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  • il y a 5 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Boris Vallaud, député des Landes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:03Bonjour Boris Vallaud. Ce matin, les membres de la Commission sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public
00:08doivent décider si le rapport sera public, justement.
00:13Que voteront les députés socialistes dont vous êtes le président ?
00:16Alors, vous savez, je ne suis pas membre de la commission d'enquête, donc je n'ai pas eu connaissance
00:20du rapport dont la lecture est réservée à ceux qui en étaient membres.
00:24Alors, les échos que j'en ai, c'est que ça ressemble à l'écrit, à ce que ça a
00:27donné à voir à l'oral, c'est-à-dire une forme de violence verbale, d'insinuation, de fake news,
00:33de mise en cause personnelle.
00:35Un fatras qui montre, qui donne à voir ce qu'au fond est l'extrême droite dans sa détestation du
00:40pluralisme, de la liberté de la presse, de l'indépendance des rédactions, etc.
00:44Donc nous prendrons ce matin, avec les parlementaires membres de la commission, la décision de voter ou non la publication.
00:53– Mais quand vous parlez de fatras, c'est un fatras qui n'a pas de raison d'être publié,
00:57selon vous ?
00:58– C'est un fatras qui donnerait le sentiment que ce n'est non pas le rapport de M. Aloncle,
01:03mais que c'est le rapport de l'Assemblée nationale.
01:05Or, c'est bien le rapport de M. Aloncle avec tout ce que je viens d'en décrire sans en
01:10connaître le détail.
01:11– Les socialistes ont animé le week-end politique réuni en Bretagne.
01:15Un point commun, un point commun, ils refusent l'idée d'une primaire.
01:19Le vote, même dans une primaire, est-ce que ce n'est pas mieux que les intentions de vote ?
01:24Parce que sinon, le candidat sera désigné avec les sondages.
01:27– Vous savez, moi j'ai moins envie de vous parler de la primaire, qui est d'abord,
01:31j'allais dire un affrontement de la gauche contre elle-même,
01:33que de la nécessité de travailler ensemble pour avoir ensemble des choses à porter.
01:38C'est la raison pour laquelle j'ai mis, y compris dans ce week-end,
01:41en allant débattre de la question du travail, j'ai mis les idées en avant.
01:46Si nous ne sommes pas nous-mêmes capables de dire, y compris dans une primaire,
01:49ce que nous voulons, ce que nous sommes, ce que nous proposons aux Françaises et Français,
01:53nous cultiverons nos désaccords alors que nous avons besoin de cultiver nos accords,
01:57de proposer aux Français un projet majoritaire pour le pays
02:00et qui transforme véritablement beaucoup des vies difficiles.
02:03Et c'est pour moi l'essentiel, trouver un candidat commun dans la gauche non-mélenchoniste
02:08qui soit capable de parler d'une seule voix,
02:10qui soit capable aussi de constituer une équipe,
02:13comme nous en avons eu l'inspiration, notamment avec Lionel Jospin.
02:17– Alors je vais quand même vous parler de primaire,
02:18parce que je vous ai lu jusqu'à la fin, figurez-vous,
02:20parce que page 217, vous dites, vous faites une ode à la démocratie,
02:24vous dites, les citoyens sont dépossédés des grands choix,
02:26et vous dites, il faut redonner aux citoyens, je vous cite,
02:29redonner aux citoyens une prise réelle sur les choix qui orientent leur vie.
02:34Pourquoi ? Si vous avez un problème, pourquoi ne pas leur demander de voter ?
02:38– J'ai parfaitement compris votre question.
02:39D'abord parce que le périmètre de cette primaire est trop étroit.
02:43Ensuite parce que je crois que c'est une primaire
02:46que certains qualifient comme de clarification de quoi ?
02:49Je dis de clarification de quoi ? De nos désaccords,
02:51et nous font campagne ensemble ensuite sur nos désaccords.
02:53Pardon, mais nous prenons les choses à l'envers.
02:54Par ailleurs, c'est quand même une question où la gauche passe son temps
02:57à critiquer la Ve République, à critiquer l'institution présidentielle,
03:00à critiquer l'élection présidentielle, et ne sèche de la rejouer.
03:03Moi, je considère qu'après le travail de fond qui est d'abord nécessaire,
03:06nous devons nous poser la question de l'élection législative.
03:08Non pas comme le troisième tour de l'élection présidentielle,
03:11mais comme un moment autonome dans lequel nous disons
03:13ce que sera l'exercice du pouvoir,
03:15ce que sera la responsabilité du Parlement
03:17comme du président de la République.
03:19Ne prenons pas les choses à l'envers
03:21et ne nous divisons pas,
03:23rassemblons-nous autour de ce qui peut nous rassembler,
03:25c'est-à-dire les idées, un projet pour les Françaises et les Français.
03:27Que la politique arrête de parler d'elle-même
03:29et qu'elle parle des idées de fond.
03:31Vous avez dit exercice du pouvoir.
03:33Admettons que ça passe.
03:34Très bien, vous faites un programme, parfait.
03:36Vous désignez un candidat.
03:37Et alors, admettons même, on va rêver,
03:39admettons même qu'il gagne.
03:41Allez, votre camp, la gauche, socialiste, social-démocrate, écologiste,
03:46vous appelez ça comme vous voulez,
03:47allez, ça fait au maximum 20, 22,
03:49si je suis très généreux, je vous dis 25% des voix.
03:52Après ça, il faut gouverner la France.
03:54Gouverner la France.
03:56Avec qui vous le ferez ?
03:57Auprès de qui vous vous tournez ?
04:00Sur votre gauche ?
04:01Avec les filles ?
04:02Ou vers le centre-gauche ?
04:03J'adore la fiction, pour ça,
04:05il y a des séries excellentes qui sont des autres.
04:08Non, non, non, ça c'est la réalité.
04:09Moi, je vous réponds, mais ne me demandez pas,
04:11alors que la gauche, pour l'instant, n'est pas rassemblée,
04:13une fois qu'elle sera rassemblée, avec qui elle va dire ?
04:15Moi, je vous dis de façon très claire
04:17que nous avons d'abord besoin,
04:19s'agissant de cette gauche,
04:20celle qui est une gauche plurielle,
04:21avec des cultures différentes,
04:22des histoires différentes,
04:23des sensibilités différentes,
04:24nous avons besoin d'abord d'un projet commun,
04:27nous avons besoin d'un contrat de législature,
04:29et nous avons besoin de convaincre,
04:32à la fin, plus de 50% des Françaises et des Français,
04:34au second tour.
04:35Mais l'ensemble des Français,
04:36moi, dans ma circonscription,
04:37je m'adresse à tout le monde,
04:38je m'adresse à ceux qui ont voté pour moi,
04:40je m'adresse à ceux qui ne votent plus pour moi,
04:42à ceux qui pourraient voter pour moi.
04:43À la fin, quand on gagne,
04:44il faut faire un gouvernement.
04:45J'ai bien compris votre question.
04:46Vous vous sentez plus à l'aise.
04:47J'ai bien compris votre question.
04:47Mais je vais vous la reposer.
04:48Vous vous sentez plus à l'aise au gouvernement,
04:51avec Manuel Bompard,
04:52ou avec, je ne sais pas, Elisabeth Borne ?
04:53Aujourd'hui, je me sens bien,
04:55avec toute cette gauche,
04:57qui doit faire le choix,
04:59quelque soit la procédure,
05:00d'une gauche...
05:00Mais écoutez, c'est ce que nous avons à construire.
05:03Déjà, nous avons à construire une minorité,
05:04rassemblée,
05:05pour construire une majorité demain.
05:07Prenez les choses dans l'ordre.
05:08Parlons de votre livre.
05:10Nos vies ne sont pas des marchandises
05:12manifestes pour la démarchandisation.
05:14Alors, ce mot, démarchandisation,
05:16fait beaucoup parler,
05:17ce qui prouve que votre livre
05:18rencontre un certain écho.
05:20En une minute,
05:22la démarchandisation, c'est quoi ?
05:23D'abord, c'est le constat
05:24que l'on peut toutes et tous faire,
05:26que nous vivons aujourd'hui
05:28dans un grand magasin,
05:29que tout est à vendre,
05:30tout est à acheter,
05:31de la petite enfance jusqu'à la mort,
05:32de la crèche jusqu'aux pommes funèbres,
05:34en passant par l'école,
05:35par l'accès aux soins,
05:36par l'accès à l'eau,
05:37par l'accès aux fonciers
05:39ou par l'accès aux EHPAD
05:40qui ont été évoqués tout à l'heure
05:41dans une précédente chronique
05:43sur votre antenne.
05:44C'est l'idée que
05:45des pans essentiels de notre vie
05:47nous échappent,
05:48que le marché prétend mieux
05:51que la délibération collective
05:52décider de ce qui est important pour nous
05:54et de ce qui a de la valeur.
05:55Et nous sommes dépossédés
05:57de pans essentiels
05:58de ce qui fait notre vie.
06:00Comment vous soustrayez
06:00tous ces pans au marché ?
06:02Ça sera interdit ?
06:03Interdit d'investir dans la petite enfance ?
06:05Interdit d'investir dans la santé ?
06:07Interdire d'investir dans l'éducation ?
06:08Je vais vous répondre très clairement
06:10et reprendre l'exemple tout à l'heure
06:11du scandale Orpéa
06:12et du changement de nom.
06:14Dans les Landes,
06:15il n'y a pas d'EHPAD
06:16à but lucratif.
06:18Il n'y a pas
06:19d'EHPAD privé lucratif
06:21qui viennent faire de l'argent
06:22sur le dos des personnes âgées.
06:24Eh bien,
06:24il y a un taux d'encadrement
06:25qui était plus élevé
06:26que Orpéa au moment du scandale.
06:28Il y a des prix de journée
06:29qui sont plus faibles
06:30que Orpéa au moment du scandale.
06:31Vivre ensemble,
06:32voilà ce qui est important.
06:33Je vous donne un autre exemple
06:34parce que c'est une utopie concrète
06:35la démarchandisation,
06:36cette reprise de pouvoir.
06:37Vous savez,
06:38l'importance du logement à Vienne.
06:4080% des Viennois
06:41sont locataires.
06:4360% c'est du logement public.
06:44Le plus grand bailleur social d'Europe
06:45est à Vienne.
06:47Eh bien,
06:47vous pouvez être infirmière,
06:48institutrice
06:49et habiter,
06:50être une classe moyenne
06:50qui habite à Vienne.
06:52Voilà ce que c'est
06:53la démarchandisation.
06:53C'est non pas abolir le marché
06:55mais lui donner des limites
06:56et pour un certain nombre de sujets
06:58faire sortir.
06:59Mais comment ?
06:59Par la loi ?
07:00Ça peut être par la loi,
07:01ça peut être par la délibération collective.
07:03Est-ce que dans les choix
07:04qui sont faits,
07:05par exemple,
07:06de remunicipaliser l'eau à Paris,
07:08est-ce qu'il y a
07:08la nécessité d'une loi ?
07:09Non,
07:10il y a la nécessité
07:10d'un choix politique
07:12qui a été fait
07:12par une municipalité socialiste
07:15et qui a conduit
07:16à une baisse du prix de l'eau,
07:17à une augmentation
07:18du taux de renouvellement
07:19des réseaux.
07:20C'est vrai aussi
07:20d'autres départements
07:22comme le mien
07:23dans les Landes.
07:24C'est la question aussi
07:26de ce marché total
07:28avec ce capitalisme numérique
07:29qui fait que notre attention,
07:31ce qu'il y a d'intime,
07:31l'amitié,
07:32l'amour,
07:32devient des marchandises.
07:34Quand vous décidez,
07:35débat qui était dans l'actualité,
07:36de retirer les réseaux sociaux
07:38aux plus jeunes,
07:40est-ce que c'est 16 ans,
07:40est-ce que c'est 14 ans ?
07:41Eh bien,
07:41vous décidez
07:42que l'attention de nos enfants,
07:44que leurs données personnelles
07:45ne sont pas des marchandises
07:47et oui,
07:47par la loi,
07:48vous pouvez très bien
07:49le retirer
07:50à ces prédateurs
07:51que sont les réseaux sociaux
07:53et les GAFAM.
07:54C'est en réalité
07:56un mot d'ordre
07:58unificateur
07:58qui unifie les luttes sociales,
08:00les luttes environnementales,
08:01les luttes politiques
08:02et qui redonne du pouvoir
08:04sur nos vies,
08:05ce qui nous fait défaut
08:06aujourd'hui,
08:07ce qui contribue
08:08à l'explosion des inégalités,
08:09à la solitude,
08:10au délitement du lien social.
08:11Merci beaucoup Boris Vallaud.
08:13Nos vies ne sont pas
08:14des marchandises
08:15aux éditions du Seuil.
08:17Merci d'être passé
08:17par les 4V.
08:19au revoir.
08:19Merci.
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