00:00Il est 7h46 avec l'invité d'ici matin, on va revenir sur cette nouvelle fusillade à Nice,
00:05cette fois en plein centre-ville en rue de France, lundi soir, un homme gravement blessé,
00:10on va en parler donc avec Jean-Luc Bragateau, c'est le délégué départemental d'Alliance Police Nationale.
00:15Bonjour Jean-Luc Bragateau.
00:16Bonjour.
00:17D'abord, avez-vous des nouvelles informations concernant l'enquête ou l'état de santé de la victime ?
00:21Alors, les dernières informations datent d'hier soir, la victime a été opérée
00:26et son état de santé était encore jugé grave hier.
00:30Avec un pronostic vital engagé, toujours ?
00:31Le pronostic vital engagé, je ne sais pas, mais je sais que son état de santé était considéré comme grave.
00:37Voilà, c'est le terme que j'ai vu.
00:38Et trois suspects sont toujours en fuite ce matin.
00:41Comment ça se fait alors que c'est un quartier, la rue de France, où il y a quand même
00:43beaucoup de caméras ?
00:45Il y a beaucoup de caméras, il y a des témoins aussi qui ont filmé.
00:49Après, je ne suis pas sûr que...
00:51Les caméras, ça peut être un outil intéressant, mais encore faut-il que les caméras soient bien orientées.
00:58Quand vous avez des caméras mobiles, des fois les caméras ne sont pas dans le bon sens.
01:01On voit la voiture avec la plaque.
01:03Oui, voilà, il faut arriver à avoir toutes les bonnes informations.
01:06Après, il faut laisser quand même le temps aux enquêteurs,
01:07parce que la grande difficulté sur cette affaire-là, c'était que les collègues ont eu du mal à identifier
01:13l'auteur,
01:13parce qu'il était le visage tuméfié.
01:16La victime, vous voulez dire ?
01:16Oui, la victime, il avait le visage tuméfié, et il n'avait aucun papier d'identité sur lui.
01:23Donc, ils se sont concentrés aussi sur l'identification de la victime,
01:27pour savoir vers où s'orientait la victime, vers une affaire personnelle ou éventuellement une affaire commerciale aussi.
01:33Alors, justement, une enquête est ouverte pour tentative d'homicide en bande organisée.
01:38Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:39Est-ce qu'on s'oriente vers le règlement de compte ?
01:41Qu'est-ce qui pourrait accréditer une telle thèse ?
01:46Le procureur de la République a dû décider cela, du fait qu'il y ait plusieurs auteurs.
01:52En plus, le mode opératoire correspond à ce qui peut arriver dans le cadre de différents trafics.
01:59Donc, une voiture qui se gare, des tireurs qui...
02:03Exactement, un individu qui a apparemment été suivi, des individus armés.
02:06Mais, en plus, non seulement ils l'ont tiré dessus, mais ils lui ont mis des coups de couteau.
02:10Donc, c'est une affaire assez grave pour qu'il a estimé l'affaire assez grave pour la qualifier en
02:16bande organisée.
02:16Est-ce que ça peut avoir un lien avec la fusillade qui a fait deux morts et s'y blessés
02:20il y a un peu plus de deux semaines dans le quartier des Moulins ?
02:23À dire qu'il y a un lien, c'est très difficile parce que ce sont deux affaires qui peuvent
02:26être complètement différentes
02:27ou qu'effectivement, il peut y avoir un lien également.
02:30Comme on se posait la question aussi sur l'affaire qu'il y avait eu sur Nice-Est et au
02:32Moulin,
02:33il y avait un lien entre les affaires.
02:34Voilà, c'est lié, le motif est le même.
02:37Donc, voilà, je pense qu'on le saura assez rapidement de la part de nos collègues enquêteurs.
02:41On a le sentiment que les fusillades s'enchaînent en ce moment à Nice. Que se passe-t-il ?
02:45Ce n'est pas qu'un sentiment, c'est réel.
02:47Sur Nice, je vous dirais même au niveau national, il y a des affaires de tir, d'armes à feu,
02:52d'armes à feu.
02:54C'est quasi quotidien.
02:56Il y a eu un mort et trois blessés, rien qu'hier soir à Grenoble.
02:58Voilà, il y a soir à Grenoble.
03:00Sur Nice et pas que Nice, sur le département, sur l'Asaïne à Valoris, il n'y a pas 15
03:06jours actuellement sur le département sans avoir des tirs.
03:09Donc, c'est vrai qu'on a une actualité assez riche, malheureusement, par rapport à l'usage des armes à
03:14feu.
03:14Mais c'est le lot de tous ces trafics qui prennent des proportions énormes.
03:18Oui, ça s'aggrave. Il y a beaucoup d'auditeurs qui nous disent qu'ils ont le sentiment que maintenant,
03:22ça peut arriver n'importe où, dans n'importe quel quartier, à n'importe quel moment de la journée.
03:27Est-ce que c'est aussi votre constat ?
03:29Oui, c'est le constat que nous faisons aussi du côté d'Allianz.
03:31C'est un constat national, c'est un constat où on ne peut pas le nier.
03:35Il n'y a pas un seul quartier de Nice aujourd'hui qui est épargné, mais pas que Nice en
03:39fait.
03:40Donc, ça peut arriver n'importe où, parce qu'il y a quand même des quartiers où les risques sont
03:47plus importants que d'autres,
03:48comme des quartiers sensibles de Nice, comme les Mouins ou l'Ariane.
03:51Là où il y a le trafic de drogue, c'est le plus important.
03:53Mais après, les trafiquants se déplacent et peuvent être attaqués n'importe quand.
03:56Alors, on n'arrive pas à enrayer ces violences, voire elles s'aggravent.
04:00On a des hommes et des femmes politiques qui font campagne sur la sécurité.
04:05On entendait Éric Chautier dire qu'il voulait remettre du bleu dans la rue.
04:07On parle même de sécurité coûte que coûte.
04:10Mais pour le moment, les résultats ne sont pas là, non ?
04:13C'est-à-dire qu'entre le moment où vous prenez la décision et le moment où les effets se
04:17font ressentir,
04:18vous avez un décalage.
04:19Nous, en termes de police nationale, quand vous recrutez un jeune en école de police,
04:24déjà, il a un an de formation.
04:25Le temps qu'il sorte d'école de police et qu'il soit affecté,
04:28la plupart du temps, il est affecté, pas sur Nice ou sur le territoire maritime, mais il monte sur Paris.
04:33Et le temps qu'il redescend de Paris, il y a minimum 6 à 8 ans, parce qu'ils sont
04:38bloqués sur Paris.
04:39Sauf qu'on en a besoin maintenant.
04:40On en a besoin maintenant. C'est un besoin urgent que nous avons.
04:43Donc, c'est pour ça que nous avons demandé.
04:44On espère avoir la visite du ministre dans quelques jours.
04:46On espère avoir le ministre de l'Intérieur pour les rappeler,
04:50pour insister sur le fait que les Alpes-Maritimes ont besoin d'effectifs aujourd'hui.
04:54Et des effectifs pour faire quoi ? Des patrouilles ?
04:57Les deux, en fait. On a besoin d'effectifs sur le terrain pour avoir une présence pour la partie prévention.
05:03C'est-à-dire qu'il faut les policiers en tenue, que l'on voit.
05:06Parce que vous et moi, quand on voit des policiers, on n'est pas inquiets, on est plutôt rassurés.
05:09Mais en tout cas, ce sont des trafics internationaux.
05:12La drogue, elle vient de l'étranger. Est-ce que la France, elle a les moyens d'enrayer tout ça
05:16?
05:16Vous avez plusieurs leviers.
05:18Vous avez à la fois le levier sur le terrain en termes de présence,
05:21et après le levier enquêteur.
05:23Et toute cette partie-là d'enquête n'est pas visible.
05:26Et il y a plusieurs spectres également au niveau de l'enquête.
05:29Nous, vous avez vu sur le département, il nous manque à peu près 250 enquêteurs sur le département,
05:33et près d'une centaine que pour Nice.
05:35Et ces enquêteurs font que des enquêtes ne vont pas aussi vite que ce que l'on voudrait.
05:41Et vous avez même, je vous dirais même, vous avez des dossiers, des enquêtes qui ne sont même pas menées.
05:45Parce qu'on n'a pas les enquêteurs pour les traiter.
05:47Donc aujourd'hui, vous avez des personnes qui se font voler,
05:50ou qui sont victimes de délits, pas de crimes, parce que les crimes sont traités en priorité.
05:54Mais beaucoup, beaucoup de délits, énormément de délits,
05:57actuellement sur Nice et sur le Maritime, ne sont pas traités par manque de moyens.
06:01Et vous le dites donc sur ICI Azure ce matin,
06:04il faut des moyens pour lutter contre le trafic de drogue
06:07et les fusillades qui s'enchaînent donc à Nice.
06:08Jean-Luc Bragato, vous êtes le délégué départemental du syndicat Police Alliance.
06:13Merci beaucoup, bonne journée.
06:14Merci beaucoup.
06:14Merci beaucoup.
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