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00:01Madame, non contente d'entretenir à la cour du roi Philippe IV d'Espagne,
00:04votre frère et mon oncle, un intrigant à votre service,
00:08vous avez eu le front de faire revenir cet homme pour m'espionner à mon tour.
00:11Je vous félicite, madame ma mère.
00:13Je ne vous savais pas tant de duplicité, en vérité.
00:15Mon fils, je n'ai agi que pour votre bien, je vous l'assure.
00:18Éloigne-moi la pensée de vous trahir.
00:20Blas de Moguerre m'est dévouée, c'est vrai.
00:22J'ai constamment peur de mon frère Philippe.
00:24C'est un homme faible, ce duc d'Olivarez qu'il dominait il n'y a pas quinze ans.
00:28C'est par sa faute que Philippe nous a déclaré la guerre.
00:31Et c'est par sa faute que les relations entre la France et l'Espagne ne sont jamais redevenues ce
00:34qu'elles étaient.
00:36Madame, il appartient au cardinal de s'occuper des affaires extérieures du royaume.
00:40Et lui seul est habilité à le faire, en attendant que je m'en occupe personnellement.
00:44Comprenez-moi bien, mon enfant, je savais qu'une clause secrète allait être ajoutée au traité.
00:47Et je me doutais bien qu'elle vous concernait.
00:49C'est trop de sollicitude, ma mère, vraiment.
00:52Mais je ne suis plus un enfant, il faut d'elle comprendre à la fin.
00:55L'État, c'est moi.
00:56Et le secret d'État existe pour tous, même pour vous.
00:59Vous n'avez pas à vous occuper de ces choses.
01:00Votre curiosité est coupable et mérite sanction.
01:02Je vous ferai visite mes décisions.
01:09C'est de votre faute aussi tout cela, Mazarin.
01:11Si vous me disiez ce qui se passe, comme vous le faisiez autrefois, je ne serais pas obligée d'agir
01:15en secret.
01:16Si, madame, c'est donc vrai.
01:17Vous avez encore des espions à votre solde.
01:19Mais je croyais pourtant que...
01:20Vous n'en avez pas, vous, peut-être.
01:22Et vous ne saviez pas, sans doute, que j'en avais.
01:24Allez, Mazarin, cessez de jouer au plus fin avec moi.
01:26Je vous connais trop.
01:27Madame, en vérité, je ne savais pas que ce blase de mogouel était à vous.
01:31Et les choses auraient été bien différentes si...
01:33Que c'est le seul qui vous restait à moi, bien à moi.
01:34Un garçon dévoué, connaissant bien la cour d'Espagne,
01:37sachant mener admirablement le double jeu,
01:39ayant toute la confiance des Espagnols.
01:41Il me servait depuis des années là-bas.
01:43Ah, pourquoi l'ai-je fait revenir ?
01:45C'est de votre faute aussi, avec vos tractations secrètes,
01:49les bruits plus ou moins vrais que vous laissez courir.
01:51Toute cette atmosphère d'intrigue et de fourberie dont vous vous entourez de plus en plus.
01:56Enfin, Mazarin, autrefois vous me disiez tout.
01:59J'étais la confidente de tous vos secrets.
02:02Souvenez-vous, il n'y a pas longtemps encore.
02:04Et que vous ai-je donc fait ?
02:06Rien, madame, rien.
02:09Vous avez grand tort de douter de mon affection
02:12et de me soupçonner de mauvaises pensées.
02:17Le roi a grandi, c'est tout.
02:21Peut-être que, puisque tout marche bien, désormais, je me méfie trop de tout et de tous.
02:28Que j'exagère les secrets.
02:31Mais, madame, c'est que je pense constamment au roi maintenant.
02:36C'est lui qui doit diriger la France bientôt.
02:39Très bientôt.
02:41Cette soudaine vocation de mentor, monsieur le cardinal, fort louable et dont je vous sais gré,
02:46elle doit-elle pourtant vous faire oublier que je suis la reine
02:48et que j'aimerais, moi aussi, être mise au courant des affaires de France
02:52et plus encore, de celles de mon fils.
02:55Vous êtes la reine, madame, c'est vrai, mais lui, il est le roi.
02:59Ces affaires sont les affaires de la France de demain.
03:01Ce sont de moins en moins les nôtres.
03:09Mazarin, vous ne m'aimez plus.
03:14Dieu me garde, madame.
03:16Bien au contraire, ployez-le, vous êtes et vous serez toujours ma reine.
03:24Mais il faut que vous acceptiez de ne plus être régente du royaume.
03:29Pardonnez-moi.
03:33Moi-même, je ne suis plus qu'un premier ministre en sursis.
03:39C'est la loi du monde, ma reine.
03:42Anne et Mazarin quittent la Seine et Louis XIV, il apparaît.
03:48Louis a encore besoin de conseils.
03:50Surtout si, comme je m'en doute, c'est de mariage qu'il s'agit dans ce contrat.
03:54Oui, madame, il s'agit de mariage, en effet.
03:57Avec l'infante Marie-Thérèse, votre nièce.
03:59Mais je vous en aurais parlé, soyez-en sûr.
04:01J'ai cru que ce Blas qui vous servait était un agent espagnol.
04:04Comme l'Espagne, je le sais, a déjà grand remords du contrat.
04:08Hé, peste.
04:09La dotée de 500 000 écu d'or, j'ai pensé que...
04:11Blas n'a pas réussi à le prendre.
04:13Je ne l'ai jamais vu, ce contrat.
04:16En fin de compte, il vous a été bel et bien volé, voilà la vérité.
04:20C'est la mademoiselle de Beauvilliers qui a fait arrêter Blas.
04:23C'est elle le véritable agent de l'Espagne.
04:24Laissez-moi arranger cette histoire moi-même.
04:27La situation n'est déjà pas si claire.
04:29Allez, allez, tâchez d'expliquer au roi
04:31que sa mère n'a pas voulu tromper comme il le croit.
04:33Mais au contraire...
04:34Oui, madame, oui.
04:36Je tâcherai.
04:38Mais entre nous, Anna...
04:57Tandis que Mazarin, fatigué mais stoïque, s'apprête à poursuivre sa mission,
05:02Caramis et Portos sont occupés à neutraliser les gardes du cardinal,
05:09D'Artagnan, tout seul, finit d'interroger mademoiselle de Beauvilliers,
05:15l'espionne espagnole,
05:17qu'il a réussi à soustraire à la vigilance incompréhensible du cardinal.
05:25Si, mademoiselle, vous m'affirmez la vérité de ce que vous venez de me dire.
05:29Oh oui, monsieur D'Artagnan, les choses vont trop loin.
05:32À présent, je n'en puis plus.
05:33Non, j'ai préféré tout vous avouer.
05:35Je vois trop bien que vous et vos mousquetaires,
05:37vous n'auriez eu de ça ce que vous ne me suis retrouvé.
05:40Ah, le roi est fièrement servi par des hommes tels que vous.
05:44Tant pis.
05:45Maintenant, Anne Vienne, que pourra ?
05:48Vous savez que je suis dans l'impérieuse nécessité de tout dire au roi.
05:52Et sa majesté, déjà fort en colère contre la reine de sa mère,
05:54ne sera sûrement pas adoucie par la confession que vous venez de me faire.
05:57Oui, je sais, monsieur D'Artagnan.
05:59Le cardinal voulait m'enfermer dans un couvent.
06:02Le roi ira sans doute jusqu'à la Bastille.
06:04Je le crains bien, Mordius.
06:06Ah, mais que diable, pourquoi ne m'avoir rien dit
06:08quand je vous ai surpris avec ce blase de mogouère ?
06:10Mais ma mission, monsieur D'Artagnan,
06:11était d'attirer cet homme dans un piège,
06:13et non de me trahir.
06:14J'ai voulu gagner du temps.
06:17Ah, évidemment, évidemment.
06:20Allô, mademoiselle du courage,
06:22venez avec moi et redites tout cela au roi.
06:24Peut-être que son indulgence...
06:26Je savais bien qu'il ne pouvait pas être éloigne.
06:28Ah, monsieur D'Artagnan,
06:30aux eaux plus fines.
06:32J'ai sapé à votre ramis, Deogracias.
06:34Et j'ai eu le temps de revenir.
06:37En force, cette fois !
06:39Oh, je suis entêté, D'Artagnan.
06:41Aussi entêté que vous.
06:42Allez, toi, occupe-toi de la femme.
06:44Et laissez-le moi un homme pour moi, là.
06:46Tout seul !
07:11Allez, vous trois, messieurs !
07:13Allez, vous trois, messieurs !
07:15Allez, vous trois, messieurs !
07:16C'est un peu plus tôt, un peu plus tôt, un peu plus tôt, un peu plus tôt !
07:21Ah, c'est qu'est-ce que t'as-tu, un coignan ?
07:23Je viens d'en découvrir trois, on a trois autres !
07:26Ah, ça, messieurs les gardes du cardinal !
07:28J'allais vous le don d'être partout à la fois ?
07:55Dormez bien, mes filles !
07:57Que se passe-t-il ?
07:58Oh, il y a de grave, il y a de grave !
08:02Mais...
08:02Non, laisse, laisse, laisse !
08:04Crois-tu ?
08:04Ben oui, tiens, voilà, c'est fini !
08:07Ah, joli !
08:08Félicitations, le retenant !
08:11Eh bien moi, je ne vous félicite pas !
08:14Où étiez-vous passés tous les deux ?
08:16Vous ne savez plus où me rejoindre !
08:17Si fait, D'Artagnan, mais...
08:19Ouais, que veux-tu, les trois autres étaient plus coriastes que ceux-ci !
08:25Et toi, Ramis ?
08:26Ben, quant à moi, Milan, on n'a pas longtemps insisté, il a pris la fuite, et alors, mon Dieu,
08:30j'ai pensé avoir le temps de prévenir la personne qui m'est chère...
08:34Mais, Isabelle de la Grève ne craint plus rien, Ramis !
08:37Le cardinal t'a joué la comédie !
08:40Pendant que vous n'étiez pas là, vous, Biano est revenu, lui !
08:43Il m'a subtilisé, mademoiselle de Beauvilliers !
08:44Oh, D'Artagnan, je suis impardonnable !
08:47J'aurais pu faire plus vite, moi aussi !
08:49Qu'allons-nous faire, maintenant ?
08:50Eh bien, rattrapons ce Milan, et reprenons la fille !
08:53Tenez, je parie qu'il est retourné se barricader dans le bureau du cardinal !
08:56Allons-y !
08:57Non, inutile, nous n'avons plus besoin d'elle !
09:01Où est mademoiselle de Beauvilliers ? Comment, c'est ainsi qu'on obéit à mes ordres ? J'avais exigé
09:05de l'amener ici immédiatement ! Envers et contre tout !
09:08Ah, sire, le cardinal...
09:09Même contre le cardinal ! Mes ordres doivent passer avant les siens !
09:12J'entends bien, sire, mais le cardinal n'ayant pas voulu nous la remettre de bon gré...
09:17Qu'est-ce que c'est que ça ?
09:18Nous avons été obligés, sire, de la reprendre de force !
09:23Vous avez bien fait, qu'importe ce qu'en passera le cardinal ! Mais où est-elle-donc ?
09:27Sire, on me l'a reprise, au bien malgré moi, je vous assure !
09:30C'est de notre faute, sire !
09:33Nous sommes arrivés trop tard !
09:35Mais où est-elle, maintenant ?
09:36Eh bien, certainement dans le bureau du cardinal !
09:38Allons-y ! Allons-y !
09:40Inutile, sire !
09:41Oui, pardon !
09:42Mais je sais tout, mademoiselle de Beauvilliers m'a tout avoué !
09:44Comment ?
09:45Ce n'est pas l'Espagne qui a repris le document, mais le cardinal lui-même, par l'intermédiaire de
09:50mademoiselle de Beauvilliers !
09:51D'Artagnan, vous délirez !
09:53Non, sire, c'est bel et bien le cardinal qui vous a fait reprendre le document, par mademoiselle de Beauvilliers,
09:57et pendant le bal !
09:59Mais comment a-t-elle ouvert le tiroir ?
10:01Avec une clé, tout simplement, sire, donnée par le cardinal !
10:05C'est pas croyable !
10:07Le cardinal venait de me confier le contrat, pourquoi voulez-vous qu'il me l'ait fait dérober ensuite ?
10:11Le cardinal vous a confié le contrat, sire, contre son gré !
10:14Il craignait les Espagnols !
10:16Mais, mais mademoiselle de Beauvilliers est une espionne espagnole !
10:18Non, sire, elle est à la solde du cardinal !
10:22Ah ben, je n'y comprends plus rien !
10:24Moi non plus !
10:25Ben, moi non plus !
10:26C'est pourtant très simple, sire !
10:28Le cardinal vous confie le contrat contre son gré !
10:31Il sait que les Espagnols voudraient les récupérer !
10:34Et il a peur quand il vous voit mettre ce contrat dans votre secrétaire !
10:37Il le croit perdu !
10:38Il prévient alors mademoiselle de Beauvilliers, son agent, de s'en emparer au plus vite !
10:42Et comme elle joue pour lui le double jeu avec l'Espagne !
10:46Mademoiselle de Beauvilliers joue le double jeu avec l'Espagne et le cardinal !
10:50Il ne sera toujours qu'un bras, un bon bras, Portos !
10:52Alors, il lui intime l'ordre, faisant ainsi d'une pierre deux coups,
10:55de faire venir le soi-disant agent espagnol Blas de Moguer, dont il se méfie,
10:59le faire venir pour le faire arrêter et l'interroger !
11:01Mais ce matin-là, quand Blas de Moguer arrive,
11:05mademoiselle de Beauvilliers s'était déjà emparée du traité,
11:07et Blas de Moguer s'est doutée d'un piège !
11:10Et en réalité, Blas de Moguer était l'agent de la reine,
11:14et mademoiselle de Beauvilliers l'agent du cardinal !
11:18Tout le monde se dupait dans l'affaire !
11:21A mes dépens !
11:22Et si ce que vous dites est vrai, D'Artagnan, on s'en repentira, je vous l'assure !
11:26Le cardinal me volait le contrat, c'est à peine croyable !
11:29Avez-vous vu, sire, comment il nous a subtilisés adroitement, mademoiselle de Beauvilliers,
11:32quand nous avons mis un peu de désordre dans sa petite combination ?
11:37Non, je n'arrive pas à croire tout cela !
11:38Et êtes-vous sûr que mademoiselle de Beauvilliers ne s'est pas joué une fois de plus de nous ?
11:41Non, sire, je crois que cette fois, mademoiselle de Beauvilliers a été sincère,
11:44et sa confession est très honnête !
11:47Ah !
11:48On ne peut tout de même pas aller dire de but en blanc au cardinal qu'il est un fourbe
11:52et un traître !
11:53Malgré les aveux stupéfiants de mademoiselle de Beauvilliers,
11:55il peut tout nier, nous n'avons aucune preuve !
11:57Il faudrait trouver un moyen de le confondre, et de le prendre au piège !
12:01Quel piège !
12:02Il y a une façon bien simple, sire !
12:04Oui !
12:04Oui, mademoiselle de Beauvilliers ayant dit à d'Artagnan où se trouvait le contrat,
12:09vous avez une chance au moins de prendre le cardinal en défaut !
12:13Oui, tenez !
12:14Faites-lui croire que vous allez lui rendre le contrat !
12:17N'est-ce pas ?
12:18De deux choses l'une !
12:19Ou bien il pensera que vous avez effectivement récupéré le contrat, ce qui est la vérité,
12:23ou il croira que vous cherchez à gagner du temps !
12:26De toute façon, il voudra vérifier et vous le prendrez sur le fait !
12:29La Manonel Sacco, comme il dirait lui-même !
12:32Mais ce n'est pas mal pensé du tout cela, Aramis !
12:34Allons, mes amis, nous n'avons pas une minute à perdre !
12:41Aramis, tu es génial ! Je l'ai toujours dit !
12:44Quand tu te soucieras un peu moins des femmes, tu iras loin, Aramis !
12:48Allons, amis, un pour tous !
12:51Tous pour eux !
12:57Le piège se resserre autour du cardinal.
13:01Ce dernier, sortant de chez la reine, retrouve dans l'antichambre
13:06Milano, qui ramène mademoiselle de Beauvilliers reconquise de haute lutte.
13:24Milano, mais qu'est-ce qui est arrivé ? Que faites-vous là, tous les deux ?
13:28Vous êtes blessés !
13:29Oh, seigneur cardinal !
13:31Ça n'a pas été une petite affaire qui regardait la signora !
13:35Ces diables et les mousquetaires, ils voulaient l'enlever !
13:38Et ils ont bien failli réussir, bandit !
13:40D'abord, ils ont dispersé vos trois gardes et les ont tous tués !
13:44J'étais donc sale !
13:46Enfermé dans les bourreaux !
13:48Avec elle !
13:49Selon vos ordres !
13:50Les mousquetaires sont alors arrivés !
13:54L'un d'eux a crié à travers la porte !
13:57Rends-toi à Sipo, dit le cardinal !
13:59Tu l'es perdu !
14:01Moi, je l'ai répondu fièrement !
14:02Zame sième, plutôt mourir !
14:04Alors ?
14:05Ils ont enfoncé la porte !
14:07Pardon, le cardinal !
14:08Je les attendais de pied ferme, épais et poignards à la main !
14:13Je me suis battu comme une lion !
14:18Le combat, il a été terrible !
14:25J'en ai blessé d'eau !
14:29Et j'allais achever les troisièmes !
14:32Quand soudain, d'autres mousquetaires sont arrivés !
14:38Je me suis rassemblé toutes mes forces, pauvres et solitaires !
14:43Mais il y en avait quatre !
14:45Il y en avait six !
14:47Il y en avait dix !
14:49Rends-toi, brave officier !
14:51Qu'il m'a dit l'un d'eux !
14:52Rends ton épée !
14:54J'aimais mieux la romper et que j'ai dit !
14:56Et j'allais faire !
14:58Alors, ils m'ont entouré avec respect !
15:04L'homme d'eux, il a émené la fin !
15:07Les autres m'ont entraîné dehors !
15:11Mais soudain, tandis que nous marchions,
15:14J'aperçois quelques-uns de vos gardes !
15:16A moi, sers compagnons que j'ai créés !
15:18Pour la croix !
15:19Ils accourent, j'aime et sauve,
15:22J'y trouve une épée !
15:23Et comme un taureau furieux !
15:25Je m'aimais à rechercher la femme !
15:27Le devoir avant tout, hein, cardinal !
15:29Je la retrouve !
15:31J'ai tous ses ravisseurs !
15:32Un coup droit !
15:35L'autre coup double ébouliné !
15:37Tête !
15:37Et puis l'autre est botte secrète !
15:41Et voilà !
15:42Et je vous la ramène comme vous arriviez !
15:44Bravo, bravo, bravo !
15:47Eh bien, mademoiselle, en voilà des émotions !
15:50Enfin, vous êtes sauvés !
15:51C'est l'essentiel !
15:52Oui, mais...
15:53Hélas, éminence, j'ai eu le temps de tout avouer à monsieur d'Artagnan !
15:57Mais la part qui était perdue pour moi, du moins je le croyais !
16:00Stupide ! Vous ne pouviez pas vous taire !
16:02Au moins, ce contrat ne l'ont-ils pas repris ?
16:05Je crois que si, éminence !
16:08Oh !
16:09Sire, je vous cherchais justement !
16:12En vérité, monsieur le cardinal !
16:14Oui, sire !
16:15Savez-vous que depuis hier, il se passe ici des choses bien étrables ?
16:18Si, je le sais !
16:20Ah, mon cher cardinal, je ne le sais que trop, je vous l'assure !
16:22À ce propos, j'aimerais pouvoir vous parler en tête à tête.
16:25Et si vous me permettez de prendre quelques dossiers là dans mon bureau...
16:27Fort bien !
16:29Moi, ce que j'ai à vous dire ne souffre plus de retard.
16:32Vous me parliez tout à l'heure de choses étranges qui se passent dans ce palais.
16:34C'est vrai, je m'en suis aperçu.
16:36Et dans ces conditions, ma jeunesse, mon inexpérience,
16:41m'interdisent de conserver plus longtemps par devers moi certains papiers
16:45que tant de personnes semblent rechercher si ardemment.
16:47J'ai l'intention de vous le rendre sur l'heure, si vous le voulez bien.
16:50D'Artagnan !
16:52D'Artagnan, mon cher, où donc a été mis ce document que l'on vous a confié ?
16:58Sire, le voici.
16:59Mais voyons, ce n'est pas possible.
17:01C'est pas possible !
17:02Pourquoi, monsieur le cardinal ?
17:04Parce que c'est vous qui aviez ce contrat.
17:06Et vous venez de vous trahir. Le document, vous l'avez toujours eu.
17:09Et le voilà.
17:12Ah, sire, vous...
17:14vous êtes bien le plus fort et...
17:16vous m'avez bel et bien joué.
17:19J'ai voulu vous donner une leçon et c'est moi qui la reçois.
17:22Et je l'ai bien mérité, imbécile.
17:24Et voilà ce que c'est que de vouloir jouer au plus fin.
17:27Quelle leçon vouliez-vous me donner, monsieur le cardinal ?
17:29J'aimerais bien, sur l'heure, entendre vos explications.
17:32Sire, vous devez tout savoir déjà, non ?
17:38Mademoiselle de Beauvilliers était mon agent à l'ambassade d'Espagne.
17:43Elle a appris quelque temps avant mon retour qu'un certain Blas était arrivé à Paris.
17:48Ce Blas qui se fait d'abord passer pour D'Artagnan semble chargé d'une mission très spéciale.
17:52Elle le sonde, comprend peu à peu ce qu'il recherche et me prévient.
17:57Le soir même de mon retour, inquiet, je ne voulais pas vous laisser le contrat.
18:01Mais vous l'avez exigé.
18:03Et malgré mes conseils de prudence, vous avez ri de moi.
18:07Que pouvais-je faire ? Sûr que j'étais qu'on allait vous le dérober.
18:11Je charge mademoiselle de s'en emparer la première et puis de faire venir Blas ici pour que je puisse
18:17le confondre et le neutraliser.
18:19Et vous n'avez pas du tout pensé à mon inquiétude, à mon angoisse, quand je m'apercevrai du vol.
18:24Sûr, je voulais aussi vous donner une petite leçon, vous faire comprendre qu'il ne faut pas jouer avec des
18:31documents secrets et qu'on ne prend jamais trop de précautions avec les affaires de l'État.
18:37J'ai eu tort et vous venez de me montrer que vous êtes le plus fort.
18:43Sire, punissez-moi, exilez-moi, faites de moi ce que vous voudrez, je mérite votre châtimage.
18:49J'ai cru que vous étiez encore un prince et vous êtes devenu le roi.
18:56Eh bien, Eminence, il ne sera pas dit que pour sa première décision souveraine, le roi punisse.
19:02Le roi veut bien accepter vos excuses et vous pardonner, mais à la condition express que vous ne recommencerez plus
19:07de tel jeu.
19:09Sire, que se passe-t-il ?
19:11Le roi pardonne au cardinal, madame, et dans sa clémence, il veut que son pardon s'étende à vous.
19:19Mais ne vous occupez plus de politique, désormais c'est moi qui vais m'en charger.
19:23Mademoiselle de Beauvilliers, vous avez bien servi le cardinal, mais maintenant c'est moi que vous allez servir sans plus
19:28chercher à me tromper.
19:29À vos ordres, sire.
19:32Eh bien, dans cette affaire, le seul qui soit puni, c'est Blas de Moguerre, il est à la Bastille,
19:36lui, et au moins il ne l'a pas volé.
19:38Après tout, il ne t'a pas fait grand tort.
19:40Non, en définitive, puisque maintenant je connais cette botte secrète.
19:44Que dites-vous d'Artagnan ?
19:46Sire, je disais à mon ami Aramis, que sans pouvoir attacher à mon honneur, Blas de Moguerre m'a livré
19:52son plus fidèle et grand secret.
19:54C'est vrai cela, voyons.
19:57Cardinal, à moi de vous confier ce document.
19:59Oh, merci, monsieur.
20:02Permettez, sire.
20:03Merci, Aramis.
20:11Voilà, sire.
20:12Cette terrible botte de Bastille de Moguerre qui m'a tellement gêné.
20:16J'ai longuement étudié cette botte avec Maître Carliès, d'ailleurs, et j'ai pu découvrir qu'elle se décomposait
20:22en deux parades exceptionnelles et en une attaque également très dangereuse.
20:26Voyons.
20:27Une prime haute et une sixte renversée.
20:43Très bien.
20:44Une prime haute.
20:45J'efface mon pied droit.
20:46Je vous attaque.
20:47Figure.
20:48Vous ripostez de même.
20:50Sixte renversée.
20:50Je vous regarde.
20:51Je pivote en diagonale.
20:54Parfait.
20:55Écoutez, si vous voulez, nous allons le voir un peu plus rapidement.
20:58Volontiers, sire.
21:00Je vous attaque.
21:01Vous ripostez.
21:02Primes.
21:02Je vous attaque.
21:03Si.
21:04Je tourne.
21:06Étonnant.
21:07Écoutez, je vais l'essayer à présent.
21:09Volontiers, sire.
21:13Je pars.
21:14Je vous attaque.
21:15Primes.
21:15Bien, sire.
21:18Bien, sire.
21:20Bien.
21:21Ah, sublime.
21:22Félicitations.
21:24Un petit geste encore en remerciement de cette botte.
21:26Faites libérer Blas de Moguerre et reconduise-le à la frontière.
21:28Qu'il soit libre.
21:29Mais qu'on n'entende plus parler de lui.
21:32Eminem.
21:33Qu'est-ce que c'est que celui-là?
21:35Milano.
21:36Oui, Milano.
21:37Milano.
21:38Milano.
21:39Milano.
21:40Conduisez-moi ce soudard aux armées.
21:42S'il veut se battre, on sort à l'employé.
21:45Je suis au cardinal.
21:47Je suis pas aux armées.
21:48Je suis au cardinal.
21:49Je suis au cardinal.
21:51Vous le trouverez.
21:53Je suis au cardinal.
21:55Mon Seigneur le Duc d'Aquitaine
22:00A pris comme il en a le droit
22:04Les cadets et les capitaines
22:08De Gasper et puis de Nuyenne
22:11Ils sont partis servir le Roi
22:15Ils sont partis servir le Roi
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