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  • il y a 2 jours
Dans la Manche, des médecins veulent changer le regard porté sur leur territoire. À travers une tribune collective signée par plus de 50 praticiens, ils racontent une autre réalité du terrain : celle d’équipes qui se structurent, de projets qui émergent et de jeunes médecins qui choisissent de venir exercer ici.

Nous avons suivi trois d’entre eux, au plus près de leur quotidien, entre médecine polyvalente, médecine générale, psychiatrie et addictologie. Tous décrivent un exercice riche, varié, un métier où l’on travaille en équipe, où l’on transmet, où l’on peut construire des projets à son image sans renoncer à son équilibre de vie.
Loin des clichés, ce reportage montre un territoire où la médecine continue de faire sens.

Reportage au cœur de la Manche.

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Transcription
00:03Musique
00:09Dans la Manche, des médecins veulent changer le regard porté sur leur territoire.
00:13A travers une tribune collective, plus de 50 praticiens racontent une autre réalité du terrain.
00:19Celle d'équipes qui se structurent, de projets qui émergent
00:22et de jeunes médecins qui choisissent de venir exercer ici.
00:26Nous avons suivi trois médecins installés dans la Manche au plus près de leur quotidien.
00:31Je suis médecin en service de médecine polyvalente.
00:34Cette médecine ouverte un peu à toutes les situations.
00:37C'est des patients qui sont fragiles, qui sont souvent très comorbides, âgés, mais pas que.
00:41Du coup, c'est un exercice où on ne s'ennuie pas vraiment.
00:43Et puis, du coup, varier parce que j'ai cette valence sur le SMR nutrition,
00:48donc les patients en situation d'obésité, dans un parcours de chirurgie bariatrique, etc.
00:51Vous voilà dans le service ?
00:52Oui.
00:54Comment ça va, dans ce premier jour ?
00:55C'est ça qui m'intéresse, moi.
00:56C'est le côté très varié des choses.
00:58Et puis, si je ne sais pas, je sais que je ne suis pas appelé à un collègue
01:00ou je sais que ça, ça me plaît.
01:02Bon, et au niveau des douleurs, comment ça va ?
01:04On a une sacrée attractivité avec une grosse activité aussi.
01:07On a un plateau technique qui est quasi complet, laboratoire de biologie, bien sûr,
01:10ce qui est radiologie avec IRM, scanner, tout un bloc.
01:13On a une USC, on a quasiment toutes les équipes chirurgicales.
01:16J'ai toujours aimé ce genre d'exercice, ce qu'on appelle les centres hospitaliers périphériques.
01:21C'est toujours une ambiance qui est un peu différente.
01:22C'est vrai que d'avoir une structure plus à taille humaine, moi, c'est un exercice qui me convenait
01:25mieux.
01:26C'est vrai que j'ai eu l'opportunité ici de pouvoir développer justement cette médecine polyvalente
01:29comme je le souhaitais, etc.
01:30Ce qui pourrait attirer, c'est justement de fonder quelque chose à son image
01:33et de pouvoir avancer justement sur un projet qui soit au service des gens du territoire.
01:37On essaie d'organiser le fait qu'il y ait une sortie probablement dans la semaine.
01:41C'est un service qui est vraiment passionnant, qui rend service à la population, on en est persuadé.
01:45L'hôpital, de loin des apports.
01:52Moi, je suis médecin généraliste à 40 ans et je suis à la fois leader dans le pôle de santé
01:56et maître de conférence associé aussi au département de médecine générale.
01:58L'exercice ici, c'est varié et du coup, il y a une grande attente de la part de la
02:04population
02:05par rapport à leur médecin généraliste.
02:07Ici, à 40 ans, on a des patients agriculteurs, donc une population très particulière.
02:12Il y a un accès aux soins qui est plus compliqué pour eux et que je leur revendique.
02:15J'aime bien ce terme de médecin de famille où je suis plusieurs générations.
02:18Et pour autant, cette variabilité de soins, c'est ça qui est excitant.
02:22C'est vraiment l'incapacité qui doit faire réfléchir à l'opération.
02:26Avant ça, il y a des infiltrations et tout ça.
02:28On a choisi de s'organiser dans le pôle.
02:30L'organisation, on veut pluriprofessionnelle en fait.
02:31On partage nos compétences.
02:33On peut justement déléguer des choses à d'autres personnes.
02:37Ça, c'est pour le cardiologue.
02:38Le mardi, je suis en consultation auprès des patients, mais avec une interne de médecine générale.
02:43On reçoit deux étudiants.
02:44Il y a même une semaine dernière, on avait trois internes et un externe.
02:48Ça permet la transmission des valeurs autour de mon métier.
02:50La meilleure manière de transmettre, c'est d'être observé, d'échanger autour de ça, partager des points de vue.
02:57Quand je parle de mes remplaçants auxquels j'ai confiance, qui viennent le mercredi, le vendredi, la grande majorité, ce
03:02sont des anciens étudiants qui sont venus ici.
03:04Et je suis ravi parce que j'ai ma remplaçante, une remplaçante fixe le vendredi.
03:08Comme ça, je ne pense pas du tout aux soins.
03:09C'est ma remplaçante qui s'en occupe.
03:10La tension est un petit peu augmentée.
03:12À 40 ans, c'est vrai que ça avait l'air d'être assez polyvalent.
03:15Et du coup, c'est pour ça que j'ai décidé de venir ici.
03:17Et je ne suis pas du tout déçue parce que c'est assez chouette.
03:19J'apprends progressivement à recevoir des patients.
03:22On est vraiment au premier contact des patients.
03:24C'est aussi un certain challenge parce qu'il y a quand même beaucoup de demandes.
03:28On gère énormément de choses.
03:29On veut aussi aider les autres.
03:30Et c'est vrai que là, on se sent vraiment au cœur de cette aide-là.
03:33Et on se sent utile.
03:35Et oui, notre métier, il a du sens ici.
03:41Je suis médecin psychiatre et addictologue.
03:44Et je suis médecin-chef du pôle d'addictologie depuis 2020.
03:47Ici, je dirais que mon exercice est riche et varié.
03:49Je travaille au sein d'une institution.
03:51Ce qui fait qu'on a la chance d'avoir plusieurs unités au sein du même pôle
03:56avec des activités différentes.
03:58On a à la fois des unités ambulatoires, des unités d'hospitalisation à temps plein,
04:02hospitalisation de jour.
04:04Ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais.
04:05Et finalement, on est toujours au plus près du patient
04:07durant tout son parcours de soins.
04:08Je suis docteure Desi.
04:09Je suis médecin psychiatre et addictologue.
04:11Et c'est moi qui vais être votre référent durant ces jours.
04:13Ce qui m'intéresse aussi, c'est tout le travail institutionnel.
04:17Donc pouvoir être partie prenante de réflexion, donner mon avis,
04:21essayer de donner un cap à la prise en charge des addictions, par exemple.
04:24C'est cette marge finalement à l'innovation en fonction de nos appétences.
04:29On n'est pas dans l'hyper-spécialisation.
04:31Donc je trouve que chacun peut y retrouver son compte finalement au sein de son exercice.
04:34Est-ce que par rapport à votre vie de famille, il peut y avoir un impact aussi ?
04:37Déjà le fait que je suis en institution, fatalement, j'ai la chance de travailler
04:41tous les acteurs et les différents professionnels.
04:43Et on est également beaucoup en lien avec les acteurs de la médecine de ville.
04:47Je trouve qu'il y a une certaine volonté des professionnels du terrain
04:50de justement communiquer, nous faire du lien, travailler ensemble.
04:54Ici, j'ai trouvé ma place et je suis vraiment très satisfaite.
05:05On a un cadre de vie qu'on a toujours trouvé extrêmement protégé.
05:08On a été extrêmement contents du parcours de nos enfants et de la vie de famille qu'on a pu
05:13mener.
05:14En sécurité, au calme, au vert.
05:15On habite en plein centre-ville et pour autant, on a la chance d'avoir un jardin, etc.
05:19C'est des conditions de vie que nous, on a trouvé en tout cas à notre goût idéal.
05:22Puis, assez rapidement, il y a le côté littoral.
05:25C'est un territoire qui est très rapidement rural dès qu'on sort des villes,
05:28avec beaucoup de villages.
05:30Et en fait, il y a plein de choses à découvrir.
05:31Et puis, dès qu'on s'en va, on est à 45 minutes de Rennes, on est à 50 minutes
05:35de Caen.
05:35On peut facilement s'offrir des petites parenthèses, un peu de vacances finalement,
05:40en restant proche de chez soi.
05:42On est dans une ville à taille humaine, donc on n'a pas des heures de transport,
05:46on n'a pas des heures d'embouteillage.
05:48Il y a du travail pour nos conjoints.
05:51Et oui, c'est un vrai luxe finalement d'avoir tout ça à disposition au sein du territoire.
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