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  • il y a 7 heures
Vjeran Tomic, surnommé l'homme araignée. Un cambrioleur escaladeur comme on en voit seulement dans les séries télé. Plus de quinze ans avant le Louvre, il a commis un vol entré dans l'histoire criminelle. Cinq tableaux de maître dérobés au musée d'Art Moderne de Paris. Un scénario spectaculaire, et des arrestations mais peu de réponses.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:00Merci Antoine Galen, on vous retrouve à 15h, mais tout de suite, votre rendez-vous 100% fait d'hiver,
00:06l'heure du crime.
00:0814h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:12J'ai décroché le Fernand Léger et le Mojigrani par rapport à la commande.
00:16Il était là à côté de la femme à l'éventail, le rouge que j'ai pris.
00:20Et je l'ai contemplé comme ça, à savoir est-ce que je le prends ou pas.
00:23Finalement, je ne l'ai pas pris parce que bon, ce tableau-là, c'est un peu comme si vous
00:25preniez la Joconde.
00:27Bonjour, Vieran Tomic, surnommé l'homme araigné, un cambrioleur-escaladeur, comme on en voit seulement dans les séries télé.
00:36Plus de 15 ans avant le Louvre, il a commis un vol entré dans l'histoire criminelle.
00:42Cinq tableaux de maîtres dérobés au musée d'art moderne de Paris, un scénario spectaculaire.
00:47Vieran Tomic, Picasso, Mojigliani et l'homme araigné, c'est l'heure du crime.
00:53La seule émission radio 100% fait divers et c'est tout de suite sur RTL.
01:02Jeudi 20 mai 2010, peu après 7h30, le commissariat du quartier de Chaillot, au cœur de Paris, est alerté d
01:10'un cambriolage au musée d'art moderne.
01:12Un gardien qui vient de prendre son service a fait comme d'habitude sa ronde autour du bâtiment.
01:18Il a tout d'abord remarqué une issue de secours fermée de l'extérieur avec du fil de fer.
01:23Puis, il a découvert une grande baie vitrée, 2,35 mètres de haut, celle qui donne sur la salle numéro
01:312, ouverte aux quatre vents.
01:33La vitre, qui pèse 80 kilos, a été soigneusement démontée, délicatement déposée sur le sol.
01:41Dans la salle numéro 2, nature morte au chandelier de Fernand Léger a disparu.
01:47Le ou les voleurs ont poursuivi leur visite des lieux en s'emparant, salle numéro 1, du pigeon au petit
01:54poids de Picasso,
01:56de l'Olivier près de l'Estac, de Georges Braque et de la pastorale d'Henri Matisse.
02:01Salle 8, c'est la femme à l'éventail de Modigliani qui n'est plus là.
02:05Cinq chefs-d'oeuvre en volée, seuls les cadres sont retrouvés sur la terrasse.
02:10La conservatrice en chef du musée, Marie-Sophie Caron de la carrière, arrivée vers 8h20 et sidérée.
02:17Le préjudice est considérable.
02:20Selon elle, rien que le Modigliani pourrait valoir 20 millions d'euros.
02:25La ville de Paris évalue les oeuvres volées entre 90 et 100 millions d'euros.
02:32Le ou les cambrioleurs étaient très expérimentés ou très bien renseignés.
02:38Aucune alarme ne s'est déclenchée quand la baie vitrée a été démontée normale.
02:42Elle ne se déclenche que si la vitre est cassée et ce n'est pas le cas ici.
02:47Aucune alarme non plus à l'intérieur.
02:48En fait, le système de sécurité est défaillant depuis deux mois.
02:53Les détecteurs de mouvements sont inopérants.
02:56La vidéosurveillance du PC sécurité est déréglée.
03:00Les courbes de température enregistrées dans le musée situent le cambriolage autour de 3h30 du matin.
03:07Entre 3h35 et 3h51, une caméra a filmé l'image fugitive d'un individu qui emporte un tableau.
03:15La femme à l'éventail, une inspection administrative déplore une intrusion facile, rapide.
03:22Les policiers s'intéressent au personnel du musée et ils font le tour du quartier.
03:26Un jeune SDF qui passe ses journées sur l'esplanade du Trocadéro
03:30dit avoir aperçu deux jours avant le vol, vers 18h, un homme grand, athlétique.
03:36Il fixait les fenêtres du musée.
03:38Il a cru que c'était un flic en civil.
03:40L'individu était de retour le lendemain.
03:43« J'ai vraiment eu l'impression qu'il était au boulot », déclare le témoin.
03:49Jeudi 18 novembre 2010, six mois après le vol,
03:51les policiers de la BAC du 16e arrondissement sont informés par un contact anonyme
03:57que le voleur du musée d'Armodène pourrait être un certain Tomic,
04:01dit Tom, 1m90 et 100kg.
04:04Il se déplace dans un renouis-espace.
04:06Il habite le 16e arrondissement d'Iéran Tomic, 41 ans, né à Paris,
04:12d'origine croate, est effectivement connu pour des vols de bijoux et d'œuvres d'art.
04:16C'est un homme araigné, capable d'escalader les façades des immeubles bourgeois
04:21de la capitale.
04:22Un penchant pour les 8e et 16e arrondissements,
04:25interpellé plusieurs fois, la police l'a surnommé « Spiderman ».
04:30Il s'est démonté des fenêtres et des vitrées.
04:33Le squatter du Trocadéro le reconnaît sur photo
04:36comme étant l'individu qui rôdait autour du musée.
04:40Vieran Tomic est placé sous surveillance.
04:46Et encore quelques mois, et les policiers de la BRB,
04:49la brigade de répression du banditisme,
04:51vont se rapprocher de ce voleur professionnel qui se fait des plus discrets.
04:54Une écoute téléphonique et puis des témoignages vont le mettre en danger.
04:59Cet homme reste à savoir ce que sont devenues les œuvres,
05:01parce que là, l'heure tourne, les semaines passent,
05:04les mois défilent, mais les tableaux ne ressurgissent pas.
05:07Et on sait que vraiment le temps dans ce genre d'affaires est ennemi des enquêteurs
05:12et évidemment ennemi du musée qui ne retrouve pas ses toiles.
05:15On va voir si, effectivement, on va pouvoir mettre la main sur ces tableaux ou pas.
05:19Alors il y a eu récemment le casse du Louvre.
05:22Évidemment, vous connaissez ce casse du Louvre,
05:24mais plus de 15 ans avant, c'était donc celui du casse du musée d'Armondaine de Paris
05:28et qui frappe toujours autant aujourd'hui avec le recul
05:31quand on relie les procès verbaux de l'époque,
05:34les comptes rendus administratifs,
05:36les rapports qui ont été faits,
05:38c'est la facilité avec laquelle tout ça s'est produit.
05:42Bonjour Olivier Bouchara.
05:43Bonjour Jean-Alphonse.
05:45Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
05:47Vous êtes journaliste, directeur éditorial du magazine Vanity Fair France
05:51et auteur de documentaires.
05:53Et vous connaissez parfaitement cette affaire.
05:55Vous la connaissez d'autant mieux que vous avez interrogé à plusieurs reprises
05:59et vous allez nous en parler.
06:00Le principal protagoniste, Vieran Tomic, à lui tout seul,
06:04c'est un personnage qui fait presque toute cette histoire.
06:07Alors Olivier Bouchara, question simple,
06:10ce cambriolage, tout de suite,
06:12et c'est incroyable, ce cambriolage en plein Paris,
06:14dans un des musées les plus célèbres de la capitale
06:17et peut-être sans doute l'un des mieux protégés,
06:19ce cambriolage, c'est un coup de tonnerre.
06:22Ah oui, c'est extraordinaire.
06:23C'est toute une partie de l'histoire de l'art qui a disparu cette nuit-là.
06:26Il y a l'une des plus fascinantes nature-mortes de Picasso,
06:29le pigeon au petit poids.
06:30Il y a deux trésors du fauvisme,
06:32la pastorale de Matisse et l'olivier près de l'estac de Georges Braque.
06:37Et il y a deux merveilles des avant-gardes,
06:40la nature-morte au chandelier de Fernand Léger
06:42et la femme à l'éventail de Modigliani.
06:44Oui, et ça, ça vaut des millions,
06:46100 millions d'après les estimations de la ville de Paris,
06:48puisque ce musée, il est géré par la ville de Paris.
06:51Il y a encore une question, Olivier Bouchara.
06:53Le ou les voleurs ont bénéficié de l'état déplorable du musée ?
06:57Ça, on le découvre avec cette affaire.
06:59En matière de sécurité, c'est épouvantable.
07:02Oui, en fait, on va découvrir que depuis des mois,
07:04l'alarme du musée ne fonctionnait pas.
07:06On va découvrir aussi que certains détecteurs de mouvements,
07:09vous savez, ces petites diodes qui passent du rouge au vert,
07:14selon votre présence, ne marchent pas non plus.
07:16Donc, on va découvrir que le musée était une cible de choix
07:19pour les cambrioleurs.
07:20pour le cambrioleur, comme on le verra par la suite.
07:23Bonjour Laurent Alverola.
07:25Bonjour.
07:26Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
07:28Vous êtes ancien commandant de la brigade de répression du banditisme,
07:32la fameuse BRB,
07:33où vous êtes toujours sur les très gros coups dans ses affaires.
07:37Vous êtes les premiers sur place.
07:39Vous étiez chef de groupe Vol avec Effraction.
07:42Donc là, vous êtes au cœur de votre discipline et de votre expérience.
07:48Qu'est-ce qu'on se dit, monsieur Alverola, dès lors qu'on a ce genre de vol,
07:52on se dit, il y a des complicités internes.
07:54Ce n'est pas possible.
07:55Pas forcément, non.
07:56Pas forcément.
07:57Non, non.
07:58On en trouve parfois, évidemment, sur les affaires.
08:01C'est ce qu'on cherche dans un premier temps.
08:04Mais dans le cas d'Espèce, non.
08:07Alors, on ne connaît pas encore.
08:09On ne sait pas que Tommy, qui est l'auteur du vol.
08:11Bien sûr.
08:11Mais avec ce type de personnage, il y a rarement de complicité interne.
08:16On n'en a pas besoin.
08:17Ils sont en solo.
08:18Tout à fait.
08:19Tout à fait.
08:19C'est un solitaire.
08:21D'ailleurs, il n'a confiance en personne.
08:25Un petit peu dans son recéleur, quand même, parce qu'il est obligé.
08:28Mais c'est un garçon qui vit seul, qui ne fréquente personne.
08:32Ce qui fait que, pour ce qui le concerne, non, il y a rarement de complicité.
08:35Voilà.
08:36Alors, à la fois, c'est plus facile pour vous, parce qu'il y a un seul homme, j'ai
08:38envie de dire.
08:39Et c'est moins facile, parce que quand ils sont plusieurs, ça commence à parler beaucoup plus.
08:43Question aussi.
08:44La baie vitrée, je disais, la vitre, elle fait 80 kilos.
08:49Alors, on l'a soulevé avec des ventouses, certes.
08:51Alors là, il faut une expérience.
08:54Il faut de la puissance.
08:55Ce n'est pas donné à tout le monde, de faire ce genre de coup.
08:58Alors, absolument.
08:58Mais c'est ce qui caractérise Tomic.
09:00C'est un athlète.
09:02Il est de grande taille.
09:05Il est très, très, très costaud.
09:07C'est un type qu'on a suivi plusieurs jours.
09:09Et on l'a vu s'entraîner quotidiennement.
09:11À faire des tractions.
09:13Au bois de Boulogne.
09:14Sur un parcours sportif.
09:16En plus de ça, il a une technique.
09:19Évidemment, c'est quelqu'un de chevronné.
09:21Il sait comment déplacer des choses lourdes, que ce soit l'immobilier ou des fenêtres comme celle-là.
09:28Donc, ce n'est pas surprenant.
09:29Non, non, moi, ça ne me surprend pas qu'il y soit parvenu.
09:32Olivier Bouchara, il y a le choix des tableaux.
09:34Alors, ce n'est pas un hasard, finalement, ce choix.
09:37On pense tout de suite qu'il s'agit d'une commande.
09:40Au départ, les enquêteurs imaginent qu'il y a un gang derrière cette opération.
09:44Ils s'imaginent qu'il y a plusieurs hommes, peut-être venus de l'Est,
09:48qui ont répondu à une commande très précise pour prendre ces cinq tableaux.
09:52On découvrira par la suite que ce n'est pas tout à fait ça.
09:55Encore une question, Olivier Bouchara.
09:56Ça fait scandale, ce système des faillances.
09:59Je voudrais qu'on revienne un peu là-dessus.
10:00Parce qu'effectivement, la sécurité du musée n'était pas terrible.
10:03À l'époque, c'était un scandale absolu.
10:05L'adjoint à la culture du maire de Paris dénonce des manquements graves.
10:10C'est proprement hallucinant.
10:12Au départ, on imagine qu'il y a des complicités en interne.
10:16On se dit que ce n'est pas possible.
10:17On ne peut pas rentrer comme ça dans ce musée
10:19et voler en 17 minutes cinq tableaux majeurs de l'histoire de l'art.
10:23On va se rendre compte par la suite que si, c'était tout à fait possible.
10:28Et même par un seul homme.
10:29Laurent Alverrola, juste un petit mot sur la vidéo.
10:31On voit une vidéo, on voit une ombre fugitive, je crois, qui emmène un tableau.
10:35Vous arrivez à déterminer un petit peu ?
10:37Non, l'image n'est pas assez nette, pas assez précise pour identifier l'individu.
10:44Toutefois, mais ça, on a pu l'établir après,
10:48effectivement, la silhouette correspond à celle de Tomic.
10:51Vous avez quelqu'un d'athlatique.
10:52Oui, quelqu'un d'athlatique, assez grand.
10:55Très calme.
10:56Très calme, qui déambule dans les couloirs, dans les salles du musée.
11:00Incroyable.
11:00De manière tout à fait tranquille.
11:02Il ne court pas.
11:04Comment ?
11:04Il ne court pas.
11:05Ah non, non, non.
11:06Il n'a pas l'air.
11:06Il se déplace.
11:07Il marche.
11:07Il marche.
11:08Il marche avec les tableaux, avec les cadres dans les bras.
11:11Et ça demande effectivement une force.
11:13Une certaine force.
11:14Puisqu'en manipulant ces objets, mes collègues ont pu constater
11:16que c'était très lourd.
11:17Et qu'il fallait être doté d'une certaine force physique pour pouvoir le faire.
11:23Un an après le vol, Spiderman va être interpellé.
11:26Dier Antomic, Picasso, Modigliani et l'homme araigné.
11:29Et quand j'ai vu que l'alarme ne se déclenchait pas, j'ai continué.
11:33Il fallait que j'en profite.
11:35L'enquête de l'heure du crime.
11:36On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:53L'heure du crime consacrée aujourd'hui au vol spectaculaire au musée d'art moderne à Paris
12:02en mai 2010, 15 ans avant le Louvre.
12:04Cinq toiles de mètres remportées avec une facilité déconcertante.
12:08La piste de l'homme seul se précise.
12:11Six mois plus tard, un cambrioleur surnommé Spiderman est sous surveillance.
12:16Les policiers de la BRB ne lâchent plus Vieran Tomic.
12:20La téléphonie montre que l'homme araigné a passé de nombreux appels la nuit du cambriolage au musée.
12:26Sauf entre 2h et 6h du matin, le créneau au cours duquel le vol a été commis.
12:32Divers 7h, Tomic était aux abords de la gare de Lyon.
12:35Le nom de l'antiquaire Jean-Michel Corvez, qui tient dans le quartier la boutique Paris Or, apparaît.
12:42Sept mois après le vol des tableaux, les enquêteurs notent que Tomic, pris en filature, est sur ses gardes.
12:48Il apparaît comme un cambrioleur extrêmement méfiant, opérant seulement la nuit,
12:52lorsque les rues de la capitale ne sont traversées que par quelques noctambules, note un rapport policier.
12:59Sur une écoute, Tomic finit par se trahir.
13:02Il parle du vol du musée.
13:04« Les flics veulent que je leur ramène les tableaux, mais ils savent très bien qu'ils ne les auront
13:09pas.
13:09Je les ai vendus à 35 000 euros par tête, » Tomic ajoute.
13:14« Ils n'arrivent pas à comprendre que les tableaux sont vendus, mais c'est un truc de malade. »
13:21Mardi 14 juin 2011, 13 mois après le vol au musée d'art moderne,
13:26Vieran Tomic, qui vient d'être incarcéré pour un vol de 8 toiles de mètres dans un immeuble du 16e
13:32arrondissement,
13:32est extrait de sa cellule et placé en garde à vue.
13:36Il ne tergiverse pas.
13:38Il avoue le vol au musée.
13:40Il explique avoir reçu une commande de quelqu'un vivant à l'étranger pour un Fernand Léger qui était intitulé
13:47« Les disques ».
13:48Mais le tableau n'était plus exposé.
13:50Le commanditaire se serait donc rabattu sur la nature morte au chandelier.
13:55Tomic a fait de nombreux repérages, visité le musée comme un simple touriste.
14:00Il a acheté pour 200 euros de matériel chez Castorama.
14:03Il a préparé plusieurs soirs la fenêtre de la salle numéro 2,
14:07« Décapant, tournevis ».
14:09Il savait qu'il lui faudrait 30 à 40 minutes pour démonter la vitre, soulevée avec des ventouses.
14:15« J'ai travaillé presque 6 nuits pour bien préparer mon coup.
14:18Je ne voulais rien laisser au hasard », dit Tomic.
14:20Il avait des gants, un sweat à capuche, un bandana sur le visage.
14:25Quand il a vu qu'aucune alarme ne se déclenchait, il a été surpris.
14:28Il ignorait que le système était hors service.
14:32« Il fallait que j'en profite », reconnaît-il, pour le mot d'Igliani.
14:35« Il a failli emporter la femme aux yeux bleus, mais dès qu'on s'est vus, elle et moi,
14:41il y a eu un problème.
14:43Je me suis dit, ne la touche pas, sinon tu auras la poisse de ta vie », racontera-t-il
14:48dans le journal Vanity Fair.
14:50Il s'est donc rabattu sur la femme à l'éventail.
14:52« Le casse, selon lui, a duré 17 minutes ».
14:57Vieran Tomic explique avoir remis les tableaux à son commanditaire, au quatrième sous-sol d'un parking dans le quartier
15:03de la Bastille.
15:04Deux jours plus tard, il a reçu 40 000 euros en coupure de 10 et 20 euros.
15:09Un mois après les aveux de Tomic, l'antiquaire de la gare de Lyon, Jean-Michel Corvez, est placé en
15:15garde à vue.
15:15Il dit tout ignoré du vol du musée d'art moderne.
15:18« Tout ce qu'il sait, c'est ce qu'il a lu dans les journaux ».
15:22Après quelques heures d'interrogatoire, il admet que les cinq tableaux sont bien passés entre ses mains.
15:27« Tomic, dit-il, ne devait lui remettre qu'une seule toile, le Fernand Léger.
15:31Il croyait que la toile avait été volée chez un particulier, Corvez, certifie qu'il n'a plus les tableaux.
15:38Il les a gardés pendant un peu plus de six mois, puis un jeune bijoutier lui a proposé de les
15:44stocker dans son atelier. »
15:47Et on va bien sûr se rapprocher de ce mystérieux joaillier.
15:51On suit à la trace ces œuvres d'art.
15:53Reste à savoir où elles se trouvent et si elles n'auraient pas déjà changé de main.
15:57Ainsi fonctionnent souvent les recéleurs, les fourgues, comme on les appelle dans le métier.
16:02On va suivre cette piste dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
16:07Un an pour remonter jusqu'à Vieran Tomic.
16:12Laurent Alverola, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
16:14ancien commandant à la BRB, chef du groupe Vol avec Effraction.
16:18Vous êtes à l'époque sur cette enquête, très précisément.
16:22Lorsque, évidemment, vous aviez Tomic en tête, vous nous l'avez dit, vous commenciez à le suivre, à le filocher,
16:28etc.
16:29Quand vous l'avez cet homme en garde à vue, je précise qu'il a déjà fait de la prison.
16:32Il connaît un petit peu la musique des gardes à vue et tout.
16:35Quel est le personnage que vous avez en face de vous ?
16:37Pour nous, c'est un client agréable, dans la mesure où c'est quelqu'un qui va reconnaître assez facilement
16:45les faits.
16:46Quand, évidemment, on a suffisamment de billes en termes de métier, suffisamment d'éléments à lui servir.
16:54Ce n'est pas quelqu'un qui va évoquer le droit au silence, comme la plupart des gardes à vue.
17:03Et qui plus est, c'est quelqu'un qui est fier.
17:06Fier et qui a parfaitement conscience de ses qualités hors normes, un petit peu, de cambrioleur.
17:13Donc, il a envie qu'on connaisse, il a envie de faire savoir qu'il est quand même un personnage
17:19particulier dans ce milieu de cambrioleur.
17:22Oui, ce n'est pas n'importe qui, c'est ce que vous voulez, il a un certain égo.
17:26Il a un égo assez surdimensionné, même.
17:30Et il a besoin, il sait qu'il a des qualités hors normes, et il a besoin de le faire
17:37savoir.
17:37Et il aime le faire savoir.
17:40Et c'est ce qui va faciliter notre tâche, puisqu'il va reconnaître très très rapidement qu'il est l
17:45'auteur du musée d'art moderne.
17:46Du vol au musée d'art moderne.
17:47C'est un artiste, et il a agi comme un artiste.
17:50Quelque part, c'est ça.
17:52Il a aussi, il a porté son activité assez haut, et il en a fait un art.
18:01Olivier Bouchara, vous êtes avec nous dans l'Ordre du Crime.
18:03Journaliste, directeur éditorial de Vanity Fair France.
18:06Vous connaissez très très bien ce dossier, et vous connaissez très très bien cet homme, Tomic.
18:12Garde à vue pour le musée d'art moderne.
18:15On a l'impression que ce casse pour Vieran Tomic, c'était un jeu d'enfant.
18:22Cette nuit-là, vers 3h du matin, il retire les vis, définitivement, qu'il a préparées.
18:27Il soulève la baie vitrée qui pèse quand même 80 kg, à l'aide de deux ventouses.
18:32Et il la fait glisser sans bruit sur des planchettes en bois.
18:35Après, il y a un dernier rideau de fer métallique, il a un coupe-boulon, il le fait sauter.
18:40Le musée est ouvert, pas besoin de lampe de poche.
18:43À l'intérieur, il y a des veilleuses dans chaque pièce.
18:46Voilà.
18:46Donc Tomic fait quelque part à l'intérieur, il ressort, il patiente un quart d'heure sur les quais de
18:50Seine,
18:51histoire de vérifier qu'une alarme silencieuse n'a pas été déclenchée.
18:54Alors, Olivier Bouchara, Laurent Alvérolat, le policier, nous disait il y a un instant,
18:59il nous faisait le portrait de cet homme très particulier.
19:02Évidemment, c'est un sportif, c'est un as de la grimpe, c'est un escaladeur.
19:07Il est... c'est un as de la varap, quoi.
19:09Il est très fort en escalade, il s'entraîne dur, il fait deux heures de course à pied chaque matin,
19:15suivi de séries de tractions avec 15 kilos de lest à chaque cheville.
19:20Il a un régime de sportif, pas de pain, pas de sucre, pas de sel.
19:24En fait, il sait que s'il n'est pas en forme, il y a une phrase très belle, il
19:28dit
19:28« si tu n'es pas en forme, le vide t'aspire ».
19:30Et il sait qu'une seconde d'inattention et c'est terminé.
19:34Alors là, on n'est pas dans l'escalade, mais enfin, on est dans la force pure.
19:38C'est presque un travail herculéen qu'a fait cet homme pour arracher cette vitre du musée
19:43et pouvoir pénétrer à l'intérieur.
19:45Encore une question pour vous, Olivier Bouchara.
19:48Vierane, on a l'impression qu'il y a un dialogue entre lui et les tableaux
19:53qu'il vient décrocher de ses cimaises, il fait attention à ce qu'il fait.
19:57Il choisit, comme si c'était lui-même un artiste, qu'il a ajouté sa touche de peinture,
20:05finalement, à ses tableaux et à ce musée.
20:07Il en fait peut-être un peu trop, non, quand même ?
20:10Chez les grands voleurs, il y a quelque chose de paradoxal.
20:13C'est-à-dire qu'ils agissent dans une infinie discrétion, c'est le principe de leur métier,
20:18de ne jamais être démasqué.
20:19Mais quand ils le sont, ils éprouvent une forme d'orgueil.
20:23Il dira, d'ailleurs, Vierane, il dira, ce sont mes tableaux.
20:27Comme si le vrai chef-d'oeuvre, c'était celui qu'il avait commis, en pleine nuit, en 17 minutes,
20:32sans se faire prendre.
20:34Laurent Alvérola, c'est compliqué.
20:36Vous êtes, à l'époque, chef de groupe Vol avec Effraction.
20:39Vous les connaissez bien, ces voleurs, ces recéleurs d'oeuvres d'art.
20:43Un mot sur l'antiquaire, Jean-Michel Corvez.
20:46Il esquive les questions.
20:48Mais finalement, c'est très compliqué de savoir ce qui s'est passé,
20:50avec ces gens qui ne vous répondent jamais, qui sont autour du pot.
20:54C'est très compliqué.
20:56C'est un rôle de milieu, quoi, c'est ça ?
20:57Oui, complètement.
20:58C'est très compliqué si vous n'avez pas fait un travail en amont de l'interpellation.
21:04Jean-Michel Corvez a été placé sur écoute pendant plusieurs semaines, plusieurs mois.
21:08Et on avait défini assez précisément quel était son rôle et qui était ce personnage.
21:15Et on a découvert que c'est quelqu'un de très organisé.
21:21qui passait donc des commandes régulièrement à Tomic.
21:24C'est effectivement quelqu'un d'organisé, le véritable recéleur,
21:28qui connaît la valeur des choses, des objets,
21:30qui va préciser à Tomic les objets que Tomic doit voler.
21:37Puisque à plusieurs reprises, il va lui dire, lui donner des conseils,
21:41en lui disant ça, ne prends pas ça, prends plutôt ça, etc.
21:46Non, c'est un personnage qui s'est fermé dès qu'il a été placé en garde à vue.
21:50Il s'est totalement fermé.
21:52Alors c'est l'attitude opposée à celle de Tomic qui, lui, va s'ouvrir
21:55et nous déclarer des choses très intéressantes pour l'enquête.
21:59Alors que Corvez va se taire et refuser de répondre à certaines questions.
22:06Et du coup, on ne sait pas où sont évidemment ces oeuvres.
22:09Mais voici les confidences du recéleur numéro 2.
22:14Dieran Tomic, Picasso, Modigliani et l'homme araigné.
22:17J'étais ahuri par le butin qu'en me montrait l'enquête de l'heure du crime.
22:21Que sont devenus les 5 chefs-d'oeuvre perdus, vendus, revendus,
22:25partis à l'étranger ou bien détruits de façon sacrilège ?
22:28A suivre dans un court instant sur RTL.
22:31L'heure du crime, à toute heure.
22:33Abonnez-vous au podcast 100% fait d'hiver sur l'appli RTL.
22:39L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver.
22:43Jean-Alphonse Richard.
22:44Il m'arrive même de rêver que je mets la radio le matin,
22:48qu'on apprenne que les tableaux ou un tableau, déjà un tableau,
22:52a été retrouvé, ça m'est arrivé de le rêver.
22:55Au programme aujourd'hui de l'heure du crime, l'histoire de Vieran Tomic,
22:59surnommé l'homme araigné, voleur professionnel.
23:01Il a avoué le cambriolage spectaculaire du musée des Beaux-Arts à Paris.
23:05Au printemps 2010, les policiers recherchent les 5 toiles disparues.
23:11Mardi 13 septembre 2011, 16 mois après le cambriolage du musée des Beaux-Arts,
23:16le bijoutier Jonathan Birn est à son tour en garde à vue.
23:20C'est lui qui aurait récupéré les Picasso, Léger, Braque, Modigliani, Matisse,
23:28confiés par l'antiquaire Jean-Michel Corvez.
23:31Birn confirme que Corvez a bien déposé chez lui 2 ou 3 sacs, poubelles, assez volumineux.
23:37Mais il certifie qu'il ignorait leur contenu.
23:40Il les a jetés.
23:41Le joaillier revient vite sur ses déclarations.
23:45Il s'est en fait débarrassé d'étoiles car il était affolé.
23:48Il les a jetés dans le bac à ordures de l'immeuble.
23:524 toiles auraient été déchirées dans les sous-sols d'une banque du boulevard Osman où il détenait un coffre.
23:58Il aurait mis en pièce la cinquième dans son atelier de joaillerie.
24:03Jonathan Birn affirme qu'il ne connaît pas l'homme araigné Vierantomitch.
24:08Lors d'une confrontation entre les deux hommes,
24:10il finit par admettre qu'ils se sont croisés une fois dans la boutique de Corvez.
24:16Jean-Michel Corvez, le reselleur numéro 1,
24:20se souvient d'avoir été ahuri par l'ampleur du butin ramené par Vierantomitch.
24:25Les deux hommes, selon Tomitch, avaient déjà travaillé ensemble à 4 ou 5 reprises.
24:30Corvez est questionné sur l'identité du fameux client saoudien.
24:35Il ne peut rien dire car sa vie serait en danger.
24:37C'est quelqu'un avec qui j'ai réalisé deux opérations dans le passé, explique l'antiquaire.
24:42Un mystérieux acheteur qui ne parlerait pas français
24:46et qui a fini par laisser tomber la transaction vu l'ampleur que prenait l'affaire.
24:51Un autre client, Prolo Modigliani, a lui totalement disparu.
24:55Il a été également apeuré par l'ampleur de l'opération.
25:02Alors c'est intéressant parce que là on est dans la chaîne du vol et du reselle.
25:06Tomitch est un voleur professionnel.
25:08Les deux autres, est-ce qu'ils sont vraiment aguerris ? Je ne sais pas.
25:12Laurent Alverola, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
25:15Policier, ancien commandant à la BRB, chef de groupe vol avec effraction.
25:19Vous avez mené cette enquête avec d'autres policiers de la BRB sur Vérantomitch
25:25et puis tous ces gens qui gravitent autour de cette histoire.
25:29Est-ce que les deux, les deux reselleurs, on peut dire,
25:32est-ce que ce sont des débutants ou bien ils arrivent à très bien jouer la comédie ?
25:37Alors pour ce qui concerne Corvès, Jean-Michel Corvès, il est clair que ce n'est pas un débutant.
25:41C'est quelqu'un qui est un reselleur depuis de longues dates, depuis plusieurs années en tout cas,
25:46et qui a pris l'habitude de travailler avec Vérantomitch.
25:51Jonathan Birn est plus jeune déjà, beaucoup plus jeune.
25:55Et je dirais peut-être en apprentissage.
26:00Est en apprentissage chez Corvès.
26:03Il fait ses premiers pas dans le reselle.
26:06Il a déjà été, moi je l'ai vu apparaître au contact de voyous sur le secteur de l'hôtel
26:12de Rouault,
26:14vraisemblablement dans le rachat de montres volées, mais c'était sa spécialité.
26:18Là avec Corvès, il prend un peu plus d'envergure pour participer pleinement au reselle de vol.
26:25Vous qui connaissez bien ce milieu des voleurs, des reselleurs, etc.
26:30Là on est dans des vols d'œuvres d'art et des vols de tableaux, c'est très particulier, et
26:33dans un musée.
26:35Il y a peu de vols sans commande de ce genre de pièces ?
26:39C'est clair, c'est clair. Il n'y a quasiment jamais de vols sans commande, a fortiori pour ce
26:45qui concerne les tableaux.
26:47Un tableau c'est un des objets, c'est un objet très chaud, comme on dit.
26:52C'est-à-dire qu'on va, en cas de découverte, on va l'identifier immédiatement.
26:56On ne peut pas transformer un tableau.
26:58Donc les voleurs aguerris, pour la plupart, qui procèdent à ce genre de vols ne touchent pas un tableau.
27:05C'est quelque chose qu'on ne va pas prendre.
27:08Même Tommy, lorsqu'il rentre dans un appartement ou un musée,
27:12s'il n'a pas l'assurance de pouvoir refourguer ce tableau, de pouvoir le revendre, il ne le touchera
27:18pas.
27:18Oui, c'est ça. Donc ça c'est très important.
27:20On ne prend pas au hasard des œuvres d'art pour essayer ensuite de les disperser dans la nature.
27:25Alors il y a ces aveux, finalement, de Jonathan Birn.
27:30Il dit, je me suis affolé, j'ai tout détruit.
27:33Vous y croyez quand il vous dit ça ?
27:35Non, non. Que ce soit affolé, qu'il ait eu peur par l'ampleur que prenait cette affaire, oui, certainement.
27:42Ce n'est pas un voyou au sens vrai du terme, dans le sens où c'est un type qui,
27:50petit à petit,
27:52a eu des contacts parmi les voyous et n'a pas du gain, vraisemblablement.
27:59Il a commencé à racheter de la marchandise volée.
28:03Mais moi, j'ai vu son comportement en garde à vue, puisque j'ai eu à l'entendre, moi, dans
28:08le cadre de ce dossier.
28:10C'est quelqu'un de très intelligent et qui ne panique pas, qui, face aux questions que je lui posais
28:18pour tenter d'approcher la vérité,
28:20a toujours trouvé une réponse.
28:23Je savais pertinemment qu'il mentait, mais il avait toujours une réponse à donner qui pouvait très bien satisfaire le
28:30magistrat.
28:30Vous y croyez, vous, un commanditaire saoudien à l'étranger ?
28:34C'est possible, c'est possible.
28:37Qu'il y ait eu un commanditaire étranger, oui, c'est vraisemblable.
28:40Olivier Bouchara, un mot, revenons sur Tomic, qui est un peu, j'allais dire, la star de cette histoire.
28:46Non, mais en tout cas, c'est le personnage le plus incroyable de cette histoire, le voleur.
28:51Spiderman, il faut du cran pour s'attaquer à un musée.
28:56En un mot, qu'est-ce qu'il vous a dit, lui, parce que vous l'avez rencontré à plusieurs
28:59prises ?
28:59Comment a-t-il fait ? Il a fait beaucoup de repérages, c'est ça ?
29:02Ah ouais, il fait un cran monumental.
29:05Pendant six nuits, il va préparer la fenêtre.
29:08Pendant six nuits consécutives, il se présente, il met une sorte de bleu de travail vers deux heures du matin,
29:13comme si on avait appelé un vitrier en urgence.
29:16Il installe son escabeau, il pose son matériel et il attaque la peinture.
29:20Il est ultra méthodique, appliqué.
29:22Et d'ailleurs, avant de commencer, il a choisi chaque outil avec soin chez Castorama
29:27et il travaille sa fenêtre.
29:28Et le 20 mai, le dernier jour, donc la dernière nuit, la fenêtre est prête.
29:32Et entre-temps, il s'est entendu avec le russelleur sur la commande finale
29:34qui lui a dit, bon, prends un Fernand Léger et peut-être un Modigliani si ce n'est pas trop
29:40risqué.
29:41Le trio ne va être jugé.
29:44Vieran Tomic, Picasso, Modigliani et l'homme araigné.
29:47J'étais fasciné par le Modigliani, j'étais ébloui et amoureux.
29:51L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
29:55Toute la journée, RTL vous accompagne.
30:05RTL, votre radio.
30:0814h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
30:11Jean-Alphonse Richard.
30:14Retour aujourd'hui dans l'heure du crime sur le vol spectaculaire au musée d'art moderne de Paris en
30:182010.
30:19Cinq toiles de maître volées en 17 minutes par l'homme araigné, Vieran Tomic.
30:24Il est jugé.
30:25Sept ans après les faits avec deux russelleurs, les toiles ont disparu.
30:30Lundi 30 janvier 2017, Vieran Tomic, 49 ans, carure d'athlète, crâne rasé, penché en arrière,
30:37scrute les boiseries du tribunal correctionnel de Paris.
30:40Il est le personnage central du procès du cambriolage au musée d'art moderne.
30:45Vous n'êtes pas en train de faire un repérage quand même ?
30:48s'amuse le président du tribunal correctionnel.
30:51Les deux autres prévenus, les resselleurs Jean-Michel Corvez, 61 ans,
30:55Yolatan Birn, 40 ans, spécialistes des montres de collection, sont en retrait.
31:01Le président du tribunal espère qu'on en saura plus sur la destination des tableaux volés.
31:07Vieran Tomic raconte son vol très facile.
31:09« J'ai connu des appartements mieux protégés que ce musée », affirme-t-il.
31:13Le montant en l'air reste persuadé que les tableaux n'ont pas été détruits.
31:18« Ils n'ont pas été perdus pour tout le monde.
31:20Je sais que les toiles ont été achetées.
31:22J'ai des preuves, j'ai vu des emballages, les mêmes que ceux utilisés dans les musées.
31:27J'aimerais bien savoir ce que sont devenus mes tableaux », affirme-t-il.
31:32« Vos tableaux », s'étonne le président.
31:34« C'était mon travail », répond Spiderman.
31:37L'antiquaire Jean-Michel Corvez répète qu'il ne peut toujours pas donner le nom de son acheteur.
31:43Quant à Yolatan Birn, il est très souvent en larmes.
31:47« Quand il a vu le modigliani, il a été ébloui.
31:50J'étais tellement fasciné que j'ai oublié tout ce qu'il y avait autour », explique-t-il.
31:54Il ajoute être tombé amoureux de ce tableau au point de vouloir l'acheter,
31:58ce qui ne l'a pas empêché de le briser en mille morceaux.
32:01Il a aussi détruit les quatre autres œuvres.
32:04« J'ai fait la pire faute de mon existence », dit-il entre deux sanglots.
32:08Le musée réclame 109 millions d'euros de dédommagements aux prévenus.
32:13Dans l'échelle de Richter, des plus grands vols de tableaux, celui-là figure au pinacle,
32:18résume l'avocat de la ville de Paris, William Bourdon.
32:23Et effectivement, à ce procès, on n'est pas beaucoup avancé sur la destination des tableaux.
32:29Un petit mot là-dessus, Laurent Alverola, ancien commandant à la BRB,
32:32et puis chef de groupe vol avec effraction.
32:35Et vous avez travaillé sur ce dossier et vous l'expliquez dans cette heure du crime.
32:41C'est très étonnant parce que, dans ce genre d'affaires,
32:44vous arrêtez le voleur, vous arrêtez les recéleurs,
32:48et puis là, il y a une espèce de porte-coupe-feu qui se met en place.
32:51Il n'y a plus rien derrière.
32:52Comment ça se fait que c'est si dur de savoir qui peut être encore derrière ce rideau ?
32:58Alors, c'est difficile peut-être parce que, généralement, vous travaillez,
33:03les services de police travaillent sur le voleur.
33:05Il y a un gros travail qui est fait sur le voleur.
33:10Accessoirement, on arrive à identifier parfois des recéleurs,
33:15mais c'est difficile.
33:17C'est un travail de longue haleine.
33:19Et puis après, vous êtes content d'avoir identifié le recéleur,
33:23et puis l'affaire s'arrête là parce que le recéleur ne parle pas
33:27ou parce qu'effectivement, il ne veut pas mettre en cause
33:30ou donner des éléments sur ses acheteurs.
33:34Alors, ça peut s'expliquer peut-être parce que le travail n'est pas suffisamment fait sur le recel.
33:42C'est ça.
33:42En France.
33:43On ne porte pas assez l'accent là-dessus ?
33:44Non, on ne porte pas assez l'accent sur le recel.
33:48Peut-être tout simplement parce que c'est chronophage en termes d'heures,
33:53en termes de travail, d'écoute, etc.
33:57Il y a peu de services judiciaires en France, en tout cas,
34:01ont le loisir, ont le confort, je dirais, entre guillemets,
34:04de travailler, de faire un travail de fond sur le recel.
34:08On peut craindre que ça soit la même chose pour le Louvre.
34:10Je pense.
34:10Oui, c'est ça.
34:12Finalement, une fois...
34:13Oui, on peut transposer tout à fait les difficultés sur ces dernières affaires.
34:21Olivier Bouchara, journaliste, directeur éditorial de Vanity Fair France.
34:24Vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
34:27Ce Vierantomitch, je le disais, vous le connaissez parfaitement,
34:30vous l'avez rencontré à plusieurs reprises.
34:31Il vous l'a dit d'ailleurs, c'était censé être son dernier coup,
34:35le musée d'art moderne de Paris.
34:37Oui, à l'époque du casse, Vierantomitch a 42 ans.
34:42Il a une somme non négligeable qui lui est promise, 40 000 euros.
34:46Il se dit que si les autres tableaux arrivent à être vendus,
34:49il arrivera peut-être à 100, 100, 200 000 euros.
34:52Donc lui, il se dit, c'est mon dernier coup.
34:55Avec cet argent, je vais ouvrir un petit commerce à la montagne.
34:59Et je raccroche.
35:01C'est un cambrioleur professionnel, Tomitch.
35:04On a l'impression qu'il a fait un peu d'étonne sur ses tableaux volés.
35:08Est-ce qu'il est sincère ou pas, selon vous, à propos de ses tableaux ?
35:12Vierant, je l'ai vu plusieurs fois, une dizaine de fois.
35:15Et à chaque fois, il parlait de tableaux, il parlait des peintres qu'il aimait.
35:20Alors, à l'audience, les gens vont se moquer de lui,
35:22parce qu'au lieu de dire Matisse, il dira Matthijs.
35:25Mais je pense que ça l'intéressait vraiment.
35:29Mais comme un visiteur de musée,
35:30où ce n'était pas un spécialiste de l'histoire de l'art,
35:35ni un collectionneur,
35:36mais il avait un réel intérêt pour ce qu'il voyait.
35:39Il en parlait avec sincérité.
35:44Laurent Alverrola nous disait il y a un instant
35:47qu'il pensait qu'il ne croyait pas à l'hypothèse de la destruction des tableaux.
35:52Le procureur à ce procès ne croit pas non plus du tout
35:55que le russelleur ait détruit les tableaux.
35:57Qu'est-ce qu'on peut en penser, Olivier Bouchara ?
36:01À l'audience, la procureure dira au russelleur
36:07qu'elle n'est absolument pas convaincue par son récit.
36:09qu'elle n'est absolument pas convaincue
36:11et qu'elle est certaine que lorsqu'il sortira de prison,
36:15après sa peine,
36:16il retrouvera les tableaux où il vivra du fruit de la revente.
36:23Laurent Alverrola, encore une petite question.
36:25Il y a ce procès qui est arrivé.
36:27Vous aviez espoir qu'il sorte une vérité de ce procès ?
36:30Que finalement, l'un des trois la disent
36:32« les tableaux, ils sont là ».
36:34Il y a toujours un espoir.
36:35Le seul, à mon sens,
36:37le seul qui serait en mesure d'apporter
36:40un éclaircissement sur ce point,
36:41c'est Jonathan Birn.
36:43C'est le seul.
36:45Comme on le sait,
36:47il n'a fourni aucun élément.
36:50Il maintient sa version de destruction des tableaux.
36:54C'est dommage.
36:56C'est dommage parce qu'on ne peut pas aller plus loin.
36:57On est maintenant contraint d'attendre et d'espérer
37:01qu'un jour ou l'autre,
37:02ces tableaux ressortent.
37:03Parce que très souvent,
37:04les tableaux, vous le disiez,
37:05ils sont très identifiables, etc.
37:07On ne peut pas comme ça se promener avec.
37:12Il y a une possibilité qu'ils soient chez quelqu'un ?
37:14Ah oui, je le crois, je le crois, oui, je le crois.
37:17Il y a ceux-là et d'autres tableaux
37:19qui ont été volés dans d'autres affaires
37:22qui dorment dans des caves,
37:25dans des coffres forts,
37:26un peu partout dans le monde.
37:28Et les recelleurs n'osent pas les ressortir
37:33de peur d'être identifiés immédiatement.
37:37Donc on attend.
37:38Qui achète des tableaux comme ça ?
37:41Vous allez me dire,
37:42des gens très riches, certes, sûrement, mais...
37:43Honnêtement, il y a eu un fantasme à une époque.
37:46Il y a quelques années,
37:47on parlait d'oligarques russes
37:50qui achetaient ce type de tableaux.
37:53Je ne sais pas,
37:54ça reste pour moi du fantasme.
37:59Le jugement va tomber.
38:01Vieran Tomic, Picasso, Modigliani et l'homme araigné.
38:04Je frappe tout ce qui est beau.
38:07L'enquête de l'heure du crime.
38:09Je vous retrouve tout de suite sur RTL.
38:13Le matin.
38:15Le midi.
38:18Le soir.
38:19C'est RTL.
38:24...aujourd'hui sur RTL.
38:25Jean-Alphonse Richard sur RTL.
38:28C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
38:31Dans l'heure du crime aujourd'hui,
38:32les dessous d'un cambriolage au musée,
38:34pas celui du Louvre,
38:35mais celui du musée d'art moderne,
38:36à Paris en 2010.
38:38Cinq tableaux de maîtres volés par Vieran Tomic,
38:41l'homme araigné.
38:42Jugé en 2017 avec deux rosseleurs présumés,
38:45la décision tombe.
38:47Lundi 20 février 2017,
38:50Vieran Tomic, alias Piederman,
38:52est condamné à huit ans de prison.
38:55Sept pour l'antiquaire indélicat,
38:56Jean-Michel Corvez.
38:58Six ans pour le joaillier,
38:59Jonathan Birn,
39:01qui malgré ses larmes et ses regrets,
39:03auraient détruit les cinq chefs-d'oeuvre.
39:05Le trio est frappé d'une colossale amende à régler 104 millions d'euros,
39:10qu'ils ne pourront sans doute jamais payer.
39:13Mi-juillet 2022,
39:15Vieran Tomic sort de prison.
39:17Les deux rosseleurs ont également purgé leur peine.
39:20Tomic se voit courtisé par le cinéma,
39:22la télé.
39:23Les policiers ont toujours douté
39:25que l'étoile ait pu être détruite.
39:27Une idée insupportable pour l'homme araigné
39:30qui déclarait à Vanity Fair
39:32« Je frappe,
39:33je prends
39:34tout ce qui est beau ».
39:36Il y a une montée d'adrénaline
39:38une fois qu'on pénètre le lieu.
39:39Je me suis dit « Pourquoi pas ? »
39:41300 000 euros,
39:42c'était une belle somme.
39:43C'est dur à gagner certaines personnes,
39:44mais des années à les avoir.
39:45Pour moi,
39:46c'était du vite fait et bien fait
39:48vis-à-vis d'un musée qui était défaillant.
39:51Un musée qui était défaillant,
39:53c'est évidemment la voix de Vieran Tomic
39:55qui était interrogée par RTL.
39:57C'était en février 2017,
39:58devant le tribunal de grande instance de Paris.
40:02Laurent Alverola,
40:03évidemment,
40:03vous la connaissez,
40:03cette voix de Vieran Tomic
40:05avec cet accent particulier.
40:07Vous l'avez interrogée,
40:08il était en garde à vue,
40:10vous l'avez observée,
40:11vous l'avez suivie,
40:12filochée,
40:12comme on dit dans le milieu,
40:13pendant des mois,
40:14avant de pouvoir l'attraper.
40:17Effectivement,
40:18on se demande
40:19de quoi cet homme est fait.
40:21Vous aviez en personne
40:23l'archétype même
40:25du cambrioleur
40:26le plus professionnel qui soit,
40:28ce Vieran Tomic.
40:30Certainement,
40:30j'ai eu l'occasion
40:33de travailler sur un grand nombre
40:35au cours de ma carrière,
40:36un grand nombre de cambrioleurs
40:37et Tomic apparaît
40:39comme un type hors norme,
40:42un cambrioleur hors norme,
40:44de par le sérieux
40:48qu'il apporte au vol
40:49qu'il commet.
40:50Et quand je parle de sérieux,
40:52j'entends des repérages,
40:55j'entends de l'entraînement,
40:57l'entraînement physique
40:58auquel il s'astreint
40:59pour parvenir à ses fins,
41:03c'est effectivement
41:04quelqu'un
41:05qui marque
41:06dans la carrière.
41:07Oui,
41:07alors on parle parfois
41:08de moines soldats,
41:09lorsqu'on dit des gens
41:10comme ça,
41:10très ascétiques,
41:11qui font le boulot.
41:13Lui,
41:13c'est un moine cambrioleur
41:15parce qu'il s'entraîne,
41:16etc.
41:16Il ne pense qu'à ça.
41:17vous avez dit
41:17c'est un solitaire,
41:18il vit tout seul.
41:19C'est un peu ça,
41:20c'est un peu ça
41:21puisque Tomic,
41:23on l'a assuré
41:25comme on dit
41:25du matin au soir
41:27et du soir au matin.
41:29On vivait avec lui
41:30et c'est quelqu'un
41:33qui consacre ses journées
41:34à l'entraînement physique,
41:36au repérage,
41:38au repérage
41:39de ses objectifs futurs
41:42et qui a finalement
41:44assez peu de distractions,
41:46peu de plaisir
41:46dans la vie.
41:48Il consacre
41:48et il a décidé
41:49de consacrer sa vie
41:50au cambriolage.
41:51Alors il est sorti de prison
41:52de Tomic,
41:53il a dit d'ailleurs
41:54à Olivier Bouchara
41:55qui est notre invité
41:57aujourd'hui
41:57dans l'heure du crime,
41:58il lui a dit
41:59qu'effectivement
42:00il travaillait,
42:01que c'était fini,
42:02qu'il avait tourné la page
42:03et qu'il travaillait.
42:04On n'en sait pas plus,
42:05en tout cas,
42:05il n'est plus jamais ressorti
42:07dans vos tablettes,
42:08vous confirmez.
42:10Oui, oui,
42:10tout à fait,
42:10il n'est plus apparu
42:11dans nos radars.
42:13Mais c'est ce que je lui souhaite
42:15en tout cas,
42:15effectivement,
42:16de sortir
42:16de cette délinquance.
42:19On peut avoir
42:20quelques doutes quand même.
42:22En tout cas,
42:23pour l'instant,
42:24pas de Tomic en vue
42:25à l'horizon
42:26dans aucun vol.
42:28Olivier Bouchara,
42:29justement,
42:29je parlais de vous
42:30à l'instant,
42:30journaliste,
42:31directeur éditorial
42:32de Vanity Fair.
42:3415 ans après,
42:36l'histoire recommence
42:38avec le Louvre,
42:39évidemment.
42:39Est-ce qu'on peut faire
42:40un parallèle
42:41entre ces deux histoires ?
42:44Sans commande,
42:45il n'y a pas de vol.
42:46On a dit,
42:46par exemple,
42:47au Louvre,
42:47que les pièces
42:48étaient invendables.
42:50Mais en réalité,
42:51elles sont quasiment vendues
42:53avant même
42:54d'avoir été volées.
42:56Les voleurs,
42:56c'est les spécialistes,
42:57c'est les professionnels,
42:58ils savent dérober
42:59un objet,
42:59mais ils n'y vont pas
43:00au hasard.
43:01Ils savent exactement
43:02ce qu'ils viennent chercher,
43:03pourquoi,
43:04et ils savent en partie
43:06pour qui.
43:06Parce qu'au-dessus du voleur,
43:08il y a un premier intermédiaire,
43:09un deuxième intermédiaire,
43:11un troisième intermédiaire
43:12parfois,
43:13et inéfiné,
43:14le vrai commanditaire,
43:15celui qui va récupérer l'œuvre.
43:16Vous décrivez bien
43:17cette espèce de millefeuille
43:18comme ça,
43:19avec les intermédiaires successifs.
43:21Pour Tomic,
43:22que vous connaissez si bien,
43:2417 minutes
43:25pour un cambriolage
43:26dans un musée,
43:27ça c'est du travail
43:28d'un professionnel.
43:29C'est selon Viran Tomic,
43:31une œuvre d'art.
43:3217 minutes dans un musée,
43:34emporter 5 tableaux,
43:36l'avoir travaillé tout seul,
43:37c'est ce qui va faire
43:38qu'il y aura un documentaire
43:39de Netflix
43:40sur cette histoire,
43:41puis un film de fiction
43:42avec Melville Poupot
43:44et Sofiane Zermani,
43:45Les règles de l'art.
43:46C'est un travail
43:48troublant,
43:49fascinant
43:50et un peu inquiétant.
43:52Racontez-nous,
43:53Olivier Bouchara,
43:55parce que c'est extraordinaire
43:56ce qu'il vous a raconté
43:58effectivement Tomic.
43:59Il va vous parler
44:00de la femme aux yeux bleus
44:01de Modigliani.
44:03Il l'a regardé ce tableau,
44:04il a regardé cette femme
44:05dans les yeux,
44:06alors là il y a quelque chose
44:07de très poétique,
44:08on ne saura jamais
44:08s'il dit la vérité ou pas Tomic,
44:10mais peu importe,
44:11l'histoire est tellement belle.
44:12Il regarde ce tableau
44:13dans les yeux,
44:13il dit à celui-là
44:14je ne peux pas le prendre
44:15parce que ça va me porter malheur.
44:17En fait,
44:18il la regarde
44:18et il dit
44:20le contact ne passe pas.
44:21Il était consédu,
44:23elle et moi,
44:24il y a eu un problème.
44:25pour en parler,
44:26il dit que le tableau
44:26est malsain,
44:27comme si un esprit
44:28allait sortir de l'art
44:29et moi il me raconte,
44:31il me dit
44:32quand il l'a vu,
44:33il l'a pensé
44:34ne le touche pas
44:35sinon tu auras la poisse
44:36toute ta vie.
44:37Alors bon,
44:38ce n'est pas une question
44:38de Modigliani
44:39parce qu'il va se rabattre
44:41sur un autre tableau
44:42de Modigliani,
44:44moins angoissant selon lui
44:45qui est
44:45La femme à l'éventail.
44:47Un petit mot,
44:48Laurent Alverrola,
44:49est-ce qu'il y a une chance
44:50un jour de revoir
44:51ses oeuvres ressurgir ?
44:52Qui sait ?
44:54Je l'espère,
44:54bien évidemment,
44:55je l'espère,
44:55mais j'y crois.
44:57J'y crois.
44:58C'est une possibilité ?
44:59C'est une possibilité,
44:59absolument.
45:00C'est bien,
45:00c'est optimiste,
45:01vous ne fermez pas la porte.
45:02Non.
45:03Dernière question pour vous,
45:05Olivier Bouchard,
45:05à quel souvenir
45:06vous avez de vos rencontres,
45:07juste un mot là-dessus,
45:08avec l'incroyable Tomich ?
45:13Moi, j'avais l'impression
45:14de rencontrer un homme
45:15qui était à la fois lucide
45:17et perdu,
45:17il parlait des tableaux
45:19comme des amis perdus.
45:20Il avait conscience
45:21d'avoir commis
45:22quelque chose d'irréparable
45:23sans le ruoter tout à fait.
45:25Et puis, je crois qu'il y avait,
45:27comme chez ces grands voleurs,
45:28une forme d'ego.
45:29Donc, il savait déjà,
45:32dès le procès,
45:33qu'un jour,
45:34un film serait fait sur lui.
45:36Et je me souviens
45:37qu'il m'avait dit
45:37Vincent Cassel,
45:38il serait pas mal dans mon rôle,
45:39il faudrait qu'il reprend
45:40un peu de muscle
45:40et il serait super.
45:42Et après,
45:42il avait ajouté,
45:43à la fin,
45:44je me souviens,
45:44il m'avait dit
45:45mais quand même,
45:45donne pas trop de détails
45:47sur le vol,
45:47ça pourrait inspirer
45:48d'autres voleurs.
45:50Incroyable.
45:51Merci beaucoup,
45:52Olivier Bouchara
45:53et commandant Laurent Alverrola
45:54d'avoir été tous les deux
45:56les invités de l'heure du crime.
45:57Merci à l'équipe de l'émission,
45:58rédactrice en chef
45:59Justine Vigneault,
46:00préparation Lisa Canales,
46:02Pauline Dessillon,
46:03réalisation en direct.
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