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  • il y a 2 jours
Le Centre de Lutte Contre le Cancer Léon Bérard, à Lyon, a structuré la délivrance de seconds avis avec deuxiemeavis.fr. Résultat ? Un accès à des traitements de pointe pour plus de patients, du temps gagné et des équipes satisfaites.

Dans le cadre de SantExpo, Dr Pierre-Etienne HEUDEL, oncologue, nous explique comment les équipes du Centre de Lutte Contre le Cancer Léon Bérard de Lyon, utilisent deuxiemavis.fr pour organiser la délivrance de seconds avis de manière institutionnelle. De la genèse du projet à ses pistes de développement, le médecin expert nous dit tout !

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Transcription
00:03Musique
00:08Docteur Pierre-Etienne Eudel, vous êtes oncologue dans le centre de lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon
00:14et vous êtes médecin expert pour DeuxièmeAvis.fr.
00:17Aujourd'hui on va échanger ensemble autour du thème Adieu aux avis anarchiques.
00:22Comment est-ce qu'un centre expert anti-cancer comme le vôtre a pu structurer son offre avec DeuxièmeAvis.fr.
00:28Alors rapidement avant d'échanger, j'aimerais présenter DeuxièmeAvis.fr.
00:33Donc il s'agit d'un service en ligne qui permet d'avoir l'avis d'un médecin spécialiste en
00:37moins de 7 jours
00:38sur plus de 800 pathologies en leur communiquant un dossier médical.
00:43La plupart du temps c'est un service qui est entièrement pris en charge par la mutuelle des patients sans
00:48avance de frais.
00:49On l'a dit, en plus d'être médecin expert, vous avez la particularité d'exercer dans un établissement
00:54qui a vraiment organisé la délivrance de second avis de manière vraiment institutionnelle
01:01et standardisée via DeuxièmeAvis.fr.
01:04D'abord j'aimerais savoir de quel constat vous êtes parti pour bien mettre en place cette organisation.
01:09La demande de DeuxièmeAvis est une pratique qui est assez quotidienne en cancérologie.
01:13Et puisque c'est rentré dans le droit commun, c'était écrit dans les différents plans cancières
01:19qu'un médecin pouvait être requis par un patient qui n'était pas le sien, qui venait dans une autre
01:25structure.
01:26Et du coup ça c'est des choses qui sont importantes en cancérologie avec une particularité,
01:30c'est que cette demande de DeuxièmeAvis, qui était souvent des avis sur dossier,
01:33était souvent faite en dehors de l'activité clinique quotidienne, en dehors des consultations.
01:37Et on avait des circuits qui étaient assez anarchiques,
01:40avec des demandes qui n'étaient pas forcément bien compréhensibles, forcément bien lisibles,
01:44et pour le patient, le patient qui faisait la demande, et pour le médecin expert.
01:49Ce qui faisait que finalement, il y avait une unanimité, c'est-à-dire que tout le monde n'était
01:52pas satisfait.
01:53Le patient, parce qu'il ne savait pas au bout de combien de temps,
01:56et parfois il ne savait pas qui contacter comme expert.
01:59L'assistante médicale du médecin expert, qui faisait un peu la course aux informations,
02:04essayait de récupérer des documents à droite et à gauche.
02:06Et pour le médecin expert, qui des fois donnait des avis, sans avoir la totalité du dossier médical.
02:11Vous l'avez déjà un peu dit, mais cette demande de deuxième avis,
02:14elle est plus forte peut-être en cancérologie que dans d'autres spécialités ?
02:18Alors, je n'ai pas les chiffres, mais probablement,
02:20puisque l'annonce d'un cancer est quand même une étape un peu sidérante dans la pratique.
02:26Et on a besoin, pas seulement d'actes techniques,
02:28on a aussi besoin souvent d'humains, d'accompagnement et de réassurance.
02:33La grande majorité des deuxièmes avis en cancérologie, en tout cas sur mon institution,
02:36c'est juste une validation de la stratégie thérapeutique qui a été proposée par l'équipe référente.
02:42Malgré tout, pour le patient, la cancérologie, c'est une maladie grave, ça je l'ai dit,
02:47c'est aussi une maladie qui évolue extrêmement rapidement,
02:50que ce soit sur la phase diagnostique, avec la biologie moléculaire par exemple,
02:53ou avec la phase thérapeutique, avec beaucoup, beaucoup d'innovation,
02:56et l'innovation passe par la recherche clinique.
02:58Et du coup, offrir une expertise à des patients possiblement un peu éloignés de ces centres experts,
03:04ça peut être tout à fait intéressante.
03:06Pourquoi est-ce que vous avez choisi d'utiliser 2iemavis.fr comme plateforme ?
03:10Quel avantage ça ? On aurait pu imaginer peut-être que le centre fasse un logiciel maison.
03:15Pourquoi 2iemavis.fr ?
03:17Effectivement, le chantelier onbera, on développe beaucoup en maison,
03:19notre dossier patient et un dossier maison.
03:22Assez clairement, on est passé par la plateforme 2iemavis pour avoir une solution qui est déjà opérationnelle.
03:28Le cadrier des charges était très clair, l'organisation était très claire,
03:32l'hébergement de données de santé, quelque chose de réglementaire, était déjà acté.
03:36Et effectivement, vous l'avez dit, le fait que cette plateforme est déjà contractualisée
03:41avec de nombreuses mutuelles, il n'y avait pas de reste à charge pour les patients.
03:44Et ça, c'était quelque chose qui était également important pour nous.
03:47Comment s'est passé ce déploiement ?
03:49Quel contact vous avez pu avoir avec les équipes de 2iemavis ?
03:52Est-ce que ça s'est fait simplement, de manière technologique et humaine ?
03:57Alors, c'était de manière assez fluide et avec une phase test,
04:00avec une petite dizaine de médecins qui ont testé pendant entre 4 et 6 mois, je crois.
04:05Testé essentiellement, puisqu'on n'avait pas du tout communiqué dessus,
04:09testé essentiellement l'aspect technologique.
04:11Et effectivement, le logiciel de lecture des images scanographiques et IRM,
04:16qui est important en cancérologie, était plutôt bon.
04:18C'était user-free-only, comme on dit, c'est-à-dire que les médecins ont eu un retour plutôt
04:23très très positif.
04:24Et effectivement, on déploie actuellement à l'ensemble des médecins de mon établissement qui le souhaitent,
04:29ce qui ne permet d'avoir qu'un seul canal de 2iemavis à l'échelle de la structure.
04:33Ça rend lisible et pour les patients qui font l'expertise,
04:38et pour les équipes paramédicales, notamment nos assistantes médicales,
04:41qui n'ont plus à s'occuper d'aller récupérer les informations à droite, à gauche.
04:45Et côté médecin, du coup médecin expert, en fait, on a un tableau de bord,
04:48on a un suivi des réponses.
04:50Les choses sont plutôt très très simples là-dessus.
04:53Donc on est assez satisfaits de l'usage de cette plateforme.
04:56Est-ce qu'il y a encore des pistes à améliorer ?
04:57Là, on a parlé de ce qu'il y a allait, mais est-ce qu'il y a encore des
04:59pistes d'amélioration ?
05:00Alors forcément, il y aura des pistes d'amélioration, c'est ça qui est bien.
05:04J'en donnerai plusieurs.
05:06La première, elle est un petit peu...
05:09Il y a deux sujets techniques.
05:10Le premier, c'est l'interopérabilité avec les systèmes d'information hospitaliers.
05:14Aujourd'hui, cette plateforme est hébergeur de données santé, c'est HDS,
05:17mais il n'y a pas du tout de lien avec mon dossier patient informatisé.
05:20Or, dans les avis d'experts qu'on rend, parfois, on propose la participation à des essais cliniques.
05:25Et du coup, ça veut dire qu'on ne peut pas transférer les informations remises par le patient directement dans
05:30mon dossier.
05:30Ça, c'est le premier sujet, cette interopérabilité des plateformes.
05:33Le deuxième, je pense qu'on est en 2026.
05:35On pourrait intégrer un peu d'IA, d'intelligence artificielle, que ce soit pour vérifier que les dossiers soient complets,
05:41vérifier que l'expert demandé est bien le bon expert par rapport aux dossiers présentés, faire des résumés.
05:47Il y a plein, plein de sujets où on pourrait intégrer un peu d'IA, qui ferait gagner du temps
05:51et pour le patient et pour le médecin expert.
05:54On aurait un point plutôt utilisateur.
05:57J'aimerais avoir deux, trois touches sur quand je me mette en vacances, me mettre moi-même en vacances et
06:02pas être obligé de demander.
06:03C'est vraiment des petits usages.
06:05Il y a un point qui serait peut-être pas forcément organisationnel, mais peut-être plus collectif, voire sociétal.
06:11C'est de repositionner la demande de deuxième avis comme ce qu'elle est.
06:15Ce n'est pas un manque de confiance en médecin expert.
06:18C'est juste une demande de réassurance.
06:19Et on a un peu cette limite là-dessus où les demandes de deuxième avis, c'est encore un peu
06:25parfois mal vu pour les médecins et pour les équipes prises en charge.
06:29Dernier point.
06:31Sur ce point-là, est-ce qu'on peut dire qu'il y a encore un tabou sur le deuxième
06:34avis ?
06:34Oui, encore un peu un tabou.
06:35En fait, les patients souvent ne disent pas à leur équipe préférante qu'elles ont fait un deuxième ou deuxième
06:40avis.
06:41Alors quand on donne un avis, quand l'expert donne un avis qui va dans le même sens, c'est
06:46complètement rassurant.
06:47Par contre, on a des avis discordants parce qu'on a d'autres choses à proposer, parce qu'il y
06:51a des stratégies thérapeutiques équivalentes,
06:53mais pour une raison X ou Y de comorbidité de la patiente, on peut proposer l'autre chose.
06:56C'est sur cette discordance où, à mon avis, le sujet peut se faire là-dessus.
07:00Il y a un point qui est important, en cancérologie particulièrement.
07:03Vous savez, la décision de la stratégie thérapeutique, souvent elle est prise par des réunions de concertation pluridisciplinaire.
07:08Ça existe depuis les années 90 et il faudrait du coup imaginer que cette plateforme Deuxième Avis devienne peut-être
07:14un jour une forme de RCP asynchrone
07:17où différents experts puissent donner son avis sur le même dossier.
07:20Aujourd'hui, ce n'est pas faisable, mais c'est des pistes d'amélioration et ça, c'est toujours intéressant.
07:25Et de développement, on voit que c'est un outil qui a fait ses preuves que vous utilisez au quotidien.
07:29Vous avez encore plein d'idées pour le rendre encore plus performant pour vous.
07:33Oui, exactement. Je serai consultant pour la plateforme Deuxième Avis s'il me le demande.
07:37Mais non, non, encore, il y a des choses d'améliorer.
07:40C'est déjà fonctionnel aujourd'hui et ça, c'est important.
07:42Ça rend service, mais on peut encore l'améliorer, bien entendu.
07:45Et ce qu'on a dit aussi un petit peu en début, mais je pense que c'est important peut
07:49-être de vous poser la question.
07:50Est-ce que vous avez l'impression que ça vous aide à toucher des patients en zone sous-dotée dans
07:56un contexte où, on le sait,
07:57il est compliqué d'avoir accès à certains spécialistes pour une bonne partie de la population ?
08:01C'est possible que ça rende des services sur les régions sous-dotées, les territoires sous-dotés.
08:08L'impression pour ce qui concerne juste le centre Lombéra, c'est que malgré tout, ça facilite le retour à
08:13l'expertise pour ce qui est l'accès à l'innovation médicale,
08:16notamment l'accès aux essais cliniques, sans avoir à se déplacer, à faire plusieurs, des fois centaines de kilomètres.
08:21On peut avoir l'expert des cancérares gynécologiques, l'expert du cancer du sein,
08:26qui pourrait proposer à ces patientes de participer à un essai thérapeutique,
08:31chose qui est parfois difficile dans certains territoires.
08:34Je vous remercie d'avoir pris le temps de nous expliquer comment est-ce que la plateforme de zemavie.fr
08:38est utilisée au quotidien dans votre centre expert.
08:40Merci à vous pour l'invitation.
08:41Merci à vous.
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