10:46c'est le blocaire Mouz.
10:47Et donc, ils veulent montrer...
10:48Donc, on ne négocie bien
10:49qu'un pistolet sur la tempe.
10:51Exactement.
10:51C'est John Woo.
10:52Vous savez, quand les gars
10:53se tournent autour avec des pistolets,
10:55c'est exactement ça.
10:56Donc, les Iraniens veulent rentrer
10:58dans ces négociations.
10:59Eux, ils veulent obtenir une chose,
11:00c'est le déblocage de leur argent gelé
11:03et de leurs avoirs gelés depuis maintenant
11:06beaucoup d'années,
11:07mais surtout depuis 2018.
11:08Il y a une centaine de milliards.
11:09C'est très important pour eux
11:11et c'est au centre de leur demande.
11:13Les Américains, de leur côté,
11:14veulent le nucléaire.
11:16Ça, c'est très important.
11:17Et les pays de la région
11:18veulent les missiles balistiques
11:20et le soutien aux organisations terroristes.
11:25Donc, en fait, on est en train de...
11:27Qu'est-ce qu'ils veulent ?
11:28Ils veulent que ça dispasse.
11:29Oui, c'est ça.
11:30Ils ne le souhaitent pas.
11:31Ils souhaitent qu'on discute.
11:33Ils souhaitent que dans les négociations,
11:34il y ait la destruction
11:35de la capacité nucléaire
11:37et la destruction des organisations terroristes.
11:39La discussion pour les pays de la région,
11:42c'est les missiles balistiques
11:43et la destruction des trucs...
11:45Et de ce point de vue-là,
11:46il y a un intérêt à peu près commun
11:47entre les pays du Golfe et Israël ?
11:48Oui, tout à fait.
11:50Alors, ce qui fait...
11:51Alors, c'est pour ça qu'aujourd'hui,
11:53ce qu'on voit,
11:54c'est les discussions en cours,
11:56c'est la préparation des négociations.
11:58Ce ne sont pas encore des négociations.
12:00Nous sommes dans les pré-négociations.
12:02Voilà, c'est ce qu'ils sont en train de négocier
12:04ce qu'on appelle un mémorandum d'entente.
12:06C'est-à-dire, ils se mettent d'accord
12:07sur de quoi on va parler.
12:08Les Américains veulent absolument parler
12:11du nucléaire,
12:13de l'enrichissement
12:15et du stock d'uragnement enrichi.
12:17Ce qu'au départ,
12:18les Iraniens ne voulaient pas discuter.
12:21Les Iraniens voulaient absolument discuter
12:24de leur argent
12:25et ce que les Américains
12:27ne voulaient pas leur lécher,
12:28ils ne voulaient pas lever les sanctions
12:29tant que le reste était...
12:30Donc, les...
12:31Ce sont ces deux points-là
12:32sur lesquels, véritablement,
12:33on sent que c'est la clé.
12:34C'est la clé.
12:35L'argent, ça a toujours été la clé
12:36pour les Iraniens.
12:37Indépendamment de l'idéologie,
12:38on a eu le même problème
12:39quand on avait le Eurodif.
12:41C'est aussi un petit peu la clé
12:41pour les Américains, non ?
12:42Alors, ça va l'être aussi, bien sûr.
12:44Mais pour eux,
12:45le nucléaire est quand même
12:46très très important.
12:46La menace nucléaire est réelle
12:48par rapport à leurs alliés.
12:49Et la troisième chose
12:50qui reste les missiles
12:51et le soutien au groupe terroriste
12:54sera reportée
12:55à des discussions régionales
12:57entre les pays de la région
12:59et l'Iran
13:00après les discussions
13:02américano-iraniennes.
13:02On va revenir aussi
13:03sur la question du rôle
13:04de la France
13:05avec le Charles de Gaulle
13:06qui est en route vers cela.
13:10Mais un mot,
13:11puisque vous parliez
13:12des renseignements
13:13et de leur grande prudence
13:15à savoir quelles sont
13:16les capacités ou non de l'Iran.
13:18Il y a ce renseignement américain
13:20cité par l'agence Reuters
13:21qui croit savoir
13:24que l'Iran n'est qu'en réalité
13:25qu'à 12 mois
13:26de la bombe atomique.
13:28Est-ce que ça,
13:29c'est crédible ?
13:309 à 12 mois,
13:31c'est l'estimation générale
13:33si les Iraniens
13:35arrivent à militariser.
13:37Donc c'est un peu complexe,
13:38c'est un peu compliqué.
13:39Mais oui, à la louche,
13:41le problème d'avoir...
13:42ils ne sont pas
13:43dans l'impossibilité.
13:44Ils ne sont pas.
13:44Alors, il faudrait
13:46qu'ils aient l'accès
13:46à leur stock.
13:47Il faut qu'ils puissent
13:48passer à 90%
13:49depuis 60%.
13:50Ça, ce n'est pas le plus difficile.
13:51Mais enfin bon,
13:51pas sous le feu,
13:52c'est compliqué.
13:52Mais ce qu'il y a
13:53d'inquiétant dans l'affaire,
13:54c'est qu'on s'est rendu compte
13:55que pendant les bombardements,
13:57ils avaient des équipes
13:58de scientifiques
13:59qui cherchaient
14:00la militarisation
14:01puisque lors d'une frappe
14:02israélienne
14:03qui avait été faite
14:04en suivant
14:05un scientifique
14:08par hasard,
14:09ils ont frappé
14:09à un endroit
14:10où ils ont rendu compte
14:10qu'il y avait 20 scientifiques
14:12qui étaient en train
14:12de travailler
14:13sur la militarisation
14:14de la bombe.
14:14Ça ne veut pas dire
14:15qu'elle l'ait réalisée aujourd'hui.
14:16Il y a encore
14:17des tas de choses à faire,
14:17le détonateur, etc.
14:18Mais la volonté,
14:19en tout cas,
14:20elle est là
14:20et les stocks
14:21d'enrichissement
14:23d'uranium,
14:24440 kg,
14:25potentiellement,
14:25c'est 11 bombes.
14:26Donc c'est pour ça
14:26qu'il y a cette question
14:27du nucléaire qui est portée.
14:28Ce n'est pas immédiat
14:29comme menace,
14:31mais potentiellement,
14:32c'en est une réelle.
14:32Didier François,
14:34Hormuz,
14:34bloqué ou pas bloqué,
14:35en vrai ?
14:36De fait, bloqué.
14:37Toujours bloqué ?
14:37Oui, en fait,
14:38ça coule à filet d'eau.
14:41Là, je pense que
14:42sur les prochains jours,
14:43les armateurs
14:43vont faire très attention.
14:43Après la bataille
14:44de cette nuit,
14:45évidemment,
14:45la prudence sera de mise
14:46avec donc notre porte-avion
14:49qui a pris la route,
14:50qui a traversé
14:51le canal de Suez,
14:53qui est, j'imagine,
14:55quelque part
14:55dans la mer Rouge
14:56au moment où on se part.
14:57À la louche,
14:58le porte-avion,
14:58il fait 700 km par jour,
15:00potentiellement,
15:0120 nœuds,
15:02enfin 15, 20 nœuds.
15:03Oui, lui et son groupe
15:04aéronaval,
15:05il faut à peu près
15:05trois jours
15:05pour arriver sur la zone.
15:07Après, ça dépend de la mer,
15:08ça dépend de plein de trucs,
15:09mais il sera entre Djibouti
15:11et le Yémen,
15:12donc sur le BD3
15:13de Bab el-Manded
15:14dans les jours qui viennent.
15:15L'endroit un peu crucial ?
15:15C'est crucial
15:16parce que c'est ce qu'on appelle
15:17en termes militares
15:18la poignée de l'éventail.
15:19Ça leur permet à la fois
15:20de pouvoir ravitailler
15:20s'il y a besoin à Djibouti,
15:22de pouvoir rester en veille
15:24et en sécurité
15:25sur Bab el-Manded
15:27qui pour nous
15:27est un des trois importants
15:28puisque le commerce
15:29avec l'Asie pour l'Europe
15:30passe par là
15:30et d'être à 48 heures
15:32de la possibilité
15:33de se porter sur Hormuz
15:34si la situation diplomatique évolue
15:36et si l'idée qu'on avait
15:38d'essayer de créer
15:39une coalition internationale
15:40dans le cadre du droit
15:41sur la liberté de circulation
15:43après la réunion
15:44du 17 avril à Paris
15:45avec une cinquantaine de pays
15:47allait se concrétiser.
15:48J'en viens à cela
15:49parce qu'Alice Ruffaut
15:50la ministre déléguée aux armées
15:51hier matin disait
15:52nous en avons pris
15:52le leadership
15:54avec les britanniques
15:55semble-t-il
15:55mais les britanniques
15:56n'ont pas la manifestation physique
15:58ce qui est quand même
15:58j'avoue
16:00depuis le début de cette guerre
16:01c'est aussi un des points
16:02qui est très surprenant
16:04c'est-à-dire que la navire
16:05la marine britannique
16:06n'est pas au rendez-vous
16:09C'est un drame
16:09la marine britannique
16:10c'était quand même
16:11l'armée britannique
16:12il faut bien savoir
16:12qu'en Europe
16:13avec la France
16:13c'était une des seules armées
16:14qui vraiment tenait la mer
16:17avec des capacités de combat
16:18une expérience
16:19une tradition
16:20une culture
16:21honnêtement
16:21le fait que l'armée britannique
16:22aille mal
16:23est une très mauvaise nouvelle
16:24pour les Européens
16:24et un très mauvaise nouvelle
16:26pour la France
16:27c'est des problèmes de budget
16:28ils ont été encore plus loin
16:29dans les coupes
16:30que ce que nous avons fait
16:30dans la privatisation
16:31d'un certain nombre de moyens
16:32c'est une catastrophe
16:33il ne faut vraiment pas faire ça
16:34Est-ce que véritablement
16:35nous avons pris le lead
16:36et pourquoi faire ?
16:38Alors oui on a pris le lead
16:39parce qu'on est les seuls
16:39effectivement
16:40on l'a vu depuis début mars
16:42la première phase
16:43rappelez-vous
16:44on a quand même rappelé
16:45le porte-avions
16:45et l'ensemble de notre flotte
16:46pour aller protéger
16:47l'Union Européenne
16:48face à Chypre
16:49deuxième phase
16:50on est capable aujourd'hui
16:51grâce à ce porte-avions
16:53qui est quand même
16:53une puissance incroyable
16:54on a dessus
16:55on a la capacité
16:56de faire du renseignement
16:57on a une vingtaine de rafales
16:59qui sont capables
17:00de faire absolument
17:01toutes les tâches
17:02de ce point de vue-là
17:03on m'a dit
17:03alors moins que les Américains
17:05en termes de nombre
17:05mais en capacité
17:06ça permet d'être autonome
17:08en appréciation de situation
17:10en renseignement
17:11en coordination
17:12en commandement
17:13et donc de pouvoir mettre
17:14autour de nous
17:15un certain nombre de pays
17:16qui voudraient participer
17:18avec du déminage
17:19avec de la négociation
17:21avec de la logistique
17:22avec des frégates de défense
17:23à fluidifier
17:24le jour venu
17:25ce P3
17:26on en a besoin
17:27vu ce que ça nous pèse
17:29parce que pour tous les gens
17:30qui se disent
17:30qu'est-ce qu'on va foutre là-bas
17:31il suffit de voir le prix de l'essence
17:32pour comprendre
17:32que ça nous touche quand même
17:33et justement
17:34un mot pour le dire
17:35vous l'avez vu évidemment
17:36à notre boutonnière
17:37vous comme moi
17:38nous portons ces fameux
17:39bleu est
17:39c'est une tradition
17:40c'est un hommage
17:41aux soldats blessés
17:42aux familles endeuillées
17:43aux pupilles de la nation
17:44aux victimes d'actes terroristes
17:468 mai aujourd'hui
17:48la mémoire au fond
17:50est particulièrement ravivée
17:51par le contexte actuel
17:54c'est important en fait
17:55vous voyez bien que
17:55en fait
17:56on se croyait dans un monde
17:58sans guerre
17:58pendant 70 ans
17:59et on a eu cette chance
18:00alors nous
18:01en Europe occidentale
18:02la guerre elle existait ailleurs
18:03moi ça fait 40 ans
18:04que je couvre les guerres
18:05aujourd'hui
18:06je pense que c'est important
18:07le devoir de mémoire
18:08de se rappeler
18:09la guerre
18:10on la veut pas toujours
18:11regardez nos grands-parents
18:12ils ne la voulaient pas
18:13en 38
18:13on a essayé
18:14d'apaiser
18:16un dictateur
18:17qui nous a imposé la guerre
18:18et qui a envahi la France
18:19une année plus tard
18:20la guerre
18:21c'est pas parce qu'on ne la veut pas
18:22qu'on ne l'a pas
18:22donc il vaut mieux savoir
18:23d'où on vient
18:24pour pouvoir savoir où on va
18:25merci Didier
18:26Didier François
18:27éditorialiste
18:28Défense
18:29à BFM TV
18:30un honneur
18:30il est 8h47
18:31merci
18:31merci
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