00:0020h50, on va parler d'espace maintenant avec mon invité.
00:06Tech&Co, la quotidienne, l'invité.
00:10Voilà pour tous les fidèles de Tech&Co, on aime bien suivre cette société Venturi Space
00:16et le directeur des affaires spatiales est avec nous ce soir, Antonio Delfino.
00:19Bonsoir.
00:20Bonsoir, François.
00:22Alors, expliquez-nous un petit peu ce qu'est Venturi Space,
00:24ce qui est intéressant de voir que vous êtes une entreprise monégasque
00:27qui développe en fait un véhicule qui pourrait aller, pourquoi pas, sur la Lune.
00:35Mais expliquez-nous un petit peu, peut-être avant de commencer,
00:39on va dire la genèse de Venturi Space et quel est votre but ?
00:43Alors, Venturi Space a réuni plusieurs sociétés.
00:46Donc la société monégasque, on l'avait cité, dirigée par notre président Gido Pastor,
00:52il y a une entité aussi en Suisse, une nouvelle entité à Toulouse, on va en parler.
00:55C'est une entité sur laquelle on investit massivement.
00:59Terre de l'espace, Terre d'espace bien évidemment.
01:00Terre de l'espace, on en parlera aussi avec le CNES qui est vraiment pour nous l'agence spatiale équivalente à la NASA quasiment.
01:07Donc pour revenir à Venturi Space, c'est trois sociétés en Europe, c'est une société aux Etats-Unis,
01:13à surtout ne pas confondre avec Venturi Astrolab qui elle se trouve à Los Angeles aux Etats-Unis.
01:19Et qui n'a rien à voir avec vous ?
01:20On a un partenariat stratégique, on ne peut pas dire qu'on n'a rien à voir.
01:25En fait, on a des liens étroits en termes de partenaires stratégiques.
01:29Vous vous souvenez, j'étais venu ici à plusieurs reprises vous présenter le revers Flex.
01:33Et d'ailleurs, dans quelques semaines, on va recevoir la réponse de la NASA
01:37si on est choisi pour transporter sur la Lune des astronautes avec Artemis 5.
01:42Donc Venturi Space a dans son escarcelle quatre missions lunaires, deux qui sont déjà signées.
01:51Une, cette année, volera pour la Lune, donc été 2026, c'est le revers Flip qui est en revers massif.
01:59La deuxième, c'est celle qu'on avait été venu présenter ici avec le Flex commercial,
02:04donc 2028 avec la fusée d'Elon Musk, le Starship.
02:07La troisième, on vient de le dire, c'est avec le LTV, donc le revers qui transportera les astronautes, ça fait trois.
02:16Et la quatrième, c'est Mona Luna.
02:19Donc ce revers a la caractéristique qu'il est 100% européen.
02:22Tout est fait en Europe, on a la volonté d'utiliser que les technologies européennes,
02:27des roues jusqu'à l'électronique spatiale.
02:30Donc vous voyez, Venturi Space, ça ressemble à un certain nombre de sociétés.
02:33Et on veut faire en sorte qu'à Toulouse, on est le champion européen de la mobilité lunaire.
02:39Antonio, juste un mot, pourquoi cette fascination pour les véhicules qui rouleront sur d'autres planètes en fait ?
02:47Parce que ça va devenir une nécessité et qu'il faut se lancer sur ce business ?
02:53Il faut se lancer.
02:54Vous avez vu récemment, en fin d'année, une annonce fracassante du président Trump américain
02:59qui veut retourner sur la Lune en 2028, construire des infrastructures,
03:04donc installer aussi des systèmes énergétiques avec des centrales nucléaires.
03:08Vous savez, la Lune est un enjeu majeur.
03:11Un enjeu majeur pour l'énergie, un enjeu majeur aussi pour des ressources naturelles.
03:16Donc attendez-vous, dans les années qui viennent...
03:18C'est un enjeu aussi géopolitique tout simple aussi.
03:20Oui, aussi, mais dans un premier temps, c'est avant tout y être et exploiter.
03:23C'est ça.
03:24Donc notre vision chez Venturi Space...
03:27Il faudra se déplacer en fait sur la Lune.
03:29Tout à fait, il faudra se déplacer.
03:31Donc c'est comme sur Terre.
03:32Imaginez à 150 ans, quand l'industrie a pris son envol,
03:35vous avez besoin de camions, vous avez besoin de faire de l'industrie.
03:39Et si vous voulez commencer à faire de l'industrie, il vous faut miner, faire du minier.
03:43Forcément, il vous faut exploiter des ressources sur place.
03:45Vous pouvez amener sur la Lune un certain nombre de ressources,
03:48mais il faut aussi en produire sur place.
03:50Vous avez besoin de véhicules pour ça.
03:51Mais alors ce qui est intéressant...
03:52Surtout des véhicules massifs.
03:53Et bien sûr.
03:54Et là, on en reviendra pour Venturi Space.
03:55Pourquoi des véhicules massifs ?
03:57Et surtout, quels sont les défis, les contraintes techniques
04:01pour faire rouler un véhicule en fait sur la Lune ?
04:04Parce qu'évidemment, la gravité n'est pas la même.
04:07Comment on imagine en fait un véhicule ?
04:09Qu'est-ce qui change par rapport à un véhicule terrestre ?
04:13Les contraintes principales, c'est l'environnement.
04:15On l'a dit à plusieurs reprises,
04:16les températures varient entre moins de 140 degrés et plus de 130 degrés.
04:20Il y a des radiations vraiment conséquentes qui viennent du cosmos, qui viennent du soleil.
04:25Ça veut dire que les différents organes de ces véhicules sont soumis à des...
04:30Contraintes incroyables.
04:31Exactement.
04:31Des contraintes vraiment incroyables.
04:33Quand on sait que les batteries sont très sensibles justement au changement de température et au froid...
04:36Alors, pour les températures, les basses températures, ce qu'on fait quand on a des températures très basses,
04:42on ne redéfinit pas la chimie des batteries.
04:44Par contre, on met en condition la batterie pour qu'elle puisse survivre à ces basses températures.
04:48Donc on la chauffe, c'est ça ?
04:49Ça dépend de quelle technologie.
04:50Des technologies, par exemple, qu'on développe à partir de la page blanche.
04:54C'est le cas des roues.
04:55Les roues hyper déformables, les matériaux qui les constituent.
04:57C'était nécessaire, ou plus que nécessaire, de développer des nouveaux matériaux pour le faire.
05:03Sinon, on n'y aurait pas réussi.
05:05Pareil pour la partie châssis.
05:08Pareil aussi pour certains organes.
05:10Et d'autres organes sont prises de l'industrie spatiale européenne,
05:14qui a fait des progrès énormes, vous le savez, dans le domaine des satellitaires,
05:17mais pas forcément sur la Lune.
05:19Alors justement, parlez-nous de Mona Luna.
05:21Voilà.
05:21Alors Mona Luna est en revers magnifique.
05:24On le définit massif.
05:25Bref, et ce n'est pas en petits revers, boîtes de chaussures, je les appelle comme ça.
05:29Mais alors quand vous dites massif, ça représente quoi ?
05:31C'est comme une voiture traditionnelle ?
05:33Oui, alors ça représente environ 750 kg.
05:36Donc on passe vraiment dans la catégorie qui approche une tonne.
05:40Quand on arrive à des revers avec une telle masse,
05:43vous comprenez bien que les organes doivent supporter cette masse,
05:47les organes mécaniques.
05:49En premier lieu, les roues, aussi les suspensions, donc le châssis.
05:52Et il faut faire fonctionner l'ensemble avec des propulseurs
05:56qui sont beaucoup plus puissants que des tout petits revers.
05:59Et tout ça, donc, direction Toulouse, pour pouvoir se voir en fait ce revers ?
06:04Je voulais en parler de façon, on va dire, très précise.
06:07Toulouse, pour nous, ça va être notre navire admiral.
06:12Donc on a parlé des sociétés qui se trouvent en Europe,
06:14qui vont faire des systèmes et des sous-systèmes aussi, qualifiés spatiales.
06:18Associés à ça, on aura aussi des entreprises européennes bien connues,
06:22je ne les citerai pas ici, mais on est en contact très, très proche
06:25pour avoir des technologies déjà qualifiées spatiales.
06:29Et à Toulouse, il y aura des développements propres.
06:32Et en même temps, l'assemblage final du revers Mona Luna,
06:35la qualification aussi du revers Mona Luna.
06:38Et tout ceci avec des discussions très proches avec l'Agence spatiale européenne.
06:42– Quel est votre calendrier ?
06:45Quand est-ce que vous espérez pouvoir voir rouler l'un de vos véhicules sur la Lune ?
06:50– On s'est mis en ordre de bataille…
06:51– En étant, on va dire, raisonnable.
06:54– Oui, on est raisonnable.
06:55On s'est mis en ordre de bataille pour allunir en 2030.
07:00Alors vous allez dire, ok, Antonio a dit allunir en 2030,
07:03comment on s'y prend ?
07:04– À l'intérieur de Venturi Space, on passe déjà nos jalons pour le faire.
07:10Et on est en collaboration très proche avec l'ESA.
07:14Le CNES aussi nous soutient très fortement.
07:17Et on pousse très fort pour la raison suivante.
07:19Vous le savez, au mois de novembre de l'année passée,
07:23l'ESA a attribué un contrat pour la fabrication du premier lander européen.
07:28Et Joseph Arbarer, Daniel Neuschwander, donc le numéro un,
07:31et le directeur de l'exploration, ont défini que la première mission
07:35de l'Argonaut sur la Lune, ce serait 2030.
07:37Donc vous comprenez que rétroactivement, on a fait un calendrier
07:40de telle façon à envoyer le revers Mondanona sur la Lune en 2030.
07:45Donc on s'aligne sur la roadmap de l'ESA.
07:48– Vous avez des concurrents là, sur ce sujet ?
07:50– En Europe, il y en a, c'est vrai.
07:51Sur des revers massifs, en toute honnêteté, sans fanfaronner,
07:55on n'en a pas beaucoup.
07:56Sur des revers de petite dimension, oui.
07:58Sur des revers massifs, il faut reconcevoir des technologies
08:01qui doivent être déclinables.
08:04Ce n'est pas simple, c'est comme sur Terre.
08:05Si vous avez des petits objets, des petits trous,
08:08faire des plus grandes roues, faire des plus grands moteurs électriques,
08:11ce n'est pas une mince affaire.
08:12Donc sur les revers massifs, c'est unique.
08:14Et je vous dirais même, pour aller plus loin,
08:17Venturi Space est le seul aujourd'hui en Europe
08:19à proposer des revers massifs qui approchent une tonne.
08:22Alors pourquoi ?
08:23La raison, on l'a évoqué tout à l'heure,
08:25on collabore depuis maintenant quasiment 6 ans
08:28avec nos partenaires stratégiques,
08:30Venturi Astrolab,
08:31avec qui on vole l'année prochaine.
08:32Pardon.
08:34Pas l'année prochaine.
08:35On est en janvier, donc forcément,
08:36on vole cette année et cet été.
08:39Et on a livré des technologies qualifiées
08:42pour le vol à l'entreprise.
08:44Ça veut dire que ces technologies-là
08:46vont être aussi utilisées pour Mondalona.
08:49Merci beaucoup, Antonio Delfino.
08:51intéressant de voir qu'on a des acteurs français
08:53et que les briques commencent petit à petit
08:56à se rassembler.
08:57Merci.
08:57Oui, je voulais insister quand même
08:58sur le côté français.
09:00Le côté français est très important pour nous
09:02pour des raisons stratégiques,
09:04pour des raisons politiques
09:06et vraiment pour pousser les technologies
09:08à leur extrême.
09:09Et c'est un terrain de jeu
09:11qui est très approprié pour nous.
09:13Pourquoi ?
09:13Parce que la France est très concentrée
09:15sur les lanceurs
09:16et avoir un revers européen massif
09:18avec le soutien de CNES et de l'ESA
09:21nous permettrait d'avoir en France
09:23une activité
09:25qui parle à tout le monde finalement.
09:27C'est un véhicule.
09:28Merci beaucoup, Antonio.
09:29Directeur des affaires spatiales
09:30de Venturi Space.
09:31C'est passionnant tout ça.
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