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  • il y a 8 mois
Antonio Delfino, directeur des Affaires Spatiales de Venturi Space, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 20 janvier. Il s'est penché sur la présentation de Venturi Space et son pari lunaire avec le rover Mona Luna, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:0020h50, on va parler d'espace maintenant avec mon invité.
00:06Tech&Co, la quotidienne, l'invité.
00:10Voilà pour tous les fidèles de Tech&Co, on aime bien suivre cette société Venturi Space
00:16et le directeur des affaires spatiales est avec nous ce soir, Antonio Delfino.
00:19Bonsoir.
00:20Bonsoir, François.
00:22Alors, expliquez-nous un petit peu ce qu'est Venturi Space,
00:24ce qui est intéressant de voir que vous êtes une entreprise monégasque
00:27qui développe en fait un véhicule qui pourrait aller, pourquoi pas, sur la Lune.
00:35Mais expliquez-nous un petit peu, peut-être avant de commencer,
00:39on va dire la genèse de Venturi Space et quel est votre but ?
00:43Alors, Venturi Space a réuni plusieurs sociétés.
00:46Donc la société monégasque, on l'avait cité, dirigée par notre président Gido Pastor,
00:52il y a une entité aussi en Suisse, une nouvelle entité à Toulouse, on va en parler.
00:55C'est une entité sur laquelle on investit massivement.
00:59Terre de l'espace, Terre d'espace bien évidemment.
01:00Terre de l'espace, on en parlera aussi avec le CNES qui est vraiment pour nous l'agence spatiale équivalente à la NASA quasiment.
01:07Donc pour revenir à Venturi Space, c'est trois sociétés en Europe, c'est une société aux Etats-Unis,
01:13à surtout ne pas confondre avec Venturi Astrolab qui elle se trouve à Los Angeles aux Etats-Unis.
01:19Et qui n'a rien à voir avec vous ?
01:20On a un partenariat stratégique, on ne peut pas dire qu'on n'a rien à voir.
01:25En fait, on a des liens étroits en termes de partenaires stratégiques.
01:29Vous vous souvenez, j'étais venu ici à plusieurs reprises vous présenter le revers Flex.
01:33Et d'ailleurs, dans quelques semaines, on va recevoir la réponse de la NASA
01:37si on est choisi pour transporter sur la Lune des astronautes avec Artemis 5.
01:42Donc Venturi Space a dans son escarcelle quatre missions lunaires, deux qui sont déjà signées.
01:51Une, cette année, volera pour la Lune, donc été 2026, c'est le revers Flip qui est en revers massif.
01:59La deuxième, c'est celle qu'on avait été venu présenter ici avec le Flex commercial,
02:04donc 2028 avec la fusée d'Elon Musk, le Starship.
02:07La troisième, on vient de le dire, c'est avec le LTV, donc le revers qui transportera les astronautes, ça fait trois.
02:16Et la quatrième, c'est Mona Luna.
02:19Donc ce revers a la caractéristique qu'il est 100% européen.
02:22Tout est fait en Europe, on a la volonté d'utiliser que les technologies européennes,
02:27des roues jusqu'à l'électronique spatiale.
02:30Donc vous voyez, Venturi Space, ça ressemble à un certain nombre de sociétés.
02:33Et on veut faire en sorte qu'à Toulouse, on est le champion européen de la mobilité lunaire.
02:39Antonio, juste un mot, pourquoi cette fascination pour les véhicules qui rouleront sur d'autres planètes en fait ?
02:47Parce que ça va devenir une nécessité et qu'il faut se lancer sur ce business ?
02:53Il faut se lancer.
02:54Vous avez vu récemment, en fin d'année, une annonce fracassante du président Trump américain
02:59qui veut retourner sur la Lune en 2028, construire des infrastructures,
03:04donc installer aussi des systèmes énergétiques avec des centrales nucléaires.
03:08Vous savez, la Lune est un enjeu majeur.
03:11Un enjeu majeur pour l'énergie, un enjeu majeur aussi pour des ressources naturelles.
03:16Donc attendez-vous, dans les années qui viennent...
03:18C'est un enjeu aussi géopolitique tout simple aussi.
03:20Oui, aussi, mais dans un premier temps, c'est avant tout y être et exploiter.
03:23C'est ça.
03:24Donc notre vision chez Venturi Space...
03:27Il faudra se déplacer en fait sur la Lune.
03:29Tout à fait, il faudra se déplacer.
03:31Donc c'est comme sur Terre.
03:32Imaginez à 150 ans, quand l'industrie a pris son envol,
03:35vous avez besoin de camions, vous avez besoin de faire de l'industrie.
03:39Et si vous voulez commencer à faire de l'industrie, il vous faut miner, faire du minier.
03:43Forcément, il vous faut exploiter des ressources sur place.
03:45Vous pouvez amener sur la Lune un certain nombre de ressources,
03:48mais il faut aussi en produire sur place.
03:50Vous avez besoin de véhicules pour ça.
03:51Mais alors ce qui est intéressant...
03:52Surtout des véhicules massifs.
03:53Et bien sûr.
03:54Et là, on en reviendra pour Venturi Space.
03:55Pourquoi des véhicules massifs ?
03:57Et surtout, quels sont les défis, les contraintes techniques
04:01pour faire rouler un véhicule en fait sur la Lune ?
04:04Parce qu'évidemment, la gravité n'est pas la même.
04:07Comment on imagine en fait un véhicule ?
04:09Qu'est-ce qui change par rapport à un véhicule terrestre ?
04:13Les contraintes principales, c'est l'environnement.
04:15On l'a dit à plusieurs reprises,
04:16les températures varient entre moins de 140 degrés et plus de 130 degrés.
04:20Il y a des radiations vraiment conséquentes qui viennent du cosmos, qui viennent du soleil.
04:25Ça veut dire que les différents organes de ces véhicules sont soumis à des...
04:30Contraintes incroyables.
04:31Exactement.
04:31Des contraintes vraiment incroyables.
04:33Quand on sait que les batteries sont très sensibles justement au changement de température et au froid...
04:36Alors, pour les températures, les basses températures, ce qu'on fait quand on a des températures très basses,
04:42on ne redéfinit pas la chimie des batteries.
04:44Par contre, on met en condition la batterie pour qu'elle puisse survivre à ces basses températures.
04:48Donc on la chauffe, c'est ça ?
04:49Ça dépend de quelle technologie.
04:50Des technologies, par exemple, qu'on développe à partir de la page blanche.
04:54C'est le cas des roues.
04:55Les roues hyper déformables, les matériaux qui les constituent.
04:57C'était nécessaire, ou plus que nécessaire, de développer des nouveaux matériaux pour le faire.
05:03Sinon, on n'y aurait pas réussi.
05:05Pareil pour la partie châssis.
05:08Pareil aussi pour certains organes.
05:10Et d'autres organes sont prises de l'industrie spatiale européenne,
05:14qui a fait des progrès énormes, vous le savez, dans le domaine des satellitaires,
05:17mais pas forcément sur la Lune.
05:19Alors justement, parlez-nous de Mona Luna.
05:21Voilà.
05:21Alors Mona Luna est en revers magnifique.
05:24On le définit massif.
05:25Bref, et ce n'est pas en petits revers, boîtes de chaussures, je les appelle comme ça.
05:29Mais alors quand vous dites massif, ça représente quoi ?
05:31C'est comme une voiture traditionnelle ?
05:33Oui, alors ça représente environ 750 kg.
05:36Donc on passe vraiment dans la catégorie qui approche une tonne.
05:40Quand on arrive à des revers avec une telle masse,
05:43vous comprenez bien que les organes doivent supporter cette masse,
05:47les organes mécaniques.
05:49En premier lieu, les roues, aussi les suspensions, donc le châssis.
05:52Et il faut faire fonctionner l'ensemble avec des propulseurs
05:56qui sont beaucoup plus puissants que des tout petits revers.
05:59Et tout ça, donc, direction Toulouse, pour pouvoir se voir en fait ce revers ?
06:04Je voulais en parler de façon, on va dire, très précise.
06:07Toulouse, pour nous, ça va être notre navire admiral.
06:12Donc on a parlé des sociétés qui se trouvent en Europe,
06:14qui vont faire des systèmes et des sous-systèmes aussi, qualifiés spatiales.
06:18Associés à ça, on aura aussi des entreprises européennes bien connues,
06:22je ne les citerai pas ici, mais on est en contact très, très proche
06:25pour avoir des technologies déjà qualifiées spatiales.
06:29Et à Toulouse, il y aura des développements propres.
06:32Et en même temps, l'assemblage final du revers Mona Luna,
06:35la qualification aussi du revers Mona Luna.
06:38Et tout ceci avec des discussions très proches avec l'Agence spatiale européenne.
06:42– Quel est votre calendrier ?
06:45Quand est-ce que vous espérez pouvoir voir rouler l'un de vos véhicules sur la Lune ?
06:50– On s'est mis en ordre de bataille…
06:51– En étant, on va dire, raisonnable.
06:54– Oui, on est raisonnable.
06:55On s'est mis en ordre de bataille pour allunir en 2030.
07:00Alors vous allez dire, ok, Antonio a dit allunir en 2030,
07:03comment on s'y prend ?
07:04– À l'intérieur de Venturi Space, on passe déjà nos jalons pour le faire.
07:10Et on est en collaboration très proche avec l'ESA.
07:14Le CNES aussi nous soutient très fortement.
07:17Et on pousse très fort pour la raison suivante.
07:19Vous le savez, au mois de novembre de l'année passée,
07:23l'ESA a attribué un contrat pour la fabrication du premier lander européen.
07:28Et Joseph Arbarer, Daniel Neuschwander, donc le numéro un,
07:31et le directeur de l'exploration, ont défini que la première mission
07:35de l'Argonaut sur la Lune, ce serait 2030.
07:37Donc vous comprenez que rétroactivement, on a fait un calendrier
07:40de telle façon à envoyer le revers Mondanona sur la Lune en 2030.
07:45Donc on s'aligne sur la roadmap de l'ESA.
07:48– Vous avez des concurrents là, sur ce sujet ?
07:50– En Europe, il y en a, c'est vrai.
07:51Sur des revers massifs, en toute honnêteté, sans fanfaronner,
07:55on n'en a pas beaucoup.
07:56Sur des revers de petite dimension, oui.
07:58Sur des revers massifs, il faut reconcevoir des technologies
08:01qui doivent être déclinables.
08:04Ce n'est pas simple, c'est comme sur Terre.
08:05Si vous avez des petits objets, des petits trous,
08:08faire des plus grandes roues, faire des plus grands moteurs électriques,
08:11ce n'est pas une mince affaire.
08:12Donc sur les revers massifs, c'est unique.
08:14Et je vous dirais même, pour aller plus loin,
08:17Venturi Space est le seul aujourd'hui en Europe
08:19à proposer des revers massifs qui approchent une tonne.
08:22Alors pourquoi ?
08:23La raison, on l'a évoqué tout à l'heure,
08:25on collabore depuis maintenant quasiment 6 ans
08:28avec nos partenaires stratégiques,
08:30Venturi Astrolab,
08:31avec qui on vole l'année prochaine.
08:32Pardon.
08:34Pas l'année prochaine.
08:35On est en janvier, donc forcément,
08:36on vole cette année et cet été.
08:39Et on a livré des technologies qualifiées
08:42pour le vol à l'entreprise.
08:44Ça veut dire que ces technologies-là
08:46vont être aussi utilisées pour Mondalona.
08:49Merci beaucoup, Antonio Delfino.
08:51intéressant de voir qu'on a des acteurs français
08:53et que les briques commencent petit à petit
08:56à se rassembler.
08:57Merci.
08:57Oui, je voulais insister quand même
08:58sur le côté français.
09:00Le côté français est très important pour nous
09:02pour des raisons stratégiques,
09:04pour des raisons politiques
09:06et vraiment pour pousser les technologies
09:08à leur extrême.
09:09Et c'est un terrain de jeu
09:11qui est très approprié pour nous.
09:13Pourquoi ?
09:13Parce que la France est très concentrée
09:15sur les lanceurs
09:16et avoir un revers européen massif
09:18avec le soutien de CNES et de l'ESA
09:21nous permettrait d'avoir en France
09:23une activité
09:25qui parle à tout le monde finalement.
09:27C'est un véhicule.
09:28Merci beaucoup, Antonio.
09:29Directeur des affaires spatiales
09:30de Venturi Space.
09:31C'est passionnant tout ça.
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