- il y a 19 minutes
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:10Bonsoir à tous. La menace d'un côté et la diplomatie peut-être de l'autre.
00:15C'est demain que les discussions, que les négociations entre Américains et Iraniens doivent débuter pour tenter d'éviter une guerre.
00:21Et on sent bien ce soir que chaque camp met la pression.
00:24Pour en parler avec nous, Maya Kadra, bonsoir.
00:26Vous êtes enseignante, journaliste spécialiste du Moyen-Orient et l'amiral Jean-Louis Vichaud.
00:31Bonsoir. Ancien chef de mission militaire française auprès de l'OTAN,
00:36Ulysse Gosset est en train de nous rejoindre sur ce plateau, éditorialiste politique internationale.
00:40Bonsoir Ulysse à BFM TV.
00:43Côté américain, Donald Trump donne le ton en quelque sorte aujourd'hui
00:46et il s'adresse directement au guide suprême iranien.
00:50Je dirais que le guide suprême devrait se faire beaucoup de soucis.
00:53Oui, il devrait. Comme vous le savez, il négocie avec nous.
00:57Ils envisageaient de lancer un nouveau site nucléaire dans une autre partie du pays.
01:01Nous l'avons appris et j'ai dit, si vous faites ça, nous vous ferons subir de très mauvaises choses.
01:06Allez, Remena, il devrait se faire beaucoup de soucis, dit le président américain.
01:09Côté iranien, justement, le régime diffuse aujourd'hui, via la télévision d'État iranienne,
01:15des images de ces missiles prêts à décoller.
01:18C'est ce que dit Téhéran.
01:19Amiral, ces images qu'on voit là à l'écran de ces missiles iraniens,
01:23le missile Komaram-Shar-4, vous pouvez, pour nous, les néophytes, nous les décrypter un petit peu ?
01:30En jugé par sa position et sa forme, c'est un missile longue portée iranien,
01:37c'est-à-dire de l'ordre de 2000 kilomètres.
01:38On n'est pas sur des portées intercontinentales,
01:41c'est juste de les porter d'une zone d'opération, mais ça peut parfaitement atteindre Israël.
01:47Israël atteint, précise Téhéran, en 10 à 12 minutes ?
01:51Oui, je n'irai pas les contredire, c'est eux qui chronomètrent leur engin.
01:57Mais à ma connaissance, ils l'ont peut-être, je ne sais pas,
02:00s'ils l'ont déjà employé lors de la guerre des Dix jours.
02:03En tout cas, c'est effectivement un missile qui est fait pour ça.
02:06Mais ça, c'est des missiles que les Israéliens interceptent relativement facilement,
02:12parce que c'est une trajectoire balistique assez traditionnelle,
02:15et avec tous les moyens qu'il y a dans la région, ce sont des missiles que l'on peut arrêter,
02:20sauf en envoyer énormément en même temps, c'est-à-dire obtenir un effet de saturation.
02:26Or, d'après ce qu'on sait, si les Iraniens en ont encore quelques-uns,
02:30probablement, ils n'en ont plus beaucoup.
02:32Donc, pour obtenir une saturation, ça sera très difficile.
02:35Oui, chacun montre les muscles avant l'ouverture des discussions demain.
02:39Maya Khadra, on est dans une forme de guerre des nerfs avant de se mettre à la même table.
02:44Oui, guerre des nerfs, poker sanglant aussi,
02:46parce qu'il ne faut pas oublier le peuple iranien qui est dans une forme d'attente
02:49d'être délivré par une hypothétique, jusque-là, action américaine contre le régime.
02:56Mais concernant les négociations de demain, il y a eu beaucoup de bruit dans les deux derniers jours.
03:00C'est annulé, non, ça reprend.
03:02C'était à Istanbul, finalement, ça a changé de lieu.
03:05Finalement, c'est à Oman.
03:08Et donc, toute cette nébuleuse autour de ces négociations rend les négociations faibles.
03:14Déjà, le message porté par ces négociations,
03:17vu toute l'hésitation qu'il y a eu côté américain,
03:21les discours incendiaires côté iranien aussi,
03:23ça décrédibilise un peu ces négociations.
03:26On a vu aussi que l'Iran était un peu désespéré
03:29pour avoir de l'appui de la part de certains pays arabes.
03:33Aujourd'hui, on a vu Abbas Aragji, le ministre des Affaires étrangères iranien,
03:37faire sa tournée auprès de ses homologues arabes,
03:40les Qataris, Arabies saoudites,
03:43aussi pour les convaincre de faire pression un peu sur les Américains,
03:48pour aller dans le sens de la désescalade, des négociations, etc.
03:52Pour moi, toutes ces initiatives diplomatiques à la veille pour parler de demain
03:57ne mèneront pas vraiment aux résultats souhaités par les Iraniens.
04:03Parce qu'aujourd'hui, les conditions posées par les Américains sont très claires.
04:07Ça dépasse le programme nucléaire, ça atteint le programme balistique.
04:10Les missiles aussi, et peut-être d'autres points,
04:12mais ça, si vous voulez bien, on va y revenir dans quelques instants
04:15à l'aspect diplomatique, en tout cas à ce qui va se passer demain à Oman.
04:19On voyait, Lise Gosse, il y a quelques instants, les images de la télé d'État iranienne
04:23sur ce fameux missile prêt à frapper Israël en 10 à 12 minutes.
04:27Les Américains ne sont pas en reste.
04:28Ils montrent aujourd'hui ce qui se passe sur leur porte-avions,
04:31celui qui a été déployé dans la région, le Lincoln,
04:34avec des images d'une activité aujourd'hui,
04:37pour montrer qu'eux aussi, s'il le fallait, le doigt sur le bouton.
04:41Oui, mais les Américains disent dans le communiqué du CENCOM,
04:44c'est-à-dire le commandement de toute la région, ça peut vous paraître bizarre,
04:48tout ce remue-ménage sur le pont du porte-avions,
04:51en réalité, c'est la routine, et tout cela est parfaitement organisé.
04:54Donc, c'est un message des Américains aux Iraniens qui dit
04:57« Nous sommes prêts, nous sommes entraînés, et évidemment, nous sommes les plus forts ».
05:01Côté iranien, vous avez raison de le dire, le bras de fer continue,
05:04avec la publication de l'image de ce nouveau missile,
05:07qui est censé pouvoir atteindre, effectivement, peut-être Israël en premier,
05:11mais aussi le Qatar, les Émirats et les champs de pétrole saoudiens.
05:16Donc, on est toujours dans cette phase de guerre de communication intense,
05:20mais c'est vrai que la nouvelle importante du jour,
05:22c'est que finalement, Trump a provoqué un retournement spectaculaire.
05:27Hier, il avait dit non, aujourd'hui, il dit oui à la négociation,
05:30et ça n'a plus lieu à Istanbul, vous l'avez dit,
05:32mais à Mosquat, la capitale du sultanat d'Omane.
05:34Ça change quoi ?
05:35D'abord, c'est les Iraniens qui le voulaient.
05:37Donc, il a cédé, non pas aux Iraniens, mais à la pression absolument énorme
05:42de neuf pays arabes qui ont tous dit à Trump,
05:45il faut absolument négocier, il faut tenter d'éviter la crise.
05:49Personne n'y croit vraiment, mais il a cédé pour dire,
05:52pas question de froisser les pays arabes,
05:53c'est les Qataris, les Émiratis, les Égyptiens, les Saoudiens.
05:57Et c'est très important, parce que pour Trump,
05:59c'est une ressource économique fondamentale.
06:01C'est des centaines de milliards de dollars d'investissement aux États-Unis.
06:04Donc, Trump a fait calmer le jeu, même si c'était un petit recul,
06:07je dirais, diplomatique.
06:09Et on apprend ce soir que Jared Kushner, son gendre,
06:12plus Steve Whitcoff, son envoyé spécial,
06:14sont arrivés dans la région et qu'ils seront demain
06:17à 10h, heure locale, à Omane.
06:20À la table des discussions.
06:20À la table des discussions, 10h, heure locale,
06:238h, heure de Paris.
06:24Et côté iranien, il y aura surtout le ministre iranien
06:28des Affaires étrangères.
06:28Et puis, autour de la table, c'est ça qui est fascinant,
06:30il y aura des observateurs arabes, donc Égyptiens, Qataris.
06:33Bon, on commence à y voir un peu plus clair,
06:34en tout cas sur la composition de la table demain à Omane.
06:37On va retrouver Siavoj Ghazil, correspondant d'RFI
06:39et de France 24 à Téhéran, qui nous attend.
06:42Bonsoir, Siavoj, pour prendre les dernières informations.
06:45On disait il y a quelques instants,
06:46il y a beaucoup de dossiers sur la table des discussions.
06:49Le premier, celui du nucléaire iranien.
06:51Est-ce qu'on sait aujourd'hui si le régime est prêt
06:53à faire des concessions là-dessus ?
06:55– Pour l'Iran, il n'est pas question d'arrêter
07:00le programme nucléaire iranien, non plus le programme
07:04d'enrichissement d'uranium comme l'exigent les Américains.
07:07C'est pour ça que les discussions seront difficiles.
07:10Téhéran affirme qu'il est prêt à donner des garanties
07:13sur le caractère pacifique et civil de son programme nucléaire,
07:16mais pas question d'arrêter l'enrichissement d'uranium
07:20comme le demandent les Américains.
07:21Alors, il y a peut-être une possible solution,
07:26c'est que l'Iran, par exemple, accepte de ne pas faire
07:29d'enrichissement d'uranium pendant une période donnée,
07:32par exemple trois ans ou quatre ans,
07:34tout simplement pour assurer les pays occidentaux
07:37et les États-Unis.
07:38Cela pourrait se faire, d'autant plus que tous les sites
07:42nucléaires iraniens ont été bombardés en juin,
07:46soit par Israël, soit par les États-Unis,
07:48et la plupart de ces sites ont été partiellement
07:50ou totalement détruits.
07:52Donc, de fait, l'Iran n'a pas les moyens
07:54effectifs sur le terrain de faire de l'enrichissement d'uranium.
07:57Pour reconstruire ces sites, il faudrait plusieurs années.
08:01Tout le cycle d'enrichissement d'uranium,
08:04toutes les usines ont été frappées par Israël,
08:06et ensuite, les grands sites de Fordou et de Nathalie
08:09ont été durement frappés par les Américains.
08:11Donc, cela pourrait permettre une solution sur le dossier nucléaire.
08:17En revanche, sur le dossier balistique, pour Téhéran,
08:20il n'y avait pas question de céder et de négocier
08:23son programme balistique.
08:25Et le fait de montrer son missile Khoram-Chart et le SIN,
08:30les médias officiels affirment que les bases souterraines
08:33de lancement de missiles ont été équipées de ces missiles Khoram-Chart,
08:38qui sont les plus puissants, avec une tête explosive d'automne,
08:43de 1000 kg, qui sont très destructeurs,
08:47et donc avec un moteur très puissant
08:49qui permet d'atteindre Israël, par exemple, en 12 minutes.
08:53Merci beaucoup, Syavosh Ghazi.
08:54On en parlait, justement, il y a quelques instants, de ce missile iranien.
08:56Quand on entend, Syavosh Ghazi, amiral,
08:58dire que les Iraniens n'ont pas l'intention de lâcher sur le programme nucléaire,
09:02que la solution pourrait peut-être être de le mettre en mode pause,
09:04je ne sais pas d'ailleurs si c'est possible,
09:06et que sur les missiles balistiques,
09:08ils n'ont pas non plus l'intention de lâcher ça aux Américains,
09:10elles vont servir à quoi, ces discussions ?
09:12C'est une excellente question.
09:13Je ne vous pose.
09:14Je n'ai pas la réponse.
09:15Non, mais je n'ai pas la réponse.
09:17C'est-à-dire qu'on voit bien que c'est des gens qui vont se faire face à face.
09:20Ils vont discuter peut-être du beau temps ou de la pluie,
09:24mais là-bas, c'est un sujet d'importance.
09:27Non, en fait, je pense qu'il s'agit simplement de maintenir le fil
09:30et de maintenir le lien.
09:31L'essentiel, c'est de se parler ?
09:33L'essentiel, c'est de se parler.
09:34Dans ces temps de fortes tensions, c'est toujours de se parler.
09:38N'oubliez pas aussi que chez les Iraniens,
09:40il y a des mouvements extrêmement divers qui s'affrontent,
09:43qui rivalisent.
09:45Et donc, ça peut être intéressant pour les Américains
09:48de sonder un peu l'état d'esprit des uns et des autres.
09:51Je pense que les Américains sont aujourd'hui à la recherche de quelqu'un
09:54qui serait susceptible d'assurer une transition de régime,
09:58un peu comme ça s'est passé au Venezuela.
10:01Et pour eux, cette manière de rencontrer des gens,
10:03c'est peut-être d'en parler avec eux.
10:05Ils vont probablement parler de tout à fait autre chose
10:07que du programme nucléaire iranien et de ses missiles.
10:12Bon, bien sûr, ils sont là, ils sont sur la table,
10:14mais ça, j'allais dire, les Américains savent faire,
10:17c'est pas l'enjeu majeur.
10:20L'enjeu majeur, c'est de maintenir le lien
10:22et de sonder l'état d'esprit des Iraniens aujourd'hui.
10:24– Ulysse Gosset, voir les Américains et les Iraniens
10:27déjà à la même table avec le casting que vous nous avez annoncé tout à l'heure,
10:30est-ce que c'est un signe de désescalade
10:33ou est-ce que les portes peuvent claquer au bout d'une heure ?
10:35– Non, l'escalade continue, c'est pas de la désescalade,
10:37mais c'est un formidable jeu d'échec
10:39où les Iraniens sont les grands maîtres face à Trump
10:42qui, lui, est un homme de rapport de force.
10:44Et dans la stratégie iranienne,
10:46il y a notamment un point qui peut marcher
10:47à l'égard de Trump et de Poutine,
10:49c'est qu'ils pourraient effectivement transférer les 400 kilos,
10:53vous savez, les fameux 400 kilos d'Iraniens en Russie
10:55qui ont disparu, les transférer en Russie pour être retraités.
10:59Ça, ça serait un point qui est négociable.
11:01Pour le reste, effectivement…
11:01– Ce qui veut dire, pardon, excusez-moi d'être un peu technique,
11:03si ça part en Russie, ça veut dire qu'ils mettent
11:06le programme nucléaire sur pause, effectivement ?
11:08– Ils mettent le danger d'une fabrication
11:10de la bombe atomique en Iran ailleurs.
11:13Ils exportent le problème, si j'ose dire, à Moscou
11:16et effectivement, ça satisferait beaucoup les Occidentaux,
11:20mais ça ne sera pas suffisant.
11:21Il y a une autre chose qui est très frappante,
11:22en dehors des cinq points qui sont évidemment très importants,
11:24on en a parlé des missiles balistiques, certainement,
11:27mais il y a une chose qui me frappe,
11:28il n'y a pas un mot sur les opposants iraniens.
11:30Il n'y a pas un mot demandant la libération des opposants,
11:33la fin des exécutions.
11:35On voit que Trump a d'autres priorités.
11:37– Justement, on va retrouver l'un des nombreux envoyés spéciaux
11:40de BFM TV un peu partout au Moyen-Orient,
11:42en l'occurrence en Irak, c'est Nicolas Poincaré
11:44qui se trouve en ce moment.
11:45Bonsoir Nicolas, pas très loin de la frontière iranienne.
11:48Et vous avez pu, Nicolas, les réseaux sociaux iraniens
11:52commencent à fonctionner de mieux en mieux,
11:54la coupure d'Internet est en partie réglée aujourd'hui,
11:56vous avez pu recueillir des témoignages
11:58et des images inédites sur la répression en Iran,
12:01la répression qu'elle sévit de façon absolument terrible
12:04au début du mois.
12:07– Oui, ce qu'on a essayé de faire,
12:09c'est de prendre l'exemple d'une petite ville en particulier
12:11pour bien comprendre ce qui s'est passé.
12:12Elle s'appelle Bardet, cette ville,
12:14elle est au Kurdistan iranien,
12:16donc juste de l'autre côté de la frontière
12:18par rapport à l'endroit où je me trouve.
12:21Et donc à travers des témoignages
12:22et des images que l'on a reçues de là-bas,
12:24on peut raconter l'histoire.
12:25L'histoire est assez simple,
12:26elle a commencé par des manifestations
12:28qui ont eu lieu plus tard que dans le reste du pays,
12:31le 18 janvier,
12:32d'abord une première nuit de manifestations pacifiques,
12:35et puis le 19, tout a dégénéré.
12:38D'abord des insultes entre les manifestants
12:40et les forces de l'ordre.
12:41Ensuite, les forces de l'ordre,
12:42les gardiens de la Révolution ont tiré en l'air
12:44et puis ils ont tiré sur la foule
12:46avec des cartouches de carabines
12:48qui ont fait un certain nombre de blessés.
12:51Ces blessés ont été conduits au dispensaire
12:54de cette petite ville,
12:54on parle d'une ville de 4000 habitants,
12:57et c'est là que s'est produit ces images
12:59tout à fait spectaculaires
13:01que l'on a pu recevoir,
13:03c'est-à-dire que les gardiens de la Révolution
13:04enfoncent la porte de l'hôpital,
13:07rentrent dans l'hôpital
13:08et s'emparent des blessés pour les arrêter.
13:11L'homme qui nous a envoyé ces images
13:13et raconté tout ce qui s'est passé
13:15est lui-même blessé.
13:17C'est un commerçant, activiste, lanceur d'alerte
13:20qui veut donc témoigner sur ce qui s'est passé.
13:23Il est blessé, il n'a pas pu aller à l'hôpital
13:25parce que c'est trop dangereux.
13:26C'est donc depuis chez lui
13:28qu'il a réussi à donner ces images à un ami
13:30qui a traversé la frontière à pied,
13:32qui les a amenés ici
13:33où on a pu les récupérer.
13:36Voilà un gros plan sur une histoire
13:39qui s'est passée dans cette petite ville
13:41comme elle s'est passée dans des milliers
13:43et des milliers d'autres villes iraniennes
13:45aux alentours de la mi-janvienne.
13:47Une histoire parmi beaucoup d'autres.
13:49Merci beaucoup Nicolas Poincaré
13:50avec Jérémy Muller, Maya Kadra.
13:53Il est possible que le sort des 50 000 prisonniers
13:55qui sont toujours aujourd'hui
13:57dans les prisons iraniennes
13:58soit totalement absent des discussions demain ?
14:01Non, parce que c'était quand même
14:03une condition posée par Trump.
14:05En fait, il s'est arrogé
14:06une certaine forme de victoire
14:08très indécente il y a deux semaines
14:09quand il a dit que les 800 exécutions
14:12ou 900 exécutions ont été suspendues.
14:14Donc peut-être que ça sera
14:16un des points négociés.
14:18Mais déjà, les négociations demain
14:19avec tous les points que ça engage,
14:24il ne faut pas trop y croire.
14:25Parce que là où, Ulysse,
14:27vous avez dit que Trump a cédé,
14:28pour moi, Trump maîtrise maintenant
14:30la méthode iranienne de poker-monteur.
14:32Aujourd'hui, il est en train...
14:33Il a cédé sur le lieu
14:34et sur la composition,
14:35le format de la délégation.
14:36Oui, mais le lieu importe peu, en fait.
14:39Il importe peu pour le...
14:40Pas pour les Iraniens.
14:40Pas pour les Iraniens,
14:41parce que c'était leur exigence
14:42que ça soit à Mousquat.
14:43Mais aujourd'hui, je pense que Donald Trump
14:46est en train d'inoculer
14:47le poison des négociations aux Iraniens.
14:50C'est le même poison qu'eux,
14:51à chaque fois, ils instillent
14:52dans tous les pourparlers.
14:54C'est la stratégie de l'entourloupe.
14:55C'est la stratégie du mensonge aujourd'hui.
14:58Et Donald Trump, aujourd'hui,
14:59est en train d'adopter
15:00exactement la même méthode
15:02avec les Iraniens
15:04pour les bluffer aussi,
15:05tout en renforçant
15:07tout le dispositif de défense
15:08autour d'Abraham Lincoln
15:09et en peaufinant les détails,
15:11peut-être, d'une intervention militaire.
15:14Et on verra.
15:14Merci beaucoup à tous les trois
15:15d'être venus ce soir sur ce plateau.
15:16On verra évidemment
15:17comment se passent ces discussions
15:18qui doivent débuter demain à Oman.
15:20Vous parliez, il y a quelques instants,
15:22de poison, de traînée de poudre.
15:24C'est une expression qu'on utilise
15:25en ce moment pour autre chose.
15:27C'est le poison de l'affaire Epstein.
15:29Après les révélations du week-end dernier,
15:31six ans après la mort
15:32du prédateur sexuel américain,
15:34la publication de millions de documents
15:36se transforme en ondes de choc mondiales.
15:38Paris, Washington, Londres.
15:40On sera dans quelques minutes
15:41avec l'un des visages
15:43de cette affaire en France.
15:44C'est Caroline Lang,
15:45la fille de Jack Lang,
15:46qui a reconnu avoir fait des affaires.
15:49Là, on est dans le volet financier
15:50avec Jeffrey Epstein.
15:51Elle viendra s'expliquer sur ce plateau tout à l'heure.
15:54Mais on va d'abord revenir
15:54sur cette onde de choc mondial
15:56avec Raphaël Grabli,
15:57qui est grand reporter à BFM TV.
15:58Bonsoir, Raphaël.
15:59Vous suivez cette affaire.
16:00Pauline Revena,
16:01chef du service police-justice
16:02pour le volet judiciaire.
16:03On verra ce qui peut se passer en France.
16:05On va recueillir également
16:06le témoignage d'une ancienne victime
16:08de l'homme qui était le rabatteur
16:10de Jeffrey Epstein en France.
16:12Bonsoir, Anne-Elisabeth Moutet.
16:13Bonsoir.
16:14Vous êtes journaliste franco-américaine
16:15et éditorialiste au Daily Télégraphe
16:17qui est britannique,
16:18je le précise,
16:19ce n'est pas américain.
16:20Et Marion Soletti,
16:21bonsoir.
16:22Grand reporter à Politico
16:23qui a consacré plusieurs articles
16:25particulièrement bien informés
16:27aux fichiers Epstein
16:30que vous épluchez depuis leur publication.
16:35Je tente de résumer
16:35quelques infos du jour sur cette affaire.
16:37Aujourd'hui,
16:37le premier ministre britannique
16:38a dû présenter ses excuses
16:40pour avoir nommé, promu,
16:42un proche de Jeffrey Epstein
16:43comme ambassadeur à Washington aux Etats-Unis.
16:46Bill Gates et Elon Musk
16:47sont désormais clairement dans la tempête.
16:49Le Kremlin a dû démentir
16:50tout lien avec Jeffrey Epstein.
16:52La Pologne a ouvert une enquête.
16:54Le patron de Davos également
16:55est dans la tournante.
16:56Et en France,
16:56des témoignages refont surface
16:57et une commission d'enquête
16:58pourrait être lancée en un mot.
17:01Aujourd'hui,
17:02si on regarde ce qui se passe
17:03après la révélation,
17:04c'est quoi ?
17:04C'est un tsunami ?
17:06C'est tentaculaire
17:07parce qu'il y a des milliers d'emails,
17:08des milliers de personnes
17:09qui sont dedans
17:09et donc des degrés d'implication
17:11évidemment très divers
17:12partout dans le monde.
17:13On voit en fait
17:14se dessiner un réseau
17:15un peu souterrain
17:16de Jeffrey Epstein
17:17qui l'entretient énormément.
17:19Il demande sans arrêt
17:20à rencontrer des gens,
17:21des politiques,
17:21des diplomates,
17:22le plus haut plat c'est possible.
17:23Et donc évidemment,
17:24ça touche beaucoup de monde.
17:25Quel mot vous utiliseriez ?
17:27C'est 30 ans de networking
17:30par un type
17:31qui était entièrement,
17:32on ne sait pas si l'idée
17:33lui est venue seule
17:34ou bien si c'est directement
17:35en lien avec Moscou,
17:37mais dont le but était
17:39de se faire un maximum
17:40d'amis politiques,
17:41de contacts politiques
17:42pour des fins
17:43qui sont certainement financières,
17:45mais aussi des fins d'influence
17:46et des fins politiques.
17:48Et donc,
17:49c'est en train d'exploser
17:50et les pauvres filles
17:52qu'il avait exploitées,
17:54c'était une monnaie d'échange
17:56au service de quelque chose
17:59de beaucoup plus large
18:00puisque maintenant,
18:01il est à peu près sûr
18:02que la piste de l'influence russe
18:04des gens autour de Poutine
18:05dès le milieu des années de mine
18:06est très réelle.
18:07On va s'intéresser pour commencer
18:09au volet français,
18:10à l'un des volets français
18:12de cette affaire avec vous,
18:13Pauline,
18:14l'un des volets les plus sensibles.
18:15Pour ça,
18:16il faut expliquer d'abord
18:16qui est un homme
18:17qui s'appelle Jean-Luc Brunel
18:18qui est aujourd'hui décédé
18:20et qui était un très proche
18:21de Jeffrey Epstein.
18:23En fait,
18:23c'est un agent de mannequin,
18:24Jean-Luc Brunel,
18:24et il était effectivement présenté
18:26comme le rabatteur
18:27de Jeffrey Epstein.
18:28Il avait été mis en examen
18:29pour viol sur mineurs
18:30de plus de 15 ans,
18:31harcèlement sexuel,
18:32et il avait été aussi placé
18:33sous le statut
18:34de témoin assisté
18:35dans ce réseau Epstein.
18:37Il s'est suicidé en prison,
18:39c'était en février 2022,
18:41et sa mort,
18:42c'est la loi française,
18:43a mis fin aux poursuites,
18:44c'est ce qu'on appelle
18:45l'extinction de l'action publique.
18:47Donc il n'y aura pas de procès
18:49puisqu'il n'est pas là.
18:50En revanche,
18:51en plateau ce matin,
18:52l'avocate d'une des six plaignantes
18:54de Jean-Luc Brunel
18:55expliquait,
18:56évoquait la piste
18:57dans les fichiers Epstein
18:58d'un autre rabatteur,
18:59un rabatteur franco-américain
19:01autre que Jean-Luc Brunel.
19:03Mais ce qui est important
19:03pour les victimes
19:04de Jean-Luc Brunel,
19:05et on y reviendra sûrement,
19:06c'est qu'elles n'auront pas de procès.
19:07En revanche,
19:08il y en a deux d'entre elles
19:08qui ont décidé d'engager
19:10une action au civil en 2022
19:12pour faire condamner
19:13les héritiers de Jean-Luc Brunel,
19:15un neveu et deux nièces,
19:16visant donc à indemniser
19:17le préjudice de leur oncle.
19:20Une audience s'est tenue mardi
19:22et effectivement,
19:22nous aurons l'une des plaignantes ce soir.
19:24Nous l'avons même en ligne avec nous.
19:25Bonsoir, Tizia Huisman,
19:26vous êtes l'une des victimes
19:27présumées de Jean-Luc Brunel.
19:30Merci d'abord
19:30d'être avec nous ce soir en direct.
19:33Vous êtes néerlandaise,
19:35huit ans, quand vous rencontrez
19:36Jean-Luc Brunel à Paris.
19:38On est en 1991.
19:40Vous vous rendez chez lui
19:41à son invitation.
19:42Pouvez-vous nous dire
19:43ce qui s'est passé ?
19:48Eh bien, quand je l'ai rencontré
19:52en 1991,
19:53j'étais chez lui dans son appartement.
19:56J'y suis resté une semaine
19:57avec d'autres mannequins
19:59et il m'a drogué et violé.
20:03Lorsque je m'en suis rendu compte
20:04le lendemain,
20:06je suis parti de chez lui,
20:09de Paris,
20:10j'avais peur
20:10et j'ai quitté la ville.
20:14Je n'y suis pas revenu
20:16avant 2019,
20:18avant de porter plainte
20:21à la police
20:22comme première victime.
20:24et je me suis rendu compte
20:27que pendant des décennies,
20:30il avait agressé des jeunes filles.
20:33Il y a eu un documentaire,
20:36un livre écrit sur ces faits
20:39et finalement,
20:43ils l'ont attrapé.
20:45Brunel était très proche d'Epstein.
20:47Est-ce qu'à cette époque,
20:48vous avez croisé Epstein ?
20:50Est-ce que vous l'avez rencontré ?
20:52Est-ce qu'il était là ?
20:55Oui.
20:57Alors, la première nuit,
20:59chez lui,
20:59il y a eu une fête
21:00chez Brunel
21:01et il y avait
21:03beaucoup de gens
21:04du monde de la mode
21:07et un groupe
21:09d'hommes riches,
21:10notamment
21:12qui étaient accompagnés
21:15de jeunes filles russes
21:16et je l'ai rencontré
21:18par l'intermédiaire
21:20d'une jeune fille russe.
21:21On a quelque peu parlé
21:23et il m'a donné un conseil
21:25en disant
21:25« pour avancer dans votre carrière,
21:31un homme comme Brunel
21:34est très important pour toi. »
21:37et je me suis dit
21:37« c'est un gars bizarre. »
21:42Il était bizarre.
21:44Et plus tard,
21:45lorsque j'ai fait des recherches
21:46sur Brunel,
21:49j'ai compris
21:50que Brunel
21:51était à Paris
21:5260 fois
21:54dans un premier procès
21:56avec Epstein
21:57en 2008.
21:59Je l'ai reconnu.
22:00J'ai reconnu Epstein,
22:01c'était l'homme
22:02que j'avais rencontré
22:03en 1991.
22:05Donc ils étaient déjà
22:06connectés alors ?
22:07Oui, ils étaient déjà
22:08ensemble.
22:09Vous avez mis 28 ans
22:10avant de porter plainte
22:12et avant de témoigner
22:13à visage découvert
22:13comme vous le faites ce soir.
22:15D'abord,
22:16qu'est-ce qui vous a donné
22:17ce courage ?
22:17Et ensuite,
22:18qu'est-ce que vous dites
22:18à celles qui,
22:19aujourd'hui encore,
22:20peut-être n'ont pas témoigné ?
22:22Qu'est-ce que vous leur dites ?
22:24Eh bien,
22:28moi,
22:30j'avais tellement honte,
22:31je me sentais tellement coupable
22:33de ce qui m'était arrivé.
22:34C'est bizarre,
22:35mais c'est ça,
22:36d'être agressé.
22:38Quand on est victime,
22:39on se sent coupable.
22:41Et c'est ce que la société
22:43nous enseigne.
22:45On ne se focalise pas
22:47sur les agresseurs,
22:48on se focalise sur les victimes.
22:51Qu'ont-elles fait de mal ?
22:52Et j'aimerais dire
22:53aux victimes de Brunel
22:55ou d'autres,
22:57ce n'est pas votre faute.
23:00N'ayez pas honte,
23:02parlez,
23:02parlez.
23:04Parce qu'il n'y a que
23:05en parlant
23:06qu'on peut
23:07faire face
23:08à nos agresseurs
23:09et changer les choses.
23:11Merci beaucoup,
23:11Tizia Huisman.
23:12Parlez,
23:13parlez,
23:13il n'y a que ça
23:13à faire face
23:14aux agresseurs,
23:15c'est votre message.
23:16C'est une victime,
23:17parle aujourd'hui.
23:18Pauline,
23:18elle sera entendue,
23:20reçue,
23:20il y aura une plainte,
23:21qu'est-ce qui se passera ?
23:22Pour qu'une enquête
23:22soit ouverte,
23:23il faut trois possibilités.
23:24Soit le parquet s'autosaisit,
23:25il ouvre une enquête
23:26préliminaire
23:27d'initiative,
23:28c'est ce qui s'était passé
23:29dans l'affaire Brunel,
23:30soit une plainte
23:31peut-être déposée,
23:32autre biais
23:33pour qu'une enquête
23:33soit ouverte.
23:34Enfin,
23:34il existe ce recours
23:35à l'article 40,
23:36l'obligation pour tout
23:37agent public
23:38d'informer le parquet
23:38en cas de fait délictuel.
23:40Pour l'instant,
23:40il n'y a rien qui est ouvert
23:41au parquet de Paris
23:42et il n'y a rien
23:42qui est ouvert non plus
23:43au parquet national financier.
23:44Sur le volet financier,
23:45on y reviendra.
23:46Alors,
23:46parmi tous les visages
23:47qui apparaissent
23:48dans cette tentaculaire affaire,
23:50il y en a un
23:51sur lequel vous avez enquêté.
23:52Je précise que là,
23:53on n'est pas dans le volet
23:54pédo-criminalité,
23:55c'est important de le préciser.
23:56Il s'appelle Olivier Collomb,
23:58il est inconnu
23:59du grand public,
24:00mais c'est un haut fonctionnaire,
24:02ancien conseiller diplomatique
24:04à l'Élysée
24:05sous Nicolas Sarkozy.
24:06Pouvez-vous nous présenter
24:07cet homme qui apparaît
24:08plusieurs centaines de fois
24:09dans les fichiers ?
24:10Oui,
24:10c'est un ancien diplomate
24:11qui a travaillé
24:12pendant tout le mandat
24:13de Nicolas Sarkozy
24:14dans la cellule diplomatique
24:15de l'Élysée.
24:15C'est le sein des saints diplomatiques
24:17du gouvernement.
24:19Donc,
24:19c'est un peu ce qu'on appelle
24:20il y a le Sherpa
24:21et puis ses adjoints.
24:22Lui,
24:22c'est un adjoint
24:23de Jean-David Levitt
24:24qui est un diplomate
24:24de très haut niveau
24:25et il travaillait spécifiquement
24:26sur les sommets internationaux
24:28donc G8,
24:29G20,
24:29COP.
24:30Donc,
24:30il voyageait à travers le monde,
24:31il rencontrait énormément de monde.
24:33Évidemment,
24:33il avait un accès privilégié
24:34au président de la République
24:36et quand il quitte l'Élysée
24:38après la victoire
24:39de François Hollande,
24:40il va passer dans le privé,
24:41dans le groupe Edmond Rothschild
24:42plus précisément
24:43et là,
24:44il va devenir proche d'Epsine
24:46et il va lui servir
24:47d'intermédiaire en fait.
24:48C'est-à-dire lui faire rencontrer
24:49des personnalités françaises.
24:50Voilà,
24:50Epsine va sans arrêt
24:51le solliciter
24:51et lui-même va offrir
24:52d'ouvrir son carnet d'adresse
24:53à Epstein
24:54pour rencontrer des ambassadeurs
24:55en poste,
24:56des Français
24:56et plusieurs fois,
24:57il est question de rencontre
24:58avec Nicolas Sarkozy.
25:00Donc,
25:00Epstein insiste beaucoup.
25:01Epstein lui demande
25:02de rencontrer Nicolas Sarkozy ?
25:03Il insiste plusieurs fois,
25:04on sent qu'il a envie.
25:05Nicolas Sarkozy,
25:06il a beaucoup de notoriété
25:06aux États-Unis,
25:07c'est un nom
25:07qui est assez évidemment
25:09connu à l'époque.
25:10Qu'est-ce qu'on sait
25:10si cette rencontre a eu lieu ?
25:11Voilà,
25:11donc ça c'est la grande question.
25:13Il n'y a pas d'éléments
25:14attestants que cette rencontre,
25:15elle, ait eu lieu.
25:16On en parle toujours
25:17au futur
25:17ou à l'hypothétique
25:18et contacté,
25:20l'entourage de Nicolas Sarkozy,
25:21son cabinet,
25:22dit qu'ils n'ont pas trouvé
25:23de traces de ces rencontres
25:24aux dates
25:25où elles sont évoquées
25:26dans les e-mails.
25:26On sait aussi,
25:27ça par la révélation des fichiers
25:29qu'il échangeait des mails
25:30misogynes,
25:31je ne sais même pas
25:31quel est le bon mot,
25:32dégueulasse.
25:33Oui, ça l'a,
25:33quand tu seras à Paris,
25:35quel genre de personnes
25:36souhaites-tu rencontrer ?
25:38Ça, c'est ce qu'écrit
25:39Olivier Collomb
25:39à Jeffrey Epstein
25:41en septembre,
25:42pardon,
25:42j'ai raté la tête,
25:43l'année des intellos
25:44des scientifiques 2013,
25:46des intellos
25:46des scientifiques
25:47ou de très, très,
25:48très mignonnes
25:49vintenaires.
25:50Ça, c'est la réponse
25:50de Jeffrey Epstein,
25:53toujours en 2013.
25:54Tu es où en ce moment ?
25:55Lui écrit-il.
25:56Réponse du pédocriminel
25:57sur mon île
25:58dans les Caraïbes
25:58avec un aquarium
25:59rempli de filles.
26:01Qu'est-ce qu'on sait
26:02du rôle de cet homme
26:03aujourd'hui ?
26:03C'était l'un des intermédiaires
26:04entre Epstein
26:05et les politiques en France.
26:06Voilà, exactement.
26:07En fait, il ouvrait des portes
26:09ou en tout cas,
26:09il prétendait lui ouvrir des portes.
26:10Ce qui est assez important
26:12de comprendre
26:12par rapport à Epstein
26:13et aux relations qu'il a eues,
26:14c'est qu'Epstein
26:15se fait beaucoup mousser
26:16pour accéder à des gens
26:17et il n'a l'air de rien.
26:19Il demande toujours
26:19« Ah, au fait,
26:20tu me présentes
26:20quelque chose d'intéressant. »
26:22Et inversement,
26:22ces interlocuteurs aussi
26:23exagèrent souvent leur influence.
26:25Donc Olivier Collomb,
26:27on voit qu'il a envie
26:28de lui plaire
26:28et qu'il lui dit
26:30« Ah, je dîne avec Nicolas Sarkozy,
26:32je vais lui demander, etc. »
26:33Puis après,
26:33il revient avec des dates.
26:34Puis finalement,
26:34on pense que ça n'a pas lieu.
26:36Donc il y a tout ce jeu
26:37du chat et de la souris
26:37pour augmenter le réseau
26:39des uns et des autres
26:39et en premier lieu,
26:40celui de Jeffrey Epstein.
26:42Oui, et c'est comme ça
26:42qu'on arrive aussi
26:43à Bruno Le Maire
26:44qui est cité dans ce fichier.
26:47Pourquoi ?
26:48Parce qu'à l'époque,
26:48Bruno Le Maire,
26:49qui connaît
26:50et qui fréquente
26:51Olivier Collomb,
26:53se rend en septembre 2013
26:55pour rencontrer
26:55des membres de l'ONU
26:56dans le cadre
26:57d'une éventuelle pré-campagne.
26:58Et Olivier Collomb
26:59lui proposent
27:02de façon inattendue
27:04et non prévue,
27:04on va dire,
27:05de se rendre
27:05dans une réunion
27:06avec des financiers
27:08à New York.
27:09Et c'est là où,
27:10effectivement,
27:11Bruno Le Maire
27:11a l'impression
27:12un petit peu
27:13de se faire piéger.
27:13C'est-à-dire qu'il arrive
27:14à une soirée
27:15qui, finalement,
27:15n'est pas au travail.
27:17Il dit « je suis reparti
27:18au bout de quelques minutes ».
27:18Exactement.
27:19Ça, c'est ce que nous dit
27:20l'entourage
27:22de Bruno Le Maire
27:23qui assure
27:24que c'est la seule fois
27:25où Bruno Le Maire
27:26a croisé
27:28Jeffrey Epstein
27:29et par ailleurs,
27:30et c'est ce qu'on voit aussi
27:31dans les e-mails,
27:32que Jeffrey Epstein
27:33tente ensuite
27:33de re-entrer en contact
27:35avec Bruno Le Maire,
27:36notamment d'ailleurs
27:36en passant par Cédric Villani
27:37et Cédric Villani
27:39qui a été contacté aussi
27:40par Jeffrey Epstein
27:42et qui l'a rencontré aussi
27:42une fois,
27:43qui a vite compris
27:43à qui il a fait affaire
27:44et donc qui a cessé
27:46de lui répondre.
27:48Mais par la suite,
27:48en tout cas,
27:49l'entourage de Bruno Le Maire
27:50est formel,
27:50il n'a pas revu
27:52Jeffrey Epstein.
27:54Mais c'est vrai
27:54que quand on regarde
27:54la liste,
27:55elle est hallucinante.
27:55Je parle de la liste
27:56des noms qui sont
27:57dans ces fichiers.
27:58Ça ne préjuge en rien
27:59de ce qui a pu se passer.
28:00Il faut le redire
28:01de temps en temps.
28:02Le cinéaste
28:03Michel Azanavicius,
28:04qu'est-ce qu'il vient faire là ?
28:05Il rencontre
28:06Jeffrey Epstein
28:07lors des Césars
28:09en 2011.
28:10C'était pour
28:10The Artist.
28:12Et effectivement,
28:13il est présenté
28:14à l'époque
28:15par Woody Allen
28:16et puis
28:16ce qu'il raconte,
28:18Michel Azanavicius,
28:19c'est auprès de l'AFP d'ailleurs,
28:20c'est que rapidement,
28:22il est interpellé
28:23par sa compagne,
28:24Bérenice Bégeot,
28:25qui a fait quelques recherches
28:26et qui lui dit
28:26« On s'arrête là ».
28:28On s'arrête là,
28:29effectivement.
28:30Et c'est d'ailleurs
28:30le même réflexe.
28:31C'est pour ça qu'il faut
28:31être extrêmement précautionneux.
28:33Quand on parle
28:34de Bruno Le Maire,
28:35après,
28:35je pense que vous vouliez
28:36peut-être ajouter quelque chose,
28:37mais Bruno Le Maire
28:38ou Cédric Villani,
28:39c'est des gens
28:40qui en tout cas expliquent
28:41qu'ils ont été contactés
28:42par Jeffrey Epstein,
28:43qu'ils l'ont rencontré
28:44ou donc ont été conviés
28:46à une soirée chez lui
28:47et que rapidement,
28:47ils s'en sont un petit peu
28:48détournés.
28:49Oui, alors évidemment,
28:50tout le monde raconte
28:50pas tout à fait
28:51la même histoire.
28:52Dans le cas de Bruno Le Maire,
28:53par exemple,
28:53Olivier Collomb a répondu
28:54après l'apparition
28:55de notre enquête
28:56au Monde
28:57et lui, il dit
28:58« Ils ont parlé dix minutes,
29:00Bruno Le Maire
29:01venait lever des fonds
29:02et sous-entend,
29:02il savait très bien
29:03où il était ».
29:04Donc voilà,
29:05il y a des versions
29:06un petit peu différentes.
29:07En tout cas,
29:07ça n'aurait pas duré
29:08très longtemps.
29:09Ce qui est sûr,
29:09c'est qu'il y a des personnes
29:10dans ces échanges
29:11qui coupent court.
29:13On voit qu'ils essayent
29:13un peu d'échappés
29:14et d'autres qui entretiennent
29:15la relation parce que
29:16Epstein a beaucoup de contacts,
29:17ça les arrange
29:18et en fait,
29:18tout ce monde-là
29:19joue un jeu social
29:20qui touche à leur business,
29:22à leur réseau personnel
29:22et les deux s'entremêlent
29:23constamment.
29:24Epstein était millionnaire,
29:26je crois pas,
29:26milliardaire.
29:27Sa fortune est estimée
29:28à 500 millions de dollars
29:30à sa mort.
29:31Mais il fréquentait
29:31pas mal de milliardaires.
29:33Il y a beaucoup de noms
29:33aujourd'hui,
29:34notamment de personnalités
29:35de la tech
29:35qui sont dans ces fichiers.
29:37Bill Gates,
29:37le fondateur de Microsoft,
29:39a dû s'excuser
29:39aujourd'hui
29:40d'avoir passé
29:41autant de temps
29:42avec Jeffrey Epstein.
29:43Bonsoir Antoine Nelard,
29:44vous êtes à Washington
29:44pour BFM.
29:46Il faut dire que ça tournait
29:46au règlement de compte
29:47ces derniers jours
29:48chez les Gates.
29:52Oui,
29:53après notamment
29:54la révélation
29:54d'un email
29:55ou du brouillon
29:56d'un mail
29:56que Jeffrey Epstein
29:57a écrit
29:58et dans lequel
29:59il indique
30:00que Bill Gates
30:01a eu des relations
30:02extra-conjugales
30:02avec des filles russes
30:04et qu'à la suite de ça,
30:05il a demandé à Epstein
30:06des médicaments
30:07contre les MST,
30:08un traitement
30:09que Bill Gates
30:09aurait eu l'intention
30:10d'administrer
30:11en douce
30:12à sa femme.
30:13Une affaire
30:13assez sordide
30:14donc
30:15et Bill Gates
30:15a dû s'expliquer.
30:17Il a démenti
30:17cette information
30:18en disant que
30:18c'était une histoire
30:19totalement inventée
30:20par Jeffrey Epstein.
30:21Il s'est excusé
30:22également
30:22en disant
30:23je regrette
30:24chaque minute
30:25que j'ai passé
30:25avec Jeffrey Epstein.
30:27Il précise
30:27que ses relations
30:28avec le pédocriminel
30:29étaient des relations
30:30uniquement d'affaires
30:31dans le cadre
30:31de ses activités
30:33de bienfaisance,
30:34ses oeuvres de bienfaisance.
30:35Il espérait
30:35que Jeffrey Epstein
30:36puisse lever des fonds
30:38pour ses opérations
30:39caritatives.
30:40Alors,
30:40ces explications
30:41n'ont pas du tout
30:41convaincu
30:42l'ex-femme
30:43de Bill Gates.
30:44Elle explique
30:45que Bill Gates
30:46et tous les hommes
30:47cités dans ses fichiers
30:48doivent des explications
30:49bien plus détaillées.
30:51Elle dit aussi
30:51que cette affaire
30:52lui rappelle
30:53de mauvais souvenirs.
30:55C'est vrai
30:55que l'une des causes
30:56du divorce
30:57fracassant
30:58à l'époque
30:58de Bill Gates
30:59et de Melina
31:00c'était justement
31:02les liens
31:03que Bill Gates
31:04entretenait
31:05avec Jeffrey Epstein
31:05et qui avaient été révélés
31:07au moment du suicide
31:08du pédocriminel.
31:09Merci beaucoup Antoine
31:10Nelard.
31:11Anne-Elisabeth Moutet,
31:12J'ai dit Bill Gates.
31:12Il y a Elon Musk
31:13aussi dont on apprend
31:14qu'il a cherché
31:15à se rendre
31:15sur la fameuse île
31:16d'Epfstein.
31:17Quand on sait
31:18comment Elon Musk
31:19a tenté d'utiliser
31:20cette affaire
31:21en écrivant un tweet
31:22il y a quelques mois
31:23avant de l'effacer
31:24en disant
31:24Donald Trump cache la vérité
31:26il y a une sorte
31:26de petit retour
31:27de boomerang.
31:27Alors il y a un petit peu
31:29il faut tout de même
31:29aussi se rendre compte
31:30qu'à New York
31:31quand quelqu'un est milliardaire
31:32qu'il a la réputation
31:33d'être en plus
31:33un financier de génie
31:34qu'il n'est ou qu'il n'est pas
31:36on ne sait pas
31:36quand il a réputation
31:38d'être hospitalier
31:39il est hospitalier
31:40dans un hôtel particulier
31:41qui se trouve
31:42le plus grand hôtel particulier
31:43de New York
31:44dans le meilleur quartier
31:45de New York
31:45entre la 5ème avenue
31:46Madison Avenue
31:47dans ce qu'on appelle
31:48l'Upper East Side
31:49The place to be
31:49S'il vous invite
31:50on y va.
31:52Alors ensuite
31:52quand on voit
31:53comment ça se passe
31:53Tina Brown
31:54qui a été la directrice
31:55de Vanity Fair
31:56et ensuite du New Yorker
31:57a dit
31:57mais quand on voit
31:58ce que c'est que ces trucs là
31:59on s'en va tout de suite
32:00ce qu'elle a fait
32:01donc c'est tout de même
32:02assez différent
32:03mais c'est vrai aussi
32:05qu'il était auréolé
32:06du fait que c'était quelqu'un
32:07qui rendait tellement de services
32:08visiblement
32:09à ses clients financiers
32:10qu'il leur faisait un cadeau
32:12qui était cette maison
32:13cette maison
32:13lui a été donnée
32:15par un de ses premiers clients
32:16c'est le patron
32:16d'une boîte
32:17de prêt-à-porter
32:18qui comprend entre autres
32:19Victoria's Secret
32:20mais pas que
32:20Leslie Wexner
32:21c'était une maison
32:22qui appartenait à Leslie Wexner
32:24et il la lui laisse
32:25aujourd'hui
32:26c'est une maison
32:26qui vaut probablement
32:27100 millions de dollars
32:28donc quand on vous fait
32:29un cadeau comme ça
32:29comme un bonus
32:31on se dit
32:32mais c'est vraiment
32:32un type de génie
32:33mais ce que lui
32:34est en train de faire
32:35ce sont des réseaux
32:36d'influence
32:37en montant
32:39sur cette réputation
32:40mais ça veut dire
32:40qu'on va continuer
32:41à découvrir des choses
32:42dans les jours
32:42dans les semaines qui viennent
32:43au fur et à mesure
32:43que tout le monde
32:44épluche ses dossiers
32:45bien sûr
32:45et je ne sais pas
32:46si on a le temps
32:47de parler de ce qui s'est
32:47passé en Angleterre
32:48mais l'un des grands
32:51conseillers de Tony Blair
32:52l'un des artisans
32:53de la pensée
32:54du New Labour
32:55dans la période Tony Blair
32:56a joué contre
32:58le Premier ministre
32:59Gordon Brown
32:59qui a succédé
33:00à Tony Blair
33:01au sein du Parti Travailliste
33:03en donnant des informations
33:04d'abord des secrets d'État
33:06sur ce que l'État
33:07avait décidé de faire
33:07ensuite des informations
33:09d'initié
33:09c'est-à-dire qu'il a dit
33:10demain
33:10la Banque d'Angleterre
33:12va prendre cette décision
33:13demain
33:13les marchés vont faire ça
33:15nous allons
33:15interdire au marché
33:16de faire ça
33:16en d'autres termes
33:17c'est la trahison politique
33:18et c'est un délit financier
33:20donc c'est un truc énorme
33:21il avait été renommé
33:23à l'instant
33:23enfin à l'instant
33:24il y a quelques mois
33:24par le Premier ministre actuel
33:26britannique
33:27Keir Starmer
33:28ambassadeur des États-Unis
33:29à Washington
33:30parce qu'il a dû s'excuser
33:31Keir Starmer
33:33aujourd'hui
33:33pour cette nomination
33:34c'est devenu Lord
33:35Mandelson
33:36il a démissionné
33:37de la Chambre des Lords
33:37on ne sait pas
33:38si comme l'ex-prince Andrew
33:39il va perdre son titre
33:40mais lui
33:42c'est une trahison
33:43que les Britanniques
33:44aujourd'hui
33:45comparent à celle
33:45de Kim Philby
33:46qui était passé à l'Est
33:47dans les années 50
33:48merci beaucoup à tous les quatre
33:50d'être venus ce soir sur ce plateau
33:51on va continuer d'en parler
33:52de cette affaire
33:52Epstein
33:53plus précisément
33:54de l'un des volets français
33:55avec une femme
33:56qui va nous rejoindre
33:57à présent
33:58qui est au cœur
33:59de l'actualité
34:00qui n'avait pas pris la parole
34:01jusqu'ici
34:02qui a choisi de le faire
34:03sur le plateau
34:03de 60 minutes
34:04c'est Caroline Lang
34:05qui nous rejoint
34:07à présent
34:08Caroline Lang
34:09c'est la première fois
34:11donc que vous prenez la parole
34:12bonsoir
34:12je vous laisse vous installer
34:13sur ce plateau
34:15bonsoir
34:15soyez la bienvenue
34:16vous êtes productrice
34:17vous êtes une personnalité
34:18du monde de la culture
34:20vous êtes la fille
34:21de Jack Lang
34:21et vous êtes aussi
34:22donc au cœur
34:23de l'un des volets
34:24de cette affaire Epstein
34:25en France
34:26vous avez dû démissionner
34:27de votre poste de président
34:27du syndicat
34:28des producteurs indépendants
34:29après des révélations
34:30de Mediapart
34:32au sujet de liens financiers
34:33avec Jeffrey Epstein
34:36en 2016
34:37je vais tenter
34:37de reprendre les choses
34:38chronologiquement
34:38et d'être clair
34:39si vous me permettez
34:40je voudrais juste dire
34:41en préambule
34:42que si j'ai accepté
34:43votre invitation
34:44ce soir
34:45alors que je ne suis pas
34:46une personne publique
34:47et que je n'ai jamais souhaité
34:49être une personne publique
34:50c'est justement
34:51parce que je voudrais
34:52rétablir la véracité
34:54des faits
34:55me concernant
34:55principalement
34:56et aussi
34:58ma famille
34:59et que
35:00je n'aime pas du tout
35:02l'expression
35:03que vous avez
35:04également utilisée
35:05tout à l'heure
35:06quand vous avez commencé
35:08de parler
35:08de l'affaire Epstein
35:09que j'aurais
35:10fait des affaires
35:11avec monsieur
35:12Epstein
35:13on en parle
35:14on va en parler
35:15mais je voulais vous dire
35:17pourquoi
35:17en préambule
35:18et pour vos téléspectateurs
35:19pourquoi j'ai accepté
35:20cette invitation
35:21alors on est en 2016
35:22vous êtes à la tête
35:24de Warner Bros
35:25télévision pour la France
35:26vous créez
35:27avec Jeffrey Epstein
35:28une société
35:29basée dans les îles
35:30vierges américaines
35:31pour financer
35:32l'achat d'oeuvres d'art
35:34jusqu'à présent
35:34on est d'accord
35:35oui
35:36peut-être
35:36je pourrais
35:36d'un mot
35:37vous le connaissiez
35:38depuis quand
35:38je vais commencer par ça
35:40je pense que c'est bien
35:41que les gens comprennent
35:43j'ai rencontré
35:44monsieur Epstein
35:45en 2012
35:464 ans avant
35:47donc de créer
35:47cette entreprise
35:48par des amis
35:49et de très bons amis
35:52que je connaissais
35:52depuis plus de 30 ans
35:54avec lesquels
35:55on avait une passion
35:57pour l'art
35:57et donc nous allions
35:58visiter des expositions
36:00donc vous le rencontrez
36:01en 2012
36:024 ans plus tard
36:03en 2016
36:03vous créez
36:04cette société
36:04avec lui
36:05vous avez la moitié
36:06des parts
36:06il en a la moitié
36:07laissez-moi
36:08s'il vous plaît
36:08je veux être précise
36:09j'essaye aussi
36:11voilà
36:11donc nous visitions
36:13beaucoup d'expositions
36:14et monsieur Epstein
36:16aimait
36:17comme moi
36:18l'art contemporain
36:19les expositions
36:23les concerts
36:24et l'architecture
36:25en 2013
36:27j'ai perdu
36:28ma soeur
36:29Valérie
36:30d'un cancer
36:31foudroyant
36:32et
36:33j'ai horriblement
36:34souffert
36:35comme mes parents
36:36et monsieur Epstein
36:37a été
36:38très amical
36:40dans cette période
36:41qui a été
36:42extrêmement douloureuse
36:44j'aimais effectivement
36:45beaucoup l'art contemporain
36:46et lui aussi
36:48monsieur Epstein
36:49m'a proposé
36:50que nous créions
36:51ensemble
36:52un fonds
36:53pour
36:54soutenir
36:55des jeunes artistes
36:56peintres
36:57ou sculpteurs
36:58français
36:59ou internationaux
37:01fonds qui est doté
37:02d'1,4 million
37:04de dollars
37:05vous avez la moitié
37:06des parts
37:07il a l'autre moitié
37:08on est donc en 2016
37:11à ce moment là
37:12j'essaye d'avancer
37:14alors à ce moment là
37:15c'est monsieur Epstein
37:17avec ses avocats
37:18et son administrateur
37:19qui crée
37:19une société
37:20c'est lui
37:23qui l'a créé
37:23c'est lui
37:23qui l'a créé
37:24mais vous avez la moitié
37:25des parts
37:25j'ai la moitié des parts
37:27mais je veux préciser
37:28qu'il crée
37:29cette société
37:30les 1,4 million
37:32qu'il met
37:33lui
37:34dans cette société
37:35évidemment
37:36je n'en ai pas
37:37la moitié des parts
37:38cet argent
37:41il est mis
37:42et c'est spécifié
37:43dans les statuts
37:44pour acquérir
37:45des oeuvres
37:46c'est de l'argent
37:47que vous ne touchez pas
37:48c'est de l'argent
37:48que je ne touche pas
37:49mais il y a la moitié
37:50à votre nom
37:50la moitié aussi
37:51c'est bien ça
37:51oui mais c'est très clair
37:52dans les statuts
37:54de la société
37:55que cet argent
37:56sert uniquement
37:58à acheter
37:59et à acquérir
38:00des oeuvres
38:01et à financer
38:02des jeunes artistes
38:03donc je n'ai absolument
38:05aucun moyen
38:07et aucune possibilité
38:08de toucher
38:09ces 1,4 million
38:10ça n'était pas votre argent
38:11c'est ce que vous nous expliquez
38:12ça ne m'intéresse pas
38:12ça me semble très très clair
38:13on est en 2016
38:15en 2008
38:178 ans avant
38:19donc Jeffrey Epstein
38:19a déjà été condamné
38:21aux Etats-Unis
38:21pour avoir eu recours
38:22à des prostituées
38:24à des jeunes filles
38:25très jeunes
38:26de 14 ans
38:27il a été condamné
38:28à 18 mois de prison
38:29finalement il n'en fait que 13
38:30à l'issue d'un accord
38:31avec la justice américaine
38:33quand vous faites cet accord
38:34avec lui
38:35en 2016
38:36vous êtes au courant
38:37en 2000
38:39donc comme je vous l'ai dit
38:40j'ai rencontré
38:40monsieur Epstein
38:41en 2012
38:42en 2014
38:43monsieur Epstein
38:45me dit
38:45que si je vais
38:47sur Google
38:47je vais peut-être
38:49voir une chose
38:50sur lui
38:50qui ne va pas
38:51me plaire
38:51vous allez sur Google
38:52donc je vais sur Google
38:53et je tombe sur un seul article
38:55pas des articles
38:56mais un seul article
38:57d'un article
39:00d'un journal de Floride
39:02qui mentionne
39:03que monsieur Epstein
39:04a été condamné
39:05à 13 mois de prison
39:07pour avoir sollicité
39:10une prostituée
39:11de 16 ans
39:12pour un massage
39:13quelle est votre réaction
39:15à ce moment-là ?
39:15ma réaction
39:16je suis horrifiée
39:17je lui dis
39:18c'est absolument dégueulasse
39:19ce que tu as fait
39:20c'est immonde
39:21comment tu as pu faire
39:22une chose pareille
39:23et il me répond
39:24oui
39:25c'est horrible
39:26je le regrette
39:28amèrement
39:28mais j'ai payé ma dette
39:30j'ai été 13 mois en prison
39:32j'ai indemnisé la victime
39:34et je me suis fait soigner
39:35et moi
39:38je me dis
39:39bon
39:39très bien
39:40dans la vie
39:41quand on a payé sa dette
39:43à la société
39:44et qu'on a indemnisé
39:46sa victime
39:47et il a passé 13 mois
39:48en prison
39:48on a droit
39:49à une seconde chance
39:50donc vous n'allez pas plus loin
39:52dans la discussion avec lui
39:53vous considérez
39:53que le sujet est clos
39:54mais si j'ai une vraie discussion
39:56avec lui
39:56je ne sais pas que je ne vais pas plus loin
39:58à aucun moment
39:58vous me dites
39:58au vu de ce que j'apprends aujourd'hui
40:00avec lui
40:00bien sûr que j'ai une vraie discussion
40:03mais
40:04je pense que
40:06dans la vie
40:06ce n'est pas que pour monsieur Epstein
40:08quand on va en prison
40:10quand on a fait des vols
40:11etc
40:12on a sa peine de prison
40:14et après une peine de prison
40:15c'est ça la prison
40:18même dans une affaire
40:19comme celle-ci
40:20qui mettait en cause
40:21une jeune fille de 14 ans
40:22moi j'avais lu
40:24que c'était une fille de 16 ans
40:25c'était un massage
40:27et ce n'était pas un viol
40:28on découvre également
40:32dans les statuts de cette entreprise
40:33que votre père
40:34Jack Lang
40:35en faisait partie
40:36la société
40:37devait être dissoute
40:38si vous mouriez
40:39s'il mourait
40:40ou si Jeffrey Epstein
40:42mourait
40:43comment vous l'expliquez
40:44que Jack Lang
40:44se retrouve dans les statuts
40:46de cette entreprise
40:46lui dit aujourd'hui
40:47qu'il n'était pas au courant
40:49non
40:49mon père ne faisait pas partie
40:51de cette entreprise
40:51il n'avait rien à voir
40:53avec ce truc
40:53mais il était bien dans les statuts
40:54laissez-moi répondre
40:55pardon
40:56il était bien dans les statuts
40:57il n'était pas dans les statuts
40:59de cette société
41:00il y a un article
41:02dans cette société
41:03je vous avoue
41:04que moi-même
41:04j'ai découvert
41:06récemment
41:07en relisant
41:08les statuts de cette société
41:09quand vous dites récemment
41:10cette semaine
41:11oui cette semaine
41:12quand Mediapart
41:13vous a contacté
41:14quand Mediapart
41:14m'a contacté
41:16et
41:16mais à culpard
41:18j'aurais dû être
41:19faire beaucoup plus attention
41:20quand j'ai signé
41:23les papiers
41:23de cette société
41:24où effectivement
41:25il était indiqué
41:26qu'en cas
41:27de la mort
41:29de
41:30Jeffrey Epstein
41:32en cas de ma disparition
41:34et en cas de la disparition
41:36de mon père
41:37cette société
41:38serait dissoute
41:39c'est le seul endroit
41:40où il y a
41:41le nom de mon père
41:42je ne sais pas pourquoi
41:45donc ce que vous dites
41:46c'est que vous ne le saviez pas
41:47que lui non plus
41:48ne le savait pas
41:49et que tous les deux
41:50vous l'avez découvert
41:50à l'occasion
41:51d'une rencontre
41:52avec des journalistes
41:53de Mediapart
41:53il y a quelques jours
41:54c'est ça
41:55mais mon père
41:56n'avait strictement
41:57rien à voir
41:59avec cette société
42:00et avec cette entreprise
42:02c'était
42:03cette idée
42:04de soutenir
42:05des jeunes artistes
42:06cette idée
42:07était une idée
42:08entre monsieur Epstein
42:10et moi
42:10mon père
42:11n'y avait strictement
42:12rien à voir
42:13l'argent de cette société
42:14il est devenu quoi ?
42:16quand monsieur Epstein
42:17a été arrêté
42:192019
42:19en 2019
42:20j'ai eu un choc
42:22j'ai été
42:23horrifiée
42:25des crimes
42:26monstrueux
42:27qu'il avait commis
42:28j'ai donc
42:31immédiatement
42:32écrit
42:32aux avocats
42:34de monsieur Epstein
42:35leur disant
42:37que je révoquais
42:38ma présence
42:39dans cette société
42:40que je souhaitais
42:41qu'elle soit fermée
42:42immédiatement
42:43que je renonçais
42:45à tous les
42:46tableaux
42:47qui faisaient partie
42:48de cette collection
42:49et que si jamais
42:51il les vendait
42:53je ne voulais absolument
42:54pas un centime
42:55de la vente éventuelle
42:57de ces tableaux
42:58donc cette société
42:59avant ou après la mort
43:00de Jeffrey Epstein
43:01elle ne vous a rien apporté ?
43:03rien
43:03pas un centime
43:04pas un dollar
43:05rien
43:05mais d'ailleurs
43:06ce n'était pas
43:07l'objectif
43:08donc c'est pour ça
43:09que je n'aime pas
43:10qu'on emploie
43:11que j'ai fait des affaires
43:12avec monsieur Epstein
43:13car l'objet de cette société
43:15n'était pas
43:15de faire des affaires
43:17donc je n'en ai jamais
43:19tiré le moins de bénéfices
43:20et quand j'ai su
43:21en plus
43:22l'horreur
43:23de ce qu'il avait fait
43:24évidemment
43:26je ne voulais surtout
43:27n'avoir rien à faire
43:28avec lui
43:30et j'ai montré
43:32à Fabrice Arfi
43:34de Mediapart
43:35dimanche
43:36un certificat
43:38qui montre
43:39bien
43:40que je n'ai
43:41pas touché
43:42un centime
43:43et que j'ai révoqué
43:44tous mes droits
43:45de ce trust
43:45pas un euro
43:46vous nous dites
43:47pas un dollar
43:47touché sur ce fonds
43:49il y a un autre point
43:50sur lequel je vous ai interrogé
43:51forcément Caroline Lang
43:52deux jours avant sa mort en prison
43:53Jeffrey Epstein
43:55s'est suicidé en 2019
43:56il signe un testament
43:58une sorte de testament
43:59dans lequel
43:59il vous lègue
44:005 millions de dollars
44:01il avait beaucoup d'argent
44:02il en avait 500 millions
44:03mais parmi toutes les personnes
44:04à qui il a légué de l'argent
44:05il y a votre nom
44:06dans la liste
44:07comment vous l'expliquez ?
44:09alors je l'ai appris dimanche
44:11par Fabrice Arfi
44:12de Mediapart
44:13qui m'a montré
44:14le testament de
44:15il meurt en 2019
44:16et vous ne l'avez appris
44:17qu'en 2026
44:18je l'ai appris dimanche
44:19j'ai été stupéfaite
44:21jamais
44:23personne ne m'a envoyé
44:25ce testament
44:26que ce soit
44:26les autorités
44:28de la justice américaine
44:31ou les avocats
44:32de monsieur Epstein
44:33j'en avais pas du tout
44:34la moindre idée
44:35donc vous n'avez rien touché ?
44:37bien sûr que non
44:37j'ai rien touché
44:38comment vous expliquez
44:39que votre nom
44:40a été dans la liste ?
44:42alors
44:42moi qui ai travaillé
44:44quand même
44:45pendant 30 ans
44:45pour des américains
44:47et je connais bien
44:48la psyché
44:49de l'Amérique
44:51c'est un système
44:53totalement différent
44:54du nôtre
44:54nous en France
44:56on fait hériter
44:57sa famille
44:57aux Etats-Unis
44:59de nombreuses personnes
45:01font hériter
45:02des amis
45:04des fondations
45:05monsieur Epstein
45:06donnait beaucoup d'argent
45:07à des universités américaines
45:09pour de la recherche
45:11je pense qu'il avait
45:13de l'affection pour moi
45:14il voyait que j'étais
45:17une mère seule
45:17avec deux enfants
45:19que je passais tout mon temps
45:21entre mon travail
45:22que j'aimais beaucoup
45:23mais je travaillais énormément
45:25et j'ai levé seule
45:26mes deux filles
45:27c'est ma seule explication
45:29voilà
45:30je pense qu'il a voulu
45:31être généreux avec moi
45:32si je reviens
45:33à la chronologie
45:33dont on vient de parler
45:34vous le rencontrez en 2012
45:35il meurt en 2019
45:36pendant 7 ans
45:37vous avez donc connu
45:38Jeffrey Epstein
45:39on sait que vous
45:40il vous avait prêté
45:41sa villa
45:42à Palm Beach
45:43en Floride
45:44c'est dans les documents
45:44qui sont sortis aussi
45:45vous y êtes allé
45:46avec vos filles
45:47en vacances
45:48comment vous définiriez
45:49l'homme
45:50qu'il était pour vous
45:51c'était un ami
45:52c'était un intime
45:53c'était un ami
45:55ce n'était pas un intime
45:57il n'était pas du tout
45:58dans mon cercle
46:00proche d'amis
46:01il vous a écrit
46:02dans un mail
46:02j'ai l'impression
46:04de faire partie
46:05de votre famille
46:05c'était son sentiment
46:07à lui
46:07ce n'était pas
46:08ce n'était pas un intime
46:11c'était un ami
46:11je ne dirais pas le contraire
46:13c'était quelqu'un
46:14de sympathique
46:15comme je vous l'ai dit
46:17il a été extrêmement
46:18gentil
46:19avec moi
46:21et ma famille
46:22lors du décès
46:23de ma soeur
46:24qui a été une période
46:25terrible pour nous
46:26mais ce n'était pas
46:27il ne faisait pas partie
46:29de mes proches
46:31intimes
46:31de mes amis
46:32vous diriez
46:33que vous l'avez rencontré
46:34combien de fois
46:34dans votre vie
46:34quinzaine de fois
46:40une quinzaine de fois
46:41est-ce que parfois
46:42c'était chez lui
46:43dans son appartement
46:44à New York
46:44ou dans son appartement
46:45à Paris
46:46je ne suis jamais allée
46:47chez lui
46:47à New York
46:48j'ai été quelquefois
46:51chez lui
46:52dans son appartement
46:53à Paris
46:55et à part
46:57rentrer dans le vestibule
46:59et m'asseoir dans son salon
47:01en face de lui
47:02et avoir été
47:05une fois
47:06à un dîner
47:07et une fois
47:08à un déjeuner
47:08c'est tout
47:09en tout et pour tout
47:10et en plus
47:11à aucun moment
47:11dans ses rencontres
47:13vous n'avez vu
47:14autour de lui
47:14des femmes
47:16très jeunes
47:17dans son entourage
47:19vous n'avez rien vu
47:20non
47:20et je vous dirais
47:22moi mon explication
47:23c'est que
47:25les prédateurs sexuels
47:26on voit bien
47:28dans l'affaire Pellico
47:29c'est des gens
47:30qui ont évidemment
47:31des doubles personnalités
47:32qui cloisonnent
47:34qui cachent bien leur jeu
47:37et qui montrent
47:39des doubles visages
47:40vous avez sans doute
47:43entendu les propos
47:44de votre père
47:45Jack Lang
47:46qui a été interrogé
47:47sur RTL
47:47et sur BFM TV
47:48qui dit
47:48j'assume les liens
47:49que j'avais avec
47:50Jeffrey Epstein
47:51je ne demande pas
47:52le casier judiciaire
47:53des gens que je fréquente
47:54je suis blanc comme neige
47:55est-ce que vous pouvez
47:57comprendre que ces propos
47:59je suis blanc comme neige
48:00ont pu choquer
48:00certaines des victimes
48:02ou est-ce que vous diriez
48:03vous aussi
48:04dans cette affaire
48:04je suis blanche comme neige
48:05mon père
48:07a des expressions
48:09de son époque
48:12on n'est pas
48:14de la même génération
48:15je n'emploierai pas
48:18les mêmes mots
48:19vous diriez quoi vous
48:21aujourd'hui
48:23j'ai été naïve
48:24je n'ai pas fait
48:25assez attention
48:26ou je ne pouvais pas
48:27savoir
48:27mais je ne pouvais pas
48:28savoir
48:29et mon père
48:29non plus
48:30est-ce que vous voyez
48:32le nombre de gens
48:33aux Etats-Unis
48:34qui ont fréquenté
48:36M. Epstein
48:37quand on a connu
48:37M. Epstein
48:38on savait
48:39qu'il fréquentait
48:40la terre entière
48:41il était ami
48:43de M. Trump
48:44de M. Bill Clinton
48:45de tous les hommes
48:47politiques
48:47et femmes politiques
48:48aux Etats-Unis
48:49pourquoi
48:50on ne l'aurait pas
48:50fréquenté ?
48:52comment on pouvait
48:53imaginer des horreurs
48:55pareilles ?
48:56donc
48:56non
48:58je ne vois pas
48:59du tout
48:59pourquoi
49:00on ne l'aurait pas
49:01fréquenté
49:02comment on peut
49:03imaginer
49:04des monstruosités
49:05pareilles ?
49:06je trouve
49:07qu'aujourd'hui
49:08je ne comprends pas
49:09qu'on est soit
49:10en train
49:11de se focaliser
49:13sur ma personne
49:14ou celle
49:15de mon père
49:16moi je trouve
49:17qu'on devrait
49:17se focaliser
49:18sur les hommes
49:20qui ont abusé
49:23de ces pauvres jeunes femmes
49:25qui ne sont pas arrêtées
49:28et qui devraient être en prison
49:28vous avez peut-être entendu
49:29tout à l'heure
49:29on était justement
49:30avec l'une des victimes
49:30présumées de Jean-Luc Brunel
49:31le rabatteur de Jeffrey
49:33il n'y a pas que Brunel
49:34je veux dire
49:35toutes ces jeunes femmes
49:37qui ont été abusées
49:38par M. Epstein
49:39aux Etats-Unis
49:40comment ça se fait
49:41qu'aujourd'hui
49:42aux Etats-Unis
49:43le ministère de la justice
49:45ne poursuit pas
49:46tous ces horribles types
49:48qui ont abusé
49:48de ces femmes
49:49vous avez raison
49:50mais c'est un autre volet
49:51oui mais c'est un volet
49:52c'est un volet
49:54très important
49:55moi je ne comprends pas
49:56aujourd'hui
49:57pourquoi
49:58on vient
49:59me chercher
50:01chercher mon père
50:03vous ne comprenez
50:06quand il dit
50:06je ne démissionnerai pas
50:07vous le comprenez
50:08mais pourquoi
50:09il devrait démissionner
50:10vous avez démissionné
50:11mais moi je suis
50:12dans une situation
50:13différente
50:14j'ai démarré
50:15un nouveau job
50:16il y a trois semaines
50:17mon père
50:18ça fait des années
50:19qu'il est dans sa fonction
50:20je venais juste
50:21de commencer un job
50:22je ne voulais pas
50:24mettre en péril
50:25le syndicat
50:27de la production
50:27indépendante
50:28alors que je venais
50:29juste
50:30de commencer
50:31un nouveau job
50:32vous entendez
50:34Olivier Faure
50:35le patron du PS
50:35ou Renaud Muselier
50:36son prédécesseur
50:37à l'Institut du Monde Arabe
50:38qui dit
50:38il risque d'abîmer
50:41l'image
50:42de l'Institut du Monde Arabe
50:43Renaud Muselier
50:44il a abîmé
50:45l'Institut du Monde Arabe
50:46en n'ayant rien fait
50:47pour l'Institut du Monde Arabe
50:49et Olivier Faure
50:50j'ai envie de lui dire
50:52qu'il travaille
50:53à avoir un plan
50:56pour la France
50:58notre pays
50:58a besoin de nouvelles idées
50:59pour notre pays
51:00un tout dernier mot
51:01Caroline Lang
51:02est-il exact
51:02comme le dit
51:02la journaliste
51:03Laurent Saïm
51:04aujourd'hui
51:04sur ses réseaux sociaux
51:05que vous avez présenté
51:06Jeffrey Epstein
51:06à Dominique Strauss-Kahn
51:07je ne lui ai pas présenté
51:09je lui ai expliqué
51:11et c'est formidable
51:13comment les gens
51:14ont l'art
51:15de déformer vos propos
51:16c'est pour ça
51:17que je vous pose la question
51:17c'est extraordinaire
51:18vous les avez mis en contact
51:19expliquez-moi
51:21je lui ai dit
51:22que
51:23Jeffrey Epstein
51:25avait peut-être
51:26et je ne m'en souviens plus
51:27excusez-moi
51:28parce que ça date quand même
51:29d'il y a plusieurs années
51:30votre journaliste
51:32tout à l'heure
51:33Anne-Elisabeth Moulet
51:35je vous résume
51:36elle a très bien
51:38expliqué comment fonctionnait
51:40je vous résume
51:40parce que le mail
51:41fait partie des fichiers
51:41vous me dites
51:43j'ai besoin qu'on me réfléchisse
51:44la mémoire
51:44je me permets
51:45simplement
51:45vraiment
51:46ce mail
51:48que vous avez envoyé
51:50pardon je n'ai plus l'année
51:50mais je vais la retrouver
51:51dans un instant
51:52adressé à Jeffrey Epstein
51:54tu as un rendez-vous
51:55le 30 juin 2014
51:56ça c'est l'année
51:57à l'hôtel
51:57le Royal Monceau
51:58à 19h30
51:58je t'en dirai plus
51:59quand tu seras à Paris
52:00ce mail c'est vous
52:00qui l'adressez
52:01à Jeffrey Epstein
52:02est-ce que c'est vous
52:03qui avez organisé
52:04un rendez-vous ou pas
52:04ma question est très simple
52:06mais je vous réponds
52:07c'est possible
52:09mais je vous explique
52:10pourquoi
52:11et c'est ce que
52:12a très bien dit
52:13votre journaliste
52:13tout à l'heure
52:14c'est que
52:15monsieur Epstein
52:16était un
52:18gestionnaire
52:18de patrimoine
52:19et il conseillait
52:21économiquement
52:22à l'époque
52:23tous les
52:24princes et rois
52:26du Moyen-Orient
52:27DSK n'était pas
52:28un prince ni un roi
52:29non mais
52:29DSK
52:31était
52:32un spécialiste
52:33de l'économie
52:35mondiale
52:36donc évidemment
52:37monsieur Epstein
52:37ça l'intéressait
52:38de discuter
52:39avec monsieur
52:40Strauss-Kahn
52:41de la situation
52:42économique mondiale
52:43merci beaucoup
52:44Caroline Lang
52:45d'être venue ce soir
52:46sur le plateau
52:46je précise
52:48je pense qu'il faut le dire
52:49et le redire
52:50qu'aucun des messages
52:51des fichiers Epstein
52:52ne laisse penser que
52:53ni vous ni votre père
52:55auriez pu être impliqués
52:56dans des crimes sexuels
52:57pour que les choses
52:58soient parfaitement claires
52:59après ce moment
53:01où vous êtes venue ce soir
53:02vous expliquer
53:03je tenais simplement
53:03à le dire
53:04merci beaucoup
53:05d'être venue ce soir
53:05sur ce plateau
53:07on va parler de tout autre chose
53:08à présent avec nos invités
53:10on va parler du livre
53:11qui avait provoqué
53:12la colère
53:13la fureur même
53:14de la France insoumise
53:14aujourd'hui
53:15ces auteurs reviennent
53:16en librairie
53:16avec de nouvelles révélations
53:17ils sont journalistes
53:18au Monde et à Libération
53:19et ils sont
53:20pas facile d'arriver
53:21après ça
53:22les bienvenus sur ce plateau
53:24bonsoir Olivier Perrou
53:25journaliste au Monde
53:26bonsoir
53:26bonsoir Charlotte Bélaï
53:27journaliste à Libération
53:28vous signez donc
53:29Lameute
53:30alors ça c'est la version
53:31de Lameute
53:31qui est sortie l'an dernier
53:32mais vous avez rajouté
53:33c'est la nouvelle version
53:34c'est la bonne
53:34pardon
53:34qui sort en proche aujourd'hui
53:36mais vous avez rajouté
53:377 nouveaux chapitres
53:39pour ceux qui n'avaient pas suivi
53:41ça s'est vendu
53:41à 125 000 exemplaires
53:43énorme succès de librairie
53:44Lameute ça raconte
53:45les coulisses
53:46d'elle et fiée
53:46de son fonctionnement
53:47les menaces
53:47les purges
53:48le management toxique
53:49les insultes
53:50des dérives également
53:51tout cela
53:52c'est la théorie
53:53en quelque sorte
53:53de votre livre
53:54au service de l'ambition
53:54présidentielle
53:55de Jean-Luc Mélenchon
53:56qui est décrit
53:56comme une sorte
53:57de chef de clan
53:58qu'est-ce qui a changé
54:00entre Lameute 1
54:01et la sortie de ce livre
54:03aujourd'hui
54:03chez la France insoumise
54:04pas grand chose
54:05c'est ce qu'on raconte
54:06c'est 7 chapitres inédits
54:09il raconte
54:11d'abord l'accueil du livre
54:13qui est finalement
54:14venu illustrer
54:15notre propos
54:16c'est-à-dire
54:16un mouvement
54:17incapable
54:19de remise en question
54:21et qui préfère
54:23se cadenasser
54:24dans ses illusions
54:25et contre-attaquer
54:27avec violence
54:28une violence
54:28dont on a été victime
54:29et qui nous empêche
54:30aujourd'hui
54:30de travailler
54:31de continuer
54:32de travailler sur eux
54:33effectivement
54:33vous racontez
54:34ce qui suit
54:35la suite du livre
54:36notamment
54:36comment LFI
54:37a tout fait
54:37pour interdire
54:38la sortie
54:38y compris
54:39en écrivant
54:40à vos patrons
54:40c'est-à-dire
54:41aux patrons
54:41de libération
54:42du monde
54:42pour leur dire
54:43on ne veut plus
54:44que ce soit eux
54:45désormais
54:45qui couvrent
54:46les insoumis
54:47c'est toujours le cas
54:48vous couvrez toujours
54:48mais c'est difficile
54:49alors nous
54:49ce qu'on voulait faire
54:50avec ces chapitres inédits
54:52c'était justement
54:52de raconter
54:53de donner aux lecteurs
54:54vous parliez de théorie
54:55en fait c'est une enquête
54:55qui est alimentée
54:56quand même par 200 témoignages
54:57donc on alimente
54:59vraiment par des documents
55:00le premier volet de l'enquête
55:02et là ce qu'on voulait
55:03un peu raconter
55:04à nos lecteurs
55:05c'était de
55:05comment le livre
55:07avait été accueilli
55:08parce que c'est vrai
55:08qu'on a été un peu
55:09dans une
55:10nous tous les deux
55:10on a été dans une tornade
55:12avec des insultes
55:14des menaces
55:14y compris antisémites
55:16oui tout ce qu'on décrivait
55:17qu'on documentait
55:19dans le premier volet de l'enquête
55:20s'est abattu sur nous
55:21à la sortie du livre
55:23d'abord sur Charlotte
55:24notamment via des insultes
55:25antisémites
55:25extrêmement nombreuses
55:26puis dans un deuxième temps
55:27avec moi
55:28alors que j'étais interdit
55:29de participer
55:30aux universités
55:33d'été de la France Insoumise
55:34exactement
55:35et oui
55:36ils ont fait
55:38de très grosses pressions
55:39et puis les pressions
55:39elles ont commencé
55:40en fait
55:40c'est ce qu'on raconte
55:41dans le livre
55:41un peu avant la sortie du livre
55:43puisqu'on a reçu
55:44une mise en demeure
55:44des avocates
55:46Sophia Chikirou
55:47qui nous interdisait
55:48tout bonnement
55:48de ne pas publier
55:51les extraits
55:52là concernant
55:53et puis derrière
55:54ça a été aussi
55:55une grande campagne
55:57de dénigrement
55:58sur nos méthodes journalistiques
55:59sauf qu'il faut bien se dire
56:00et ça c'est important
56:01de le rappeler
56:01à aucun moment
56:03la France Insoumise
56:04ou ses dirigeants
56:05ne nous ont attaqué
56:07en justice
56:07pour diffamation
56:08ou n'ont remis en cause
56:09les documents
56:10que nous révélons
56:11pas de plainte
56:12pour diffamation
56:12je ne suis plus la gauche
56:13aujourd'hui
56:13je suis le RN
56:14mais ce n'est pas du tout
56:15en lien
56:15c'est ce sur quoi
56:18je voulais insister
56:18c'était prévu
56:19avant la sortie du livre
56:20et finalement
56:21je suis même restée
56:22un peu plus longtemps
56:22que prévue
56:23pour ne pas leur faire
56:23ce plaisir trop tôt
56:24il y a deux femmes
56:25il n'y a pas qu'elles
56:26mais il y a deux femmes
56:27dans ce livre
56:28qui sont en première ligne
56:29Rima Hassan
56:30d'un côté
56:31égérie de la France Insoumise
56:32députée européenne
56:34et Sophia Chikirou
56:35Rima Hassan
56:35d'abord vous racontez
56:36dans la nouvelle partie du livre
56:37par exemple
56:38comment elle a voté
56:39contre une résolution
56:40du Parlement européen
56:41qui réclamait la libération
56:42de l'écrivain franco-algérien
56:43Boualem Sansal
56:44qui était à ce moment-là
56:45détenue en Algérie
56:46et comment elle a tenté
56:47de mettre tout le groupe
56:49de son côté
56:50pourquoi c'est important ?
56:52pourquoi c'est important ?
56:54parce que
56:54le vote de cette résolution
56:56il avait déjà eu lieu
56:56quand la première version
56:58du livre est sortie
56:58ce qui se passe
57:00je fais une parenthèse
57:01ce qui se passe
57:01à la sortie du livre
57:02c'est qu'il y a des attaques
57:03mais il y a aussi
57:03beaucoup de gens
57:03qui nous écrivent
57:05des militants
57:06mais aussi des politiques
57:07des universitaires
57:08et qui nous disent
57:10si vous m'aviez contacté
57:12et qui nous apportent
57:13de nouveaux éléments
57:13qui vont souvent
57:14dans le sens
57:15de ce qu'on racontait
57:16dans la première version
57:16du livre
57:17et donc on va avoir
57:18des informations supplémentaires
57:19sur ce qui s'est passé
57:20au moment de ce vote
57:21parce qu'à l'époque
57:22les insoumis votent
57:23contre cette résolution
57:25qui appelle
57:25à la libération
57:26de Walem Sansal
57:27et à l'époque
57:28il y a une polémique
57:29qui est engendrée
57:30par ce vote
57:31et ils font front
57:32c'est comme ça
57:33et c'est comme d'habitude
57:34mais vous découvrez
57:34qu'en vrai
57:35en coulisses
57:35Rima Hassan
57:37a un peu imposé
57:38sa position
57:38notamment
57:39à une autre députée
57:39européenne
57:39qui s'appelle
57:40Manon Aubry
57:41qui est la chef
57:42du groupe
57:42d'eurodéputés
57:43LFI
57:44mais qu'est-ce que ça dit
57:45de la relation
57:46chez les insoumis
57:47qu'est-ce que ça dit
57:48du fonctionnement
57:48pour vous de ce parti
57:49ça dit beaucoup
57:50de l'influence
57:51que Rima Hassan
57:52a pu installer
57:53et son rôle
57:54aujourd'hui
57:55qu'elle a su travailler
57:57qu'elle s'est octroyée
57:58à la France insoumise
57:59mais ça dit aussi
58:00combien aujourd'hui
58:02la direction
58:03de la France insoumise
58:04a quelque part
58:06un peu peur
58:06de contrevenir
58:07à ce que peut observer
58:08analyser
58:09décider
58:10parfois
58:11Rima Hassan
58:12ils ont compris
58:13que Rima Hassan
58:13avait un rôle politique
58:15électoral
58:15très important pour eux
58:17donc justement
58:18elle leur est utile
58:20quelque part
58:21si je pouvais dire ça
58:21un peu grossièrement
58:22et donc si elle considère
58:24en tout cas
58:25c'est ce qu'on raconte
58:25c'est quand elle considère
58:26qu'il faut voter contre
58:27pour X raisons
58:30qui sera un peu trop long
58:31à raconter malheureusement
58:32ici
58:32mais qu'on décrypte
58:33beaucoup dans le livre
58:34et bien finalement
58:35la direction
58:36lui emboîte le pas
58:37alors les insoumis
58:38ont répondu
58:39d'abord ils se sont tus
58:40après la sortie du livre
58:41ensuite ils ont répondu
58:42dans les médias
58:42que c'était un livre de Rago
58:43qu'il était truffé d'erreur
58:45vous racontez dans ce livre
58:46que vous avez écrit
58:47un message à Jean-Luc Mélenchon
58:48en novembre dernier
58:49pour lui dire
58:50on sort le tome 2
58:51souhaitez-vous
58:52qu'on se rende compte
58:53pour faire le contradictoire
58:55ce qu'on appelle le contradictoire
58:56voici on a retranscrit
58:57ici l'échange
58:58donc c'était des textos
58:59bonjour
58:59une version actualisée
59:00de notre enquête
59:00parue en mai dernier
59:01sera publiée au printemps prochain
59:03nous voulons vous proposer
59:05un échange dans ce cadre
59:06merci d'avance
59:06pour votre réponse
59:07et vous signez
59:07Olivier Perroux
59:08Charlotte Belaïch
59:09c'est vous
59:09la réponse de Jean-Luc Mélenchon
59:12ordure
59:13n'écrivez pas à nouveau
59:14vous ne m'avez jamais demandé
59:16quoi que ce soit
59:16dites à votre ambassade
59:17que ce genre de procédé
59:18les déshonores
59:19recopiez proprement
59:20SVP
59:21ça c'est véridique
59:22c'est le vrai texto
59:23que vous avez reçu
59:23je ne vous demande pas
59:25si vous avez envoyé le livre
59:26à Jean-Luc Mélenchon
59:27non on ne s'y est pas risqué
59:29non mais bon
59:31moi je veux juste insister
59:33la demande de contradictoire
59:35avait été faite
59:36la première fois
59:37elle a été refaite
59:38et vous voyez la réponse
59:39bon et vous savez
59:40que de venir sur ce plateau
59:41ça va vous valoir
59:42je ne sais pas si
59:42les réseaux sociaux
59:43sont encore ouverts
59:43ce que vous avez déjà vécu
59:45en un mot
59:45on ne va pas s'arrêter
59:47d'enquêter
59:47de faire notre travail
59:48de journaliste
59:48pour ça
59:49Charlotte Belaich
59:50Olivier Perroux
59:50La Meute
59:51chez Pocket
59:52à suivre
59:52sur BFM TV
59:54Maxime Switek
59:54pour le 20h
59:56BFM
59:56très belle soirée
59:57à tous
59:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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