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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics.

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Transcription
00:02Bonjour David Amiel, échec des négociations de paix, blocage persistant du Détroit,
00:08les prix du pétrole sont repartis à la hausse, au-delà des 100 dollars ce matin,
00:12le carburant ne baisse pas, ou peu, le moment est-il venu de faire un effort supplémentaire pour les automobilistes
00:18?
00:19Il faut d'abord voir comment la situation évolue dans les prochains jours,
00:21parce que vous l'avez dit, on a quand même jour après jour, nuit après nuit,
00:25des allers-retours dans les deux sens de la position américaine, des négociations avec l'Iran,
00:30et c'est la raison pour laquelle, depuis le début de la crise, on s'adapte.
00:32Pardon de vous interrompre, mais là, on sait que ça va durer longtemps, l'Iran bloque le Détroit,
00:37les États-Unis bloquent les bloqueurs, si je puis dire, on ne voit pas comment le trafic peut reprendre dans
00:43les jours prochains,
00:44ça va durer des jours, voire des semaines, on le sait désormais.
00:47Je pense qu'il y a d'abord une chose qu'on sait, c'est que Donald Trump est quand
00:49même particulièrement imprévisible,
00:50parce que je vous rappelle qu'il y a une semaine, il annonçait la destruction, je crois, de la civilisation
00:56iranienne dans ses termes.
00:57Et puis ensuite, pendant la nuit, il y a eu la négociation du cessez-le-feu avec l'Iran.
01:02On apprend effectivement hier soir qu'il annonce un blocus du Détroit d'Hormuz, semble-t-il, pour les bateaux
01:08iraniens.
01:09On verra ce qu'il en est dans les prochains jours, mais depuis le début, effectivement, on se prépare à
01:13toutes les éventualités.
01:16On a d'ores et déjà mis en place un certain nombre d'aides sectorielles pour les professions qui sont
01:21le plus touchées,
01:21c'est-à-dire pour ceux qui risquent de perdre leur travail à cause de la crise du carburant, les
01:25transporteurs, les agriculteurs, les pêcheurs.
01:28Exactement, on va continuer à pouvoir adapter, renforcer en fonction de l'évolution de la situation.
01:33Les autres, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas un métier particulièrement sensible, mais qui doivent rouler,
01:38parce que la vie fait qu'on doit rouler, tous ceux-là, ils devront supporter eux-mêmes les conséquences de
01:43cette crise,
01:43même si elle dure longtemps.
01:45Depuis le début, on a deux principes importants.
01:48Le premier, c'est que les aides doivent être ciblées vers ceux qui en ont le plus besoin.
01:53On l'a fait pour les métiers que j'ai évoqués.
01:55On l'a fait aussi pour les ménages les plus vulnérables.
01:57C'est le renforcement du chèque énergie à partir du 1er mai.
02:01Et le deuxième, c'est que les aides soient financées.
02:04Évidemment, on verra s'il y a besoin de renforcer dans les prochains jours.
02:07Donc, je recommence.
02:08Pour les autres, ceux qui ne sont ni marins pêcheurs, ni infirmiers,
02:11ils devront supporter eux-mêmes les conséquences de la crise,
02:15même si elles durent longtemps.
02:16Ce matin, l'essence est à en gros 2 euros et le gasoil à 2,27.
02:21Même si ça dure des mois,
02:23les Français, qui ne sont pas particulièrement impactés par leur métier,
02:26le supporteront eux-mêmes.
02:28Si ça dure des mois, il y aura évidemment un renforcement des aides,
02:33mais à nouveau avec ces principes clairs, ces ciblages et financements,
02:36parce que sinon, ce serait promettre aux Français de l'argent que l'on n'a pas
02:40et donc aller demain leur reprendre dans une poche ce qu'on leur aurait promis de l'autre.
02:44Dans ce contexte qui va devenir rapidement, socialement assez tendu,
02:48le gouvernement doit-il renoncer à élargir les métiers
02:52qui pourront travailler le 1er mai ?
02:54Il y a une concertation qui est mise en place par le ministre du Travail aujourd'hui.
02:59Je crois qu'il reçoit les organisations syndicales cet après-midi.
03:02Il aura annoncé à ce moment-là la position du gouvernement.
03:06Même si les armes se sont eues, donc on ne va pas vers une résolution rapide,
03:09est-ce que vous avez évalué le coût pour la croissance de cette crise ?
03:14Le coût sur la croissance est en cours d'évaluation.
03:17On le présentera la semaine prochaine aux organisations politiques,
03:20aux forces syndicales, aux représentants des élus locaux.
03:24Il y aura un impact sur la croissance, évidemment.
03:27Il y aura un impact sur l'inflation, le montant précis.
03:29Vous l'avez dit au début de l'interview, ça dépend vraiment de l'évolution
03:32de la situation du conflit.
03:33Et ce qu'on présentera d'ailleurs aux forces politiques, aux forces syndicales,
03:35aux forces économiques, c'est les différents scénarios.
03:38Pour vraiment mettre sur la table toutes les données qu'on dispose,
03:40comme je l'ai fait d'ailleurs sur les recettes budgétaires.
03:43Mais ce que je comprends, c'est qu'il y aura réévaluation des chiffres prévus
03:45d'inflation et de croissance ?
03:46Oui, bien sûr.
03:47Bien sûr, parce que ces chiffres avaient été calculés avant le déclenchement du conflit.
03:50Donc il y aura une réévaluation.
03:52On présentera et on présentera également les différents scénarios
03:54selon l'évolution du conflit, parce que tout dépend évidemment
03:57de la situation militaire sur place.
03:58Le Premier ministre a dévoilé un plan d'électrification pour sortir de nos dépendances.
04:03On passe de 5 à 10 milliards d'aides.
04:05Comment les financez-vous ?
04:07Il s'agit de faire le ménage dans les certificats d'économie d'énergie.
04:12Ces certificats d'économie d'énergie, ils existent aujourd'hui.
04:16Ils sont d'ailleurs à la charge des fournisseurs d'énergie.
04:18Mais répercutés souvent sur le client.
04:20Oui, mais c'est surtout un maquis.
04:22Mais ils existent déjà.
04:24Ce n'est pas un rajout d'argent, un rajout de certificats.
04:27En revanche, c'est un maquis qui est devenu incompréhensible
04:31avec beaucoup de fraudes, avec peu de priorisations, etc.
04:34Et donc l'idée est vraiment de réformer les certificats d'économie d'énergie.
04:37Avec ça, on trouve 5 milliards.
04:38Oui, parce que l'idée est vraiment de réformer les certificats d'économie d'énergie
04:40pour mettre le paquet sur l'électrification.
04:43Parce qu'un euro investi dans l'électrification,
04:45c'est un euro investi pour mettre à l'abri des Français définitivement
04:48de ces crises pétrolières.
04:49Encore faut-il les trouver.
04:50Il y a aussi la défense.
04:51Le président de la République a décidé de rajouter 30 milliards d'ici 2030
04:55à la loi de programmation militaire, dont 6 milliards, je crois, pour l'année prochaine.
04:59Vous allez les trouver où, ces 6 milliards ?
05:02Évidemment que c'est difficile de dégager des marges de manœuvre
05:04pour des investissements dans l'avenir.
05:06C'est le cas sur l'énergie.
05:07C'est le cas sur la défense.
05:08C'est difficile, mais c'est possible.
05:10Et d'ailleurs, l'expérience des dernières années le montre,
05:11puisque en 2027 par rapport à 2017,
05:14on aura doublé le budget des armées.
05:18Regardez, cette année, M. Bernstein, on a augmenté d'à peu près 6 milliards et demi
05:23le budget des armées.
05:24C'est l'équivalent des augmentations prévues pour les années prochaines,
05:28tout en continuant à réduire le déficit.
05:30Donc, c'est difficile, mais c'est possible.
05:33La préparation du budget a commencé.
05:35Ce qui est bien, c'est qu'avec la durée des budgets, ça ne s'arrête jamais.
05:39Mais vous devez faire des économies, et pourtant, il n'y a que des dépenses supplémentaires,
05:43on l'a dit, pour l'électrification, pour l'armée, la charge de la dette,
05:46tout ce que vous voulez, l'annulation de la réforme des retraites.
05:49Est-ce que vous maintenez quand même, là, j'entends, pour l'année prochaine,
05:51pour 2027, un objectif de réduction du déficit budgétaire ?
05:55Oui, bien sûr, c'est indispensable.
05:57On aura en 2027 une élection présidentielle, une élection législative.
06:01Il y aura un nouveau président, une nouvelle majorité, un nouveau gouvernement.
06:04Le but de ce budget pour 2027, ça doit être de donner le maximum de liberté
06:08à cette prochaine majorité et à ce prochain président de la République.
06:12Et donc, ça veut dire d'abord, permettre que la campagne présidentielle
06:14se déroule convenablement, sans perturbations financières,
06:19sans perturbations économiques, et donc, ça veut dire qu'il faut un budget.
06:21Ça veut dire que, prochain gouvernement, prochaine majorité,
06:23doit avoir des marges de manœuvre pour mettre en œuvre ses priorités,
06:25à nouveau, quels qu'ils soient.
06:26Et ça, ça veut dire qu'il faut qu'on continue à réduire le déficit.
06:31Donc, oui, il faudra poursuivre cet effort.
06:34Est-ce que votre administration va réclamer une déclaration de revenus
06:38à Cécile Collère et Jacques Paris ?
06:39Non, j'ai vu, évidemment, la polémique qu'il y a eu ces derniers jours.
06:44Vous me posez la question suite au témoignage qui a été celui de Benjamin Brière.
06:49La Direction générale des finances publiques a eu l'occasion, ce week-end,
06:52d'éclaircir ce qui s'était passé avec Benjamin Brière.
06:55Il revenait, effectivement, d'Iran.
06:57Il a eu un premier échange avec une agente des impôts
07:02qui n'a pas pris la mesure de la situation,
07:04qui a eu des paroles qui ont évidemment été blessantes pour Benjamin Brière.
07:08Sa situation a ensuite été prise en charge
07:10par la Direction générale des finances publiques,
07:12régularisée, et les leçons ont évidemment été tirées
07:14pour ceux qui seraient dans une situation comparable,
07:17donc en l'occurrence les personnes que vous citez.
07:18Merci beaucoup, David Amélie, ministre délégué au compte public invité des 4D.
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