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  • il y a 2 jours
Une étude coordonnée par le Pr Romain Sonneville, menée chez 405 patients ventilés, suggère qu’une utilisation plus restrictive de la contention physique est aussi sûre qu’une approche systématique. Un résultat qui questionne les pratiques et plaide pour des stratégies plus individualisées.

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Transcription
00:00Il est probablement utile de savoir individualiser les stratégies,
00:04et notamment les stratégies de contention ou de décontention.
00:13Un événement qui est extrêmement fréquent,
00:15qui est d'autant plus fréquent chez les patients avec des affections sévères,
00:18notamment les patients hospitalisés en réanimation.
00:21Ces phénomènes sont liés à la pathologie pour laquelle le patient arrive,
00:24et parfois malheureusement aussi à la prise en charge, certains traitements.
00:30En réanimation, à court terme, on sait que ces états confusionnels ou d'agitation
00:35sont associés à des événements indésirables,
00:38comme le retrait des sondes d'intubation chez les patients sous assistance respiratoire,
00:43le désinsertion de certains dispositifs intravasculaires, certaines perfusions.
00:47C'est associé à plus de complications d'infections nosocomiales,
00:51à des durées de séjour qui sont prolongées,
00:53puis à des séquelles chez les patients au décours.
00:55Les patients ont parfois des troubles en rapport,
00:57avec notamment des séquelles psychologiques.
01:02On estime que la contention physique est appliquée chez environ 50% des patients
01:07qui sont ventilés à travers une sonde d'intubation en réanimation.
01:11On l'utilise sur prescription médicale,
01:13et c'est le plus souvent pour prévenir les conséquences associées à cette agitation.
01:18Certains services l'utilisent systématiquement,
01:20dès l'admission des patients chez les patients les plus sévères,
01:22c'est-à-dire sous assistance respiratoire,
01:24alors que d'autres services vont l'utiliser de manière plus ponctuelle,
01:28chez les patients jugés plus à risque,
01:30au moment où le patient commence à se réveiller,
01:32où le patient commence à avoir des mouvements spontanés.
01:37Bien sûr, sur les lésions associées à cette contention,
01:39si elle est trop importante ou prolongée.
01:42Des conséquences à plus long terme sur la mobilisation du patient spontané,
01:46ou la capacité à ce qu'il se mobilise.
01:48Et puis il y a des conséquences sur les soignants et sur les familles, potentiellement.
01:52Le fait de devoir contentionner ou de travailler avec un patient contentionné
01:55peut avoir des conséquences sur la prise en charge.
02:00Parce qu'on s'est rendu compte dans le service,
02:02sur les enquêtes de pratique,
02:03qu'il y avait une grande hétérogénéité de prescription,
02:05que les déterminants de cette prescription d'une part
02:07et les conséquences de cette intervention d'autre part n'étaient pas connus.
02:13On a réalisé une étude clinique chez les patients,
02:15c'est un essai randomisé contrôlé
02:17où on a testé deux stratégies de contention physique.
02:20Une stratégie dite « systématique »
02:23où les patients sont exposés à la contention physique
02:25dès l'admission en réanimation,
02:26dès l'instauration de la ventilation artificielle.
02:28Et cette contention physique est réévaluée quotidiennement.
02:31Et cette stratégie, on l'a comparée à une stratégie dite « restrictive »
02:35où on n'a volontairement pas utilisé la contention physique
02:38et qu'on l'a réservée aux patients
02:40qui développaient un état d'agitation pendant le séjour.
02:45La stratégie dite « restrictive » d'utilisation de la contention physique en réanimation
02:50n'impacte pas de manière significative, comme on dit,
02:53la survenue de l'état confusionnel
02:55et ou de l'agitation pendant le séjour en réanimation.
02:59On a montré que cette stratégie était néanmoins extrêmement bonne
03:03en termes de sécurité pour le patient
03:05parce qu'elle n'était pas associée à plus d'événements délétères
03:08en termes d'auto-extubation, de séquelles neurologiques, psychologiques
03:11et bien sûr de survie. Elle nous montre qu'une stratégie dite « restrictive »
03:16est probablement « safe » pour le patient et pour la prise en charge.
03:21Et donc c'est déjà un point extrêmement important pour la suite,
03:24pour les protocoles à venir.
03:26Ce que nous montre aussi cette étude, c'est que probablement
03:28les déterminants de ce syndrome confusionnel,
03:31de l'agitation en réanimation, ce n'est probablement pas
03:33une seule intervention ou une seule mesure préventive
03:36qui peut impacter les patients.
03:39On sait que les patients sont extrêmement hétérogènes
03:41en termes de facteurs de risque, de comorbidité,
03:44de motifs d'admission en réanimation
03:46et qu'il est probablement utile de savoir individualiser les stratégies
03:50et notamment les stratégies de contention ou de décontention,
03:53de mobilisation des patients et puis d'éviter aussi
03:56les autres facteurs de risque, d'agitation.
03:58C'est probablement une approche multimodale
04:00qu'il faut savoir privilégier.
04:04Les points importants, c'est se rappeler que même si
04:08ce n'est pas un médicament, c'est une prescription médicale,
04:11c'est une intervention non pharmacologique,
04:13que cette intervention a probablement des bénéfices
04:16dans certains cas, elle a aussi des effets secondaires
04:19très probablement et qu'il faut savoir l'utiliser
04:22à bon escient et donc en tout cas l'approche systématique
04:25ne semble pas apporter de bénéfices, elle apporte peut-être aussi
04:28un excès ou une surcharge de travail pour certains professionnels
04:32de santé au lit du patient.
04:33Et donc, les études à venir, elles vont devoir utiliser
04:36des stratégies pour réduire probablement la dose
04:40entre guillemets de contention physique
04:41ou la fréquence des prescriptions chez les patients
04:44plutôt que de privilégier un tout ou rien systématique
04:48pour l'ensemble des patients.
04:52Elle permet de challenger, de tester certaines interventions,
04:56certaines stratégies qu'on utilise et que ces études,
04:59quels qu'en soient les résultats, elles informent la pratique,
05:00elles informent les experts pour les futures recommandations.
05:04Et donc, c'est quelque chose qui est extrêmement stimulant
05:05pour les professionnels de santé, pour les infirmiers,
05:08pour les docteurs, pour les étudiants hospitaliers
05:10parce qu'on contribue en parallèle du soin et de l'enseignement
05:14à faire avancer cette recherche clinique.
05:20Seul, on fait finalement assez peu de choses.
05:22À plusieurs, on va souvent très très loin
05:25et parfois très très vite.
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